Steele.
Par Cpat
Première version le 23/02/2005
Révisé le 18/06/2006
Depuis l’épidémie, Steele se sentait très mal à l’aise.
En effet, il ne pouvait supporter le fait que Balto soit devenu un héros, et en plus à cause de lui Steele était la risée de tous les chiens de Nome.
Les humains ne savaient pas ce qui s’était passé exactement, que Steele avait gravement mis en danger les enfants, ils ne pouvaient donc pas lui en tenir rigueur. Et ils pensaient au contraire qu’il avait fait de son mieux, qu’il était allé au bout de lui-même, jusqu'à ce que Balto "prenne le relais".
Mais les chiens eux savaient, et ils ne voulaient plus travailler avec lui. Ils y étaient obligés certes, mais les humains voyaient bien que quelque chose n’allait pas entre Steele et les autres chiens.
Du coup, Steele ne pouvait plus faire de courses, et ce cantonnait à des tâches ordinaires, comme le transport du courrier, bien mois palpitantes.
Et Jenna ! Il ne pouvait même plus la regarder.
La haine de Steele envers Balto était donc plus forte que jamais, et il cherchait à se venger, mais il ne le pouvait pas sans risquer de se faire lyncher par les chiens de Nome.
Un jour, il apprit qu’il serait probablement transféré dans une autre ville, où les "détails" de la course au sérum n’étaient sûrement pas connus.
Et alors, juste avant de partir, il voulut régler sont compte à Balto, et dans son esprit pervers et sournois un plan vicieux s’échafauda.
– Ca fait 3 jours qu’il a disparut, il a dû lui arriver quelque chose !
– C’est pas une grande perte.
– On devrait peut être partir à sa recherche ?
– Que se passe-il ? Demanda Balto qui venait d’entrer dans la salle des chaudières.
– Steele est partit en forêt il y a trois jours maintenant, et il n’est toujours pas revenu, et il n’a pas repris son poste au transport du courrier.
– Vous savez pourquoi il est parti ? Demanda Balto.
– Non, il a simplement dit qu’il allait en forêt sans donner plus de détails.
– Vous êtes allés à sa recherche ?
– Pourquoi ? Avec ce qu’il a fait, si quelque chose lui est arrivé c’est bien fait pour lui !
Balto compris que quelque chose n’allait pas, il essaya de convaincre les autres de partir en sauvetage, mais sans résultats.
Il était désolé que l’intolérance, qu’il y avait auparavant contre lui, se reportait désormais sur Steele. Il avait connu ça et ne le souhaitait à personne, pas même à son pire ennemi.
Il décida de partir à sa recherche, seul.
La piste était facile à suivre, elle l’emmenait au plus profond de la forêt, puis en montagne, c’était la fin de l’hiver et il y avait beaucoup de neige accumulée.
A un moment il arriva dans une petite clairière, contre une falaise, elle était couverte d’empreinte de pattes, celle de Steele, en tous sens, et son odeur était omniprésente. Sur le coté, il y avait une profonde crevasse, fermée par de le neige et de la glace tombée de la falaise.
Quiconque tombait là dedans ne pourrait pas en sortir seul, Balto pensa immédiatement que Steele pouvait y être coincé.
Mais comme il s’en approcha, il eut un pressentiment : Les traces de pas allaient et revenaient à la crevasse, Steele était-il tombé dedans ? Ou bien …
Brusquement il fit un pas en arrière, juste au moment où Steele fonça sur lui et essaya de le mordre.
Balto évita le coup de justesse, et tous deux se retrouvèrent face à face.
Balto était tombé dans un piège, Steele avait fait croire à sa disparition, sachant que Balto partirait probablement à sa recherche, il avait choisi l’endroit et attendu patiemment qu’il vienne pour le surprendre.
Mais malheureusement pour lui cela n’avait pas marché correctement, et maintenant, privé de l’effet de surprise, il devait se battre face à face.
– Pourquoi fait-tu ça ? Demanda Balto.
– Vous avez détruit ma vie, toi et ceux de ta race, et tu va le payer maintenant !
– Que veux-tu dire ?
