La mort est abstraite… La mort est sans pitié, elle frappe n’importe où, n’importe quand, n’importe qui… Elle joue à la roulette russe avec madame la chance, malheureusement cette dernière ne nous fait pas toujours profiter de ces vertus. Cette sensation étrange que l’on ressent à l’égard d’une personne décédée, on pense qu’on aurait dû lui dire telle ou telle chose, que l’on regrette de lui avoir fait ou dis cela, si on avait réagit différemment, peut-être même serait elle encore ici… Nous devons tous un jour nous séparer d’êtres chers, les laisser partir pour qu’ils signent la fin de leur existence… Ils ont accomplis leurs tâches sur terre, c’est pour quoi ils avaient été envoyés, les étoiles reviennent les chercher pour accompagner leurs âmes d’une intense lumière chérissant à jamais leur bien court passage dans notre monde. Mais une personne ne disparaît que quand nous en avons décidé, elle reste toujours en vie en nous… La question est : ne vaut il pas mieux laisser une âme en paix que de s’obstiner à vouloir la faire survivre. Il faut que la plaie cicatrise, que le sang coagule, que la peau se reforme et que le cerveau nous dise que la douleur n’est plus là, seulement après cela nous pourrons terminer notre deuil. Une de mes hypothèse consiste à dire que l’être humain a inversé la signification de la vie et celle de la mort… Car quand vient notre naissance, nous ne commençons pas à vivre mais bien à mourir, notre corps vieillit de jour en jour et se dégrade jusqu’au jour où il s’éteint… Quand nous passons ce tunnel de lumière si caricatural nous commençons alors seulement notre vie, mais cela, ce n’est qu’un avis personnel… A moins que Mohatu ne partage mon avis ? Car ce dernier n’a pas fermé l’œil de la nuit, la passant à l’entrée de la grotte pour réfléchir avec l’aide réconfortante de la luminosité des étoiles. L’aube arrivait enfin, la vie allait reprendre dans la savane, le monarque partit tôt pour faire sa ronde habituelle et surtout tenter de s’apaiser l’esprit en marchant un peu. Les félins commençaient lentement à se réveiller après le tragique accident de la veille qui restait dans les mémoires.

Nia, ouvrit les yeux pour les poser sur son plus jeune fils Dembe qui dormait encore profondément. Elle avait mal dormis, faisant toutes sortes de mauvais rêves, elle avait elle aussi attendu avec impatience le petit matin. Seulement, une lionne manquait dans son champ de vision… La reine fit lentement basculer Ahadi qui s’était endormi sur son dos, et plaça ses pattes avec délicatesse sur le sol pour ne réveiller personne. Elle sortit de la grotte où elle fut accueillie par la douceur du vent qui tourbillonna autour d’elle, elle prit une grande inspiration en souriant et en redressa la tête vers le ciel encore rosée. Nia tourna sa tête sur son côté droit, en direction des plateformes où ils avaient trouvé le lionceau mort la soirée dernière… Elle s’y dirigea à pas lents, au bout de quelques instants  elle arriva au sommet de la colline qui lui permettait d’avoir une vue d’ensemble sur les plateformes ainsi que sur une partie de son royaume. A quelques mètres d’elle, une lionne couchait sur les froides plaques de pierre… Le regard de la reine s’emplit de peine, elle alla vers la lionne qui était de dos pour découvrir une mère encore sous le choc de la perte de son enfant. Cette dernière avait les yeux grands ouverts, les joues encore collantes de larmes, et le corps de sa  fille collée à sa patte… Quel triste spectacle de voir la soudaine séparation entre une mère et sa fille, Nia fit preuve d’énormement de compassion, mais il lui fallait agir.

 

Nia : Achana… Il faut que tu te lèves.

 

Achana : …Non…

 

Nia : Tu ne peux pas rester là, tu as passé la nuit ici dans le froid, si tu continues tu ne survivras pas.

