Attention, cette histoire est déconseillée aux enfants et âmes sensibles !

Cette fan fic fait suite aux chapitres 2 et 3 de « Au cœur des ténèbres » : Que devient Tarak, le grand frère de Balto, après la mort d’Aniu ? Comme pour les deux fan fics précédentes (« Muk & Luk » et « L’histoire de Kitok »), elle est centré sur un autre personnage, et on n’y parle quasiment pas de Balto.

 

Je conseille d’avoir lu « Au cœur des ténèbres » avant de lire cette fanfic.

Résumé des chapitres 1, 2 et 3 de « Au cœur des ténèbres » (contient des spoilers) : Kitok, le père de Balto, décide d’emmener ce dernier en ville, car, contrairement à son frère Waoss et à sa sœur Nitti, Balto est très attiré par les hommes. Mais Aniu, la mère de Balto, refuse cela et lui interdit de continuer, et elle charge Tarak de le surveiller. Tarak est le demi-frère de Balto, fils d’Aniu et d’un autre loup qui est mort peut de temps avant la rencontre entre Kitok et Aniu (c’est donc un loup à 100%, et non pas un hybride comme Balto, Nitti et Waoss). Tarak a vu son père et ses frères et sœurs se faire massacrer sous ces yeux, et il n’aime pas Kitok. Conformément aux instructions de sa mère, il l’empêche de retourner en ville. Mais des chasseurs les découvrent et ils tuent Kitok. Aniu et Tarak doivent s’enfuir, mais il ne peuvent sauver que deux petits sur trois, et doivent donc abandonner Balto, lequel se fait capturer par les hommes.

Les chasseurs l’utilisent alors comme appât vivant pour piéger Aniu et Tarak quand ils reviennent le chercher. La louve est tuée, et Tarak est blessé mais réussi à s’enfuir. Balto ignore ce qu’il est advenu de lui.

 

Odyssey.

Par Cpat

 

Première version publiée en juillet 2005

Texte révisé en septembre 2006

 

 

 

« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. » Friedrich Nietzsche.

 

 

Chapitre 1

 

Un loup, blanc comme la neige, courait à perdre haleine dans la forêt. Malgré son jeune âge il était grand et puissant. Il avait également quelque chose dans la gueule, c’était brun et semblait fait de fourrure : un louveteau !

 

Puis il arriva à une tanière où se trouvait un autre loup blanc, plus petit, avec deux autres louveteaux : L’un était brun clair avec deux petites taches blanches sous les yeux, l’autre était gris foncé, presque noir.

 

Le grand loup blanc déposa le louveteau brun par terre et se mis à parler avec l’autre loup adulte. Le sujet de la discussion était clair : à quelque distance de là un groupe de chasseurs, accompagné de chiens, s’approchaient de la tanière, et il était évident que les loups étaient leurs cibles !

 

Puis les deux loups blancs attrapèrent chacun un petit et partirent en courrant. Le troisième louveteau, le brun, essaya de les suivre. En vain, il en était bien incapable ! Et voilà maintenant que les chiens de chasse le rattrapèrent ! En désespoir de cause il plongea dans une fissure entre deux rochers. Les chiens ne purent l’atteindre, mais quand un des chasseurs arriva il put l’extirper de son trou. Puis il dit :

- Tiens donc, comme on se retrouve ! Alors tes parents t’on abandonné ?

 

Pendant ce temps les deux loups blancs couraient plus vite que le vent, les chasseurs essayèrent de les rattraper, mais ils avaient trop de retard, et très vite eux et leurs chiens perdirent la trace.

 

 

 

Tarak courait aussi vite qu’il le pouvait, mais avec Waoss dans la gueule il ne pouvait pas haleter, ce qui fait qu’il manquait d’air. Aniu aussi peinait beaucoup, même si dans sa gueule Nitti était nettement plus légère.

Très vite ils cessèrent d’entendre les chiens des chasseurs, mais il continuait quand même, ils devaient s’éloigner le plus possible d’eux pour réduire au maximum les risques qu’ils les retrouvent.

 

Tarak pensait à Balto, il l’avait entendu crier après leur départ de la tanière, il les suppliait de l’attendre !

 

Puis il chassa ces pensés de sa tête. Balto était probablement déjà mort, ou ne tarderait pas à l’être, alors que Nitti et Waoss étaient bien vivants. C’est à eux qu’il fallait penser.

 

Au bout d’un moment ils arrivèrent à une petite rivière, et, sans ralentir sa course, Tarak sauta par-dessus et atterrit sur l’autre rive. Aniu fit de même, mais elle manqua de puissance et tomba à moitié dans l’eau.

Le temps que Tarak s’arrête elle réussit à monter sur la berge, mais ce petit incident montrait bien qu’elle était épuisée.

Ils partirent au trot vers un grand arbre et décidèrent de se reposer un moment sous son feuillage.

 

Une fois relâchés, les deux petits se blottirent contre leur mère, mort de peur ! En les voyant, Tarak repensa à Balto, sa mère aussi.

Elle fondit en larme, pensant également à Kitok. Tarak lui aussi se mis à pleurer, jamais il ne se pardonnerait les erreurs qu’il venait de commettre !

Puis sa mère se calma et dit :

- Il faut retourner le chercher, peut être qu’ils ne l’ont pas tué, comme l’autre fois.

Tarak ne risquait pas d’oublier cet événement :

 

 

En début d’automne, des chasseurs avaient attaqué leur meute.

A un moment Aniu avait essayé de faire diversion, mais les hommes avaient deviné cela, et seul quelques-uns la suivirent.

Le gros des chasseurs réussirent à piéger le père. Ils l’avaient tué, ainsi que tous les louvarts sauf un : Tarak. Paralysé par la peur, il s’était laissé faire, persuadé qu’il allait mourir.

Mais apparemment les humains voulaient le garder vivant et en faire quelque chose, il ignorait quoi. Mais, pour poursuivre Aniu, ils l’avaient ligoté et muselé, puis ils l’avaient laissé avec visiblement l’intention de le récupérer une fois sa mère tuée.

C’est alors que Kitok était arrivé, et il l’avait libéré ! Tarak put alors s’enfuir, puis il retrouva sa mère qui avait réussi à échapper à ses poursuivants.

 

 

Peut être que là encore ils avaient gardé vivant le petit capturé, et qu’il serait possible de le libérer ?

 

- Et eux deux ? Dit Tarak en désignant les louveteaux. On ne peut pas les emmener avec nous, il faut que quelqu’un reste avec eux !

- J’ais une meilleure idée, on va les confier à Galor et Ika, comme ça on pourra y aller tous les deux.

 

Galor et Ika étaient un couple de loup qu’Aniu et Tarak connaissaient très bien, ils avaient perdu leur porté de cette année à cause d’une maladie, ils avaient aussi une fille de un an, nommé Watan. Tous trois accepteraient volontiers de garder Nitti et Waoss.

 

Tarak et Aniu partirent alors vers le territoire de leurs amis, ils prirent soin de brouiller les pistes en faisant des détours et en recoupant leur chemin à de multiples reprises, ils ne voulaient pas prendre la responsabilité de mettre une autre meute en danger !

De fait, il leur fallut plusieurs heures pour rejoindre Galor et Ika.

 

Ceux-ci acceptèrent de garder Nitti et Waoss, et mieux encore : Si par malheur Tarak et Aniu ne revenaient pas, ils les élèveraient comme leurs propres enfants.