Mais Steele ne voulait plus rien entendre, il lui fonça dessus. Balto esquiva, mais pas assez vite, Steele l’attrapa par la peau de l’épaule et le traîna par terre, puis il essaya de l’égorger. Balto parvint à se dégager, se releva, et voulut partir en courant.
Mais cette clairière était fermée, la seule issue était bloquée par Steele.
Il n’avait plus le choix, il devait se battre, et cette fois encore Steele voulait le tuer !
Steele sauta une nouvelle fois sur Balto et parvint à l’attraper au ventre, Balto riposta en le mordant à l’oreille. Puis se fut la mêlé, les deux animaux ne formaient plus qu’une masse confuse de fourrure, de pattes et de crocs.
En roulant sur le sol, les deux combattants finirent par être au bord de la crevasse, et la neige en surplomb céda sous leurs poids. Balto s’agrippa au bord rocheux et Steele s’agrippa à lui. Mais, ivre de colère, il le mordit sauvagement au dos ! Balto lâcha alors prise, et tous deux tombèrent dans la crevasse.
Balto eu de la chance, il tomba sur un tas de neige qui amortit sa chute. Mais Steele atterrit en plein sur un gros rocher pointu, et un craquement sec se fit entendre au milieu du bruit sourd de l’impact, suivit par un gémissement bref.
Puis ce fut le silence.
Balto se releva, prêt à recevoir Steele, mais il se rendit compte que ce dernier était blessé, et ce n’était pas une ruse, il avait clairement entendu le choc de la chute, et le craquement.
– Steele, est-ce que ça va ? (C’était idiot, mais il ne savait pas quoi dire d’autre).
– hummm …
– STEELE !
– Laisse-moi, chien loup, … tu es content de toi, …je ne peut plus bouger, … je vais mourir. LAISSE-MOI !
Balto essaya d’appeler à l’aide, en hurlant le plus fort possible, mais ils étaient trop loin de Nome.
Cependant il ne s’inquiéta pas, quand les autres verraient qu’il ne reviendrait pas ils partiraient sûrement à sa recherche en suivant sa trace. Mais pour Steele par contre ! Tiendrait-il longtemps sans soins ? Car il semblait gravement touché. Malgré le fait qu’il venait juste d’essayer de le tuer, Balto ne pouvait d’empêcher de ce faire du souci pour lui.
Le temps passa rapidement, et la nuit commençait à tomber. Steele allait de plus en plus mal, s’il s’endormait peut être qu’il ne se réveillerait jamais. Alors Balto discuta avec lui pour essayer de le maintenir éveillé.
– Steele !
– Quoi ?
– Pourquoi me déteste tu autant ? Et que voulais-tu dire par "vous avez détruit ma vie, toi et ceux de ta race"
– Mon histoire ne te regarde pas, chien-loup !
Mais à force de persuasion, et la fatigue aidant, Balto finit par faire raconter à Steele son histoire :
Melas, la mère de Steele, était une superbe siberian husky, elle était noire et blanche avec des yeux bleu foncé, et était très rapide à la course.
Le père de Steele, Nirgal, était un grand groenlandais, plus grand, plus fort et plus endurant que n’importe quel malamute. Il était de couleur beige, avec des yeux bruns très clairs.
Steele avait de sa mère la rapidité, ainsi que la couleur de sont pelage et de ses yeux, de sont père la taille, la force et l’endurance, et le fait que ces yeux étaient clairs, ce qui lui donnait au final des yeux d’un bleu glacial.
Nirgal était un véritable tyran, il ne supportait pas qu’on le contredise, pas même Melas. Et surtout il était obsédé par le fait que ses enfants devaient être courageux, forts et résistants, et il les soumettait pour cela à un entraînement extrêmement rude.
Il faut dire que Nirgal faisait parti d’une ligné qui, durant des générations, devait vivre et travailler dans les conditions les plus difficiles. Cette dureté envers sa progéniture était pour lui une question de survit.
Steele avait un caractère bien trempé, plus que ses autres frères et sœurs, ce qui ne manquait pas de produire de violentes disputes entre lui et sont père, et ils se battaient souvent, parfois jusqu’au sang.
