La jeune louve courrait à perdre haleine à travers les bois. Maintes branches lui avaient laceré le visage, mais rien ne semblait pouvoir l'arrêter dans sa course effreinée. La langue pendante, des larmes roulant sur ses joues rebondies, les yeux plongés le plus loin possible devant elle, elle accéléra la cadense, effrayée en entendant un coup de feu. Ils se raprochaient. De plus en plus près. Il fallait courrir plus vite. Toujours plus vite. Sinon elle mourrait. Bien sûr, plus rien ne semblait là retenir à la vie. Les chasseurs venaient d'abattre son loup sous ses yeux. Elle aurait pu se livrer, se faire fusiller, et rejoindre son amant dans un lieu plus clément, là où les âmes de la forêt se retrouvent. Tout du moins, d'après la vieille légende ancestrale que lui contait tendrement sa mère le soir, tout au fond de leur grotte, pour l'aider à gagner les bras de Morphée. Mais une envie et une rage de la vie la tenaillait au ventre, et elle avait fui, avec l'intime désir de venger celui qu'elle aimerait jusqu'à son dernier souffle, et même au-delà. Bientôt, les bruits s'étaient tus. Plus aucun aboiement de chien ne se faisait ouir. Alors, Misha s'arrêta, et tomba de tout son long près d'un chêne, et s'évanouit de fatigue. Fragan ne reviendra plus. Fragan avait été assassiné. Les pleurs berçaient la femelle éplorée même dans son sommeil le plus profond. Mais elle le vengerait. Elle trouverait le moyen de le venger. Et elle tiendrait parole....
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"Robin, viens ici mon chien!"
Le Golden Retriever accourut vers son jeune maître de 12 ans, lui sauta dessus et lui lécha le visage.
"Robin, arrête, j'ai pas besoin d'être lavé!"
Le garçon riait aux éclats. Robin s'arrêta net en voyant les chasseurs revenir de leur expédition. Devant eux se tenait un puissant malamute du nom de Riwal. Le rival de Robin depuis fort longtemps.... Le golden apperçut un corps de loup sur l'épaule d'un homme. Il avait dû recevoir une balle à la tête et une au ventre, vu comment le sang était réparti sur le pelage de l'animal. Robin fronça les sourcils : comme tout chien qui se respecte, il se devait d'hair les loups. Mais il trouvait cela odieux d'assassiner ces canidés lorsqu'ils n'avaient rien fait de mal. Il s'avança vers la cohorte.
" -Bien le bonjour toi, souria sadiquement Riwal
- Content de te voir mon p'tit Riri, murmura Robin en lui rendant son sourire de prétentieux."
L'attaque ne se fit pas attendre. Riwal bondit sur Robin et lui mordit la patte avant-droite.
"RIWAL !!! RIWAL AUX PIEDS !!"
Ce dernier obéit à la voix de l'humain qui l'avait appelé, mais continuait à fixer l'autre chien avec une haine indéfectible dans le regard. Les chasseurs continuèrent d'avancer. Le golden retriver s'assit et continua de regarder ce loup meurtri, les yeux clos. Robin espera en vain qu'il n'avait pas laisser de famille derrière lui.
"C'est horrible, hein mon toutou ?"
Billy, le maître de Rob', s'était assis à côté de son chien. Ils restèrent là durant une heure, immobiles, à penser et réfléchir. A regarder voleter les papillons et écouter les discussions de deux vieilles passantes. Puis, la mère de Billy les appela. Le soleil se couchait. Avant de penetrer à l'intérieur de la maison, Robin jeta un dernier regard vers la forêt. Il se doutait que le lendemain les hommes repartirèrent de plus belle avec leurs fusils et leurs chiens. Lui, il n'était jamais parti en chasse. Il était simplement destiné à la compagnie des hommes. C'est pourquoi il était sousestimé par Riwal depuis leur plus jeune âge.
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Le croissant de lune brillait dans le ciel. Du haut d'un rocher, Misha hurla. Encore et encore. Mais bientôt sa voix se brisa. Les sanglots là prenaient de plus belle. Dans un susurement, des mots sortirent de sa gueule.
