Un ange en enfer : renaissance.

 

Cette nuit avait été mouvementé et je dois avouer que j'étais moi-même morte de peur. La terre des lions était entrain de vivre un très heureux évènement. La naissance des lionceaux avait commencé alors que la lune était haut dans le ciel. Une petite fille venait de voir le jour, sa mère est une de mes compagnes de chasse. J'avais été lui rendre visite, elle allait bien même si je lisais une fatigue pesante sur son visage.

 

Ce soir là, je n'ai absolument pas dormi, j'avais bien trop peur ... J'allais moi-même bientôt mettre bas de mon premier enfant. Et si j'étais une mauvaise mère ? Et si mon petit ne survivait pas ? Toutes ces questions que se pose une jeune maman. Celles où les autres répondent toujours « ne t'en fais donc pas, tout ira bien ! En plus, pourquoi ferais-tu une mauvaise mère ? ». Ce n'est que maintenant que je me rend compte à quel point cette réponse était facile et si peu réconfortante.

 

Je vins m'allonger près de Zira, mon amie, alors que le soleil se levait. Je vis une petite boule de poils brune dans ses pattes.

« Félicitation Zira ! Comment l'as-tu appelé ? » Lui demandais-je, partagée entre la joie et la fatigue.

«  Merci beaucoup Nala, il s'appel Nuka ... Le futur héritier de la terre des lions. »

«  C'est vrai qu'il avait dit que ce serait ton fils qui reprendrait le trône. »

 

A vrai dire, je n'avais jamais vraiment eus de dents contre Scar. Il était toujours gentil avec moi, il m'avait même aider à surmonter la mort de Simba alors que j'étais au plus bas. Mais il était vrai que son règne n'était que désastre. Nous avions faim et étions écrasés par les hyènes. Mais quand on lui posait la question, il disaient qu'on devait se montrer généreux avec ces amis, que c'était égoïste de ne s'occuper que de nous. En fait, il ne voulait que le bien de nous tous, même si c'était parfois difficile à gérer. En tout cas, il était le père unique de tout les lionceaux qui allaient naitre cette année, y compris le mien ... J'avais peur de ne pas savoir l'aimé d'ailleurs. Pas parce que je n'appréciais pas Scar, mais parce que je ne l'aimais pas d'amour.

 

« Et toi, c'est pour bientôt ? » demanda mon amie avant de passer sa langue rappeuse sur le corps du nourrisson.

« Je suppose oui ... » Je n'en savais vraiment rien et je posai ma tête sur mes pattes, en espérant qu'un peu de repos allait apaiser ma peur. Zira vit a quel point j'avais peur et elle essaya de me réconforter. Elle y arriva beaucoup mieux que je ne l'aurais cru et je fini par m'assoupir. Je ne fis aucun rêves durant cette sieste, en revanche, je fus réveiller par une douleur très forte au ventre. Je dressai la tête en feulant. Mon regard se posa sur mon ventre rond et je su que s'était le moment. Mon amie appela une lionne pour m'aider à mettre bas. Je fus heureuse de voir que cette lionne était pas mère.

 

Elle s'allongea devant moi et passe sa langue sur ma tête avec une telle douceur que j'eus l'impression de retomber en enfance, le plus beau moment de ma vie. Pendant un instant, j'en oubliai presque ma douleur, mais elle revint vite à la charge, beaucoup plus fort encore. Je fronçai les sourcils et poussai autant que je le pouvais. Ma mère me parlait constamment pour me rassurer, prenant le temps de faire des pauses pour passer sa langue contre ma peau ou frotter sa tête contre la mienne.

 

Cette souffrance dura pendant plusieurs longues minutes. Sarabi nous avait rejoint et me prévins lorsque le petit fut né. J'avais un enfant unique, un fils. Et lorsque je le vis, toutes les douleurs que j'avais ressentis quelques instant avant s'envolèrent comme par magie. Je souris et le pris dans ma gueule pour le mener à mes mamelles. Il miaula en cherchant son chemin contre moi. Je passa ma langue contre lui, chaque passage me donnait les larmes aux yeux ... J'étais maman !

 

Même si quelques heures plus tôt j'avais peur de ne pas aimer ce petit parce qu'il était le fils de Scar, ici je n'en avais que faire. C'était avant tout mon fils, un ange tout droit venu du ciel pour m'aider à tenir le coup dans cet enfer. Il prit l'une de mes mamelles dans sa petite gueule et téta. Il était si adorable ... Malgré ma fatigue, je ne pouvais m'empêcher de le regarder.

 

Ma mère vint contre moi et passa frotta sa tête contre moi.

