Balto
est accidenté, puis tombe gravement malade. Dans sa maladie, il revit des
moments très douloureux de son passé.
Les
personnages du film « Balto 3 » apparaissent dans cette fanfiction,
mais il n’est pas indispensable de l’avoir vu.
Première
version publiée en avril 2005.
Texte révisé
en juin 2007.
************************
-
Alors ! Comme ça on a besoin d’aide ? Demanda Balto.
-
C’est pas notre faute s’il y a eu une avalanche sur notre chemin ! Lui
répondit Kodi.
Une
fois de plus le traîneau postal était en retard, mais cette fois c’était plus
grave.
Balto
et plusieurs autres chiens de Nome, ainsi que leurs maîtres, partirent à sa
recherche, et ils découvrirent qu’il avait faillit se faire ensevelir sous une
avalanche et était coincé par des blocs de glace.
Tous
ensembles ils finirent par dégager le traîneau, malgré le risque d’une deuxième
avalanche.
-
Papa ! Voyons, comment veut-tu que je devienne chien de tête si tu
n’arrête pas de… euh… de…
Balto
éclata de rire.
- Ne
t’inquiète pas fiston, tu y arriveras, même si c’est dur.
- Les
enfants, vous avez fini ? Demanda Jenna en rigolant. Allez venez
ici !
- Oui
maman.
Kodi
parti en courant, son père sourit devant le surplus d’énergie de sont fils,
puis il le suivit tranquillement, sans chercher à rattraper sont retard (à quoi
bon ?).
Quand
tous d’un coup il entendis un craquement au-dessus de lui !
- PAPA !
VA-T’EN VITE, CA S’EFFONDRE !
Un des
blocs de neige, qui était en équilibre au-dessus du chemin, s’effondra sur
Balto. Il se mit tous de suite à courir, mais trop tard !
-
NOOOOON !
Balto
eu juste le temps de voir la neige arriver sur lui, puis il reçut un énorme
choc, et fut presque écrasé par le poids. Il se débattit pour essayer de
remonter vers la surface, sans résultat, il resta bloqué dans la neige. Très
vite il eut besoin de respirer, mais il n’y avait pas de poche d’air autour de
lui, et lorsqu’il essaya instinctivement, de la neige envahit sa bouche et sa
gorge. Il voulut la recracher et inspirer à nouveau, mais rien à faire !
Puis il suffoqua et finit par perdre connaissance.
…
-
Balto, tu m’entends ?
- …
-
Répond-moi !
Balto
ouvrit les yeux, il était de retour à Nome, dans le cabinet du vétérinaire. Il
avait mal partout, mais surtout à la gorge. Et, bien qu’étant dans une pièce
chauffée, il avait froid, terriblement froid.
C’est
Jenna qui lui parlait.
Mais
il avait beaucoup de mal à parler, sa gorge était trop douloureuse, et il
préféra arrêter.
–
Laisse-le, je crois qu’il a besoin de se reposer.
Puis
Jenna et Kodi sortirent. Mais dans la pièce d’àcoté le vétérinaire discutait avec les parents de Rosy, et Balto les entendait
parfaitement.
- La
neige l’a presque étouffé et le froid de celle-ci lui a gravement brûlé la
gorge. Disait le vétérinaire. De plus il a été dans un état d’hypothermie
sévère, et les multiples contusions dues au choc et à l’écrasement par le poids
de la neige n’arrangent pas les choses.
- Ce
chien a sauvé la vie de notre fille, et de bon nombre d’autres enfants !
Peut importe ce que ça coûtera en soins ou en médicaments, mais je vous en
pris, ne le laissez pas mourir !
-
J’ais fais ce que j’ais pu, maintenant il faut le laisser se remettre tout
seul. Le fait d’être à moitié loup le rend très robuste, il y a bon espoir.
Ramenez-le chez vous, gardez-le au chaud et attendez.
Mais
Balto sentait bien qu’il n’allait pas mieux, et très vite il contracta une très
forte fièvre qui le fit délirer.
Dans
le salon de la maison, Balto fut installé prés du poêle, avec une couverture
pour lui tenir chaud, il était très faible. On aurait dit que la moitié des
chiens de Nome étaient rassemblés dans ce salon, il y avait Jenna et ses
enfants bien sûr, aussi que Kirby, Ralph, Dusty et même Mel. Jenna avait fait
discrètement rentrer Boris par une fenêtre, pour qu’il puisse veiller sur son
"petit".
Tous
ensembles, ils attendaient.
-
Boris.
-
Quoi ?
-
Balto est en train de parler, enfin, il chuchote.
Boris
et Jenna s’approchèrent du malade : Il parlait en effet, très bas, à peine
s’ils parvenaient à le comprendre, sans doute à cause des ses brûlures à la
gorge, mais il parlait.
-
Papa, j’ais vraiment trop peur... rentrons !
Ce
qu’il racontait, c’était sont passé, des souvenirs douloureux qui étaient
profondément enfouis, mais dans lesquels il se trouvait replongé par les effets
de la fièvre.
Cela
remontait à l’époque Balto n’était encore qu’un louveteau (ou un chiot si on
préfère), il avait un frère et une sœur de la même portée, Waoss et Nitti,
aussi qu’un grand frère, Tarak, qui lui était entièrement loup.
Kitok était le père des trois plus jeunes,
il avait rencontré Aniu peut de temps après que son premier compagnon, un loup,
le père de Tarak, ne se soit fait tuer par des chasseurs.
C’était
un malamute, au pelage beige & crème, de taille moyenne, mais il était très
robuste pour un chien.
Sa compagne
était une ravissante louve blanche comme la neige, de la même taille que lui.
Tarak
était un énorme loup mâle, blanc comme la neige lui aussi, et bien que n’ayant
qu’un an à peine il était bien plus grand que sa mère, ou que Kitok, un vrai
colosse ! Enfin il était aussi très mûr pour son âge, presque adulte. Le
fait d’avoir vu son père et ses frères & sœurs se faire massacrer sous ses
yeux, alors qu’il était encore tout jeune, l’avait fait mûrir prématurément.
Tarak
n’appréciait guère le nouveau compagnon de sa mère, il lui rappelait les
hommes, mais il était trop jeune pour se faire entendre.
Balto
était plus petit que son frère et sa sœur, et pour tout dire, il semblait
presque chétif. Il était clair qu’une fois adulte il serait nettement moins grand
et plus mince qu’eux. Néanmoins il était très vif, et semblait aussi résistant
que les deux autres, si ce n’est plus !
Il
semblait aussi beaucoup plus proche du chien par son caractère, il posait
souvent des questions à propos des hommes, et semblait s’intéresser énormément
à eux.
Pour
cette raison, un jour, Kitok l’emmena voir les hommes de prés.
- Où
allons-nous ? Demanda Balto à son père.
- Dans un
endroit qu’on appelle une ville, et où il y a beaucoup d’humains.
Balto eu un frisson, il
voulait tout savoir sur les hommes bien sûr, mais il avait aussi entendu les
terribles histoires racontées par Aniu et Tarak, comme quoi les hommes sont des
monstres qui veulent massacrer les loups et bien d’autres espèces.
- Non, je
ne veux pas.
- Tu as
peur ?
- Oui papa,
rentrons à la tanière.
- Ne
t’inquiète pas, je suis un chien, et les humains ne font pas de mal aux chiens,
et comme tu es avec moi ils ne te feront rien à toi.
- Tu es
sûr ? Parce que maman et Tarak racontent des choses horribles sur eux. Et
je suis à moitié loup moi !
- Nooon,
ils croiront que tu es un chiot, tout simplement, aller vient !
Kitok et Balto traversèrent la plaine
qui sépare Nome de la forêt, et au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de la
ville, Balto sentait tout un flot de nouvelles odeurs qu’il ne connaissait pas.
Mais
parmi toutes ces odeurs il y en avait une qui déclencha en lui une peur
panique, une odeur que tous les loups ne connaissent que trop bien, une odeur
qui pour eux signifie la mort, une odeur que leur instinct leur dit de fuir le
plus vite possible : l’odeur de l’homme.
Balto
s’arrêta net, son père se retourna et le regarda, il était terrifié.
- Papa,
j’ais vraiment trop peur... rentrons !
Et sans
attendre la réponse de sont père, Balto repartit en courant vers la forêt.
Kitok comprit qu’il allait trop vite et
décida d’y aller plus progressivement.
Dans les
jours qui suivirent, il fit promener son fils à mi-chemin entre Nome et la
Forêt, pour qu’il s’habitue à cette odeur si effrayant pour lui. Tout cela
était fait en secret, Kitok ne voulait pas que sa mère et son grand
frère ne soient au courant. Et puis le grand jour arriva, Balto était prêt, du
moins son père l’espérait.
Mais il
ne l’amena pas directement à la ville, et se dirigea vers un vieux bateau à
l’écart.
- Je vais
d’abord te présenter à des amis. Dit Kitok.
- Des
amis ? Des chiens comme moi et toi ?
- Non, tu
verras.
Comme ils
s’approchèrent, Balto remarqua qu’il y avait une oie sur le pont du bateau.
- Papa
regarde, une proie ! Attrape-la vite ! Ont l’amènera à maman pour
qu’elle la mange, elle sera contente !
-
Balto ! Ce n’est pas une proie, c’est un des mes amis, il s’appelle Boris.
-
Quoi ? Un oiseau ? Mais... normalement on les mange !
- Sauf
s’ils sont nos amis, celui là je le connais depuis que je suis tout petit, et
je ne permettrais jamais qu’on lui fasse du mal !
- Tiens
donc, tu amène encore orphelin ? dit Boris
- Ne soit
pas stupide, c’est un de mes fils, il s’appelle Balto.
- Il est
moitié loup alors... tu es sûr qu’il va pas manger moi ?
- Pfffffffffff,
pas plus que deux petits ours blancs qui ne grandissent pas. Au fait, où
sont-ils ?
- Juste à
coté, MUK ! LUK ! Venez ici, Kitok est là avec son fils.
- Ce sont
des bébés aussi ? Demanda Balto. Est ce que je pourrais jouer ave...
AAAAAAAAAAAAAAAAH !
Balto se
précipita entre les pattes de son père, terrorisé par l’arrivée tonitruante des
deux ours.
- Grosse
peluches bêtes, vous pouvez pas faire plus attentions quand vous arrivez !
- Pardon
oncle Boris. Dit Muk.
Balto fit
ainsi connaissance avec les amis de son père.
Kitok
présenta son fils, puis il discuta avec Boris. Au bout d’un moment ils
abordèrent la raison de la venue de Balto.
- Tu le mènes
en ville ? Demanda Boris.
- Oui, il
est plus proche du chien que son frère et sa sœur, peut être que lui vivra avec
les hommes.
- Il
ressemble beaucoup à loup, c’est pas dangereux ?
- Qu’est
ce que tu me raconte là ! Mon fils ressemble à un chien, et d’ailleurs il
est à moitié chien, je ne vois pas pourquoi il ressemblerait tellement à un
loup !
- Fait
attention quand même, ne laisse pas seul en ville, les hommes pourraient le
prendre pour...
- Ca
suffit Boris ! Je le mènerais en ville, un point c’est tout !
Sur ce, Kitokemmena sont fils en ville, pour ce qui était sûrement la plus grande découverte
de sa vie.
- Tu as
peur maintenant ?
- Un
peut, mais ça ira.
Mais
lorsque Balto vit un humain pour la première fois il eut un choc : Jamais
il ne s’était imaginé qu’ils étaient autant grands sur leurs deux pattes postérieures !
Mais il fut un peut déçu aussi, d’après ce qu’on lui avait raconté, il
s’attendait à voir de véritables monstres, portant en permanence des armes, des
pièges, et d’autres choses destinées à tuer les loups !
Puis il
entrèrent en ville pour de bon, il y avait des tas d’être humains ici, Balto
était très intimidé et se tenait le plus prés possible de son père. Mais il
était très intéressé aussi, il regardait partout.
- Maman
regarde, un bébé loup !
Kitok tourna tout de suite la tête,
c’était une petite fille qui parlait.
- Ma
chérie, ça ne peut pas être un loup voyons ! C’est un chiot, les loups eux
sont en forêt.
Puis la mère
et sa fille s’éloignèrent.
Kitok se dit que cette petite devait ne
pas bien y voir, mais ça l’inquiétait un peut, heureusement que Balto n’avait
pas entendu.
Puis il
rencontra un des ses amis, un gros saint-bernard.
- Salut Kitok,
comment ça va ?