"Fragan, tu es parti trop tôt. Sois moi en témoin mon amour, je te vengerais. Je ne connaitrais de repos que lorsqu'ils auront tous péris. Le prix du sang.... La prix du sang....."
Un rire mauvais, presque démentiel, s'éleva dans la forêt. Les corbeaux s'envolèrent. Le silence retomba. La louve n'avait désormais plus rien à perdre, et la folie gagnait son âme. Lentement, elle reprit sa route en direction du village des hommes, avec comme toujours, les yeux pétillants de toute l'horreur et la tristesse qui emplissaient son corps.
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Un rayon de soleil vint chatouiller le museau de Robin. Le jour poindait, mais le chien était encore le seul reveillé de la maisonnée. Normal, nous étions Dimanche, jour sacré pour la famille Patterson.
Robin était âgé d'environ 4 ans et demi, était costaud mais pas autant que les chiens de chasse comme Riwal. Le golden retriver était tout ce qu'il y avait de plus affectueux, gentil, et adorable sur cette planète. Tout le monde l'aimait au village, surtout depuis le jour où il sauva le bébé de la famille Oterga, d'origine espagnole. N'ayant pas de barrière de securité, et la maman étant au téléphone, la petite Omara était tombée dans la piscine familiale. La mère ne s'en rendit point compte, jusqu'a ce qu'elle vit débarquer dans son jardin un chien qui bondit comme un deluré dans l'eau. Madame Alicia Oterga raccrocha le combiné et courrut vers le bassin dans l'intention de chasser la bête. Et quelle ne fut pas sa stupeur en voyant ce golden retriver revenir sur le bord du bassin, tenant fermement la gosse entre ses crocs, par la couche!
Ainsi, Robin était devenu un "héro", mais attisa encore plus la haine de Riwal : en effet, le malamute appartenait à la famille Oterga. Et c'est comme ça que Robin ne fut pas seulement detesté cordialement par son rival, mais aussi par tous les chiens de chasse.
Billy Patterson dormait à point fermé lorsque son chien pénétra dans sa chambre. Il s'assit près du lit et lécha amicalement la main du petit garçon. Celui-ce ouvrit un oeil et sourit à Robin, mais se rendormit aussitôt. La cabot décida donc de s'accorder une petite promenade matinale, ses maîtres ne s'inquièteront pas, étant accoutumés à ce genre de choses.
Quand Robin sortit par la petite porte prévu exprès pour lui, la première chose qui le frappa fut d'appercevoir un peu plus loin tous les chasseurs réunis, avec d'autres personnes, et les chiens évidemment.
"Ils sont probablement en train d'exiber un autre loup mort, soupira Robin"
Discrétement pour pas que Riwal, entre autre, ne le remarque, le golden se faufila lentement entre les jambes des humains. Et quelle ne fut sa surprise! Il tomba nez à nez avec une cage. Et à l'intérieur se trouvait une louve. Cette dernière, en voyant Robin de si près, se mit à grogner. Mais il ne recula pas : que pouvait-elle lui faire ainsi enfermée ? Il avait pitié d'elle. Mais comment avait-elle pu se faire prendre ? Quelle imprudence.
" - C'est vraiment une bonne prise, une bonne prise...
- Elle est encore vivante, la coquine....
- Un beau pelage... Ces reflets bleutés.... Qu'attendons-nous pour l'abattre ?
- Du calme Richard, il faut tirer là où il y aurait le moins de dégâts possibles pour le pelage... Nous pourrions en tirer un beau prix, il faut faire attention."
Les voix des hommes fusaient de partout. Ces chasseurs cupides resteraient decidement comme ils sont....Robin fixa tendrement la louve dans les yeux. Les traits de cette dernière se détendirent. Elle comprit à l'instant que ce chien, bien qu'était race d'enemi, ne lui ferait pas le moindre mal....
"Petite batarde, va !"
Riwal venait de bondir contre la cage dans un claquement de crocs sonord. La louve bleutée avait sursautée et était à présent oreilles baissées et queue entre les pattes.