 

Achana : Qu’il en soit ainsi…

 

Nia : Tu ne peux pas dire cela, ce qui s’est passé n’est pas de ta faute… Il faut que tu la laisses partir…

 

A ces mots, Achana redressa légérement la tête pour regarder Nia, les yeux emplis de larmes et de désespoir. La reine vint coller sa tête à celle de la lionne pour la rassurer et la consoler… Elle était mère elle aussi, perdre un enfant elle imaginait bien ce que cela pouvait être et en avait le cœur brisé rien que d’y penser. La meilleure solution dans ces situations est de s’entraider et d’accepter la mort… Achana embrassa une dernière fois sa fille et se redressa, sa fourrure était tâchée de sang maintenant sec ce qui accélèra le rythme cardiaque de Nia qui regarda la lionne s’éloigne péniblement vers la grotte aux lions pour y prendre un peu de repos. Elle regarda le corps meurtrit du lionceau… Qui était assez ignoble pour faire une chose pareille ? Ce ne pouvait être l’œuvre d’un lion, personne n’était assez cruel ici pour faire cela, et ils avaient une excellente entente avec les royaumes voisins. Mais toute vérité fini par se savoir bien qu’elle ne soit pas toujours bonne à entendre… Le corps de la petite devait disparaître, sacrilège serait de le laisser ici et d’attendre les charognards. Ce serait un spectacle bien trop horrible pour tout le monde… Nia attrapa le corps dans sa gueule et se dirigea en trottinant vers le lac où après être rentrée presque entièrement dans l’eau, elle y déposa le cadavre qui coula en ne laissant que pour dernier adieu des petites bulles d’oxygène qui éclatèrent à la surface de l’eau. La reine regarda la scène avec peine, elle redressa la tête et quel fut sa surprise en voyant sortir des hautes herbes… Une hyène ! Sur le coup la lionne glissa et se retrouva la tête sous l’eau, lorsqu’elle remonta elle se tourna vers l’endroit où elle avait vu le mammifère… Il n’y était plus… Devenait elle folle ? Son imagination se mettait à lui jouer des tours… Elle aurait pourtant juré… Peu importe. Nia fit demi tour pour rentrer au rocher.  

 

Je ne vous ferais pas la chronologie des évènements au rocher jusqu’à l’heure du déjeuner. Les habitants de la terre des lions s’était, presque, tous réveillés et voguaient à leurs occupations habituelles. Les lionnes avaient été chasser et une fois de plus étaient revenues victorieuse, leur trophée était cette fois une antilope adulte qu’elles avaient piégé grâce à une stratégie qui leur avait pris des heures de camouflage dans les hautes herbes. Les lionceaux étaient donc en train de manger goulûment sous la surveillance des adultes, et cette fois les trois héritiers étaient là pour se remplir la pense. Le plus goinfre n’étant pas forcément le plus âgé, Dembe poussait tout le monde, grimpait sur les autres pour pouvoir avoir autant de viande que son estomac pouvait en contenir alors qu’Ahadi mangeait tranquillement et qu’Eyldon, rusé, s’était pris son morceau et grignotait dans son coin à l’abris du chahut. Mohatu était brièvement rentré au rocher il y a peu, il prit avec lui Kipo et une lionne connue pour ses talents de guerrière, sans oublier Zuzu sa conseillère et amie qui aurait vite fais de parcourir la terre des lions en cas de danger. Ils étaient tous les quatre partis sans aucune explication de la part de leur roi, tout cela dans la plus grande discrétion pour ne pas alerter le reste du clan. Où allaient ils ? Vous le saurez plus tard. En attendant le déjeuné était en plein digestion chez les lionceaux, repus de ce bon repas. Les trois frères étaient réunis à l’écart des lionnes pour discuter d’une affaire importante… Ils avaient promis à Shenza et Tiko qu’ils se reverraient aujourd’hui au même endroit qu’hier, et ils tiendraient leur promesse ! Ahadi se désigna pour aller demander la permission à sa mère.

 

Ahadi : On voudrait aller jouer dans la savane on peut ?

 

Nia : Est-ce là la manière de s’exprimer d’un prince ?