Puis, malgré la fatigue, Aniu décida qu’il fallait repartir tous de suite. Elle et Tarak savaient qu’ils prenaient un risque, mais si Balto était encore vivant il fallait tout tenter pour le sauver.

Watan, la jeune louve, était très inquiète pour Tarak. Ils s’étaient déjà rencontrés tous les deux, et ils étaient amoureux.

- Ne t’en va pas, j’ais peur pour toi.

- Il faut que je le fasse, Watan, c’est mon petit frère !

- Tarak, il faut y aller ! dit Aniu.

- Je dois partir, tu dois être forte.

Puis il partit en courant et rattrapa sa mère. Il entendait Watan pleurer derrière lui, il aurait tellement aimé avoir plus de temps pour lui dire au revoir !

 

Le chemin inverse fut aussi long, car il fallait prendre les mêmes précautions qu’à l’aller pour éviter que les chasseurs ne remonte la piste, puis il se mit à pleuvoir ce qui améliorait la chose.

 

Enfin ils arrivèrent prés de la tanière, et avec mille précautions ils examinèrent les alentours.

Les chasseurs étaient regroupés à quelques distance de là, avec leurs chiens. A cause de la pluie il était difficile de sentir les odeurs des hommes, en plus ils avaient circulé en tous sens ce qui rendait quasi-impossible leur localisation en dehors du groupe. Puis Aniu et Tarak virent que Balto était là, et toujours vivant ! Mais cette fois il était simplement attaché à un arbre.

Aniu décida que ce serait elle qui irait le libérer pendant que Tarak surveillerait les environs.

Au moment où elle s’approcha de Balto, Tarak détecta un mouvement quasi imperceptible à travers la pluie : il y avait un chasseur caché dans les buissons ! Mais il n’eut pas le temps d’avertir sa mère, le coup de feu le devance et il vit Aniu s’effondrer sur le sol.

 

Tarak fut estomaqué, « non, pas ma mère, ce n’est pas possible » se disait-il, et il se rappela le moment de la mort de son père tant aimé. Et voilà que maintenant c’était sa mère !

Il perdit quelques secondes à comprendre ce qui venait de se passer, des secondes qui lui coûtèrent très chers.

Mais, alors qu’il restait là sans bouger, hébété, il entendit un bruit qu’il ne connaissait que trop bien, car il l’avait déjà entendu lors du massacre de ses frères et sœurs : le bruit d’une arme à feu que l’on réarme, avant de tirer à nouveau ! C’est cela qui l’a fait réagir, et qui lui a sauvé la vie.

Au moment où il se mit en mouvement pour s’enfuir il sentit un choc puis une douleur atroce à la cuisse arrière gauche, en même temps qu’une forte détonation, après quoi il tomba par terre : il était touché !

Malgré ça il se remit debout et partit en courant, mais il n’allait pas vite, à chaque pas la douleur était effroyable. Il s’arrêta un moment et elle se calma un peut, mais, comme il entendait les chiens se rapprocher de lui, il fut obligé de repartir.

Il sentait ses forces décliner, il perdait du sang, il ne pouvait tenir les chiens à distance, et très vite les balles se mirent à siffler autours de lui.

Il avait perdu tout espoir, et quand il arriva à un torrent, talonné par les chiens, il comprit qu’il devait plonger dans l’eau ou mourir. Sans réfléchir plus longtemps, il se jeta dans le cours d’eau.

 

Les tourbillons emportèrent le jeune loup au fond, un flot d’eau pénétra dans sa gorge, et il commença à se noyer quand heureusement il retrouva la surface, il recrache avec force l’eau et respira.

Mais le répit fut de courte durée, car il percuta violemment un rocher ! Il en fut presque assommé, et il sentit le goût de son sang dans la bouche. Puis les chasseurs, qui avaient atteint la rive, lui tirèrent dessus, mais sans le toucher, et très vite il fut hors de porté.

 

La suite fut un enfer, il n’arrêtait pas de percuter d’autres rochers, il se déchira même une épaule contre un arrête tranchante. À de multiples reprises il fut à nouveau presque noyé quand le courant l’entraîna au fond, et parfois les tourbillons étaient si puissants qu’ils le tordaient dans tous les sens et semblaient sur le point de le démembrer.

Cela lui parut interminable, mais enfin il parvint dans une zone d’accalmie. Il accrocha la berge et dut utiliser ses dernières forces pour s’y hisser. Il avait mal absolument partout, il avait perdu énormément de sang, mais malgré tout il partit se cacher sous un buisson. Il s’y effondra, épuisé par sa nage et assommé par tous ces chocs contre les rochers.

 

 

- Hé regarde, il y a un loup ici !

Tarak était trop épuisé pour s’être rendu compte que des chasseurs l’avaient approché, mais de toutes façons il ne pouvait pas fuir. Néanmoins, il se leva et se mit à marcher, mais il n’allait pas vite et il ne pouvait pas aller bien loin, de plus les chasseurs avaient leurs fusils pointés sur lui !

« Pourquoi vous ne me tuez pas » se dit-il, car les chasseurs ne tiraient pas, mais ils l’observaient attentivement.

- Regarde-moi cet enfant de salaud, j’en ais jamais vu d’autant grand ! C’est une aubaine pour nous, je crois qu’on a trouvé ce qu’on cherche, non ?

- Ouais, il est blessé, mais on pourra soigner ça, s’il survit.

Tarak continuait de se traîner en titubant, mais il n’en pouvait plus, il trébucha sur une racine et s’étala par terre. Il n’avait même plus la force de se défendre. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était rester là, au sol, et attendre son sort.

Les deux hommes tournaient autour de lui, leurs fusils prêts, mais dans un but défensif visiblement. Tarak remarqua que leurs odeurs étaient différentes de celles qu’il avait sentit lors de la mort de Kitok et de sa mère, ce n’était donc pas les mêmes chasseurs. Mais ça ne le rassura pas pour autant.

- Il est vraiment magnifique, on pourra en tirer un bon prix.

- Mais maintenant il faut l’attraper.

- Il est au bout du rouleau, regarde !

Un des hommes poussa Tarak du bout de son fusil, et le grand loup se laissa basculer sur le flan. Il comprit qu’il ne pouvait plus rien faire, alors il se laissa aller et perdit connaissance, pensant qu’il ne se réveillerait peut être jamais.

 

 

Chapitre 2

 

Tarak se réveilla bien plus tard, il était dans une cage en fer.

Son corps n’était que souffrances, les coups, qu’il avait pris dans le torrent, ressortaient maintenant.

Ses blessures à l’épaule et à la cuisse le faisaient toujours souffrir, mais il lui semblait qu’elles étaient moins graves que ce qu’elles auraient dû êtres, comme si… Mais oui c’est ça ! Tarak se rendit compte que non seulement les hommes ne l’avaient pas tué, mais en plus ils l’avaient soigné !!

Il y avait de la viande dans sa cage, il l’avala tout de suite, sans se demander ce qu’elle faisait là, puis il but à l’autre gamelle pleine d’eau.

Mais ensuite il perçut autre chose : L’odeur des hommes était omniprésente, il y en avait des dizaines et des dizaines dehors, et cela l’effrayait. Il finit par se rendre à l’évidence : il était dans une maison, dans une ville !

Pendant plusieurs heures Tarak resta dans un coin de sa cage, terrorisé par l’odeur des hommes. De plus, à plusieurs reprises, ceux qui l’avaient attrapé vinrent le voir pour vérifier s’il allait bien. Mais Tarak ignorait qu’ils lui voulaient du bien et à chaque fois ça l’effrayait énormément.

