Juste à temps !

 

 

Par Cpat
Première version publiée en janvier 2006 sur le forum.
Texte révisé en décembre 2006.


Chapitre 1

Kodi était tranquillement en train de dormir.
C’était une froide nuit d’hiver, mais les basses températures ne gênaient en rien le jeune chien, il y était habitué bien évidemment.
Et il n’y avait rien pour l’empêcher de bien dormi. Au contraire, tout allait bien, et même qu’il avait enfin réussi à devenir chien de tête.

C’était devenu possible car il était très doué pour cela, ça venait peut être du fait qu’il avait du sang de loup… ou peut être pas. Mais peut importe, c’était lui qui menait son attelage du traîneau postal désormais.
Il avait en quelque sorte remplacé Kirby, mais ce dernier n’était pas partit, loin de là. Il avait reconnu les qualités de son jeune remplaçant, et il était resté dans l’attelage, lui faisant parfois profiter de son expérience quand cela était utile.
Kodi en était vraiment fier, et plus encore quand il voyait comme son père avait l’air content de lui, il pouvait lire le bonheur dans ses yeux !

Il dormait à l’extérieur cette nuit là, prés de la maison de son maître, en ville donc. Minuit était passé depuis un bon moment, mais il restait encore quelques heures avant le lever du soleil.

Et puis d’un coup il eu l’impression que le sol se mis à bouger.
Il se réveilla en sursaut, et se rendis compte que le sol tremblait violemment, avec un fort grondement. Il essaya de se mettre sur ses pattes mais sans y parvenir.
Kodi ne savait pas ce qu’était un tremblement de terre, aussi cela fut très effrayant pour lui.

Mais c’est alors qu’il se rendit compte qu’il faisait moins sombre. Il ne comprit pas ce que c’était, et, pendant qu’il essayait toujours de se mettre debout, il vit une sorte de lueur blanchâtre dans le ciel.
C’était quelque chose d’inhabituel pour un séisme (mais ça, Kodi ne le savait pas).
Très vite, cette lueur augmenta et couvrit tout le ciel, et elle finit par devenir si forte qu’on avait l’impression que le ciel entier était recouvert par des milliers de soleils.

Pour Kodi, cela finit par lui faire oublier le séisme, tellement cette lueur blanche était forte et étrange.
C’est alors qu’une grosse planche tomba de la façade de la maison, et Kodi la reçut sur la tête.


Le professeur Vladimir Lipatov fut brutalement réveillé par la sonnerie du visiophone.
Quelle heure était-il ? … Dix heures du soir à peine ! Il venait juste de se coucher !
Il se dit que celui qui appelait n’avait qu’à aller au diable, et que le répondeur allait se charger d’enregistrer le message.
Mais ensuite il entendit le signal provenant de l’encodeur de sécurité relié au visiophone, et qui indiquait que la communication était cryptée.
Dans ce cas le répondeur ne fonctionnera pas, et en plus cela voulait dire que cet appel était important.

Alors il se leva, composa son code de sécurité pour enclencher le décryptage, et enfin décrocha.

L’image d’un homme âgé, en costume militaire de haut gradé, apparu sur l’écran holographique.
- Professeur Lipatov ! Dit-il, avant même que Vladimir n’eu le temps de dire quoi que ce soit.
- Oui… pourquoi cet appel, général Linkin ?
- Je sais que vous êtes en vacance et qu’il va faire nuit sur la Côte d’Azur, mais il faut que vous rentriez le plus vite possible à Irkoutsk, c’est extrêmement urgent.
- Que se passe-t-il ? Cela a un rapport avec Tunguska ?
- Oui, mais je ne peux pas en dire plus, cette communication n’est pas suffisamment sécurisée.
- Très bien, je vais faire le plus vite possible pour me rendre à l’aéroport de Nice, je suppose que vous avez prévu un avion ?
- Vu l’urgence de la situation nous allons procéder autrement, nous nous sommes arrangés avec les autorités de l’Union Européenne. Un hélicoptère militaire va venir vous chercher directement à votre hôtel. Il vous mènera à la base militaire d’Istres où un Su-47B vous attendra, vous prendrez la place du co-pilote.
- Un Su-47B ? Mais… je ne suis jamais monté dans un avion de chasse !
- Il y a un début à tout ! Dit le général Linkin. Vous ferez le voyage direct vers Irkoutsk, en étant ravitaillé en vol, tout est prévu.
- La situation est vraiment grave alors.
- C’est le moins que l’on puisse dire !


Kodi se retrouva d’un coup par terre, il avait mal à la tête, apparemment la planche qu’il avait reçue sur la tête l’avait assommé.
Il se rendit compte qu’il faisait jour, ce qui semblait vouloir dire qu’il était resté inconscient pendant un long moment.

Immédiatement il se porta au secours de son maître. Mais heureusement ce dernier, ainsi que toute sa famille, n’avait rien, même si leur maison avait subit des dégâts.
Toutefois, Kodi fut très vite intrigué par certaines choses. Par exemple, après être rentré dans la maison, il vit la mère de son maître en train de s’extirper de dessous un meuble. Elle n’avait rien, le meuble s’était bloqué contre le mur, mais ce qui était bizarre c’est qu’on avait l’impression que la chute du meuble venait de se produire. Pourtant cela devait faire plusieurs heures qu’il était inconscient, juste avant cette mystérieuse lueur blanche Kodi avait bien eu le temps de voir qu’il faisait encore nuit noire au moment de son réveil.
« Sûrement qu’il vient juste d’y avoir une autre secousse » se dit-il.

Une fois rassuré que son maître et sa famille allaient bien, il partit voir Dusty.
En courant dans la ville, là encore il vit mille et un signes indiquant qu’un tremblement de terre venait de se produire, ce qui lui confirmait ces soupçons quant à une seconde secousse. Peut être même que c’est ça qui lui avait fait reprendre conscience ?
Il essaya de voir d’abord à la salle des chaudières, mais elle était déserte. Cela l’intrigua un peut, après de tels événements il s’attendait en effet à ce qu’un conseil s’y tienne quasiment en permanence, ou au moins qu’il y ait quelques chiens. Mais non, rien, comme si on était en pleine nuit.
Il partit alors vers la maison de Dusty, mais ce ne fut pas nécessaire, car il la rencontra qui venait en sens inverse. Elle paraissait paniqué, mais, bizarrement, c’est surtout le ciel qui semblait l’effrayer, elle n’arrêtait pas de le regarder.

- Dusty !
- Kodi, comme je suis content de te voir ! Est-ce que tu sais ce qui se passe ?
- Les deux secousses ? Je sais c’était effrayant, mais apparemment il y a eu plus de peur que de mal.
- Mais non, ça ! Dit Dusty en pointant le nez vers le ciel.
- De quoi est-ce que tu parle ?
- Kodi, ne me dit pas que tu ne remarque pas ça ! Et pourquoi est-ce que tu parle de deux secousses, il n’y en a eu qu’une !
Kodi ne comprenait plus rien à ce que Dusty disait. C’est à ce moment là que son père arriva en trombe.
- Papa !
- Kodi, je suis content que tu n’es rien, je suis venu aussi vite que j’ais pu.
- Ce n’est pas grave. Dit Kodi. Mais pourquoi n’est tu pas venu la première fois ?
- La première fois ?
- Après la première secousse, cette nuit.
- Mais… quelle première secousse ?
- Il m’a dit la même chose. Dit Dusty. Il parle de deux secousses alors qu’il n’y en a eu qu’une, et en plus il n’est même pas étonné qu’il fasse jour !
Kodi commençait à ce demander s’il n’était pas en train de devenir fou, ou s’il n’était pas bien remis de ce coup reçu à la tête !
- Mais… qu’est-ce qui ce passe ici ? Demanda-t-il.
Son père lui répondit :
- Kodi, je sais que ces évènements sont très étranges, mais…
- Mais non, c’est pas ça… Ce que vous décrivez ne correspond pas à ce que moi j’ais vécu !
Balto le regarda un instant, puis il lui demanda de décrire précisément les évènements dont il avait été témoins.
- J’étais en train de dormir, quand tout d’un coup il y a eu ce tremblement du sol qui m’a réveillé, j’ais vu qu’il faisait encore nuit, puis le ciel c’est mis à briller. Ensuite j’ais reçu une planche sur la tête qui m’a assommé. Quand j’ais repris mes esprits il faisait jour, ce qui veut dire que je suis resté inconscient un bon moment. C’est alors que j’ais vu qu’une autre secousse venait d’avoir lieu.
- Je vois. Dit Balto. Je sais pourquoi tu ne comprends pas ce qui ce passe. Alors écoute-moi bien… je crois qu’en fait, après avoir reçus cette planche sur la tête… tu n’es resté inconscient que quelques minutes, ou même quelques secondes.
- Hein !
- Je sais que c’est bizarre, mais quand il y a eu cette fameuse lumière blanche… tout de suite après il s’est mis à faire jour !!
- Mais… comment cela ?
- Je ne comprends pas plus que toi, mais toujours est-il qu’il faisait nuit il y a quelques minutes encore… et maintenant il fait jour, et le soleil est haut dans le ciel !


Dans le cockpit du Su-47B, le professeur Vladimir Lipatov ne se sentait pas très à l’aise.
Il connaissait les caractéristiques de cet avion : une très grande manœuvrabilité grâce aux tuyères à poussé vectorielle de ses moteurs et à ses ailes en flèche inversée en matériaux composite ; Une bonne furtivité grâce à son système de brouillage, au revêtement spécial de sa carlingue et à son dispositif à plasma qui masque les entrés de ces réacteurs ; La possibilité de tirer des missiles vers l’arrière grâce à son radar multi-cibles à antenne active, qui assure une couverture à 360° ; Et enfin une capacité d’emport de 8 tonnes d’armement, en plus de son canon rotatif de calibre 30 mm et tirant à la cadence de 100 coups par seconde.
Mais tout cela ne la rassurait pas pour autant ! Au contraire, cela l’inquiétait un peut que l’on ait utilisé un tel appareil pour son voyage. Est-ce que cela signifiait qu’il y avait des risques de se voir attaquer par des avions ennemis ? La situation était peut être encore plus grave que ce qu’il pensait, au niveau politique surtout.

