L'enquête impossible

La sonnerie du réveil retentit. Judy tendit la patte pour stopper cette alarme. Elle se leva en un bond pour sortir de son lit, avec cet enthousiasme et cette énergie qui lui étaient si propres. La lapine retira son pyjama rayé pour enfiler son uniforme, avant de passer un bref coup de pattes dans ses poils. Très rapidement, elle sortit de chez elle et emprunta la route pour rejoindre le poste de police.

Le soleil étant encore bas, il faisait froid au point que la respiration de Judy émettait de la fumée. L'hiver était bel et bien là. Elle mit soigneusement son épaisse écharpe à l'intérieur de son manteau et souffla un air chaud sur ses pattes, avant de les frictionner.

Tandis que Judy marchait, elle songea aux affaires résolues avec Nick, et inévitablement, à Nick lui-même. Elle sourit. Elle était était heureuse de faire équipe avec lui et fière de constater que grâce à leur travail en commun, aucun malfrat ne leur avait échappé.

Alors qu'elle était encore songeuse, Judy arriva au poste de police.

- Bonjour Benjamin ! sourit Judy.

- Bonjour Judy ! Déjà là ? dit-il en engloutissant un morceau de gâteau au chocolat. Tu en veux un bout ?

- Oh non merci euh... Je te le laisse ! dit-elle en tâchant d'ignorer les miettes de chocolat sur le haut de l'uniforme du mammifère.

Lorsque Judy poussa la porte de la salle d'appel, Nick se tenait debout, dans un coin de la pièce. Il était adossé au mur, un gobelet dans une patte et son smartphone dans l'autre. Un second gobelet était posé sur la table, près de lui.

- Salut Nick ! sourit Judy de toutes ses dents.

- Salut Carotte. Alors, je t'ai pas trop manqué pendant tes trois jours de congé ? lâcha Nick en sirotant son café.

Judy roula des yeux et afficha un sourire en coin.

- Merci pour le chocolat ! fit Judy avant d'avaler une gorgée.

Nick souria discrètement en voyant ca coéquipière savourer sa boisson chaude.

Le chef Bogo entra, plusieurs dossiers dans les pattes.

- Du calme, du calme, les enfants. Alors, fit-il en mettant ses lunettes. Bon retour au bercail, Hopps. En espérant vous retrouver en grande forme.

- Oui Chef ! souria Judy. J'ai...

- On s'en cogne. la coupa Bogo. Affectations. Agents Dupanda, Bengale et Canis, vous vous occuperez du vol de la bijouterie de la Place du Sahara. Agents White, McHorne et Dell'Cerf, vous vous chargerez de l'affaire des faux passeports. Agents Rey et Feather, le dossier Black Eyes est à vous.

Le chef attendit patiemment que tous les agents nommés récupérent leur dossier et sortent du bureau d'appel. Judy et Nick remarquèrent que tous les autres agents avaient été chargés d'une affaire, sauf eux. Seul le duo était désormais face au Chef Bogo, tout le monde étant parti. Le chef de la police referma la porte de la salle, tandis que Nick et Judy s'échangèrent un regard, sourcils froncés.

- Bien. Agent Hopps et Wilde, vous allez traiter une affaire top secrète. Le maire Lionheart m'a demandé lui-même que vous soyez en charge de cette enquête. Et je ne vous dit pas comment il m'a CASSÉ LES CORNES pour que ce dossier soit top confidentiel. Enfin bref. On a deux enfants portés disparus. La première a été enlevée il y a deux jours, dans la soirée. Il s'agit d'une petite louve, très bonne à l'école, sans histoire, selon ses parents. Le deuxième a été enlevé hier, aux alentours de la même heure. C'est un ourson blanc, un poil bagarreur mais pas du genre à traîner dans la rue non plus.

- Est-ce qu'on dispose de vidéos de surveillance vers les lieux et les heures des enlèvements ? demanda Judy d'un ton grave.