- Il a l’air de bien se remettre, je t’avais dit qu’avec du repos et de la viande il s’en sortirait !

- Y a intérêt ! Il nous a déjà coûté cher en frais de vétérinaire pour son épaule et sa cuisse, quand je pense que ce salaud nous a fait payer triple tarif parce que c’était un loup et qu’il avait peur de se faire mordre ! Sans compter qu’un bestiau de cette taille va bouffer plus de viande que prévu. Enfin, on pourra le vendre plus cher.

 

Tarak resta un bon moment dans cette pièce.

Mais quand il était seul il repensait à sa mère, il comprenait vraiment qu’elle était morte maintenant, et cela le rendait très triste. Il pensait aussi à Waoss et Nitti, il espérait que Galor et Ika prendraient bien soin d’eux. Et Watan enfin, il ne la reverrait peur être jamais !

 

Plus tard, les deux trappeurs montèrent une caisse en bois autour de la cage, puis ils la transportèrent à l’extérieur. Tarak sentait qu’il s’approchait de la mer, mais il ne pouvait pas voir qu’on l’embarquait dans un bateau.

La cage fut installée à fond de cale, puis après l’appareillage elle fut débarrassée de la caisse par les deux hommes qui pestaient contre le capitaine.

- Tous les prétextes sont bons pour nous soutirer de l’argent ! Non mais, nous demander une prime supplémentaire pour « transport d’une cargaison dangereuse », c’est vraiment n’importe quoi !

- C’est vrai qu’il est vraiment impressionnant, il doit peser au moins 90 kg, et faire un mètre de hauteur au garrot, et en plus c’est un loup ! Je crois finalement qu’on a eu de la chance de trouver un capitaine qui accepte de le prendre sur son navire.

- Il n’empêche que ça commence à faire un sacré paquet de dollars tout ça, il a intérêt à nous faire rentrer dans nos frais.

- T’inquiète pas, les gens adoreront voir un "grand méchant loup", on sera bien payé.

 

Le voyage semblait interminable pour Tarak, mais les deux hommes étaient aux petits soins pour lui, il surveilla s’il allait bien, nettoyaient sa cage à coup de seaux d’eau et veillaient à ce qu’il ne manque pas d’eau ou de bœuf séché. Il fut surpris la première fois qu’ils lui apportèrent cette nourriture, il n’avait jamais vu de la viande complètement sèche comme celle là. Mais il compris rapidement que c’était de la viande, il avait déjà avalé des choses bien pires, jusqu’a des charognes en décomposition avancé, alors très vite il se mit à engloutir cette nourriture comme si de rien n’était.

 

 

Enfermé dans sa cage, Tarak ne pouvait pas bouger, alors son passé, ses souvenirs, refaisaient surface. Ce qui n’avait rien de fameux.

 

 

Au début il fut très heureux, il adorait Werak, son père. Il admirait sa force, son courage et son sens de l’honneur. Il souhaitait plus que tout devenir comme lui, et il était bien partit pour.

Mais, un jour d’automne, tout ce bonheur fut détruit par des êtres que Tarak n’oublierait jamais : les hommes.

La meute de Werak se trouvait prés d’une de ces villes qui servent d’habitat aux humains, et ils avaient attaqué. Alors que Tarak et sa famille étaient en train de se reposer après une chasse infructueuse, Aniu et Werak sentirent l’odeur des hommes.

- Debout ! Des hommes nous attaques ! Il faut partir. Cria le père.

Tarak savait ce que les hommes faisaient aux loups, son père le lui avait dit, comme à ces frères et sœurs. Il se mit donc à courir avec les autres.

A un moment Aniu et son compagnon avaient décidé de se séparer, l’un d’eux attirerait les chasseurs vers lui tandis que l’autre s’enfuirait avec les petits. C’est Aniu qui était partit seule, car les petits auraient eu plus de chance de survires avec leur père, qui était plus âgé et plus expérimenté. Mais les chasseurs avaient compris la tactique, ils devaient déjà connaître le truc.

Tarak se revoyait encore en train de courir au coté de Werak, quand d’un coup il sentit son père essayer de s’arrêter : Ce dernier avait perçu qu’ils se dirigeaient vers des hommes, c’était un piège !

Tout de suite après retentit un bruit assourdissant, comme le tonnerre. Werak fut touché, il tomba au sol, puis essaya de se relever sans y parvenir, du sang coulait de sa poitrine.

- FUYEZ ! Cria-t-il à ces enfants.

Tarak le regardait dans les yeux quand un autre coup de feu l’acheva. Se fut pour lui un choc énorme quand il vit la tête de son père transpercée par la balle.

 

Ensuite les cinq louvarts furent encerclé par des chiens furieux, et des hommes qui criaient et rigolaient.

Tarak et les autres avaient tellement peur qu’il ne pouvait pas bouger.

Puis se fut une horreur. Après un petit moment, où ils semblèrent les examiner, les hommes tuèrent un à un les frères et sœur de Tarak : Serna, qui était timide et réservée, Wort, le bagarreur, Relan, si curieuse, et Skern, le maladroit, le bouffon de la meute, celui qui faisait rire tout le monde.

 

Il lui fallut un moment pour bien se rendre compte de ce qui venait de se passer, il eut vaguement conscience des hommes qui le bâillonnaient et lui attachaient les pattes avant de partir, puis il se retrouva immobilisé, et c’est là qu’il fondit en larme.

Quand Kitok le libéra Tarak eut envie de le tuer ! Mais son instinct lui disait de fuir, ce qu’il fit. Plus tard il retrouva sa mère, elle compris ce qui venait de se produire quand elle vit sa tristesse.

Par la suite, le chien Kitok vint vivre avec eux, il disait qu’il regrettait, qu’il voulait se racheter, mais Tarak ne l’aimait pas. Maintenant il admettait que ce chien les avait bien aidés à trouver de la nourriture pendant l’hiver, mais il ne lui pardonna jamais de s’être accouplé avec sa mère, il avait l’impression que ce chien l’avait souillé !

Mais quand Aniu donna naissance à ses petits, Tarak se laissa attendrir, ou plutôt s’était son instinct qui agissait. Ces petits n’étaient qu’a moitié loup, mais il les aimait, comme tous les loups aiment les petits. Nitti était ça préférée, à cause des ses taches blanches sous les yeux qui lui rappelaient le pelage de sa mère.

 

Mais maintenant tout cela est finit, à cause de Kitok, ce disait Tarak. Si cet abrutit de chien n’avait pas mené Balto en ville… Tarak était sûr que les chasseurs avaient vu qu’il était à moitié loup, et qu’ils l’avaient suivi quand son père l’avait ramené à la tanière.

 

Et maintenant quoi ? Kitok était mort, Aniu aussi, ainsi que Balto certainement. Nitti et Waoss grandiraient sans leur famille. La meute de Werak, que ce dernier avait fondé à grande peine, était anéantie. Et Watan serait privé de son fiancé.

 

Quand à lui, il se retrouvait dans cet engin qui l’emmenait il ne savait où, ni pourquoi.

 

Mais il avait beau accuser Kitok, il savait que lui-même avait une part de responsabilité, il avait fait des erreurs impardonnables, et fatales. Et cela le poursuivrait jusqu'à la fin de sa vie.

