Alaska. 700 km de Nome. Un jeune chien s'approche péniblement d'une grotte oubliée de tous, un pendentif dans la gueule. A l'ouverture, il aboie trois fois de suite, transi de froid. Une voix caverneuse lui répondit.
<< Les nouvelles ?
Le chien voulut répondre, mais son aboiement se perdit dans un souffle. Épuisé, il s'écroula de fatigue. La voix ordonna :
- Approchez-le de moi.
Aussitôt, deux autres chiens apparurent et le transportèrent plus profondément dans la grotte. Le chien reprit ces esprits, et, d'un ton mi-gai, mi-joyeux, il annoça à " la voix " :
- J'ai le pendentif... je n'ai pas faillie... j'ai le pendentif...
Il grimaça de douleur en regardant une tache de sang sur son torse. Il continua :
- J'ai le pendentif... le seul problème, c'est qu'ils ont tirés... les sales... humains...
Hormis ces gémissements, on entendait plus rien dans la grotte, le silence était de glace. Soudain, la grimaçe du chien sembla s'apaiser et il retomba sans vie sur le sol. La voix dit alors :
- Ne t'inquiète pas... nous te vengerons, Rakk... tu as réussi... ton nom sera gravé dans la pierre...
Pour la dernière fois, le chien sourit et, peu à peu, la vie le quitta. Les deux chiens qui tenaient ses pattes dans leurs gueule maudirent ceux qui l'avait tué, puis partirent des lieux. La voix, restée seule, ce transforma et devint si grave qu'on eut crut que c'était un lion qui parlait.
- Nous te vengerons... maintenant, mon cher Rakk, voyons un peu se que tu nous a rapporté...




Blanche ouvrait préniblement les yeux. Elle regarda autour d'elle et la solitude lui attrapa le coeur si fort qu'elle crut qu'il allait exploser. La jeune louve couleur neige regarda si aucun congénère n'était dans les parages. Ne voyant rien, elle se coucha et repensa à ce qu'elle avait vu l'autre jour. Les braconniers... comment avez-t-ils osé décimer sa famille ?
Soudain, un hurlement retenti au loin. Blanche crut rêver. Alors, immédiatement, elle répondu.
La stupeur la saisie soudain : et si c'était un chien plein de mauvaises intentions ? Prise de panique, elle se vautra dans un buisson, et attendit...

Elle eut bien raison de se cacher : un chien apparut, un chien au poil doré. Il regarda un instant autour de lui puis, l'air dépité, il s'assit. Il attendit un instant, et il hurla bien distincetement. Blanche n'aimais pas les chiens, mais elle s'avança quand même, tant la solitude lui faisait mal.
Il tressaillit, mais, dès qu'il vit Blanche, il agita joyeusement la queue. Blanche le regarda, méfiante, puis dit :
- Bonjour.
Le chien aboya de joie :
- Salut ! Je m'appele Sable ! Et toi ?
- Balnche...
Blanche l'observa avec une légère inquiètude. Comment savoir si Sable était ami ou ennemi ? Bien sur, il avait l'air très sympathique, mais avec les chiens, il fallait s'attendre à tout. Alors, pour être sure d'elle, elle s'approcha de lui et lui mordit la nuque (très doucement, mais fermement) et la secoua dans tous les sens. Terrifié, Sable couina comme un fou et se coucha à ses pattes, comme pour l'apaiser. Elle le lâcha, puis lui tourna autour. Mal à l'aise, ne savant plus quoi faire, Sable se jeta à terre en gémissant. Blanche sourit et s'approcha en lui léchant le museau.
Tranquilisé, Sable lui fit la même chose. C'est alors qu'apparurent deux chiens.
 Blanche regarda avec doute Sable, pensant qu'il l'avait trompée. Mais Sable avait l'air aussi étonné qu'elle. Un chien s'approcha de Blanche, l'autre de Sable.
- Vient, Blanche.
- Qui êtes-vous ?
- Nous devons t'emmener...
Du côté de Sable :
- Suis-nous, Sable...
- Pourquoi ? Comment connaissez-vous mon nom ?
- Nous te dirons cela plus tard.
C'est alors que le chien qui parlais à Blanche vit qu'elle n'était pas apte à le suivre. Il fit un clin d'oeil à son compagnon, et tous deux, discrètement, se resserèrent sur elle pour la coinçer. Mais Blanche vit claire dans leur jeu et bondit vers Sable.
Les chiens s'approchaient d'un pas de mort-vivant. Blanche fut prise de nausée ; ça lui rappelait la mort de sa mère... pour ne pas s'évanouir, elle se sauva de toute la force que ses pattes lui permettaient. Elle entendit un des chiens crier :
- Tu ne peut pas t'enfuir, ton destin est avec nous...
Elle essaya d'ignorer cette phrase et courut vers la forêt...

A suivre...