Chapitre 3

Blessures

 

L’interpelé ouvrit tant bien que mal ses yeux, pour apercevoir un grand œil vert devant lui.

Le cœur battant à la chamade, le lionceau donna un violent coup de patte, et se plaqua contre le mur de la salle, sous le choc.

Mufasa regarda furtivement autour de lui. Effectivement, personne n’était là à part lui et Taka.

 

En réalité, le lionceau savait très bien de quoi voulait parler son frère, mais il ne voulait pas paraître affecté par les évènements.

Le doré abaissa ses oreilles et sortit ses griffes. Sa mère avait tout raconté. Tout le monde savait à présent qu’il était un faiblard. Pourquoi n’avait-elle pas pu se taire ? Pourquoi !

 

 

 

Mufasa marqua une pause, sentant une immense tristesse s’emparer de lui. Comme avant, comme au bon vieux temps… Seulement…

Et moi, qu’ai-je de moins que toi ? Je te le demande !

 

Ne sachant que répondre, Taka baissa ses yeux émeraude, où perlaient de grosses larmes.

L’espace d’un instant, Mufasa s’attendrit de cette situation, et s’avança vers Taka, frottant ainsi sa tête contre celle du petit Roi.

 

Ahadi, coléreux, apparut derrière les rochers et accourut près de ses petits.

 

La haine revint tel un éclair dans le cœur meurtri de Mufasa. Mais pourquoi était-il  toujours mis en deuxième plan ?

D’un sourire gêné, Taka, suivit son père, laissant une fois de plus le doré avec ses pensées qui lui torturaient l’esprit.

En effet, il les vit près d’une marre, formant un cercle.

 

C’était Sarabi qui s’approchait en souriant.

 Si Sarabi restait avec lui, il ne pourrait pas aller à la chasse !

Mufasa fronça les sourcils. Si elle commençait  à lui poser trop de questions, il risquait d’être découvert, et ce n’était pas le moment !

 

Tournant la tête vers la marre ou se trouvaient les lionnes il y avait un instant, il n’y vit plus que l’herbe. Et voilà !! A cause de Sarabi, il ne savait plus où elles étaient !

 

La petite lionne eut un mouvement de recul, apeurée.

Ce n’est pas contre toi… commença Mufasa, surpris lui-même de la façon dont il avait été dur.

Mais ça, Mufasa n’en avait pas la moindre idée.

Sarabi fit volte-face et disparut au tournant laissant son ami dépité. Mais qu’avaient-ils tous à pleurer, aujourd’hui !

Bon maintenant, retrouver la trace des lionnes, grâce au flair. Il alla jusqu’à la marre et renifla l’odeur les lionnes. Elle s’éloignait ver l’ouest. Parfait, il avait trouvé ! Après cinq minutes de galop, il les vis au loin qui encerclaient un gnou. S’approchant au ras du sol pour que personne ne puisse le voir, il se tapit dans les hautes herbes…

Le cercle félines  diminuait peu à peu, n’étant plus maintenant de deux mètres de diamètre….

Mais Mufasa, lui, n’attendit plus et bondit en poussant un rugissement qui se voulait assuré.

Surprises, toutes les lionnes levèrent la tête d’un seul coup, tandis que le lionceau, plantait ses petits crocs dans la chair dure de la proie.

 

Le gnou se débattait, cherchant à enlever la petite boule de poils jaune sérieusement cramponnée à lui.

Malmené, Mufasa sentait son courage l’abandonner, et la frayeur grandir en lui. Il n’allait pas pouvoir résister à une telle bête ! Il donna un grand coup de dents dans le cou de sa grosse proie, bien trop grosse pour lui...

Le gnou venait de ruer violemment, et le petit doré glissa sous la gorge de l’animal, produisant  au passage huit sillons profonds de ses petites griffes naissantes. S’en fut trop. Le gnou envoya valser Mufasa, qui atterrit sur le sol lourdement. Le gnou fonça vers lui, ses sabots meurtriers, martelant le sol, et se cabra au-dessus du lionceau, qui écarquilla les yeux, s’attendant au pire…

A cet instant, tout ce passa très vite. Une douleur fulgurante lui déchira l’œil gauche, tandis qu’un éclair foré accompagné d’une crinière encre se précipitait sur le gnou furieux, le faisant ainsi tomber.

Ensuite, tout devint flou, puis noir dans l’esprit de Mufasa.

Et puis, simplement, plus rien.