Un nouvel espoir...

Chapitre I

 

Une nuit que l'on qualifierait comme tragique se déroulait, balayant les lieux de l'Alaska dans des ténèbres. Les humains peuvent être des créatures infâmes, surtout lorsqu'il s'agissait de leur domaine favori qu'était la chasse. Ils chassaient sans pitié les loups, ces créatures si majestueuses et innocentes. Mais la haine enfouie en leur coeur les poussait à comettre l'irréparable, et cela ressemblait simplement à du plaisir. Ils tuaient sans remord les loups, leur arrachant la vie d'un simple coup de feu. Cette nuit là s'annonçait tel un nuage noir au dessus du paysage, comme une épée de Damoclès au dessus de la tête d'un individu.

Aux environs de Nome, l'on pouvait apercevoir des lueures scintillantes au loin, dans la forêt qui précédait la ville. Alors que la nuit ne faisait qu'annoncer son règne par un crépuscule, ces lueures n'étaient autre que des flammes. Des torches brûlées par le feu pour illuminer le chemin que les humains étaient en train d'emprunter dans le lieu forestier. L'on pouvait entendre des cris, de loup comme d'humains. A l'intérieur de cette forêt était pourchassée une louve, portant son louveteau dans sa gueule. Elle courait sans cesse, l'on ne savait où exactement. Sûrement son désir le plus cher était d'échapper aux humains, et pour cela, elle poussait sur ses pattes du mieux qu'elle pouvait. Son coeur battait à cent à l'heure, et elle s'essouflait très vite. Les humains continuaient de la pourchasser en tirant des coups de feus qui n'atteignaient pas l'animal. Cependant, la course de ce dernier devenait de plus en plus difficile, et la louve à la fourrure blanche et grise s'arrêta juste à côté d'un buisson. Elle y déposa son louveteau, qui lui se contentait de regarder sa mère par panique. Le petit tenta de ressortir de sa cachette, mais sa mère, désespérée, le poussa délicatement à l'intérieur.

Humain : Elle est là !

La louve venait de se tourner à présent vers les humains. Sûrement voulait-elle engager un combat pour les faire fuir, mais cela n'était que vain. Un coup de feu retentit alors que l'animal grognait de toutes ses forces. Soudain, un silence s'installa. Les humains venaient de l'abattre, et dans le plaisir d'avoir ôté la vie à cette louve, ils repartirent. Sans même chercher le louveteau, ils rebroussèrent leur chemin, laissant la dépouille de l'animal au sol... ils ne semblaient pas vouloir la prendre avec eux pour sa fourrure, et l'on ne saura jamais la raison de ce geste. Le louveteau sortit de sa cachette sans prudence, sans faire attention à ce qu'il pourrait lui arriver. Mais en ces lieux, il ne restait plus que ce petit être et la dépouille de sa mère. Le louveteau ne comprend pas que la Mort venait de passer par ici. Il regardait sa mère, allongée sur le sol, couverte de sang. Sa fourrure était souillée par ce liquide rouge, attestant de la mort de l'être. Le petit animal s'approcha et mit sa tête sous celle de la louve, en tentant de la toucher... dans le but de la "réveiller".

Louveteau : Maman, vite, réveilles toi ! Maman !

Mais elle ne répondit pas. A force de la toucher pour tenter de la réveiller, il mêlait le sang de l'animal à sa fourrure auparavant propre.

Louveteau : Je vais chercher de l'aide...

Ses propos étaient murmurés dans un sanglot qu'il ne pouvait maîtriser. Il se retourna et balaya les environs du regard. Il pouvait légèrement apercevoir la ville, n'ayant pas d'autre choix que de quitter la forêt.

Après plus d'une trentaine de minutes de marche, le louveteau venait de quitter la forêt pour emprunter une plaine enneigée. Il était essouflé, et marchait dans une épaisse neige qui allourdissait ses pas. Il ne savait plus où aller, car la ville lui faisait tout de même peur, étant donné la présence des humains. Mais il continuait de marcher, même s'il devait encore marcher des heures et des heures. Finalement, il put apercevoir, à quelques pas de lui, un bateau échoué, non loin de la ville. Il courut soudainement, avec un dernier effort pour arriver au pied de ce bateau. Il eu pour réflexe de monter dedans, sûrement aurait-il trouver de l'aide là bas, et emprunta une grande planche pour monter sur ce rustre bateau. Il ne trouvait rien de très convaincant, ce lieu était assez commun. Le petit louveteau chercha la présence d'un quelconque individu, mais il ne trouvait rien d'encourageant. La dernière partie du bateau qu'il avait fouillé était une cabine, sans porte pour la sceller.