- Bien,
et toi, Doc ?
- Bien
moi aussi. C’est ton fils ? Dit-il en désignant le chiot.
- Oui, il
s’appelle Balto.
- Qui est
sa mère ?
- Une lo…
une chienne que j’ais rencontré il y a peut, elle n’est pas en ville en ce
moment. Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce
qu’il me semble que ton fils… ressemble à un loup, surtout au niveau de
l’odeur.
Et il y
eut d’autres indices comme celui là, des passants qui se retournaient en
croisant Balto, un petit garçon qui le pointait du doigt, et les commentaires
des autres chiens « c’est fou comme il ressemble à un
louveteau ! », « c’est marrant, ont dirait un petit loup »
Balto
était trop émerveillé par ce qu’il découvrait pour ce rendre compte de tout
cela, mais il finit par voir que son père était inquiet.
-
Qu’est-ce qu’il y a papa ?
-
Rien ! Mais je crois qu’il est temps de rentrer.
-
Pourquoi ? On vient juste d’arriver, restons encore un peut !
-
NON ! On rentre tous de suite, aller dépêche-toi sinon ta mère ne sera pas
contente.
Sur le
chemin du retour Kitok repensait à cette première en ville :
Il devait être aveugle pour ne pas s’être rendu compte que Balto ressemblait
autant à un loup, et quand il grandirait, puis deviendrait adulte, ça ne ferait
qu’empirer.
Mais,
perdu dans ses pensés, il ne vit pas que, juste avant son départ, plusieurs
hommes se réunirent et discutèrent en les observant. Par contre Balto lui les
avait vus, et il avait remarqué que certains d’entre eux portaient des vêtements
particuliers. Ce n’est que plus tard qu’il su que ceux qui portent ce genre de
vêtement sont… des chasseurs.
…
- Tu es
fou d’avoir fais ça ! Vous auriez pus vous faire tuer tous les deux !
Cria la mère de Balto.
- Aniu
écoute-moi, Balto est attiré par les hommes, il est plus chien que loup, et...
- Il
ressemble à un loup, les hommes le tueront pour ça.
-
TARAK ! Tous les hommes ne sont pas comme ça, je pense qu’ils pourront
peut-être l’accepter.
- C’est
justement là le problème, "peut-être", tu n’es sûr de rien ! Dit
Aniu. Et le jour où il se retrouvera face à ceux qui ont tué mon premier
compagnon et presque tous mes enfants, que se passera-t-il ?
- Je...
Je ne sais pas. Répondit Kitok, embarrassé.
- Alors
Balto n’ira plus jamais en ville, tu m’entends, il restera un animal sauvage,
comme son frère et sa sœur. Cette discussion est terminée !
Puis
Aniu, accompagnée de Tarak, rejoignit ses enfants. Kitok était désolé
de ce qui venait de se dire, et plus encore que cette discussion ce soit passée
devant Balto qui avait forcément tout entendu, et tout comprit !
La
mère de Rosy faisait boire Balto. Il était trop faible pour se lever et boire
dans une gamelle, il fallait donc lui verser l’eau dans la gueule avec une
seringue que lui avait donnée le vétérinaire, et doucement, car sinon ça lui
faisait mal.
Quand
elle fut partie, Boris sortit de sa cachette et revint s’installer prés de
Balto.
-
J’ais pas l’impression que son état s’améliore, ce genre de fièvre peut
facilement être mortelle, et...
-
MEL ! Ça suffit ! Dit Jenna. On est tous au courrant de ça !
Boris
caressait délicatement la tête de Balto.
- Il
va s’en sortir. Hein que tu va aller mieux mon petit.
Puis
Balto recommença à parler, ou plutôt il essaya de crier :
-
Papa ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi !
- Tu
m’emmènes encore en ville ? Demanda Balto à son père, alors qu’ils
marchaient dans la forêt.
- Oui,
répondit Kitok.
- Mais
maman ne veut pas !
- Elle ne
peut pas comprendre, ton grand frère non plus, il faut être un chien pour
comprendre qu’on est fait pour vivre avec les humains, et toi aussi.
C’est
alors que la voix grave de Tarak se fit entendre.
- Peut
être qu’on ne peut pas comprendre ça, mais on sait que les hommes veulent
massacrer les loups jusqu’au derniers, nous ignorons pourquoi, mais c’est ce
qu’ils essayent de faire.
Kitok n’était pas étonné qu’Aniu ait
demandé à son fils aîné de les surveiller lui et Balto, et une fois de plus il
constata à quel point le jeune loup était naturellement doué pour la traque, la
surveillance et la surprise.
- Balto
n’ira pas plus loin !
Tarak
sortit de sa cachette et se planta devant Kitok, le dominant de sa
haute taille, et même l’écrasant de sa masse. Ce n’était encore qu’un
adolescent, il était bien jeune par rapport à Kitok. Mais il
était tellement plus grand et plus puissant, tellement plus majestueux, et
avait une voix tellement plus grave et profonde, que Kitokparaissait presque pitoyable en comparaison.
- Tarak
écoute-moi, je... enfin je...
Mais le
regard orange du grand loup blanc plongeait dans le sien, et il fut incapable
de prononcer un mot de plus.
- Tu
n’iras pas en ville avec Balto ! Dit Tarak sur un ton ferme.
Puis il
quitta le chemin et passa derrière Kitok. Quand ce dernier se
retourna pour essayer de lui parler, Tarak avait disparut comme par magie,
encore une chose pour laquelle il était doué !
La voie
vers la ville semblait libre, mais Kitok savait que ce n’était
même pas la peine d’essayer d’y emmener Balto avec "Big brother" qui
le surveillait.
- Puisque
c’est comme ça, nous allons promener, et faire des courses pour t’apprendre à
courir.
Plusieurs
heures après, Balto était bien fatigué, mais heureux d’avoir dégourdit ces
jeunes muscles. Lui et son père retournaient à la tanière.
Quand
tout à coup ils entendirent Tarak crier :
-
COUREZ ! DES CHASSEURS !
Kitok n’avait rien senti ni entendu,
mais il savait que Tarak n’était pas du genre à plaisanter sur ce sujet, et il
voulut prendre Balto dans sa gueule pour aller plus vite.
Mais trop
tard ! Balto entendit un sifflement puis un choc mat sur son père, tout de
suite suivit par le bruit effroyable de la détonation. Kitoktomba au sol, et lâcha Balto qui roula par terre. Quand il se remit sur ces
pattes, il vit son père au sol, gémissant et se tordant de douleur.
Il resta
quelques instants immobile, ne sachant que faire, et sans se rendre compte qu’on
s’approchait de lui. Puis une main l’attrapa, et il se retrouva face au visage
d’un homme qui l’examinait. Au-dessous de lui des chiens de chasse aboyaient
furieusement, prêts à le déchiqueter si l’homme le reposait par terre.
- Tu as
raison, il est à moitié loup, il faut trouver ses frères et sœurs pour les
tuer, ces bêtes peuvent être très dangereuses si elles n’ont pas peur de
l’homme.
- Que
fait-on de ce sale chien, il est bien touché.
-
Achève-le, s’il fréquente une louve s’est qu’il a mal tourné.
Balto ne
voyait pas ce qui se passait, mais il entendit le nouveau coup de feu qui lui
déchira les oreilles.
- Les
chiens ont trouvé la trace, cria un autre homme un peut plus loin. Je crois
qu’elle mène à une vielle tanière qui était inoccupée l’année dernière, je sais
où elle est.
- Très
bien, allons-y.
L’homme
tenait Balto à bout de bras maintenant, prés d’un buisson. Soudain, une tornade
blanche en jaillit ! Ni les hommes ni les chiens n’eurent le temps de
réagir, Balto se trouva pris dans de formidables mâchoires et fut emporté à
toute vitesse dans les bois. C’est alors qu’il se rendit compte que le monstre
blanc qui l’avait attrapé n’était autre que son grand frère.
Puis il
repensa à son père, il n’avait pas encore compris ce qui c’était passé.
-
PAPA ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi !
Mais son
grand frère se contenta d’émettre un grondement qui lui ordonna de se taire, ce
qu’il fit.
Tarak
courait ventre à terre, et souvent des branches fouettaient la tête ou
l’arrière train de Balto, mais il ne s’en plaignait pas, comprenant que la
situation était grave.
Ils
arrivèrent enfin à la tanière, Tarak déposa Balto par terre, puis discuta très
vite avec sa mère. Balto n’avait pas fait attention à ce qu’ils disaient, il en
était encore à essayer de comprendre ce qui venait de se passer, mais il
entendit quand même les aboiements des chiens de chasse : Les hommes
venaient ici !
Ce n’est
que bien plus tard qu’il compris le terrible choix que sa mère et son grand
frère durent faire : Il fallait fuir, rapidement et tout de suite !
Mais Aniu et Tarak ne pouvaient transporter dans leurs gueules qu’un seul petit
chacun, alors qu’il y en avait trois ! Il fallait donc choisir celui qui
allait devoir rester, celui qui devait mourir pour sauver les deux
autres !
Pourquoi
est-ce Balto qui a été abandonné ? Peut être parce qu’il était le
plus petit et le moins fort, ou peut être parce qu’il était plus proche du
chien et pas assez loup ?
Tarak
attrapa Waoss, Anui prit Nitti, puis ils partirent en courant, ils n’avaient
même pas le temps de dire quoi que ce soit à Balto ! La situation était
trop urgente, ils leurs fallaient prendre le plus d’avance possible s’ils
voulaient avoir une chance de s’échapper, la moindre seconde de perdue aurait pu
être fatale.
-
Maman ! Tarak ! Où allez-vous ?
Mais sa
mère et son frère étaient déjà hors de vue, Balto se mis à courir de toutes ces
forces dans leur direction, mais avec ses petites pattes il était bien
incapable de les rattraper, ni d’ailleurs de semer les chiens qui se
rapprochaient dangereusement.
-
Attendaient-moi ! TARAK, MAMAAAAAAAAAAN !
Balto se
mis à paniquer, c’était la première fois de sa vie qu’il se retrouvait
complètement seul, et ces chiens qui étaient presque sur lui maintenant, et les
chasseurs qui arrivaient derrière !
Il ne
savait pas quoi faire, il aperçut une fente entre deux rochers et
instinctivement s’y précipita, juste quand un grand chien arrivait sur lui. Il
échappa in extremis à son coup de dent et se blottis au font de la fente, mais
elle était juste assez profonde ! Le chien enfonça son museau entre les
deux pierres et essaya d’attraper Balto, un autre fit de même au-dessus, leurs
mâchoires claquaient à quelque centimètre de lui, et ils grognaient et
aboyaient furieusement, d’autre derrière aboyaient aussi.
Balto
hurlait de terreur, il se voyait déjà mis en pièce par ces monstres, quand tous
d’un coup ils se retirèrent, puis se calmèrent : Leurs maîtres étaient là !
Une main
gantée s’introduisit dans la fente et agrippa Balto qui essayait de se défendre
en vain, puis il se retrouva dehors, entouré par au moins six hommes et une
dizaine de chiens.
- Tiens
donc, comme on se retrouve ! Alors tes parents t’on abandonné ?
Les
autres partirent à la poursuite de Tarak et Aniu, mais peut de temps après ils
revinrent bredouilles, et passablement énervés.
Celui qui
tenait Balto releva sont bras pour le mettre en évidence.
- Bon, on
en fait quoi de ça, je le balance aux chiens pour qu’ils le bouffent ?
- Mmmm,
on pourrait essayer à nouveau le coup de l’autre fois, les loups ne doivent pas
être vraiment loin, non ?
-
Ouais ! C’est une bonne idée.
Ils
revinrent prés de la tanière et attachèrent Balto à un arbre, puis ils semblèrent
partir.
- Ils
sont morts... ils sont morts !
-
Qu’est ce qu’il raconte encore ? Demanda Kirby.
- Je
ne sais pas, dit Jenna. Il souffre, je crois qu’il se souvient de son passé, et
ça n’a pas l’air d’être joyeux.
- Je
sais ce que c’est, dit Boris sur un ton grave. Je sais ce que c’est !
Pendant
des heures et des heures Balto attendit, il essaya de se détacher, il s’en prit
à la chaîne, mais sans résultat.
Il se mit
à pleuvoir fort, plus que jamais il se sentait seul. Enfin pas tout à fait,
c’était justement ça le problème, il sentait que les humains n’étaient pas
loin, même si leurs odeurs avaient disparu après le début de la pluie, il
savait qu’ils étaient toujours là.
