"- Allez, avance gros!!
- Mais je fais que ça d'avancer Boun' !
- Chuuuuut"
Bounty avait plaqué sa patte contre le museau de Robin. Il était aux alentours d'une heure du matin, et les deux chiens s'étaient donné rendez-vous pour aller donner de la nourriture à la louve, cachée derrière les collines. A présent ils se trouvaient contre un muret derrière une boucherie. Un homme était sorti et jetait des dechets de viande aux ordures. Quand il fut rentré, Bounty se précipita sur la nourriture, suivie de près par son ami.
"- Boun', tu es sûre que c'est... Mangeable ?
- Trop. Je me ramène ici me servir tous les deux jours. Prend ce morceau, moi je vais prendre ça... Ou nan plutôt ça..."
Après avoir selectionné les plus "beaux" morceaux, le duo se dirigea vers les collines. Misha s'avança vers eux dés qu'elle les apperçut.
"Oh merci à vous, c'est tellement gentil..."
Elle se jeta sur la viande et devora avec avidité. Elle eut fini en peu de temps.
"- Alors Misha comment vas-tu ici ? Euh... Je peux te tutoyer ? demanda Robin
- Ca va ça va, je m'habitue... Oui oui ne t'inquiète pas.
- Et les chasseurs...Riwal, Socrate et compagnie ?
- Ils ne m'ont pas denichés, je suis en securité ici..."
Elle mourrait d'envie de lui poser une question. Robin le comprit bien vite.
"- Qu'est-ce qu'il y a qui te préoccupe ?
- Tu as retrouvé le chien qui nous a vu ?"
Le golden soupira.
"Oui. C'est Roméa. Elle ne dira rien à personne..."
Misha devint penaude devant l'air attristé de Robin.
"- Elle croit que nous deux...
- Ouais.
- Misha, il faudrait que tu causes à Roméa, déclara Bounty"
Les deux autres semblèrent interloqués, surtout Robin.
"- C'est une bonne idée! Je crois qu'il faudrait que miss la louve cause à miss Oterga pour lui dire que Rob' est fou amoureux, et pas de miss la louve... renchérit Bounty
- NAN MAIS NAN PAS QUESTION QUE...
- Si Robin, je dois le faire.
- Mais elle et les loups c'est pas...
- Robin! Ne gâche pas ta chance d'être heureux je t'en prie, fais ça pour moi..."
Robin et Misha se fixèrent. Bounty souria.
"Okey, et ben je te l'ammène quand dis moi, la miss Roméa Oterga ?"
--------------------------------------------------------------------------------
Cela faisait une semaine que Robin et Roméa ne s'étaient pas adressé la moindre parole. Allongé près de sa petite porte d'entrée, il là voyait aux côtés de Socrate. Elle faisait semblant de sourire. Son rire était faux. Quand elle vit Robin qui là fixait avec insistance, elle baissa les yeux. Il l'aimait si fort....
"Elle va se donner à ce Terre-Neuve de m****, murmura Robin en grognant. Une vie pourrie dans un monde pourri... C'est qui déjà qui a dit ça ?"
Il soupira, et ne se gêna pas pour la "matter" sous toutes les coutures. Elle le savait et c'était tant mieux. Ca ne là laissait pas indifférente. Elle ne savait plus où se mettre.
"Pourquoi la vie est t-elle injuste ? On s'aime, ça ne devrait pas poser autant de problèmes et de sacrifices...."
*****
Il faisait beau, le temps était agréable et doux. Roméa discutait dans la rue avec de vieilles connaissances, aux côtés de son fiançé : Socrate. Ce dernier riait, lançait quelques blagues. Les autres riaient eux aussi, et ne cessaient de dire que lui et Roméa faisaient un couple sensationnel. La malamute souriait elle aussi. Mais elle se forçait. Et elle savait pertinament que Socrate aussi. Il ne supportait pas qu'elle se refuse toujours à lui. Elle acceptait à contre coeur un petit bisou sur la babine, rien de plus. La belle pourtant se rendait compte que si en cet instant il s'agissait de Robin à ses côtés, elle n'aurait qu'une envie c'est qu'il là prenne dans ses pattes et qu'il l'embrasse, encore et encore, avec tendresse. Elle songeait à lui, quand elle porta son attention sur la maison de ce dernier. Et elle le vit. Il là fixait, avec des yeux de braise. Il semblait là "déshabiller du regard" comme disent les humains. Elle eut une bouffée de chaleur, baissa les yeux. Elle se sentait prise au piège. Cela là gênait enormément ce regard brûlant posé sur elle, bien qu'elle aimerait qu'il dure toujours car il venait du golden retriver...
"Roméa !! Roméa !!"
Elle tourna la tête et vit Bounty s'avançait à sa rencontre.
" - T'approches pas de ma chienne, bâtarde pouilleuse, postillona Socrate
- Très bien, alors je vais me promener avec elle, dit Roméa en fusillant le chien du regard"
Le fiançé de Roméa n'eut pas le temps de répliquer qu'elle était déjà loin avec Bounty.
--------------------------------------------------------------------------------
La nuit avait fait place au jour. Un vent froit fit frissoner Roméa. Elle était assise là, au bord de la forêt. Elle prit peur, mais heureusement ce n'était qu'une chouette. Bounty lui avait expliqué que la louve, se prénommant Misha, souhaitait lui parler le soir même. La malamute avait alors criblé son amie de questions, mais sans réponses. Et elle se retrouvait donc là. Cela faisait un peu moins d'une heure que Roméa attendait. Soudain, une ombre s'avança vers elle. La chienne recula de quelques pas instinctivement. Misha apparut.
"- Tu as peur ?
- Non, pourquoi dîtes-vous cela ? demanda Roméa d'une voix mauvaise
- Tu viens de reculer de trois pas en me voyant arriver..."
La malamute fixa la louve bleutée méchamment, puis elle dit :
"- Il paraitrait que vous souhaiteriez me parler ?
- En effet. C'est toi qui a vu la scène de l'autre soir ?"
Rien qu'à l'évocation même indirecte de Robin, Roméa sentit les larmes lui picoter les yeux. Mais elle faisait face en se retenant de pleurer.
"- Oui c'est bien moi.
- Je voulais te dire que tu as mal interprêté ce que tu as vu..."
Misha s'avançait vers Roméa, mais cette dernière recula encore.
"- Tu n'aimes pas les loups, n'est-ce pas ?
- J'ai du mal, j'avoue. J'aimerais être plus tolérante, mais à cause de mon frère....
- Je comprend."
La louve s'assit, Roméa de même. Bien que sept mètres de distance les separaient.
"Celui que j'aime s'appelle Fragan. Et non Robin. Je considère ce jeune chien comme quelqu'un de très gentil qui m'a aidé... Il m'a prit entre ses pattes pour me reconforter de la mort de Fragan..."
Tout s'éclaircit alors dans la tête de la jeune chienne.
"- Oh Misha je suis terriblement confuse et desolée...
- Ce n'est rien... Mais je ne peux supporter voir deux êtres separés par la vie ... non par la mort ... alors qu'ils s'aiment. Profitez avant qu'ils ne soient trop tard."
Cette fois ce fut Misha qui eut les larmes aux yeux. Peinée, Roméa s'approcha d'elle et rompa le peu de mètres qui les separaient encore.