Un jour, une dispute plus grave que les autres amena Steele à faire une fugue, sa mère partie à sa recherche dans la forêt, et le retrouva.
– Steele ! Revient tout de suite, si c’est ton père qui doit venir te chercher, il va t’arracher la moitié des poils tellement il va …
– Et bien qu’il vienne ! Coupa Steele. Je n’ais pas peur de lui !
– Pourquoi est-tu partis ?
– Par ce que j’en ais marre d’être traité comme un moins que rien alors que je suis le meilleur fils qu’il ait jamais eu. Je le sais !
– Steele, voyons, il fait ça pour ton bien tu sais, et pour tes frères et sœurs aussi. La vie que vous allez avoir ne va pas être de tous repos, il faut que vous y soyez bien préparé, sinon vous allez en souffrir.
– Humpf !
– C’est vrai que Nirgal est très exigeant, un peut trop même, mais là d’où il vient ses propres parents faisaient de même et …
Melas s’interrompis, car elle avait senti l’odeur d’un danger, que Steele perçu également : Des loups !
Sans s’en rendre compte ils avaient pénétré sur le territoire d’une meute, et maintenant les locataires des lieux arrivaient sur eux !
Et tous deux avaient des raisons de s’inquiéter : Il n’y avait pas d’humains avec eux.
Les loups ont terriblement peur des humains, c’est pourquoi des chiens accompagnés par un ou plusieurs d’entre eux ne craignent pas grand chose.
Mais lorsque ces mêmes chiens se retrouvent seuls, les loups les considèrent au mieux comme des rivaux pour leur gibier et leur territoire, au pire comme des proies.
Steele et Melas n’eurent pas besoin de se le dirent, ils partirent en courrant d’un même élan et le plus vite possible. Mais les loups était plus rapides, très bien organisés, et connaissaient parfaitement leur territoire. Très vite, Melas compris qu’ils ne pourraient pas s’échapper, et comme pour lui donner raison, dans un endroit parfait pour une embuscade, trois énormes loups leurs barrèrent la route, et en un clin d’œil ils furent encerclés par toute une meute sortie de nulle part.
– QUE FAITES-VOUS ICI ? Cria le plus grand mâle, le chef de la meute sans aucun doute. Vous êtes sur notre territoire !
Melas allait lui répondre qu’ils ne faisaient que passer (peut être que les loups les laisseraient partir, s’ils avaient voulu les tuer ce serait déjà fait), mais Steele la devança :
– Parle-nous sur un autre ton, le sauvage, nous ne somment pas tes louveteaux !
– STEELE ! Cria Melas, mais c’était trop tard, le mal était fait.
– Tu t’imagine qu’un larbin pour homme comme toi sois en position de me donner des ordres ! Lança le chef qui semblait comme augmenter de taille car ses poils commençaient à se hérisser.
Pour toute réponse Steele se jeta sur lui, la gueule grande ouverte ! Mais ce loup n’était pas un débutant, bien au contraire, il était rompu à toutes les ruses et avait deviné l’attaque bien avant que Steele ne bouge un seul muscle.
Par un mouvement fluide et parfaitement exécuté, il évita la morsure de Steele et parvient à lui planter ses crocs dans la gorge. Heureusement, le chef expérimenté avait une excellente maîtrise de lui-même et il ne sera pas trop fort. Par contre, il plaqua Steele au sol avec une telle rudesse que ce dernier en eu le souffle coupé et fut incapable de se relever quand il le lâcha.
Mais malheureusement Melas avait réagit instinctivement, et avait essayée de porter secours à sont fils. Elle fut aussitôt stoppée par deux autres loups, dont un la mordit profondément à la gorge, avant de la relâcher lui aussi.
Melas et Steele parvinrent à se relever, et ils remarquèrent qu’une brèche s’ouvrait maintenant dans l’encerclement. Sans chercher à comprendre, et voyant que la situation devenait intenable, ils s’y engouffrèrent, sans grandes illusions.