Et
l’attente se prolongea, interminable. Balto était désespéré, il ne savait pas
quel sort l’attendait, quand soudain il perçut une odeur familière : Aniu,
elle était revenue le chercher ! Et plus loin Tarak aussi était là !
Puis sa
mère apparue enfin entre deux buissons. Balto en fut heureux, mais cela ne fit
que rendre la suite plus douloureuse.
Il y eut
un éclair rouge, immédiatement suivit d’une détonation.
Aniu fut
tuée sur le coup, touchée en pleine tête. Elle s’effondra au sol tandis que son
sang éclaboussa les environs.
Les
chasseurs avaient utilisé Balto comme appât !
Balto fut
trop choqué pour bien se souvenir de ce qui s’est passé dans les minutes
suivantes, il se retrouva ensuite dans les mains d’un des chasseurs, un autre
discutait avec lui.
- Tu
comptes le vendre à Calder ?
- Je ne
sais pas, il ne peut pas intéresser un zoo car ce n’est pas un loup pure race,
pour les combats de chiens peut être ? Ah mais on n’a pas le temps, il
faut qu’on aille faire la tournée de tous nos pièges, on va pas se le trimbaler
tout le long ! S’il ne nous sert plus à rien on s’en débarrasse.
Des coups
de feu claquaient au loin, puis au bout d’un moment les deux chasseurs furent
rejoints par l’autre groupe, avec les chiens.
- Vous
l’avez eu, le deuxième loup blanc ?
- On l’a
touché, et d’après les traces sur le sol il pisse le sang, on aurait pu le
rattraper mais cet enfoiré a sauté dans un torrent et le courrant l’a emporté.
- On a
encore besoin de lui ? Demanda celui qui tenait Balto
- A mon
avis, si l’autre n’a pas crevé il ne sera pas en état de revenir le chercher
avant un bail, fait en ce que tu veux.
- Une
petite course ça vous dit les chiens ? On lui donne combien d’avance, 30
secondes ?
- Une
minute, il est vraiment jeune, il doit pas courir bien vite.
L’homme
posa Balto par terre et le lâcha, tandis que les autres retenaient,
péniblement, les chiens.
Balto se
mit tout de suite à courir le plus vite possible, il ne savait pas où aller, il
fila tout droit. Il allait plus vite que ce que pensaient les chasseurs, mais
les chiens finiraient par le rattraper, et alors…
Balto
courrait toujours, mais il était à bout de force, les chiens le rattrapaient,
c’était inévitable, et quand il arriva au bord d’une falaise il compris qu’il
allait sûrement mourir.
Le
premier chien arriva sur lui et essaya de le mordre, mais heureusement il le manqua.
Mais Balto se retrouva tout au bord, acculé par le chien qui l’avait attaqué,
et les autres arrivaient. En désespoir de cause il sauta dans le vide.
La
falaise n’était pas très haute, mais la chute lui parut effroyable. Il traversa
le feuillage d’un arbre puis un gros buisson qui le ralentirent, enfin il
toucha le sol qui heureusement était souple. Mais il fut quand même assommé un
moment.
Quand il
revint à lui il avait mal un peut partout. Il se releva péniblement et se
souvint des chiens et des chasseurs.
Par
chance il était caché par la végétation, car en haut les chasseurs scrutaient
le bas de la falaise, les fusils prêts.
- Même
s’il a survécu à la chute il doit être salement amoché, et puis de toutes
façons un louveteau aussi jeune ne pourra pas survivre seul.
- Et
l’autre ? Le loup blanc qu’on a blessé, il pourrait le retrouver s’il a
survécu !
- Le
torrent où il a plongé se dirige à l’opposé d’ici, et je le connais, le courant
reste fort sur des kilomètres et des kilomètres. Non, il est seul.
-
Clyde ! Tu connais bien le coin, il y a un chemin qui permet de descendre
en bas ?
- Oui,
mais on en a pour plusieurs jours de marche, le relief est vraiment tordu par
ici.
- Et
notre corde n’est pas assez longue pour descendre.
- Elle
l’est assez pour pouvoir sauter une fois au bout.
- Et
après, tu ferras comment pour remonter ? Imbécile !
- Ah
ouais !
- Bon,
tant pis ! Aller les gars, on met les voiles, on a d’autre chose à faire,
il faut retrouver les autres bâtards, puis vérifier tous nos pièges.
Balto
attendit plusieurs heures pour être sûr qu’ils étaient bien partis, et aussi
pour se remettre et se reposer, puis il se mit en marche.
Mais il
ne savait pas où aller, ses parents étaient morts, et son grand frère peut être
aussi, et de toute façon il ne savait pas où il était.
Il
marchait sans but, tout droit, et puis il se rappela : Kitokavait des amis, ceux du bateau, et Doc le saint-bernard, il fallait les
trouver. Doc vivait en ville, hors de question d’y aller, les événements qu’il
venait de subir l’avais rendu très craintif envers les hommes. Restait donc
Boris et les deux oursons.
Le chemin
fut long, Balto avait du mal à se souvenir, mais il réussit à atteindre la
lisère de la forêt au bord de la plaine menant à Nome, et là il eut peur. Pour
atteindre le bateau il devait s’approcher de la ville, s’approcher de ces
hommes, dont certains d’entre eux avaient massacré sa famille ! Mais en
prenant son courage à deux pattes il se lança.
Il était
déjà très fatigué, mais enfin il parvint à son but. Quand il arriva au bateau,
Boris le vit depuis le pont.
- Qui
est-tu ? Demanda-t-il.
- Ils
sont morts... ils sont morts !
- Mais…
tu es Balto ! Où est ton père ?
Boris
descendit en bas pour l’accueillir.
- Ils
sont morts, ils sont morts... ils les ont tués ! Et Balto fondis en
sanglots. Ils les ont tous tués !
- Qui est
mort ? Demanda Boris, même s’il commençait à comprendre. Balto
réponds-moi !
Mais
Balto avait atteint le bout du rouleau, la fatigue devint d’un coup impossible
à combattre, il se laissa aller et s’endormi.
…
Balto
s’était réveillé, mais il était en état de choc, il restait prostré dans la
cale du bateau, le regard absent, les oreilles tout le temps rabattues en
arrière, il ne parlait pas, ne voulait pas sortir, ne mangeait rien.
Boris était
aller chercher Doc, il le mit au courant de la situation, et sur le fait que Balto
était à moitié loup, ce que Doc avait déjà comprit, mais il accepta de venir
aider.
Et ce n’est que lorsque ce dernier arriva au bateau,
et essaya de rentrer dans la cale, que Balto réagit. Et quelle réaction !
Jamais Boris n’avait vu un chiot paniquer à ce point, il devint comme fou,
essayant de sortir par la brèche de la coque, mais elle était bloquée par Doc,
puis il voulut sauter par l’écoutille menant au pont, sans y parvenir,
finalement il se mit à courir en tout sens dans la cale. On aurait dit une bête
sauvage prise au piège. En fait c’était ça, Balto était redevenu complètement
sauvage !
Doc
partit alors en courrant pour s’éloigner du bateau, et Balto se calma, puis
retourna à sa place, mais il restait tendu, tout tremblant.
Il lui
fallut énormément de temps pour ce remettre, et pour accepter la présence de
Doc. Pendant des semaines Boris du faire preuve de beaucoup de patience, et il
devint à la fois son père, sa mère et son grand frère.
Heureusement
Balto avait une formidable capacité de récupération, autant mentale que
physique, un héritage de ses ancêtres loups probablement. Petit à petit il se
réhabitua à la présence des chiens, puis des hommes, et il pu retourner en
ville.
Mais au fond de lui-même resterait à tout jamais une certaine crainte des hommes.
Le
vétérinaire était venu faire une visite, car la fièvre de Balto s’éternisait.
-
J’ais bien peur qu’il n’ait été touché plus gravement que ce que je pensais.
- Que
faire alors ? Demanda la mère de Rosy, ça fait quatre jours qu’il est
comme ça, il n’y a pas de médicaments, de "potion" pour guérir de
cette fièvre.
- Non,
il faut laisser faire son système immunitaire. Comme je vous l’ais dit, Balto
est très résistant, à sa place un chien ordinaire serait déjà mort, mais... si
la fièvre ne tombe pas dans un ou deux jour... il mourra, j’en ais bien peur.
Peut
de temps après qu’il soit partit, Balto recommença à parler.
- Il
veut me tuer, Boris, il veut me tuer !
Balto
grandissait vite, en quelque mois il atteignit sa taille adulte, puis il
développa sa musculature.
Il se
nourrissait de poissons, de déchet, de charognes qu’il trouvait en forêt, et
surtout de rats. Il était devenu expert dans la chasse aux rats, et savait les
débusquer partout, il avait appris à accéder aux sous-sols des maisons pour les
traquer dans leurs derniers retranchements.
Pendant
ce temps Balto faisait tous son possible pour se faire accepter par les hommes
et les chiens, pour cela il avait une technique simple : Chaque fois qu’il
en rencontrait, il se laissait approcher et se soumettait.
Il savait
que les enfants aimaient les chiens et qu’ils essayaient de venir le caresser.
Au début il se laissait faire, mais il s’aperçut que cela faisait peur à leurs
parents, alors ensuite chaque fois qu’enfant essayait, il s’éloignait
tranquillement d’un ou deux mètres, en gardant tête basse. Ca semblait rassurer
les parents, de voir qu’un tel animal ait visiblement peur.
Et puis
les hommes s’étaient rendus compte que Balto était un excellent chasseur de
rat, et qu’il en tuait beaucoup. Cela n’était pas pour leurs déplaire car les
rats pillaient parfois leurs provisions et pouvait faire beaucoup de dégâts.
Mais
voilà, il était à moitié loup, et il leur ressemblait beaucoup, chaque fois que
quelqu’un le croisait, il ne pouvait s’empêcher d’avoir un frisson : Ce
chien est croisé avec une bête sanguinaire ! Balto le sentait, mais
bon ! Les gens avaient fini par voir qu’il n’était pas dangereux, ils
semblaient s’y habituer même s’ils restaient méfiants.
Avec les
chiens c’était plus difficile, ils voyaient en lui l’ennemi ancestral de leur
race (à l’exception de Doc bien sûr), il avait l’aspect et surtout l’odeur d’un
loup. Mais là encore chaque fois qu’un chien le rencontrait, il se soumettait,
et laissait l’autre lui faire tout ce qu’il voulait, et il ne s’en privait pas
pour en profiter ! C’était dur de devoir constamment se rabaisser ainsi,
mais grâce à ça, et à l’aide de Doc, il finit par amadouer les chiens… à peut
près.
Mais tout
cela ne tenait qu’à un fil, et un rien risquait d’anéantir tous ces efforts et
de le faire rejeter.
Lorsque l’hiver fut là,
Balto se découvrit une passion pour les courses de traîneaux. Pourquoi ?
Il ne le savait pas, mais ce qu’il savait c’est qu’il voulait plus que tout
faire partit d’un attelage, même s’il avait peut de chance.
Son
favori était Togo, un gros malamute de couleur marron & crème, avec une
tâche foncée sur l’œil droit et un autre plus grande sur le dos. Il avait gagné
une fois le Collier d’Or, récompense qui distinguait chaque année le meilleur
chien de tête, il y a deux ans, avant qu’il ne soit gagné deux fois de suite
par un autre chien de la ville de Taylor, au nord de Nome.
Durant son premier hiver,
Balto observait tous les détails des courses, comment les chiens mettaient
leurs harnais, les ordres des mushers, et les mille et une astuces qui permettaient
de gagner les courses. Et il s’entraînait dur en espérant pouvoir en faire une.
Un jour,
vers la fin de l’hiver, Doc vint le voir, tout excité malgré son âge
respectable.
- Balto,
toi qui aime les courses tu va sûrement être content.
- Que se
passe-t-il ?
- Steele
va venir à Nome, et y rester !
- Qui
c’est ça, Steele ?
- Tu ne
le sais pas ? C’est l’autre chien qui est en compétition farouche avec
Togo pour le Collier d’Or, celui qui l’a gagné les deux dernières fois.
- C’est
celui qui habite à Taylor ?
- Oui,
mais plus pour longtemps : Son maître déménage et vient s’installer à
Nome, définitivement, et avec tout son attelage ! Tu te rends compte, on
va avoir deux grands champions dans la même ville !
- C’est
cool… mais je préfère Togo, c’est lui mon favori.