 

Ahadi : … Mère, pourrait on s’il te plait songer à une petite promenade au sein de notre magnifique royaume ?

 

Nia : C’est d’accord, mais surtout ne vous éloignez pas trop… Et rappelez vous des règles instaurées par votre père, et respectez-les.

 

Ahadi : promis !!

 

Le lionceau fit une léchouille à sa génitrice et se dirigea vers ses frères en sautant dans tous les sens, le voyant arriver ainsi ils comprirent vite le message et se mirent à courir pour se rendre dans la savane, à l’endroit même où ils avaient rencontré Shenza et Tiko. Ils allaient encore passer une après-midi de rêve, à s’amuser comme des petits fous. Pourtant Eyldon était soucieux… Ils allaient à l’encontre des règles du royaume, à l’encontre de la confiance de leurs parents et personne n’avait l’air de s’en soucier sauf lui. Non pas qu’il était rabatjoie, mais mentir à son père et sa mère alors qu’ils font l’effort de les laisser prendre un peu d’autonomie, ce n’était pas très propre… Il avait essayé d’en parler à ses frères, en vain. Les lionceaux arrivèrent enfin où ils découvrirent avec joie leurs deux amis qui les attendaient. Ils se saluèrent poliment, Tiko et Dembe se sautèrent déjà dessus et se courraient après joyeusement alors que le reste du groupe s’interrogeait sur ce qu’ils pouvaient bien faire aujourd’hui.

 

Ahadi : on a qu’à jouer à chat ?

 

Eyldon : on y a déjà joué hier…

 

 Chenza : Et si je vous montrais où on habite ?! Il y a un grand lac très joli, venez !

 

Ahadi et Eyldon se regardèrent avant d’acquiescer  et d’entamer la marche vers la prairie des éléphants. Ils n’y sont encore jamais allés mais d’après ce qu’ils savaient, la prairie faisait partis de leur royaume ils avaient donc le droit d’y aller bien que cet endroit sois plutôt éloigné du rocher. Mais lorsqu’on est prit par la gaieté des jeux, on ne pense pas toujours à respecter les règles données par les adultes. Ils arrivèrent après un moment de marche au lac de la prairie où se trouvaient d’ailleurs des éléphants et leurs enfants, ces grands pachydermes aspiraient de l’eau dans leurs longues trompes et la rejetaient sur le dos de leur compère pour apprécier les bienfaits d’un bon bain. Les lionceaux et les hyènes les regardaient, impressionnés par leur grandeur, ils osèrent après quelques instants d’hésitation à pénétrer à leur tour dans l’eau pour s’amuser à s’arroser et à d’autres jeux enfantins. Seulement le danger n’est jamais loin, Tiko et Dembe qui se courraient toujours après avaient la mauvaise idée de passer entre les pattes des éléphants, plusieurs fois ils frôlèrent de se faire écraser sous le poids éléphantesque de ces animaux de la savane. Seul Eyldon leurs courrait après pour tenter de les arrêter, manquant maintes fois de se faire piétiner lui aussi pendant que Shenza et Ahadi se prenaient pour le roi et la reine des lieux, et projetaient d’aller titiller la queue d’un éléphanto. Eyldon fini par réussir à rattraper Dembe et Tiko mais il n’eût le temps de dire quoi que ce soit que le sol se déroba sous ses pieds… Où plutôt il se sentit comme flotter dans les airs, et c’était ce qui se passait ! Ils s’étaient arrêtés juste au dessus de la trompe d’un éléphant qui en se redressant les avait emporté avec lui… Il ne manqua pas de manifester son mécontentement en leur jetant un regard noir, puis il fit un grand geste de la trompe en barrissant et les trois compères furent projetaient en l’air avant de retomber dans l’eau, heureusement personne ne se fit mal. De leur côté, Ahadi et Shenza s’étaient aplatis sur le sol et sautèrent sur le derrière de leur victime pour attraper sa petite queue… Seulement la maman n’était pas loin, elle se mit à courser Ahadi et Shenza qui s’empressèrent de sortir de l’eau en hurlant, vite rejoints par Tiko, Dembe et Eyldon ! Ils jouaient à des jeux dangereux…  