" - Riwal, arrête de lui faire peur!
- Ah tiens tiens te voilà Roro...
- T'es pitoyable.... Je préfère Riri.... "
Robin ria méchamment, ce qui fit fondre le sourire narquois de "Riri" en un rien de temps.
" - Pourtant quand tu étais chiot, c'est bien comme ça que t'appelait Mme Ortega, n'est-ce pas Riwal ?
- Et toi, pour qui te prend-tu ? Pourquoi tu défend cette... cette....
- Louve ?
- Oui !!! s'écria Riwal, un filet de bave au coin de la babine. Ne me dis pas que tu es amoureux ? Tu me degoûte!"
Riwal s'en alla, depité. Bien entendu, Robin n'était pas amoureux de la louve bleutée. Mais il avait de la peine pour elle. Elle connaissait d'avance son funeste destin...Et lui, il ne devrait pas l'aider... Et pourtant.... C'est que le golden retriver avait prévu de faire dés la nuit suivante....
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L'horloge indiquait 01:18 du matin. Robin soupira d'aise : le père de Billy, Charles, s'était enfin endormi. Il faut avouer qu'il avait eu une dure journée au travail. Non pas dans le sens qu'il était très fatigué de son bon travail accompli. Seulement, le patron de Charles lui avait encore une fois lançé quelques brimades, et cela empêchait Monsieur Patterson de trouver le sommeil. Heureusement, une tisane à la camomille règla le problème, ce qui soulagea le chien. Il n'avait pas très envie que son maître le voit accomplir une petite escapade nocturne. D'habitude, cela ne posait pas d'ennuis particuliers, mais cette escapade nocturne était différente....
Après s'être assuré que les ronflements provenaient de la bouche de Charles, Robin sortit discrétement de la chambre et se dirigea vers la porte d'entrée. Il emprunta le passage canin et se faufila à l'extérieur.
Une brise fraîche. Les étoiles qui brillent. Le hululement lointain d'une chouette. Mais aucun hurlement de loup. Robin s'avançait vers le chemin qui conduisait à la cage. Les chasseurs ne s'étaient toujours pas mis d'accord sur la date d'exécution de la femelle. C'était donc l'occasion ou jamais. L'envie d'aider les loups et l'envie d'integrer les chiens de chasseurs avait toujours été un cruel dilemne pour le golden retriver dés son plus jeune âge. Mais aujourd'hui, même s'il ne savait pas trop comment il s'y prendrait, il savait qu'il faisait le bon choix. Après tout, tout le monde a le droit à la vie. Qu'importe l'espèce, l'âge ou la religion des humains. Cela valait de même pour les bêtes.
Soudain, alors qu'il trottinait silencieusement, il tomba nez à nez avec une chienne à un croisement. Une superbe chienne serait le mot plus approprié. Tout du moins, c'est ce que pensait Robin à chaque fois qu'il là croisait.
"- Oh, bonsoir Robin!
- B'soir Roméa..."
Quand elle lui souriait, il ressentait toujours une étrange sensation au creux de l'estomac. Ca l'agaçait au plus haut point. Et les yeux de Roméa... Ses yeux.... Il n'arrivait jamais à la fixer yeux dans les yeux bien longtemps sans qu'une chaleur intense s'empare de son cerveau.
" - Ca me fait plaisir de te voir!
- Oh moi aussi... Ro...Ro...Roméa...."
Il releva la tête pour le regarder. Et il l'aurait parié : elle lui adressait son plus beau sourire. Un sourire angélique. Il s'agrippa un peu plus au bitume de la rue pour ne pas tanguer dangeuresement.
" - Qu'est-ce que tu fais dehors à une heure aussi tardive ?
- Je me promè....Promène. Et toi ?
- Oh moi, murmura Roméa, c'est mon frère..."
Robin sentit la colère montait en lui. Le frère de Roméa, c'était Riwal.
"Il t'a touché ??"
Cette fois c'était Roméa, penaude, qui releva la tête vers Robin.