"- C'est un humain qui a assassiné celui que vous aimez ?
- Oui... Et je n'ai rien pu faire... Fragan m'a dit de fuir... Pourquoi je l'ai ecouté, pourquoi..."
Misha retint un sanglot.
"Allez rejoindre votre bien-aimé, vite avant qu'il ne soit trop tard."
Et la louve aux reflets bleus disparut. Roméa ne se le fit pas dire deux fois : elle se mit à courrir, le plus vite qu'elle pouvait, vers le domicile de Robin. Son Robin.
--------------------------------------------------------------------------------
Roméa était devant la porte d'entrée de la maison de Robin depuis dix bonnes minutes. Elle fixait la peinture blanche sans bouger. Elle ne savait pas trop quoi faire. Se jetter dans ses pattes... Mais en aurait-elle le courage ? S'avancer doucement vers lui et l'embrasser... Mais elle n'avait jamais embrassée de toute sa vie, c'est à lui de faire ce premier pas-là, pour là mettre en confiance! Lui faire un long discours sur ses sentiments... Nan, elle avait trop peur de paraître ridicule. La malamute se sentit nauséeuse, elle aurait préfèré en cet instant se cacher n'importe où, bien qu'elle savait obstinément que cette nuit resterait gravée dans son petit coeur de chienne romantique. Une timidité soudaine la prit soudainement aux tripes. Que dire ? Que faire ? Là était bel et bien la question qui valait un million d'os à moelle. Elle respira profondément, passa lentement sa tête à travers la petite porte pour chiens, et regarda à l'intérieur. Elle ne voyait personne. Elle appella tout bas et timidement le golden retriver. Et il apparut. Il s'avança. Roméa fit un bond en arrière, retirant sa tête, se retrouvant toute entière dans la fraîcheur de la nuit. En cet instant, Robin l'impressionnait enormément...Celui-ci passa la petite porte et se retrouva face à la chienne. Il savait que c'était ce soir qu'elle avait parlé à Misha. Mais il se demandait anxieusement ce qui se serait passé au cours de l'entretien. Le golden decouvrait à présent la jeune malamute, penaude, et visiblement un peu timide. Ce qui rassura l'amoureux, car même s'il essayait de ne rien laisser transparaitre, il était nerveux. Très nerveux.
"Tu sais, Robin, mon frère m'avait frappé parce que... Parce qu'il avait dit quelque chose sur toi qui m'avait déplu et j'avais pris ta défence..."
Elle avait parlé d'une toute petite voix. Une petite voix chevrotante. A cause de cela, Roméa se sentait ridicule, tandis que Robin trouvait ça infiniment touchant.
La nouvelle avait frappé le chien en plein coeur. S'il avait su plus tôt !
Elle ne disait plus rien. Un silence pesant s'était installé. Robin continuait de regarder Roméa, l'âme légère. Mais elle, elle fixait le sol et faisait glisser un caillou sous son coussinet. Elle ne savait plus que dire, que faire. Elle se sentait si idiote. Et s'il avait rencontré une autre chienne durant la soirée ? Et si tout cela était une mauvaise blague ? Tant de questions pourtant absurdes mais qui tourmentaient Roméa en cet instant crucial.
Sans dire un mot, le golden s'approcha d'elle. Elle releva la tête. Il lui posa un petit baiser discret sur les babines. Les larmes aux yeux, Roméa se blotit contre le corps chaud de son Robin.
"Je t'aime ma chérie."
Ce fut tout. Ils restèrent là, l'un contre l'autre, pendant de longues minutes, savourant chacun ce moment. Puis, tout doucement, sans dire un mot, rien qu'avec le regard, Robin invita la malamute à entrer. Ce qu'elle fit. La ciel étoilé n'avait jamais paru aussi beau que ce soir-là.
******
Misha se retourna. Elle avait fait une bonne action. Elle souria en considerant cette chienne se precipiter vers le village pour enfin avoir ce dont elle avait toujours rêvé : l'amour de Robin. La louve bleutée soupira, et continua sa marche pour rejoindre les collines. Elle songeait à Fragan, à Mélia, à Black Wolf entre autre. Elle aimerait tant revoir Black, de son véritable nom Lobo. Elle esperait qu'il lui donnerait le remède miracle pour surmonter la douleur de la perte d'un être cher. Après tout, Mélia était morte depuis bientôt trois ans... Mais elle savait, tout au fond d'elle même, que le mâle de sa soeur ne s'était jamais vraiment rétabli...
"Ah, je te tiens enfin !"
Misha sursauta, pivota sur elle-même, et tomba nez à nez avec un fusil pointé sur elle. Elle fit un bond sur le côté, juste à temps pour eviter la première balle.
"Alors, tu t'es enfuie ma jolie ? Ce n'est pas très gentil ça..."
L'homme était venu seul, sans compère et sans chien, seulement son arme et la nuit au dessus de lui. Probablement qu'il n'arrivait pas à trouver le sommeil, ou bien il voulait simplement s'offrir le plaisir d'être le seul à avoir pu venir à bout de la louve bleue aux yeux d'emeraude.
Misha s'était précipitée derrière des feuillages. La voix de ce chasseur là faisait frissoner d'effroi, sans qu'elle en comprenne la cause.
"Tu es revenue chercher ton ami ? Mais il est mort depuis longtemps pauvre bête..."
Le chasseur ria à gorge deployée. Misha, avant qu'elle ne put s'en empêcher, passa sa tête à travers quelques branches et decouvrit le visage de la personne, dans un rayon de lune. C'était lui qui avait achevé Fragan, sans pitié aucune... La colère grimpa rapidement dans le corps de la louve qui montra les crocs. L'homme là retrouva du regard, et pointa son fusil de nouveau dans la direction de la femelle.
"La raison du plus fort, assena t-il avec un sourire sadique aggripé aux lèvres"
Il tira. Mais Misha avait sauté, dans un élan de desespoir enragé. L'humain tomba à la renverse, faisant chuter la précieuse arme, avec la louve au dessus de lui. La deusième balle était loin. Le choc avait été rude pour l'homme qui ouvrit les yeux. Elle était là. Sur lui. Elle ne cachait plus ni ses crocs, ni ses grognements,...Ni son envie de meurtre.
"Non, pitié... Non je..."
C'est tout ce que le chasseur parvint à murmurer. Misha l'attaqua à la gorge, serra et serra encore. Le sang gicla sur l'herbe et sur le visage de Misha. L'homme essayait de se debattre, mais l'energie l'abandonnait peu à peu. La louve avait en cet instant des yeux de dément. Il essaya d'hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche d'où sortait à présent le liquide rouge, à flots. Il avait tellement peur, il avait l'impression que le diable en personne se trouvait en face de lui. Quand à la louve, elle savait ce qu'elle faisait. Elle le faisait mourir, mais lentement, souhaitant le faire agoniser. C'était une autre louve bleue cette nuit-là. Le ciel étoilé n'avait jamais paru aussi sombre que ce soir-là.