Lors de son arrivé sur la base militaire d’Istres, on avait fournit au professeur un document résumant les événements sur le plan technique, pour qu’il puisse le lire pendant son voyage.
Seulement, lire un document dans un avion de chasse volant à 2500 Km/h et à 18 000 m d’altitude n’est pas une chose aisée.
Néanmoins, il parvint à comprendre ce qu’il y avait d’écrit.
- Imbécile de yankee ! Dit-il à haute voix.
- Quoi ? Dit le pilote.
- Ce n’est rien, c’est juste nos "amis" d’Amérique du Nord qui ont encore fait les cons, et c’est pour ça que l’on m’a rappelé en urgence, pour recoller les morceaux.
- Je vois, comme d’habitude.
- Oui !


Chapitre 2

Le séisme avait fait pas mal de dégâts dans Nome, mais rien de vraiment grave à par l’incendie d’une maison et d’un hangar. Mais c’est surtout le fait qu’il faisait anormalement jour qui inquiétait les habitants, et que juste avant cela il y avait eu cette mystérieuse lumière blanche.

Ça faisait déjà plusieurs heures que cela c’était produit, le soleil était passé au zénith, et maintenant il redescendait vers l’horizon, comme lors d’une fin de journée normale.

Pendant ce temps, les chiens tenaient conseil dans la salle des chaudières.
- Peut être que quand cette lumière blanche s’est produite, on a tous - hommes et chiens - perdu connaissance, et on est resté comme ça pendant un long moment. Puis on s’est réveillé alors que le jour c’était levé ?
- Non, les hommes y ont pensé eux aussi, quand ils ont vu qu’il faisait jours ils ont regardé leurs horloges et leurs montres, et elles indiquaient bien une heure à laquelle il fait normalement nuit, quelque minute après la secousse et la lumière blanche.
- Comment cela est-t-il possible ? Comme le jour a-t-il put remplacer la nuit comme ça ?
- Et regardez maintenant, le soleil est bas sur l’horizon, il va bientôt se coucher, on dirait qu’on est le soir, alors qu’en fait il devrait être midi !
- Je crois que la chose est claire. Dit Balto. Pour une raison inconnue et mystérieuse ont dirait que le cycle des jours et des nuits c’est brutalement décalé de plusieurs heures.
- Est qu’est-ce qui a fait ça ?
- Je ne sais pas, … est-ce que les hommes ont réparé le télégraphe ? Peut être qu’ont pourra en savoir plus grâce à lui.
- Le matériel dans le bureau du télégraphe est réparé, mais ça ne marche pas, apparemment les fils ont été coupés quelque part entre Nome et les villes les plus proches. Les hommes disent que peut être certains poteaux sont tombés lors de la secousse.
- Et ce nouvel appareil appelé radio, il ne fonctionne pas ?
- Si, les hommes ont envoyé des messages, mais ils ne reçoivent rien, on dirait que les radios des autres villes ne marchent pas.
- Donc on ne pas savoir ce qui se passe.
- Oui, mais j’ais entendus les hommes parler, ils vont envoyer un traîneau vers la ville de Dickson, pour voir ce qui s’y passe. Mais ils ont dit également que ce traîneau emportera du matériel pour réparer les fils du télégraphe, si en cours de route ils trouvent la coupure et que les dégâts ne sont pas importants. Ainsi on pourra peut-être avoir des nouvelles plus vite.
- Il ne vaudrait pas mieux envoyer un traîneau peut chargé, pour aller plus vite ?
- Les hommes en ont discuté, et ils ont conclu qu’a Dickson les gens n’en savent peut être pas plus qu’ici, alors que si ont peut refaire marcher le télégraphe ont pourra peut être communiquer avec Anchorage, ou avec le bureau du gouverneur, est ainsi avoir de meilleures informations.

Mais il était hors de question d’envoyer le traîneau alors qu’il allait bientôt faire nuit, ce n’est donc que le "lendemain matin", quand le soleil se leva (alors que les horloges indiquaient minuit), que l’expédition fut envoyée.

Le traîneau transportait beaucoup de matériel, ainsi que deux personnes, alors les hommes constituèrent l’attelage en conséquence.
Les chiens du traîneau postal furent choisis, mais il fallait en rajouter en raison du poids plus important du traîneau.
Les habitants se souvenaient des exploits accomplis par Balto, et comme la situation semblait grave, ce fut lui qui fut choisit comme chien de tête, comme cela avait été le cas pour la course contre l’avion. Cela ne dérangea pas Kodi, qui céda sans problème la place à son père.
Mais il fallait rajouter deux autres chiens, prés du traîneau, des bêtes qui devaient être solides, compte tenu du poids à tirer, et ainsi deux robustes chiens furent amenés.
Il y eut alors un tumulte parmi tous les autres chiens présents, car parmi ces deux nouveaux membres il y avait Hugo.
- Ah non, ils ne vont pas mettre lui !
- Cette racaille, ont ne peut pas lui faire confiance !
Hugo fut touché par ces remarques, mais il ne dit rien, il avait l’habitude.
- Bon ça suffit ce genre d’histoire ! Dit Balto, en colère.
- Mais… on ne peut pas le mettre dans un attelage qui a une mission aussi importante, tu oublis qui il est !
- Non mais vous vous entendez ? Vous êtes aussi intolérant avec lui qu’on l’a été envers moi avant que je ne sauve les enfants de Nome !
- Avec ce qu’a fait son père !
- Il ne faut pas le tenir responsable des fautes de son père. Répondit Balto.
- Son père c’est Steele ! Il était mauvais, et il doit sûrement en rester des traces chez tous ces enfants !

En effet, Hugo était un fils de Steele, il était né peut de temps avant l’épidémie de diphtérie. Parmi ses compagnons de portée c’est lui qui ressemblait le plus à son père. Comme Waca, sa grand-mère, il avait le dos noir et le ventre beige clair. Il avait aussi les yeux marron clair. Il était également très grand, et sa musculature était magnifique, parfaitement proportionné, sa force était colossale. Mais surtout, les traits de son visage rappelaient énormément ceux de Steele.
Donc, bien qu’il n’était pas la copie conforme de son père, la ressemblance était très grande, et tous ceux qui avaient connu Steele devinaient au premier coup d’œil qu’Hugo en descendait… pour son plus grand malheur.
Car Steele était tombé en disgrâce après l’épidémie. Et après sa mort (quand il avait essayé de tuer Balto en lui tendant un piège au Pic Glacé) tout la rancœur des autres chiens c’était retourné contre son fils qui lui ressemblait le plus : Hugo.
Et malheureusement pour lui, si Hugo était grand et fort, il était aussi très timide et fort peut combatif, ce qui fit de lui une cible facile pour les autres chiens qui pouvaient aussi le persécuter et l’insulter sans cesse, comme ce fut autrefois le cas pour Balto.
Ce dernier avait essayé de lutter contre ça, mais il n’avait pas réussi, et le malheureux Hugo était la risée des chiens de la région.
Seul l’attelage postal de Kodi ne lui était pas hostile, enfin, pas trop.

- Vous m’écœurez ! Dit Balto aux autres chiens.

Mais ce sont les hommes qui décident, et Hugo fut donc intégré à l’attelage malgré les protestations des chiens.
Puis ensuite le départ fut donné.


Le Su-47B arriva à Irkoutsk. Le professeur Lipatov fut alors rapidement acheminé vers la salle de contrôle de l’installation Tunguska.

- Que s’est-il passé ? Je veux les dernières infos depuis que j’ais quitté la France. Demanda-t-il aux autres scientifiques.
- D’après nos dernières infos, et selon toute vraisemblance, les yankees ont voulus tester leur induction de phase quantique.
- Quoi ! Vous en êtes sûr ?
- Avec une telle émission d’ions à polarisation différentielle… cela ne fait aucun doute !
- Mais… ça fait à peine six mois que nous avons fait ce même test, et eux ils avaient au moins deux ans de retard sur nous !
- Ben oui comme d’habitude, ont veux rattraper le retard, on fait tout à la va-vite, on rogne sur la sécurité… et après on se demande comment un accident a put se produire !
- Mouais… Quelle est la situation sur place ?
- Les perturbations électromagnétiques bloquent toutes télécommunications sur l’ensemble de l’Alaska, il n’y a plus de courant électrique non plus. Et leurs radars ne fonctionnent pas, ont peut se rendre discrètement sur place si on veut.
- Des satellites espions seront en positions bientôt ?
- En ce moment même, nous allons recevoir les premières données dans quelques instants, mais il y a déjà des choses étranges.
- Comme quoi ?
- Les radiomètres des satellites météo font état d’une forte baisse de la température, dans la région de leur centre de recherche. Au moins vingt degrés sous zéro, alors que c’est le plein été ! Et cela est confirmé par plusieurs satellites, ce n’est donc pas une défaillance d’un capteur.
- Une baisse de la température ! Vous avez une idée de ce qui provoque cela ? Demanda Vladimir.
- Non, nous attendons les informations des satellites espions.
- Nous recevons les données du centre de contrôle stratégique ! Dit une autre personne dans la salle.
- Faite voir. Demanda Vladimir.
- Pour le moment nous n’avons que des images à faibles définitions, mais elle montre déjà des… des bizarreries, regardez par vous-même.
Et alors l’image satellite s’afficha sur un des écrans géants qui recouvrent les murs.
- Pourquoi toute une zone est blanchâtre comme ça ?
- Et bien… il semblerait que cela soit de la neige.
- En plein été ?
- Oui, et regardez la mer.
- Couverte par de la banquise apparemment, c’est incroyable !
- Ce n’est pas possible, il doit y avoir une erreur.
- Les techniciens du centre de contrôle stratégique ont déjà vérifié ces données, il n’y a pas de dysfonctionnement, c’est bien de la neige et de la banquise.
- Cela concorde avec les basses températures relevées par les satellites météo… c’est fascinant !
- Et vous avez remarqué que la zone recouverte par la neige, ou par la banquise, est parfaitement circulaire ?
- Et leur centre de recherche se trouve très exactement au centre de cette zone… ce n’est pas un hasard !
- Nous recevons les images hautes définitions de leurs laboratoires.
- Sur écran !
Et tous regardèrent la nouvelle image.
- Il y a erreur, on ne voit aucune trace de leur centre de recherche !
- Les coordonnés sont exacte.
- Vous vous trompez !
- Non ! Regardez cette vallée ici, et cet ensemble de trois pics là…
- Ce sont les mêmes que sur les photos prise auparavant de la même zone.
- Vous avez raison, mais dans ce cas où sont les bâtiments, les routes, les lignes électriques ? Il n’y en a plus la moindre trace ! A la place il n’y a que de la forêt !
Le professeur Lipatov réfléchit un instant, avant de parler.
- Je crois que j’ais une théorie… avez-vous des photos hautes résolutions de la ville la plus proche ? … C’est Nome je crois.
- Oui monsieur, les voici.
Là encore, tous examinèrent les images.
- Ce n’est pas Nome !
- Si ! Dit Vladimir. Seulement… ce n’est pas le Nome du XXI ième siècle.
Tout le monde se tourna vers lui.
- Quoi ?
L’ingénieur en chef du projet Tunguska pris alors la parole.
- Professeur, je crois que vous devez nous faire part de votre théorie.


