Maintenant, on en est là. Kopa arborait maintenant une magnifique crinière fournie d'une belle couleur marron. Il se languissait de plus en plus de sa famille et Vitani...

Un soir, étendu sur l'herbe haute, il regardait les étoiles. Comme Simba pendant son propre exil, il se rappela les paroles de son père, quand il regardaient les étoiles tous les deux, qui lui racontait que les grands rois du passé les protégaient et les guidaient.

Et moi, qui suis-je? Est-ce que je suis le prince Kopa, fils du roi Simba, ou bien un lion peureux?

Les larmes perlèrent à ses paupières, car il ne pouvait pas répondre à cette question.

Il ferma les yeux et s'endormit.

Puis Kopa entrouvrit doucement les paupières. Le clair de lune nimbait le paysage d'une iréelle lumière argentée. Un lion au corps massif et à l'abondante crinière se tenait devant lui. Il ressemblait beaucoup à Simba, mais il avait l'air plus vieux.

-Qui... Qui êtes-vous? demanda Kopa.

-Je suis Mufasa.

Kopa avait déjà entendu parler de Mufasa, l'ancien roi(sans compter Scar, qui était un usurpateur), qui avait été tué par son propre frère, Scar. Il comprit qu'il devait rêver.

-Je suis là pour te dire que tu ne dois pas rester ici. Tu dois retourner à la Terre des Lions!

-Mais si je revient, Zira me tuera!

-Pas forcément. Tu dois affronter tes peurs. Tu ne dois pas oublier qui tu es! Tu es Kopa, le fils du roi Simba.

Kopa eut le souffle coupé. Mufasa avait répondu à sa question muette!

-Mais on n'a pas besoin de moi, de toute façon: Kiara est là, elle sera reine.

-Peu importe! Le fait qu'il y ait Kiara ne change rien. Sais-tu seulement tout le chagrin qu'a causé l'annonce de ta "mort"?

Kopa resta silencieux, la tête basse.

L'image du lion commença à s'estomper , sa voix se fit plus ténue:

-N'oublie pas qui tu es... murmura doucement le noble lion avant de disparaître.

Kopa se réveilla en sursaut, tout tremblant. Son grand-père adoptif lui avait délivré un message!

Ses dernières paroles résonnait encore aux oreilles du prince.

N'oublie pas qui tu es...

Ces mots avaient été comme un coup au coeur pour le jeune lion: il se souvenait parfaitement du jour où son père lui avait raconté son histoire, et surtout du moment où il lui avait narré comment son père, Mufasa, lui était apparu dans le ciel pour lui enjoindre de rentrer à la Terre des Lions, sur laquelle Scar faisait régner un régime tyrannique.

Et les derniers mots que Mufasa avaient dits à Simba étaient exactement les même que ceux qu'il avait prononcé à l'adresse de Kopa!

Il se releva brusquement. Il avait pris une décision: il allait rentrer à la Terre des Lions! Il pensa malgré lui à Zira.

-Mufasa avait raison, déclara-t-il tout haut pour se donner du courage. Je dois affronter mes peurs.

Mais en attendant, je ferais mieux de dormir pour prendre des forces en vue de mon voyage, songea-t-il

Il se roula en boule, le coeur en paix, et s'endormit aussitôt. Cette fois, aucun rêve ne vint troubler son sommeil.

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L'aube pointait quand Kopa ouvrit les yeux, bien reposé. Il se mit aussitôt sur ses pattes. Il allait rentrer chez lui!! Il Il commença à faire sa toilette à grands coups de langue. Il passa sa langue sur la blessure causée par Zira, quand il s'était battu avec elle, le jour de sa "mort". C'était la seule blessure qui était restée, qui avait fait une cicatrice. Toutes les autres avaient bien cicatrisées. Il soupira puis se leva, s'étira, et se mit en route, vers la Terre des Lions, vers chez lui.

Il marchait sans relâche, ne s'arrêtant que pour boire de temps en temps, et le soir, pour dormir et chercher de quoi manger. Il se sentait plein d'énergie, il avait l'impression de pouvoir courir ainsi pendant des mois entiers.

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-Kopa...

Un murmure résonna dans la nuit. C'était Vitani qui avait parlé. Elle regardait Kovu et Kiara qui dormaient tranquillement dans la caverne, étendus l'un contre l'autre. Sa nostalgie était si grande qu'elle eut l'impression de se noyer dedans.

-Kopa, tu me manques tellement...

Les yeux brillants de larmes, Vitani regardait les étoiles.

Il doit se trouver là-haut, maintenant... pensa-t-elle.