--------------------------------------------------------------------------------
Le reveil jaune et rouge sonna. Un court instant. Suffisant pour le jeune Billy Patterson. Il se leva en faisant la moue, et sortit de sa chambre. Il était le seul reveillé apparemment. Il marcha jusqu'à la cuisine (ou plutôt "traîna les pieds" serait l'expression la plus appropriée). Le jeune garçon n'avait pas la moindre envie de se rendre au collège. Il était en classe de cinquième. Surtout qu'aujourd'hui il avait un contrôle de français, et Billy haissait le français. Il se demandait souvent pourquoi il n'y avait pas un peu plus de mathématiques et d'anglais. Quand sa mère lui avoua que d'autres élèves appréciaient la matière maudite, l'élève crut halluciner.
Il se dirigea sans hâte vers le frigo pour se servir une barquette de jus d'orange, et ne porta pas tout de suite attention au panier de son chien. Il prit la boisson, sirota à petites gorgées. Il commençait à grignoter un petit pain au chocolat lorsqu'il regarda Robin. Billy fut stupéfait : il n'y avait pas un, mais deux chiens. Mais le petit maître n'éprouva aucune peur. Il se dit simplement que si son chien n'avait pas renvoyé l'autre, alors cet autre ne devait pas être méchant. Le jeune Patterson trottina silencieusement vers le panier aux tons orangés. Robin dormait aux côté d'un canidé au pelage blanc et noir. Ce dernier avait posé sa tête sur le cou du Golden Retriever, et le sommeil les gardait toujours. Billy s'approcha un peu plus. Et là il reconnut le mystérieux intru...
"MAMAN !! PAPA !! ROMEA EST A LA MAISOOOOOOON !!!!"
Les deux chiens sursautèrent en même temps, et Robin découvrit les yeux ecarquillés et le sourire ravi de son maître. Les parents, reveillés eux aussi subitement, debarquèrent dans la pièce. En voyant effectivement la femelle Malamute, leur mauvaise humeur disparut.
"- Et bien, on dirait que notre Robin s'est enfin decidé, declara Charles d'un air malicieux
- Oh, ce n'est pas très convenable d'inviter une amie dans le dos de la famille."
Suite aux mots de Laura, les trois humains rirent de bon coeur.
Roméa, quand à elle, avait été terrifiée par ce soudain remue-ménage. Robin lui lécha amoureusement l'oreille pour là rassurer. Puis, la famille Patterson se mit à table pour prendre la petit-déjeuner.
"- Il faudra ramener Roméa, je le ferais en allant au travail, dit Monsieur Patterson. J'espère que les Oterga ne nous en voudront pas trop...
- Je crois que ce ne sera pas indispensable chéri, murmura la mère de Billy en montrant les chiens discrétement."
Charles et Billy virent Robin et Roméa, côte à côté, s'éloigner de la cuisine et sortirent de la maison.
Robin avait le coeur leger. Il était, en cet instant, le chien le plus heureux du monde. Lui et Roméa se promenaient, discutant de choses et d'autres. Mais un nuage noir vint obscurcir leur ciel ensoleillé : Socrate. Le Terre-Neuve, de loin, s'était arrêté net, frappé de stupeur, en considérant sa fiançée embrassant le chien des Patterson. Mais ce qui agaça au plus haut point le puissant canidé, c'est qu'elle n'avait jamais paru aussi radieuse qu'en cet instant... Avec Robin. Celui-ci fut le premier à remarquer le chien de chasse.
"Roméa... Socrate, derrière toi..."
Elle se retourna, et vit son fiançé officiel qu'elle avait trompé... Même si elle savait qu'elle aimait Robin et lui seul, elle se sentit mal d'avoir agit contre la morale. Socrate s'avançait vers le couple, l'air menaçant. Robin, pour proteger celle qu'il adorait, se plaça entre celle-ci et son enemi.
Le Terre-Neuve et le Golden Retriever étaient à présent face à face. Roméa avait bien du mal à ne pas montrer sa peur et sa grande inquiètude.
"- Qu'est-ce que tu es en train de faire, Robin ? grogna Socrate en faisant claquer ses crocs les uns contre les autres
- J'embrasse la chienne de ma vie, ça te pose un problème ? répondit le Golden, en haussant les sourcils, faisant mine de ne pas être impressioné."
La jeune Malamute aurait probablement était aux anges suite à la façon dont l'avait appelé son nouveau fiançé, mais l'angoisse là prenait trop au ventre.
"Tu as touché Roméa ? interrogea Socrate, une lueur mauvaise dans son regard"
Il se faisait de plus en plus menaçant. Robin préssentit que cela tournerait à la bagarre. Mais même s'il serait déraisonnable de se battre contre une telle masse de muscles, le Golden se battrait, car il s'agissait de Roméa...
"Ecoute Socrate, Roméa est avec moi à présent. Je t'interdis de l'approcher, me suis-je bien fait comprendre ?"
Cette fois-ci, ce fut Robin qui faisait peur à voir, une colère inquiètante se dessinant peu à peu sur ses traits.
"Alors c'est comme ça hein ? s'écria le Terre-Neuve en fixant la Malamute. Tu es avec moi. Tu refuses que je te touche, alors je pense à de la timidité de pucelle! (sur ces mots, Robin montra les crocs) Et j'apprend, par un curieux et malencontreux hasard, que tu t'es faite saut** par un autre ? MAIS TU JOUES A QUOI A LA FIN ???? TU CROIS QUE C'EST UNE FACON DE ME CONSOLER, SURTOUT APRES LA MORT DE MON MAITRE ???????"
S'en était de trop pour le Golden qui se jetta sur le fou furieux, et le plaqua au sol.
"Premièrement, tu n'as plus interêt à parler à Roméa sur ce ton, et en termes vulgaires. ET DEUSIEMENT ELLE NE T'AS JAMAIS AIME ALORS VA T'EN ET LAISSE LA EN PAIX !!!!"
Socrate fit basculer Robin, et les positions furent inversées. L'énorme chien noir allait mordre la tendre chair du cou de son adversaire, mais Roméa hurla et bondit sur le Terre-Neuve et le fit rouler sur le côté. Il percuta des poubelles, qui s'écroulèrent sur le desormais vaincu. Robin se releva et enlaça sa bien-aimée. Elle était sous le choc, et éclata en sanglots. Le Terre-Neuve semblait à présent assomé.
"C'est fini, tout va bien je suis là..."
La voix douce de Robin rassura la chienne, mais les larmes coulaient toujours.
"Robin, Roméa !!!!! Je vous ai entendu crier, tout va bien ?!?"
Bounty se precipitait vers ses amis. Le Golden, tout en serrant la Malamute dans ses pattes, montra Socrate du museau.
" 'Fallait s'en douter hein, ria Bounty, pfiou dommage que je suis arrivée trop tard je vous aurais filé un coup de patte!"
Le chien sourit à la batarde, qui lui avait fait un clin d'oeil.
"Et ben alors ma p'tite Roméa ? C'est quoi ce gros chagrin ?"
La reine des rues entama une série de grimaces périeuses qui firent rire Roméa. Robin serra cette dernière plus fort contre lui.
"Meuh bon, vous formez un jouli pitit couple, heiiiiiiin"
Le couple en question sourit. Et il se remit en route pour continuer cette balade matinale interrompue, accompagnée maintenant de l'irremplaçable Bounty. Ils passèrent à côté du Terre-Neuve, encore enseveli de dechets, et poursuivit leur route. Le trio de choc.