Le traîneau avançait sur la piste qui menait à Dickson, vers l’Est. Pour le moment le câble du télégraphe était intact, aucun poteau n’était tombé, alors l’avance continuait vers la ville.

- Papa. Demanda Kodi. Tu remarque comme le soleil est haut dans le ciel, on dirait que c’est comme pendant l’été !
- Oui, j’ais vu, mais après tout ce qui c’est passé ces derniers temps, plus rien ne m’étonne.

Puis au bout d’un moment, de gros nuages s’amoncelèrent dans la direction où se dirigeait le traîneau.

- Une tempête de neige ? Demanda Dusty.
- Je n’en sais rien. Dit Kirby. Ça y ressemble mais… il y a quelque chose qui ne va pas.
- J’ais l’impression que ça ressemble à des orages. Dit Balto. Ecoutez ! On dirait des tonnerres.
Et en effet, de sourds grondements se faisaient entendre, et ils se suivaient à un rythme soutenu.
- Des orages, en plein hiver ?
Et puis d’un coup un vent violent se leva, et chiens et hommes le prirent en pleine figure.
- C’est une tempête de neige, dit Ralph.
- Ont en as vu d’autre ! Dit Kodi.
- Mais celle là a quelque chose de spécial, vous ne sentez pas ?
- Si ! Dit Balto. Il fait moins froid, la température remonte !
- Mais qu’est-ce c’est ?
- Je ne sais pas, mais continuons à avancer. Dit Balto.

La progression était difficile, mais les chiens tenaient bon.
Tout d’un coup le vent se calma, il soufflait toujours, mais avec moins de force.
- Hé ! Dit Dusty. La neige qui tombe semble être à moitié fondue !
- Je l’ais remarqué moi aussi. Répondit Balto. Si ça continue comme ça on va avoir de la pluie !
- En hiver !
Et puis, malgré le bruit de la tempête, ils entendirent des bruits d’impact tout autour d’eux, de plus en plus fréquent.
- Aie ! Cria Ralph.
- Que se passe-t-il !
- Quelque chose m’a tapé l’oreille !
Et bientôt tous les chiens furent touchés à leur tour.
- De la grêle ! Dit Balto. C’est une averse de grêle !
Très vite, les grêlons augmentèrent en taille et en nombre, alors les conducteurs du traîneau menèrent l’attelage sous un groupe d’arbres denses. Ce n’était pas très prudent, car maintenant la foudre tombait un peut partout autour d’eux, mais les grêlons étaient désormais plus gros que des pommes, certains même avait la taille d’une tête d’homme ! Et avec la vitesse à laquelle ils tombaient, ils pouvaient tuer si on les recevait sur le crâne !
Heureusement, les branches épaisses des arbres, chargées de neige qui plus est, stoppaient ces grêlons, ou les ralentissaient suffisamment pour qu’ils ne soient plus dangereux.
Pendant un moment, neige fondue et grêle tombèrent ensemble, et puis brutalement cela fut remplacé par la pluie seule.
Mais quelle pluie ! Des trombes d’eau se mirent à tomber du ciel, Balto et ses compagnons n’avaient jamais connu pareille averse, la neige des branches au-dessus se liquéfia et se déversa sur eux. Les hommes se réfugièrent sous une bâche prise sur le traîneau.
Cela dura quelques minutes qui furent terribles, car pendant ce temps la foudre tombait comme jamais et un peut partout ; il s’en est fallut de peut pour que nos héros furent grillé !
Mais heureusement, l’orage - car s’en était bien un maintenant - finit par passer, la pluie cessa de tomber, les tonnerres s’éloignèrent, et le vent se calma.

Balto et ces compagnons étaient trempés jusqu’aux os et couverts de neige fondue, et ils étaient un peut en état de choc à cause de la violence et de l’étrangeté des intempéries.
- Mais qu’est-ce que c’est que c’est que ce bazar ? Dit Kirby. Une tempête de neige qui se transforme en orage, des grêlons géants…
- Papa, tu crois que c’est lié à ce qui c’est passé hier.
- Je suis sûr que oui. Répondit Balto.
- Sa commence à faire beaucoup de trucs bizarres !
Balto se tourna vers ses compagnons.
- Oui, mais j’ais bien peur que cela ne soit que le début… et que nous ne sommes pas au bout de nos surprises.


Le général Linkin arriva dans la salle de contrôle. Il venait de Moscou, dans un avion plus classique que celui qu’avait emprunté Vladimir Lipatov (son état de santé lui interdisait d’utiliser des avions supersoniques), c’est pour cela qu’il était en retard.
- Professeur Lipatov, j’ais lu les informations concernant votre théorie sur ce qui ce passe, et j’avoue que j’ais un peut du mal à y croire. Dit-il.
- Les fais concordent pourtant, monsieur.
- Vous disiez que la situation peut s’aggraver fortement.
- Oui, mais nous avons déjà mis en place une procédure pour résoudre le problème.
- Seulement nous manquons de donnés, ou plutôt nos mesures ne sont pas assez précises. Dit un autre scientifique.
- Que suggérez-vous ? Demanda le général.
- Aller sur place pour trouver les informations nécessaires.
- En territoire américain !
- Comme cela est indiqué dans le dossier qui vous a été transmis, leurs communications et leurs radars sont hors fonction, et pour un bon moment encore.
- Peut être, mais des avions de chasse pourrait être envoyé sur zone.
- Oui, j’en conviens. Mais la situation est urgente, et les conséquences risquent d’être autrement plus graves qu’une intrusion sur leur territoire et qu’un incident politique entre nos deux pays !
- Mais il y a un autre problème. Dit un autre scientifique. Les conditions climatiques se dégradent très vite sur zone. C’est dû au fait que l’air froid hivernal rencontre l’air chaud et humide de l’été, cela crée des tempêtes de neige mêlées à de violents orages. J’ais bien peur qu’il ne soit pas possible d’y envoyer des hélicoptères.
- Il y a peut être une autre solution. Dit Vladimir. Sur les images satellites j’avais demandé que soient examiné les tracés des routes actuelles, qui correspondent aux anciennes pistes suivies par les traîneaux de l’époque, et voici ce que l’on a trouvé…
Et il montra, sur un moniteur, une image à très haute résolution.
- Qu’est-ce donc ? Demanda le général Linkin.
- Un traîneau, tiré par des chiens, il semble se diriger vers la limite Est de la zone, apparemment en direction la ville de Dickson. Avec de la chance, une fois qu’il les aura traversé, cela l’éloignera des perturbations atmosphériques qui se déplacent vers l’Ouest, ce qui fait que l’on pourra peut être le rejoindre et en obtenir les informations dont on a besoin.

Après plusieurs minute de discussion, le général Linkin finit par céder à la demande, et décision fut prise d’envoyer le porte-avion Korolev à l’intérieur des eaux territoriales américaine. Une chance que ce navire, qui embarquait aussi des hélicoptères, faisait des manœuvres non loin de là. Une fois sur place, il serait facile d’envoyer des appareils à l’endroit voulu, qui heureusement se trouvait pas trop loin de la côte.
- Quand est-ce que votre navire sera en position ? Demanda le professeur Lipatov.
- Pourquoi ? Répondit le général.
- Il faut que je me rende sur place.
- Vous êtes sérieux ?
- Oui, je pense qu’il est indispensable que la personne qui leur posera les questions sache précisément quelle est la situation. C’est pour cela que je dois y aller. Je pourrais suivre toutes les avancées de l’affaire grâce aux moyens de communication présents sur le Korolev. J’ais cru comprendre le Su-47B qui m’a amené ici n’est pas encore repartit ?
- Oui, j’ais pensé que cela pourrait servir, et il est prêt à re-décoller en moins de dix minutes.
- Parfait, alors il n’a qu’à me mener jusqu'à Providenija, de là un hélicoptère pourra m’acheminer à votre navire.
- Vous êtes sûr de votre coup ?
- Oui !
Le général finit par accepter, et bientôt le professeur Vladimir Lipatov se trouva à nouveau dans l’avion de chasse, en direction du détroit de Béring.


Chapitre 3

Le traîneau avait reprit la route vers Dickson, mais c’était vraiment dur. La neige, hachée par la grêle puis trempée par la pluie, était devenue une infâme bouillie où les pattes des chiens s’enfonçaient et pataugeaient presque sans avoir prise.
Mais malgré les efforts énormes qu’ils devaient faire, les chiens discutaient des anomalies qu’ils remarquaient.
- Papa, tu sens comme l’air est chaud ?
- Oui, on se croirait en plein été ! La neige fond un peut partout autour de nous.
- Et regardez ces montagnes au loin. Dit Kirby. On dirait que leurs bases sont… vertes, comme en été également !?
Mais le souffle leur manquait, la progression dans cette neige fondue était vraiment épuisante. Alors les chiens se turent pour le moment, et cessèrent de réfléchir à toutes ces choses étranges, se concentrant sur la marche.

Ils avancèrent ainsi pendant un bon moment, et puis il tombèrent sur quelque chose dont l’étrangeté dépassa tout ce qu’ils avaient vu jusque là.