 

 

Très souvent, en plus des deux hommes, le capitaine et certains matelots venaient le voir. Il commença ainsi à avoir moins peur des humains.

Heureusement, car il n’avait pas finit d’en voir !

 

Enfin le bateau arriva à destination, Tarak savait qu’il s’était déplacé, mais il ne savait pas à quel point.

Il fut débarqué avec le reste des marchandises, cette fois on n’avait pas pris la peine d’entourer sa cage avec une caisse, les deux trappeurs pensaient que maintenant il était habitué à la vue des hommes, et puis il fallait que l’acheteur puisse bien le voir.

 

Les dockers étaient fascinés, ils n’avaient jamais vu de loup en chair et en os, et encore moins de cette taille ! Ce qui posa un problème quand il fallut manipuler la cage, et encore une fois nos deux lascars durent mettre la main à la poche, pour une "prime de risque" supplémentaire !

 

Bientôt un troisième homme vint discuter avec eux, et Tarak devina que c’est pour cet homme qu’il fut capturé, même s’il ne comprenait pas ce qu’ils disaient.

 

- 6000 dollars ! … C’est une sacrée somme que vous demandez là ! Dit le troisième homme.

- Et c’est une sacrée bête que vous avez là. Répondit un des trappeurs.

- Certes, mais ne me dite pas que vous avez eu dans les 3000 dollars de frais !

- Non bien sûr, mais un loup comme lui j’en ais jamais vu avant, et vous savez bien que ce qui est rare est cher.

- Oui, mais je vous avez commandé un loup blanc, et pas un colosse blanc !

- Il ne vous plaît pas ?

- Si, il est magnifique, mais… s’il coûte beaucoup plus cher qu’un loup blanc de taille normale… Ce n’était pas prévu au départ !

- Ecoutez, on a eu l’opportunité de capturer celui-là, ont n’allait pas le relâcher quand même ! Si vous n’êtes pas intéressé ont le vendra à quelqu’un d’autre.

- Ok, c’est bon, je le prends. 3000 dollars.

- Quoi ! C’est hors de question, 5000 à la rigueur, mais pas moins.

- Hé ! Je n’ais pas un budget illimité ! 4000 dollars, et c’est mon dernier prix. Je ne crois pas que vous trouverez rapidement un autre acheteur disposant de cette somme.

Les deux trappeurs discutèrent un peut entre eux, puis il tombèrent d’accord.

- Ok, 4000, mais vous faite une affaire !

- La prochaine fois ne faites pas de zèle, sinon vous irez voir ailleurs pour fourguer votre marchandise. Dit l’acheteur sur un ton sarcastique.

 

Puis les trois hommes partirent dans un endroit plus discret pour achever la transaction, tandis que d’autres chargèrent Tarak dans un camion.

 

Sur les docks il y avait un écriteau qui indiquait le nom de la ville. Bien sûr, Tarak ne savait pas lire, et même s’il avait su il ne savait pas à quelle distance de l’Alaska cette ville se trouvait. Mais si tel avait été le cas il se serait rendu compte à quel point il était loin de sa terre natale.

Car l’écriteau indiquait… San Francisco !

 

 

Le camion emmena Tarak au Golden Gate Park, là il fut transféré dans une petite maison où des vétérinaires se mirent alors à l’examiner, après l’avoir ligoté et muselé de manière experte. Il se laissait faire, car il présentait que s’il se montrait dangereux il risquait de le payer de sa vie.

 

- Ah la vache ! … 96 kilogrammes !

- Hein ! Tu te fous de moi ?

- Non, c’est bien ce que la balance indique ! Et elle n’est pas faussé, j’ais vérifié.

- Tu n’as pas oublié d’enlever le poids du plateau, des cordes et de tout le reste ?

- Non non, il pèse vraiment ce poids.

- Ah ben ça ! Il fait 20 kilos de plus que moi ! Mais où ils ont trouvé une bête pareille ? Sur Mars ?

- Il est très grand et très musclé, et puis il est fortement charpenté. C’est pour ça qu’il est si lourd.

- En tous cas il va faire sensation, et en plus il est vraiment blanc !

 

Tarak fut amené dans une grande cage à l’extérieur, elle était faite sur ses quatre cotés par un épais grillage, et tout autour il avait une allée. Elle avait une forme rectangulaire, environ trois mètres de large et quatre mètres de long, avec les coins arrondis. Elle possédait un toit qui le protégeait de la pluie, ainsi que deux portes, munies chacune d’une petite trappe, le sol était une dalle de béton légèrement incliné. Et il n’y avait rien d’autre, à part une grille d’évacuation au point le plus bas, Tarak devait dormir à même le béton. La nourriture était jetée par la trappe d’une des deux portes.

Bien que nettement plus spacieuse que la cage dans laquelle il fut transporté depuis l’Alaska, celle-ci était bien petite pour un animal qui avait déjà vécu en liberté totale dans la nature !

Mais le pire c’est que bientôt des tas d’être humains s’en approchèrent et se mirent à l’observer.

Au début Tarak ne savait pas ce qu’ils venaient faire comme ça, et en plus il remarqua qu’ils emmenaient souvent leurs enfants avec eux ! Cela l’étonna beaucoup, car il sentait que les humains qui s’approchaient de sa cage étaient tendus, ils avaient visiblement peur de lui, alors pourquoi emmener leur progéniture avec eux ? Et puis d’ailleurs, pourquoi venir s’approcher de lui ?

 

Il finit par comprendre que c’est pour lui qu’ils venaient, et que s’ils aimaient ainsi le voir, c’était parce qu’il était un loup !

 

A cette époque, c’est dans le Golden Gate Park que se trouvait le zoo de San Francisco !

 

 

Chapitre 3

 

Très vite, Tarak devint l’attraction phare du parc. Les habitants de la ville étaient de vrais citadins, ils ne connaissaient les loups que par les légendes et les récits, ils n’en avaient jamais vu en vrai. Alors, quand ils apprirent qu’un véritable loup était en ville, tous voulurent le voir, et devant la cage cella devint un défilé continu.

Et il faisait sensation, à cause de sa taille bien sûr, renforcé par le fait que le sol de la cage était légèrement surélevé par rapport à l’allée, ce qui le rendait très impressionnant. Mais aussi parce qu’il était blanc comme la neige, et enfin par le fait que c’était un authentique loup sauvage, et pas un individu né en captivité.

De plus, le soir, il faisait entendre ses hurlements, et les visiteurs tardifs, ainsi que les habitants des logements en bordure du parc, ne pouvaient s’empêcher d’avoir une des frissons en l’entendant, et cela leur plaisait. Puis ils en parlaient ensuite, ce qui le rendait encore plus célèbre.

 

Pour Tarak cela finit par devenir insupportable de voir ces humains venir la contempler, avec à chaque fois une expression idiote due à leur étonnement. Et il ne pouvait pas se soustraire à ça, car comme il y en avait des quatre cotés de la cage, où qu’il regardait ils étaient là !

Il y avait l’enfermement aussi, une cage de 3 mètres sur 4 pour un tel animal, et que du béton et du métal !

De plus il était en ville, et quelle puanteur ! Tous ces hommes, leur machines, leurs bâtiments, et plein d’autre chose encore. Tout cela était infect pour son odorat sensible.

Et enfin la solitude, le loup est un animal social, et n’est heureux qu’en meute, or là il était seul.