" -Il m'a gifflé parce que je l'avais contredis sur quelquechose... Alors je suis sortie. Nos maîtres dorment de toute manière... Ils ne savent même pas ce qui se passe entre Riwal et moi....
- Montre-moi..."
La haine de Robin contre son enemi fit oublier sa timidité un instant. Il s'approcha de Roméa. Maintenant il voyait très nettenement la blessure. Il lui carressa la joue de la patte, machinalement, avant de se rendre compte de son geste. Elle avait frissonnée à son contact. Il fut soudain gêné et cacha le tremblement convulsif qui s'était emparé de lui.
" - Mes maîtres verront ma blessure tu crois ?
- Proba...Probablement...."
Roméa semblait attristée par tout ce qui lui arrivait. Elle admirait le ciel. Elle ne vit pas que Robin là dévorait de regard. Si Riwal était présent à ce moment précis, le golden retriver aurait été capable de le tuer.
" - Bon... Je vais continuer à marcher un peu... A plus tard Robin...
- Salut..."
La jeune malamute s'éloigna dans la nuit sous le regard peiné du chien. Riwal... Riwal... Robin sentait naître en lui des envies de meurtre en songeant à ce que Roméa subissait de la part de son frère. Robin ne là quitta pas du regard jusqu'à ce qu'elle eut disparu complétement. Comment pouvait-on faire du mal à un ange comme elle....
Reprenant ses esprits, le jeune canidé pousuivit son chemin vers la fameuse cage de la louve bleue.
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Il avait du mal à reprendre une respiration regulière. Il avait cru etouffer, et les battements de son coeur lui firent comprendre que la crise cardiaque était pour bientôt.
Ce n'est qu'une chienne, Robin, une chienne comme les autres !!!
Le jeune golden avait beau se repeter sans cesse cette phrase, rien ne lui fit disparaitre la vision de Roméa lui souriant.
Bordel, c'est la soeur de Riwal ! Il y a je sais pas combien de belles femelles dans ce village, et fallait que tu tombes amoureux de la soeur de RIWAL
Robin avait toujours aimé Roméa. Et ce sentiment s'était emplifié à l'adolescence, devenant plus intense. Mais ce que le canidé n'avait jamais compris, c'était que la petite soeur du célèbre Riwal Oterga n'avait jamais eu de fiançé. Les prétendants ne manquaient pourtant pas à l'appel. De beaux chiens de chasseurs musclés à souhait. Le golden se sentait gringalet à côté d'eux.... Mais Robin avait longtemps esperé qu'elle l'aimait en secret de son impitoyable frère, mais l'espoir s'en était allé depuis un bon moment.
Il accellera l'allure, prit un tournant qui le mena près de la fameuse cage. Il trottina vers les barreaux, et distingua malgrès l'obscurité une jeune louve assoupie.
"Hé!! Hé!! Pssssssssssst"
La louve ouvrit un oeil et considéra avec stupeur un museau de golden retriver à dix centimètres d'elle. Elle eut peur qu'il lui fit du mal, mais reconnut bientôt celui qui avait pris sa défense quelques heures plus tôt.
"- Mais que...
- Je suis ici pour vous rendre votre liberté d'animal sauvage"
Elle haussa les sourcils.
"- Oh, je ne voulais pas vous offenser en vous appelant "animal sauvage".... murmura Robin, légèrement gêné.
- Ne vous inquiètez pas, sourit Misha"
Il n'eut aucun mal à tromper le mécanisme qui fermait la cage. De l'intérieur, il était impossible d'ouvrir l'entrée, mais de l'extérieur c'était d'une simplicité enfantine. La louve sortit avec grâce. Son poil brillait à la clarté de la lune.
"- Je me prénomme Misha. Merci. Il est rare que chiens et loups s'entraident, mais les exeptions existent. J'ai une dette envers vous... A moins que vous m'ayez delivrée uniquement car vous aviez besoin de moi ?
- Non, soyez tranquille. Mais cela m'arrangerait plutôt bien que vous fassiez tomber une chienne eperdument amoureuse de moi.