Elle avait l'impression qu'elle n'arriverait jamais à dormir. Alors elle se leva et se mit en marche pour une petite promenade nocturne. Elle marcha pendant un moment, en direction des Terres Interdites, et se retrouva bientôt à proximité de la mare où elle avait rencontré Kopa pour la première fois. Elle s'étendit sous un vieil arbre rabougri d'où elle avait une bonne vue sur le point d'eau. Auparavant, quand elle était un lionceau, la mare était remplie d'eau. Désormais, elle était toute desséchée, il y avait juste assez d'eau pour que les crocodiles puissent s'y cacher. Vitani ferma les yeux et s'endormit. Un bruit lui fit rouvrir les yeux. Elle avait entendu une branche craquer. Aussitôt, elle se tapit au sol, méfiante. Elle crut voir une silhouette sombre se déplacer doucement. Elle avança délicatement, à pas feutrés, toutefois l'ombre dressa les oreilles et se tapit près d'un buisson. Vitani retenait son souffle. Elle se ramassa sur elle-même, fléchit les pattes arrières et bondit sur l'ombre, qui grogna de surprise. Elle plaqua l'inconnu au sol, toutes griffes dehors, les crocs découverts. L'inconnu se recroquevilla, terrifié. Vitani reconnut l'odeur d'un lion, un jeune mâle. Elle grogna, furieuse.

-Qu'est-ce que tu viens faire ici? gronda-t-elle.

Le lion, soudain, se raidit et donna un grand coups de ses pattes arrières dans le ventre de la lionne. Vitani fut soulevée par la bourrade et elle roula dans les buissons. Elle se mit aussitôt sur ses pattes et remarqua que son adversaire s'était relevé lui aussi. Elle se tapit et gronda, l'air féroce, quand le lion s'assit tranquillement et l'observa. Vitani eut le souffle coupé: elle se souvenait parfaitement de sa première rencontre avec Kopa, aux Terres Interdites, où ils s'étaient battus, et il s'était assis de la même façon, avec le même regard curieux.

Non... C'est impossible... Arrête de te faire des idées! Kopa est mort, Zira l'a tué!

A ces mots, la lionne sentit les larmes lui venir aux yeux. La pauvre avait été si triste en apprenant la mort de Kopa, elle avait eu un mal fou à s'en remettre, et elle ne voulait pas avoir de faux espoirs pour ensuite comprendre que Kopa était bel et bien mort, et qu'elle ne le reverrait plus jamais.

Le lion, en voyant les larmes affluer aux paupières de Vitani, se demanda ce qui s'était passé pour que la féroce lionne fonde en larme d'un seul coup.

-Eh, ça ne va pas? demanda-t-il doucement.

-Rien. Rien. Tout va très bien, répondit Vitani d'une voix un peu tremblante tout en essuyant ses larmes. C'est juste que vous me rappelez quelqu'un qui... que je ne verrait plus...

Sa voix s'étrangla dans sa gorge et elle dut faire appel à toute sa volonté pour éviter que les larmes ne débordent sur son visage.

Le lion, quant à lui(c'est Kopa, vous l'avez deviné), pensa soudain à Vitani. Il observa attentivement la lionne et remarqua ses yeux bleus, son pelage sable, sa mèche, et il la reconnut.

-Vitani? souffla-t-il dans un murmure.

Elle leva des yeux étonnés.

-Vous connaissez mon nom?

-Vitani, tu te souviens de moi?

La lionne afficha un air perplexe, refusant d'écouter les battements affolés de son coeur, qui tambourinait furieusement dans sa poitrine.

-C'est moi, Kopa!

Vitani se crispa.

Non, je dois rêver! Il est mort! Il est mort!

-Kopa est mort, articula-t-elle avec difficulté.

Le lion tressaillit et recula d'un pas, comme si elle venait de lui donner un coup.

-Vitani... Regarde-moi. dit-il d'une voix douce. Tu ne me reconnais pas?

Vitani se força à détailler le lion en face d'elle. Il était assez massif, le pelage jaune-orangé, une crinière marron clair et des yeux marrons eux aussi.

C'est vrai qu'il ressemble à Kopa... Mais c'est impossible! Il ne peut pas être vivant!

-Bon, puisque tu ne me crois pas, je vais te raconter des souvenirs. Quand j'étais un lionceau, je me baladais du côté des Terres Interdites. J'étais allé boire à une mare, celle-là d'ailleurs, raconta-t-il en désignant le point d'eau. Et c'est ici que tu m'as attaqué. Ensuite, on a commencé à discuter. Depuis ce jour, on s'est retrouvé tous les jours ici pour jouer. Et puis un jour, je suis arrivé en avance, et... Zira m'a trouvé.  articula-t-il, la gorge serrée, en se rappelant la lionne pleine de haine. Elle m'a attaqué, et je suis tombé dans la rivière. J'ai été emporté par le courant, loin d'ici. Et... je... je suis revenu aujourd'hui.

Il ne pouvait se résoudre à lui avouer qu'il s'était caché tout ce temps.

-Alors... C'est vrai! murmura Vitani. C'est bien toi, Kopa? Je ne rêve pas?

-Non! Je suis bien vivant!

-Oh, Kopa, tu m'as tellement manqué!!

-Moi aussi, Vitani. chuchota-t-il.

Ils se mirent à marcher, se racontant tout ce qui s'était passé pendant tout ce temps. En fait, c'était surtout Vitani qui parlait, car Kopa restait silencieux, ne voulant pas lui révéler à quel point il était lâche de s'être caché pendant si longtemps.