Ils arrivèrent à une sorte de frontière, grossièrement orienté Nord-Sud, qui séparait la forêt en deux parties.
A l’Ouest, là d’où le traîneau venait, la forêt était semblable à ce que l’on trouve en hiver, mis à part les effets de la pluie et la grêle.
Mais par contre, à l’Est… c’était l’été ! La forêt était verte, pas la moindre trace de neige sur le sol !
La séparation, entre forêt enneigée et forêt estivale, était nette, comme coupé avec un couteau ! En un seul pas on passait ainsi de l’hiver à l’été.
- Mais qu’est-ce que…
Les chiens n’en croyaient pas leurs yeux.
- On dirait que l’on a découpé un morceau de forêt pendant l’été… et que l’on a amené et mis dans la forêt d’hiver !
- A moins que ce ne soit le contraire ? Dit Balto.

Mais le plus bizarre, c’était que la piste enneigée devenait, de l’autre coté de cette limite, un large ruban noirâtre, fait avec un matériau inconnu de Balto et de ses amis. Et sur cette surface noire, malgré les nombreux grêlons qui la recouvraient, on pouvait voir trois bandes discontinues faites avec de la peinture blanche, une au centre, et les deux autres prés des bords.

Balto ne savait pas quoi pensez de tout cela, ça commençait vraiment à faire beaucoup : Le tremblement du sol, la lumière blanche, les jours et les nuits qui se décalent, la tempête qui se transforme en orage comme il n’en avait jamais vu… et maintenant ça !
Pendant un instant, il se demanda s’il n’était pas en train de perdre la tête, d’être victime d’hallucinations, de rêver éveillé.
Mais non pourtant, ses compagnons voyaient ça aussi, ainsi que les hommes, qui avaient fait stopper le traîneau.
- Tu ne te sens pas bien papa ?
- Non ça va, je suis juste désorienté par tout ça.
- Mais qu’est-ce qui nous arrive ? Qu’est-ce qui ce passe ? Dit kirby.
- Je n’en sais rien !
- Et que va-on faire ? Demanda Dusty.
- Ce que nos hommes décideront, comme toujours.

Mais les hommes avaient l’air perdus eu aussi !

Pendant un moment, les chiens, qui avaient été dételés, examinèrent cette étrange frontière, et il découvrait d’autres trucs bizarres, comme par exemple des arbres qui était comme coupé en deux dans le sens de la hauteur. On avait l’impression que ses arbres étaient à cheval sur cette frontière, et que la moitié qui se trouvait d’un seul coté avait disparue.
Ou bien alors la moitié d’un élan, coupé net, l’autre partie ayant elle aussi disparue !
En bref, on avait l’impression que tout ce qui se trouvait à cheval sur cette fameuse limite avait été découpé à l’emporte pièce.

Pendant ce temps, et une fois passé leur première surprise, les hommes se mirent à discuter pour savoir quoi faire.
Fallait-il continuer ? Mais il n’y avait pas de neige de l’autre coté de la frontière, le traîneau ne pourrait pas glisser. Retourner à Nome ? Mais ça voudrait dire qu’il n’aurait aucune nouvelle, aucune information sur ce qui se passe.
Quant à essayer de réparer le télégraphe… les fils avait été coupés, apparemment pile au-dessus de cette mystérieuse frontière.
Il aurait été possible de raccorder ces fils… sauf que ce qu’il y avait de l’autre coté de cette frontière ne ressemblait guère à une ligne de télégraphe ordinaire. Premièrement, les poteaux n’étaient pas en bois, mais était fait avec une structure métallique. Mais surtout, les fils étaient nettement plus nombreux, et de plusieurs types.
Et ils ne ressemblaient pas du tout à ceux du télégraphe, sur certains même la partie centrale n’était pas faite avec du métal mais avec ce qui semblait être de nombreux petits filaments transparents, ce qui intrigua fortement les deux hommes qui étaient en train de les examiner (il faut dire qu’ils n’avaient jamais vu de fibres optiques auparavant)

Tous restèrent un bon moment encore à cet endroit, mais finalement décision fut prise de retourner à Nome, pour mettre les autres au courant de ces phénomènes extraordinaires et décider de ce qu’il fallait faire. Les chiens furent à nouveau attachés aux traits. Puis le départ fut donné.

Tout d’un coup, très peut de temps après être repartit, les chiens entendirent un étrange bruit au loin.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Cela ressemble un peut au bruit de l’avion de Duke, non ?
- Oui, mais c’est très différent quand même, et il y a en plus un sifflement aigu comme je n’en ais jamais entendu. Dit Balto
- En tout cas ça se rapproche, et vite.

Le bruit était maintenant fort, et enfin l’appareil qui le produisait apparu au-dessus des arbres, et survola le traîneau avec un énorme déplacement d’air, et dans un vacarme assourdissant.
Balto s’attendait à voir un avion, mais l’engin qu’il voyait était très différent. Ça forme pouvait certes ressembler vaguement à un avion, mais ce qui ne cadrait pas s’était son hélice : Elle n’était pas à l’avant, mais au-dessus de l’appareil, à l’horizontale au lieu d’être verticale. Mais surtout elle était gigantesque, au moins dix mètres de large !
L’engin avait des ailes sur les coté, mais simples, très courtes et épaisses. Et surtout elles étaient lourdement chargées par d’étranges objets, cela semblait plus être des supports que de véritables ailes.
Il semblait bien que cet engin volait uniquement avec son énorme hélice.

Un deuxième engin, identique au premier, passa au-dessus, tandis que le premier faisait un demi-tour très rapidement.
Balto se rendis compte que ces engins étaient infiniment plus maniables que l’avion de Duke.

C’est alors que d’un coup les chiens commencèrent à paniquer, les hommes n’eurent pas besoin de dire "mush", le traîneau s’ébranla et partit à toute vitesse.
Chez Balto, comme chez les autres chiens, la peur avait succédée à la surprise. Trop d’évènements étranges s’étaient produis ces derniers temps, ses instincts étaient mis en déroute pour toute ces choses accumulées, la grande peur de l’inconnu avait finit par prendre le dessus, et cette peur lui disait qu’il n’y avait qu’une seule chose à faire : fuir l’inconnu, fuir ce qui est étrange, et le plus vite possible.
Il regarda par-dessus son épaule, et vis que les deux engins les suivaient.
Les deux appareils vinrent se mettre à l’avant du traîneau, pour essayer de bloquer le passage. Puis un troisième appareil fit son apparition, il était différent, nettement plus gros, plus trapu, il ressemblait presque à un wagon de chemin de fer avec une hélice sur le dos, et il paraissait nettement moins maniable.

Avec une stupéfaction sans borne, Balto vis que ces appareils faisaient désormais du sur-place en volant, rien à voir avec l’avion de Duke qui devait prendre de la vitesse pour décoller. On aurait dit qu’ils étaient suspendues comme par magie.

Soudain, une énorme voix humaine retentit, elle était si forte qu’elle couvrait le bruit des hélices, pourtant considérable.
- DU CALME, NOUS NE VOUS VOULONS PAS DE MAL. NOUS VENONS JUSTE VOUS PARLER.
Ce message s’adressait aux conducteurs du traîneau, mais ce n’était pas rassurant pour les chiens.
Même Balto était pris de panique, effrayé pas ces engins inconnus et qui étaient terrifiants, surtout les deux petits qui semblaient avoir un coté prédateur.

Alors le traîneau s’ébranla à nouveau, en direction de la forêt cette fois. Les chiens avançaient aussi vite qu’ils pouvaient dans la bouillie de neige fondue qui couvrait le sol. Les appareils les suivaient, tandis que l’énorme voix essayait encore de les ramener à la raison.
Mais d’un coup le traîneau arriva dans un dévers, rendus extrêmement glissant par la neige fondue.
Et ce fut l’accident : Le traîneau se renversa sur le coté, puis glissa vers le bas, entraînant hommes et chiens. Puis tous s’écrasèrent en bas, heureusement dans un grand tas de neige en train de fondre.

Les chiens n’eurent pas le temps de dire ouf, car alors une sorte de fusée partit d’un des petits appareils. Elle explosa à environ dix mètres d’eux.
Il y eut une étrange odeur, puis Balto en était encore à s’extraire de la neige quand tous d’un coup il se sentit vaciller, il fut pris de vertiges, tous se mis à tourner autour de lui. Et d’un coup il perdit connaissance. Il en fut de même pour tout les autres.


- Que s’est-il passé ? Je vous avais dit de faire attention ! Demanda Vladimir Lipatov sur un ton sévère, qui venait juste d’arriver sur le porte-avions.
- Il semblerait qu’ils aient paniqué. Dit le commandant du Korolev.
- Paniqué ?
- On avait envoyé un hélicoptère de transport, au cas où il aurait fallut les ramener, escorté par deux hélicoptères de combat.
- Vous n’y allez pas de main morte !
- Nous étions en territoire ennemi ! Bon, se sont les hélicos de combat qui les ont trouvés en premier, mais apparemment cela les a effrayés. Mes hommes ont essayé de les rassurer en leur parlant avec le haut-parleur extérieur, mais rien n’y a fait. Ils sont partit comme des fous en forêt, et malheureusement il y a eu un accident. Pour éviter que les chiens ne paniquent encore, et ne provoque un sur-accident en tirant le traîneau, il a fallut utiliser une roquette chargée avec du gaz Neurix, pour les endormir.
Ensuite, mes hommes sont descendus voir ce qu’il en était, et hélas ils ont vu que les deux hommes avaient été blessés, pris sous le traîneau pendant sa chute. Alors ils les ont mis dans l’hélicoptère de transport pour les ramener, et en passant ils ont pris également les chiens, le traîneau, et tout le barda qu’ils transportaient, on c’est dit que cela pouvait vous servir.
- Comment vont les hommes ?
- Ils sont soignés, leurs blessures ne sont pas très graves.
- Ils vont bientôt se réveiller ?
- Hélas non, on a dû leur donner des sédatifs, lesquels ont interagis avec les traces de Neurix qui restaient dans leur sang. Les médecins savaient que cela allait se produire, mais ils ne pouvaient faire autrement. Du coup, ses deux hommes seront inconscients pendant plusieurs jours.
- On a pas plusieurs jours, quelques heures seulement !
- Je suis désolé. Dit le commandant.
- Ce qui est fait est fait. Il ne reste plus qu’à examiner leur traîneau et leur matériel, en espérant que l’ont trouvera les informations que l’on recherche.

