Plusieurs personnages existants, mais j'en ai inventé quelques-uns. SVP ne pas les prendre sans mon autorisation... !:) L'histoire ressemble au film (le début), mais n'est pas pareille.
Balto et Jenna étaient maintenant les parents de plusieurs adorables chiots. Ils se rapprochaient plus du chien que du loup. Sauf une, elle s'appelait Aleu. Elle était le portrait tout craché de son père. Elle était plus curieuse, plus vive. Son poil était gris, dispersé en plusieurs teintes et blanc. Ses yeux, quant à eux étaient d'un bleu éblouissants. C'était la plus jeune de la portée, mais également la plus vive, la plus énergétique, la plus curieuse. Elle savait comment se débrouiller seule, et aimait explorer de nouvelles choses par elle-même. Elle n'étais pas très dépendante de ses parents, et préférait de loin faire des choses par elle-même.
Lorsque tous les chiots furent servés, Jenna et Balto décidèrent de les donner. Leurs maîtres ne pouvaient pas les garder. Balto et Jenna les mirent donc dans une boîte, à la vue de tous, et restèrent proche de la boître, pour surveiller. Il y avait une douzaine de chiots. Onze chiots ressemblaient comme deux gouttes d'eaux à Jenna. Aleu, ressemblait à son père. Un petit garçon passa et s'intéressa aux chiots. À l'air de sa mère, il avait la permission d'en prendre un. Il se saisit d'Aleu et regarda sa mère. Pendant ce temps, la chienne le léchait, toute heureuse. Cependant, sa mère força le petit garçon à reposer la chienne et à en prendre un autre. Balto entendit clairement la mère dire à son fils :
- Non, ne le prend pas !
- Pourquoi, lui demanda-t-il.
- Ce chien ressemble trop à un loup. Choisis-en un autre, ils ressemblent plus à des chiens et ils sont tout aussi adorables.
Le petit garçon finit par en choisir un autre, c'était Takar. Jenna ne voulait pas l'avouer, mais c'était son préféré. Mais, Balto, n'avait pas le coeur à la fête. Après avoir entendu les paroles de la dame, il regarda Aleu, plus attentivement. Effectivement, elle était différente, et puis alors? Pour lui, ça ne changeait rien. C'était une chienne et non une louve. Il ne lui restait plus qu'Aleu et Kodi dans la boîte vers la fin de la journée. Une jeune fille passa, mais ne regarda même pas Aleu et se saisit de Kodi et partit. Ensuite, un autre garçon arriva, regarda Aleu et s'en alla. Ce fut comme cela pour plusieurs personnes. À la fin de la journée, à son plus grand désespoir, il ne restait plus qu'Aleu dans la boîte. Tous les autres chiots avaient étés adoptés, sauf elle. Balto était triste. Aleu était sa préférée, même s'il ne l'aurait jamais avoué aux autres.
Aleu ne comprenait pas pourquoi tous ses frères et soeurs étaient partis. Pourquoi était-elle toute seule? Elle ne le savait pas. Mais, elle comprit à l'air triste et désespéré de ses parents que ce n'était pas à cause d'une bonne raison.
Elle marcha vers eux et leur demanda carrément :
- Pourquoi suis-je la seule qui reste?
- Écoute, Aleu, commença Balto, tu es différente...
- Différente? Comment? Je suis comme les autres, protesta Aleu.
- Non. Écoute, je ne sais pas comment te le dire, mais tu me ressembles.
- Oui? Et alors? Qu'est-ce que ça peut bien faire?, répondit Aleu, ne voyant pas où son père voulait en venir.
- Alors, je ressemble à quoi, moi? À un chien ou à un loup?
- Tu es un un mélangé, Papa ! C'est normal que tu aies des apparences de loup, mais je sais que tu as un coeur de chien.
- Aleu ! Tu n'as pas compris. Écoute... Je vais te raconter mon histoire, brièvement. Et tu comprendras ce que j'essaie de t'expliquer.
Et Balto commença...
Ma mère était une louve et mon père était un chien. Je n'ai jamais vraiment bien connu mes parents. Ma mère était une louve sauvage. Mon père m'a dit qu'elle était blanche comme la neige, se confondant parfaitement dans la neige et qu'elle était très imposante, inspirant le respect mais qu'au fond, elle était très douce. Ils s'étaient rencontrés dans la forêt. Mon père était tout de suite tombé amoureux de ma mère. Ma mère était plus distante, faisait l'indépendante. Mon père, un jour, la suivit, et il ne sut jamais si elle s'en était rendue compte, mais elle le mena directement à une tanière. C'est alors qu'il le vit. C'était un grand loup, brun, il était majestueux, il avait des allures de rois. Mon père eut le coeur brisé à sa vue. S'il n'était pas achevé, il le fut lorsqu'il vit roulé en boule proche du loup, quatre petites boules de poiles. Il s'enfuit en courant et se promit de ne plus jamais la regarder.
Mais, le lendemain matin, se demandant pourquoi le chien ne lui portait plus aucun intérêt, elle le pourchassa dans la forêt et jusqu'au village, malgré la présence d'humaines à proximité. Elle tenait vraiment à savoir. Elle le rattrapa juste avant qu'il ne franchisse le seuil de la forêt. Même si c'était un chien, et qu'elle était une louve, il courait assez vite. Elle lui barra la route et lui demanda
- Hey, Doky! Pourquoi tu ne me parles plus? Qu'est-ce que tu as?
- C'est rien, Aniu. T'as encore du temps à perdre à courir après moi? Je pensais que t'avais déjà un loup pour te réchauffer, grogna Doky.
Et sur ce, il partit en courant de toutes ses forces vers le village, sachant qu'Aniu ne le pourchasserait pas jusque là. À la lisière de la forêt, Aniu était stupéfaite. Comment savait-il l'existence de Niblo? S'il avait vu Niblo, c'est qu'il l'avait suivie et, il avait certainement vu les louveteaux. Elle était très déçue, car, même si elle était déjà avec Niblo, elle avait un faible pour Doky. Cependant, jamais elle ne l'avouerait. Niblo détestait les chiens. C'était eux qui menaient les chasseurs aux repaires des loups. D'ailleurs, il prenait un malin plaisir à en égorger. Aniu ne voulait pas que Doky soit tué par Niblo.
Doky n'avait jamais participé à une chasse par amour pour Aniu. Ce matin-là, c'était le jour de la chasse. Le meilleur ami de Doky lui proposa de les accompagner :
- Aller, Dok, un chien de plus ça pourrait nous être bien utile!
- Non, je ne veux pas. T'imagines si on tombe sur Aniu? J'veux pas être oubligé d'lui courrir après !
- Non, mais, si on tombe sur son compagnon? T'aurais pas envie de lui faire la peau?
- Peut-être, mais je ne crois pas qu'Aniu me le pardonnerait.
- Ah ! Toi et Aniu ! On s'en fiche ! Aller, on veut avoir du plaisir !!!
- Bon, d'accord, mais je vais juste observer. Je ne veux pas courir après les loups. Ils ne m'ont rien fait.
- Bon, c'est bon, maman, se moqua son ami, regarde... et apprends.
Quelques minutes plus tard, toute la troupe allait vers la forêt. En lisière, les groupes se séparèrent en trois. Doky resta avec son ami, qui accompagnait son maître. Soudain, le chien de tête s'arrêta, dressant la queue et humant l'air, alerte. Aussitôt, tous les chiens se couchèrent et tendaient l'oreille. Le chasseur, resta immobile, aux aguets. Doky se demanda ce qu'il avait vu lorsqu'il partit en courant, comme s'il pourchassait quelque chose. C'était en plein milieu de l'hiver, et il neigeait. Doky en voyait sa visibilité réduite. Mais, il se fiait à son flair et arrivait à suivre la meute. Le chasseur était alerte. Il semblait suivre quelque chose d'invisible. Soudain, Doky la vit. La louve qu'ils suivaient à la trace n'était autre qu'Aniu. Il paniqua. Il devait absolument les empêcher d'atteindre Aniu. Il prit une des pires décisions de sa vie. Il coupa à travers la forêt, au risque de se perdre pour avertir le compagnon d'Aniu, s'il était à la tanière. Le hasard fit mal les choses, il n'y avait que les louveteaux dans la tanière. Il savait que les chiens se rapprochaient, il sentait Aniu courir. Il vit les quatres boules de poils, ils devaient avoir environ 3 mois. Il ne pourrait pas tous les transporter. Il regarda. Il y en avait un blanc, comme Aniu, déjà très musculaire, il était debout et flairait l'air comme s'il avait senti le danger.
- ViTE ! Je ne sais pas ton nom, mais file, je te le dis ! Si tu tiens à la vie, file, murmura Doky.
Le petit s'enfuit en courant. Doky songea qu'il n'aurait pas de mal à le retrouver étant donné la longueur de ses pattes. Il regarda rapidement les autres chiots. Il prit le plus menu dans sa gueule, c'était une femelle, grise, très légère.
- Hey ! Les deux autres ! Je sais que vous ne pourrez pas courir longtemps, mais, dépêchez-vous ! Faites ce que vous voulez ! Mais courez, je vous dis, courez ! Je viendrai vous aider, en cas de besoin, sinon, cachez-vous. Maintenant, allez rejoindre votre frère et au pas de course. Votre survie en dépend.
- Mais, notre maman et notre papa, protestèrent-ils, ils ne sont pas là.
- On n'a pas le temps. Votre maman les distrait, je ne sais pas ce qu'il advient de votre père.
- Il est ici, lui répondit une voix grave et agressive.
Doky se retourna et vit le mâle qui le regardait, intrigué.
- Tu es un chien, que fais-tu ici? Tu veux guider tes camarades jusqu'à nous?
- NON! Surtout pas! J'essaie d'aider vos petits à s'enfuir ! Vite ! Le temps presse ! Les chiens et les chasseurs arrivent. Le petit blanc est déjà parti. Et les autres le rejoignent. Il ne me reste que la femelle.
- Bon, cette fois je te laisse la vie sauve, mais je ne peux pas m'occuper des louveteaux. Je dois aller sauver Aniu. Occupe-toi s'en. Trouve-leurs une cachette sûre. Je te confie leurs vies, prends-en soin.
Et sur ce, il disparut entre les buissons.
Doky ne perdit pas de temps, en reniflant le sol, il parvint à retrouver la piste des trois louveteaux. Ils couraient encore. L'adrénaline leur donnait de l'énergie insoupsonnée.
Doky eut vite fait de les rattraper. Ils les suivit, pour s'assurer qu'il n'en manquait aucun. Il leur commanda la prudence. Au loin, il entendait les chiens aboyer et les loups hurler. Il redoutait entendre des coups de feu. Les louveteaux coururent pendant une longue heure. Ils étaient épuisés. Doky leur trouva une cachette. Elle était sûre et elle puait la moufette.
Parfait, pensa-t-il, les chiens ne viendront jamais dans une telle puanteur.
- Les jeunes, restez ici, ne sortez pas, ne bougez pas. Il dépend de votre survie. Vos parents sauront vous retrouver. Je dois maintenant vous quitter. Adieu...
- Merci, soufflèrent les petits avant de s'endormir.
Doky devait retourner sur ses pas et brouiller les pistes. Ce qu'il fis. Il répendait des crottes de toutes sortes d'animaux sur les pistes, les effaçant...