 

Pendant ce temps…  

 

Vous vous souvenez sans doute de l’escapade de Mohatu dont je vous avais parlé tout à l’heure ? Et bien il est temps de vous en dire un peu plus… Sur le chemin, le monarque s’était expliqué de son comportement bien mystérieux, il avait pris avec lui deux guerriers ainsi que sa conseillère pour ne prendre aucun risque, car dans l’endroit où ils allaient, qui sait ce qu’il pouvait leurs arriver… Où allaient ils ? Et bien après la discussion qu’avait eu Mohatu avec Kipo, il avait décidé détromper ou confirmer ses doutes sur les hyènes… Il pensait qu’elles avaient tué la petite, et il voulait en avoir le cœur net ! Ils étaient donc en route pour la prairie des éléphants eux aussi, mais heureusement pour les lionceaux, ils allaient à l’autre bout du territoire là où l’installation des hyènes était la plus probable. Et quelle découverte ils allaient faire… Lorsqu’ils arrivèrent à bon port, une ambiance terriblement lourde se fit ressentir et étrangement, aucuns barrissements ne retentit ce qui était plutôt anormal pour une prairie où vivaient ces animaux ! En avançant un peu plus et surtout en restant sur leurs gardes, le sol devenait plus pauvres et peu fertile, l’herbe avait étrangement disparu, comme si la disette avait frappé de plein fouet cette contrée. Et là, le cauchemar… Un énorme corps d’éléphant dont les morceaux de chair étaient encore collés aux os cassés et rongés par endroit… Ce qui restait de peau était en pleine décomposition laissant flotter dans l’air une odeur à en faire des hauts de cœur… La putréfaction était en plein processus, le corps souintait encore, pour preuve : Des bribes de tissus corpulaires qui étaient encore présents, ainsi que des insectes et larves, scientifiquement appelés des Sarcophagidaes, se baladaient  dans les orifices naturelles de la pauvre créature. Les lions étaient terrorisés, dégoûtés… Tellement que Kipo ne put se retenir plus longtemps et se tourna pour vomir de la bile, trop écoeuré par ce qu’il voyait et ce qu’il sentait. L’animal avait été tué dû à diverses morsures très profondes, avant d’être simplement éventré et de mourir dans d’atroces douleurs.  Mohatu fini par tourner la tête en soupirant, alors qu’Umbawa la lionne qui les accompagnait regardait le corps sans un tiraillement de faiblesse sur son visage, au contraire ! Elle avait l’air intéressé par la chose… D’ailleurs elle s’approcha un peu plus du cadavre et l’observa attentivement.

 

Umbawa : Au vu du stade de la décomposition et de l’espèce d’insecte présente, je dirais que le corps est là depuis une quinzaine de jours.

 

Kipo : Co… Comment tu sais ça ?!

 

Umbawa : J’ai passé beaucoup de temps à regarder des corps pourrir… Je trouve ça passionnant… La mort ! Les insectes aident à dater la mort et ceux-là, ce sont les deuxieme. Les premier arrivent à la mort et même des fois juste avant à l’agonie, il y reste pendant une dizaine de jours avant que l’odeur de pourriture arrive, comme celle que nous sentons là… Sauf qu’ils ne supportent pas cette odeur et donc ils s’en vont, l’odeur attire alors une autre catégorie d’insecte, ceux que tu peux voir sur le cadavre, qui reste pendant une quinzaine de jour avant que d’autres arrivent.