Mais cela fut un échec, les objets contenus dans le traîneau ne fournirent pas les données recherchées, du moins pas avec le degré de précision requis. C’est alors que le professeur pensa à une chose. Il partit en parler au commandant.

- Où sont les chiens ? Demanda-t-il.
- Dans des cages, en cale, pourquoi ?
- Il y a peut être un autre moyen d’obtenir ce dont on a besoin ! Il me faut une connexion sécurisée avec Irkoutsk.


Chapitre 4

Balto s’était réveillé dans une cage, en compagnie de Kirby. Les sept autres chiens étaient là, deux par deux dans des cages eux aussi, sauf Ralph qui était tout seul.
- Papa !
- Oui, ne t’inquiète pas Kodi, je n’ais rien. Est-ce que tout le monde va bien ?
- Oui. Dit Kirby.
- Est-ce que l’un de vous sait où l’on est ?
- Dans un bateau, on sent le tangage. Je connais ça, ce n’est pas la première fois que je monte sur un bateau. Dit Kirby.
- Mais ce qui m’inquiète ce sont les hommes qui nous on capturés, ils n’ont pas l’air commodes.
- Et en plus je ne comprends pas ce qu’ils disent ! Dit Dusty.
- C’est du russe. Dit Ralph. J’en ai déjà entendu, même si je ne le comprends pas plus que vous.
- Des russes ? C’est une invasion de l’Alaska par les Soviétiques ! Dit Kirby. J’ais entendus nos hommes parler de ça, des "bolcheviques" comme ils disent.
- Du calme, du calme. Dit Balto.
- Et ces engins volants, vous avez déjà vu des trucs pareils ? On dirait des machines de guerre, quand ils volaient autour de nous j’ais bien sentit l’odeur de la poudre et des explosifs qui en émanait, en plus de celle de l’huile et de l’essence, ces trucs son armé, et pas qu’un peut !
- Paniquer ne sert à rien ! dit Balto.
- Et que veux tu qu’on fasse ?

A ce moment là deux hommes entrèrent dans la pièce. Le premier était un soldat, le deuxième par contre n’était pas en uniforme militaire, mais il avait une grande sacoche. Ils échangèrent quelques mots, puis le soldat s’en alla.
Ensuite, l’autre homme sortit un étrange objet de sa sacoche, et il le posa sur un tabouret, devant les cages, en vue de tous les chiens. Cet objet était plat, mais il s’ouvrait en deux parties qui avait la même taille mais moins épaisses, on aurait dit une sorte de livre, sauf qu’il était posé de telle manière qu’une partie était à plat sur le tabouret, et l’autre était presque verticale.
La partie à plat avait sa face supérieure en grande partie découpée en de petits carrés, sur lesquelles se trouvaient des lettres, des chiffres, et d’autres symboles mystérieux.
Mais le plus étrange était la partie presque à la verticale. La face qui était tourné vers les chiens émettait de la lumière, et comportait une sorte de dessin bizarre, avec des lettres et des chiffres. Et certaines parties de ce dessin semblaient bouger ou se modifier !

L’homme appuya sur plusieurs des carrés de la partie horizontale, et pendant qu’il faisait cela, l’image sur la partie verticale changea, des textes en écriture humaine apparaissaient et disparaissaient.
Puis d’un coup l’homme se leva, se dirigea vers la porte, et il sortit en fermant derrière lui, laissant les chiens seuls.

- Bonjour. Dit une voix qui semblait humaine, mais qui ne l’était pas tout à fait.
Les chiens regardèrent autour d’eux, mais pourtant il n’y avait aucun être humain !
- Je sais que vous comprenez ce que je vous dis. Prononça encore la voix.
Cette fois, les chiens comprirent qu’elle provenait de cet étrange appareil sur le tabouret.
- C’est quoi encore ce truc ? Une machine qui parle ? Dit Kirby.
- En effet, je suis une machine qui parle, et qui peut faire bien d’autre chose.
Balto n’en croyait pas ses oreilles ! Pour lui, comme pour tous les chiens, c’était un fait établit que les hommes ne comprenaient pas le langage des animaux. Alors que "quelque chose" qui parle comme les hommes en soit capable, cela lui semblait vraiment extraordinaire.
- Vous… Vous comprenez ce que l’on dit ?
- Je parviens effectivement à saisir la signification de vos vocalisations, je peux également vous voir grâce à la webcam intégré à cet ordinateur portable.
Les chiens restèrent bouche bée.
- Qui êtes-vous ? Demanda Balto.
- Je suis une intelligence artificielle.
- Une quoi ?
- Une machine intelligente, qui est capable de reproduire la plupart des fonctions du cerveau humain, mais avec une précision, une vitesse et une fiabilité infiniment supérieure, à l’exception des sentiments et des émotions.
Les chiens regardèrent l’ordinateur portable qui était en face d’eux, ils étaient à la foi effrayé et fasciné par ce qu’ils venaient d’entendre
- Et votre cerveau teint là dedans, dans un truc aussi plat ? Demanda Dusty.
- Non, ma matrice positronique - en quelque sorte mon cerveau - se trouver dans une installation à des milliers de kilomètres d’ici. Ce que vous avez en face de vous n’est qu’un appareil qui relaye ma voix, laquelle est transmisse par un système qui ressemble un peut au télégraphe que vous connaissez, sauf que cela fonctionne sans fils. Et cela marche aussi dans l’autre sens, ce qui me permet de vous entendre et même de vous voir.
- Alors ça c’est la meilleur, c’est le pompon. Dit Kirby. Une machine qui imite l’homme et qui nous parle de l’autre bout de monde !
- Mais où est-ce qu’on est tombé ? Dit Ralph.
- Vous êtes tombé nulle part, vous êtes toujours en Alaska, ou plutôt dans un bateau de le marine russe au large de l’Alaska.
- Et pourquoi vous nous avez menés ici, pourquoi nous parler à nous ?
- Nous avons besoin de vous, nous avons besoin d’informations. Nous pensions demander ces informations aux humains qui vous accompagnaient, mais hélas ils ont été blessés. Ils vont bien, ils ne sont plus en danger, mais ne sont pas en mesure de nous parler avant un moment, hors le temps presse.
Balto pris la parole
- Je veux bien vous aidez, mais depuis quelque temps il nous arrive pleins de choses étranges, et…
- J’en conviens, et je crois que quelques explications pourraient vous être utiles pour que vous compreniez ce que je vous demande.
- Bien, on vous écoute.
- Voilà, nous sommes en l’an 2039 selon le calendrier chrétien, soit approximativement un siècle après l’époque où vous vivez normalement.
- Un siècle ?
- Oui, et à notre époque, des recherches sont menées dans le but d’effectuer des voyages dans le temps.
- Des voyages dans le temps ?
- C’est la possibilité de pouvoir se transporter, ou transporter autre chose, à une autre date que celle à laquelle on se trouve actuellement, d’aller d’une époque à une autre de la même manière que vous pouvez aller d’une ville à une autre. Par exemple, il serait possible d’aller dans le passé, et de voir, ou de revoir, certains événements qui se sont déjà produits, puis de revenir ensuite au présent.
- Et… c’est possible de faire ça ??
- Cela demande une technologie très avancée, mais c’est possible, à condition de faire des expérimentations adéquates. Et ce sont justement ce genre d’expériences qui étaient menées, par le gouvernement des États Unis, dans un laboratoire secret qui se trouvait au nord de Nome.
- C’est extraordinaire !
- Oui, mais seulement, il y a de cela deux jours environ, un accident c’est produit dans ce laboratoire.
- Et je suppose que cet accident est à l’origine de la situation actuelle.
- En effet, l’accident a crée une anomalie temporelle, et cette anomalie a généré à son tour une sorte d’onde qui a voyagé dans le temps, en direction du passé. Mais cette onde a finit par, en quelque sorte, "émerger" à une certaine époque.
- La notre ?
- Oui, et quand cette émergence s’est produite, une zone d’environ 50 kilomètres de large autour du point où se trouvera le laboratoire, et qui inclus Nome, a été "transportée" à notre époque.
Puis la voix se tue un moment, pour laisse au chien le temps de comprendre.
- Et tous ces engins bizarres, ces trucs volants avec une hélice sur le dos, ce bateau, et vous-même… cela vient de votre époque ?
- Non, c’est vous qui venez du passé en fait.
- Et pourquoi se retrouve-on en plein été, alors qu’on était en hiver ? Et pourquoi c’est-il mis à faire jour quand on a été transporté à votre époque.
- C’est très simple, à notre époque, l’accident c’est produit en été et pendant le jour, alors que quand l’émergence de l’onde temporelle c’est produite à votre époque, le hasard a fait que cela est arrivé en hiver et pendant le nuit. Ainsi, votre arrivé à notre époque a eu lieu pendant la journée et en été.
- Je vois. Dit Balto.
- Et vous disiez que vous avez besoin de nous. Demanda Kodi.
- C’est exact. Voyez-vous, l’anomalie crée par l’accident est très instable, et risque d’évoluer avec des conséquences catastrophiques pour la planète entière. Affin d’éviter cela, il convient de détruire cette anomalie temporelle. Hors, il se trouve que des travaux sur le voyage dans le temps sont également entrepris par la Russie et l’Union Européenne, dans un centre de recherche se trouvant prés de la ville d’Irkoutsk. Et grâce aux équipements présents dans ce centre de recherche, il sera possible de reproduire l’accident à l’envers, et donc de résorber l’anomalie… et ainsi sauver le monde.
- Et nous, on sert à quoi dans tout cela ? Demanda Kirby.
- Pour que l’opération soit un succès, les savants qui s’en occupent doivent impérativement connaître la date exacte à laquelle l’onde temporelle a émergée, c’est à dire la date d’où vous venez, c’est indispensable pour les calculs. Nous savons que c’est il y a environ un siècle grâce aux mesures faites par nos instruments pendant l’accident, mais ce n’est pas assez précis, la marge d’erreur est de vingt ans, alors qu’il faut avoir le nombre d’années exact.
- Et comment pourrions-nous savoir cela !
- Les humains utilisent un système dans lequel chaque année porte un numéro, êtes-vous coutumier de ce système de numérotation ?
- Non, on y fait pas trop attention, nous on compte plutôt en saisons, hivers, été…
- Je vois, essayons autre chose. Vous souvenez-vous d’un évènement important qui s’est passé il y a peut ?
- Oh oui, il y a de cela cinq ans nous avons eu une grave épidémie dans notre ville, cela peut vous aider ? Dit Balto.
- Un instant je vous pris, je consulte mes bases de donnés… … Il y a eu deux épidémies dans votre région et à l’époque concernée : Une épidémie de grippe en 1918 et une épidémie de diphtérie en 1925.
Balto se rappela alors ce qu’il avait entendu cinq ans plus tôt, quand il était sous le plancher de l’hôpital avec Jenna.
- Diphtérie ! J’ais entendus le médecin prononcer ce mot pendant l’épidémie !
- En êtes vous sûr ?
- Oui.
- Ce serait donc l’épidémie de 1925, ce qui placerait donc l’émergence en 1930.
- C’est bon alors ! Dit Kirby.
- Pas vraiment, compte tenu des enjeux, et des conséquences d’une éventuelle erreur, il faut être totalement sûr ! Pouvez vous donner plus de détails ?
- Oui. Dit Balto. Un traîneau avait été envoyé à Nenana, pour chercher un médicament. Mais il s’est perdu au retour. Et c’est moi qui l’ais retrouvé, et l’ais ramené à Nome.
- Un instant je vous pris, je consulte mes bases de donnés… … d’après ce que vous venez de dire, et selon les informations dont je dispose, vous devez être Balto.
- Oui, c’est ça ! … Comme le savez vous ?
- Votre nom est resté célèbre jusqu'à aujourd’hui, aussi que votre histoire. Très bien, cela lève tout doute. Je transmets ces informations aux savants d’Irkoutsk. Je vous remercie de votre collaboration.
- Euh… oui, merci… mais on fait quoi nous ?
- J’en discute avec le professeur Lipatov, il est prévu de vous ramener là d’où venez, pour que vous puisiez réintégrer votre époque, cela est capital.
- Comment cela ?
- Je m’explique, dans la zone qui vient de 1930 il y a une sorte de bulle, à l’intérieur de laquelle se trouve votre époque. Quand vous l’avez quitté, au moment où ont vous a amené ici, vous avez intégré notre époque. Si au moment où l’anomalie sera résorbée vous n’êtes pas de retour dans cette bulle… vous serez à tout jamais bloqué à notre époque !
- Quoi !
- Je comprends votre inquiétude, mais nous allons faire tout notre possible pour que cela n’arrive pas.