- Et ben
c’est pas de chance, parce que Steele est le plus fort ! Dit Doc pour
plaisanter.
-
Pffffff.
Lorsque
Steele arriva en ville, tout le monde était là pour l’accueillir. Sachant qu’on
risquait de ne pas l’accepter à ce rassemblement, Balto assistait à la scène de
loin, au coté de Doc. Sur les conseils de ce dernier, Balto c’était mit face au
vent pour éviter que les nouveaux arrivants ne captent son odeur de loup, comme
ils n’étaient pas habitués ils auraient pu mal réagir.
-
Regarde, il est là. Dit Doc.
- C’est
le grand blanc et noir ?
- Oui.
- C’est
quoi son nom déjà ? J’ais du mal a le retenir.
-
Steele ! Et on le surnomme souvent « Steele le roi ».
- Et
également « Steele le tombeur ». Dit Swent, un ami de Doc, qui venait
d’arriver.
- Pourquoi ?
Demanda Balto.
- Parce
qu’il séduit toutes les chiennes qu’il désire, à ce qu’il paraît. Répondit Doc.
- A mon
avis il va vite se mettre à l’œuvre ici. Combien de chiots il a eu de toutes
ces conquêtes ? 40 ? 50 ?
-
Swent !
- A c’est
sûr il sait bien se servir de ces pattes pour les courses, mais il sait aussi
se servir de ce qu’il a entre les pattes ! Et il fit un clin d’œil
à Balto qui semblait ne pas comprendre.
-
SWENT ! Voyons ! Balto est trop jeune pour ça !
- Trop
jeune pour quoi ? Demanda Balto.
- Tu
comprendras quand tu seras plus grand, ne pose plus de question, et toi Swent
tais-toi !
Durant
les jours qui suivirent, les nouveaux arrivants s’installèrent avec leur
maître, puis recommencèrent à faire des courses.
Au
classement Togo avait en peut de retard sur son rival, mais, bien que la saison
toucherait bientôt à sa fin, rien n’était encore joué, et la compétition
battait son plein, pour le plus grand plaisir de Balto.
Mais il y avait quelque
chose de bizarre depuis quelques jours, Balto se sentait souvent observé quand
il était en ville. Un jour, lorsqu’il retourna au bateau, il découvrit à
proximité de celui-ci les empreintes d’un grand chien, et l’odeur qu’elles
portaient lui était inconnue. Et certains chiens le regardaient étrangement,
comme si on leur avait demandé de garder un œil sur lui. En bref, il semblait
que quelqu’un le surveillait.
Mais bon,
il se dit que c’était peut-être les nouveaux arrivants qui étaient intrigué par
lui, ce qui était normal, car il avait appris que les hybrides loup-chien sont
rares. Mais un jour la réponse vint à lui.
Ce jour
là Balto décida de retourner chez lui après la fin de la dernière course de la
journée. Cette fois Boris n’était pas avec lui, il pris son chemin habituel, il
y avait eu un redoux temporaire et un peut partout la neige avait fondu, avec
de grosses flaques.
En
arrivant dans une ruelle, Balto vit que son chemin était barré par un grand
chien blanc et noir aux yeux bleus.
C’était
le nouveau chien de tête qui était arrivé depuis peut, le double vainqueur du
Collier d’Or, celui dont le non commençait par un S (foutu mémoire !).
Balto
était enchanté de faire la connaissance d’un champion, même si ce n’était pas
Togo, et ravit de voir que son coté loup ne semblait pas l’effrayer. Mais il y
avait quelque chose de bizarre en lui, Balto eut un pressentiment. Il voulut
lui parler quand il s’approcha de lui, mais l’autre le devança.
-
Balto ? Demanda-t-il.
Balto fut
très étonné qu’il connaisse son nom ! Il répondit :
- Oui,
c’est moi… qui est-tu toi ?
Mais
l’autre ne répondit pas, il le regardait droit dans les yeux et semblait
fasciné. Balto vit qu’il devint comme tétanisé et ce demanda ce qu’il avait.
- Je
t’ais posé une question ! Demanda Balto machinalement.
L’autre
sembla essayer de répondre, il ouvrit la bouche mais d’une manière que faisait
croire qu’il était en train de faire la plus grande découverte de sa vie, Balto
eu l’impression que sa mâchoire allait se détacher et tomber par terre !
Il n’avait jamais regardé quelqu’un dans les yeux ou quoi ?
- Hé
ho ! Fit Balto, de l’air de dire "réveille toi".
L’autre
se mis à bredouiller :
- Euuhh,
je... je je m’appelle Steele et… euh…
- Et
quoi ?
« Il
a vraiment un problème celui là, pourquoi je lui fais un tel effet ? »
Se dit Balto. Puis il sentit son corps se préparer instinctivement au combat :
la scène devient plus claire car ses pupilles se dilataient, il sentit des
picotements sur la nuque et le dos au fur et à mesure que son pelage se
hérissait. Balto n’avait jamais ressentit ça, tous ces muscles étaient tendus
au maximum, son cœur battait à coups redoublés, sa respiration devenait plus
rapide. Son instinct lui disait qu’il allait devoir se battre…
maintenant !
Steele
secoua brièvement la tête puis sembla reprendre ses esprits. Et tout d’un coup
son regard devient noir, il rabattit ses oreilles en arrière, retroussa ses
babines, se mit à grogner. Balto le vit passer à l’attaque avant même qu’il ne
bouge.
Lorsque
Steele sauta sur lui, Balto avait déjà commencé à se jeter sur le coté, il le
manqua donc et se vautra dans un falque. Et là, pendant une fraction de
seconde, Balto vit que la gorge de Steele était exposé, son instinct lui avait
alors hurlé de foncer, de mordre et de tuer… et il se voyait déjà an train de
déchiqueter le cou de Steele ! Mais il parvint à ce retenir, de
justesse !
Steele se
releva et lui fit face, Balto compris alors qu’il était coincé, et quand Steele
fonça sur lui il vit que la seule échappatoire se trouvait au-dessus. Alors, de
toute la puissance de ses pattes arrières, il sauta.
Il lui
passa largement dessus et entendis un énorme fracas, puis il atterrit sur ses
pattes, et, sans regarder derrière lui, se mit à courir à fond. Il entendait
l’autre se dépêtre dans un bruis de bois brisé, rugir de frustration, et enfin
crier avec une rage effrayante « Tu peux toujours courir sale monstre, je
te retrouverais et je te réglerais ton compte, sois en sûr ! »
C’est
alors que Balto regarda par-dessus son épaule et vit que Steele était déjà loin
derrière et ne le poursuivait pas.
Mais ça
ne le rassura pas pour autant, Steele le connaissait, il avait préparé son
coup, et il recommencerait, il venait de le dire ! Il arriva en trombe au
bateau et ce mis à crier de manière hystérique :
-
BORIS ! BORIS ! BORIS ! OÙ EST-TU ? BORIS !
BORIS !
- Quoi
quoi ? Que se passe-t-il ?
- Il veut
me tuer, Boris, il veut me tuer !
-
Comment ? Qui ça ?
Balto
était paniqué.
-
Steele ! Il vient de m’attaquer. Il a voulu me tuer, à l’instant. Il va
recommencer. Il a dit qu’il allait me régler mon compte. Il va me retrouver. Il
faut que je parte. Il va venir ici. Il va me tuer.
- Du
calme, Balto ! Calme-toi ! CALME-TOI !
Balto se
calma mais restait hyper tendu.
- Voilà,
du calme mon petit, maintenant raconte ce qui s’est passé.
Et Balto
lui dit tout, l’attaque de Steele, ce qu’il lui avait dit, le fait que depuis
un certain temps il était observé, probablement par Steele et que ce dernier
devait sûrement savoir où Balto habitait. Boris ne savait pas quoi penser.
- Tu es
sûr qu’il veut bien te tuer, qu’il a pas voulu simplement te faire peur pour
plaisanter ?
- Boris,
si tu avais vu ses yeux quand il m’a sauté dessus, et la manière dont il a crié
« je te retrouverais et je te réglerais ton compte ».
Boris réfléchit quelque
instant, puis il dit :
- Ecoute,
voilà ce qu’on va faire, on va aller en ville… Balto écoute-moi, on va aller en
ville, mais en allant d’abord chercher Doc et Swent, et tous ensembles on ira
voir Steele… n’ait pas peur, calme-toi, Swent est fort tu sais, il pourra te
protéger, et puis tu t’en ais bien sortit tout seul, tout à l’heure, non ?
- Oui,
mais…
- Et on
demandera à Steele ce qu’il te veut. D’accord ?
- Oui.
- Bon,
allons-y.
-
Maintenant ?
-
Maintenant !
Et c’est
aussi que Boris, Doc, Swent et Balto rencontrèrent Steele.
- Tiens
tiens, mais qui nous avons là ? Dit Steele en les voyant arriver. Notre
petit bâtard, qu’est ce que vous venez faire tous, me régler mon compte ?
- Ne soit
pas stupide, est ce que c’est vrai que tu as voulu tuer Balto ? Demanda
Doc.
- Mmm…
ouais !
-
Quoi !?
- Mais j’ais
changé d’avis maintenant, c’est plus marrant de le voir mort… de peur, comme il
l’est en ce moment. Non mais regardez le comme il tremble ! Fait attention
petit, tu va perdre tous tes poils si tu continu, déjà avec la tronche que tu
as !
-
Steele ! Ca suffit, pourquoi fait-tu ça ? demanda Doc.
- Parce
que je ne l’aime pas, il est à moitié loup ! Et vous savez ce que c’est,
un loup ?
- Il est
à moitié chien aussi, tu vois bien qu’il n’est pas dangereux.
- Peut
importe, le loup est en lui, et il se réveillera lorsque Balto atteindra sa
maturité, et alors vous aurez un vrai monstre sur les bras, il vous tuera
d’abord, puis il s’en prendra aux enfants de cette ville. Débarrassez-vous en
avant qu’il ne soit trop tard !
- C’est
faux ! Dit Balto. Je ne ferais jamais de mal à mes amis, ni aux enfants.
Steele
s’approcha alors de lui, Swent lui barra la route mais il l’envoya par terre
d’un coup d’épaule, puis il regarda Balto droit dans les yeux.
- C’est
ce que tu crois, chien-loup, mais quand tes instincts bestiaux referont surface
tu ne pourras plus te contrôler. Et quand ta soif de sang deviendra insatiable,
tu feras n’importe quoi pour la satisfaire, tu m’entends, n’importe quoi !
-
Non !
- Non en
effet, car moi je serais là, et je m’occuperais de toi. Rassure-toi, tu ne
feras de mal à personne, car tu seras mort avant !
Puis Steele
s’adressa à tout le monde.
- Allez
foutez-moi le camp vous autres, je veux plus vous voir !
Ils
partirent donc, laissant Steele qui n’arrêtait pas de ricaner.
- Tu
crois vraiment que je pourrais devenir dangereux ? Demanda Balto à Doc.
-
Ecoute-moi, ton père était quelqu’un de bien, quant à ta mère je ne la
connaissais pas mais, d’après ce que m’a dit Kitok, elle était comme
lui. Pourquoi voudrait-tu être dangereux ? Ton grand frère et ta mère,
loups à part entière, étaient-ils dangereux pour les humains ? Ont-ils
jamais attaqué un homme, même lorsque les chasseurs sont venus pour vous
tuer ?
- Non.
- Alors
tu n’as pas à t’inquiéter.
Mais si
Balto n’avait rien à craindre de lui-même, il avait à craindre des autres.
Dans les
semaines qui suivirent sa situation se dégrada rapidement.
D’ignobles
rumeurs se mirent à circuler parmi les chiens de Nome.
L’une
d’elle disait que Balto était venu avec une meute de loup pour intimider Steele
et le menacer de mort !
Une autre
disait que Balto attirait certains chiens en dehors de la ville pour que les
loups puissent les tuer et les manger, en échange d’une part du festin !
Selon une
dernière encore pire, le père de Balto était un loup qui avait violé une
chienne car il voulait des hybrides pour faire du mal aux hommes ! Puis
une fois Balto sevré, lui et son père auraient tué sa mère, et ensuite
dévoré ! Balto avait beau dire que son père était un chien, et sa mère une
louve, cela ne changeait rien.
Swent
pris ces distances avec lui, puis bientôt il rejoint ceux qui le raillaient
sans cesse.
Un jour
quand Balto alla voir Doc, il le trouva dans un sale état.
- Que
t’est-il arrivé ? Demanda Balto.