 

Au final, il menait une existence misérable dans cette maudite cage. Et c’est pour ça qu’il hurlait, de désespoir, et de tristesse aussi, car il repensait à sa vie d’avant, à ses parents, ses frères et sœurs, et à l’Alaska. Mais les humains ne s’en rendaient pas compte, pour eux il hurlait comme un chien qui aboie, rien de plus.

 

Mais le pire était encore à venir.

 

 

Les employés du parc nettoyaient sa cage le matin, depuis l’extérieur, en utilisant une puissante lance à eau, sans égard pour Tarak qui se retrouvait vite trempé. Mais bientôt cela finit par faire partie d’un moyen de le tourmenter particulièrement cruel.

 

Cela commença un jour d’été où il faisait très chaud

Tarak n’était pas habitué au climat californien, surtout avec sa fourrure épaisse, il souffrait beaucoup de la chaleur. C’est pour ça qu’il se couchait contre le grillage, le dos tourné vers l’extérieur, il pouvait ainsi mieux profiter du courant d’air, et le métal du grillage était frais car il conduisait bien la chaleur. Comme toujours des tas d’humains venaient le voir, ils tournaient autour de la cage, et s’approchaient de l’endroit où il était adossé au grillage. Tarak finit par ne plus faire attention à eux.

Et puis d’un coup, en fin d’après midi, alors qu’il était tranquille, quelque chose la piqua cruellement à travers le grillage, et cela fut très douloureux. Tarak bondit sous l’effet de la douleur et de la surprise, mais il glissa sur le béton et s’étala de tout son long, sous les acclamations et les rires des spectateurs de la scène. Un garçon, qui accompagnait ses parents, venait de le piquer vicieusement avec une aiguille fixée sur un bâton. Et il semblait très content de lui, de même que ses parents, et tous les autres humains d’ailleurs, certains s’en esclaffaient.

 

Tarak fut touché dans son orgueil, et il entra dans une colère noire. Il se remit debout, pris son élan et se jeta de toutes ces forces contre le grillage, en direction du garçon. Le grillage se déforma sous l’impact, mais il tient bon. Par contre cela effraya considérablement l’enfant et les spectateurs, quelques cris de terreur retentirent même autours de la cage, tandis que Tarak se figea dans une attitude terrifiante : Le museau pointé vers le garçon, babines retroussées, oreilles basses, poils hérissé, les yeux flamboyant de rage, et poussant d’effrayants grognements.

Les rires avaient disparut, remplacé par un silence de mort, et à la place des expressions d’amusement sur les visages il y avait maintenant les signes de la peur !

Tarak continuait de fixer l’enfant, et ce dernier en fut tellement effrayé qu’il se pissa dessus ! Ses parents décidèrent de partir en toute hâte, mais pendant qu’ils devaient faire un demi-tour autour de la cage pour atteindre une allée, Tarak les suivait le long du grillage, comme il aurait suivit une proie ! Tous les spectateurs de la scène en furent marqués : Ce n’était pas brave toutou, ou une grosse peluche, qu’il y avait dans cette cage, mais bel et bien un animal sauvage, aux réactions fulgurantes et imprévisibles. Ceux qui étaient venu le voir l’avaient oublié à cause de son attitude paisible, mais Tarak venait de le leur rappeler !

 

Cet incident, bien que sans gravité, fit le tour de la ville, et parut même dans les journaux ! Et il fut au commencement de l’une des choses dont Tarak se souviendrait le plus de sa captivité.

 

 

Le soir, les gardiens du parc décidèrent de le punir pour ça. En effet, ce genre d’incidents était susceptible de porter préjudice au zoo, il fallait donc y remédier.

Tarak les vit préparer la lance qu’ils utilisaient pour le nettoyage, ce qui l’étonna, car normalement c’était le matin que le nettoyage était effectué. Il compris que quelque chose n’allait pas quand ils se mirent à la viser lui avec le jet d’eau, rapidement il se retrouva trempé jusqu’aux os et il était clair que c’était le but recherché.

C’est alors que les gardiens, en portant des gants épais, introduisirent par les trous du grillage de longues perches en bois, avec un fil noir enroulé jusqu’au bout, et à l’extrémité duquel sortaient des sortes de poils métalliques rougeâtres.

Tarak, devinant que ce ne devait pas être quelque chose de bon, essaya de se mettre à l’abri, mais ces perches étaient longues et les gardiens s’étaient positionnés de telle manière qu’ils pouvaient atteindre n’importe quel point de la cage.

Il croyait qu’on allait le frapper avec les perches, comme il l’avait vu faire avec d’autres animaux du zoo. Mais quand il fut effleuré par le bout de l’une d’elle il comprit que c’était tout autre chose : La décharge électrique le pris par surprise et la douleur fut atroce.

Pour le punir, les hommes avaient décidé d’utiliser l’électricité de l’éclairage public, avec des câbles fixés sur des perches, et après l’avoir mouillé pour l’atteindre malgré sa fourrure.

La suite fut terrible, Tarak courrait un peut partout dans sa cage mais il ne pouvait évite le contact avec au moins une perche, alors la décharge le faisait horriblement souffrir, et il partait dans l’autre sens pour essayer de s’échapper mais il rencontrait alors les perches de l’autre coté.

A chaque fois qu’ils le touchaient, et que Tarak hurlait, les humains criaient de plaisir, et s’acharnaient encore plus sur lui. A un moment il trébucha et tomba sur le dos dans un coin, les hommes se déchaînèrent, il le touchèrent à plusieurs en même temps, l’un d’entre eux parvint à l’atteindre aux parties génitales, et là se fut pire que tout !

Poussé par la souffrance, Tarak réussit à se relever et à rejoindre l’autre coté de la cage.

Le temps que les hommes déplacent leurs perches, il se ressaisit et, plein de rage et de colère, il sauta sur un perche et la mordit au milieu, la coupant net. Bien mal il en a pris, car ainsi il sectionna le câble électrique et reçu la décharge en pleine gueule ! Cette fois la douleur était maximale et en continue, et en plus, comble de malheur, les fils de cuivre se coincèrent entre deux dents : Tarak eu beau se débattre comme un fou mais le câble resta bloqué dans sa bouche !

- Merde ! Débranchez le câble, ce con est en train de cramer !

Tarak semblait rebondir comme une balle dans la cage, il se débattait en tous sens, mais il n’arrivait pas à avoir prise sur ce fichu câble qui glissait sur ses pattes.

Puis enfin le courant fut coupé, alors il tomba par terre comme une masse et resta immobile.

Les hommes étaient très inquiets, il respirait à peine, et il y avait une légère odeur de roussi qui flottait dans l’air.

- Ne me dite pas qu’il est mort ! Dit celui qui semblait être le chef, c’était le même qui avait réceptionné Tarak au port. On l’a payé 4000 dollars !

Plusieurs gardiens entrèrent dans la cage, puis le transportèrent à l’infirmerie du zoo.

 

Tarak soufrait de brûlures légères, rien de grave donc, il fut surtout assommé par la décharge, ce qui avait donné l’impression qu’il était gravement touché. Au bout de deux jours il réintégra sa cage, pour le plus grand bonheur des visiteurs : L’incident avec le garçon avait rendu Tarak vraiment célèbre, et encore plus de gens voulaient le voir.

 

 

Durant des mois et des mois Tarak vécus un enfer, il était enfermé dans une cage bien trop petite pour lui.