A ce moment là, l’homme sans uniforme de tout à l’heure entra dans la pièce, et s’approcha de son ordinateur portable.
- Merci CARL. Dit-il.
- C’est toujours un plaisir de travailler avec vous, professeur Lipatov.
Puis Vladimir mis fin à la connexion, remballa son ordinateur, et sortit de la pièce


Quelque minute plus tard, ce même professeur était en train de discuter par radio avec le général Linkin, afin de le convaincre de ramener les deux conducteurs du traîneau, ainsi que Balto et ses compagnons, là d’où ils venaient.
- Vous êtes sûr que cela est nécessaire ? Demanda le général. Cela peut être dangereux, on nous signale des mouvements d’avions US, ils pourraient atteindre la zone d’ici peut.
- Général, s’ils ne retournent pas dans la bulle temporelle alors ils disparaîtront de leur époque lors de la résorption de l’anomalie. Cela pourrait modifier le cours de l’histoire. Nous ne connaissons pas l’identité de ces deux hommes, qui nous dit que eux - ou leurs descendants - ne vont pas jouer un rôle capital lors de certains évènements clés de notre histoire ? Et même les chiens qui sait, peut être que certains d’entre eux seront important plus tard, comme l’a été Balto en 1925 ? Je suis conscient que les ramener présente des risques, mais si nous ne le faisons pas, les risques seront plus grands encore à mon avis, et les éventuelles conséquences imprévisibles.
Si vous voulez je me joindrais au groupe qui va les ramener, je pourrais éventuellement servir.

Le général réfléchis un instant, puis il dit :
- C’est bon, je vais donner les ordres pour cela, mais vos amis d’Irkoutsk m’ont dit que l’anomalie temporelle évolue rapidement, et qu’ils enclencheront Tunguska dés qu’ils seront prêts, il ne sera pas possible d’attendre.
- Je sais, et c’est une raison de plus pour faire vite.


Chapitre 5

Balto et ses compagnons se trouvaient dans l’hélicoptère de transport qui les ramenait vers la bulle temporelle. Il y avait avec eux le professeur Lipatov, les deux pilotes, ainsi que deux soldats. Les deux hommes provenant de Nome étaient là également, inconscients.
Le traîneau et les harnais avaient également été embarqué pas sécurité, au cas où cela pourrait servir. Et effectivement cela fut très utile.

- Professeur, nous avons un problème ! Dit un des pilotes.
- Quoi ?
- Le centre de contrôle stratégique nous informe que deux avions de chasse se dirigent vers nous. D’après leurs profils radar, se sont des F-22.
- Ils nous ont repéré avec leurs radars embarqués ?
- Probablement, ils foncent droit sur nous, à vitesse maximale.
- Délais d’interception ?
- Estimation à seize minutes.
- Combien de temps avant que l’on atteigne la zone ?
- Vingt minutes, monsieur, sans compte le temps d’atterrir et de déballer tout votre bazar. Et nous ne pouvons pas avoir de l’aide.

Il y avait deux hélicoptères de combat KA50-2 avec eux, mais il leur était difficile de combattrent contre deux avions de chasse rapide.

- Des suggestions ? Demanda le professeur.
- les hélicos de combat ont des bombes EMP. Atterrissage, désactivation de tous nos circuits, puis explosion. Une fois les F-22 neutralisés, nous re-décollons.
- Bien, exécution, mais par mesure de sécurité je vais débarquer les chiens avec le traîneau, constituer l’attelage et m’éloigner de vous. Si par malheur vous êtes détruit, je rejoindrais la zone en conduisant le traîneau.
- Vous êtes un musheur ?
- Je pratique pendant mes congés d’hiver.

Un des hélicoptères de combat déposa une bombe EMP télécommandé dans une petite clairière, puis il partit se poser à quelque distance de là, avec les deux autres engins, tous prés d’une route goudronnée qui menait à Nome.
Pendant ce temps, Lipatov fixa sous le traîneau des roulettes qui lui permettrait d’avancer sur la route, heureusement qu’il avait été prévoyant en emportant ce matériel avec lui. Tandis les soldats mettaient les deux hommes de Nome dans le traîneau, ils y allaient juste mais ça rentrait.
Puis il sortit le traîneau, harnacha les chiens et s’éloigna.

Les F-22 était tout proche maintenant, mais l’EMP avait une courte portée, il fallait la déclencher à la dernière minute. C’était risqué, car les avions pouvaient tirer des missiles.
Et effectivement, les deux chasseurs tirèrent deux missiles air-sol sur les KA50-2. Les soldats attendirent la dernière seconde pour déclencher l’EMP, et enfin celui qui tenait la télécommande appuya sur le bouton.

La bombe explosa, et produisit l’impulsion électromagnétique destinée à détruire les circuits électroniques.
L’impulsion atteignit d’abord les hélicoptères, mais les soldats avait débranché tous les circuits des appareils, et donc ces derniers ne furent pas grillé, n’étant plus sous tension.
Puis les missiles furent touchés, leurs systèmes de guidage détruits. Alors ils dévièrent de leurs courses et manquèrent leurs cibles, explosant à une dizaine de mètres de l’hélicoptère de transport.
Puis ce fut au tour des F-22. Leurs commandes de vols tombèrent immédiatement en panne, les rendant incontrôlable. Conscient de cela, les pilotes s’éjectèrent tout de suite, et leurs avions s’écrasèrent au sol.


Balto courait aussi vite qu’il le pouvait en tirant le traîneau avec ses compagnons, il avait compris qu’il y avait danger, et qu’il fallait s’éloigner de l’engin volant qu’ils venaient de quitter.
Il entendis alors une première explosion, sourde (celle de la bombe EMP), puis deux autre très rapproché (les missiles tirés par les F-22).
Puis il y eu un rugissement dans le ciel, et en tournant la tête s’est juste s’il eu le temps de voir un objet foncer vers le sol. C’était un des F-22 qui, après l’éjection de son pilote, avait dévié dans leur direction.
L’avion s’écrasa à peut de distance d’eux, il y eut une énorme explosion, Balto vacilla sous l’effet du souffle. Et puis d’un coup il ressentit un violent choc à l’épaule droite, et tout de suite après une effroyable douleur. Il perdit alors l’équilibre et roula au sol, en criant. Kodi ne parvint pas à freiner à temps, et il le percuta, puis se retrouva à terre lui aussi.
En ayant vu cela, Lipatov appuya à fond sur le frein du traîneau, et parvint ainsi à le stopper.

Balto avait été touché par un petit fragment de l’avion projeté par l’explosion. Il avait une profonde blessure, le sang coulait abondamment.
Lipatov descendit du traîneau et examina rapidement l’attelage, aucun autre chien n’avait été blessé, bien que d’autres fragments étaient tombés prés du traîneau.
Il aurait aimé s’occuper de Balto, mais il y avait plus urgent à faire, et il devait connaître la situation.
Il rebrancha les circuits de sa radio (qui avaient été débranchés pour les protéger de l’EMP) et appela l’hélicoptère de transport.
- Etes-vous toujours là ?
- Oui professeur. Dit un des pilotes.
- Votre appareil est-il en état de marche ?
- Nous avons rebranché les circuits et ils fonctionnent normalement, par contre nous avons été touchés par un éclat d’un des missile.
- C’est réparable ?
- Pas avant deux heures au minimum.
- On a pas le temps, Irkoutsk va enclencher Tunguska dans très peut de temps.
- Les KA50-2 sont en état de marche.
- Sauf que l’on ne peut rien mettre dans ces engins là à part leurs deux pilotes. Je crois que je vais rejoindre la zone avec les chiens, puis ensuite rebrousser chemin. Une fois que vous aurez réparé, vous suivrez la route pour me récupérez.
- À vos ordres !