Il continuait son travail nerveusement quand entendit le coup de feu tant redouté. Par la suite retentit un hurlement sonore. Il savait qu'un loup avait perdu la vie ou allait bientôt la perdre. Ça l'a dégoûta. Il courus vite rejoindre les chiens. Aucun n'avait remarqué mon absence. Il devait les divertir, le temps qu'Aniu et son compagnon s'enfuissent. C'est alors qu'une aide inespérée fit son apparition. C'était une louve, bien sûr, mais elle ressemblait vraiment à une chienne. Aussitôt, elle le regarda fixement, voulant dire qu'ils pouvaient l'utiliser comme leurre. Alors, il s'écria:
- YA UNE LOUVE QUi EST PARTIE PAR LÀ-BAS ET ELLE SERA PLUS FACILE À TRAQUER ! VENEZ, TOUS !
Les chiens lui obéirent. Le chasseur les suivit aussi. Doky était soulagé. Mais, lorsqu'ils découvrirent ensuite la «louve», morte de fatigue, et qu'ils se rendirent compte que c'était une chienne, ils étaient furieux.
- Doky, tu seras jamais un bon chien d'chasse. Même pas capable de différencier un chien pie un loup, soupiraient-ils.
Doky s'en moquait royalement, pour tout dire. Il était heureux qu'un des deux parents des loups ait pu survivre. Les chiens commençaient à retourner au village et le chasseur aussi.
- Tu viens, Dok?
- Non, je veux m'occuper d'elle avant.
- Comme tu veux, je ne t'attendrai pas au village, j'ai rendez-vous.
- Parfait !
Et il partit.
- Comment te sens-tu, demanda Doky à la chienne.
- Essouflée, lui répondit-elle.
- Qui es-tu? Et pourquoi avoir voulu aider un loup?
- Cette louve, dont tu parles, c'est ma fille.
- Oh! Tu l'as vu? Est-elle en vie, est-elle morte? A-t-elle retrouvé ses petits?
- Une question à la fois, le grand ! Non, j'en ai aucune idée, allons jeter un coup d'oeil.
Et ils se mirent en route...
En chemin, ils rencontrèrent un cadavre de loup, légèrement recouvert par la neige. Ils le dégagèrent. Il n'était pas encore mort, mais allait geler. Doky s'aperçut que c'était Niblo.
- Niblo ! C'est grave?
- Tu ne peux plus rien pour moi, Doky, le sauveur. Je te remercie de m'avoir prévenu et d'avoir sauvé les petits. Aniu est partie les chercher. Je vais mourrir bientôt, ce qui m'a atteint était trop fort, trop puissant.
- Je suis désolé, Niblo. La seule chose qu'on pourrait faire, c'est t'amener chez le vétérinaire, mais il ne te soignera jamais, tu es un loup.
- Je ne le sais que trop bien. De toute façon, dans la nature, si tu es fort, tu survis, si tu ne l'es pas assez, tu meurs. C'est la loi de la nature. Mais toi, chien, tu ne la connais pas.
- Je le sais, maintenant.
- Oui... murmura Niblo.
- Que pourrais-je faire? se désolait Doky.
- Prends soin d'Aniu. Elle ne me l'aurait jamais dit mais je savais qu'elle avait d'abord flashé sur toi. Je le savais. Et je savais également que tu l'aimais. Vous aviez tous les deux, dans le regard, la même flamme d'amour qui brillait. Tu crois sûrement qu'Aniu n'était qu'un jouet pour moi, mais ce n'est pas du tout le cas. Elle a vraiment compté et elle comptera toujours. Je l'aimais vraiment. Je suis bien content de tout ce que j'ai vécu avec elle, mais chaque vie a une fin, et la mienne est maintenant. Prends soin d'Aniu. Prends soin des louveteaux. Surtout du blanc, Dakar, il ressemble à Aniu et je l'adore... Mais, occupe-toi des autres aussi... , me dit-il juste avant de s'éteindre.
- Je te le promets, Niblo, répondit Doky, dans un souffle.
Et il mourrut en me regardant fixement, avec un regard pur, comme s'il n'avait pas souffert. Doky serait bien resté plus longtemps, mais il devait trouver Aniu... et lui apprendra la mort de Niblo. Ce serait un coup dur pour elle, sans aucun doute, mais, il serait là pour l'aider à surmonter cette épreuve.
«Dorénavant, je serai un chien sauvage, au diable ce que me dis ma tête, je suiverai ce que me dis mon coeur et il me dit de rester avec Aniu.»
Il courut le plus rapidement qu'il pouvait jusqu'au refuge des petits. Enfin, à l'endroit où il les avait laissés. Lorsqu'il approcha, une boule blanche furieuse lui sauta au cou et essayait de l'étrangler.
- Aniu ! couina Doky.
Elle continua de l'étrangler, comme si elle ne le reconnaissait pas.
- C'est moi, Doky, essayait-il de dire clairement, je ne veux pas de mal à tes louveteaux!
Enfin, elle posa ses yeux verts émeraude, brillants de larmes sur lui. Et elle le relâcha. Il n'avait qu'une blessure superficielle, mais il avait bien cru qu'elle allait le tuer.
Et elle se jeta dans ses bras en pleurant.
- Voyons, Aniu, tu dois être courageuse. Les petits sont en sécurité.
- Non, Doky.
- Comment? Je les avais mis là moi-même.
- Il ne faut pas trop en demander à des enfants. Ils sont morts de fatigue par ta faute.
- Mais... Je voulais simplement les éloigner le plus du combat !!
- Tu as voulu bien faire, mais tu les as tués.
- Tu sais bien que je n'ai pas fait exprès, s'excusa Doky.
- Peut-être, mais tu es tout de même responsable et je ne te le pardonnerai jamais.
- Mais, Aniu ! Tu ne voudrais pas vivre avec moi? Tu n'es pas oubligée de me pardonner, mais, ne veux-tu pas être heureuse? Niblo m'a dit qu'il savait que tu avais flashé sur moi. Au fait, il a succombé à ses blessures. J'étais avec lui pendant ses derniers instants de vie. Il m'a demandé de prendre soin de toi et des petits, précisément de Dakar, il avait l'air à beaucoup l'apprécier.
-...
- Non, Aniu, laisse donc faire cette idée, tu dois me voir conne un assassin, et dire que j'étais prêt à laisser tout tomber pour rester avec toi et que j'ai vraiment cru Niblo lorsqu'il disait que tu m'aimais bien, quel gros bêta je suis, ragea Doky.
- Il n'avait pas tord, répliqua lentement Aniu.
Doky ne put entendre ses paroles, car il était déjà parti, courant, le plus loin possible de sa bien-aimée, le coeur en miettes. Il fut très surpris de voir qu'elle le rattrapa.
- Qu'est-ce que tu fais, grogna Doky, furieux.
- Aller, tu ne vas pas me faire la tête, minauda-t-elle, en faisant les yeux doux.
- Tu viens de m'accuser d'avoir tué ton compagnon et tes enfants et maintenant tu voudrais que je revienne? Non, c'est hors de question, tu aurais dû y penser avant, répliqua Doky, enragé.
- Ah, je pensais que tu voulais vivre avec moi. Je m'étais peut-être trompée, finalement, se désola-t-elle, je ne t'embêterai plus, adieu, Doky...
Doky était furieux, certes, mais pas au point de la laisser partir comme cela. Et il la rattrapa.
- Bon, d'accord. Allons rendre un dernier hommage à tes chéris, dis Doky.
Rendus à la cachette, Doky sortit tous les louveteaux. Lorsqu'il sortit le blanc, il était surpris. Et il le déposa par terre, loin de celui qu'il venait de sortir.
- Couche-toi à côté de lui, ordonna-t-il à Aniu.
Et il sortit les autres louveteaux. Il en déposa un autre à côté d'Aniu et déposa les autres plus loin. Il creusa un trou, et les enfouit dedans, et referma le trou.
- Pourquoi? questionna Aniu.
- Ils sont encore vivants, répondit Doky, ils respirent.
- .. J'étais tellement énervée, je n'avais même pas remarqué ! Oh ! Je suis si contente! Écoute, je suis désolée de ce que j'ai dit tout à l'heure.
- Ah, c'est pas grave...
- C'est drôle, tu sais. Le blanc, Dakar, était le préféré de Niblo, et la grise, c'était ma préférée. Elle s'appelle Nederty.
- Quelle coïncidence, dit Doky.
Doky et Aniu passèrent une grande partie de l'hiver à prendre soin des petits. Aniu montra à Doky comment chasser. Il apprenait vite, et maintenant, c'était lui qui chassait pour nourrir la louve et les louveteaux. Il savait que ce n'était pas le père des petits louveteaux, mais il en prenait soin comme si c'était les siens. Le printemps arriva, et la saison des amours également. Dakar était rendu très grand, très physique, très musclé et surtout, très imposant. Sa soeur, Nederty, était menu, mince, frêle et donnait l'impression qu'elle allait s'effondrer à chaque pas. Mais au fond, elle était endurante. Dakar ne parlait jamais à Doky. Celui-ci savait que Dakar désapprouvait sa relation avec sa mère. Pour lui, Doky serait toujours un chien et un maudit chien. Un jour, il lui dit :
- Toi, je t'ai vu avec les chiens qui ont tué mon père
- J'étais avec eux.
- Tu as donc tué mon père, mon frère et ma soeur.
- Si tu veux savoir, non, j'étais trop occupé à vous mettre à l'abri.
- C'était toi, le grand chien?
- Oui, c'était moi.
- Je me souviens, maintenant. Tu m'as peut-être sauvé la vie, mais, je ne t'apprécierai pas plus. Ne t'approche pas de ma mère, batard !
Doky essayait de respecter l'opinion de Dakar. Mais, c'était dur. Aniu était en chaleur, et il était de plus en plus attiré par elle. Vint un jour où il ne put plus contenir tout ce désir. Et là, devant les enfants, il lui fit des avances. Et, sans réfléchir aux conséquences de ses actes, il lui embarqua dessus et ils s'accouplèrent. Parfois, longtemps. Ils s'accouplèrent plusieurs fois. Enfin, presque toujours. Doky ne savait pas pourquoi, mais il voulait avoir des louveteaux et multiplait les occasions d'en avoir.
Finalement, Aniu tomba enceinte, et la période des amours était terminée. Dakar grandissait encore, gardant en mémoire l'affreux souvenir de sa mère «violée», comme il s'amusait à dire par un maudit batard. Sa soeur, ne faisait pas de difficultés avec Doky et reconnaissait en lui leur sauveur. Lorsque Aniu accoucha finalement, Doky vit trois petites boules de poiles, toutes aussi mignones les unes que les autres. Deux des louveteaux ressemblaient à des loups. Mais, l'un d'entre eux, ressemblait plus à un chien. Il était gris. On aurait dit une espèce de chien de traîneau. On voyait que c'était un bâtard, mais, Doky n'en pouvait plus de vivre dans la forêt, sans voir les humains. Ce chien-là fut nommé Balto par son père. Les deux autres, un mâle et une femelle, s'appelaient Stark et Diva. Stark avait un fort caractère et rivalisait souvent avec Dakar, pour jouer. D'ailleurs, Stark ressemblait beaucoup à Dakar et à Aniu, sauf que, le bout de sa queue et le bout de ses pattes était gris, un gris comme celui de son père. Quant à Diva, elle était toute grise, comme son père, mais, elle avait le bout du museau blanc et l'oreille et l'oeil gauche blancs. Elle était très mignonne à voir.
Plusieurs jours passèrent, et bientôt, lorsque les louveteaux furent âgée de six mois, Doky décida d'amener Balto au village. Aniu n'était pas d'accord.