- Et bien justement, non. Aucune trace d'enlèvement ou d'un quelconque incident mineur dans les fichiers vidéos des quartiers du Centre-ville, aucun témoin ; que dalle.

Nick déglutit.

- Les enfants habitent tous les deux au centre-ville ? demanda le renard.

- Tout à fait, affirma Bogo. ll semble que la zone primaire de recherche soit le centre-ville. Voici le dossier. Nous comptons sur vous deux. Cette affaire est la plus inquiétante depuis celle des mammifères disparus, l'année dernière.

Chef Bogo sortit du bureau d'appel, suivit de Judy et de Nick qui feuilletait les éléments du dossier.

- Qui peut enlever des enfants ? lâcha Judy, les oreilles baissées.

- Et pourquoi ? renchérit Nick.

- Qu'est-ce qu'on a comme infos ? demanda Judy en désignant le dossier que Nick avait en patte.

- Pas grand chose en fait. Des relevés de notes, des photos, des infos sur les parents.

- Les parents. Allons les interroger. Le moindre détail peut nous faire avancer dans l'enquête.

Le duo de policiers se rendirent au domicile de la petite louve disparue.

- Nous avons toujours habité dans cette rue car elle... elle a toujours été calme et c'est ce que nous voulions pour notre fille. sanglota Madame Fall, la mère de la petite portée disparue.

Monsieur Fall posa sa patte sur celle de sa femme.

- Je vous en prie, retrouvez notre petite Louna. Elle est tout pour nous. souffla Monsieur Fall.

- On va tout faire pour la retrouver saine et sauve, je vous en donne ma parole, dit Judy.

Les deux agents se rendirent ensuite chez les parents du petit ours blanc disparu.

- Si vous saviez comme je m'en veux de ne pas être allé le récupérer à l'école, comme tous les soirs, murmura Monsieur Nourse. Je suis rentré plus tard du boulot à cause d'un collègue de travail qui m'a retardé.

- Ce n'est pas ta faute, Chéri, lui rassura sa femme.

- Si j'avais été là hier, Will serait à la maison en ce moment même.

- Monsieur Nourse, vous ne devez pas vous sentir coupable. Il y a eu un autre enlèvement la veuille de la disparition de Will, avoua Judy.

Nick lui lança un regard.

- Une autre enfant a été enlevée et... les parents n'en sont pas responsables. Tout comme vous n'êtes pas responsables de l'enlèvement de Will. dit Judy pour tenter de les rassurer.

- C'est horrible... sanglota Madame Nourse. Qui est-ce ?

- Elle s'appelle Molly Fall.

Les parents se regardèrent.

- Molly Fall, vous dîtes ? répéta la maman.

- Molly est une amie de Will. Ils travaillent et jouent souvent ensemble. expliqua le papa.

Judy prit des notes.

- Est-ce qu'ils sont dans la même classe ? demanda Nick.

- Oui.. oui, pourquoi ? Qu'est-ce que cela change ?

- Ecoutez, nous allons retrouver votre fils et l'autre petite. Mais ces disparitions ne doivent pas s'ébruiter, vous comprenez ? fit Nick. Il ne faut en aucun cas que cela se sache, ou il va y avoir un bazar pas possible, tout le monde va céder à la panique comme l'année dernière et c'est vraiment pas le but.

Monsieur et madame Fall hochèrent tous les deux la tête.

Nick et Judy se rendirent dans leur voiture de fonction. 

- Interroger les profs de l'école des petits disparus va nous faire perdre un temps monstre. dit Judy en tapant de la patte arrière dans la voiture.

- T'as une meilleure idée ? lui demanda Nick en démarrant la voiture.

Judy hôcha négativement la tête en réponse.

Se rendant à l'école du Centre-ville de Zootopie, Nick s'arrêta à un feu rouge.

- Il faut tout faire pour retrouver les enfants et empêcher un troisième enlèvement. fit Judy.