Puis le professeur retourna voir Balto, et il se rendit dompte qu’il ne pouvait plus tirer le traîneau, il ne pouvait même plus marcher.
Alors il détacha son harnais.
Il n’y avait plus de place sur le traîneau, et le temps manquait pour bricoler quelque chose afin de le transporter. Cela lui faisait mal au cœur, mais Vladimir n’avait pas d’autre choix, il fallait faire vite pour sauver les deux hommes. Il devait donc abandonner Balto !
Il retourna sur le traîneau et donna l’ordre de départ.

Mais les chiens n’obéirent pas.
- Vous devez y aller. Dit Balto.
- Papa ! Dit Kodi.
- Regarde dans l’état que je suis, je vais vous retarder.
Vladimir répéta son ordre.
- ALLEZ-Y ! Cria Balto. Faites le pour nos hommes !
- Mais papa, si tu reste ici…
- Je ne vais pas mourir, juste rester à cette époque !

Le professeur Lipatov utilisa alors son fouet, et instinctivement les chiens commencèrent à avancer.
Kodi était bouleversé, mais il savait aussi qu’il avait une mission : sauver leurs hommes. Alors il se comporta en bon chien de tête.
Enfin le traîneau s’ébranla pour de bon, et en quelque instant il fut hors de vue.
Mais, au bout d’une centaine de mètres, la ligne de trait de Hugo céda brusquement. Un autre fragment de l’avion l’avait à moitié coupée, et, ainsi fragilisée, elle n’avait pas résistée.

Vladimir n’y avait pas de quoi réparer, tout avait été fait dans la précipitation quand il avait quitté l’hélico. De plus le temps manquait maintenant, il y avait vraiment urgence.
Alors il laissa Hugo libre, il pouvait suivre le traîneau en courant. Cela faisait un chien en moins, mais de toute façon le traîneau était bien plus léger que quand ils avaient quitté Nome, et l’essentiel était qu’ils arrivent dans la bulle temporelle, la distance à franchir était faible.

Mais très vite Hugo cessa de courir, et il cria aux autres :
- Je vais aider Balto.
- Tu es sûr ? Demanda Kodi.
- Oui, je vais l’aider à retourner chez nous, comme ça vous serez tranquille et vous amènerez nos deux hommes à l’hôpital.
Puis le traîneau fut trop loin pour qu’Hugo puisse parler avec les autres chiens, alors il fit demi-tour et se dirigea vers Balto.
- Hugo… dépêche-toi de rentrer chez toi ! Lui dit le chien-loup.
- Ne te moque pas de moi, je ne pourrais pas faire ça. Allez, met-toi debout, je vais t’aider.
Alors Hugo se mis à soutenir le chien-loup quand il se releva et se mis à marcher.


Le traîneau filait sur la route, escorté à distance par un des deux hélicoptères de combat.
Vladimir avait du mal à bien le diriger dans les virages, heureusement qu’il avait un peut d’expérience. Dans les lignes droites il laissait les chiens courir.
Il ne pouvait s’empêcher de regarder sa montre, bien que cela ne servait à rien, car il ignorait à quelle heure ses collègues d’Irkoutsk allaient entrer en action.


Pendant ce temps, derrière lui, les deux autres chiens cheminaient aussi vite qu’ils le pouvaient.
C’était une marche épuisante pour Hugo, qui était déjà fatigué par le trajet de la veille dans la neige fondue.
Bientôt il fut à bout de force
- Tu es épuisé, je le sens. Dit Balto.
- Oui.
- Laisse-moi.
- Quoi !? C’est hors de question, tu es un héros, je ne te laisserais pas crever comme ça !
- Tu n’en peux plus, ce n’est pas la peine de mentir. Si on tarde trop on va tous les deux être bloqués ici !
- Non !
- Ecoute, si tu n’en à pas la force… tu risque même de mourir de fatigue !
- Je te ramènerais, même si je dois y laisser ma peau.
Balto se laissa alors tomber au sol.
- Je refuse que tu meures pour moi, laisse-moi ici !
- Balto, je dois te ramener à Nome !
- Non, je ne me relèverais pas, je vais rester ici.
- Je ne veux pas ! Dit Hugo. Non, je ne veux pas t’abandonner !
- Ce n’est pas la peine de te sacrifier pour moi !
- Tu ne comprends pas ! Tout le monde me déteste, tout le monde se moque de moi, et même ma propre mère me rejette ! Alors tu imagine ce que sera si jamais je rentre seul et que les autres verront que je t’ais lâchement abandonné !
- Mais ce n’est pas lâche, tu ne peux pas me ramener, c’est tout.
- NON ! Ils le penseront, tous ! Je serais encore plus méprisé et incompris… et je préfère mourir plutôt que de vivre ça ! S’il te plaît relève-toi, je ne rentrerais pas sans toi, même si je dois rester ici !
- Vas-t’en !
- Je ne partirai qu’avec toi !

Ils discutèrent encore une minute, mais Balto fini par comprendre que s’il restait à terre Hugo ne rentrerait jamais. Alors il se releva avec son aide, et tous deux reprirent la route.
Balto sentait la respiration de Hugo qui était difficile, il pensait qu’il allait se tuer.

A un moment, ils rencontrèrent sur le côté un chemin qui partait de la route, et qui semblait se diriger plus directement vers là où ils devaient aller. Un raccourci !
Hugo décida alors de prendre ce chemin, il était maintenant épuisé, et tout ce qui pouvait réduire ces efforts était le bienvenu, surtout que la terre de chemin était bien tassée ce qui fait que la marche serait aussi facile que sur la route.


Pendant ce temps, Lipatov arriva à la bulle temporelle. Une fois de l’autre coté de la limite, il arrêta le traîneau et en descendit. Puis il se dépêcha de ressortir de la bulle, de peur que Tunguska ne soit enclenché à ce moment là et que ce soit lui qui se retrouve bloqué en 1930.
Il avait l’impression d’abandonner les deux hommes qui étaient blessés. Mais d’après ça théorie cela n’avait pas d’importance, les effets de l’anomalie temporelle disparaîtront pour eux quand elle sera résorbée. Alors il rebroussa chemin vers l’hélicoptère de transport.

Il chemina un bon moment, et se rendis compte alors qu’il avait été pessimiste sur le temps. Ou bien est-ce que ces collègues d’Irkoutsk rencontraient des problèmes ?


Enfin, Balto et Hugo atteignirent eux aussi la limite de la bulle, mais à un autre endroit que celui où se trouvait Kodi et son attelage, et ils était hors de vu d’eux. Cette frontière était toujours facile à voir, car la neige de la forêt de 1930 était encore là, même si elle avait beaucoup fondu.
Et puis, avec le soleil bas sur l’horizon, il semblait que la bulle elle-même était visible, on avait l’impression d’un mur translucide que trahissaient quelques reflets.
Mais ce "mur" sembla aussi immatériel que quand l’attelage l’avait rencontré en venant de Nome, Hugo et Balto purent le traverser sans rencontrer la moindre résistance.
Une fois de l’autre coté, Hugo s’effondra, exténué, avec Balto sur lui.


Vu de l’espace, la région du lac Baïkal semblait des plus paisible.
Quand soudain, un peut au Nord-ouest de la ville d’Irkoutsk, il y eu un violent éclair lumineux, d’une blancheur éclatante : Tunguska venait d’être enclenché. Très vite, l’on vit une sorte de vague d’énergie, formant un arc lumineux blanc, partir de ce point et se propager rapidement vers l’Alaska.
Cette vague semblait irrésistiblement attiré par une zone circulaire couverte de neige, aux environs de la ville de Nome.
Vu sa vitesse, il ne lui fallu que quelque minutes pour l’atteindre.


Quelque instant après son arrivé, Hugo dit :
- J’ais une dernière chose à faire.
Alors le grand chien se releva, péniblement, et il se dirigea vers la frontière, qu’il retraversa dans l’autre sens. Puis il se coucha de l’autre coté, à l’extérieur de la bulle temporelle donc.
- Qu’est-ce que tu fais ?
- J’en ais assez de cette vie, Balto, personne ne m’aime à notre époque. Alors je reste de ce coté, une vie meilleure m’y attend peut être.
- Hugo voyons, je sais que c’est dur, moi aussi je l’ais vécu, j’ais même était séparé de mes parents très jeune.
- Tes parents t’aimaient ?
- Oui, le peut de temps que j’ais passé avec eux.
- Et ben moi je n’ais même pas eu cette chance !
- Quoi ?
- Mon père m’a toujours détesté, parce que je n’étais pas assez méchant à son goût. Quant à ma mère… elle m’a rejeté quand Steele est tombé en disgrâce, je lui ressemblais trop. Alors elle m’a abandonné, et c’est de justesse si mon maître m’a trouvé et m’a sauvé.
- Je suis triste pour toi, mais tu as un maître !
- Il ne m’aime pas. Comme les autres chiens me rejette, je ne travaille pas très bien et mon maître pense que s’est de ma faute… il me bat souvent.

Soudain, un grondement sourd se fit entendre, d’abord lointain puis approchant très vite. C’était la vague d’énergie qui arrivait.
Les deux chiens comprirent cela, surtout qu’ils commencèrent à percevoir la lumière émise par la vague, laquelle ressemblait à celle qu’ils avaient vu la nuit où s’était produit le phénomène à l’origine de leur voyage dans le temps.
- On y est. Dit Hugo.
- Non, tu ne sais pas ce que tu fais !
- Adieu Balto.
- Non !
Balto se releva et marcha sur trois pattes dans sa direction. Mais il ne fut pas assez rapide, la vague d’énergie arriva sur lui et le dépassa avant qu’il n’ait atteint la frontière de la bulle.