 

 

Kipo : … Oh…

 

Kipo ne se sentait vraiment pas bien… Lui qui était pourtant l’un des guerriers les plus valeureux du royaume, ne pouvait contenir son dégoût pour une scène aussi horrible. Mais lorsqu’il tourna la tête dans le sens contraire de celui du roi, ses yeux s’écarquillèrent de frayeur… Il leva doucement sa patte et pointa du doigt la direction face à lui…

 

Kipo : Re… Regardez…

 

Umbawa et Mohatu se tournèrent dans la direction de Kipo, et leur réaction fut la même… Ils avancèrent pour se retrouver aux côtés du lion. Face à eux, une immensité faite de poussière et de cadavres d’éléphants… Des dizaines, des vingtaines, des trentaines ! Plein de corps partout, à perte de vue avec le seul bruit des jésers crachant des substances vaporeuses d’une couleur plutôt suspecte. Un lieu de mort, qui pourtant autrefois était le refuge des pachydermes. Le monarque parcourait le paysage des yeux, horrifié… Comment cela avait il pu se passer sans qu’il ne voit rien… Il aurait dû remarquer l’avancée des éléphants sur la terre des lions, leur présence accrue. Mais qui aurait cru qu’une prairie verdoyante se transformerait en cauchemar… Cette fois plus de doute possible, les hyènes étaient très dangereuses pour l’avenir de la terre des lions ! Mohatu avait eu tout faux sur elles, il pensait que ces charognards n’étaient là que depuis peu… Mais en réalité ces hyénidés peuplaient la prairie depuis des semaines, seulement maintenant qu’elle n’avait plus de nourriture près de chez elles… Elles venaient se nourrir sur la terre des lions et piquer leurs proies. Il n’y aurait pas assez de place pour deux espèces dominantes, c’était elles, où eux. Zuzu, la conseillère était toujours là elle aussi, mais trop choquée pour prononcer quelque chose, elle se contentait d’être présente. Finalement Mohatu se décida à faire un commentaire…

 

Mohatu : C’est un lieu mortuaire…

 

Kipo : Tu veux dire que c’est devenu un… Cimetière ?! Mais la prairie elle…

 

Umbawa : n’existe plus… Ce sont les hyènes qui ont fais ça ?

 

Mohatu : Oui… Aucun doute possible.

 

Que dire de plus ? Un déboussolement profond… Il fallait partir d’ici avant que les hyènes ne viennent et surtout, il fallait avertir le clan et tout le royaume de l’invasion des hyènes, prendre des mesures et faire le nécéssaire pour se mettre en sécurité. Mohatu y réfléchissait déjà… La prairie, ou plutôt l’ancienne prairie ne faisait à présent plus partit de Prideland, c’était un endroit dangereux qui retraçait les frontières du royaume… Il fallait avertir les hyènes de ne pas les dépasser et qu’à présent elles étaient l’ennemis numéro 1 des lions… A cet instant, un éclair passa dans l’esprit du monarque. Les hyènes n’étaient pas là ce qui voulait dire qu’elles devaient chasser dans la savane et… A cette heure là, les lionceaux du clan y étaient aussi, ses fils y compris ! Un vent de panique souffla alors ! Si ces canidés mettaient la patte sur un lionceau qui sait ce qu’ils pourraient leur faire ! Il fallait agir et vite, Mohatu se tourna rapidement vers Zuzu.

 

Mohatu : Zuzu ! Rend toi dans la savane et dis à tous les lionceaux que tu croiseras de rentrer immédiatement au rocher !

 

Zuzu : J’y cours j’y vole !

 

Umbawa et Kipo se regardèrent alors que Zuzu prit son envole direction la savane. Et justement dans la savane, la journée avait bien avancé et la petite troupe de joyeux lurons était partie de la prairie des éléphants, ou du moins ce qu’il en restait pour retourner sur la terre des lions. Il faut dire que de se faire courser par d’énormes pachydermes ce n’est pas très attrayant comme jeu, et surtout c’est dangereux ! Le plus fatigué, étonnement, était Eyldon qui avait passé son temps à courir après son petit frère qui n’avait aucun sens de la sécurité pendant qu’Ahadi faisait toutes sortes de bêtises avec Chenza. Là était née une amitié qui allait durer, du moins c’est ce qu’ils espéraient tous… Le problème était que les lionceaux n’avaient normalement pas le droit de parler à des inconnus, et voilà qu’ils avaient sympathisé avec une autre espèce qu’eux. Ils ne pourraient plus cacher leur petit secret bien longtemps au risque de se faire prendre en flagrant délit par un membre de leur clan et d’avoir de gros ennuis. Oui, ils avaient pris leur décision sur le chemin, ils allaient en parler à leurs parents dès ce soir ! Et Chenza et Tiko allaient faire de même avec leurs parents, ils pensaient même que leurs deux clans pourraient bien s’entendre au final, et même devenir amis ! S’ils savaient à quel point ils faisaient fausse route… Fatiguer de courir partout, le petit groupe s’installa à l’ombre d’un arbre pour avoir une petite discussion entre amis.