-
D’autres chiens m’ont attaqué, mais ne t’inquiète pas, j’en ais vu d’autre.
-
Pourquoi ?
- Je
crois qu’il n’aime pas que je sois ami avec toi ! Peut être... qu’il
faudrait qu’on prenne un peut de distance entre nous, le temps que les choses
se tassent, tu comprends ?
- Oui, je
comprends.
Mais
Balto comprenait surtout qu’il perdait ces amis chiens, et qu’il ne lui restait
plus que Boris, Muk et Luk.
Les hommes aussi se
méfiaient de lui, il y avait une recrudescence de vol de viande, et c’est
naturellement vers Balto que les soupçons se portaient. Une fois un enfant fut
blessé par un chien non identifié : rien de grave, juste de belles
égratignures, mais c’était un peut inquiétant, et là encore Balto servait de
bouc-émissaire, certains se demandaient même s’il ne fallait pas le faire
abattre !
Balto était encore jeune et naïf,
il ne comprenait pas que c’est Steele qui orchestrait tout ça (à l’exception de
l’enfant blessé, une simple coïncidence), que c’est lui qui avait répandu les
rumeurs, qui avait convaincu Swent, ou qui avait attaqué Doc et l’avait menacé.
Et que c’est également lui qui était le voleur de viande, comme il l’était déjà
avant de venir à Nome d’ailleurs. Tout cela il ne le comprit que bien plus
tard.
Et le pire c’est que,
malgré ce qu’il lui avait dit l’autre jour, quand Steele remportant le Collier d’Or
pour la troisième fois (en battant Togo à plat de couture lors de la dernière
course) Balto se mit à l’admirer pour ses performances à la course !
-
AAAAAAAAAAAAAAAAH !
-
Qu’est ce que s’est ? Demanda Kodi en sursautant.
Balto
se tordait et remuait en tous sens.
- Il
cri de douleur, que lui arrive-il ?
- Je
savais qu’il finirait par ce rappeler de ça ! Dit Boris. C’est peut-être
le pire.
Balto se
souviendra toujours du jour où ça a commencé.
Il avait
bien remarqué que des hommes semblaient le surveiller, mais il n’y faisait pas
attention.
Balto
avait pris pour habitude de toujours suivre le même chemin pour aller se
promener en forêt. Et c’est ce chemin qu’il suivait ce jour maudit où tout
bascula.
Il se
promenait tranquillement, quand tous d’un coup il sentit une odeur : De la
viande de bœuf !
Il avait
déjà goûté une fois à cette viande, rien à voir avec les rats ou avec les
charognes. Non, c’était absolument exquis !
Mais que
faisait cette viande en pleine forêt ? S’il avait été un peut plus âgé il
se serait méfié, mais ce n’était pas le cas, et il suivit l’odeur qui le menait
à une petite clairière avec un grand arbre. Le morceau de viande était en
l’air, accroché à l’arbre par une ficelle.
Balto
s’en approcha, il salivait déjà, il ne fit pas attention où il posait les
pattes.
Soudain
il y eut comme un claquement sec et fort, et Balto ressentit au même moment une
forte douleur à la patte avant droite. Il essaya de partir mais quelque chose
le retenait, et la douleur redoubla. C’est alors qu’il vit sa patte prise dans
un piège à mâchoires !
C’est là
qu’il commença à paniquer, celui qui avait posé ce piège allait revenir, et
Balto savait que ce genre de personnes sont comme ceux qui ont tué ses parents.
S’il ne se sortait pas de ce piège il allait mourir, il en était sûr.
Il essaya
de tirer, de tourner, mais ne parvint qu’a se faire mal.
Il resta
comme ça pendant tout l’après-midi. C’était l’été et il faisait chaud, il avait
soif, de plus en plus, il avait mal, mais surtout il était fou d’inquiétude. « Comment
peut-on faire un chose aussi cruelle », se dit-il, c’est horrible cette
attente, ce stress qui monte d’heure en heure !
Bientôt
il se demanda s’il ne devait pas… non ! Hors de question de faire ça… et
pourtant se serait le seul moyen de se libérer de cette monstruosité qui lui
tenait la patte.
Il avait
entendu dire que parfois des animaux pris dans de tel piège… se rongeait la
patte pour se libérer. Mais il n’osa même pas imaginer la douleur, et les
conséquences d’un tel acte, mais pourtant il y pensait, de plus en plus !
Heureusement,
si on peut dire, avant que Balto n’en viennent à une telle extrémité il entendit
des pas s’approcher : Les poseurs du piège revenaient ! Jamais Balto
n’eut autant peur que quand il les vit arriver (car ils étaient deux), c’était
pire que lors de l’attaque des chasseurs il y a plus d’un an, car dans ce cas
il fut pris par surprise, il n’eut pas le temps de gamberger, alors que là il
avait attendu leur arrivée avec angoisse.
- Tiens !
Regarde ça ! Je t’avais dit que c’était le bon endroit pour attraper ce
chien-loup.
- C’est
bien lui ?
- Mais
oui t’inquiète pas. Prépare ta perche au lieu de parler.
L’un d’eux s’approcha de
Balto avec une longue perche doté d’une corde faisant une boucle à son
extrémité, et dont un bout était tenu par l’homme. D’un geste vif il passa la
corde autour du cou de Balto puis il serra, c’est à ce moment là qu’il essaya
de se libérer, mais sans résultat. Le deuxième attrapa une patte et tira pour
faire tomber Balto sur le flan, puis, pendant que l’autre lui plaquait la tête
au sol avec sa perche, il attacha ses pattes ensemble, enroulas une corde
autour de son museau pour l’empêcher de mordre, et enfin lui mis un sac de
toile sur la tête. Pendant ce temps, bien évidemment, Balto se démenait comme
un beau diable pour essayer de se libérer, mais les autres savaient y faire,
ils n’en étaient pas à leur coup d’essai, et même si Balto leur donna plus de
fil à retordre qu’a l’accoutumé ils parvinrent à le maîtriser. Ensuite ils lui
enlevèrent le piège, à ce moment là douleur devient presque insupportable quand
le sang se remis à circuler dans sa patte et Balto serra les mâchoires pour ne
pas hurler.
Puis ils
l’emmenèrent, Balto ne savait pas où à cause du sac sur sa tête, et le voyage
dura quelques dizaines de minutes. Ensuite il fut jeté dans une cage, après
avoir été détaché, à l’intérieur d’une cave humide et sombre. Il se mit tous de
suite à lécher sa patte meurtrie, heureusement le modèle du piège qu’ils
avaient utilisé était conçu pour blesser le moins possible, avec des mâchoires
larges pour répartir la pression sur une grande surface, mais malgré tous il
lui avait fait très mal.
Balto
sentait qu’il y avait d’autres chiens dans cette maison, mais ça ne le rassura
pas pour autant !
- Alors,
que fait ont de lui ?
- Il
ressemble beaucoup à un loup mais il n’a pas peur de l’homme, on pourrait le
vendre à un cirque, ou à un zoo, comme ont voulait le faire au départ.
- Les
zoos veulent des vrais loups, plutôt un cirque, ou bien un montreur d’animaux,
si son comportement est proche du chien il devrait être facile à dresser.
- Il a
aussi de belles dents, et a l’air souple et agile, pour les combats de chiens
il pourrait faire l’affaire.
- Mais il
est un peut gringalet je trouve, il ne doit pas faire plus de 30 Kg, il risque
de ne pas faire le poids. Enfin ! On verra.
Puis ils
essayèrent de la faire sortir de la cage. Au moment ou l’un d’eux voulut lui
passer une corde autour du cou, Balto ne su pas ce qu’il lui prit, mais d’en
coup il pivota vivement la tête et mordit l’homme à la main ! Pas bien
fort, mais il le blessa quand même.
-
AAAAh ! … Enfoiré !
- Il est
rapide ! Je l’ais pas vu faire.
L’homme
tenait sa main qui saignait, et il fusillait Balto du regard.
- Tu veux
jouer au con avec moi ? Et ben tu vas être servit, tu peux le
croire !
Les deux
hommes refermèrent la cage, s’en allèrent, puis revinrent avec des cordes, une
ficelle, un filet, et un objet que Balto n’avait encore jamais vu. Ils
ouvrirent la cage en grand, et avant que Balto ait le temps de réagir ils lui
jetèrent le filet dessus. Il ne pu rien faire quand ils le tirèrent hors de la
cage, puis se mirent à lui enrouler le ficelle autours du museau, et à lui
attacher les pattes deux par deux, au fur et à mesure qu’il le sortait du
filet.
Une fois
Balto immobilisé, ils le traînèrent prés d’un mur, et l’attachèrent par les
pattes de devant à un anneau en hauteur, de fait que ces pattes arrières
touchaient le sol et qu’il était comme cabré. Puis un des hommes, celui que
Balto avait mordu, pris le mystérieux objet qu’ils avaient apporté et le
déroula sur le sol d’un geste sec. Balto ne savait pas ce qu’était un fouet,
mais il le comprit vite.
Juste
avant il vit un chien par la petite fenêtre. On aurait dit… mais oui !
C’était Steele ! Que faisait-il là ! Et il semblait sourire, comme
s’il prenait du plaisir à…
La
douleur effroyable du premier coup de fouet qui lui cingla le dos lui fit tout
de suite oublier Steele. Il essaya de crier, mais n’y parvint pas à cause de la
ficelle qui lui maintenait la gueule fermée. Il vit l’autre armer son bras pour
un nouveau coup, et essaya de s’y soustraire, mais, retenus par l’anneau, il ne
fit que pivoter sur lui-même, ce qui fit que le deuxième coup atteignit cette
fois le flanc et le ventre.
- Ah tu fais
moins le fier là, hein ! Tiens prend ça. Et il lui assena un troisième
coup. Tu réfléchiras à deux fois avant de me mordre la prochaine fois, et prend
encore ça ! … Et encore, tiens !
- Ca
suffit maintenant, non ? Dit l’autre. Ça fait cinq coups, je crois qu’il a
compris !
-
Non ! C’est un dur à cuire celui là, il est à moitié loup !
Et en
prenant son temps, il lui assena cinq autres coups de fouet. Balto essaya de
toutes ses forces de se détacher ou de se soustraire à cette horreur, mais en
vain, il ne parvint qu’a s’épuiser, et à exposer toutes le parties de sont
corps.
- Là, il
a son compte.
Balto
soufrait énormément, il avait l’impression d’avoir dix traînées de feu sur lui.
- Alors
écoute-moi coco, je vais t’en faire baver, et si veut rester en vie tu intérêt
à te tenir à carreaux !
Balto
sentait qu’il partait, il eut juste le temps de voir Steele qui semblait ravit
à travers la vitre, puis il perdit connaissance.
…
Un mois
plus tard…
Après
trente jours de mauvais traitement, Balto allait très mal. Physiquement ça
pouvait aller, ce n’est pas les blessures et les chocs qu’il subissait qui
risquait de le mettre en danger, mais du point de vue mental il était ravagé.
- Alors
tu veux voir s’il sait se battre ? Mais il faudrait pas qu’il soit
grièvement blessé, sinon il risque de perdre de sa valeur au cas où on le vend
à un cirque.
- Pas de
problème, le vieux Nick a perdu la moitié de ses dents, et il boite comme
jamais, je crois qu’il n’en ferra qu’une bouchée.
Ils
emmenèrent Balto dans une petite cours fermée et le laissèrent avec un vieux
chien copieusement balafré, ils observaient depuis une fenêtre fermée par des
barreaux.
Le vieux
chien se mit tout de suite à grogner vers Balto.
- Du
calme je ne te veux aucun mal, dit Balto.
Mais pour
toute réponse l’autre lui sauta dessus et le mordit violemment au cou,
heureusement ces crocs étaient usés et il ne fit pas grand mal à Balto qui
parvint à le repousser.
- Ca va
pas non !
L’autre
revint à la charge, et Balto s’enfuit. Pendant plusieurs minutes se fut la
course dans la cour, pas très rapide car l’autre boitait, mais ils couraient
quand même.
- Il ne veut pas se battre
ce salaud ! Dit un des hommes. Il est à moitié loup pourtant ?
Hé ! Fais voir ce que t’a dans les tripes !
L’autre
chien était expérimenté, il parvint à bloquer Balto dans un coin, puis il lui
sauta dessus et essaya de l’attraper à la gorge, Balto se défendit en le
mordant à la patte avant gauche. Il s’éloigna en marchant encore plus mal, mais
revient à la charge, ce chien semblait comme fou, il était clair qu’il tuerait
Balto s’il le pouvait.