- Les loups possèdent bien des dons, mais nous sommes comme les autres : nous ne pouvons contrôler l'amour."
Les deux animaux se sourirent mutuellement.
"Venez Misha. Je vous reconduis jusqu'à l'entrée de la forêt."
Puis après un bref instant.
"Et je m'appelle Robin"
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Ca y est, Robin avait reconduit Misha à l'entrée de la forêt. Il s'assirent tous deux contre un arbre.
"- Le soleil est loin d'être levé... Parlez moi un peu de vous Robin.
- Oh, et bien je suis né, puis j'ai été adopté par la famille Patterson. Des gens très gentils, qui n'apprécient pas que l'on fasse du mal aux votres, vous savez. A part ça, ma vie n'a rien de bien palpitant.
- Et même pas cette douce femelle qui vous obsède tant ? questionna Misha avec un sourire malicieux aux babines.
- Vous parlez de Roméa...
- Sans doute.
- De toute manière, ce que j'éprouve n'est pas réciproque.
- J'en suis navrée.
- Ne le soyez pas... Et vous, racontez moi un peu votre vie sauvage à travers bois et bosquets!
- Moi ? Et bien j'ai une soeur et trois frères. Mon père est mort ainsi que ma mère en tentant de défendre notre troupe. Alors nous avons fuis. Nous sommes partis chacun de notre côté. Ma soeur, Mélia, est partie fonder une famille avec son mâle, Lobo. Elle était enceinte quand elle fut tuée par les chasseurs...."
Robin fut estomaqué. C'était réélement terrible....
"- Lobo était inconsolable. Il s'est exilé, et est devenu solitaire à ce qu'on raconte. Enfin, l'on m'a parlé d'un certain Black Wolf. Mais je sais qu'il s'agit de Lobo. Il a prit un autre nom. Sans doute que celui qu'on lui a donné à la naissance lui fait à présent trop de mal....Cela fait trois ans un peu près que je ne l'ai pas revu... Moi aussi j'étais partie... Avec Fragan... Le loup de ma vie... Assassiné lui aussi....
- Je suis... Je suis tellement desolé...."
Misha regarda Robin. Il était sincère. Dans ses yeux se mélangeaient l'horreur et la compassion. Mais dans ceux de la louve aux reflets bleus, une brillance étonnante trahit son émoi. Le golden prit Misha sans ses pattes, contre son poitrail. Alors la femelle éclata en sanglots.
Non loin derrière un bosquet, une ombre observait la scène, avant de s'enfuir précipitemment.
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Robin et Misha relevèrent la tête. Ils distinguèrent une ombre animale courrir en direction du village.
"Qui est-ce ?!? s'écria Misha, visiblement très inquiète"
Celui qui l'avait sauvé ne sut que répondre. Il comprenait le désapointement de la louve : il s'agissait d'un chien. Un chien qui préviendrait les autres. Et ceux-ci conduiraient les hommes sur la piste de la femelle bleutée. L'affolement gagna soudainement le golden... A présent, qui savait que c'était lui qui avait liberé l'enemie de sa race ?
"Je ne sais pas... répondit Robin pour répondre à la question de son amie"
Un silence gênant s'ensuivit.
"Bon ecoutez Misha ,déclara le jeune chien, vous voyez ces collines là-bas ?"
Il designa les fameux monts du bout du museau.
"- Mais....Mais.... Mon territoire ne se trouve pas là....balbuta la veuve.
- Je sais, mais ne vous inquiètez pas, je vous envoie à cet endroit car je sais que les chasseurs ne s'aventurent là-bas qu'en ultime recours, donc que très rarement.
- Mais cette terre doit appartenir à d'autres loups, et je suis toute seule, je ne peux...
- Il n'y a pas d'autres loups que vous en ce lieu, faîtes-moi confiance!
- Mais alors pourquoi les humains n'y vont jamais ?
- Parce que... Ca ne sert à rien... Derrière ces collines, il n'y a plus rien... Depuis l'incendie... C'est une lande desolée... Personne ne pensera à vous chercher de ce côté-là... Je vous rapporterais à manger jusqu'à temps que les recherches aient cessées, ainsi vous pourrez repartir l'esprit tranquille."