- Mmh, émit Nick d'un ton lointain et absent.

Judy jeta un coup d'oeil à son équipier. Elle remarqua qu'il regardait une renarde de l'autre côté de la route, sur le trottoir. La policière se surprit en train d'abaisser les oreilles et de ressentir dans sa poitrine un sentiment de peine. Elle tourna la tête à l'opposé de la jolie rousse, tout en mettant une patte sur sa nuque, se demandant d'oú venait ce sentiment amer qui l'animait. Nick était son coéquipier, son ami, mais il n'y avait rien d'autre. Bien sûr qu'il avait le droit de regarder cette renarde, pensa-t-elle. C'est ridicule.

La voiture redémarra au vert, retirant Judy de ses pensées. Ils se garèrent sur le parking de l'école.

- Ca va Carotte ? demanda Nick en descendant de la voiture.

- Ca ira mieux quand on aura retrouvé les enfants.

Un à un, chaque professeur de l'école fût interrogé par le duo de policiers. Mais aucun d'eux ne semblait impliqué à une histoire d'enlèvement. Ils avaient tous de solides alibis qu'ils pouvaient prouver.

Nick et Judy rentrèrent à nouveau dans la voiture.

- Récapitulons. dit Judy. On a deux cas de disparition, qui sont de toute évidence liés entre eux. Les parents n'ont absolument rien à voir avec ça et à mon avis, les profs non plus.

La lapine mit ses doigts sur l'arête de son museau, réfléchissant silencieusement.

- Quelque chose nous échappe, fit Judy.

- On va retourner au bureau et poser tout ça au clair.

- Nick, j'ai... habituellement j'ai toujours une idée derrière la tête, un plan B.

Nick fronça les sourcils, aperçevant le désarroi sur le visage de sa coéquipière.

- Cette affaire... j'ai l'impression qu'elle est impossible à résoudre.

Nick posa sa patte sur l'épaule de Judy.

- Ecoute. Si on nous a confié cette affaire, c'est pas pour rien. Elle est complexe et il nous manque pas mal d'éléments. C'est justement pour ça que Lionheart a voulu qu'on s'en charge NOUS. On a réussi à traquer plein de brigants et autres malfrats et c'est pas aujourd'hui que ça va s'arrêter ! On va arrêter le ou les fumiers qui ont fait ça. Ensemble. dit-il d'une voix rassurante avec un sourire doux.

Nick retira sa main de l'épaule de Judy et lui tendit son poing fermé. Judy fit de même, collant leur patte fermée pour faire leur check.

- Mais... Avant de sauver le monde, je vais devoir passer aux toilettes.

Judy souria, amusée. Les mots qu'avaient prononcé Nick lui fit l'effet d'un pansement à l'intérieur d'elle-même.

Le renard sortit de la voiture, marchant vers l'école en mettant ses pattes dans les poches.

La lapine l'observa à travers la vitre, se demandant comment Nick faisait pour être si confiant et sûr de lui en de telle circonstance.

Quelques minutes plus tard, Nick revient en courant.

Il ouvrit brusquement la portière.

- Judy ! Je crois que j'ai une piste !

 


QUELQUES MINUTES PLUS TÔT...

Nick sortit de la voiture. Il adopta sa démarche habituelle et mit ses pattes dans ses poches. Il se devait d'être rassurant pour Judy, malgré les doutes qui l'avaient envahit après les interrrogatoires des professeurs de l'école. Nick s'était promis, en rentrant à la ZPD, de ne jamais montrer son angoisse ou ses doutes à Judy, afin de la protéger, en une certaine façon. Il manquait tant de pièces à cet immense puzzle...

En rentrant de nouveau au sein de l'école, Nick se rendit aux toilettes; guidés par une flèche qui indiquait leur direction.

Alors qu'il allait rentrer dans l'espace des WC, le policier surprit une conversation téléphonique. Après avoir vu l'animal au téléphone, il se cacha dans le couloir. Il s'agissait d'un hippopotame, individu d'une trentaine d'années, de taille moyenne pour son espèce.