Pendant
plus d’un quart d’heure, lui et Balto se battaient, l’autre chien n’arrêtait
pas d’avancer et de reculer, pour déstabiliser son adversaire, et Balto se
faisait avoir, c’était la première fois qu’il se battait, il n’avait aucune
expérience.
Puis le
vieux chien décida d’attaquer pour de bon, il attrapa Balto par la nuque et
essaya de lui briser les vertèbres !
Balto
parvint à ce dégager, et d’un coup il sentit en lui comme un déchaînement, ses
instincts les plus profond refaisaient surface. Il attrapa le vieux chien par
la gorge… et il perdit le contrôle de lui-même, ses mâchoires semblaient
fonctionner toute seule, il eut vaguement conscience de ce qu’il faisait.
Lorsqu’il reprit ses
esprits, il se rendit compte qu’il était couvert de sang, et qu’il avait
littéralement mis en pièce l’autre chien ! Il en fut profondément
horrifié.
-
Wow ! Dit donc ! Une vraie boucherie ! J’ais rarement vu
ça !
- En
effet, c’est impressionnant, on aurait dit un vrai loup ! Mais il a
beaucoup hésité, je ne crois pas qu’il ferait un bon chien de combat, pas assez
hargneux.
Balto se
laissa faire quand on le ramena à sa cage, il était trop choqué pour vouloir se
rebeller. Choqué d’avoir tué, mais aussi il se souvenait de ce chien, il
n’avait même pas parlé avant d’attaquer, on aurait dit qu’il avait perdu toute
intelligence, « est ce que je deviendrais comme lui ? » se
demanda-il.
- Tu
vois ! On dirait un agneau maintenant, alors que les chiens pour le combat
restent agressifs en général. Non, on le vendra comme bête de scène.
Balto
n’avait pas vraiment fait attention à ce qu’il disait, mais il vit à ce moment
là que, pour la première fois, la porte de la cave était restée entrouverte :
Ils avaient oublié de la verrouiller, visiblement impressionné par le carnage
qu’ils venaient de voir. D’un coup il se rendit compte que s’il voulait avoir
une chance de quitter cette horreur il fallait le faire maintenant !
Alors
qu’il était devant la porte de la cage, de toute la puissance des ses muscles
il s’arracha des mains qui le tenaient et courut vers la porte.
-
Hé ! Il se tire !
Balto
passa la porte, monta les escaliers en trombe et se retrouva dans la pièce
principale. En face de lui une fenêtre fermée par de simple persienne, il fonça
et passa au travers, et il se retrouva enfin dehors, la première fois depuis un
mois ! Mais il n’avait pas le temps de s’en réjouir, car les autres
remontaient déjà les escaliers. Il partit en courant.
La maison
était en fait un peut à l’écart de Nome, à quelque centaine de mètre à peine de
la rue principale. Ne savant pas où aller, Balto fila droit sur la ville. Il
craignait que les autres ne lui tirent dessus, mais heureusement ils étaient
trop prés des maisons pour utiliser une arme à feu sans risquer d’attirer
l’attention, par contre ils montèrent à cheval et partirent à sa poursuite.
Balto
allait le plus vite possible, mais pas assez ! Comme il arrivait à la
limite de la ville, un des hommes lui envoya un filet dessus, il roula par
terre et se retrouva immobilisé.
Il avait
perdu tout espoir, quand, pour une fois, la chance lui sourit.
- Qu’est
ce que vous faites ? Dit d’un coup une voix autoritaire.
Balto et
les deux hommes furent surpris : Le shérif ! Pendant sa patrouille il
avait vu les deux hommes arriver comme des fous à cheval, ça l’avait intrigué
et il avait décidé d’aller voir de plus prés ce qu’il en retournait.
Nos deux
lascars n’en menaient pas large, dans leur précipitation ils n’avaient pris que
le filet et des cordes, alors que le shérif était armé.
-
Tiens ! Monsieur Calder, et son joyeux acolyte, comme ont se
retrouve ! Qu’est ce que vous faites comme mauvais coup cette fois ? Dit
le shérif.
Puis il
vit Balto, et remarqua qu’il était ensanglanté.
- Vous
faite encore un trafic de chiens de combat ? Je vous avais bien dit que la
prochaine fois se serrait direct la prison !
-
Non ! Non ! Non ! Ce n’est pas ce que vous croyez, il a attaqué
un de nos chiens, et on est partit à sa poursuite pour…
A ce
moment là, Balto réussit à s’extraire du filet et s’échappa en direction de la
ville.
-
Oh ! Il fout le camp ! Ne le laissait pas faire, il est
dangereux !
Mais
Balto avait déjà disparut entre deux maisons.
- Tans pis, on s’en
occupera plus tard, vous d’abord ! Dit le shérif. Moi et mes hommes on va
aller chez vous, et si ont trouvent encore des chiens volés, vous irez en tôle
cette fois, et pour un petit moment.
- Mais,
mais, vous vous trompez voyons…
Balto était désormais trop
loin pour entendre la suite, il courait en plein milieu de la ville, bien des
gens le voyaient et semblaient s’inquiéter de le voir plein de sang. À cause du
choc qu’il avait subit, ce n’est qu’au bout d’un moment qu’il pensa à retourner
au bateau.
Boris,
Muk et Luk avaient recherché Balto après ça disparition, en vain ! Ils
s’étaient bien approchés de la maison où il se trouvait, mais il y avait un
vieux chien tout balafré attaché à l’extérieur (le vieux Nick en fait), il
était très agressif et aboyait comme un fou quand ils s’en approchèrent, ce qui
fait qu’ils n’avaient pas pu voir que Balto été enfermé à l’intérieur. Ils
avaient fouillé presque tous les autres recoins de Nome, sans succès bien évidemment.
Il n’y
avait personne lorsque Balto arriva au bateau, alors, comme il l’avait fait
après la mort de ses parents, ils descendit dans la cale, et se coucha dans un
coin.
Boris et
les deux oursons ne le trouvèrent pas de suite quand il arrivèrent (puisqu’ils
ne le cherchaient pas, ils croyaient qu’il avait disparut définitivement), ce
n’est que lorsque Balto sortit en les entendant qu’ils le virent. Boris lui
sauta au cou, mais recula tout de suite en se retrouvant plein de sang !
Balto ne
parlait pas, ils essayèrent de le réconforter, sans sucés au début, et c’est
tous juste s’ils parvinrent à le mener au bord de l’eau pour le laver. Il
semblait avoir fait un retour en arrière, comme au temps du massacre de sa
famille par les chasseurs.
Heureusement
son extraordinaire capacité de récupération était toujours là, et en quelques
semaines il se remit, du moins en apparence. Car il était maintenant bien
sombre, toujours de mauvaise humeur, et triste, il restait donc une trace de ce
qu’il avait subit.
Sa
situation à Nome ne s’arrangeait pas, au contraire. Les chiens, et les humains
dans une moindre mesure, étaient un peut contents lorsque Balto n’était plus
là. Seul Steele savait où il était, et allait souvent voir, par plaisir, les
sévices que lui infligeaient les deux trafiquants (il ne craignait pas d’être
volé par ces lascars car ils n’auraient pas osé s’en prendre à un chien aussi
célèbre, cela aurait été trop risqué). Alors, quand ils virent Balto revenir,
ils furent contrariés et s’en prirent à lui encore plus qu’avant.
De plus,
Steele ne s’était pas fait prier pour raconter ce qui c’était passé, en
particulier le fait que Balto ait mis en pièce un autre chien, et d’une manière
particulièrement violente (ce jour là aussi, Steele regardait par-dessus le
mur).
Les
hommes aussi se méfiaient encore plus de lui, ils avaient compris qu’il était
le chien qu’avait vu le shérif le jour où il avait arrêté les deux trafiquants,
et qu’il était donc passé entre de mauvaises mains et avait probablement été
entraîné aux combats, ce qui peut être lui avait fait prendre goût au plaisir
de tuer !
Et tout
ça Balto le ressentait. Et pour tout dire, il en avait marre d’être à moitié
loup ! Et un soir il le dit à Boris.
-
Balto ! Comment peut-tu dire ça !
- TU NE
VOIS DONC PAS ! C’est parce que je suis à moitié loup que les gens ont
peur de moi, c’est parce que je suis à moitié loup que les chiens se moquent de
moi, et enfin c’est parce que je suis à moitié loup si ces deux monstres m’on
capturé. Je les ais entendus, c’est moi qu’ils voulaient, c’est pour moi et moi
seul qu’ils ont posé le piège qui m’a attrapé, et ce qui les intéressaient c’était
mon coté loup et rien d’autre !
-
Calme-toi…
- Et tous
ça parce que mon imbécile de père a voulu se payer une louve !
-
BALTO ! Ne dit pas horreurs pareilles ! Ton père aimait ta mère,
réellement, se n’était pas… un simple flirt de passage comme tu sembles dire.
C’était vrai amour entre eux, et ils seraient rester longtemps ensemble si…
s’ils n’étaient pas morts.
-
SI ! Parlons-en des "si". SI Kitok avait pris une
chienne comme compagne, SI il avait fait comme les autres chiens, alors moi je
n’aurais pas vu ma famille exterminer pas des chasseurs, je ne me ferais pas
rejeter par les hommes et les chiens, je n’aurais pas été capturé par des fous
qui voulait me vendre à je ne sais qui. Si ma mère avait été une chienne, une
chienne ordinaire, (il parlait avec des trémolos dans la voix maintenant) je
serais là bas, en ville, j’aurais un maître qui m’aimerait, je pourrais faire
des courses de traîneaux, tous les chiens seraient amis avec moi, et personne
ne traiterait de monstre, de bâtard, et de de…
Puis Balto
fondit en larmes, dans les bras de Boris.
- Tu es
ce que tu es, Balto, rien de plus.
- Je
voudrais tellement être comme les autres. Dit-il en pleurant. Je le voudrais
tellement !
- Tu es
unique, c’est comme ça !
Et
soudain Balto se rappela quelque chose.
- Boris…
tu te souviens ce que m’a dit Steele l’autre fois.
- Quoi
donc ?
-
« mais quand tes instincts bestiaux referons surface, tu ne pourras plus
te contrôler », et bien c’est exactement ce qui m’est arrivé avec le vieux
chien, je ne me contrôlais plus, je l’ais mis en charpie !
- C’était
conditions exceptionnelles, tu avais passé un mois difficile, et ce chien
aurait tué toi si tu t’étais pas défendu.
- Et il
n’y a pas que ça, peut de temps après ma capture, juste avant… les premiers
coups de fouet, j’ais mordus un des hommes à la main, comme ça ! Sans le
vouloir ! Et bien avant, quand Steele m’a attaqué la première fois, à un
moment il fut à terre, vulnérable, et là, pendant une seconde, j’ais eu envie
de le tuer ! Et j’ais faillit le faire !
Je crois qu’il
avait raison, il y a quelque chose de terrible en moi, quelque chose de très
dangereux, et qui cherche à sortir pour faire le mal.
-
Balto ! Tu te défendais, tu protégeais ta vie ! N’importe quel animal
aurait agis manière comparable, même les humains feraient pareils !
- Je ne
sais pas. Et ce qu’il disait par « et quand ta soif de sang deviendra
insatiable, tu feras n’importe quoi pour la satisfaire », et bien quand
j’ais eu le sang du vieux chien dans la bouche, quand j’entendais ses os
craquer, ou quand je sentais sa chair être déchiquetée par mes dents, c’était
incroyable, je… Boris, j’y ais pris du plaisir ! Tu te rends compte, j’ais
aimé tuer !
Alors Boris sourit.
- Et ça te fait
rire ???
- Balto,
ton père, ainsi que autres chiens d’ailleurs, m’avait déjà parlé de ça :
C’est votre instinct prédateur, il existe chez tous les chiens. Alors peut être
que chez toi il est un peut plus fort, c’est tout. Mais il n’y a pas de quoi
s’inquiéter, et comme je l’ais déjà dit, tu te battais pour défendre ta vie.
Si ça
t’effraye autant, c’est peut être parce que tu n’as pas été éduqué par chien,
et que moi je n’ais pas pu apprendre à contrôler tous ces instincts, car je ne
les connais pas.
- Tu es sûr ?
-
Oui ! D’ailleurs, moi je suis oie, et donc normalement proie pour toi. Pourtant,
est-ce que tu as envies de me tuer, de me manger, "d’avoir mon sang dans
ta bouche", "d’entendre mes os craquer" ou de "sentir ma
chair être déchiquetée par tes dents" ?