 

Chenza : vous êtes combien dans votre clan ?

 

Eyldon : Mmmh entre 20 et 30 je pense. Et vous ?

 

Chenza : une centaine !

 

Ahadi : Wouaw !!! Et vous vivez dans la prairie des éléphants ?

 

Tiko : Oui !! Vous vivez où vous ?

 

Dembe : bah au rocher des lions, tu connais pas ?

 

Tiko : Non…

 

Chenza : En parlant de lion, je suis sûre qu’aucun de vous ne sait rugir !

 

Ahadi : Pff, facile.

 

Ahadi se leva pour se mettre devant Chenza en faisant son malin… Il se racla la gorge pour se préparer un sortir un terrible rugissement d’un lion digne de ce nom. Il gonfla donc ses poumons au maximum et… Miaula. Oui, une sorte de miaulement sourd sortit du fond de sa gorge, il s’en étouffa presque d’ailleurs. Tout le monde autour de lui se mit à rire aux éclats, particulierement Chenza qui le pointa même de la patte. Ahadi fut blessé dans sa fierté et sous son pelage doré, était devenu tout rouge de honte et de colère. Pour se venger, le lionceau sauta sur la hyène en rigolant et en faisant semblant de la mordre dans le cou. Eyldon sauta lui aussi sur Tiko et lui tint les pattes pendant que Dembe le chatouillait à la mort ! Ce qu’ils ignoraient… C’est que derrière les hautes herbes, se tenait une troupe de hyènes adultes qui depuis la prairie des éléphants, avaient suivit les lionceaux pour surveiller leurs petits. Ils avaient dans l’idée que les lions étaient des animaux dangereux et qu’il fallait s’en méfier, mais ne voulant pas accuser le coup trop vite, ils avaient décidé de les suivre pour mieux observer leur comportement et au moindre signe de violence, les attaquer… La mal interprétation des choses peut aller loin, et les hyènes avaient vu dans les jeux enfantins des lionceaux une menace directe pour Chenza et Tiko ! Ils bondirent donc en hurlant, les trois lionceaux firent un bond en arrière de frayeur et se mirent à trembler comme des feuilles devant les crocs de ces hyénidés menaçants… Chenza et Tiko tentèrent de s’expliquer mais se firent immédiatement couper dans leur élan par la chef de meute qui se trouvait être leur génitrice ! Au même moment Zuzu qui avait réussi à trouver plusieurs lionceaux dans la savane et de les faire rentrer au rocher, passa juste au-dessus de la scène qui ne lui échappa pas ! Dans un soupire de peur, elle fit rapidement demi-tour pour trouver Mohatu et le prévenir de ce qui se tramait dans la savane. Et sur terre, l’heure n’était pas aux négociations ! De la bave coulait des gueules des hyènes alors que les lionceaux étaient recroquevillaient sur eux même… Eyldon daigna lever la tête et poussa violement ses frères pour leur dire de se mettre à courir ! Les trois princes se mirent à cavaler aussi vite qu’ils purent aussitôt poursuivis par les hyènes qui grognaient tout en courant. Il fallait vite trouver un endroit où se cacher, où ils étaient perdus !  