- Ouais c'est un petit mouton ... Exact, des frisettes, ça va changer des poils de loup et d'ours !! dit-il en riant. Oui, oui ... J'ai l'arme sur moi, Pédro ... Ok je t'envoie l'adresse .... On en discute tout à l'heure ... Allez à plus mon pote.

Nick n'eut aucun doute : c'était un suspect !! Mais il était armé et le renard avait laissé toutes ses affaires dans la voiture, y compris son pistolet et son téléphone.

Il quitta l'endroit oú il se trouvait et courut vers la sortie, se précipitant pour ouvrir la portière de la voiture.

- Judy ! Je crois que j'ai une piste !

Elle écarquilla ses yeux violets.

- Il y avait un hippo au téléphone qui parlait d'un "petit mouton", c'est forcément un enfant ! Il a dit quelque chose comme "les frisettes allaient changer par rapport aux poils de loup et d'ours", ce qui correspond à nos disparus. Il s'est adressé à un certain Pédro et lui a dit qu'il allait lui envoyer l'adresse.

- J'appelle Bogo pour qu'il envoie une unité pour son arrestation.

- Attends, Judy. C'est nous qui avons la patte désormais. Il faut s'en servir et trouver un plan pour piéger cet hippo et son complice.

Après réflexion, la lapine hôcha la tête.

- Je vais appeller Benjamin pour qu'il recherche le petit mouton dans la classe des deux disparus. Il faut prévenir les parents.

Quelques heures plus tard, les policiers rusés et malins avaient établit un plan sans faille.

Nick, Judy, ainsi que des effectifs de la police de Zootopie allaient attendre le début de soirée pour exécuter ce plan.

Avant cette intervention, Nick et Judy s'étaient rendus chacun chez eux pour prendre des forces afin d'optimiser les conditions de l'arrestation.

Alors que Judy allait ouvrir une boîte de macédoine de légumes, quelqu'un frappa à sa porte.

Méfiante, elle ouvrit doucement.

- Et une pizza aux légumes pour Miss Hopps !

Malgré sa surprise, Judy afficha un sourire jusqu'aux oreilles lorsqu'elle vit Nick avec deux boites de pizzas dans les pattes.

- A moins que tu ne préfères ta macédoine de légumes en conserve, qui soit dit en passant, m'a l'air d'être délicieuse, souria Nick ironiquement.

- Ah-Ah-Ah, répondit Judy en usant du sarcasme. Viens, entre, au lieu de dire n'importe quoi. souria-t-elle.

En un peu plus d'un an, c'était la première fois que Nick se rendait chez Judy. Réciproquement, elle n'était jamais allé chez lui.

Il posa les deux boîtes de pizza sur le petit meuble à l'entrée, observant tout autour de lui. Il y avait des tâches d'humidité au plafond, la tapisserie se décollait à quelques endroits et l'électricité n'était sans aucun doute pas aux normes.

Le seul point positif, c'était que le lieu était embaumé du parfum de Judy. Un parfum doux, fruité, presque sucré. Si agréable. Face à cette reflexion silencieuse, le renard sentit ses joues devenir chaudes. Il remercia ses ancêtres de lui avoir fait don d'une fourrure épaisse qui cachait le rouge de ses joues.

- Et bien... c'est plutôt... comment dire... fit Nick en se gratant la nuque.

- Vieux. Petit. Sombre. Et vraiment cher ! Je compte déménager.

- Oui, tu mérites mieux.

Nick se râcla la gorge.

- Enfin, les lapins en règle générale méritent mieux. se rattrapa-t-il. J'imagine.

Judy leva les yeux au ciel, avec toujours ce sourire.

L'hôte tira la chaise du bureau pour inviter Nick à s'asseoir, s'installant elle-même sur son lit.