 

« Félicitation ma chérie, il est magnifique! »

« Comment vas-tu l'appeler Nala ? » Me demanda Sarabi en souriant en voyant ce spectacle.

« Je pense que je vais l'appeler weevuh ... » Je lui donnai encore une léchouille sur le dos.

« Nos fils seront surement de bons amis tout les deux ! » Me dit Zira en s'allongeant près de moi.

 

Elle avait surement raison, mais je ne pu lui répondre, j'étais trop épuisée pour discuter. Je posai ma tête sur mes pattes de nouveau et je pu m'endormir tranquillement sous l'oeil attentif de ma mère, de mon amie et de Sarabi. Je sentais toujours cette sensation agréable de mon petit qui buvait mon lait. Enfin, agréable n'était surement pas le mot, mais c'était si beau d'être maman, d'avoir quelqu'un à protéger ... J'étais impatiente de me réveiller pour veiller sur lui.

 

Je pu me reposer un bon moment et lorsque je me réveillai, ma mère était face à moi et jouait avec un brin d'herbe pour amuser mon petit. Je souris en les voyant et ne dit rien pour les observer. Ma mère et moi étions presque comme des soeurs pour notre couleur, mais mon bébé était un peu plus foncé. Il était recouverte de petites tâches comme tout les lionceaux en ont lors de leurs premiers jours. Sarafina leva la tête et vit que j'étais réveillée.

 

« Coucou ma chérie! Le petit pleurait mais tu avais besoin de repos, alors je l'ai pris pour jouer avec ... Mais je crois qu'il a faim maintenant! » Elle sourit et prit le petit dans sa gueule pour le déposer contre moi.

 

« Merci beaucoup de t'être occupée de lui, c'est vrai que j'avais besoin de me reposer. »

 

Weevuh vint contre moi et posa ses petites pattes sur mon ventre, il se mit a ronronné et ce son fit battre mon coeur comme jamais. Depuis que Mufasa et Simba étaient morts, ma vie avait été triste, la blessure de la perte de mon meilleur ami n'avait jamais été refermée. La pression des hyènes sur nous étaient tellement forte que parfois on avait l'impression qu'on allait exploser. Même avec ma mère et Sarabi, j'avais du mal à tenir le coup. Mais ici, au fond de moi je sentais que j'allais enfin pouvoir redevenir heureuse.

 

Malgré tout, je ne pu m'empêcher de me demander ce que Simba aurait dit si il avait été encore là. Il aurait surement été heureux pour moi et aurait joué avec le petit quand il serait un peu plus grand. Je regardai le ciel, le soleil était entrain de redescendre dans le ciel et j'adressai une prière silencieuse à l'attention de mon ami d'enfance. J'aurais aimé qu'il soit là, vraiment.

 

Zira se redressa et se tourna vers moi, me sortant de ma rêverie.

« Je vais boire un peu, je peux te laisser Nuka ? »

 

Je hochai la tête puis la regarda mettre son petit entre mes pattes. Je pris à mon tour mon bébé et le mis contre Nuka. Ils étaient mignons tout les deux et je souris en les regardant miauler et se pelotonner l'un contre l'autre. Je passai ma langue contre eux deux, leur arrachant de petits ronronnements. Ma mère et Sarabi me regardaient alors que je leur parlais, comme on parle à des bébés. Les deux lionnes étaient attendrie par la scène. Elles n'avaient pas eut de petits cette année car elles venaient à peine d'avoir fini d'éduquer leur précédent enfant. Mon frère Mheetu était un jeune adolescent maintenant et je savais qu'il allait bientôt devoir partir. Quand à la fille de Sarabi, elle était déjà très forte et allait surement devenir une chasseuse hors paire.

 

Un bruit de pas se fit entendre derrière moi et je tournai la tête, un peu effrayée. Je fus rassurer en voyant Scar s'approcher de moi. Il passa devant moi et regarda les petits entre mes pattes, ses héritiers.

 

« Deux petits Nala ! Fort bien ... Des fils j'espère ? » Demanda-t-il, sans se soucier de mon état. Je sentis mes poils se hérisser sur mon dos mais j'avais bien trop peur qu'il ne s'en prenne aux enfants si je n'étais pas courtoise.

 

« Deux fils en effet, mais Nuka, le plus foncé, est le fils de Zira. Elle est allé boire. » En entendant que c'était le fils de Zira, je vis son regard s'illuminé. Même si je n'étais pas sure qu'il ai de réels sentiments pour elle, il était claire qu'elle lui était plus dévoué que nous et qu'elle était sa favorite. Il lui avait promis que si elle lui donnait un fils, il serait son héritier. Scar regarda l'enfant d'un air carnassier, il écarta mes pattes et l'examina.