- Voyons, Aniu, il ressemble à un chien, protestait Doky.
- Non ! Je n'ai jamais eu confiance en les humains, et ce n'est pas aujourd'hui que j'aurais confiance, répliquait durement Aniu.
- Mais, juste pour qu'il voye le village ! Il n'en mourrera pas ! Je serai là pour le protéger ! Et en plus, les gens du village n'y verront que du feu, ils ne se rendront même pas compte du suberfuge.
- Grrrrr, gronda Aniu.
- Je prends ça pour un oui, s'amusa Doky.
Et il partit avec Balto vers le village.
- Papa, Mama dit que c'est dangereux.
- C'est dangereux pour les loups, mais toi, tu es un chien-loup. Mais, tu ressembles à un chien, les gens ne sauront pas faire la différence.
- Papa, j'ai peur.
- Voyons, Balto !
Et ils firent irruption dans le village. Les chiens accouraient à leur rencontre.
- Ils puent le loup, grondaient-ils.
- Ce sont des chiens, disaient d'autres.
- Non, pas le petit, murmura un des chiens. Il pue le loup et c'est un loup.
- DOKY! s'exclama soudain une voix familière.
Une jolie chienne, environ de l'âge de Doky, apparut.
- Bella, murmura Doky, soudain submergé par l'amour qu'il portait autrefois à cette chienne, à qui il avait eu des chiots avec.
- Doky, où étais-tu?
- Dans la forêt.
- Tu pues le loup. Qu'est-ce.. qui est...
- C'est mon fils, Balto.
- Il pue le loup. Ne me dis pas que... Non.! DOKY! NON ! PAS TOI! s'exclama-t-elle, stupéfaite.
- Oui, j'ai eu des chiots avec une louve. Cela n'empêche, Balto est très chien. Il sera comme vous.
- Non, répliqua-t-elle. Il ne l'est pas, et il ne le sera jamais. Comme le dit le dicton, loup un jour, loup toujours. Il aura beau vivre parmis nous, ses instincts de loups ressortiront un jour et il prendra plaisir à tuer.
- Où sont les enfants?
- Morts.
- Comment?
- Tués par les loups. Ils ont voulu aller te chercher, il y a deux jours. En explorant la forêt. Ils n'étaient pas assez vieux, avant, maintenant, ils étaient forts et faisaient ce qui leur plaisait. Ils sont tous morts, sauf un, en a rééchapper. Mais il est mort, peu après. Il a affirmé qu'une tornade blanche s'est jetée sur eux. Elle était accompagnée par un loup. Ton fils a dit qu'il était tout blanc, mais que sa queue et le bout de ses pattes était gris. Et il a précisé «Gris, comme le gris si particulier de la fourrure de mon père...» Et il est mort après avoir dit cela. Tu te rends compte?
- Ça ne peut pas être Aniu.
- Parce qu'en plus cette batarde de louve a un nom? rageait Bella.
- Oui, et je l'aime ! Alors, je t'interdis de parler en mal d'elle.
- Je croyais que tu m'aimais, que tu t'étais fait dévoré par ta chère Aniu. J'ai pleuré sur toi des jours et des jours entiers pendant que toi, tu batiffolais avec elle, pleurait-elle.
- Non. J'ai pensé à toi, longtemps, je ne savais pas si j'allais te revoir. Je pensais aux enfants. Mais, ceux que tu as décrit, dans la petite famille, il n'y a que deux loups blancs. Dakar et Aniu. Et l'autre loup, il n'y a pas d'hésitation, c'est mon fils.
- Ton fils? C'EST TON FiLS QUI A TUÉ NOS ENFANTS !!!! TU ES FOU OU QUOI?
- Non. Écoute, Bella, je comprends, je ressens aussi un cruel déchirement. Je vais aller régler cette situation.
- Penses-tu vraiment que nous allons te laisser repartir avec cet enfant? Il faut le tuer, avant qu'il ne tue également nos enfants.
- Non! Jamais ! Cet enfant est toute ma vie ! Balto! Viens, nous partons, et vite.
Doky courut aussi vite que Balto le pouvait. Parfois, il le portait dans sa gueule, et courut aussi vite que possible vers la tanière.
- Salut! Mon chéri, s'exclama Aniu en s'approchant pour l'embrasser.
Doky se détourna.
- Qu'est-ce qu'il y a? s'inquiéta Aniu.
- C'est toi... Comment as-tu pu?
- Mais? quoi? Faire quoi?
- Tuer mes chiots ! hurla Doky.
- Tes chiots? Je n'ai pas quitté le refuge.
- Bella m'a dit que mon fils, le seul vivant sur cinq, avait rapporté avoir vu ce qu'il a qualifié de tornade blanche et qu'il avait vu Stark.
- Comment? Je te jure, Doky, que ce n'est pas moi qui ait tué tes enfants. D'ailleurs, tu ne m'en as jamais parlé.
- Ça doit être Darak. Il déteste les chiens, et Stark suit son exemple.
- Je compte lui régler son compte.
Lorsque Dakar et Stark sont revenus, ils étaient propres.
C'était suspect.
- Pourquoi vous êtes-vous lavés? leur demanda Doky.
- On était sales, répliqua durement Dakar.
- Et pourquoi étiez-vous sales?
- Tu m'agaces avec tes questions. C'est pas de tes affaires. T'es pas mon père
- Bon, d'accord, Dakar, va voir ta mère. Stark, reste ici.
- Mais, papa, j'ai rien fait !
- Je sais pas.
- Juré ! Dakar m'a oubligé a le suivre, mais je voulais pas.
- T'as tué mes chiots ! T'es idiot ou quoi? cria Doky.
- papa ! Je savais pas que c'était les tiens ! Je ne les ai même pas tués ! C'est Dakar qui les a achevés. J'essayais de les protéger, mais j'y suis pas arrivé, Dakar m'a assomé, avant que j'aie eu le temps de l'en empêcher. Et il avait étendu du sang sur moi. Il m'a forcé à en manger un morceau, pour que j'apprécie le goût de la chair fraîche qu'il a dit.
- Ce Dakar ! Ne va plus jamais seul avec lui. Tu as compris? C'est un mauvais exemple. Il déteste les chiens. Il pourrait te tuer sous prétexte que tu es un chien-loup.
- Promis, Papa, je vais me contenter de jouer avec Balto et Diva, promis Stark.
- J’y compte bien, répliqua Doky, je vais te surveiller, mon grand
- Mais, Papa ! Tu ne crois pas que je suis plus grand, se fâcha Stark, je suis assez grand ! Je suis autonome !
- Bon, d'accord, céda Doky, je vais te laisser sans surveillance, mais, si j'apprends que tu m'as désobéi, tu ne seras plus JAMAIS seul. Est-ce que tu comprends, PLUS JAMAIS.
- Oui, papa, c'est très clair.
- File.
Darak n'aimait pas Doky. Un jour, lorsqu'Aniu, Balto, Stark et Diva étaient partis à la chasse, Darak provoqua Doky.
- Alors, chien de ville, ça ne t'a pas suffit de te faire ma mère, il fallait maintenant que tu surveilles mon frère, gronda-t-il.
- C'est mon fils, répondit Doky.
- Peut-être, répliqua Darak, mais tu le renieras dès qu'il viendra se frotter à moi.
- Non, je ne le renierai jamais, dit Doky, c'est mon fils et il le sera toujours.
- On ne le saura jamais, de toute façon, puisque ta vie va s'achever ici même.
- Je ne vois pas d'ennemi potentiel, répliqua Doky.
- Y'en a un, que tu doutes pas, grogna Darak, et c'est moi. Tu mourras de ma pattes, et tu verras toute la souffrance que j'ai éprouvé, et toute la honte, que j'ai pu ressentir en voyant ma mère se faire violer par un batard de chien dans ton genre. Maintenant, je serai la risée de tous les loups lorsqu'ils te verront et verront les louveteaux. Mieux vaut que je t'achève que ça soit elle qui le fasse.
- Pourquoi dis-tu ça?, le questionna Doky.
- Elle ne t'aime même plus, je le sais, répondit tout bonnement Darak, elle me l'a dit et elle a fait exprès aujourd'hui de s'en aller pour que je puisse te régler ton compte.
- ...
- Tu es bouché là, hein, se moqua Darak, tu sais plus quoi dire ! Oh ! Pauvre tiit !!!
- Si ce que tu dis est vrai, alors je n'ai plus aucune raison de vivre... Je te laisserai me tuer, mais, je dois rester en vie pour mes enfants. Balto, Diva et Stark ont besoin de moi.
- Stark n'a pas besoin de toi et n'aura JAMAIS besoin de toi, aboya Darak, il est capable de se débrouiller seul, ya pas besoin de son papa !
- Je le surveille, pour qu'il devienne quelqu'un de respectable, et non quelqu'un de détestable comme toi, Darak. Je te tenais en haute estime, expliqua Doky, mais là, je dois admettre que tu es descendu...
- Oh ! dit Darak, je ne savais pas que tu m'évaluais maintenant, n'empêche, arrête de parler, grand-père que je te règle ton compte, ça ne me fera absolument rien, puisque tu n'es pas mon père et tu ne seras JAMAIS dans mon coeur !!!
- Achève-moi, maintenant, répondit Doky.
Et Darak se jeta littéralement sur Doky. Ils se mordaient et se griffaient. Doky n'était pas vraiment un battailleur né, alors, il savait que Darak allait le vaincre, ce n'était plus qu'une question de temps, désormais. Soudain, vint la blessure mortelle, Darak, d'un habile coup de patte, entailla profondément la gorge de Doky. Celui-ci recula, chancelant sous l'impact du coup.
- Tu fais moins le fier, n'est-ce pas, cracha Darak.
Doky ne répondit pas, luttant pour ne pas s'évanouir. Alors qu'il pensait que c'était la fin, une odeur familière lui parvint aux narines. Celle d'Aniu. Doky était furieux contre celle-ci, voir qu'elle avait laissé son fils l'achever. Il rassembla toute son énergie, se retourna, la localisa et lui sauta à la gorge.
- Doky, couina Aniu, que fais-tu?
- Je te tue, aboya Doky.
- Pourquoi?
- Tu as demandé à ton fils de me tuer, tu ne m'aimes plus, tu te fiches de moi !
- Non, qu'est-ce que c'est? Darak m'avait demandé de te laisser seul avec lui pour qu'il puisse s'entretenir avec toi de sujets entièrement réservés aux mâles, qu'il avait dit, protesta faiblement Aniu, se sentant faiblir.
Soudainement, Doky la relâcha, et s'enfuit. Ce fut si rapide, qu'Aniu n'eut pas le temps de faire un seul geste. Même Darak ne fit aucun geste pour l'en empêcher.
Balto, Stark et Diva courrurent rejoindre leur père. Aniu et Darak firent un geste pour les suivre...
- Non, gronda Stark, ne vous approchez plus JAMAIS de mon père, c'est un ordre, vous l'avez blessé, et peut-être mortellement. Ça, c'est le travail de Darak, mais toi, mama, tu lui as brisé le coeur. N'essaie plus jamais de nous contacter. Adieu...
Et ils s'en allèrent, comme ça.
Aniu voulut les rejoindre, pour parlementer, mais Darak lui bloqua le chemin,
- Non, maman, dit durement Darak.
- Mais, pourquoi Darak, riposta Aniu, ce sont mes enfants.
- Plus maintenant, répliqua Darak.