Au détour d’un buisson ils sautèrent derrière des rochers, Dembe avait des sortes de spasmes tellement il avait peur, il en pleurait et faisait des petits couinements. Eyldon et Ahadi mirent chacun une patte sur la bouche de leur petit frère tout en restant collés contre les rochers. Les hyènes arrivèrent en marchant et en grognant, elles n’avaient pas vu les lionceaux disparaître… Certaines se mirent à renifler le sol à la recherche de l’odeur des félins, et les retrouvèrent bien vite ! La chef de bande tendit sa patte et griffa le rocher ce qui fit sursauter les lionceaux qui crièrent en s’enfuyant de nouveau ! Trouver un autre endroit plus sûr… Ahadi prit Dembe sur son dos et grimpa dans un arbre suivit d’Eyldon, leurs pauvres petits cœurs étaient sur le point de s’arrêter, leurs poils étaient dressés et leurs pouls s’emballaient. Les hyènes arrivèrent au pied de l’arbre mais elles n’étaient pas taillées pour l’escalade, elles se contentèrent d’hurler en sautant pour mordre les lionceaux et se griffer violement le tronc. Bientôt elles allaient trouver une astuce pour avoir les princes, dire que personne ne savait qu’ils étaient là… ça leur apprendra de désobéir aux règles ! Ils criaient de toutes leurs forces pour alerter un probable lion dans les parages… Là, un énorme rugissement retentit ! Dans une puissance magistrale, Mohatu bondit hors des hautes herbes toutes griffes dehors et se jeta littéralement sur les hyènes suivit de Kipo et Umbawa qui firent de même. Le combat ne dura que quelques instants avant que les deux chefs ne se fassent face et calment leurs compères. Ils se regardaient droit dans les yeux d’un air noir, se maudissant l’un l’autre jusqu’à la moelle.

 

Xana : Je suis Xana, leader des hyènes de cette contrée ! Qui es-tu ?!

 

Mohatu : Cette contrée est la mienne ! Mon nom est Mohatu, roi de la terre des lions, et ces trois lionceaux sont mes fils !

 

Xana : Et bien vos fils ont attaqué mes enfants les premiers !!

 

Mohatu : ça j’en doute ! Vous n’avez rien à faire dans mon royaume, allez vous en !!

 

Xana : Ce royaume est notre seule source de nourriture, nous sommes une centaine et nous avons besoin de nous nourrir nous aussi !

 

Mohatu : Je ne veux pas le savoir, désormais votre territoire se limitera à la prairie des éléphants, pas au-delà !

 

Xana : Les trois quarts sont un cimetière, les pachydermes s’en vont et l’étang a déjà régressé… Nous ne survivrons pas !

 

Mohatu : C’est vous qui l’avez rendu cimetière, soyez déjà heureux que je vous le laisse ! Ne vous avisez plus à franchir les frontières du royaume, si je vous revois dans les parages soyez sûr que je n’aurais aucune pitié pour vous… MAINTENANT DISPARAISSEZ !!!  

 

Mohatu poussa un second rugissement qui suivit des paroles emplis de rage, les hyènes se sauvèrent rapidement par peur de se faire taper dessus encore une fois. Eyldon, Ahadi et Dembe eux, descendirent de l’arbre et allèrent vite dans les pattes de leur père pour se rassurer. Ils avaient frôlé la mort, ils n’avaient jamais eu aussi peur… Le monarque les serra contre lui, terriblement rassuré de voir qu’ils allaient tous bien. Son cœur battait au moins aussi vite que ceux de ses fils…  Mais au fond, il était très en colère, ils n’avaient pas respecter les règles et pire encore, ils avaient trahis leur promesse ! Umbawa et Kipo regardaient les hyènes partirent au loin pour s’assurer qu’elles aillent bien dans la bonne direction… Le monarque se recula pour bien regarder les lionceaux, les sourcils fronçaient et les moustaches frémissantes.

 

Mohatu : Vous me décevez énormement ! Je vous faisais confiance et vous en avez abusé, votre attitude n’est pas digne des princes que vous êtes. Maintenant nous rentrons au rocher et vous resterez dans la grotte jusqu’à nouvel ordre, le temps que je prenne une décision sur votre punition !