Ils furent alors surpris d’entendre un jappement bref émis par le chef, et qui sembla figer le reste de la meute : Le mâle alpha avait visiblement décidé que la leçon était terminée et qu’il fallait les laisser s’enfuir.
Melas et Steele ne se firent pas prier, ils s’enfuirent le plus vite possible. Mais ils n’avaient pas parcouru cent mètres quand Melas ralentit brusquement, puis s’effondra sur le sol.
Steele vit alors avec horreur que sa blessure à la gorge était très grave.
Le loup qui avait mordu sa mère était jeune, il n’avait pas le même self-contrôle que le chef. Alors que ce dernier n’avait fait qu’égratigner Steele, le jeune loup avait, involontairement, mordu beaucoup trop fort, et il avait broyé la gorge de Melas.
Steele ne savait pas quoi faire, sa mère perdait ses forces à une vitesse affolante, déjà son souffle devenait irrégulier.
– Ne t’inquiète pas maman je vais chercher père et …
Melas essaya de parler, mais sans y parvenir.
– Non, ne parle pas, un fois que père sera là nous te traînerons jusqu'à la ville et t’amènerons au vétérinaire, il te soignera, et … et tu ira bien … tu verras. Maman ? … Répond moi maman !
Mais sa mère ne pouvait plus parler, de toute façon elle ne l’entendait déjà plus.
Sa mère était morte !
– Non ! C’est pas vrai … Non ! MAMAN ! … NOOOOOOOOOOOOOON !
C’était donc ça, se dit Balto, sa mère tuée par un loup, Steele se mit alors à haïr tous les loups.
- Et pourquoi moi ? Je ne t’ais jamais fait le moindre mal ! Lui demanda-t-il.
Mais Steele semblait ne plus l’entendre, toutefois il continua son histoire, à demi inconscient, et finit ainsi par répondre à sa question :
Après la mort de sa mère, Steele dû faire face à la terrible colère de Nirgal.
Oh ! Steele savait qu’il ne verserait pas une seule larme pour Melas, tellement il était dur. Mais Nirgal le tenait pour responsable de la mort de sa compagne, et pour ça, il le punit sévèrement et à sa manière : Cruellement.
Steele mit prés d’une semaine pour se remettre des blessures infligées par son père (heureusement sans séquelles physiques), et il savait que ces frères et sœurs non plus ne lui pardonneraient jamais.
Sa haine envers les loups était à son paroxysme, mais que pouvait-il faire contre eux ?
Même une jeune louve isolée serait un adversaire redoutable : Steele est un chien de traîneaux, et les chiens de traîneaux sont bâtis pour tirer une charge et pas vraiment pour se battre, alors qu’en comparaison les loups sont de véritables machines à tuer. Et en plus Steele aurait dû aller les débusquer sur leurs territoires où ils auraient un avantage considérable.
Les années passèrent, et Steele travaillait désormais comme chien de tête.
Grâce à sa vitesse et à son endurance, il avait remporté deux fois le Collier d’Or, et était bien partit pour le décrocher une troisième fois.
Et il utilisait habilement le sens inné de l’orientation qu’avait ce chien de traîneaux plutôt malingre du nom de Star, ce qui expliquait la présence de ce dernier dans un attelage de champions malgré son physique désavantageux.
Tout en faisant croire que c’est lui qui s’orientait si bien.
Mais pendant ce temps, le ressentiment qu’il avait contre les loups ne s’apaisait pas. Au contraire, la frustration, de ne pas pouvoir leurs faire payer la mort de sa mère, ne faisait que grandir.
Un jour, alors qu’il se promenait dans les rues de Nome, il sentit une odeur qui le fit piler net : un loup, ici en ville !
Impossible ! Il ne pouvait pas y avoir de loups en ville, ils s’en approchaient parfois, mais n’y rentraient jamais. Peut être alors une peau apportée par un trappeur ?
Non, cette odeur était celle d’un animal bien vivant, et bientôt il trouva des empreintes dans la neige, et elles ressemblaient bien à celle d’un loup !