Mais surtout les hommes continuaient de le torturer régulièrement avec les perches munies de fils électriques, après l’avoir mouillé avec la lance à eau. Et ce malgré l’accident qu’il y eut la première fois (dorénavant, quelqu’un se tenait en permanence prêt à débrancher les câbles en cas de problème).

En effet, ils s’étaient rendu compte que cela le rendait agressif, il grondait, hérissait ses poils et montrait les dents à tous ceux qui s’approchaient du grillage. Et finalement cela plaisait aux visiteurs du parc, Tarak ressemblait ainsi mieux à l’image du loup qu’ils s’imaginaient.

 

Ainsi passa le temps. L’hiver fut là, et bientôt Tarak se retrouvait couvert de glace chaque fois que les hommes utilisaient la lance à eau.

 

Il avait finit par comprendre que c’était inévitable. Alors à chaque fois que les hommes arrivaient avec leurs perches, il se mettait au centre de la cage, fièrement debout, et il les regardait dans les yeux, par défiance. Ensuite c’était l’horreur, mais, malgré sa souffrance, Tarak s’efforçait de crier et de tomber par terre le moins possible, il ne voulait pas leur offrir ce plaisir. Les hommes, frustrés, s’acharnaient sur lui de plus belle, mais ils finissaient par abandonner, de peur de le tuer.

Alors il se relevait, péniblement, et il leur jetait à nouveau ce regard plein de défit, ça manière de leur dire « je suis le plus fort, vous pouvez me faire tous ce que vous voulez, mais vous ne réussirait jamais à me briser » !

Puis il attendait que les hommes partent, et ce n’est que lorsque le dernier d’entre eux avait disparut qu’il se laissait tomber sur le sol, à bout de force. Les hommes le savaient, et souvent ils restaient un long moment, parfois même ils se relayaient : Ils voulaient le voir tomber de fatigue. Mais Tarak tenait bon, il ne voulait pas leur donner satisfaction, et pas une seule fois ils obtirent ce qu’ils souhaitaient. Tarak pensait qu’ils étaient faibles, mais en fait ils avaient peur que se ne soit préjudiciable à sa santé, c’est pour ça qu’ils s’obligeaient à partir, même si cela ne leurs plaisait pas.

 

Cependant, une épreuve encore plus dure l’attendait.

 

 

Un jour de fin d’hiver, le soir, Tarak vit arriver un camion, son odorat lui appris qu’à l’intérieur il avait un loup, ou plutôt une louve.

Plus tard, les hommes apportèrent une caisse à la cage, ils ouvrirent une porte (en tenant Tarak à distance avec les perches aux fils électriques), placèrent la caisse en vis a vis avec l’entrée de la cage, et enfin ouvrirent la porte de la caisse. Au bout de quelques secondes une superbe louve blanche en sortie. Elle était grande, pas autant que Tarak bien sûr, mais bien plus que ne l’était Aniu. Par contre ont devinait des cicatrices à certains endroits, il semblait qu’elle avait été maltraitée.

Tarak ressentit quelque chose d’extraordinaire, il fut tout de suite attiré par elle, et il eut envie de lui monter sur le dos et de… Non, pas ça… et pourtant si !

 

Elle était en chaleur… et c’était la saison des amours !

 

 

Chapitre 4

 

La louve s’appelait Alina, elle avait 6 ans (et donc 4 de plus que Tarak), et était née en captivité.

 

Les hommes les laissèrent tous les deux, l’accès à la cage était fermé pour qu’ils soient tranquilles.

Le but recherché était clair, ils voulaient que les deux animaux s’accouplent, ils voulaient avoir des loups blancs et de grandes tailles pour leurs zoos, c’est pour ça qu’ils avaient amené une robuste louve blanche à Tarak.

 

Les deux loups comprirent cela, surtout Alina qui avait déjà connu ça, et ils ne voulaient pas donner satisfaction aux hommes. Mais l’attraction qu’il éprouvait l’un pour l’autre était trop forte. S’ils avaient été dans un enclot de grande taille ils auraient pu se tenir loin l’un de l’autre, et ainsi contrecarrer leurs instincts. Mais dans une cage si petite ! C’est comme ça que les hommes avaient procédé les fois précédentes pour Alina.

 

Au bout de quelques jours la louve se frottait contre lui avec de plus en plus d’insistance, parfois même elle montait sur son dos, afin de le stimuler, comme cela se fait dans la nature. Pour Tarak l’instinct devint trop fort, et tout d’un coup c’est lui qui se retrouva sur le dos de la louve ! L’accouplement ne pouvait plus être empêché. Sachant qu’ils n’y pouvaient plus rien, les deux amants s’abandonnèrent. Dans les jours suivants cela se reproduisit encore.

 

Tarak ne voulait pas avoir des enfants qui mèneraient la même existence que lui, enfermé dans une cage minuscule, à servir de distraction pour ces maudis humains.

La seule possibilité qui lui restait pour empêcher ça c’était de tuer Alina ! Mais il ne pouvait se résoudre à faire une telle chose.

 

- Que vont-ils devenir ? Lui demanda-t-elle

- Ce n’est pas la première fois qu’ils font ça. Une fois sevrés ils me les prendront et je ne les reverrait plus !

- Quoi ! Tu ne peux pas les en empêcher ?

- Tu n’as pas vu mes cicatrices ? Ils savent comment faire.

- Moi je les en empêcherais, je te défendrais.

Alina sanglota légèrement.

- Tarak, tu es bien naïf… tu ne les verras même pas naître !

- Comment ! Mais…

Et soudain il compris : Tous ce que les hommes attendaient de lui c’est qu’il donne sa semence, rien de plus ! Et maintenant il était inutile de les laisser ensemble plus longtemps.

- Non, je ne te laisserais pas partir !

- Tu ne le pourras pas, les autres mâles avant toi ont dit la même chose, mais ils ont échoué, l’un d’eux c’est même fait tuer. Ne te bats pas, tu risque de le payer cher pour rien.

- NON ! Je ne les laisserais pas faire !

- C’est toujours pareil. Dit Alina tout bas, pour elle-même.

 

Quelques heures après, les gardiens du parc revinrent avec la caisse qui avaient amené Alina, ainsi que les perches électriques, tandis que l’un d’entre eux arrosait Tarak avec la lance.

- Que font-ils ? Demanda Alina.

- Il se prépare pour me faire du mal.

L’eau fut coupée, et les perches rentraient dans la cage, tandis que la caisse fut placée devant l’une des portes qui fut ouverte. Alina essaya d’y rentrer, mais Tarak lui bloqua le passage.

- Ne rentre pas là dedans !

- Tarak ! Laisse-moi partir, tu vas souffrir pour rien.

- Tu ne partiras pas ! Dit-il, avant de se mettre à crier quand la première perche le toucha.

 

Il encaissa d’innombrables décharges, mais malgré ça il réussit pendant un temps à empêcher Alina de rejoindre sa caisse de transport.

- Je t’en pris, laisse moi rentrer dans ma caisse. Demanda-t-elle.

- NON ! Dit-il, la voix déformée par la douleur. Tu ne partiras pas, AAAAAAAAAAAAAA !

Et cela continua, bien plus longtemps qu’a l’accoutumé.

Au bout d’un bon moment, les hommes, excédés, changèrent de tactique. Quatre d’entre eux enfilèrent des vêtements de protection spécialement conçus pour faire face aux chiens agressifs, puis ils se munirent de manches de pioches et s’approchèrent de l’autre porte.