Robin et Roméa expliquèrent en détails à Bounty l'altercation qui venait d'avoir lieu. La chienne des rues les mirent en garde contre une probable vengeance. Ils en étaient là de leur discussion lorsqu' accourra vers eux le frère de la Malamute.
"Mais où étais-tu, bon sang ? lança le canidé à sa soeur
Riwal porta son attention sur Robin. Il eut alors une sorte d'illumination...
"Tu as passé la nuit chez lui ?"
Roméa approuva d'un signe de tête. Riwal lança un regard noir au Golden Retriever.
"- Roméa, tu devrais être avec Socrate...
- Mais moi, je souhaite être avec Robin...
- Mais il a quoi de plus ??"
La Malamute tourna la tête et regarda son mâle, un sourire ravissant pendu à ses babines.
"-P'tain je vais vomir, grimaça Riwal en fixant le couple.
- Pas sur mio de préférence, ricana Bounty"
Le chien de chasse secoua la tête.
"Mais...Mais Roméa, comment peux-tu faire une chose pareille ??"
Sa jeune soeur fronça les sourcils.
"Ce n'est pas à toi de me dire ce que je dois ou ne dois pas faire de ma vie. Et ma vie, elle n'est pas avec Socrate."
Le Golden sentit son coeur battre un tantinet plus vite. Oui, sa vie était bel et bien avec Roméa, et cette pensée l'ennivrait.
"Bon, je n'ai rien à dire je suppose, grogna Riwal. Tu es amoureuse de Robin. Lui et moi ne nous sommes jamais vraiment entendus, n'est-ce pas ? Roméa, il est vrai que j'ai peut-être été un peu dur avec toi... Mais je veux te proteger depuis la mort de nos parents, et je crois que j'étais un peu exessif..."
Robin n'en croyait pas ses oreilles. Il decouvrait une nouvelle facette de la personnalité de celui qu'il avait toujours hai.
"- Mais, même si tu souhaitais rompre avec Socrate, tu ne crois pas que le jour est mal choisi ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea Roméa
- Son maître est mort."
C'est alors que le Golden se souvint de certaines paroles du Terre-Neuve. Il n'y avait pas prêté attention sur le coup...
"- Mort ?? s'écria Bounty
- Oui, soupira Riwal. On l'a retrouvé aux abords de la forêt. A moitié devoré. Ce n'était pas très beau à voir parait-il...
- Qui a fait ça ? demanda Robin d'une voix tremblante
- La louve. Les entailles ne peuvent que confirmer que c'est elle. La g**** ! Quand elle s'est enfuie, on n'a pas trop cherché à découvrir qui l'avait delivré. Quel humain. Mais à présent celui qui a ouvert la cage va le payer très cher, vous pouvez me croire.
- Les soupçons se portent sur quelqu'un en particulier ? murmura Roméa dans un souffle, elle parraissait visiblement choquée.
- Oui, affirma Riwal d'une voix grave"
Il regarda Robin dans les yeux.
"Ton maître est soupçonné."
Robin ecarquilla les yeux. Non, c'était impossible....
"- Mais pourquoi mon maître, Riwal ?
- Tout le monde sait ici que ta famille est contre le massacre des loups..."
Une grande angoisse gagna Bounty et Roméa.
"Des hommes doivent bientôt venir interroger ton maître, poursuivit le Malamute."
Riwal passa à côté d'eux et partit dans une autre direction. Le Golden se sentait très mal. Et cela se comprenait...
"- Bounty, va voir Misha et demande lui des explications. Je me rend au plus vite après de mon maître.
- Robin, tu m'as oubliée !
- Non Roméa... Rentre chez toi."
La chienne fut revoltée, et Robin le lut sans son regard.
"- Je ne veux pas qu'il t'arrive quelquechose ma chérie...
- Je vais simplement voir Misha avec Bounty!"
Devant un tel entêtement, Robin sourit.
"Suprématie des femelles powaaa, s'écria gaiement Bounty"
Roméa embrassa son amoureux furtivement, et courra aux côté de son amie vers la forêt. Le Golden Retriever les regarda s'éloigner, puis se hâta de rentrer chez lui.
--------------------------------------------------------------------------------
Misha léchait consciensement ses égratignures, provenant de la bataille. La louve bleutée n'avait jamais tuer d'humains auparavant, et l'idée qu'elle ait pu le faire il y a plusieurs heures lui glaçait le sang. Mais la veuve se dit qu'elle pourrait enfin faire son deuil... Elle ouit bientôt des pas precipités se rapprocher de plus en plus. Elle tourna la tête et vit Roméa et Bounty accourir vers elle. Misha se leva et s'avança au devant d'elles pour les saluer :
"Bonjour, contente de vous..."
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une douleur, une brûlure, s'étala sur sa joue avec brutalité. Sous le choc, la louve tituba. Elle sentit le sang chaud s'étaler peu à peu sur son pelage. Surprise, elle releva la tête.
"- Roméa mais que...
- COMMENT AS-TU PU ?? COMMENT ???"
Roméa avait hurlé, Bounty fronçait les sourcils. Misha était desemparée.
"- Mais que se passe t-il ?
- T'as assassiné un homme, v'là ce qui se passe."
La chienne des rues avait parlé sur un ton qui se voulait calme.
"- Cet homme a eu exactement ce qu'il méritait, déclara Misha avec le plus grand sang-froid imaginable.
- Tu as dû prendre un malin plaisir à commettre ce meurtre, dit Roméa entre ses dents.
- Qu'est-ce que tu cherches à insinuer ?
- Tu es une louve.
- Oh, pauvre chérie, on lui a raconté l'histoire du "Petit Chaperon Rouge" ?"
La Malamute s'apprêtait à bondir sur la louve, mais Bounty s'interposa entre les deux femelles. Elle lança un regard à Roméa l'air de dire "arrête ça immédiatement".
"Misha, commença la batarde qui s'était à présent tournée vers la louve, pourquoi ?"
Mais l'animal des bois fusillait la compagne de Robin du regard.
"- Je vois que la politesse chez vous les chiens est très exploitée. Grâce à moi je suppose que cela s'est arrangé entre toi et ton cher Golden. Un simple merci m'aurait amplement suffi tu sais. Pas besoin de déployer autant d'énergie.
- Mon opinion sur ceux de ta race allait finir par changer, mais ce que tu as fait est impardonable. Tu as assassiné le maître de Socrate !"
Misha haussa les sourcils.
"- Et ça t'embête tant que ça ? Après tout, Socrate...., murmura la louve qui avait eu vent de ce qui s'était passé par Robin entre Roméa et Socrate.
- MAIS C'EST UN HUMAIN MISHA !! s'écria Roméa. Tu n'avais pas le droit, pas le droit."
La colère commençait à bouillonner à l'intérieur de la louve. Bounty s'en rendit vite compte.
"- Mais ma chère Roméa, les humains ont le droit d'enlever la vie, eux, ironisa Misha.
- Il ne t'avait rien fait ! Tu n'avais pas le droit !
- Il a tué Fragan..."
******
"Oh non, pas maintenant!, pensa un Robin affolé"
Le chien courrait vers son domicile, et apperçut de loin cinq hommes attendant à la porte d'entrée. Madame Patterson ouvrit la porte. Elle était à la maison, puisqu'elle était mère au foyer.