- Ils le seront toujours, dit Aniu.
- Non, maman, maintenant, c'est toi et moi, comme avant, les deux vrais loups, répondit Darak.
- Tu les détestais donc tant que ça? questionna Aniu, attristée.
- Non, protesta Darak, c'était seulement Doky. J'adore Balto, Stark et Diva et je les surveillerai toujours, c'est simplement ton compagnon que je ne peux endurer.
- Mais, pourquoi as-tu fait ce que tu as fait? pourquoi lui avoit dit que je voulais le tuer? se lamenta Aniu.
- Pour ton bien, répondit Darak.
Tu veux dire pour TON bien, répliqua durement Aniu.
- Maman... je... ne voulais pas, je voulais simplement que ça soit comme avant qu'on le rencontre, lui, répondit Darak.
- C'est bon, mais je ne te pardonnerai jamais ce geste, dit Aniu, partons.
Et ils s'enfuirent dans la nuit, laissant Doky et ses chiots seuls...
- PAPA! PAPA! criaient les louveteaux.
- Je suis ici, répondit faiblement Doky.
- Nous avons eu si peur pour toi, lui dirent-ils en choeur.
- Il ne fallait pas, mes enfants, je vais mieux, dit Doky, essayant par la même occasion de s'en convaincre.
- Mais, papa, tu saignes beaucoup ! constata Stark.
- Oui, papa, il faut que tu te soignes, continua Diva.
- Papa, je suis désolé, c'est de ma faute, finit Balto.
- Comment ça de ta faute, Balto? questionna le père. - C'est moi que tu as amené au village des hommes, répondit Balto.
- Voyons, aucun rapport ! Maintenant, dormons, je suis fatigué et la nuit sera longue.
Et les enfants s'endormirent sur-le-champ. Mais, Doky resta éveillé. Il saignait beaucoup et craignait de mourrir s'il dormait. Alors, il resta éveillé et mit beaucoup de neige et de glace sur sa blessure. Dans le milieu de la nuit, il sentit une odeur familière. Il se retourna et vit Aniu et Darak, penauds, derrière lui.
- Que faites-vous ici, gronda-t-il en se mettant sur ses gardes.
- On ne te veux aucun mal, plaida Aniu.
- Ouais... répliqua-t-il.
- Écoute, dit Darak, c'est la vérité. On est juste venus te dire adieu. On a compris que c'était mieux que les loups vivent ensemble et que les chiens vivent ensemble. Quant à tes petits, ils se feront accepter, ce sont des chiens-loups. Maintenant, n'essaie plus de nous retracer. S'il faut que nous nous rencontrions à nouveau, ce sera par hasard. Adieu, Doky, salue bien tes enfants de ma part.
- Adieu, Doky de mon coeur, murmura Aniu.
- Bye, dit platement Doky.
Et il continua de laver sa plaie comme si de rien était.
Peut-être que je pourrai retourner au village et vivre heureux avec Bella... songeait-il».
Oui, il irait au village. Ses enfants ne craindraient rien.
Le lendemain matin, Doky n'était pas encore mort. Il était même en pleine forme.
- Aller, les enfants, debout, on a une grande marche à prendre aujourd'hui, les réveilla-t-il.
Et ils se mirent en marche. Après une semaine de marche, ils arrivèrent au village.
Doky demanda à ses enfants de l'attendre, tapis dans une caverne à proximité et de ne sortir sous AUCUNE raison. Et Doky se lança à la recherche de Bella, il la trouva facilement, toujours plantée à la même place.
- Doky, qu'est-ce qu'il y a?
- Écoute, Bella, tu avais raison, Aniu n'était pas un bon parti pour moi.
- Tu es venu pour me reprendre? C'est ça?
- Eh bien, je suis étonné que tu puisses lire en moi comme un livre ouvert, mais, oui, j'aimerais bien, Bella...
- Alors, c'est NON ! Tu m'as trahie pour une louve ! Une louve qui a tué mes fils !
- Je t'en prie, Bella !
- Non, Doky, c'est terminé.
- Bella... C'est que... J'ai trois enfants maintenant sous ma responsabilité. Ce sont des chiens-loups, s'il te plaît, ils ont besoin d'une mère. Et je sais que ça ne s'est jamais vraiment terminé entre nous.
- Bah, tu as raison, Doky, c'est vrai je t'aime encore.
- Moi de même, Bella. Mais pourquoi es-tu si réticente? Si je n'avais pas peur de dire une bêtise, je dirais que tu as peur que je te reproche quelque chose... mais quoi?
- Écoute, Doky, tu n'es pas le seul à t'être tapé une louve...
- Quoi? TU T'ES TAPÉ UNE LOUVE?
- Non! Rassure-toi. C'est juste que, j'ai rencontré ce loup, dans la forêt, il était beau ! C'était un beau loup, fier, brave... Le loup parfait, quoi!
- Tu as eu des enfants avec?
- Malheureusement, non.
- C'était qui ?
- Il m'a dit qu'il s'appelait Niblo.
- NIBLO? C'est pas vrai ! C'est lui qui s'est fait tiré par les chasseurs ! C'était le compagnon d'Aniu.
- Quel drôle de destin ! Je suis tout de même déçue pour lui, il aurait fait un si bon parti.
- Écoute, Aniu a eu deux enfants qui ont survécu. Darak et Nederty. Ne t'approche jamais de Darak, c'est le blanc, il te tuerait. Nederty est hyper fine... De toute manière, ça m'étonnerait qu'on les revoye.
- Oui, en effet, murmura Bella, sous le choc.
- Tu veux les voir?
- Oui, j'aimerais bien, je ne veux pas qu'ils m'appellent Mama, mais je serai pour eux comme une mère, la mère qu'ils n'auront jamais.
Doky la conduit jusqu'au refuge des petits. Il les lui présenta.
- Celui qui me ressemble beaucoup, c'est Balto. Celui-là, le blanc avec le bout de la queue et des pattes gris, c'est Stark. Et celle-là, la grise avec le bout du museau blanc, l'oreille et l'oeil, c'est Diva.
- Wow ! Ils sont vraiment mignons !
- Je savais qu'ils te plairaient.
Et les années passèrent, et passèrent. Maintenant, les louveteaux étaient totalement acceptés dans le village et ils avaient environ deux ans, ils étaient aussi gros et aussi forts que leurs père, mais, Stark dépassait son père, en grandeur et en musculature. Diva était restée délicate. Balto avait hérité d'une étonnante logique. Tout allait bien, lorsque le terrible accident survint. Doky se promenait avec Bella dans la forêt.
- C'est ici, qu'il est mort, lui dit-il doucement.
- Merci, Dok, j'apprécie que tu m'aies conduit jusqu'ici, murmura-t-elle.
- Tu l'ignores peut-être, mais j'étais présent lors des derniers instants de sa vie.
- ...
- Et il n'a jamais fait allusion à toi.
- Je le lui avais fait promettre.
Un mouvement attira l'attention de Doky, mais il ne s'en occupa pas. Soudain, un éclair brun passa devant eux, et se dressa de tout sa hauteur, debout sur ses pattes. UN GRIZZLY !
- Sauve-toi, Bella ! Sauve-toi, aboyait Doky.
- Et toi?
- Je saurais me débrouiller.
Bella s'en alla en courant, mais le grizzly l'avait vue. D'un coup de pattes assez violent, il la griffa tout le long du corps et elle s'effondra. Doky voulut se porter à son secours, mais, le grizzly lui happa la patte. Doky croyait que tout était perdu lorsque deux boules blanches foncèrent sur l'ours et le tuèrent. Il ne put savoir qui c'était, il était tombé évanoui. Lorsqu'il se réveilla, il ne trouva plus Bella à côté de lui. Il essaya de se lever, mais tomba. Il regarda la patte que l'ours avait mordue, elle était finie. Il devrait maintenant marcher à trois pattes. S'il y arrivait, car le sang coulait à gros bouillons de sa blessure. Il regarda aux alentours, et vit Bella, couchée. Il s'en approcha et constata son décès. Il en hurla de désespoir. Il devait rentrer au village. Il ne pourrait jamais porter Bella. Tant pis, il demanderait a Stark de venir la chercher. Il ne put jamais se rendre au village, il s'effondra avant. Par chance, Stark et Balto, inquiets par leur longue absence pistait leur père. Et ils le trouvèrent.
- PAPA !!!
- Je suis fini, les enfants. Bella est plus haut, elle a succombé.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Un grizzly, mon grand, un grizzly, heureusement, deux loups l'ont tué. Et j'oserai dire que c'était ta mère et ton frère, mais je n'en suis point sur, je ne les ai pas vus assez clairement.
- Papa, économise tes forces, on va te sauver, moi et Balto, dit Stark.
- Non, je suis fini. Vous ne me toucherez pas. Je ne veux plus vivre. Je ne me vois pas marcher sur trois pattes !!
- Mais, PAPA !!!
- Non, Stark. Arrête, tu dois respecter ma décision.
- Je la respecte, Papa, mais je ne l'accepte pas.
- Papa, dit timidement Balto, je t'aime.
- Moi aussi, je vous adore mes enfants...
Ce fut ses dernières paroles
- NON! PAPA ! rageait Stark. Tu ne peux pas... Non, je ne ... Tu ne...
Il était effondré, anéanti. Il regagna tranquilement le village en compagnie de Balto. Les trois étaient attristée, anéantis, mais, ils survécurent. Stark avait changé, il n'exprimait plus ses sentiments comme autrefois, il était plus triste, plus agressif, moins joueur, plus sérieux. Diva, était plus timide, renfermée, mélancolique. Balto n'avait pas changé. Il était triste, et respectait la tristesse de ses frères et soeurs, mais avait besoin d'en parler et ne trouvait personne...
- C'est comme ça que s'est déroulée mon enfance, Aleu, dit Balto.
- Mais, Papa, où sont tes frères et soeurs, le questionna-t-elle.
- Diva n'est plus de ce monde, morte en couche. Stark, lui, c'était mon meilleur ami, je m'étais toujours parfaitement entendu avec lui et je l'adorais.
- Papa, mais, il est où Stark?
- Je...
- Je l'ai vu, moi, papa. Il était avec Steele. Il est au village. Je ne sais pas si c'est lui, mais il correspond parfaitement à la description que tu m'as dite. Sauf, que lui, il a une mauvaise lueur dans le fond des yeux.
- Après ce qu'il a vécu, je n'en doute guère.
- Je veux savoir, Papa. Va le voir. Je t'en prie !!! S'il est comme tu me l'as dit, ça doit être quelqu'un d'extraordinaire.
- Je ne crois plus qu'il l'est, Aleu. S'il est avec Steele, ça m'étonnerait. Je croyais pourtant que Doky l'avait dompté.
- Ne t'inquiète pas, Papa. Je sais où il est.
Et Balto marcha avec Aleu jusqu'à l'endroit où elle le mena.
- Regarde, Papa, chuchota-t-elle.
- Où?
- À droite, murmura-t-elle. C'est lui?
- ...
- Papa?
Elle n'eut pas le temps de se retourner, Balto fonça vers le chien et le renversa en le lichant affectueusement. L'autre chien commença par le repousser et finit par reprendre le dessus et à se dégager.
- T'es qui, toi, pour sauter sur Stark le magnifique? dit durement Stark.
- M'enfin! Stark ! C'est moi ! Tu ne sais même plus reconnaître ton propre frère? s'étonna Balto.