- Tu as déja visité des apparts ? demanda Nick en lui donnant sa pizza aux légumes.

- Non, pas encore. dit-elle en la saisissant. Je n'en ai pas vu qui soit près du boulot.

Judy croqua dans une part de pizza. Choquée par ce goût si délicieux, elle fit les gros yeux.

- Ma pizzéria préférée. La meilleure de tout Zootopie ! Celle que tu manges est à la sauce tomate/carotte. sourit fièrement Nick.

- C'est la meilleure pizza que j'ai goûté de toute ma vie.

Nick observait Judy, qui savourait sa pizza les yeux fermés. Bon sang qu'elle est belle, pensa-t-il. Mais il ne le lui dirait jamais. Tout comme cette flamme qui s'intensifiait lorsqu'il la voyait. Un renard et une lapine en couple. On dirait le début d'une bonne blague, se dit-il en lui-même.

Après avoir bien mangé, ils se rendirent au point de RDV, conformément au plan qu'ils avaient mis au point préalablement.

Dans la voiture, Nick et Judy reçurent toutes les confirmations de position des différents agents via les talkies-walkies. Certains étaient planqués dans leur voiture, tandis que d'autres étaient infiltrés. Notre duo de policiers avait choisit de jouer la carte de la planque dans la voiture de Nick. Tactique qui leur paraissait parfaite pour ce genre d'intervention. Ils étaient garés à quelques mètres de la maison de Théo, le jeune mouton qui était la prochaine cible.

Après négociation auprès des parents, ces derniers avaient acceptés d'intégrer Théo au plan des forces de l'ordre : il allait servir d'apât pour piéger les malfaireurs.

Entre l'école et le domicile du petit mouton, il y avait au minimum trois agents postés dans chaque rue, chacun ayant une vision globale du lieu.

Le soleil commençait à perdre de son éclat. Nick scrutait le moindre détail au travers de ses jumelles tandis que les oreilles dressées, Judy était à l'affût du moindre bruit pouvant devenir suspect.

Grace à la communication entre tous les agents et le plan du quartier que Nick tenait dans ses pattes, le binôme suivait le chemin qu'effectuait le petit.

- Ici McHorne. Le jeune arrive vers votre zone. Terminé.

- Ici Wilde. Bien reçu. Terminé.

En effet, ils aperçurent au loin Théo qui marchait vers eux. Mais peu après, quelque chose les interpella. Une fourgonnette Citrohyène de couleur bleu roulait sans phare et semblait suivre l'enfant.

- Ici Wilde. On a un suspect. Véhicule type fourgonnette bleu immatriculée 98AJC08, dit Nick en reposant ses jumelles. En face du 63 rue White Rang.

- On fonce ! s'exclama Judy.

Elle sortit de la voiture, son arme à la main. Un agent infiltré récupéra discètement Théo. La lapine mit un embout pour faire de son arme un silencieux, puis tira sur les pneux avant. La fourgonnette s'arrêta.

Tous les agents planqués et infiltrés entourèrent le véhicule.

Alors que Nick s'apprêtait à parler à la personne à l'intérieur, la portière sur le côté s'ourvit soudainement, faisant apparaître un hippopotame, les pattes en l'air. C'était lui que l'agent Wilde avait vu dans les toilettes de l'école, au téléphone avec un dénommé Pédro.

-Tirez pas s'il vous plaît ! fit l'individu, visiblement paniqué.

Les deux agents les plus près de l'hippopotame lui passèrent les menottes en lui exposant ses droits.

Nick se dirigea vers l'arrière du véhicule. Il fit un mouvement de tête à Judy pour qu'elle le suive.

Quand ils ouvrirent le coffre, Judy et Nick furent stupéfaits. Ils virent les deux enfants disparus, ligottés aux pattes avant et arrières. Les deux policiers se précipitèrent pour les libérer et constatèrent avec effroi l'état de leur fourrure.