"S'ils osent toucher à une femme ils goûteront de mes crocs, murmura le Golden pour lui-même"
La même règle pour les femelles, humaines et animales. Un mâle ne frappe pas une femelle. Une loi présente depuis la nuit des temps.
Le chien se rapprochait de plus en plus. La langue pendante, il accelera la cadense.
"- Bonjour Madame.
- Oh, bonjour Monsieur Oterga"
Laura salua de la tête les autres hommes.
"- Nous sommes venus vous parler Madame...
- Oh je suis navrée vous savez, mais croyez-le bien, Charles et moi, ainsi que Billy, n'y sommes strictement pour rien...
- Navrée ? Vous êtes navrée ?
- Oui, ne le prenez pas mal, nous n'avons pas cherché à vous là voler...
- Mais de quoi parlez-vous ? interrogea Monsieur Oterga, surpris.
- Et bien, Roméa a dormi ici toute la nuit, je ne m'en suis rendu compte qu'au petit matin.
- Ah bon ? Ah je ne voulais pas m'entretenir de cela avec vous..."
Robin arriva à toute allure et se positionna aux côtés de sa maîtresse. Il se mit à grogner.
"- Je vous conseille de calmer les ardeurs de votre chien Madame...
- Robin, ça suffit !"
La chien arrêta bien, à contre-coeur.
"Monsieur Mercier a été retrouvé mort ce matin. Dechiqueté. "
Laura, choquée, porta sa main droite à sa bouche.
"- Il s'agit là de l'oeuvre d'un loup, poursuivit Monsieur Oterga, plus précisemment de la louve bleutée qui s'était echappée il y a quelques jours.
- C'est horrible, murmura Madame Patterson avec effroi, comment se porte Madame Mercier ?
- A votre avis, comment se porte une veuve d'à peine quelques heures, chère madame ?"
Laura ne sut que répondre. Robin se serra un peu plus contre les jambes de sa maîtresse.
"- Elle est tellement peinée. Elle ne souhaite pas porter plainte contre celui qui a delivré la louve. Elle veut juste "oublier". Elle déménage au plus vite, le plus loin possible d'ici.
- Mais qui a bien pu delivré cette bête de sa cage ?"
L'air sincère de la femme sembla surprendre le chasseur quelques instants. Mais la froideur gagna de plus belle le visage porcin de Monsieur Oterga.
"- Nous soupçonnons votre mari.
- Que... Quoi ?! C'est une plaisanterie j'espère ?
- Point du tout. A moins qu'il s'agisse de vous ?"
Il se rapprocha plus près de Madame Oterga et lui saisit le poignet.
"Vous et Charles avez toujours été en faveur des loups. Si par malheur on venait à decouvrir les coupables, et que nos soupçons soient fondés, faîtes bien attention à vous. J'appréciais beaucoup Monsieur Mercier..."
Robin sentit la peur gagnait Laura et il recommença à grogner. Monsieur Oterga lâcha son emprise, salua la femme, et repartit avec les autres hommes présents. Madame Patterson se précipita à l'interieur de la maison pour téléphoner au plus vite à son mari, Robin sur ses talons.
******
"Oh Misha!"
Bounty s'approcha de la louve, l'air réélement attristé. Roméa avait été très surprise de la déclaration soudaine de la jeune veuve ...
"- Mais tout de même Misha tu... tu n'avais pas le droit de faire du mal à un humain! s'entêta la chienne.
- J'ai vengé Fragan! Je ne suis pas la coupable! Je suis la victime!"
Roméa semblait scandalisée et regarda la louve d'un air dédaigneux. Elle tourna le dos aux deux autres et commençait à partir.
"Qu'aurais-tu fait s'il s'agissait de toi ?"
La Malamute se retourna. Elle distingua nettement la brillance dans les yeux de la louve. Sa tristesse semblait prendre peu à peu de l'avantage sur sa colère.
"- Je ne suis pas comme toi, marmona Roméa, je ne tue pas moi...
- Et si c'était Robin qui était mort ?!?"
La voix de la louve, si forte par le passé, se brisa. Elle sanglota, la tête baissée. Bounty s'assit à côté d'elle et posa sa patte sur la sienne.
"Robin n'aurait jamais été tué. Robin est un chien. Fragan est un loup."
Misha releva la tête vers Roméa. Toutes ses larmes auraient émues le pire matcho, mais la fiançée du Golden tint bon.
"Comment oses-tu proferer de tels mots ? Comment ?? sanglota la louve bleue."
Cette fois-ci, la colère de Bounty se retourna contre Roméa. Alors cette dernière s'en alla pour de bon. En entendant les cris de douleur de la louve, de grands remords prirent la chienne à l'estomac. Mais elle ne jeta aucun regard en arrière et poursuivit son chemin.
--------------------------------------------------------------------------------
Il était tard. Roméa n'avait pas la conscience tranquille. Elle se baladait seule dans diverses ruelles. Elle réfléchissait en regardant les étoiles briller. Elle se sentait mal d'avoir blessée Misha. La haine envers les loups avait reprit le dessus à ce moment-là. A présent, la Malamute était tiraillée entre deux idées : celle qu'elle avait defendue tout à l'heure, et une autre qui avait germé dans son esprit. Misha avait simplement rendu justice elle-même. Simplement...
Une brise tiède effleura Roméa. La chienne savait que Bounty restait toute la nuit auprès de la louve. La Malamute était prise de tous les remords du monde, mais une petite voix au fond d'elle lui disait que le pardon serait difficile à obtenir. En rentrant de sa "promenade" en forêt, Roméa avait expliqué tout en détails à Robin. Inutile de preciser que Robin était extrémement déçu. Mais en remarquant la peine de sa femelle, le Golden là consola et lui pardonna. Lui, il lui avait ensuite expliqué en détails l'entrevue de sa maîtresse. Monsieur Patterson était extrémement inquiet. Aussi, les recherches pour abattre la louve reprendraient dés le lendemain, tôt dans la matinée.
Roméa en était là dans ses pensées, et marchait tranquillement dans la nuit brune.
"Je déménage bientôt..."
Roméa se retourna brusquement. Socrate était juste derrière elle. Elle poussa un cri de stupeur.
"Et avant que je ne parte définitivement, il y a une chose qui me tiraille depuis longtemps..."
Il s'approcha dangereusement de la chienne, une lueur suspecte dans son regard ne présageant rien de bon.
"- Ne t'avises pas de me toucher Socrate...
- Je ne vois pas Robin pourtant..."
Roméa regarda de nouveau devant elle. Plusieurs chiens se trouvaient à présent là. Elle se trouvait encerclée.
"Je suis d'une nature partageur vois-tu... susurra le Terre-Neuve d'une voix mielleuse."
C'est alors que Roméa comprit.
"Non Socrate je t'en supplie..."
Elle ne recueillit comme réponse que des rires sadiques. C'est alors que...
"On ne touche pas à ma soeur..."
Les autres chiens, surpris, s'écartèrent pour laisser passer Riwal.
"- Tout va bien Roméa ? Ils ne t'ont rien fait ?
- Rien du tout... C'est si bon de te voir Riwal..."
Sa voix tremblait. Riwal serra sa soeur près de lui et fixa méchamment Socrate.
"- Tu là laisses frequenter ce Robin, pesta Socrate.
