Titre: L’exilé
Auteur: YiaYia
Genre: Générale/Romance/Drame
Rating: PG-13
Résumé: Il apprendra à vivre.
« Loin de ma Terre,
Loin de ma mère.
Je vivrai sans vous,
Exilé.
Je vivrai sans vous,
Meurtrier. »
Simba n’était plus que l’ombre de lui-même, jeune lionceau
de quatre mois, fragile et sans aucune expérience, exilé. Il se croyait
coupable, meurtrier.
Le prince, fils unique, marchait au milieu du désert sans
vraiment savoir où prendre refuge et surtout, comment vivre? Il ne savait même
pas chasser!
Lui qui
avait appris qu’en chaque enfant règne la chance et le bonheur, apprenait
désormais que l’insouciance meurt très vite.
Et il
parti loin. Il fuyait son crime, sa mère et ses frères mais plus important
encore, il fuyait sa jeune fiancée, l’abandonnant à un nouveau règne.
Scar le
magnifique arriva, en effet, sur la Terre des Lions, présentant sa famille au
peuple.
-Notre bon roi est mort! Son fils a disparut! Mais ne
vous inquiétez pas, lionnes, en tant que second héritier de Ahadi, je reprends
dès maintenant le pouvoir du royaume et vous guiderez vers la vie.
-Menteur! Menteur!, cria
Nala, tu es le meurtrier de ton propre père et tu as violé la pauvre Zira!
-Tu ne connais que la version des rois, répondit Zira. Sans honte, je peux
t’affirmer avoir souhaiter la naissance de mes jumeaux et jamais je n’ai
supporté cette perte. Scar et moi avons désobéi aux lois par amour.
-A compter de ce jour, Zira sera votre reine et le petit
Nuka deviendra votre prince, jusqu’au retour de Simba.
Ils
s’inclinèrent, n’ayant pas le choix de leur avenir mais tremblant devant le Roi
Meurtrier. En quelques semaines, les troupeaux avaient quittés les Terres
anciennement abondantes, par peur de la cruauté du nouveau roi. Les hyènes se
rapprochaient également de plus en plus du territoire, alors que Scar ne se
préoccupait que de sa famille.
De son
côté, le jeune Simba grandissait, apprenant à chasser seul mais maigrissant à
une vitesse inquiétante. Il parcourait les différentes régions qui entouraient
son ancien royaume dans le faible espoir de trouver une terre où refaire sa
vie.
Pour
lui, tout n’était que désespoir.
C’était
sans compter sur le vent du Nord qui apporta, avec lui, le messager des Grands
Rois et des Esprits.
-Et bien, jeune prince, que fais-tu ici?
-Rafiki!, cria Simba, je… euh… et bien… Je n’ai plus de
compte à te rendre!
-Tu reprend bien vite de l’assurance, futur roi, mais ne
devrais-tu pas protéger ton royaume?
-Le protéger? Alors que j’ai tué mon père!
-Les grands rois ne meurent pas.
-Pourtant, c’est ce qui s’est passé!
-Ton père a rejoins les étoiles et te protège, Simba.
N’oublie pas cela. Au fond de ton cœur se trouve la vérité, cherche le dans ton
exil!
Simba
posa une patte contre son cœur, pour le sentir battre, ne comprenant pas ce que
voulait dire le vieux singe. Seulement, cette énigme restait entière car Rafiki
avait disparu.
Alors
Simba continua son chemin, le désert se changeait petit à petit en jungle, il
avait du parcourir bien du chemin. Il reconnaissait au loin l’Ombre, la
frontière de son ancien territoire, posant sa patte sur le sol dur et sec des
Terres Interdites, le jeune lionceau se dit que, après tout, n’étant plus un
prince, il pouvait bien quitter ces terres. Un pas, deux pas. Le sol brûlait
ses pattes. Trois pas, quatre pas. Et l’ombre l’entourait de plus en plus,
Simba tremblait, il n’aurait pas du venir ici.
Au
loin, deux yeux brillaient.
« Tu n’as rien à faire ici jeune lion »
Cette
voix froide et caverneuse le fit paniqué d’avantage, il aurait pu rester planté
là mais la peur ne fut pas assez forte pour l’empêcher de bouger, il courut le
plus vite possible.
Une
rivière se présentait au loin, Simba était perdu dans la jungle étouffante et
décida de choisir ce lieu comme refuge. Il y avait peu d’animaux, c’était calme
et chaud, comme le ventre d’une mère contre lequel on se pose. Mais il n’avait
que le contact de la mousse poussant sur le tronc des arbres pour le rassurer.
Cette
nuit-là, et toutes les autres nuits, il vit son père en songe, un père qui se
transformait petit à petit pour devenir Scar, Scar le violeur, Scar le tueur.
Tant de mensonges sur lui avaient été dit, lui n’en savait rien, il avait peur,
et chaque nuit passant, il revoyait le visage de son terrible oncle.
Le
temps passa, une crinière épaisse commençait à entourer le visage dur et fier
de Simba oubliant sa peine, et sa silhouette était devenue celle d’un jeune
lion atteignant progressivement l’âge adulte.