 

« J'espère qu'il deviendra fort ! » Dit-il avant de partir vers le lac, surement pour y rejoindre Zira.

 

Les deux petits se mirent à pleurer et je les repris tout contre moi, le serrant dans mes pattes. Ni ma mère ni Sarafina n'avait bougé lorsque Scar était venu voir sa descendance, mais une fois qu'il fut partit, elles se levèrent toutes les deux pour venir à mes cotés. Cela me rassura un peu, la présence de ce lion ne m'avait jamais inspirée confiance, malgré qu'il avait toujours été gentil avec moi.

 

« Ne t'en fais pas Nala, Scar n'a jamais voulu de mal aux petits. C'est assez rare quand il vient les voir. » Me fit remarquer Sarabi.

 

« Regarde ton frère, il n'a jamais été influencé par lui. Tu ne dois pas t'inquiéter pour Meevuh, ça sera un bon garçon! »

 

Je n'en doutais pas, Scar n'était lui-même pas méchant, juste un peu torturé. Il m'en avait un peu parlé quand j'étais jeune, il m'avait dit que son père ne l'appréciait pas beaucoup et que c'est à cause de ça qu'il avait eut cette cicatrice. J'espérais juste qu'il ne soit pas pareil avec Weevuh. Je préférais qu'il vivent loin de son père plutôt que de le voir déçu parce qu'ils ne s'entendent pas.

 

Zira revint tout sourire et repris son fils contre elle.

 

« Il l'a vu et il l'adore ! Scar est fier qu'il lui ressemble autant et il lui souhaite tout ce qu'il y a de meilleur! » Il était facile de dire qu'elle était totalement transportée par la réaction du lion. Et je la comprenais, le poids de devoir donner un fils qui sera l'héritier est très pesant. Ca devait être un soulagement d'apprendre qu'il l'acceptait.

 

« Et il a parlé de ton fils aussi Nala, il le voit bien devenir son bras droit! Dé qu'ils seront assez grands, il les prendra sous son aile pour leur apprendre ce qu'ils doivent savoir sur la terre des lions. »

 

Mon sang ne fit qu'un tour et mon coeur se mit à battre. Mon fils allait devenir bras droit ! C'était une nouvelle excellente. Il allait pouvoir passer du temps avec son père et malgré mes craintes, je sentais que tout irait parfaitement bien. A voir la réaction de Zira, le sort de ses fils lui tenait quand même à coeur. Peut-être voulait-il essayer de reprendre en main son royaume qui tombait peu à peu en ruine.

Peu après, Mheetu vint nous rejoindre, arrivant en sifflotant. Il trottina plus vite en nous voyant et vint vers moi en souriant.

« Et bah alors petite soeur, on dirait que tu es maman ! » Même si j'étais sa grande soeur, il m'appelait toujours comme ça, du moins, depuis qu'il était devenu plus grand que moi en taille. Il passa sa tête contre la mienne en ronronnant et se mit en position de jeu en regardant son neveux.

 

« Coucou petit bonhomme ! Je suis le frère de ta maman. On va passer beaucoup de temps tout les deux tu sais. Je vais t'apprendre plein de truc, comment grimper aux arbres, comment faire peur à maman ... » Il n'eut pas le temps de terminer que je lui donnai un petit coup de patte sur l'épaule en riant.

 

Je savais qu'il plaisantait et nous nous mirent tous à rire. Ma mère enchéri en disant que si Mheetu continuait à faire des bêtises, il serait punis dans le fond de la grotte. Il prit une voix d'enfant et commença à se plaindre et à imiter des pleures. Je me mis a rire encore plus fort.

« Ne ris pas trop vite soeurette, bientôt tu aura ça pour de vrai ! »

 

Je ne pu lui répondre, Rafiki arriva vers nous en marchant à l'aide de son bâton. Sarabi se leva et le salua. Il la prit dans ses bras puis s'approcha de moi et Zira en regardant nos bambins.

« Ils sont vraiment adorables, félicitation à vous deux ! »

 

Rafiki était comme moi, il n'avait toujours pas digéré la mort de Mufasa et je pouvais sentir dans sa voix du regret à l'idée que ces bébés n'étaient pas nés sous le règne de son ami. Je le regrettais un peu aussi, mais je n'aurais échangé mon petit pour rien au monde.

 

Cette naissance était vraiment un don du ciel ... Cela faisait à peine quelques heures qu'il était là et je n'avais jamais été aussi heureuse depuis la mort de Simba. J'allais enfin pouvoir être heureuse à nouveau avec ma famille et mon fils ...