 

Les trois lionceaux baissaient la tête ainsi que leurs oreilles, ils n’osèrent rien dire de peur de contrarier encore plus leur géniteur et puis… Ils n’avaient pas leur mot à dire, ils étaient entièrement fautifs dans l’histoire. Mohatu attrapa Dembe dans sa gueule et prit le chemin du rocher, Eyldon et Dembe eux se regardèrent avant de se tourner vers Umbawa et Kipo… Ces derniers ne purent que soupirer devant ce spectacle, et entamèrent la marche juste après les lionceaux, tout cela dans un silence absolu et tout le long du chemin. Le soleil montrait des signes de fatigue et il commençait lentement à se coucher, transformant ainsi le ciel bleu ciel en un mélange de couleur orangé. Mais cette scène naturelle qui avait comme pouvoir d’attendrir ceux qui la regardaient n’eut aucun effet, bientôt la troupe arriva au rocher où tout le clan les attendait. Les princes furent congédiés dans la grotte où ils attendirent leur sentence… Mohatu rejoignit sa tendre qui ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer. Le monarque prit alors la parole quant il fut sûr que tout le monde était présent, il leur raconta ce qu’ils avaient vu à la prairie des éléphants qui se nommera à partir d’aujourd’hui le cimetière des éléphants. Il resta discret concernant la mésaventure de ses fils, la nouvelle s’éparpillerait de toute façon d’elle-même. Le clan retourna à ses courtes occupations avant de se rendre tous à la grotte pour passer une bonne nuit de sommeil, le couple royal s’exila pour discuter, Mohatu raconta sans détour ce qui était arrivé à Nia… Lorsque la nuit fut enfin tombée pour endormir la savane et apporter un peu de fraîcheur dans ce monde, Ahadi, Eyldon et Dembe furent appelés à la barre… Autrement dis, ils allaient devoir s’expliquer clairement et dire toute la vérité. Et c’est exactement ce qu’ils firent, et d’apprendre que la mascarade ne datait pas d’aujourd’hui déçu encore plus le roi et la reine. Mais Nia n’eût pas la force de condamner ses fils à une peine d’emprisonnement, ce que Mohatu ne se priva pas de faire après quelques instants de réflexion et après avoir fais la morale aux lionceaux.

 

Mohatu : Pour la peine, vous resterez au rocher pendant 7 couchés de soleil. Vous devrez rester dans la grotte jour et nuit les trois premiers, pour les quatre restant votre périmètre se limitera au rocher et aux plateformes, vous devrez rester toujours en vue des adultes. Allez vous coucher maintenant.

 

Les lionceaux furent abattus en entendant leur peine mais au fond, ils l’avaient mérité. Ils se dirigèrent donc vers la grotte en trainant des pattes sous le regard peiné de leur mère. Nia poussa un long soupire avant de se coller tendrement à son mâle et de rejoindre ses enfants dans la grotte. Mohatu lui, resterait à l’entrée pour regarder les étoiles comme la veille… Il allait avoir du mal à trouver le sommeil une fois de plus, il avait eu bien trop d’émotion en une journée… Jamais la peur de perdre ses fils ne fut aussi grande, et il était blessé… Oui, écorché dans l’âme de cette petite traîtrise, il avait pourtant veillé à les éduquer au mieux. Il allait lui falloir quelques jours pour s’en remettre et pardonner, mais il finirait bien évidement à le faire rien que pour l’amour qu’il éprouvait pour ses fils. Après tout ils étaient encore jeunes et lui aussi avait fais des bêtises à leurs âges… Peut-être n’était il pas assez dur avec eux, ou peut-être l’était il trop… Tant de question que même la sagesse des étoiles ne pourrait pas lui apporter, du moins pas ce soir. De plus, une chose venait s’ajouter à l’intense réflexion du monarque… Voilà quelques temps qu’il réfléchissait pour son héritier, qu’il tentait de choisir et d’analyser… Et la balance avait penché en la faveur d’un des lionceaux. Lequel ? Vous le saurez dans la prochaine partie de Lion King Past !