La louve acquieça d'un signe de tête.
"Je reviendrais demain soir."
Sur ces derniers mots, Robin partit à son tour vers le village. Tout en l'observant s'éloigner, Misha soupira. Elle devrait se cacher. Mais le plus terrible, c'est qu'elle n'en avait aucune envie. Elle s'était approchée si près des hommes uniquement dans l'espoir de venger Fragan.... Le prix du sang.... Quand le golden retriver disparut complétement de sa vue, elle se résigna et partit en direction des collines, cherchant déjà un moyen d'atteindre celui qui avait porté le coup fatal à celui qu'elle aimerait toute sa vie. Ses yeux d'émeraude recommençèrent à briller...
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Il n'y avait aucun danger. Les chiens de chasse ne pourront retrouver la louve par l'odorat. Son séjour dans le village ayant apporté d'autres effluves sur son pelage, en plus de l'odeur de brûlé de l'incendie passé, tout cela jouera en defaveur de Riwal et des sbires. Mais à présent, Robin devait s'occuper de lui. Il était à présent dans une rue, il là longeait, tentant de reperer celui qui l'avait surpris. Tout à coup, un poids s'affala sur l'échine de Robin. Il tomba, surpris de cette masse soudaine. Aucun doute : le chien qui l'avait surpris derrière lui était le même que celui du buisson.
"- Lâchez-moi ! Lâche, vous attaquez par derrière, ce n'est pas correct !
- Alors dis-moi ce qui est correct Robin..."
Il avait reconnu cette voix...
"Roméa ?"
Cette dernière relâcha le golden de son étreinte.
"- Mais.... Roméa.... Pourquoi m'as-tu...
- Pourquoi je t'ai suivi ? Pourquoi je t'ai suivi ??"
La pauvre semblait sur le point d'exploser.
"- Je voulais juste venir te parler, et je te retrouve dans les pattes d'une... d'une....
- Louve ?"
Roméa le fusilla du regard. Cela rappela à Robin une scène similaire avec Riwal... Tel frère telle soeur...
"Mais en quoi cela te gêne autant ?? interrogea Robin"
Le chien semblait vraiment abasourdi, et ne comprit pas de suite où la malamute voulait en venir...
"Ecoute Roméa, j'ai liberé la louve car je trouve abominable de tuer ces animaux, qui, au passage, sont très proches de nous sur le point de vue génétique. Maintenant dis-moi pourquoi cela te révolte tant que ça que j'ai serré cette aimable créature dans mes pattes ? Parce qu'elle est sale, c'est ça ?"
La chienne avait la tête baissée. Elle là releva lentement et fixa Robin. Les larmes coulaient sur les joues de Roméa.
"Au début j'ai essayé de te rattraper. Il fallait absolument que je te parle car c'était important... J'avais cru comprendre quelquechose ce soir... Mais je vois que je me suis trompée..."
Robin avait l'impression que le monde entier s'effondrait en cet instant.
"- Tu.. Tu m'aimes Roméa ?
- Malheureusement oui !! Et j'ai été une parfaite idiote en croyant que ce serait réciproque!"
Elle lui tourna le dos et partit en courant.
"- NON ATTEND ROMEA !!
- LAISSE MOI !!! hurla la chienne en question, PARS VIVRE AVEC TA PETITE LOUVE !! ET NE T'INQUIETE PAS JE NE DIRAIS RIEN A PERSONNE !!!!"
A bout de souffle, elle regarda Robin.
"Après tout, je n'ai toujours voulu que ton bonheur..."
Elle eclata en sanglots convulsifs et partit, pour de bon cette fois-ci, laissant Robin en pleine nuit, au beau milieu de la rue.
"C'EST PAS BIENTOT FINI CE BOUQUAN ?????? s'écria un homme depuis son foyer."
Trois canidés pleurèrent ce soir-là. D'un véritable chagrin...