Balto
pris un air horrifié, avant de dire :
- Non… ça
jamais !
- Alors
tu vois, il n’y a rien mauvais en toi, justes instincts naturels que tu dois
apprendre à bien maîtriser.
Bien !
Il est temps dormir maintenant, nuit portera conseil.
Balto
alla se coucher sous sa couverture (car depuis son retour il dormait sous une
couverture), mais il ne réussit pas à dormir : Il souhaitait que Boris ait
raisons, mais s’il avait tord ? Si Balto était vraiment… un monstre ?
Les autres le lui avaient tellement dit qu’il commençait à le croire !
…
Durant les semaines
suivantes, Balto s’enfonça.
Envers
les autres chiens il devint irascible, puis agressif et violent (sauf avec
Steele, il en avait trop peur). Et il commençait à aimer ça, faire du
mal !
Avec Boris, Muk et luk, il
devenait également désagréable, grossier, et même agressif parfois. Et ça aussi
cela commençait à lui donner du plaisir !
Il
mangeait moins et maigrissait. Il ne faisait plus sa toilette, et du coup sa
fourrure devint salle, poisseuse, et il était infesté de puces.
En fait,
malgré une apparente récupération après son évasion, son état mental se
dégradait. Il ne semblait donc ne pas se remettre de ce mois de calvaire quand
il était entre les mains de Calder, et donnait l’impression de sombrer
doucement dans la folie.
Boris voyait son petit
partir, il ne savait pas comment faire pour l’en empêcher. Et il commençait
même à en avoir peur et à se demander si lui et les deux oursons ne devraient
pas le quitter !
Si Balto
continuait comme ça, bientôt il n’aurait absolument plus aucun ami, et il deviendrait
réellement celui que décrivaient tous les ragots sur lui !
Jenna
c'était couché contre Balto pour lui tenir chaud, elle était très inquiète pour
sa vie.
Cela
faisait deux jours que le vétérinaire était venu le voir, et avait dit que
Balto allait mourir si la fièvre ne tombait pas avant deux jours
justement !
Jenna
sentait la respiration de Balto, et avait l'impression qu'elle allait s'arrêter
à chaque instant.
-
Jenna ! Dit Balto d’une manière à peine perceptible.
- Oui
Balto, je suis là, je suis avec toi.
Mais
Balto ne semblait pas l'entendre, il délirait toujours.
Il y eut
un grand événement, un de ceux qui changea la vie Balto. Cela se passa un jour
de début d’automne.
Balto se
promenait en ville, en rasant les murs, à moitié inconscient, comme il le
faisait depuis des mois.
Il ne
rencontrait aucun chien, car tous allaient de l’autre coté de la rue en le
voyant.
Bientôt
il s’approcha d’un groupe de personnes qui discutaient. Avec eux il y avait un
chien qu’il n’avait encore jamais vu, un husky, au pelage blanc et rouge, et
qui ne s’éloigna pas quand il vit Balto approcher, « sûrement parce que
son maître est là » se dit-il. Il eu presque envie d’aller se battre avec
lui, comme il le faisait souvent avec les autres chiens désormais ! Mais
les hommes était là, sa risquait de mal tourner pour lui, alors il renonça.
Lorsqu’il
passa à coté du groupe, Balto sentit que c’était une femelle, mais il
continuait son chemin.
-
Salut ! Dit la chienne.
Balto
faillit s’emmêler les pattes tant il fut surpris : Plus aucun chien ne lui
adressait la parole depuis longtemps, sauf pour l’insulter ou pour se moquer de
lui. Et en plus elle s’approchait maintenant !
- Alors,
tu es muet ? Insista-elle.
- Heu…
je… je… heu…
Balto retrouva
un semblant de lucidité, puis il ressentit alors une chose qu’il n’avait jamais
connu.
- Qu’est
ce que tu as, tu es timide ? Moi c’est Jenna, ma maîtresse s’appelle Rosy.
On vient d’arriver de la ville de Galena, et on va s’installer ici. Et toi, qui
es-tu ?
- Je… je m’appelle
Balto, et…
Mais il
ne savait pas quoi répondre, que pouvait-il dire à part « je suis un
minable » ou quelque chose dans le genre.
-
Hé ! Ne laissez pas votre chienne approcher de lui, il est à moitié
loup ! Cria un des habitants de Nome qui discutait avec les nouveaux venus.
Balto
recula précipitamment jusqu’au mur, il vit la peur dans les yeux des nouveaux
arrivants, ils ne le connaissaient pas, ils le prenaient pour une bête
sanguinaire. Puis il partit en courant et s’arrêta un peut plus loin. Mais il
regardait par-dessus son épaule, il ne pouvait pas la quitter des yeux !
Comme les humains le surveillaient, il se remit à marcher, et ils se
désintéressèrent de lui alors.
Mais
Balto continuait de regarder Jenna, et ne faisant pas attention où il allait.
C’est alors qu’il percuta quelque chose qui le stoppa net : Le poitrail de
Steele !
- Que
fait-tu ? Bâtard ! Tu crois que je ne t’ais pas vu, elle est à
moi !
Et d’une
bourrade, Steele envoya Balto par terre.
- Va te
trouver une louve, ou une bâtarde comme toi.
- Mais,
elle n’est pas à toi !
Steele le
regarda de travers.
- Ah
ouais ! Alors regarde !
Et Steele
partit à la rencontre de Jenna, et commença à essayer de la séduire. Il lui
tournait autours, mettant en valeur ses muscles et sa grande taille, se
frottant à elle, lui léchant la figure. Et pendant ce temps, Balto entendait
les commentaires des humains « vous voyer, c’est Steele »,
« comme il est beau », « lui et Jenna vont bien ensemble on
dirait ». Il en fut dégoûté !
Il était
sur le point de partir quand Jenna pris ses distances avec Steele, et lui
demanda d’arrêter.
« Et
un râteau, un ! » Se dit Balto en rigolant silencieusement.
Mais
Steele insistait, il recommença à se frotter contre elle en la bloquant contre
un poteau.
- Steele,
je t’ais dit d’arrêter ! Dit Jenna.
Mais il
continuait
-
Laisse-moi !
Balto ne comprit pas
pourquoi il se retrouva en train de courir, puis de sauter sur Steele, mais
s’en rendit compte trop tard !
Pris par
surprise, Steele fut déséquilibré, il fit un tonneau sur la route… et faillit
être écrasé par une charrette tirée par des chevaux !
-
Hé ! Non mais regardez ça, il a attaqué Steele, et encore un peut il le
tuait !
- Cette
bête est vraiment dangereuse !
Steele se
remit debout, furieux.
- Alors
ça, tu va la payer cher ! Et il lui partit à l’après.
Sachant
qu’il n’avait aucune chance au combat contre lui, Balto pris la fuite, et
l’autre le poursuivit.
La
course-poursuite dura longtemps, d’abord dans Nome, puis en dehors. Dans la
plaine Balto parvenais à prendre de l’avance, mais comme il n’y avait aucun
endroit pour se cacher il fallait continuer à courir. Bientôt la fatigue se fit
sentir et Balto dû ralentir, puis passer au trot, mais il en était de même pour
son poursuivant et la course continua jusqu'à la forêt.
Dés
qu’ils y entrèrent Balto pris l’avantage, il se sentait dans son élément, il
savait instinctivement ce qu’il devait faire, et très vite Steele fut largué.
Mais ça
ne faisait que retarder le problème, tôt ou tard il devrait affronter sa
colère.
En
attendant Balto repensait à ce qui c’était passé : pourquoi a-t-il attaqué
Steele comme ça ?
Est-ce
lié à ce qu’il avait ressentit avec cette Jenna ? Il finit par comprendre
ce que c’était : Le sexe ! Balto devenait mature, et commençait donc
à s’intéresser aux femelles. Mais il y avait autre chose en plus, il
rencontrait d’autres chiennes à Nome, et elle ne l’avait pas fait réagir, c’est
Jenna qui l’intéressait et elle seule.
Balto
devait se rendre à l’évidence : il était tombé amoureux, victime d’un coup
de foudre !
A
plusieurs reprises Steele le retrouva, et la poursuite recommençait, mais pas
bien longtemps, Balto le semait rapidement. Ce jeu de cache-cache dura
plusieurs heures, pour Balto se n’était pas effrayant, car il devinait que
Steele ne voulait pas le tuer mais seulement lui donner une bonne correction,
c’était même excitant, voir amusant ! Mais il fallait bien que cela cesse,
et Balto se demandait s’il ne devait pas aller voir Steele, s’excuser… et
recevoir les coups qu’il lui réservait.
Tout d’un
coup ses pensés furent interrompu par un pressentiment, ou plutôt par une
étrange sensation. Il regarda autour de lui : cet endroit ne lui était pas
inconnu, mais pendant un petit moment il n’arriva pas à se souvenir de quoi il
s’agissait. Et tout d’un coup ça lui revint, et il en fut effrayé.
S’il
était bien là où il pensait, alors par ici il devrait y avoir… Balto alla voir,
et à l’endroit qu’il pensait être le bon il trouva effectivement quelque
chose : Des os de chien, vieux de plus d’un an, brisés et rongés par les
charognards, avec des restes de peau et de fourrure beige.
Balto
était de retour à l’endroit où son père était mort, et il observait ce qui
restait de lui. Il se souvint de ce qui c’était passé ce jour là : le
bonheur et la joie, et tout de suite après l’horreur, la violence… la mort.
Il
n’était jamais revenu ici, jusqu'à aujourd’hui. Puis il se dirigea vers la
tanière, et lorsqu’il y arriva il chercha l’endroit où sa mère était morte. Il
découvrit ses restes plus loin, dans une clairière bien dégagée, mais il n’y avait
pas de relique de peau, les chasseurs avaient pris sa fourrure… ça si belle
fourrure blanche.
Balto
était triste, il pensait à cette période heureuse, puis à Tarak, Nitti et Waoss :
que leurs est-il arrivés ? Tarak a-t-il réussit à sortir du torrent, à
survivre à ses blessures et à échapper aux chasseurs, ou bien s’est-il noyé,
a-t-il agonisé dans un coin, ou fut-il rattrapé et abattu ? Et son frère
et sa sœur, où Aniu et Tarak les ont-ils caché ? Et si Tarak est mort,
qu’est-il advenu d’eux ?
Balto eu
presque envie de partir à leur recherche, même si cela faisait plus d’un
an !
Plongé
dans ses réflexions, il n’entendit pas Steele qui approchait derrière lui.
Soudain
il reçut un énorme choc qui l’envoya par terre, sur le dos, et il vit une masse
foncer sur lui, puis sentit des mâchoires le saisir à la gorge. Balto compris
qu’il n’y pouvait rien et il se laissa faire, immobile.
Steele
avait la gorge de Balto dans sa gueule, il lui aurait suffit de serrer pour le
tuer, mais il ne le fit pas, même si on devinait qu’il mourait d’envie de le
faire, il en tremblait ! Il resta comme ça pendant plusieurs longues
minutes, puis il le lâcha et le fit se relever. Ensuite il se déchaîna sur lui,
il le mordit (pas trop fort heureusement), le griffa, lui donna des coups de
tête, Balto restait passif car il savait qu’il ne lui voulait pas de mal. Puis
Steele le fit rouler sur le dos, mis sa patte sur sa gorge et le fit suffoquer
en appuyant, à la limite de l’asphyxie, et Balto finit par presque s’évanouir.
Mais à la
dernière seconde, Steele lâcha prise, et il le laissa reprendre son souffle
avant de lui parler.
- Ne
t’approche plus de Jenna, elle est à moi !
- Elle
n’a pas l’air de t’aimer ! Balto respirait fort et avait du mal à parler. Elle
t’a rejetée tout à l’heure !
- J’ais
déjà amadouer des chiennes bien plus farouches ! Je sais y faire ne
t’inquiète pas, j’ais quatre ans de plus que toi, et beaucoup d’expérience dans
ce domaine.
- Et si
c’est moi qu’elle aime ?
-
Toi ? TOI avec elle ! Non mais tu t’es vu, un bâtard, un demi loup,
crasseux qui plus est. Elle ne voudra jamais d’un monstre comme toi.
- Je ne
suis pas un monstre !
- Avec la
mère que tu as ! Tu te fous de moi ?
- Ma mère
était douce et magnifique, elle n’aurait jamais fait de mal à un homme, même
quand des chasseurs sont venus la tuer.