- Balto... murmura Stark. C'est toi. Je croyais que Steele m'avait menti en me disant qu'il te connaissait.
- Non. Mais, pourquoi fréquentes-tu Steele, c'est un être répugnable. Il a essayé de me tuer.
- Je travaillais avec lui, car il m'avait promis que si jamais je devenais son apprenti, je pourrai enfin te revoir.
- Oh... Stark ! s'exclama Balto en approchant pour lui donner un calin affectueux. Calin que Stark ne refusa pas.
- Écoute, je vais m'en aller d'ici. Steele est en train de me pourrir la vie, là, je ne peux pas continuer.
- Viens avec moi, Jenna sera ravie. Depuis le temps qu'elle veut te connaître.
- Parfait, Balto.
- Stark, j'te présente Aleu, ma fille.
- Hey Aleu ! C'est toi que j'ai vue. Tu m'observais, n'est-ce pas, se moqua Stark.
- Oui, oncle Stark, c'était moi!
- Voyons, jeune fille, un peu de respect, la gronda Balto.
- Balto, laisse la faire, repris Stark, c'est vrai, d'ailleurs, elle m'appellera comme ça! Oncle Stark, je crois que ça me plaira. T'as juste une fille, vieux frère?
- Non, les autres ont été adoptés.
- Et pourquoi cette jolie demoiselle ne l'a pas été?
- Stark, ça suffit, je te raconterai ça plus tard, maintenant, évite le sujet, souffla Balto à mi-voix pour éviter qu'Aleu entende.
Ils entreprirent de marcher jusqu'à la «maison»
- Salut ! Jenna ! Ma belle ! s'annonça Balto. J'amène un ami que tu seras ravie de rencontrer...
- Salut Balto! Hey, Aleu ! Bonjour, monsieur, je suis Jenna, se présenta Jenna.
- Je sais, Balto m'a parlé de toi, dit malicieusement Stark.
- Jenna, c'est mon frère, Stark, celui dont je t'ai tant parlé, dit enfin Balto.
- Oh ! Mon Dieu ! Je ne le savais pas si charmant ! dit Jenna, moqueuse.
- Euh… , je vais considérer cela comme un compliment, dit maladroitement Stark.
- Vous faites bien, répondit Jenna, vous allez en faire tomber des cœurs, c’est moi qui vous le dit. D’ailleurs, si j’étais célibataire, je…
- JENNA, suffit, gronda Balto, jaloux.
- Balto! Relaxe! C’était pour plaisanter, mais tout ce que je t’ai dit est vrai, Stark, ajouta-t-elle à voix basse pour éviter que Balto entende.
- J’ai entendu, Jenna, siffla-t-il, mécontent.
- Allons, Balto, je ne te la piquerai pas, plaisanta Stark, elle est trop bien pour moi ! Mon frère, fais-moi donc visiter le domaine, assez parler de femmes, parlons de toi et de moi !
- D’accord, mon frère, se résigna Balto. Au revoir, Jenna, ajouta-t-il plus froidement.
Balto et Stark firent le tour de la ville.
- Je ne comprends pas, questionna Balto, pourquoi ne connais-tu pas la ville? Je pensais que Steele t’aurais montré…
- Il m’a montré tes endroits qu’il qualifie de «préférés» ou de «meilleurs pour lui tendre un piège», mais, non, je n’ai jamais pu sortir, sans être accompagné par lui, répondit Stark.
- Oh, je comprends, Steele a un fichu caractère, répondit Balto, amusé.
Balto lui montra tout. Et il lui expliquait également les règles du village.
- Ici, le chef, c’est Steele. Il ne supporte pas que quelqu’un le défie. Je l’ai fait, jadis, mais maintenant, il a repris sa place et il tuera n’importe quel chien qui se mettra en travers de sa route. Je te conseille de rester loin de lui, conseilla Balto. Enfin, si tu tiens à la vie. Il ne faut pas se frotter à Steele et à sa bande.
- Je sais, papa, se moqua Stark.
- Ne te moque pas, Stark, répliqua durement Balto, c’est vrai ce que je te dis. Steele est un vrai tyran. Je pensais que tu t’en étais rendu compte, après avoir servi sous ses ordres.
- Oui, bien sûr, Balto, dit Stark en reprenant son sérieux, mais, simplement, je ne peux pas le détester. Il m’a fourni le moyen de te retrouver, enfin. J’attendais ce moment depuis longtemps.
- Moi de même, répondit Balto.
- Écoute, j’ai vu Aleu, commença Stark.
- Qu’est-ce qu’elle a Aleu? attaqua Balto.
- Elle ressemble trop à toi, continua Stark. Elle ressemble trop à une louve. Les gens du village ne doivent pas l’aimer particulièrement. Tu dois lui apprendre comment, pourquoi. Tout ce que mama t’avais appris, jadis. Balto, tu dois l’amener en forêt. Elle doit savoir ce que c’est. Et elle fera un choix. C’est un chien-loup. Elle fera le choix d’être loup ou d’être chien. Laisse-la décider. Mais, accompagne-la. Je pourrai être du voyage…
- Merci, mon frère, répondit Balto, mais je préfère faire ce voyage seul avec elle. Mais, merci de la proposition. Je dois admettre que tu as une bonne idée. Simplement, ça ne sera jamais une louve totale. Elle ne craint pas les humains. Alors que tous les loups se le doivent. Si elle est parmi les loups, ils la tueront comme tous les autres loups, sans faire aucune différence. Ils la considéreront comme une louve pure. D’ailleurs, il ne leur passera jamais par la tête de penser qu’un chien-loup pourrait être avec les loups. Et de toute manière, pour eux, un chien-loup, c’est un loup. Tant pis s’il n’est pas à la bonne place. De toute manière, je crois que tu sais de quoi je parle. Lorsque je suis arrivé, les gens se méfiaient, et certains me prenaient pour un loup. Personne ne voulait que j’approche leurs enfants. Ils disaient tous «un loup, un loup», ils n’avaient que ce mot-là à la bouche! Tu n’as pas vécu cette expérience, assez désagréable?
- Oui, mon frère, dit Stark, mais, moins que toi. Vu que j’étais avec Steele, les gens étaient plus rassurés. Ils se disaient que je devais être un chien, puisqu’ils savent que Steele ne se tient qu’avec des chiens, et qu’il déteste les loups. Je n’ai jamais compris ce qu’il me trouvait de si intéressant jusqu’à ce que je sache qu’il voulait t’exterminer. Est-ce qu’Aleu vit la même chose que nous avons vécu?
- Écoute, répondit tristement Balto, j’avais six chiots, si on peut les appeler comme ça. Et c’est la seule qui n’a pas été adoptée. Des enfants s’en sont approchés, mais leurs parents les ont tout de suite récupérés. Et ils disaient tous non, elle ressemble trop à un loup, elle ne sera jamais comme les autres chiens. Prends-en un autre. Des paroles de ce genre, j’en ai entendu toute la journée ! Et à propos d’Aleu! Tu sais, c’est ma préférée, elle me ressemble, elle était comme moi, jeune. Et je ne veux pas que tous les gens qui m’ont finalement acceptés parce que j’ai sauvé leurs enfants la rejettent.
- Je te comprends, compatit Stark, mais, tu dois partir. Et vite. Je sais que Steele ne va pas tarder à mettre son plan en éxécution. Oh! Non! Je me rappelle maintenant. Vite ! Cours ! Tu dois protéger Jenna et Aleu ! C’est à l’une des deux qu’il va s’en prendre pour te blesser indirectement.
Balto partit en flèche sans prendre le temps de répondre à son frère, mais celui-ci avait compris l’urgence et suivait son frère. Lorsqu’il arriva, il vit un vrai carnage. Aleu était blessée, et chancelait sur ses pattes, en sang. Non loin de là, Jenna se battait avec le courage d’une lionne et avec la férocité d’une tigresse contre Steele. Balto fut étonné que seul Steele était présent.
- Jenna ! Lâche-le, aboya furieusement Balto.
Et il se jeta sur Steele. Pour l’achever? Il ne le savait pas, mais pour le faire souffrir comme il l’avait fait souffrir. Ce fut un rapide combat. Steele était blessé à cause des blessures que lui avait infligé Jenna.. Balto le mordit sauvagement dans le dos. Steele rassembla ses forces, se retourna et le griffa de tout le long de son corps. Mais, il était à bout de souffle et à bout de forces. Il se laissa tomber, comme une masse après cette attaque. Balto voulut l’achever, mais, une boule de poil blanche se jeta sur lui, le renversant, sauvant par la même occasion la vie de Steele. C’était Stark.
- Mais, qu’as-tu fait? lui reprocha Balto. J’allais l’achever.
- Mais, qu’espérais-tu en le tuant? questionna Stark.
- Me venger de tout le mal qu’il m’avait fait, jadis, mais tu as raison, sûrement que c’était trop poussé, raisonna Balto.
- Je le crois aussi, répliqua Stark, maintenant, ça suffit, vous avez assez fait coulé de sang comme ça. Prends soin de Jenna, assure-toi qu’elle ira bien, je vais avec vous. Je suis plus fort, plus avertis des dangers de la forêt.
- Non, je ne veux pas que tu viennes, tu dois rester t’occuper de Jenna, balbutiait Balto.
- Non, écoute, riposta Stark, je vais aller avec Aleu, lui apprendre tout ce qu’elle doit savoir en forêt, et ensuite elle fera son choix. TOI, tu resteras ici avec Jenna, de cette façon, tu pourras la surveiller et prendre soin d’elle. Elle le mérite bien.
- D’accord, je te confie sa vie, répondit doucement Balto après mûre réflexion. Il est vrai que tu es plus loup que moi, d’instinct. Je resterai ici et je t’attendrai. Je ne te demande qu’une seule chose : si jamais elle choisit d’être louve, ramène-la moi, pour que je lui dise au revoir, une dernière fois, et ensuite, reconduis-la à sa nouvelle meute.
- Ne t’inquiète pas, je prendrai soin d’elle. Je serai comme un frère pour elle, de toute manière, je n’ai que deux ans de plus qu’elle. J’en ai quatre, elle en a deux. Ça me semble raisonnable, dit Stark.
- Fais attention, ajouta Balto, je sais qu’elle en pince pour toi. Je ne voudrais pas qu’il y ait un malheur… Enfin, tu me comprends, j’imagine.
- Bien sûr, affirma Stark, ne t’inquiète pas, tout ira bien. Je ferai attention. Je serai prudent.
- Alors, soit, fais ce que tu as à faire, conseilla Balto, mais, dépêche-toi, avant que Steele ne se réveille.
Stark partit en courant et rejoignit Aleu.
- Aleu, viens vite, appela-t-il, il faut qu’on parte, et maintenant.
- Pourquoi Stark? questionna-t-elle. On ne peut pas partir sans mon père ! Et ma mère !
- Oui, il le faut, répliqua Stark, et maintenant. Dépêche-toi. Ton père va prendre soin de ta mère et la protéger contre Steele. Mais toi, tu dois savoir qui tu es. De qui tu tiens.
Sans lui laisser le temps de répliquer, Stark l’entraîna avec lui en courant de toutes ses forces vers la forêt. Lorsqu’ils l’eurent atteinte, Stark s’arrêta pour laisser le temps à Aleu de reprendre son souffle.
- Tu sais que tu es un chien –loup? questionna Stark.
- Papa me l’avait dit, mais, maman n’est pas un loup et papa non plus alors je n’ai jamais compris pourquoi il me disait ça, répondit bêtement Aleu.