- J'avoue, lui et moi nous nous detestons cordialement. Mais ce que je constate, c'est qu'il rend ma petite soeur rayonnante, et il n'a pas tenté de là violer, LUI."
Tous les chiens se jettèrent alors sur le Malamute, d'un même élan. Coups de crocs, coups de griffes. Roméa aidait son frère autant qu'elle le pouvait. La bataille était rude. La chienne fut rapidement assomée par deux caids.
"LAISSEZ-LAAAA !!!"
Riwal hurlait et repoussait les attaques. Mais le sang devenait de plus en plus présent sur son pelage...
--------------------------------------------------------------------------------
Une étrange lueur aveugla Riwal lorsqu'il essaya d'entrouvrir les paupières. Il sentit immédiatement quelquechose de gênant sur sa peau et fixa longuement divers points de suture. Quand le chien fut habitué à la lumière, il pressa delicatement son museau contre une vitre transparente. Il était enfermé. Mais cela ne l'inquièta point : il reconnut à l'odeur du lieu qu'il se trouvait chez la vétérinaire. Mais il porta son regard partout dans la pièce, une grande appréhension le prenant précipitamment : où se trouvait Roméa ? Que c'était-il passé après qu'il se soit évanoui ? Socrate et ses compères en avaient-ils profités...
Rien qu'à cette possibilité, le Malamute aboya bruyamment, attendant que sa petite soeur lui réponde.
"Tais-toi, certains essayent de dormir ici!"
La voix, raillarde, n'avait absolument rien à voir avec celle de Roméa. La mauvaise humeur de Riwal monta d'un cran.
"- Je ne vous ai rien demandé !
- Tu ne changeras jamais Riri, ironisa gentiment une autre voix."
Robin venant de penetrer dans la salle, avec à sa suite Roméa, et la famille Oterga. En apercevant la chienne, Riwal sursauta.
"- Roméa, Roméa, que s'est-il passé ? Tu n'as rien ?
- Tout va bien frérot, souria la femelle."
Après un court discours dans lequel Madame Petit, la vétérinaire, donnait quelques conseils à Monsieur Oterga, tout le monde sortit du cabinet. Le lieu médical ne se trouvait pas très loin du domicile de Riwal et Roméa, ils étaient à pieds, ou plutôt à pattes, ainsi cette dernière pu tout narrer en détails à son frère, ce qu'elle avait fait à son fiançé une heure auparavant.
"- Je n'avais pas été vraiment assomée, je n'eus pas de mal à emerger rapidement. Quand je t'ai vu inanimé sur le sol, j'ai eu très peur. Socrate et les autres commençaient à s'approcher de moi, quand l'un d'eux reçut un seau d'eau sur la tête. Ils furent surpris, plus encore en voyant debarquer en trombe un humain en peignoir, leur jettant des pierres et vociférant des "sales cabots" ! Il s'agissait d'un vieux monsieur à la retraite, et avec sa femme, il t'a conduit aux urgences. Je crois que nos maîtres comptent remercier le couple...
- Je suis heureux qu'il te soit rien arrivé, dit Robin sur un ton inquiet, en regardant amoureusement sa chienne.
- Merci de t'angoisser pour moi, mais je vais bien merci.... déclara Riwal, sa démarche mal assurée du fait qu'il boitait.
- Je ne pensais pas prononcer ces mots un jour mais... Merci Riwal. Sans toi Roméa...
- Tu n'étais pas là, toi, son compagnon!
- Riwal ça suffit! s'indigna Roméa."
Le frère se tut mais continua à marmonner dans ses babines. Trois quarts d'heure plus tard, les chasseurs se réunirent sur la grande place pour partir à la recherche de la meurtrière à poils. Riwal, blessé, ne pouvait participer à la chasse à son plus grand regret. Il ne cessait de dire qu'il aurait aimé être celui qui piègerait la louve, mais d'un autre côté, il affirma qu'il ne pouvait supporter désormais faire équipe avec de tels chiens. Robin et Roméa, côte à côté, assis non loin de l'attroupement, regardaient avec angoisse les préparatifs.
"- Bounty est toujours avec Misha, murmura Robin.
- Oui, approuva Roméa."
Un long silence pesant s'ensuivit. Socrate apperçut la chienne, mais Robin le défia du regard d'avancer ne serait-ce que de quelques pas dans leur direction. Dans les yeux du Golden se lisait la promesse d'une revanche sordide.
"Robin on ne peut pas laisser faire de telles choses... C'est trop cruel ... Je m'en veux, et je me sens inutile... "
Les yeux embués de larmes, Roméa fixa son mâle. Celui-ci là regarda intensément, mais ne sut que répondre.
"Nous pouvons les suivre, les mener sur d'autres pistes, les detourner de Misha et Bounty, les proteger,... Je ne sais pas moi, mais on ne peut pas rester là assis à attendre qu'elles se fassent tuées toutes les deux! s'exclama t-elle."
La Malamute jeta un regard plein d'espoir à son fiançé. Il se leva, fit quelques pas, et se retourna pour regarder Roméa. Elle se leva à son tour, et ils trottinèrent ensemble, non loin derrière le cortège d'hommes, de chiens et de fusils qui venait de se mettre en route.
******
"- Roméa doit s'en vouloir à mort t'sais. Elle est pas méchante....
- Juste à tendance sadique."
Bounty soupira. Misha n'en tint pas compte et s'allongea dans la petite cavité qui lui servait de grotte.
"- Elle va s'excuser comme une malade, renchérit la clocharde.
- Mais quoi qu'on en dise, certaines paroles laissent des traces indélébiles dans notre âme."
La chienne des rues ne trouva rien à redire. La louve bleutée releva brusquement la tête, les yeux exorbités par la peur, les oreilles tendues.
"Quoi ? Misha ?"
L'expression de la louve ne faisait que monter la tension et l'angoisse règnant déjà dans la grotte. Misha tourna lentement son regard vers Bounty.
"Les hommes, murmura t-elle dans un souffle, ils arrivent..."
******
"Robin, chuchota Roméa avec horreur, regarde!"
Les deux chiens, bien dissimulés derrière un buisson d'épines, observaient les chasseurs. Les hommes se dirigeaient vers les collines...
******
"Restes là, s'écria Bounty, tu bouges pô!"
La chienne des rues sortit courageusement de la cavité, et se retrouva à l'extérieur. Quelle ne fut pas sa surprise en appercevant loin au sommet des collines les chasseurs et leurs amis canins aboyant bruyamment!
"C'est le clebard de notre village! Il a retrouvé la trace de la louve! s'exclama l'un des humains joyeusement."
Terrifiée, Bounty vit Socrate et ses compères à fourrure (ils étaient environ une dizaine) descendre la colline à toute vitesse et se precipiter vers elle. La clocharde revint précipitemment près de la grotte.
"Misha, il faut se casser et vite!"
Les deux amies sortirent et commençèrent à courir à fond de train pour tenter d'échapper à leurs poursuivants.
"Pourquoi les humains sont par ici ?, pensa Misha. Ah je me souviens, Robin m'a dit que c'était juste en ultime recours..."
Cette pensée ne là rassura guère. La louve était très rapide, mais Bounty n'était pas habituée à un lieu sauvage comme celui-ci.
"- Ne freîne pas ! Hurla Bounty à l'adresse de Misha, sème-les, je vais les ralentir!