Le petit animal était agressé par le froid et la fatigue. Son corps tremblait, et ses yeux se fermèrent peu à peu. Il s'endormit simplement, envahit par la fatigue, chose qu'un simple louveteau ne pouvait contrôler. Toutefois, il semblait au moins protégé par le froid et la neige, étant abbrité dans la cabine.
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Il venait de s'endormir, laissant son corps et son esprit emportés par la fatigue et les rêves. La neige semblait s'être calmée, ainsi que le froid qui témoignait d'une température supportable. Alors qu'il aurait semblé que le petit louveteau était seul en ce bateau, il fut possible d'apercevoir deux autres animaux monter sur ce bateau. L'un d'eux était d'une fourrure blanche et rouge/marron, l'autre, quant à lui... il avait l'air d'être un loup.

Chienne : Balto, je ne vais pas tarder à rentrer chez ma jeune maîtresse.

Balto : Encore quelques minutes, s'il te plaît, Jenna.

Les deux chiens venaient seulement de monter dans le bateau, leur visage emplit d'une expression joyeuse. Ils n'avaient pas remarqué la présence du louveteau sur le moment, et ce ne fut qu'un moment après que Jenna aperçut le petit animal endormit dans la cabine.

Jenna : Balto, regarde !

Le chien-loup s'avança au près de sa compagne et devant la cabine, regardant le petit animal dormant. Il exprima une émotion de surprise sur son visage, alors que Jenna l'était encore plus que lui. Ils se regardèrent, mais ignoraient quoi dire sur le moment. Mais la chienne réagit. Elle se retourna soudainement et se saisit de la couverture que Balto utilisait pour dormir lors des nuits fraîches. Elle déposa cela sur le corps du louveteau, et tenta de le réveiller en lui touchant la tête avec la sienne. Le petit animal se réveilla après un court moment, mais difficilement. Ses yeux s'ouvrirent doucement, et sa vision semblait troublée pendant un court instant. Même s'il connaissait l'endroit où il se trouvait, il sursauta lorsqu'il vit les deux chiens devant lui. Prenant peur sur le coup, il se leva d'un petit bond et recula du mieux qu'il le pouvait au fond de la cabine, tout en se saississant de la couverture pour se cacher sous celle-ci. Jenna regarda Balto, qui lui ne savait quoi faire sur le moment. La chienne s'approcha du louveteau, piégé sous cette couverture, et s'allongea juste devant lui.

Jenna : Nous ne te voulons aucun mal...

Il ne savait que faire. Il n'avait jamais vu de chiens depuis sa naissance, datant à présent d'un peu moins de huit semaines. Il sortit cependant sa tête de la couverture, gardant une méfiance dominée par la peur. Il jetta un regard hésitant à Jenna. La husky lui adressa un petit sourire, avançant sa patte devant le petit être, tel un humain tendant sa main à un enfant. Pourtant, Jenna était forte surprise de croiser un louveteau dans les parages. Mais qu'importe, un tel être si innocent ne pouvait être dangereux. Le louveteau s'avança très lentement, regardant à la fois la patte de la chienne et elle-même. Il se défit enfin de la couverture qui le couvrait et renifla la patte proposée au devant de lui. Il déposa sa petite patte avant-droite sur celle de Jenna, levant ensuite sa tête pour regarder la chienne.

Soudain, l'image de sa mère lui vint à l'esprit. Dans un élan de panique, son visage changea d'expression, et son ton devint plus angoissé que jamais. Il déclara à Jenna :

Louveteau : Vous devez aider ma maman ! Elle a été blessée par un humain dans la forêt !

Ses yeux brillaient en contacte de larmes chaudes qui commençaient peu à peu à couler. Le petit animal regarda à présent Balto, les premières larmes coulant sur son museau gris et blanc, tâché de sang.

Louveteau : Elle ne se réveillait pas ! Vous devez m'aider, je vous en supplie !

Les deux grands animaux se lancèrent un regard inquiets, constantant que la mère de ce petit n'avait pas survécu. Ils remarquèrent enfin le sang sur le louveteau, souillant sa magnifique fourrure. Le petit, lui, ne comprenant pas l'absence de réaction de la part des deux chiens, ajouta en pleurant de toutes ses forces.