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Anéanti. Le mot qui qualifiait pour le mieux l'état d'esprit de Robin était "anéanti". Il se demandait même s'il n'existait pas douleur plus grande que la douleur sentimentale. Probablement pas...
Le lendemain matin, Billy, le petit maître de Robin, avait compris que quelquechose n'allait pas. Mais il ne parvint pas à savoir quoi exactement. Alors que la famille Patterson prenait leur petit dejeuner, le golden sortit prendre l'air. Il vit au loin une chienne qu'il connaissait bien.
"Hep, Bounty!"
La batarde se retourna et souria au chien de pure race.
"Hey Rob', ça gaze vieux frère ?"
Ils se connaissaient tout deux depuis leur plus jeune âge. Bounty, malgrès qu'elle était issue de divers croisements, était assez jolie : elle était un peu plus petite que Robin, était noire avec le bout de la queue et des pattes blanches. Elle avait une tâche marron sur la tête qui se prolongeait sur l'oreille droite. Elle possedait des yeux jaune ambrés.
Bounty avait toujours été une chienne de la rue. Jamais de maîtres. Elle ne supportait pas d'être enfermée, elle avait besoin de sa rue natale. Mais cela n'empêchait pas les habitants du village de l'aimer et de lui donner quelquefois à manger. C'était une chienne qui avait su restée simple, et c'est pour cela que Robin l'appréciait beaucoup... En amitié bien sûr ^^
"- On fait aller... Et toi ça va Boun' ?
- Oyayayayayaya toi mon cher t'es pô dans ta gamelle !!
- Oui en effet..."
Il baissa la tête, penaud.
"- Rolàlàlà je paris que c'est dl'amour ça hein ?
- Tu es très perspicace...
- C'est ce qui fait mon charme légendaire (h)"
Tout deux rirent, et marchèrent ensemble. Robin expliqua en détails toute l'histoire à Bounty. Il n'eut pas peur de lui reveler que c'était lui qui avait liberé la louve : Bounty ne dirait rien, ayant déjà cotoyé elle-même des animaux de cette race.
"- Et elle est partie en chialant comme ça ??
- Oui... Elle m'aime.... Roméa m'aime Boun'...
- Ca me fait plaiz' pour toi mon frère. Vous feriez un jouli pitit couple, hein ?
- Et toi tu serais la maraine des chiots c'est ça ?"
Elle eclata de rire.
"J'serais pô un bon exemple pour tes tchôs !"
Ils arrivèrent bientôt près de la maison où residait Roméa. Elle était probablement à l'intérieur. Il apperçut Riwal somnolant devant la porte d'entrée.
"- Va causer à Roméa. Faut que tu t'expliques gros...
- Ah oui, et j'en fais quoi du molosse baveux qui protège sa soeur ?
- Je trouve un peu zarb qu'il là protège, alors qu'il lui en a foutu une bonne parce qu'elle avait pô le même avis.
- J'adorerais toujours la façon si féminine par laquelle tu t'exprimes Boun' "
Ils eclatèrent de rire à nouveau, puis :
"- Bon allez tit loulou, je t'accompagne.
- T'en fais quoi de Riwal ?
- Tu sais pô de quoi je suis capable tio !"
Ils s'avançèrent donc, côte à côte, vers la maison de Roméa. Riwal entendit des pas, dressa les oreilles, ouvrit les yeux, et regarda en l'air.
"Tiens tiens, le gringalet et la clocharde, que me vaut le plaisir de votre visite ?"
Robin s'apprêtait à prendre la défense de Bounty, mais celle-ci le devança...
"QUOI ??? C'EST MOI QUE TU TRAITES DE CLOCHARDE, 'SPECE DE CHIEN GALEUX !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! P'TIT CHIEN-CHIEN A SA MEMERE !!!!!!!!!!!!! SALE RIRI DES CARPATES !!!!!!!!!!"
Robin et Riwal observèrent Bounty avec surprise... Ils avaient les yeux exorbités.
"- Ben quoi... murmura Bounty, j'ai vu une affiche de cinéma avec un vampire dessus....