Chapitre 6

Kodi était tranquillement en train de dormir.
C’était une froide nuit d’hiver, mais les basses températures ne gênaient en rien le jeune chien, il y était habitué bien évidemment.
Et il n’y avait rien pour l’empêcher de bien dormi. Au contraire, tout allait bien, et même qu’il avait enfin réussi à devenir chien de tête.

C’était devenu possible car il était très doué pour cela, ça venait peut être du fait qu’il avait du sang de loup… ou peut être pas. Mais peut importe, c’était lui qui menait son attelage du traîneau postal désormais.
Il avait en quelque sorte remplacé Kirby, mais ce dernier n’était pas partit, loin de là. Il avait reconnu les qualités de son jeune remplaçant, et il était resté dans l’attelage, lui faisant parfois profiter de son expérience quand cela était utile.
Kodi en était vraiment fier, et plus encore quand il voyait comme son père avait l’air content de lui, il pouvait lire le bonheur dans ses yeux !

Il dormait à l’extérieur cette nuit là, prés de la maison de son maître, en ville donc. Minuit était passé depuis un bon moment, mais il restait encore quelques heures avant le lever du soleil.

Et puis d’un coup il eu l’impression que le sol se mis à bouger.
Il se réveilla en sursaut, et se mis sur ses pattes.
Rien ne bougeait, tout était calme. Il avait pourtant bien eu l’impression d’un tremblement du sol, mais il se rendit compte que rien de tel ne se produisait.
Puis il regarda le ciel, il s’était attendu à voir une lueur blanche, ou bien à ce qu’il se mette à faire jour subitement, mais là encore rien n’arriva.

Pourtant, Kodi avait en tête d’étranges souvenirs : anomalie temporelle, voyage dans le temps, machine intelligente, engins volants bizarres. Mais tout cela n’avait pas de sens.
Kodi se dit que ce ne devait être qu’un rêve, et il se recoucha.

Le lendemain matin il partit voir Dusty. En arrivant chez ses maîtres il s’aperçut qu’elle avait l’air fatiguée.
- Tu as mal dormis cette nuit ? Demanda-t-il.
- Ne m’en parle pas, j’ais fait un rêve vraiment étrange, et après je n’ais pas put fermer l’œil.
- Tiens, moi aussi. Il parlait de quoi ton rêve ?
- C’était des trucs complètement absurdes, oublions ça !
- Ouais, tu as raison.
Plus tard, Kodi partit voir son père.
Il discuta avec lui de diverses choses, et puis, au détour d’une phrase, Balto finit par dire :
- Ca me fait penser que cette nuit j’ais fait un rêve complètement loufoque.
- Ah bon ! C’est bizarre mais c’est mon cas aussi, ainsi que Dusty.
- Vraiment !
- Oui, il parlait de quoi ton rêve, papa ?
- Des trucs complètements extravaguant, des histoires de voyage dans le temps, des machines qui parle, une sorte d’anomalie qu’il faut réparer, des espèces d’engins volants avec une hélice sur le dos…
Balto s’arrêta de parler quand il vit la tête d’ahuri que faisait son fils.


Tous les scientifiques du projet Tunguska étaient réunis dans la salle de contrôle, y compris le professeur Lipatov. Cela faisait bientôt une semaine que l’anomalie temporelle avait été visiblement résorbée, tout le monde savait déjà que l’opération était un succès, mais ils attendaient les dernières informations qui confirmeraient définitivement la chose.
- Nous recevons les données. Dit un des techniciens.
- Lisez ce qui s’affiche.
- Toutes les mesures sont normales.
- Professeur Lipatov, c’est votre théorie… vous confirmer ?
Vladimir examina les chiffres, et au bout d’une minute il dit :
- Je confirme, l’anomalie temporelle est belle et bien résorbée, c’est indéniable.
Ce fut alors une explosion de joie, les applaudissements et les cris de joie fusèrent, et des bouteilles de vodka apparurent comme par magie, avec les verres qui allaient avec.
Ce fut la fête pendant un moment.
Puis le général Linkin s’adresse au professeur.
- Monsieur Lipatov, Je vous transmets les félicitations de la part de Moscou et de Bruxelles… et pour être franc, moi-même je ne croyais pas trop à votre théorie… jusqu'à ce que cela ne résolve notre problème.
- Merci.


Balto et les six chiens de l’attelage postal étaient réunis dans une petite ruelle déserte, pour discuter entre eux. Ils avaient préféré ce site à la salle des chaudières, car plus discret, étant donné qu’on aurait put les prendre pour une bande de fous si d’autres chiens avaient entendu ce qu’ils racontaient.
Ils avaient du mal à le croire, mais ils avaient tous fait exactement le même rêve étrange, et ce dans les moindres détails. De plus, il semblait bien que tous avaient été réveillés par leurs rêves exactement au même moment, et ce moment semblait correspondre à l’heure à laquelle, dans leurs rêves, il y avait eu cette secousse puis cette lumière blanche, avant qu’il ne fasse subitement jour.

- Vous croyez que tout cela s’est réellement passé ? Demanda Kirby.
- Il semblerait bien que oui. Dit Balto. Il semble donc bien que ce que disait ce professeur, et sa machine intelligente, à réussi : Cette "anomalie temporelle" à été détruite, ou "résorbée" comme il disait.
- Oui. Dit Kodi. Je me souviens de cette vague blanche qui a foncée sur nous, ce devait être ça le truc qu’il appelait "Tunguska".
- Je crois que ce "Tunguska" devait être une machine, qui a servit à résorber l’anomalie. Et cette vague blanche devait être la partie visible de ce que cette machine a produite pour tout remettre en ordre.
- Mais il y a un truc qui m’échappe. Dit Kodi. Il s’est écoulé pas mal de temps entre le moment où l’anomalie est apparue à notre époque, et le moment où elle a été… "résorbée". Et pourtant nous nous retrouvons le matin où cela avait commencé, quand il y a eu la secousse et la lumière blanche. Comment c’est possible ça ? On dirait que tous ce qu’on a vécu n’a en fait jamais existé !
- C’est vrai. Dit Balto. Et rappelez-vous, j’avais été sévèrement blessé à l’épaule, et pourtant maintenant je n’ais pas la moindre trace de blessure.
- C’est exact. Dit Kirby. Et nous on était complètement épuisés quand cette vague blanche nous est arrivée dessus. Et on est tout frais à notre réveil, pas de trace de fatigue, pas de courbature, rien ?!
Balto réfléchie un instant, puis il dit :
- Je crois que tout ce qui c’est passé à partir du moment où l’anomalie c’est manifestée, c’est à dire dès le début des premières secousses, devait faire partit de l’anomalie en elle-même. Et quand cette anomalie a été résorbée…
- Tout a été supprimé. Dit Kodi.
- Et l’Histoire a repris son cours normal là où il avait été interrompu.
- Et pourquoi on se souvient de tout ? Demanda Kirby. Si j’ais bien compris on aurait dû tout oublier !
- C’est-ce que je me demande. Il semblerait que notre esprit n’obéisse pas aux mêmes lois que nos corps ou que les objets inanimés.

Les chiens avaient essayé de voir si les deux hommes qui conduisaient leur traîneau se souvenaient de ça également, mais ces derniers n’en avaient pas discuté, ni entre eux ni avec d’autres. Peut être qu’ils avaient trop peur de passer pour des fous, et devaient se dire que ce n’était qu’un rêve étrange.
Puis Balto et ses compagnons avaient été voir les deux chiens qui avaient été rajoutés à l’attelage : Baseek et Hugo.
Baseek fut facilement retrouvé, et ses souvenirs concordaient parfaitement avec ceux des sept autres chiens.
Par contre pour Hugo… pas moyen de mettre la patte dessus.

Et au bout de plusieurs jours il fallut ce rendre à l’évidence : Hugo avait disparu, sans laisser la moindre trace.
La nuit de sa disparition il s’était couché dans sa niche à l’extérieur, d’après les dires d’autres chiens. Et bien, quand Balto et ses amis avaient été voir sur place, ils avaient trouvé ses empreintes de pas qui y menaient mais aucune qui en repartaient… Comme si Hugo s’était volatilisé pendant son sommeil !

C’est alors que Balto raconta aux autres ce qui c’était passé juste avant que la vague d’énergie ne l’atteigne lui et Hugo.
- Donc, Hugo est resté en dehors de cette "bulle", comme disait la machine intelligente.
- Ce qui veut dire que quand l’anomalie à été résorbée…
- Il est resté à leur époque, dans le futur.
- Oui. Dit Balto. Et je pense qu’au moment où on s’est tous réveillé cette nuit là… lui a purement et simplement disparu.
- Et qu’est-ce qu’il va devenir ?
- Ça, je crois que seul nos arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-petits-enfants pourront peut être le savoir un jour !


Vladimir Lipatov était tranquillement en train de se détendre dans sa résidence d’été, prés de Irkoutsk, avec son chien étendu à ses pieds.

Puis des amis arrivèrent.
Après des salutations, les invités s’installèrent dans le salon. Puis l’un d’eux, en désignant le chien, demanda :
- C’est lui ?
- Oui. Répondit Vladimir.
- Il ne fait pas son âge ! Je veux dire… son âge calculé à partir de sa date de naissance. Dit un autre invité en riant.
Puis tous éclatèrent de dire.
- C’est vrai, mais il a triché, grâce à nous.
Nouvel éclat de rire général.
- N’empêche, il revient de loin. Dit Vladimir. Il était presque mort d’épuisement quand on l’a retrouvé, et une fois que je l’ais pris avec moi dans l’hélico on a bien faillit se faire abattre par un avion yankee ! Heureusement qu’on a quitté leur espace aérien… juste à temps !
- Comment connais-tu son nom ?
- Il était marqué sur son collier. Enfin, je suppose que c’est lui, en tout cas il est tout de suite venue vers moi quand je l’ais appelé avec ce nom.
- Ses anciens maîtres ne lui manquent pas ?
- Visiblement non… ça vie d’avant devrait être difficile. En tout cas il semble être heureux avec moi.
Puis il regarda vers son chien, qui commença à remuer la queue.
- Hein que tu es heureux avec moi, Hugo ?


FIN