- Ils sont onze, ne sois pas idiote!
- Fais ce que je te dis bon sang!"
La louve accélerra, tandis que la chienne ralentit peu à peu. Essouflée, elle se retourna et fit face aux chiens de chasse qui arrivaient...
******
Deux éclairs jaillirent soudainement entre les jambes des chasseurs. Hebétés, ils virent deux chiens accourir derrière ceux déjà élançés... Robin et Roméa tentaient tant bien que mal de rattraper les chiens de chasse. Quand subitement, le Golden Retriever vit son amie Bounty s'arrêter, se retourner, et faire face aux canidés assoiffés de sang. Des coups du fusils retentirent en direction de Misha. Elle les évita de justesse grâce à quelques bonds aériens. Dans une autre circonstance, elle se serait laissée tuée, mais à présent, des amis ne souhaitaient pas qu'elle parte. Elle jeta un regard en arrière, et apperçut avec stupeur Roméa aux côtés de Robin... Misha souria et continua sa course effreinée.
Socrate fut le premier à arriver face à Bounty. Il là depassait autant en hauteur qu'en largeur, mais la batarde ne semblait point impressionée... Tout du moins, c'est ce qu'elle essayait de laisser transparaitre.
"Alors la galeuse, elle est où ta copine ?"
Un filet de salive coula des babines du Terre-Neuve. Bounty fit une grimace.
"Nan mais regarde toi gros, tu pourrais pô stopper ta bave là ? dit-elle en prenant un air degouté."
Socrate, sans prévenir, là plaqua au sol et aggripa son cou avec force. Les autres chiens avaient contourner la masse noire et continuaient à suivre Misha. Bounty était en train d'étouffer.
"LACHE-LA ESPECE DE PORC!!"
Robin s'était élançé sur le dos de Socrate et lui mordait l'échine. Le Terre-Neuve hurla et lâcha immédiatement son emprise sur la chienne. Roméa aida Bounty à se relever. Socrate tourna plusieurs fois sur lui-même et fit un bond qui propulsa Robin quelques mètres plus loin. Mais le chien se leva courageusement pour faire face à Socrate...
"Je l'aurais ta chienne Robin... Elle m'appartient..., chuchota le Terre-Neuve, assez fort pour que le principal concerné puisse entendre."
Le Golden Retriever ne tenait plus de rage. Il s'élança de nouveau sur son ennemi et lui attrapa l'oreille.
"Roméa t'appartenir ? Tu te prend pour qui ? susurra Robin."
Il parvint à lui arracher un bout, Socrate hurla. Un coup de fusil retentit. Tous les quatre virent les chasseurs arriver eux aussi. Le tir était sensé faire peur aux chiens pour qu'ils arrêtent de se battre... Robin s'élança une dernière fois sur Socrate. Et il le mordit là où ça fait mal, un endroit sensible de l'anatomie masculine.... Le Terre-Neuve hurla si fort que les humains prirent peur pour lui et coururent plus vite dans sa direction. Robin avait atrocement castré le chien. La morsure s'étandait aussi sur le ventre. La chair était à vif. Des lambeaux de peau et de poils étaient dechirés.
"Comme ça je suis certain que tu ne pourras rien faire que tu puisses regretter par la suite, grogna le Golden."
Socrate était étendu par terre, dans une petite marre de sang, larmoyant. Il gémissait.
"Vite, s'exclama Robin, il faut aller aider Misha! Je ne laisserais pas ces bouffons là tuer!"
Le trio partit de nouveau à la suite des chiens de chasse qui avaient prit de l'avance. Quand il furent un peu éloignés, un coup de feu se fit entendre : Socrate avait été abattu.
******
Misha ne s'était pas arrêtée. Elle continuait de courir, encore et encore. Infatigable. Telle une machine, elle évitait branches, épines et pierres avec une parfaite aisance. Ses pattes ne semblaient même pas effleurer le sol. Des nuages de poussière s'élevaient derrière elle. Elle avait aussi conduit trois chiens dans des pièges, ainsi il n'en restait plus que sept à ses trousses. Le premier s'était pris une grosse branche en pleine figure. Le deusième tomba dans un buisson épineux. Le troisième fut trop gros pour prendre la même chemin caverneux que la fugitive. Misha courrait, encore et encore. Infatigable. Elle courrait toujours. Elle puisait sa force dans l'énergie du desespoir. Elle songeait à Fragan, celui qu'elle avait tant aimé. A sa soeur Mélia, sa tendre soeur qu'elle avait tant adoré. A ses trois frères, Tola, Haroun et Outane. A ses parents Utta et Métane. A son beau-frère Lobo, alias Black Wolf. A son amie d'enfance Sacha. Et aussi à Robin, Bounty, Roméa.
Mais la malchance s'en mêla, et la louve trêbucha, et tomba sur le sol. Elle se releva le plus vite qu'elle pouvait, mais il était trop tard : elle se retrouvait encerclée de monstres aux crocs luisants...
"Alors ma belle, on tente de s'échapper ?"
Toute l'assemblée ria aux éclats.
"On va s'amuser un peu avec toi, déclara un autre chien. Après tout, c'est à ça que servent les loups non ?"
Un troisième canidé mordit alors férocement la queue de Misha. Celle-ci poussa un cri de douleur et fit claquer ses crocs près de la gueule de l'agresseur, et il lâcha prise. Le premier à avoir pris la parole sauta alors sur elle et là plaqua dos contre terre.
"ECARTEZ-VOUS!"
Les chiens de chasse regardèrent en arrière : Robin, Roméa et Bounty étaient là. La Malamute avait parlé et les canidés là regardèrent intrigués : elle était soeur de Riwal, donc elle devrait être satisfaite de la capture de la louve!
"Vous avez entendu la demoiselle ? On lâche la bête, et tout de suite, grogna Robin."
Misha se dégagea de l'étreinte de son poursuivant et accourut près de ses amis.
"- Mais que se passe t-il Roméa ? demanda une des masses de muscle, éberluée.
- Il se trouve que vous allez là laisser tranquille. C'est mon amie. Elle a tuée dans un acte de revanche pour venger l'un des siens. Chacun d'entre vous ici, j'en suis certaine, aurait fait exactement la même chose, aurait accomplit exactement le même acte."
Les sept se regardèrent tous. Ils ne savaient que penser.
"Le fautif dans l'histoire, c'est Monsieur Mercier. Le maître de Socrate, qui a fait preuve d'une grande cruauté. Et bien entendu, nous sommes autant coupables."
Roméa parlait, les chiens de chasse se trouvaient interloqués. Bounty souriait. Robin écoutait sa dulcinée avec fierté. Misha sentait les larmes lui monter aux yeux. Des larmes de joie.
"Misha, raconte-leur ton histoire."