- Ça y est, ils vont te frapper ! Dit Alina. Je t’en supplie Tarak, laisse moi partir, j’ais déjà connu ça, ils vont te démolir !

- NON ! NON ! NON ! ET NON !

Les hommes rentrèrent, puis s’approchèrent de lui. Tarak sauta sur le premier, mais il ne put pas le mordre à cause sa protection. Tout de suite il pris un violent coup dans les côtes, puis d’autres dans la tête, les pattes, le ventre… s’il n’y avait eu qu’un seul agresseur Tarak aurait peut être pu en venir à bout, en déchiquetant ses vêtements, mais seul contre quatre ! Il essayait de se battre, mais à tout instant il recevait des coups de partout, très vite il sentit l’odeur du son sang qui coulait, il entendait les quatre hommes lancer des cris sauvages chaque fois qu’ils le frappaient, les autres à l’extérieur hurlaient, riaient et applaudissaient.

Bientôt il ne put plus tenir sa position entre Alina et sa caisse, la pluie de coups était trop forte, durait trop longtemps, il fut obligé de reculer dans un coin, mais les Hommes continuaient de plus belle.

C’est alors, pendant qu’il se faisait tabasser à mort, que la louve rentra docilement dans sa caisse. Elle savait que plus vite elle partirait et plus vite les hommes cesseraient de le frapper.

Après que la caisse fut fermée, les autres laissèrent Tarak en sang dans sa cage, puis ils en sortirent et refermèrent les portes. Il se remit debout, et se dirigea vers le grillage, en direction de l’endroit où partait la caisse. Il hurla comme un fou.

Dans sa caisse, Alina l’entendait, mais elle avait l’habitude maintenant, elle essaya de l’oublier le plus vite possible, comme pour les autres.

 

Tarak lui ne risquait pas de l’oublier ! Il ne la revit jamais, pas plus qu’il ne sut où elle alla, ni ce que devinrent ses petits.

 

Mais son image hanterait ses cauchemars, pour toujours !

 

 

Dans les semaines suivantes Tarak voulu en finir avec la vie, il essaya de se laisser mourir de faim !

Mais son instinct de survit était le plus fort. Les loups sont fait pour survivrent dans les pires conditions, c’est une faculté qui est apparue après des millions d’années d’évolution. Le but est de préserver l’avenir de l’espèce, peut importe la souffrance mais il faut que les individus restent en vie à n’importe quel prix pour pouvoir perpétuer la race. C’est ainsi, et c’est pourquoi Tarak ne put pas mettre fin à ces jours, il était condamné à vivre !

 

 

Les semaines et les mois passèrent, l’hiver fit place au printemps puis au début de l’été, c’est alors que se produisit un incident qui lui permit de s’échapper.

Tarak en avait assez de cette vie infernale, et lors d’une séance de torture à l’électricité, de colère, il brisa une des perches en pesant de tout son poids dessus. Mais tandis que les autres le foudroyait et qu’il essayait de se battre, le câble électrique s’entortilla autours de lui. Comme il était recouvert d’un isolant jusqu'à son extrémité, il ne transmit pas de décharge. Mais tout d’un coup Tarak eut le souffle coupé, il semblait qu’on l’étranglait : le câble s’était enroulé autour de son cou !

Il se débattit pour essayer de se libérer, mais cela ne fit que serrer la boucle, et le faire suffoquer encore plus !

- C’est pas vrai, cet imbécile s’étrangle !

- Le câble est coincé, je n’arrive pas à l’enlever.

- Il faut que quelqu’un rentre dans la cage, sinon il va mourir !

- Ça va pas non ! Ont n’aura pas le temps d’aller chercher les vêtements de protections et de les mettre, il va nous bouffer !

Mais Tarak était maintenant au bord de l’asphyxie, il se battait pour essayer de respirer, sans succès ! La mort semblait si proche tout d’un coup !

Finalement les hommes se décidèrent à rentrer ! Non sans mal ils réussirent à défaire l’enroulement autour de son cou. Ce faisant, ils manquèrent de prudence, la porte resta grande ouverte ! Mais Tarak ne put pas en profiter, il était trop occupé à reprendre son souffle, tandis que les humains sortirent précipitamment de la cage puis refermèrent la porte.

Il compris qu’il avait laissé filer une occasion de s’enfuir, dans l’urgence les gardiens avaient été très imprudents. Toutefois, au bout d’un moment, il pensa qu’il pourrait peut être tirer avantage de cette situation. Il attendit plusieurs semaines, ce qu’il l’amena au cœur de l’été.

 

 

Les humains se montraient prudents avec les perches, pour éviter que pareil accident ne se reproduise.

Mais cela ne sert à rien si l’autre fait exprès de briser une perche et de s’enrouler le câble autour du cou ! C’est ce que fit Tarak, mais il parvint à faire en sorte que l’étranglement ne soit qu’apparent et, qu’en fait, il ne soit pas du tout étouffé. Il s’enroula de telle manière dans le câble que celui ci ne serra pas fort, mais il faisait semblant de s’asphyxier.

Les humains n’y virent que du feu et, pestant contre un animal aussi stupide, ils entrèrent à nouveau dans la cage et le libérèrent. Tarak attendit le dernier moment avant de retenir sa respiration et de faire un mouvement sec qui serra vraiment la boucle, pour parfaire l’illusion quand les hommes la déferraient. Il joua la comédie, tournant de l’œil volontairement, puis respirant fort, jusqu’au moment où les gardiens, persuadé qu’il reprenait son souffle, repartaient vers la porte.

- Qu’est ce qu’il est bête ce bestiau, même pas foutu de faire attention à lui.

MAINTENANT ! Se dit Tarak. Il se remit debout et en un seul mouvement il fonça, et passa entre les jambes de celui qui se tenait dans l’embrasure de la porte. Les autres l’avaient vu se mettre en mouvement, mais ils ne commencèrent à crier que quand Tarak était déjà à moitié dehors. En face de lui il y avait un homme robuste avec un manche de pioche, mais il ne put rien faire quand presque 100 Kg de loup le percutèrent à grande vitesse.

En un instant Tarak se retrouva en train de courir dans le parc, et très vite les humains le perdirent de vue.

 

Au bout d’une centaine de mètres il s’arrêta quelques secondes, pour faire le point. Son instinct lui disait que sa terre natale se trouvait au nord, comme il ne savait pas quelle était la géographie locale il se dit que la meilleure chose à faire était de tenter le coup en allant plein nord.

C’est alors qu’il se rendis compte d’un chose : Il avait les pattes dans de l’herbe, alors que depuis plus d’un an il ne marchait que sur la surface lisse du béton ! Il eut presque envie de tout oublier et de se rouler dans cette herbe qui lui avait tant manqué. Seulement il entendit les cris des gardiens qui le cherchaient, il ne pouvait rester plus longtemps au même endroit, il s’élança vers le nord.

Mais rapidement il butta sur la ville, il fallait donc obliquer. Est ou ouest ? Lorsqu’il était en cage, le vent qui venait de l’est ne lui apportait que l’odeur de la ville, par contre celui qui venait de l’ouest avait l’odeur de la mer, il choisit donc l’ouest.

Au bout d’un moment, après avoir traversé une route, il atteint la plage, l’océan Pacifique, il partit alors vers le nord en longeant cette plage. Heureusement que c’était la nuit, il n’y avait personne pour le voir.