- Tiens
donc ! Je croyais qu’elle t’avait abandonné.
-
NON ! Elle n’aurait jamais fait ça, au contraire, elle est morte en
essayant de me sauver.
-
AH ! Tu vois bien que tu es dangereux, ta mère est morte à cause de
toi ! En tous cas c’est bien fait pour elle.
-
NOOON ! Et Balto se releva, prêt à sauter sur Steele.
Et puis
d’un coup une voix grave et profonde se fit entendre :
-
Balto ! Ne te donne pas cette peine, il ne le mérite pas, ce n’est qu’un
chien.
Tous deux
tournèrent la tête vers l’endroit d’où venait la voix : il avait un énorme
loup blanc, aux yeux orange, qui les observait.
Balto
n’en croyait pas ces yeux, c’était lui !?
-
Tarak ! C’est toi ?
- Qui
es-tu ? Demande Steele, visiblement nerveux.
- Je suis
le demi-frère de Balto, mes deux parents étaient des loups.
-
Ah ! Le coup classique, le grand frère qui vient protéger son petit
frangin, même si c’est un monstre. Tu vas faire quoi ? Me tuer ?
- Mon petit
frère n’est pas un monstre, quant à savoir si je vais te tuer… je le ferais
sans la moindre hésitation, mais seulement si c’est nécessaire.
Steele
marqua un temps d’arrêt, puis il dit :
- Si
c’est un monstre ! Il est à moitié loup, et les loups détestent les
chiens, c’est bien connu !
- Il est
aussi à moitié chien, et les chiens détestent les loups, c’est bien
connu ! Pourtant, moi qui suis un loup pure race, je ne l’ais jamais haït
pour ça. Contrairement à toi, je suis tolérant et j’accepte sa différence.
- Bien
sûr, monsieur le loup croit qu’il a toujours raison. Balto est dangereux, tout
à l’heure il a faillit me tuer en me jetant sur la route.
- Je
n’ais fait que défendre Jenna ! Dit Balto.
- La
défendre ! Je lui faisais du charme, rien de plus, et toi tu m’as sauté
dessus !
- Elle ne
voulait pas de toi, elle te demandait de partir !
- ELLE
EST À MOI ! Cria Steele, puis il se jeta sur Balto.
Ou du
moins il essaya, car s’était sans compter sur Tarak. Il se lança lui aussi,
percuta Steele de par le coté et le projeta contre un arbre. Puis avant que
Steele n’ait eut le temps de réagir, le grand loup l’attrapa par la peau du cou
et utilisa sa formidable musculature pour l’envoyer dans les buissons, à
plusieurs mètres de là.
Steele se
remis d’aplomb, prêt à ce battre.
-
Bats-toi avec quelqu’un de ta taille. Lui dit Tarak. Aller vient !
Mais
Steele parut tout d’un coup effrayé, et il y avait de quoi : Tarak étaient
encore plus grand et plus fort que lui, tous en étant plus agile et plus
rapide, comme le prouvait la manœuvre qu’il venait de faire. Ces crocs
faisaient le double en longueur. Enfin il était sûrement plus expérimenté pour
le combat, de par sa vie à l’état sauvage. C’était une faramineuse machine à
tuer !
Steele
préféra renoncer devant un tel adversaire, et il s’enfuit en courant.
Puis
Tarak se tourna vers Balto.
- Tu dois
apprendre à être fort, petit frère. Je devine que tu as des problèmes, je me
trompe ?
- Non, je
veux vivre avec les hommes mais ils me rejettent, les chiens aussi, et j’ais
des instincts que je ne maîtrise pas et qui sont dangereux.
- Balto,
tu dois faire face à tes problèmes au lieu de les fuir sans cesse, tu crois que
nous, les loups qui vivons à l’état sauvage, nous baissons la tête chaque fois
que c’est dur ? Et ben non, car sinon nous mourrons ! Ce que tu vis
n’est rien comparé à ce que nous rencontrons dans notre vie d’animal sauvage.
Tu dois te battre, que se soit contre les autres ou contre toi-même, et ne
jamais abandonner. C’est comme ça que tu surviras, et pas autrement !
Quant à
ces instincts que tu juges dangereux, se sont eux qui nous permettent de
survivre et de faire face à nos problèmes justement. Tu n’as pas à avoir peur
d’eux, tu dois les utiliser à bon escient, et non pas les rejeter comme tu le
fais.
Puis
Tarak se détourna de lui et commença à partir. Mais il stoppa, regarda par-dessus
son épaule, et lui dit une dernière phrase :
- La vie
n’est jamais facile, tu as eu des coups durs, et tu en auras d’autres, peut
être encore pires qui sait, mais, comme pour nous, les loups sauvages, tu
devras lutter jusqu’a ton dernier souffle pour rester en vie, tu n’as pas d’autre
choix. Adieu !
Et Tarak
disparut entre deux buissons, laissant Balto en train d’essayer de comprendre
tous ce qu’il lui avait dit.
Balto se
réveilla, il faisait déjà nuit, et il fut étonné de s’être endormit ! Et
quand s’est-il mit à dormir au fait ? Il ne s’en souvenait pas.
C’est
alors qu’il se posa la question : Tarak était-il vraiment là ? Ou
bien a-t-il simplement rêvé de lui ? Et si oui, quand est-ce que ce rêve a
commencé ? Quand Steele l’asphyxia avec sa patte sur la gorge, s’est-il
évanouis ? Et ensuite Steele est-il partit, le laissant inconscient et en
train de rêver de lui et de Tarak ?
Ou bien
cette rencontre avec Tarak était-elle réelle, et c’est après son départ que
Balto c’est endormit ? Mais ça lui paraissait étrange que Tarak soit
réapparut comme par hasard juste à ce moment là, alors qu’il n’avait pas donné
signe de vie depuis si longtemps !
Tout cela
n’était peut être qu’une illusion pendant qu’il était inconscient, une réaction
de son instinct de survie au moment où il avait touché le fond et était au bord
du gouffre, et que c’est l’image de son grand frère qui lui soit apparu car
c’est lui qui symbolisait l’espoir ?
Il ne su
jamais si c’était vrai, il n’osa pas aller voir Steele pour lui demander ce qui
c’était réellement passé.
Mais ce
qu’il savait, c’est qu’il devait faire face désormais.
Peut
importe si c’était un rêve ou la réalité, mais ce que Tarak lui avait dit lui
semblait vrai : il devait combattre ses démons et ses problèmes, et les
vaincre !
Dans les
jours suivants, Balto fit un redressement spectaculaire. Il redevint comme il
était avant sa capture par Calder, et très vite ce fut comme si rien ne c’était
passé, à par un petit détail.
L’amour
qu’il avait pour Jenna n’y était sûrement pas étranger non plus.
Et
bientôt la neige recouvrit le pays, ce qui signifiait que les courses allaient
bientôt reprendre.
Bien sûr,
sa situation restait difficile : il était toujours raillé et rejeté par
les autres chiens. Les humains le regardaient toujours avec méfiance. Il ne
pouvait fréquenter Jenna, ils se voyaient parfois, mais ils devaient garder
leurs distances et ils ne pouvaient pas se parler. Il n’avait toujours aucune
chance de participer à une course. Il y avait toujours ces souvenirs douloureux.
Et enfin il avait encore du mal à accepter complètement sa moitié loup.
Mais au
moins il était lui-même, et non plus l’espèce de zombie qu’il était devenu
après son évasion de chez Calder, et avant sa rencontre avec Jenna, puis celle
(réelle ou imaginaire) avec son demi-frère.
…
Enfin, le
grand jour de la première course de la saison était arrivé, et Balto emmena
Boris à Nome pour y assister.
- C’est
le signal des cinq kilomètres !
-
GnnrrRRrr grrRRrrRRrr ! Balto ! Retire ta sale gueule baveuse de ma
tête !
- Bon,
aller vient Boris, on prend un raccourci pour voir la fin de la course !
-
Ho ! Non ! Non ! Non ! Non ! Non ! Non !
Moi, je suis délicat volatile de campagne…
Balto
essaya de partir, mais Boris le retient par la queue.
- Je
déteste aller en ville !
- Ô
arrête ! Qu’est ce qui peut arriver de pire ?
-
Mm mm ! DhAAaaAAaaAAaaAAaa ! Ugngne ! Ouah !
Ouah-ah ! …
Et Balto
partit en courant, traînant Boris derrière lui.
Il était
d’excellente humeur, il avait le pressentiment que quelque chose aller bientôt
arriver ! Et il se disait « Espérons que ce sera bien pour moi, cette
fois. »
-
Oooooh !
- Il
se réveille !
-
Balto ! Balto parle-moi !
- Où…
où je suis ? Dit-il d’une voix faible.
- Chez
Rosy… Commença Mel.
- Tu
es avec nous. Coupa Jenna. Oui, tu es avec nous.
-
Merci ! Dit-il.
Pendant
encore un jour Balto resta couché, le temps que la fièvre tombe complètement,
mais il était conscient et allait de mieux en mieux.
Quand
il se leva la première fois, Jenna et les autres furent horrifiés : Il
était maigre comme un clou ! Et sous l’effet de cette maigreur, ces
anciennes cicatrices des coups de fouet, d’ordinaires toujours masquées par la
fourrure, étaient redevenues visibles.
Mais
très vite il repris du poil de la bête, et redevint normal rapidement.
Le
vétérinaire n’arrêtait pas de dire que Balto devrait être mort, qu’il ne
comprenait pas comment il avait survécu à une telle fièvre ? Mais il le
trouva en forme, et admit qu’il était bel et bien sortit d’affaire.
Puis
Balto quitta la maison de Rosy et rejoignit son bateau.
Cela
avait été très difficile de revivrent les périodes les plus sombres de son
histoire, mais maintenant au moins son passé ne lui faisait plus peur.
Toutefois, il y avait encore un petit détail qui restait, et qu’il décida de
faire disparaître.
…
Balto
se trouve dans le bateau avec Boris, et il regarde sa couverture.
- Tu
n’as jamais compris d’où elle venait, et pourquoi je dors avec ?
Demande-t-il à Boris.
- Non,
mais j’ais vague impression que tu va expliquer à moi.
- Oui.
En fait ça a commencé chez les trafiquants de chiens, après… les coups de
fouet, et après avoir perdu connaissance…
Et
Balto explique à Boris :
Lorsqu’il
revint à lui, Balto était dans une petite pièce, au sec. Apparemment ses
tortionnaires ne voulaient pas que ces blessures ne s’infectent à cause de
l’humidité de la cave. Il y avait quelques objets qui traînaient, et, dans un
coin, une vielle couverture. Sans trop savoir pourquoi, il alla se mettre
dessous. Et là, cette maigre couverture semblait le protéger, il se sentit plus
en sécurité avec elle, même si c’était complètement dérisoire. Quand Calder et
son complice l’ont attrapé à nouveau avec le filet, cette couverture fut prise
en même temps, car Balto était resté dessous sans bouger. Et par la suite, pour
une raison que Balto ignore, ils la lui laissèrent dans sa cage. Et ainsi
durant ce long mois, elle lui fournit un maigre abri, mais qui le consolait
quand même.
Après
s’être échappé, il eut bizarrement du mal à dormir sans cette couverture. C’est
pourquoi, quelques jours après, et sachant que les deux lascars étaient en
prison, il retourna à cette maudite maison, malgré tous les mauvais souvenirs,
et retrouva cette couverture. Les hommes du shérif, après avoir fouillé la
maison, l’avaient jetée dehors, avec tous les autres déchets qui allaient
partir à la poubelle.
Il la
ramena alors chez lui, et depuis ce temps il s’en servait, sans trop savoir
pourquoi. Séquelle d’un passé trop douloureux.
-
Mais… maintenant que j’ais revécu ces évènements, je crois que je n’en ais plus
besoin… Oui ! Il est temps de tourner la page, définitivement !
Balto
prend alors sa couverture dans la gueule, l’emmène au bord du bateau, puis la
lâche. Elle tombe en bas et s’étale sur le sol couvert de neige.
Ce
soir il dormira sans.
SVP,
ne pas utiliser mes personnages et mes histoires sans mon autorisation
explicite !
- Films
« Balto 1 », « Balto 2 » et « Balto 3 » : ©
Universal.
-
Personnages "Waoss", "Tarak", "Calder", "Swent" :
© moi.
-
Personnages "Kitok" et "Nitti" : © Pample, avec son aimable
autorisation.
- Autres personnages : © Universal.