Abasourdie, la louve interrogea Roméa du regard. Finalement la concernée s'avança et commença à narrer son passé devant un auditoire décidemment très attentif. Les temps heureux dans sa troupe. Loin de tout, loin des hommes. L'insouciante fraîcheur de l'enfance, les tumultes passionnés de l'adolescence. Sans crainte du moindre humain. Misha parla de la rencontre que fit sa soeur un beau jour. Un merveilleux couple avec Lobo. Elle raconta également ce que représentait Fragan. Ce qu'ils formaient. Puis les hommes. Avec leur sadisme, leur désir de victoire, leur envie de vous enfoncer des balles profondément dans votre chair pour satisfaire un désir toujours insoumi. Elle expliqua ce qui advint de sa troupe, de sa famille. Emue, elle parla du meurtre de sa soeur Mélia, alors qu'elle était enceinte. Elle avait fui avec son amour, mais lui aussi fut atteint. Il fut tué. Et elle avait fui. Fui, pour finir près du village de ces hommes. Misha n'eut même pas la peine d'expliquer pourquoi elle avait agi contre Monsieur Mercier. Elle avait troublée l'assistance. Mais tout bascula : les chasseurs, que l'on avait oublié, débarquèrent et pointèrent leurs fusils. De suite, Roméa, Bounty et Robin se placèrent devant Misha en signe de rebellion.
"- C'est incroyable, murmura Monsieur Oterga.
- C'est ce Golden qui a condamné Socrate, s'écria un autre en le pointant du doigt."
Alors les chiens de chasse s'avançèrent et se plaçèrent tous devant le quatuor. Comme pour les protèger. Misha croyait rêver. Et à cet instant, un personnage fit son apparition, quelqu'un auquel personne ne songeait en cet instant decisif.
"Attendez, s'écria Billy, ne tirez paaas !!!"
Le jeune maître de douze ans de Robin courrut, se plaça devant les chasseurs, essouflé et tentant de reprendre son souffle.
"Ne tirez pas, j'ai... J'ai compris. C'est moi qui ai ouvert la cage de la louve."
Robin crut avoir une crise cardiaque.
"Je ne supporte pas que l'on fasse du mal aux animaux, continua le jeune Patterson. Et je crois avoir compris pourquoi la louve a tué Monsieur Mercier. Le loup que vous avez rapporté dernièrement au village était un mâle..."
Misha marcha alors doucement et à petits pas vers le garçon, et chose surprenante, lui lécha la main. La tendresse de la louve frappa les hommes en plein coeur.
"Elle a simplement voulu venger son loup, murmura monsieur Oterga, rien de plus."
L'attroupement reprit alors le chemin du village. Billy carressa son chien.
"Ce n'est pas moi qui ai delivré la louve, chuchota t-il, mais j'ai une petite idée du coupable..."
Robin remua la queue en signe de contentement.
"Robin..."
Roméa avait rejoint son mâle et ils étaient à présent côté à côté.
"- Oui ma chérie ?
- Je ne me sens pas trop bien depuis quelques temps... Je pense, enfin je crois... Je suis enceinte."
Enceinte. Robin se le répéta plusieurs fois dans sa tête avant de se rendre réélement compte de la signification du mot.
"Tu...Tu es heureux ? demanda timidement Roméa, inquiète de la réponce de son fiançé."
Robin déposa un baiser sur ses babines.
"Je suis le plus heureux en ce moment."
Et quelques secondes plus tard, un chien euphorique criait à tous les canidés présents que sa chienne tant-aimée allait avoir des petits.
--------------------------------------------------------------------------------
"ROBIIIIIIN ARRETE DE COURIR SI VITE, ROMEA NE VA PAS CREVER COURS MOINS VITE PITIE!!!"
Bounty venait d'annoncer à son ami que Roméa avait accouché. Et à présent, les villageois remarquaient un Golden Retriever courir à perdre haleine à travers les rues, avec une batarde quelques mètres derrière lui qui aboyait bruyamment. La joie du chien paraissait lui donner des ailes. Et la reine des rues se faisait battre à plate couture question vitesse. Enfin, ils furent tous deux sur le seuil de la porte de la famille Oterga. Ils firent un tel bouquan qu'on vint leur ouvrir. Ils n'attendirent pas la permission, se faufilèrent dans la maison et tombèrent nez-à-nez sur le panier où se trouvait une Roméa épuisée mais souriante, avec assis à côté d'elle son frère Riwal.
Robin marcha lentement vers sa compagne, et découvrit trois petits chiots tétant abondamment en émettant des petits couinements sonores.
"Ils sont magnifiques, murmura le nouveau papa."
Il embrassa Roméa et s'allongea à côté d'elle dans le panier.
"Il y a un mâle et deux femelles, dit Roméa. C'est le petit marron le mâle..."
Les trois chiots ressemblaient à leur père, ils detenaient des oreilles pendantes. Le mâle était comme son papa, mais son pelage tirait plutôt vers le marron. Une femelle avait une couleur de pelage beaucoup plus vive et jaune que Robin. La deusième femelle avait l'apparance d'un Golden comme son frère et sa soeur, sauf qu'elle était noire, avec le bout de la queue et du museau blanc, et le ventre blanc moucheté de noir.
"Il y avait trois autres petits... Un petit Golden et deux qui ressemblaient plus au Malamute, soupira Roméa attristée, mais ils sont morts à la naissance."
Robin serra plus fort sa bien-aimée contre lui. C'est alors qu'une amie, celle qui manquait desormais pour former la bande inséparable, fit son apparition.
"- Content de te voir, souria Riwal
- Moi aussi, répondit la louve, c'est nettement plus facile maintenant. Je peux me balader dans le village, on me reconnait et les humains m'apprécient. Même les chiens de chasse. Et toi Riri.
- Si tu commences à m'appeler Riri ce sera une bonne raison de te hair!"
Les cinq rièrent de bon coeur.
"- J'ai vu que Madame Mercier arrange ses valises dans son coffre, continua Misha. Elle s'en va pour de bon.
- Elle a perdu son mari et Socrate. Et comme elle est exactement comme eux... De toute manière nous serons mieux sans cette vieille sorcière, assura Roméa.
- Oh mais qu'ils sont mignoooons, s'extasia la louve bleutée en découvrant les bébés chiens.
- Ayors, s'exclama Bounty, comment ils vont s'appeller ces tits bouts de chou ?
- Et bien, souria Robin, pour faire honneur à Misha, Roméa et moi avons decidés d'attribuer des noms à consonnance plutôt "sauvage". Pour le petit mâle ce sera Stepko. Pour une femelle nous avions pensé à Zakia...
- Zakia va bien à la femelle noire je trouve, murmura Roméa
- Oui tu as raison ma chérie.
- Argh je m'y ferais jamais, déclara Riwal"
Les trois autres l'interrogèrent du regard.
"- Tous ces bisous et ces "ma chérie", dit Riwal en riant.
- Faudra t'y habituer vieux, ria à son tour Bounty
- Robin, Roméa... Il ne fallait pas... Pour les prénoms... Ca me gêne....
- Ne sois pas gênée Misha, dit Roméa. Nous t'aimons tous ici."
La louve fut honorée et émue au plus profond d'elle-même mais n'en montra rien.
"- Pour la petite jaune je ne sais pas, murmura Robin. Tu n'as qu'à choisir Roméa.
- J'aimais assez Nessie...
- Parfait c'est parfait."
Robin embrassa Roméa sous les yeux attendris de leurs amis. Misha pensait avoir vu sa vie brisée le jour où Fragan s'était envolé pour de bon. Mais même dans une vie brisée, on arrive toujours à recoller quelques morceaux. Toujours.
FIN
~> Vous pouvez admirer des dessins de personnages de l'histoire que vous venez de lire dans la galerie de Denaka.