Louveteau : Pourquoi vous ne faites rien ?

Soudain, ses pattes le firent bondir dans la cabine : l'enfant semblait vouloir sortir de l'endroit pour s'aventurer dans un lieu qu'il ne connaissait peut-être pas. La husky attrapa vite le petit avec ses pattes, et le plaça sous sa tête, blottie contre lui. Elle n'avait nullement l'intention de laisser l'enfant s'en aller, et ses pattes le retenaient fermement. Le louveteau, constatant qu'il ne pouvait guère s'échapper de l'entreinte de la chienne, se blottit tout contre elle.

Louveteau : Elle me disait "Zeffy, ne t'en vas pas trop loin !"... et je suis quand même partit jouer dans la forêt. Elle était venue me chercher et... et...

Ses yeux se remplirent de larmes, son coeur de chagrin, et ses propos de sanglots. Il se blottissait de plus en plus contre la chienne qu'il ne connaissait pourtant pas, et se contenta de pleurer aussi longuement qu'il le pouvait.

Balto : Jenna, tu devrais rentrer chez toi, Rosie risque de se demander où tu es passée.

Jenna : C'est trop tard, elle doit sûrement penser que je suis avec toi, elle ne s'inquiètera pas. Je resterais avec toi... et... Zeffy.

Elle en déduit alors que Zeffy était son prénom, d'après les propos de ce petit louveteau. Balto n'avait guère encore exprimé son point de vue fasse à l'apparition de cet enfant dans leur vie. Mais la vue du sang sur la fourrure de Zeffy le poussa à s'emparer de ce dernier en le prenant tout doucement dans sa gueule. Alors qu'il était blottit contre la chienne, il se vit pris par Balto. Arrêtant alors de pleurer, mais les larmes coulant encore, il regarda Balto sans exprimer la moindre émotion. Le chien-loup se dirigea vers sa grande gamelle d'eau et y déposa délicatement le louveteau à l'intérieur. L'eau était un peu fraîche et Zeffy le montra tout à fait, pendant que Jenna s'avança auprès d'eux. Balto commença donc par laver le louveteau en le léchant et en utilisant l'eau de la gamelle. Zeffy trouvait cela bizarre d'être lavé par une autre personne que sa mère, mais il semblait être encore dans un état déphasé. L'eau prenait peu à peu une couleur rougeâtre, et la fourrure de Zeffy retrouvait ses couleurs originelles. Le louveteau fut parcouru momentanément d'un frisson, à cause du froid et de sa fourrure mouillée, et bondit de la gamelle vers Jenna. Un comportement sans doute insensé, et inexplicable, mais en vue de la situation actuelle, beaucoup de choses semblaient dépasser le petit animal.

Balto : Je vais faire un tour pour voir si aucun chasseur ne se trouve près d'ici...

Jenna lui fit un léger signe de la tête, approuvant la décision de son compagnon. Pendant ce temps, le petit et innocent Zeffy, dépassé par les événements, s'endormit blottit tout contre la husky. Il trouvait grâce à la fourrure de cette dernière une certaine chaleur qui le réconfortait. Environ une heure plus tard, Balto revint au bateau, apportant la certitude qu'aucun chasseur ne se trouvait à proximité. Il prit la couverture dans sa gueule et la déposa sur Jenna, ce qui réchaufferait davantage la chienne et le louveteau. Le chien-loup s'allongea ensuite sur le sol fait de bois, et se blottit contre sa compagne.

Il regardait longuement le louveteau, porté par de mauvais rêves : Zeffy s'agitait un peu, ayant une expression triste sur son visage. Jenna le tenait fermement pour le tenir blottit contre elle.

Balto : Tu as l'air si... attentionnée envers lui.

Jenna lança un regard à Balto, puis sourit en dirigeant son regard vers le petit être qu'elle avait près d'elle.

Jenna : L'instinct maternel, sûrement... Qu'allons nous faire de lui ? On ne peut pas le laisser seul, d'un côté, il risquerait d'aller en ville ou de retourner dans la forêt. C'est beaucoup trop dangereux !

Balto : Je sais, Jenna. Tâchons de dormir, nous verrons cela demain.

Balto caressa la tête de Jenna avec la sienne. Les trois animaux s'endormirent dans une nuit sombre et étoilée.


Un nouvel espoir...