La petite louve et le petit ours avaient été tondus. Sur certains endroits, on aperçevait leur peau et même quelques blessures. Les petits sautèrent dans les bras de Nick et de Judy, éclatant en sanglots.

- Tout est fini... Chhhhhhhhut. murmura Judy.

- Ca va allez mon bonhomme, dit Nick d'une voix si apaisante.

Environ trois quart d'heure plus tard, le ravisseur était sous les barreaux, Théo était sain et sauf chez lui et les deux familles avaient retrouvé leur enfant au poste.

Nick interpella un des gardes :

- Pour chaque famille, faites venir l'infirmière psychologique. Les petits ont besoin de parler, de repos et de chocolat chaud. Merci.

Le garde hôcha la tête et s'exécuta.

Même si les familles étaient désormais réunies, l'enquête n'était pas finie.

Chef Bogo interrogea lui-même le détenu et récolta quelques informations, sans toutefois en connaître davantage sur ce mystérieux Pédro.

Judy avait assisté à l'interrogatoire mené par Bogo. Elle transmit toutes ces nouvelles données acquises à Nick.

- Lui et son complice avaient comme projet de créer un réseau de vente de pelage. "Pour les espèces qui, comme nous, n'ont pas de fourrure" cita Judy de ses notes.

- On a rien d'autre sur le deuxième énergumène ? demanda Nick.

- Non, rien du tout. Si notre premier coupable a servit de chauffeur, qu'il a lui-même enlevé les enfants et qu'en plus de ça, il trouvait leur adresse grace à son poste d'agent d'entretien au sein de l'école...

- ... que devait faire l'autre ? finit Nick

Judy feuilleta ses notes.

- Monsieur Nourse, le papa de l'ourson blanc, nous a dit que son collègue l'avait retardé. Et si c'était volontaire ? Que sa tâche était de le retenir ?

Nick hôcha la tête et fouilla en même temps dans les informations sur la famille Nourse.

- Le père Nourse travaille comme agent de sécurité des caméras. dit Nick

- Je te parie un panier de carottes de Colmar à Coeur Rouge que son collège s'appelle Pédro et qu'il n'a pas de fourrure.

- Je te parie la même chose... sans les carottes.

Après quelques recherches, le duo avait une nouvelle fois raison. Monsieur Nours avait un collègue travaillant dans son service ; un rhinocéros se nommant Pédro.

Des unitès allèrent chez lui pour l'arrêter. A son domicile, les forces de l'ordre trouvèrent des sachets remplis de poils.

- Vous comprenez pas, vous ! Vous avez un pelage et même une crinière ! cria ce fameux Pédro, en salle d'interrogatoire.

- Je pense plutôt que c'est vous qui ne comprenez pas qu'enlever des enfants est cruel et passible d'une amende de 15 000 zoollards ainsi que d'une peine d'au moins 10 ans ferme. fit calmement un agent avant de quitter la pièce.

Nick et Judy l'observèrent derrière le miroir sans tain.

- Ils ont prit des enfants pour le côté duveteux. suggéra Judy.

- Quelle bande de pourritures. souffla Nick. Bon. J'ai encore sauvé le monde je crois. dit-il en s'étirant.

- "J'ai" ??!

- Oui, d'accord, c'est vrai, tu m'as passé un bon coup de patte.

- De toute façon tu me dois un panier de carottes de Colmar à Coeur Rouge.

- Quoi ? Mais.. on avait pas parié !

- Alors avoue qu'on a élucidé l'affaire ensemble !

- D'accord, d'accord... sourit Nick, attendri. Lapin mâlin.

- Ca mérite une photo. sourit Judy en prenant son IPhoque.

- Une photo ? De ?

- De nous, rit Judy.

- Oh, tu sais... Nous les renards, on est pas trop photogéniques.

- Niiiiiick, s'il te plaît.

Il soupira et ne résista pas aux supplices de Judy.

*cheeeeeeeese*

judy et nick