- Est-ce que tu tiens vraiment à le savoir? demanda Stark, sérieux.
- Oui. D’ailleurs, tu dois l’être aussi, fit remarquer Aleu.
- Oui, mais, moi, mon demi-frère était un loup 100% et ma mère aussi, dit Stark. Je ne tiens pas à les retrouver, surtout mon frère, mais, si nous les rencontrons, ne leur adresse pas la parole.
- Pourquoi donc tant de haine envers des êtres si purs? dit poétiquement Aleu.
- Tu ne peux pas comprendre. C’est en partie à cause d’eux que mon père s’est laissé mourir, se renfrogna Stark. De toute manière, tu dois t’en rappeler. Balto m’a dit qu’il t’avait raconté tout cela
- En effet, répondit Aleu, je me rappelle, maintenant. C’est vrai. Tu étais très en colère. Je n’aborderai plus le sujet. Et, je ferai ce que tu voudras, ajouta-t-elle, timidement.
- Parfait, c’est tout ce que je te demande, répliqua Stark, sans remarquer la gêne soudaine de la jeune louve.
- En passant, ton père m’a raconté que tu en bavais pour moi, continua Stark, sans gêne. Ton père m’a demandé de garder mes distances. C’est ce que je compte faire… Enfin, pour l’instant. Alors, n’espère pas trop, mais ne désespère pas trop. Si jamais tu choisis de vivre dans la forêt, peut-être que nous pourrons partir notre propre meute… Enfin, c’est une idée, ne va pas te mettre en tête que c’est ça qui va se passer, mais quel que soit le choix que tu fasses, moi, je vais rester en forêt. Les humains m’ont trop fait souffrir, je ne veux plus jamais avoir à endurer de telles souffrances.
- Je vois que mon père est digne de confiance, ironisa finalement Aleu, après un long moment de silence.
Stark choisit de ne rien répondre, sachant que ça ne servirait à rien.
- Aller, on continue, exigea-t-il, il faut qu’on s’éloigne du village des hommes. Je te préviens, la vie de forêt n’a rien de la vie que tu as vécue. C’est très différent. Peut-être que tu ne mangeras pas tous les jours à ta faim. Peut-être que tu devras courir beaucoup plus que tu ne cours pour échapper aux chasseurs… Il y a toutes les conséquences. Maintenant que nous sommes en forêt, tous nous prendrons pour des loups, je veux dire, les chiens et les chasseurs. Seuls les loups, les véritables sauront que tu n’es pas pure et que je ne suis pas pur.
- Je veux bien tenter le coup, risqua Aleu, de toute façon, personne au village ne veut de moi. J’ai bien entendu ce que les gens racontent à mon sujet au village. La nuit, ils s’enferment, se barricadent dans leurs maisons et ne laissent jamais leurs enfants seuls de peur que je leur saute à la gorge et que je les égorge. Mais, je ne comprends pas. Pourquoi font-ils cela simplement à moi et pas à mon père. Tout cela me frustre. Alors, si je peux échapper à cette vie de fou, j’en serai ravie.
- Il va falloir que tu apprennes ce que les loups doivent savoir, répliqua Stark.
- J’apprendrai, riposta Aleu, comme toi.
- Non, contredit-il.
- Non? demanda-t-elle.
- Non, je suis un loup, répondit Stark. Je veux dire, que j’ai vécu en forêt beaucoup plus longtemps que Balto. J’en suis sorti cela fait à peine trois mois. Je crains les humains. Tu vas devoir apprendre à les craindre, sinon, tu es foutue. Ils te tueront. Tu dois apprendre à courir vite, à augmenter ton endurance, attaquer des animaux pour manger. Mais, surtout, ce qui est important, si on intègre une meute, il faut que tu saches que ta queue, tu ne peux pas la porter en l’air, comme tu le fais. Tu dois faire comme je le fais. Soit la queue en bas ou la queue entre les pattes. Si tu n’es pas le mâle ou la femelle alpha, tu te dois de faire cela, sinon ils te feront mal jusqu’à ce que tu la baisses.
- J’apprendrai. Mais, tu dois me montrer tout ce que tu sais, exigea Aleu.
- Parfait, confirma Stark, on commence maintenant. Je vais courir, longtemps, très longtemps, pour en arriver là où je veux arriver. Je connais un abri très loin, mais très confortable. Tu devras me suivre. Si tu n’y arrives pas, aboie très fort. Je m’arrêterai, mais seulement pour t’attendre. Tu dois développer ton endurance. Et ne pas dépenser toute ton énergie au début. Conserve-la. Ne sois pas déconcentrée, tu te seras vite perdue dans la forêt. Je ne courrai pas vite, mais longtemps. Aujourd’hui, on mise tout sur l’endurance. Prête, Aleu?
- Je suppose que je n’ai pas le choix, soupira-t-elle.
- Tu as toujours le choix, répliqua Stark, à toi de choisir si tu veux devenir une louve.
- D’accord, je veux devenir une louve ! aboya Aleu. On y va!
Stark s’élança. Pendant des heures, il courra, sans ralentir l’allure, sans faire mine d’attendre Aleu. Celle-ci, d’ailleurs, commençait à en avoir plus qu’assez. Elle aboya, très fort, comme lui avait demandé Stark. Celui-ci ne se retourna même pas. Mais il aboya :
- Tu es encore capable, je le sens, tu es juste lasse. Si tu en as déjà assez, tu es mieux de retourner dans ton village. Tu n’es pas faite pour être une louve. Elle ne voulait pas lui laisser l’occasion de dire qu’il avait raison, alors, elle s’acharna à le suivre et à ne pas le perdre de vue. Lorsque le jour déclina enfin, ça faisait cinq heures qu’Aleu et Stark courraient. Stark n’avait fait qu’un court arrêt à un point d’eau, pour se désaltérer et était tout de suite reparti. Aleu commençait à être fatiguée et son estomac criait famine. Mais, elle avait retenu sa leçon et n’aboya pas. Elle endura sa douleur, comme une vraie louve doit le faire. Elle avait les coussinets en sang, car elle ne courait jamais autant. Finalement, une heure plus tard, lorsque le Soleil venait de se coucher, Stark s’arrêta et lui montra du museau une belle grotte, bien aménagée. Elle avait l’air confortable. Aleu fit un pas vers la grotte, mais Stark lui bloqua la route.
- Il faut chasser, ma belle, se moqua-t-il.
- Quoi? Mais, je ne suis pas en état de manger quoi que ce soit ! Je n’en peux plus ! protesta Aleu.
- Dans ce cas, tu ne mangeras pas. Et crois-moi, tu le regretteras lorsque tu me verras planter mes dents dans ce beau caribou, la tenta-t-il.
- Bon, d’accord, céda-t-elle, j’admets que j’ai faim. Tu vas devoir me montrer comment, par contre.
- Aucun problème, ma jolie, fanfaronna-t-il. Il suffit de trouver l’orignal le plus faible, ou le plus malade. Qu’importe, il faut être sûrs de pouvoir l’attraper. S’il est trop en santé, ou trop fort, il s’en ira et on ne pourra jamais le rattraper. Donc, tu me laisseras choisir l’orignal, mais observe, pour plus tard bien savoir distinguer les proies à attraper, et les proies à laisser vivre.
Stark se faufila discrètement derrière une rangée d’arbres imposants. Derrière celle-ci se tenait un troupeau entier d’orignal. Il y en avait des tonnes. Stark resta longtemps immobile. À chaque fois qu’Aleu semblait bouger, Stark poussait un grognement presque inaudible, mais qui la clouait sur place. Finalement, après plusieurs minutes, immobiles, à scruter l’air, Stark bondit. Aleu dut faire un effort immense pour le rattraper. Et il sauta sur celui qu’il avait sélectionné. Comme il l’avait prédit, la bête essaya de se défendre, de se débattre, mais, elle était trop faible. Stark lui sauta dessus.
- Aleu, aide-moi, ordonna-t-il, mords-le pendant que je l’égorge, je déteste manger les orignaux lorsqu’ils sont vivants. Ça leur cause des souffrances pour rien.
Aleu fit ce qu’il lui avait demandé. Elle mordit l’orignal, et à belles dents. Au début, la vue de la chair pleine de sang de l’orignal lui avait coupé l’appétit et lui avait fait levé le cœur, mais une fois que Stark eut fini d’étrangler l’orignal et qu’il se jeta dessus pour le manger tout cru, Aleu avait tellement faim qu’elle dévora elle aussi l’orignal, et à pleines dents. Elle ne trouva même pas cela dégoûtant. Non, elle commençait déjà à y prendre goût.
- Tu vois, c’est pas si pire, fit remarquer Stark, tu es déjà en train de t’y habituer. Et tu devras t’y faire, c’est tout ce que l’on mangera. Et pendant l’hiver, il y aura des jours où tu ne mangeras pas. Et l’hiver approche…
Aleu ne prit même pas la peine de répondre. Elle avait trop de viande fraîche entre les dents pour se soucier de lui. Tout ce qu’elle voulait, c’était manger, et manger encore. Jusqu’à exploser s’il le fallait, mais elle était affamée. Lorsqu’ils eurent fini de manger, enfin de dévorer, Stark demanda à Aleu de le suivre jusqu’à la grotte. Rendus à la grotte, ils se couchèrent. Pour dormir. Ils étaient couchés loin l’un de l’autre, pour respecter la demande de Balto. Mais au fur et à mesure que la nuit avançait, la distance entre les deux chiens-loups diminuait. Lorsqu’ils se réveillèrent, ils étaient enlacés comme des amoureux. Aleu s’en montra fort gênée, mais Stark ne fit aucun commentaire et cela ne sembla pas le déranger.
- Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui? le questionna finalement Aleu.
- On trouve de quoi manger, on le cache ici et on court, répondit Stark.
- Pas encore, se plaignit Aleu, je suis tannée de courir, c’est plate !
- C’est la vie, chérie, ironisa-t-il.
Et sur ce, il partit en quête de nourriture. Ils capturèrent un petit lièvre. Ils n’avaient pas vraiment faim étant donné le festin qu’ils avaient eu hier.
- Nous allons le cacher. Il faut l’enterrer pour qu’aucun animal ne nous le vole, lui appris Stark.
C’est ce qu’ils firent. Par la suite, pendant cinq heures, ils coururent. Ils faisaient toujours le même trajet. Un trajet établi par Stark qui tournait en rond. De cette manière, il pouvait garder un œil sur la grotte. Lorsque le soir arriva, Aleu était moins fatiguée que la veille, mais ses pattes la faisaient souffrir le martyre.
- Ne t’inquiète pas, conseilla Stark, un jour, ils ne te feront plus mal. On va chasser, et ensuite je vais te soigner.
Ils capturèrent une belle prise. Un bébé caribou, plus précisément. Ce fut toute un travail que de le traîner jusqu’à la grotte. Mais, ils y arrivèrent et ils s’effondrèrent, épuisés. Aleu avait froid et elle se serra contre Stark pour être plus au chaud et mangea. Lorsqu’ils eurent fini, Stark lui demanda de lui présenter une à une chaque de ses pattes et il les licha. Lentement, très soigneusement et ça faisait un bien fou à Aleu.
- Merci, dit Aleu.
- Ce n’est rien, se détourna-t-il. C’est normal.
- Pourquoi tu es comme ça?
- Comme quoi?
- On dirait que tu veux prendre tes distances avec moi… Ou je me trompe?
- Écoute, ton père m’a clairement demandé de ne pas te toucher et ce n’est pas ce qu’on est en train de faire.