-Ainsi, Zira est morte... murmura-t-il, soulagé, quand Vitani lui eut apprit la nouvelle.

Kopa avisa soudain une magnifique fleur rouge sous un arbre. Il alla la cueillir délicatement avec les dents, puis la tendit à Vitani, qui rougit et lécha la joue de Kopa, qui eut un regard plein d'amour pour la lionne. Tous deux gambadaient joyeusement sous les étoiles et la lune.

Kopa s'arrêta soudain en voyant l'endroit où lui et Zira s'étaient affrontés.

-Kopa, ça ne va pas? s'inquiéta Vitani.

-Je... Je dois t'avouer quelque chose. Tu vois, quand Zira m'a attaqué et que je suis tombé dans la rivière, je suis arrivé loin, très loin. Et je ne voulais pas rentrer, car j'avais peur. J'avais peur que Zira ne me tue si je revenais! avoua-t-il, le coeur serré. Je ne pouvais pas te mentir plus longtemps...

-Kopa...

La tête basse, il attendit que la lionne le rejette à cause de sa lâcheté.

-Kopa, je te comprends.

Il releva les yeux, étonné.

-Tu sais, elle me faisait parfois peur à moi aussi! Je comprends que tu ai eu peur qu'elle te tue, tu devais avoir été terrorisé quand elle t'a attaqué! Même si tu est très courageux, tu ne pouvais rien faire contre Zira.

Kopa, infiniment soulagé, cala sa tête contre celle de la lionne.

-Vitani... Je... je t'aime, dit-il à voix basse.

Elle le comptempla avec ravissement.

-Moi aussi Kopa!

-Je ne veux plus jamais te quitter! renchérit-il.

L'aube se levait doucement pendant qu'ils restaient là, éperdus de bonheur d'être enfin réunis.

-Viens, on rentre au Rocher des Lions. Ils vont être si contents d'apprendre que tu es vivants! Ils étaient si triste quand ils ont appris ta "mort"...

A l'idée de revoir son père, sa mère, sa soeur, il sentit son coeur se gonfler de joie et il se mit sur pattes, rapidement imité par Vitani. Kopa devait se retenir pour ne pas courir tant il était excité. Bientôt, ils arrivèrent en vue du Rocher. A ce moment, Kopa ne put plus se retenir, il courut de toutes ses forces et s'arrêta à l'entrée de la grotte. Là, Simba se leavit, réveillé par le bruit de la course de Kopa.

-Qui est là? demanda-t-il, méfiant

-Père! s'écria Kopa, fou de joie.

-Kopa?! C'est bien toi?

-Oui!

-Je te croyais mort! Tout le monde te croyait mort!

-Quand Zira m'a attaqué, je suis tombé dans la rivière qui longe les Terres Interdites. Le courant m'a emporté très loin, et je ne me suis pas noyé, heureusement. J'ai échoué très loin d'ici, mais je suis revenu!

-C'est fantastique! Nala! Viens Nala! Kopa est là!

-Kopa! Oh, tu es revenu!

Tout le monde était très content, particulièrement sa famille et Vitani. Kovu remarqua que dans les yeux de sa soeur brillaient une lueur qu'il croyait éteinte à tout jamais par sa mère. Il fut très heureux pour Vitani.

Puis, peu de temps après les retrouvailles, Kopa vint trouver son père.

-Papa, je voulais te dire que... je voulais choisir une compagne.

Son père leva des yeux un peu étonné sur Kopa.

-D'accord. J'imagine que tu as choisi quelqu'un?

-Euh... En effet: Vitani! avoua le lion en rougissant.

-Je vais appeller Rafiki, dans ce cas.

Et, une fois le vieux babouin arrivé, il unit les deux félins. Il agita son bâton au-dessus de la tête du couple, qui se regardèrent avec amour.

Kovu n'était guère surpris de l'union de Kopa et Vitani, car il avait compris que les deux lions s'aimaient profondément. Kiara l'était un peu plus, mais pas tant que ça.

La journée se finit dans la joie, car le fils du roi était revenu et avait pris une compagne.

Le lendemain, Simba convoqua tous les lions et toutes les lionnes à se rassembler.

-Puisque que mon fils, Kopa, est revenu, ce sera lui qui reprendra le trône à ma mort, comme le veut la tradition. annonça Simba.

-Non, attends, Simba. Je ne veux pas être roi! Je veux juste vivre au Rocher des Lions avec Vitani. Kiara et Kovu sont là, ils seront reine et roi de la Terre des Lions, mais moi je souhaite juste vivre tranquillement avec Vitani.

Simba, supris, quêta qu regard l'approbation des autres habitants du Rocher des Lions, qui ne semblaient pas voir de raison de s'opposer à ce choix. Simba déclara donc:

-Si tout le monde est d'accord, alors c'est entendu: Kovu et Kiara seront roi et reine de la Terre des Lions et toi et Vitani pourrez vivre tranquillement au Rocher.

Kopa et Vitani, heureux, se regardèrent tendrement.

                                                        

                                       FIN