Il
savait désormais parfaitement chassé, son rugissement faisait frémir les plus
courageux et sa témérité n’avait pas d’égale.
Mais il
ignorait cela, il n’avait pas vu le jeune prince devenir roi. Et ce matin-là,
alors qu’il buvait, son reflet attira son regard. Il vit un grand lion, fort et
musclé, avec le regard dur et froid. Mais surtout, il vit son père, un roi.
Et de
roi il redevint prince. Prince au cœur fermé, prince qui tentait de comprendre.
Pendant
ce temps, Scar régnait sur un peuple, lui causant un tord certain. Personne ne
se rebellait, pourtant, le lion aurait pu être battu facilement. Mais il avait des
suivantes.
-Qu’as-tu fait de Simba ?
-Ne parle pas à ton roi sur ce ton, Nala !
Cela
faisait déjà plusieurs mois que, chaque jour, Nala répétait cette question.
Simba, officiellement, était mort, comme son père, mais pour Nala, les paroles
de Scar n’étaient qu’un lourd mensonge.
-Nala, petite Nala, ne doute pas autant de ton roi.
-Je refuse de croire en un roi qui a mainte fois causé
des tords à son peuple, un roi qui a ruiné ses terres.
-Je ne fais que réquisitionner la viande dont la haute
caste a besoin, Nala.
-Sale…
-Mais tu pourrais vite la rejoindre, Nala…
Elle ne
comprit pas sur le coup, mais lorsqu’elle vit Scar lui tourner autour, sentant
son odeur, elle compris bien vite ce que son regard signifiait.
-Je refuse Scar !
-Allons, allons, jeune lionne… Tu me dois loyauté,
rappelle-toi…
-Je ne suis pas ta reine.
-Pas plus que les autres courtisanes… C’est votre rôle,
lionnes, de m’assurer une descendance.
-Jamais !
-Je te donne la nuit pour y penser, jeune lionne… La
nuit…
-Et si je refuse ? Je ne suis même pas en âge
d’avoir des enfants !
-Ah… si tu refuses…
Nala
prit peur à ses dernières paroles, elle repartit calmement pour éviter que le
roi Scar ne se doute de ses intentions, mais à son tour s’exila. Pour elle, nul
doute que Scar l’aurait violé, elle n’avait jamais cessé de croire que Zira
n’étaient que son pantin, une pauvre lionne sous l’emprise d’un mâle, mais non
loin de là, le couple royal parlait…
-Tu as été dur avec elle.
-Il fallait bien qu’elle parte chercher son fiancé.
-Qu’elle le rejoigne ! Et notre royaume sera
paisible !
-Oh, belle Zira, ce n’est pas dans mes intentions, jamais
plus je ne serai roi.
-Que dis-tu ? La fatigue te fait divaguer…
-J’ai parlé aux grands rois Zira, je sais ce que je fais.
Simba
était lui aussi parti, il ne pouvait plus resté dans cette jungle et nier son
héritage, cette souffrance si longtemps refoulée l’avait rendu indifférent, il
fallait qu’il fasse quelque chose. Il parcouru la jungle à nouveau,
s’approchant des Terres Interdites. On l’y attendait déjà.
-Que fais-tu encore ici ?
-Je viens fuir !
-Seuls les princes et les rois peuvent entrer ici.
-Je suis un prince !
-Oh, jeune Simba, j’en doute. Où est ton royaume ?
-Il m’a été pris.
-Alors ne l’ignore pas.
Simba
posa malgré tout une patte sur le sol stérile. Il fut brûlé, et son enfance lui
revint en mémoire. Il était venu ici plusieurs fois déjà, mais avant cela, il
avait eu une famille, il avait été prince, et les yeux brillants qui le
fixaient lui rappelait l’ombre menaçante qui avait planté ses crocs, tuant son
père.
-Ce n’est pas possible !
-Qu’y a-t-il jeune prince ?
-Scar ! Je dois tuer Scar !
Une
nouvelle traversée débuta, passant de jungle à désert. Mais dans ce sable
chaud, il du bien faire une pause car une ombre féminine s’était approché de lui,
grognant.
-Qui est là ?
-Rrr… Ne t’approche pas, lion !
-Qu… qui êtes-vous ?
-Rr… Tu es sur une terre occupée, sort de ce
royaume !
-M… mais… je suis… le prince de ce r… royaume…
-Rrr… Tu n’es ni le défunt Mufasa, ni le tyran Scar.
-Je… Je suis Simba !
Il
avait repris de l’assurance alors que l’ombre se braqua, comme paralysée.
-Si… Simba ?
-Oui, mais vous, qui êtes-vous et que faites-vous
ici ?
-Je suis ta fiancée.
« Dans
l’exil infernal
Deux
cœurs parlaient
L’un
chantant une peur précieuse
L’autre
aimant sa douleur.
Dans
l’exil infernal
Perdus
à jamais,
Les
ombres unirent la nuit
Criant
un plaisir retrouvé.
Ils
étaient deux cœurs
Ils
s’étaient aimés,
Un
destin parfait,
Celui
d’exilés. »
FIN