- Je ressemble à Dracula en gros, dit Riwal d'une voix désagréable
- OUAIS GENRE TU CROIS QUE T'ES ASSEZ CELEBRE POUR PRETENDRE ETRE COMME LE COMTE DRACULA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
- Boun' ça suffit !!!
- Oups scouzé mio Rob'...."
Robin soupira, puis fixa Riwal avec sérieux.
"Il faut que je parle à ta soeur Riwal."
Ce dernier haussa les sourcils méchamment, et le regarda de haut en bas avec degout. Puis il se leva avec lenteur, s'étira, bailla bruyamment, et declara un petit sourire narquois aux babines :
"- Et pourquoi donc ?
- Pose pas de questions et appelle-là c'est tout...
- Non.
- Riwal !!
- Non.
- Roooh Riri des Carpates, laissez Robin faire sa déclaration d'amore !
- BOUNTYYYY !!!!
- J'ai dit quelquechose qui fallait pô Rob' ?"
Robin regarda Riwal avec appréhension.
"- Mon pauvre Robin, se moqua Riwal, Roméa a un fiançé, desolé de te l'apprendre.
- Un...Un....
- Tu vas arriver à le dire gringalet ou il te faut une gamelle d'eau ?"
Riwal explosa de rire devant l'air deconsantené de Bounty et de Robin.
"Riwal, qu'est-ce qui se passe ?"
Robin croisa le regard de Roméa qui venait d'apparaître sur le bord de la porte. Ils se fixèrent, l'air triste et mélancolique. Il le savait, et cela le peinait d'avantage : elle s'était forçée à s'engager avec un autre pour l'oublier. Roméa n'arriva pas à soutenir le regard du golden bien longtemps et baissa les yeux.
"Ah tiens Roméa ! s'écria Riwal avec un grand sourire, j'ai annonçé la bonne nouvelle. Toi et Socrate."
Robin n'en crut pas ses oreilles. Socrate était un puissant Terre-Neuve de couleur noire. L'un des meilleurs chien de chasseur. Il n'était peut-être pas d'une race de chiens de chasseurs tout comme Riwal, mais il faisait pourtant parti des meilleurs. Roméa avait toujours detesté Socrate. Il là draguait sans cesse, mais il là repugnait avec ses manières de porc, elle si romantique...
"Mais Roméa, tu as toujours hai Socrate! Qu'est-ce qui te prend ?"
Robin avait brisé le silence pesant. La jeune malamute releva les yeux timidement vers celui qui faisait battre son coeur. Il lui avait parlé avec une infinie douceur. Elle se serait probablement jetée dans ses pattes tout contre lui si Riwal n'avait pas repondu derechef.
"Il se trouve, très cher Robin, qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis!"
Bounty commençait à grogner mais Robin là regarda pour lui faire comprendre de se maîtriser.
"Tout le monde trouve qu'ils forment un couple fabuleux, expliqua Riwal, et les maîtres sont impatients de voir les bébés, quand il y en aura... Je te rassure Robin elle est pas encore engrossée."
Robin et Bounty étaient revoltés de la manière dont parlait ce prétentieux.
"- Parce que, sincérement, que donnerait un croisement entre ma soeur et toi Robin ? railla le chien de chasse.
- Un merveilleux mélange..."
Roméa, qui de nouveau avait baissé la tête, là releva brusquement en direction de Robin. Elle était certaine de ce qu'elle avait vu, il aimait cette louve, cela avait été parfaitement clair à ses yeux. Mais à présent le golden là regardait avec tellement d'insistance. Elle se sentait perdue...
"Bon assez, degagez maintenant! Je dois aller retrouver cette p'tain de louve avec les autres chiens et les maîtres. DEGAGEZ !"
Robin et Bounty s'en allèrent lentement. Alors que Madame Oterga faisait rentrer ses deux chiens et fermait la porte d'entrée, Roméa regarda Robin. Elle sentait son coeur cognait fort dans sa poitrine en le voyant s'éloigner.
A SUIVRE DANS UNE 2EME PARTIE ...