Grâce à elles, il pût étudier son odeur plus en détail : Un mâle, mais jeune, pas encore mature. Il y avait autre chose, une différence par rapport à un loup. Oui c’est ça ! Son odeur ressemblait également à celle d’un chien :
Un hybride !
Steele savait qu’ils pouvaient exister, mais il n’en avait jamais rencontré auparavant, à tel point qu’il pensait que ce n’était qu’une légende. Néanmoins, il lui avait suffit de quelques secondes, en analysant son odeur, pour être sûr que s’en était bien un !
Alors il compris qu’il avait là, à porté de patte, ce qu’il cherchait depuis longtemps : Une vengeance ! Ce bâtard allait payer à la place de ses demi-frères sauvages !
Steele le chercha, et il le trouva, mais dans un premier temps il se contenta de le surveiller, de l’observer.
" Il " était de couleur brune, plus petit que Steele et plus mince, mais très rapide, vif et agile, et il semblait s’intéresser fortement aux courses de chiens de traîneaux, ce qui facilitait sa surveillance.
Curieusement il était très souvent accompagné par une oie ???
Et, par les autres chiens, il avait finit par apprendre son nom : Balto.
Puis Steele décida de passer à l’action, il ferait ça un soir, dans une ruelle où Balto passait toujours pour rejoindre son repère dans un bateau.
Il se mit sur son chemin et attendit, il voulait le voir en face, le regarder droit dans les yeux… avant de le tuer !
Après la fin de la dernière course, Balto, qui était seul, décida de retourner chez lui. Il pris sont chemin habituel, mais cette fois sa route était barrée par un grand chien blanc et noir aux yeux bleus, celui qu’il voyait souvent dans les courses (quel était son nom déjà ?)
– Balto ? Demanda Steele, comme pour mieux savourer sa vengeance.
– Oui, c’est moi, … qui est-tu toi ?
Steele regardait ses yeux jaunes, ils le ramenaient dans le passé, le chef de la meute avait les mêmes ! Steele en fut paralysé un moment, tétanisé, il ne pouvait même pas prononcer un mot !
– Je t’ais posé une question ! Insista Balto
– …
– hé ho !
– Euuhh, je... je je m’appelle Steele et … euh …
– Et quoi ?
Balto comprit que quelque chose n’allait pas, il se tendait, ses poils se hérissaient, les pupilles de ses yeux se dilataient.
Puis Steele se ressaisit, et se prépara également au combat. Maintenant il n’était plus sous l’effet de ces yeux de loup, maintenant il voulait tuer, avoir le sang de ce demi-loup couler dans sa bouche, le sentir mourir comme il avait sentit sa mère partir.
Tous d’un coup il se jeta sur lui, sans ruse, avec un rugissement terrible, mais Balto esquiva le coup avec une déconcertante facilitée, et Steele se vautra dans une flaque, ce qui décupla sa rage.
Il se remit sur ses pattes et s’aperçu que Balto, en esquivant son attaque, et par manque d’expérience, s’était coincé contre un tas de vielles caisses pourries. Steele fonça sur lui de toutes ses forces, le choc à lui seul allait assommer ce bâtard, et il n’aurait plus qu’a le mettre en pièces. C’est alors que Balto fit un bond comme Steele n’en avait jamais vu faire, il passa au-dessus de lui sans le toucher, et Steele s’enfonça dans les caisses avec un fracas énorme.
Pour ce dépêtre de ce tas de petit bois qu’étaient devenues ces caisses, Steele mis plusieurs secondes qui lui parurent interminables, et quand enfin il réussit à s’en extraire ce fut pour constater que Balto était déjà loin et courrait trop vite pour être rattrapé.
– TU PEUX TOUJOURS COURIR SALE MONSTRE, JE TE RETROUVERAIS ET JE TE RÉGLERAIS TON COMPTE,
SOIT EN SÛR !
Steele était furieux, il avait envie de tous démolir autour de lui, quand tout d’un coup il pris conscience d’une chose que la calma immédiatement.
Quand il était à terre, ou dans ce foutus tas de caisse, il fut vulnérable, et Balto aurait eu dix fois le temps de l’égorger s’il avait voulu !