- On se fiche de mon père, il n’est pas là.
- Non, mais il me l’a demandé et je lui ai juré d’être prudent.
- On ne prend aucun risque.
- Écoute, on peut bien être couché collés, la nuit, pour garder notre chaleur, mais sinon, on garde ses distances.
- Ok, murmura finalement Aleu, résignée.
Et les jours passèrent. C’était toujours la même routine. L’endurance d’Aleu avait beaucoup augmentée. Elle pouvait maintenant courir pendant des heures, voir des jours. Elle chassait comme une démone et Stark lui avait montré comment bien sélectionner sa proie. Elle avait tout compris et c’était elle qui prenait en charge la chasse, pour qu’elle apprenne à se débrouiller seule. L’hiver arriva finalement. Il faisait froid. Stark trouvait leur endroit mal placé.
- Il n’est pas assez couvert, insista-t-il, il faut changer d’abris. Je connais un autre endroit. Il faudrait l’atteindre avant la nuit, sinon nous mourrons gelés. Tu penses que tu peux y arriver?
- Tu sais bien que ça ne me pose aucun problème, répliqua Aleu.
Stark prit la tête et courut, longtemps. Et plus rapidement qu’a l’habitude. Mais, Aleu n’avait plus aucun problème pour le suivre. Certes, il était plus endurci et plus rapide qu’elle, mais il s’efforçait de courir à un rythme descend pour qu’elle puisse le suivre sans trop souffler. Sa stratégie fonctionna. Lorsque le jour déclinait, ils arrivaient à l’abri. Mais, il fallait encore chasser. Ce qu’ils firent, rapidement, ils étaient rendus habiles. Aleu ne remarqua rien d’anormal, mais Stark, lui, flaira rapidement le danger, mais il ne dit rien, ne sachant pas si cette odeur pouvait être dangereuse ou n’était pas une menace. Alors ils allèrent dans le repaire, mangèrent. Finalement, ils allèrent s’assoupir lorsqu’il surgit des profondeurs des ténèbres pour aller les clouer au sol. Stark se débattit, et plus fort qu’Aleu réussit à se libérer et à plaquer au sol son adversaire.
- Fuis ! hurla-t-il à Aleu.
- Je ne peux pas te laisser !
- C’est un ordre, Aleu, pas une suggestion.
Il continua de se battre contre le loup inconnu. Et lorsqu’Aleu s’éloigna un peu, elle distingua des yeux qui venaient vers elle. Il y en avait partout. Aleu retourna auprès de Stark.
- Stark ! Il y en a partout, s’affola-t-elle.
- Non, c’est pas vrai, désespérait-il, faiblissant.
- Attends ! Stark ! Immobilise-le!
- C’est ce que j’essaie de faire, souffla-t-il.
Lorsque ce fut fait, Aleu observa le loup. Il était blanc. D’un blanc immaculé. Sauf qu’il portait maintenant la trace de plusieurs blessures portées par Stark.
- Stark, je le reconnais, murmura Aleu.
- Comment? Tu le reconnais? Ce n’est personne, répliqua trop vivement Stark.
- Si. C’est Dakar, n’est-ce pas? Ton demi-frère…
- …
- Aller, Stark, je sais que j’ai raison. D’ailleurs, là-bas, les loups convergent vers nous et je vois une grande louve blanche, immense, imposante. C’est Aniu…
- Écoute, je ne voulais pas tomber entre leurs griffes
- C’est déjà fait.
- Ils vont nous tuer.
- S’ils l’auraient voulu, ce serait déjà fait.
Dakar commençait à remuer, et Stark s’écarta pour le laisser se lever. Lorsqu’il eut repris ses esprits, il regarda fixement Stark, comme s’il se rappelait de quelque chose.
- Toi?
- C’est moi, en effet, répondit Stark.
- C’est impossible
- Il faut croire que non.
- …
- Tu es chanceux d’avoir eu la vie sauve. Si elle ne t’avais pas reconnu, tu serais mort. Même si je savais qui tu étais
- Qui c’est elle? J’l’aime pas. Elle ressemble trop à Doky et à Balto…
- C’est sa fille, justement.
- Je m’en doutais un peu. C’est pour ça que j’ai voulu vous tuer. Vous sentiez … Doky. Ce Doky que je détestait tant. Mais, étant donné que vous avez attiré tous les autres loups de ma meute, je ne peux plus rien faire. De plus, ta mère est là, bâtard.
- Je sais, Aleu l’a vue.
Aniu s’avançait justement vers eux. Lorsqu’elle vit Stark, son visage s’illumina et elle bondit vers lui, joyeuse de le revoir. Ce qui cassa sa joie, fut de le voir reculer de dégoût devant elle. Sa mine se décomposa.
- Pourquoi?
- Tu ne te rappelles donc pas ce que je t’ai dit lorsque tu as brisé le cœur de mon père? l’attaqua Stark.
- Je m’en souviendrai toujours. Je vous ai cherché et cherchés. J’ai trouvé ton odeur partout. Mais tu ne restais jamais assez longtemps au même endroit pour que je puisse te parler.
- C’était ça le but, aussi, gronda Stark.
- Comment peux-tu être aussi cruel, grogna Dakar. Tu oublies que tu parles à ta mère.
- Laisse-le parler librement, Dakar, ordonna Aniu. Que me reproches-tu exactement, Stark?
- Tout, répliqua-t-il.
- Ne te serait-il pas possible de préciser, demanda Aniu.
- Tu as brisé la vie de mon père ! Tu lui as brisé le cœur ! Tu l’as conduit à la mort ! Sans toi il n’aurait jamais abandonné la vie ! Il s’est laissé mourir parce qu’il n’avait plus aucune raison de vivre, lui reprocha durement Stark. Toi et ton misérable de fils avez tout gâché la vie de mon père. Je croyais que j’avais été clair la dernière fois que nous nous étions vus…
- Tu l’avais probablement été, reconnu Aniu. Cependant, je n’ai jamais détruit sa vie. Nos chemins se sont séparés. Je suis désolée qu’il ait eu le cœur brisé, mais c’est la vie.
- Voilà pourquoi je ne serai jamais un loup à 100% question attitude, murmura Stark. Ils sont incapables d’avoir la moindre pitié.
- Ce que tu avances est faux, corrigea Aniu. Nous sommes des êtres vivants. Simplement, nous n’avons pas les mêmes valeurs.
- Loup un jour, loup toujours, c’est toujours la même chose, maugréa Stark. Maintenant, toi et ton bâtard de fils disparaissez de ma vie et laissez Aleu tranquille.
- Cette jolie petite? questionna malicieusement Darak.
- Oui, elle, affirma Stark.
- Je voulais te proposer d’intégrer la meute jusqu’à la fin du printemps.
- C’est gentil, Darak, mais, non, refusa Stark.
- Allons, Stark, tu sais comment ça ferait plaisir à mama, insista Darak.
- Non, Darak, répéta Stark.
- Stark, intervint une voix douce, je veux y aller.
Stark se retourna. C’était Aleu qui avait parlé.
- Je veux vivre dans leur meute, jusqu’au printemps. Je saurai alors vraiment à quoi m’en tenir…
- Tu as raison, Aleu. Mais, c’est seulement pour elle que je viens dans votre stupide meute.
- Merci, Stark, lui dit Aleu.
C’est ainsi que Stark et Aleu passèrent tout l’hiver avec la meute de Darak et de Aniu. Aleu et Stark étaient toujours en queue. Ils devaient manger en dernier, avoir la queue bien basse, entre les deux jambes et, les règles étaient strictes. Ils étaient souvent intimidés par les autres loups parce qu’ils étaient mi chien et mi loup. Cela n’impressionnait pas Stark mais, Aleu restait craintive. Voilà pourquoi Stark et Aleu étaient toujours ensemble et ne se lâchaient jamais. Stark ne se le serai jamais pardonné si quelque chose était arrivé à Aleu. Après tout, il l’aimait bien.
L’hiver passa et bientôt ce fut le printemps. C’était également la saison des amours. Cependant, Aleu ne le savait pas. Mais elle allait bientôt le savoir. Tous les mâles étaient excités, ils voulaient embarquer sur le dos de tout le monde. Les dominants s’accouplaient maintes fois devant toute la meute. Darak savait que seule sa mère et son nouveau compagnon pouvaient s’accoupler. Mais, puisque tous les autres mâles faisaient semblant avec n’importe quel autre partenaire, pourquoi ne le ferait-il pas lui également? Mais il devait le faire avec un partenaire qui soit à la hauteur de sa noblesse. Il lui répugnait de le faire avec un mâle. Il reconnaissait qu’Aleu était la seule qui serait correcte. Mais, il détestait les chiens.
«Je vais le faire en cachette, loin de tout le monde, personne ne le saura, elle saura tenir sa langue, ou je tuerai Stark..»songeait-il.
Il partit donc à sa recherche. Il pista sa piste. Elle était loin du reste de la meute, ne tenant pas à assister à l’accouplement des dominants et à l’excitation des mâles. Mais, Dakar sentait également que Stark était avec elle. Ça ne posait aucun problème, il arriverait à le faire partir assez longtemps…
Lorsqu’il les trouva enfin, ils étaient enlacés comme des amoureux, couchés au sol et ils riaient. Ils avaient l’air à avoir beaucoup de plaisir. Cela le frustra énormément. Pourquoi? Il ne le savait guère. Il fit exprès de faire un peu de bruit pour qu’ils remarquent enfin sa présence. Lorsqu’ils daignèrent se retourner et qu’ils le virent, ils étaient étonnés.
- Que fais-tu ici, demanda Stark, sans bouger d’un pouce.
- Euh, je voulais parler à Aleu, répondit-il, mal à l’aise.
- Ne te gêne pas, fit-il, sans faire le moindre geste pour s’écarter.
- Stark, dit doucement Aleu en se levant, je pense qu’il veut le faire en rivé.
- Exactement, approuva Dakar.
- Je ne lui fais pas confiance, Aleu, maugréa Stark.
- Allons, il ne va pas me manger. S’il y a un problème, tu le sauras, répliqua Aleu. Laisse-moi y aller maintenant, je suis assez grande pour savoir quoi faire.
- D’accord, Aleu, puisque tu le veux, se résigna-t-il. Mais toi, ajouta-t-il à l’intention de Dakar, si tu lui fais mal, tu auras affaire à moi. Je vais rejoindre le reste de la meute.
- Je ne te conseille pas, soupira Dakar, ils sont fous. Ils veulent tous embarquer sur les dos des autres… Enfin, c’est un risque à courir. Bon… Allons-y Aleu.
Dakar emmena Aleu loin, beaucoup plus loin. Trop loin pour que Stark ne puisse les espionner. Dakar prenait bien soin de vérifier s’ils étaient pistés. Non, Stark avait tenu sa promesse, ils les avait laissés tranquilles. Lorsqu’il jugea qu’ils étaient suffisamment éloignés, il se retourna et s’arrêta.
- Tu devrais songer à prendre un partenaire, commença-t-il.
- Je ne suis pas la femelle dominante, répliqua Aleu.
- Et alors? Je te ferai remarquer que tous les mâles de la meute le font sur les autres.
- D’accord.
Sans lui laisser le temps de réfléchir et prenant cela pour un accord, il lui embarqua dessus et commença. Mais, Dakar, lui, ne faisait pas semblant, Il le faisait pour de vrai et il était très excité. Aleu essayait de se débattre, mais ses sensations avaient pris le dessus et elle commençait à y prendre goût.