Heureusement il ne l’avait pas fait, mais Steele compris qu’il venait de l’échapper belle, et il sentit ses pattes flageoler sous lui.
Il avait fortement sous-estimé son adversaire. Balto était peut être plus petit et moins fort que lui, mais ce n’était que pour être plus agile et plus rapide, deux qualités essentielles dans un combat.
Sa moitié de loup faisait de lui un adversaire redoutablement doué pour la survie, et Steele aurait bien pût le payer très cher !
Et puis il se rendit compte que, même s’il avait réussi, qu’aurait-il fait ensuite ? Le sentiment d’avoir vengé sa mère aurait-il suffit ?
Non ! Car Steele avait souffert longtemps, il fallait donc que ce semi-loup souffre aussi.
Steele était maintenant en colère pour autre chose : dans sa précipitation, il avait failli se priver d’une vengeance bien plus profitable à long terme.
En effet, le faire souffrir serait bien plus plaisant que de le voir mourir. Il avait survécu à son attaque ? Alors sa vie serait pire que la mort !
Et ce ne serait pas bien difficile, Steele avait déjà remarqué que Balto essayait plus que tout de se faire accepter par les humains et les autres chiens, avec un succès mitigé pour le moment.
Et bien lui, Steele, décida de tous faire pour que Balto échoue dans ses objectifs, de faire de sa vie un enfer, d’en faire un paria qui serait méprisé et détesté par tous.
Puis il leva les yeux vers le ciel, et il dit :
- Je fais ça pour toi, maman, et tant que je serais là, je te jure de ne jamais laisser ce bâtard vivre tranquillement !
Steele était maintenant trop faible pour rester éveillé, mais il en avait dit suffisamment.
Balto comprenait maintenant. Il était horrifié par le fait que se soit les manigances de Steele qui étaient en grande partie la cause de sont rejet, mais d’un autre coté ça le soulageait aussi, car cela voulait dire que ce n’était pas sa faute à lui.
Il comprenait aussi pourquoi, lors de la course au sérum, Steele avait essayé de l’empêcher de rentrer à Nome : Il ne pouvait pas supporter que ne devienne un héros celui qui représentait ce qu’il détestait au plus profond de lui-même.
Et enfin pourquoi il a voulut le tuer.
Pour toutes ces choses, le fait d’avoir souffert, d’avoir perdu sa mère dans des circonstances tragiques, ne constituait pas une excuse bien sûr. Balto lui aussi avait eu un passé très difficile, même avant de rencontrer Steele, et ça ne l’a pas rendu comme lui !
Néanmoins, désormais, Balto ne pouvait pas s’empêcher de ne plus lui en vouloir.
La vie de Steele ne tenait plus qu’a un fil, Balto s’allongea contre lui pour essayer de le réchauffer, mais il savait que c’était bien insuffisant. Il ne pouvait qu’attendre que les autres viennent à leurs secours. Vite, car sinon…
Mais le temps passa encore, et bientôt ce fut le matin.
– Balto ! Répond-moi !
– Kaltag !
– Je suis venu avec les autres, et nos maîtres nous ont accompagnés. Je vais les chercher. Tenez bon, ont va vous sortir de là.
Puis Balto entendit Kaltag partir en courant et appeler les autres en leur disant de se dépêcher.
- Ce n’est pas la peine, aurais voulut dire Balto, mais il ne le put pas.
Le corps de Steele était dur comme de la pierre, la vie l’avait quittée il y a plusieurs heures déjà.
C’est bizarre, Balto avait toujours pensé qu’il serait bien mieux sans Steele, mais maintenant il ressentait comme un grand vide, et de la tristesse.
Une fois sortit de la crevasse et rentré à Nome, les autres demandèrent ce qui c’était passé ?
Mais Balto ne leur dit pas la vérité, il inventa une jolie petite histoire, comme quoi Steele aurait eu un accident, et il parvint même à trouver une explication pour ces blessures faites pendant le combat (un loup affamé qui passait par là).
Par contre, il raconta tout ce que Steele lui avait dit sur son passé.
Pas pour qu’on l’excuse, mais pour au moins qu’on le comprenne.
FIN