- Tu comprends maintenant, dit Dakar, dans un souffle, sans faire mine d’arrêter.
- N’arrête pas, grogna-t-elle doucement.
Dakar savait que c’était mal, mais, Aleu ne savait pas. Ils continuèrent ainsi, jusqu’à ce qu’ils soient totalement épuisés. Alors, là, seulement, Dakar s’enleva du dos d’Aleu et s’effondra à ses côtés, épuisé. Aleu s’étendit à côté de lui, bien callée contre son poitrail.
- Dakar, est-ce qu’il y a un risque? Questionna-t-elle.
- Un risque de quoi? Demanda-t-il tout bonnement
- Un risque que ça se sache qu’on l’a fait pour de vrai. Un risque que je tombe enceinte, bon sang ! cria-t-elle.
- Bah, ya toujours un risque, dit-il.
- Tu t’en fous, parce que c’est moi qui va les porter si ya des bébés ! T’es dégueulasse ! aboya-t-elle.
Et elle s’enfuit en courant, sans demander son reste, coupable. Elle rejoignit vite Stark et celui-ci se rendit compte qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Il l’emmena à l’écart.
- Que s’est-il passé, Aleu? demanda-t-il, paniqué.
- Oh, rien, Stark, commença-t-elle par maugrééer.
- Aleu, je sais que ça ne va pas.
- C’est Dakar.
- Quoi? MAIS QU’EST-CE QU’IL T’A FAIT BON SANG?
- Il m’a…
- Il t’a quoI?
- …
-Ça fait plus de trois heures que tu es absente et je m’inquiétais beaucoup à ton sujet.
- Il s’est accouplé avec moi…
- Non, c’est pas possible!
- Si ! Et maintenant, il y a un risque énorme que je tombe enceinte. Je ne peux pas ! Je ne suis pas supposée ! Je ne suis pas la femelle Alpha ! Oh mon dieu, Stark, que vais-je devenir?
- Pourquoi ne l’en as-tu pas empêché, non de dieu?
- Il m’en aurait empêché, de toute manière, il était bien trop lourd.
- Il faut que Dakar défie le compagnon de sa mère et devienne le mâle alpha, c’est la seule solution.
- Tu es fâché, hein?
- Je viens juste d’apprendre que la louve que je convoitais vient de s’accoupler avec mon pire ennemi, alors, oui, je suis parfaitement content.
- Tu m’aimes?
Stark ne prit même pas la peine de répondre, tourna les talons et repartit dans son coin, morose. Aleu était déçue. Elle alla voir Dakar.
- Il faut que tu battes le compagnon de ta mère. Pour que je puisse avoir les louveteaux.
- Pourquoi?
- Parce que c’est toi qui m’a foutu enceinte, gros imbécile !
- Tu sais même pas encore si tu l’es!
- Si je le suis, que vas-tu faire?
- Dire que je ne sais pas de quoi tu parles.
- Tu veux dire que tu vas me laisser dans le trouble ! Et.. Oh! Non!
- Et?
- Tu veux que Stark soit accusé à ta place, n’est-ce pas?
- Belle conclusion, votre Altesse !
- T’es dégueulasse!
- Admets que c’était plutôt bien tout à l’heure !
Aleu décolla retrouver Stark.
- Stark ! Il faut que tu partes. Immédiatement.
- Pourquoi? Si c’est pour fuir pour te sauver toi et ton petit Darak chéri, mon merci.
- Non, c’est pour sauver TA peau.
- Pourquoi?
- Darak va me renier. Il va dire qu’il ne sait pas de quoi je parle et il va t’accuser d’être le père et tu devras être… Enfin… tu comprends.
- Oui, mais pourquoi te croirais-je? Peut-être que ce n’est qu’un autre de tes plans pour me faire perdre les pédales…
- Non! Ça ne l’est pas ! Il faut que tu me croies ! Je t’en supplie ! Je te jure que je dis la vérité.
- Si c’est le cas, cette nuit, je le saurai, murmura-t-il avait de lui tourner le dos.
Aleu savait qu’il était extrêmement fâchée contre elle, mais elle ne savait pas exactement pourquoi. Certes, elle n’aurait pas dû se laisser faire aussi facilement, et puis après? Elle se promit d’éclaircir ceci le lendemain matin. Elle n’eut pas une longue nuit de sommeil, Stark la réveilla aux lueurs.
- Il faut y aller, murmura-t-il.
- Pourquoi, grogna-t-elle.
- Si tu es vraiment enceinte, tu risques la mort et moi de même.
- Allons-y, dans ce cas.
- Il ne faut pas qu’ils nous voyent.
- Ça m’étonnerait qu’ils nous retiennent…
- T’as raison, Aleu, s’Exclama-t-il.
Stark et Aleu s’Enfuirent ce matin là et jamais les loups ne les attrapèrent. Ils supposèrent qu’ils ne le voulaient pas. Au fond, ça leur importait peu. Maintenant, Stark était obsédé par le ventre d’Aleu. Il se demandait vraiment si elle était enceinte de Darak.
- Écoute, Aleu, lui avait-il dit un jour, si jamais tu es enceinte de Darak, ne compte pas sur moi pour t’aider avec les louveteaux.
- Pourquoi donc?
- Ce ne seront pas les miens, et je déteste Darak, j’aurais bien pu décider de te tuer pendant ton sommeil pour que les petits ne voient jamais le jour, mais je ne suis pas cruel.
- Je comprends, murmura Aleu, j’espère que je ne le suis pas. Je ne veux pas d’enfants de ce… ce… loup!
Stark sourit, mais on voyait que le cœur n’y était pas.
Le printemps passa, l’été également, et l’automne passèrent à une vitesse de fou.
- Si tu es enceinte, tu devrais accoucher.
- Mais, d’après moi, je ne le suis pas. Mon ventre n’Est même pas rond.
- T’as raison… Mais fais attention la prochaine fois.
- Je pense que notre escapade achève?
- En effet, il faudra bientôt retourner à Norme.
- Et je choisirai ce que je veux être, n’est-ce pas
- On en rediscutera au printemps. On va passer l’hiver et le printemps et ensuite, on verra.
Comme elle le lui avait dit, Aleu n’était pas enceinte. Elle avait eu vraiment peur de l’être, mais elle ne l’était pas. Par quel miracle? Elle ne le savait pas, mais elle était bien contente d’être débarassée de ce lourd fardeau. L’hiver passa… Incroyablement lentement.
- Aujourd’hui, lui dit Stark un jour, je vais te montrer comment te défendre. Si jamais un loup t’attaque, tu pourras te défendre le temps de le mettre au sol et de fuir.
Euh, les loups courent beaucoup plus vite que les chiens. Il aura tôt fait de me rattraper.
- Si tu as une bonne longueur d’avance, peut-être pas.
Et pendant tout l’hiver, Stark donna à Aleu des cours de combat et de chasse. Lorsque le printemps refit son apparition, Aleu était inquiète. Elle ne voulait pas tomber sur aucun autre loup. - Bon, dit Stark, je t’avais dit qu’on allait en rediscuter, c’Est le moment. Veux-tu être chienne, ou louve? - Je ne sais pas … Ça dépend de plusieurs facteurs. - Quels facteurs, Aleu? - Si je reste chienne, est-ce que tu vas rester avec moI? Mais, si je choisis d’être louve, voudras-tu former ta meute avec moi? - Je ne serai jamais un chien. Mais je ne serai jamais un loup. LE choix t’appartient. Si tu choisis d’être une chienne, je ne te suiverai pas, mais, on se verra de temps en temps, ne t’en fais pas. ET si jamais tu décidais d’être une louve, on pourrait envisager de former notre meute… - Je dois voir mon père d’abord. CE fut un long et pénible voyage jusqu’au village où habitait Balto. La période des amours était commencée, et Aleu était en chaleur. Stark le savait et il savait qu’il ne pourrait plus y résister très longtemps. En effet, le soir, les deux chiens-loups s’accouplèrent, à maintes reprises. Ils étaient heureux. Lorsqu’ils arrivèrent enfin à Norme, Balto les attendait à l’entrée du village. - Salut, vieux frère, le salua Stark, ça fait longtemps que tu nous attends? - Je suis venu ici, à tous les jours, répondit Balto. - Bonjour, Papa, s’exclama Aleu. - Salut, ma chérie. Alors, as-tu pris une décision? Quelle que soit ta décision, je la respecterai. - Je vais… rester avec stark dans le bois… Comme une louve. - D’accord, chérie, dit-il, surpris. - Balto, si tu n’y vois pas d’inconvénient, Aleu va aller voir Jenna et nous allons partir ensuite. - Faites ce que vous voulez! Aleu, pars devant va voir ta mère. Je reste ici avec Stark. Il t’attendra. Aleu fila sans demander son reste, excitée. - Je croyais t’avoir dit de ne pas y toucher, gronda Balto. - Elle s’est fait violé par notre frère, Dakar, rapporta Stark. - Elle a eu des louveteaux? Questionna Balto. - Heureusement, non. Mais, écoute, la période des amours est commencée, on est en plein dedans et c’est difficile de résister à une femelle en chaleur. J’espère qu’elle est enceinte de moi, comme ça, on pourra partir une meute, nous aussi. - Ne rêve pas trop, Stark ! Aleu revint peu après. Elle était heureuse, joyeuse. Elle dit une dernière fois au revoir à son père et elle partit avec Stark sans se retourner. Stark lui avait promis de rester proche de Norme. ET il tiendrait parole. Plusieurs mois plus tard, Aleu accoucha de quatre beaux petits louveteaux. En la regardant dans la prunelle des yeux, Stark comprit qu’elle était la plus heureuse des louves. Il y en avait un qui ressemblait beaucoup à Stark. Pour ne pas dire que c’était sa copie conforme. Son gris était légèrement différent. Une ressemblait à Aleu comme deux gouttes d’eaux, mais son blanc était plus crème. Quant aux deux autres, ils étaient un mélange des deux, évidemment ! Celui qui ressemblait a Stark avait été nommé Starxs. Celui qui ressemblait à Aleu avait été nommée Anouka. Quant aux deux autres, il y avait un mâle et une femelle. Le mâle, c’était Dorka et la femelle s’appelait Jennaz. - Ils seront parfaits, chuchota doucement Aleu à Stark. - Ils viennent de naître, mais je sens déjà que je pourrai donner ma vie pour l'un d'entre eux. - Sûrement pour Starxs, il te ressemble tellement. - Toi, tu la donnerais sûrement pour ANouka, c'est comme si je voyais double lorsque je vous regarde. - Elle me ressemble énormément, c'Est vrai, mais si nous donnons chacun notre vie à Starxs et à Anouka, qu'adviendra-t-il de DOrka et de Jennaz? - T'as raison, faut rester. - Jennaz est le portrait tout craché de ma mère. C'est pour ça que je l'ai appelée comme cela. - Ça lui va comme un gant, mon amour, répliqua Stark. - Tu as bien choisi Dorka, c'est super original, yen aura aucun autre comme lui au monde. - Il faut trouver d'autres loups pour partir une meute. On ne peut pas être les seuls deux adultes. À moins que les loups dans notre meute ne soient que nos descendants.. . - C'est possible ! On verra tout cela le temps venu, amour. Ils étaient heureux, ils avaient l'impression que tout ce qu'ils avaient à accomplir était fait. Il leur restait maintenant à s'occuper de leurs petits louveteaux.
À suivre...