C’est en cheminant sur cette plage qu’il jura de ne plus se laisser capturer, il se battrait jusqu'à son dernier souffle pour rester libre. A partir de maintenant plus jamais ont ne le mettrait dans une cage, se sera la liberté… ou la mort !

 

Il commença à fatiguer, il dut passer au trot, pourtant il courait depuis peut ! En fait il manquait d’entraînement, plus d’un an dans une cage de 3 mètres sur 4 ! Avant sa capture ses muscles étaient durs comme du bois, mais maintenant ils étaient flasques et avaient fondu. Mais pourtant il n’avait pas perdu du poids, au contraire : il avait pris de l’embonpoint !

Il continua à trotter le long de la côte. Tarak ne savait pas où il allait, mais que pouvait-il faire d’autre ? Il fallait qu’il avance, qu’il suive cette côte, sinon il serait mort.

Le bord de mer tourna vers l’est puis vers le nord-est, et ensuite il arriva à une pointe. Vers l’est, la côte redescendait au sud, il essaya d’aller voir où elle menait, mais très vite il retomba sur la ville, impossible d’aller plus loin ! Il retourna alors à la pointe et contempla ce qu’il y avait en face. Au-delà du bras de mer, une autre péninsule était en vis à vis. Elle semblait sauvage, en tous cas Tarak ne voyait aucune lumière ni aucun bâtiment.

C’est là qu’il fallait aller, mais pour ça il devait traverser presque deux kilomètre à la nage ! Pour un animal qui est resté si longtemps sans activité dans une cage, cela représentait quelque chose d’énorme, et il gardait le souvenir du torrent où il avait failli se noyer. Mais il n’avait pas le choix, au sud il n’y avait que la ville, et sûrement que la nouvelle de son évasion était connue maintenant. Tarak n’aurait pas pu aller bien loin avant de se faire tuer, ou pire, recapturé.

La liberté ou la mort !

C’est ainsi qu’il s’élança dans l’eau, à l’endroit même où, quelques années plus tard, se trouvera l’immense silhouette rouge du Golden Gate Bridge.

 

 

Tarak courait aussi vite qu’il le pouvait, mais le terrain était accidenté, et les chasseurs qui le poursuivaient semblaient si rapides. Jamais il n’avait vu des humains se déplacer aussi vite ! Et ce qui devait arriver arriva : il fut à portée de tir. La première balle le toucha au dos, et il roula sur le sol. La douleur était telle qu’il parvint tout juste à se relever, mais à peine s’était-il mit sur ses quatre pattes qu’une autre balle le toucha, dans le cou cette fois.

Tarak tomba, il ne pouvait plus marcher ni même se tenir debout, mais son instinct de survit lui ordonnait de ne pas abandonner. Il se mit alors à ramper sur le sol, même si cela ne servait à rien, car il sentait son corps devenir faible, et son sang qui gargouillait dans sa gorge…

 

Il se réveilla en sursaut, et se surprit à chercher les traces de ses blessures, ainsi que les chasseurs. Mais ce n’est qu’au bout de plusieurs secondes qu’il comprit que c’était un cauchemar ! Rassuré, Tarak se recoucha, il était encore trop épuisé pour reprendre son chemin, car cette nuit il avait bien failli mourir :

 

Il ne savait pas qu’il y a de forts courants dans cette passe qui relie la baie à l’océan, ils l’avaient emporté loin de l’endroit qu’il voulait atteindre.

Tarak nageait difficilement contre le courant, et au bout d’un moment la fatigue devient telle qu’il n’y arrivait plus correctement. Puis les crampes firent leur apparition, mais il ne pouvait pas s’arrêter de bouger sinon c’était la noyade ! Cela devint alors un suplice, à chaque mouvement ses muscles le faisaient souffrir le martyre. Pendant combien de temps s’est-il battu dans l’eau ? Il l’ignore, mais ça a dû être très très long.

A un moment il voulut abandonner, c’était trop dur, il était trop épuisé, les crampes lui faisaient trop mal. Il arrêta donc de nager et se laissa couler. Les douleurs disparurent, ses soucis aussi. Sa lutte pour sa survit, la mort de ses parents, sa captivité, son désir de retourner chez lui, Nitti, Waoss, et même Watan : tout cela lui parut bien lointain, comme si ça n’avait plus d’importance. Pendant quelques secondes, pour la première fois depuis sa capture, il se sentit bien !

Puis très vite il y eut le besoin brûlant de respirer, ses poumons réclamaient de l’air à corps et à cris. Il fallait qu’il recommence à nager pour rejoindre la surface, mais ça voulait dire recommencer à souffrir ! Son instinct de survie fut le plus fort, alors Tarak rassembla toute son énergie pour remonter.

A plusieurs reprise cette scène se reproduisit, et à chaque fois le même dilemme : souffrir ou mourir ? Et à chaque fois il reprenait le dessus, mais c’était de plus en plus dur pour refaire surface (au sens propre comme au sens figuré), il arriverait un moment où il ne pourrait plus lutter, et alors il laisserait tomber, pour de bon cette fois.

Et même quand il nageait, entre deux épisodes où il se laissait aller, c’est à peine s’il réussissait à maintenir son nez à la surface, et il buvait la tasse très fréquemment. Tarak sentait son estomac se remplir d’eau, et il manquait d’air, il commençait à voir trouble. Cette traversé lui parut sans fin, un vrai calvaire, jamais il n’avait approché la mort d’aussi prés !

Lorsque enfin il avait atteint une plage, il était vidé de ses forces et à moitié noyé, et c’est tout juste s’il réussit à sortir de l’eau en rampant sur quelques mètres. A la voir bouger comme ça on aurait dit une larve ! Cette fois il ne pouvait même pas rejoindre une cachette, ne serait-ce que se mettre sur ces pattes lui était impossible.

Il haletait aussi vite qu’il le pouvait, et toussait énormément, il était à bout de souffle autant qu’il est possible de l’être, puis d’un coup il se mit à vomir toute l’eau qu’il avait avalée. Cette dernière chose épuisa ses ultimes réserves et il s’endormit aussitôt, au bord de l’eau.

Heureusement, aucun homme ne passa par-là, sur cette côte sauvage, et ce n’est qu’au bout de plusieurs heures que Tarak put se lever, péniblement, bourré de courbatures, pour aller se cacher dans les rochers et ainsi dormir tranquillement, si on excepte le cauchemar.

 

 

Ce jour là Tarak comprit que son voyage de retour serait difficile.

Mais il ne savait pas à quel point ! Pas plus qu’il ne se doutait à quel point ce voyage serait long ni à quel point ses chances de réussir étaient maigres.

Et heureusement qu’il ne le savait pas, car sinon il aurait tout de suite renoncé !

 

 

Chapitre 5

 

Tarak remontait la Chaîne des Cascades.

 

Le début fut très dur pour lui. En effet, après de nombreux mois en captivité, la réadaptation à la vie sauvage fut difficile. Ses muscles, ses tendons et ses articulations, insuffisamment aguerris, le firent souffrir, ainsi que les coussinets de ses pattes. Ces derniers étaient meurtris et chacune des ces empreintes était tachée de sang.

 

En plus il avait très peut d’expérience pour la chasse, il était encore jeune lors de sa capture, et un fois en cage, bien évidemment, il n’y avait personne pour continuer à lui apprendre ce qu’il devait savoir. Et cela été aggravé par un manque de pratique durant sa captivité et par le fait qu’il devait avancer, il ne pouvait donc pas prendre ses marques.

Et puis il ne connaissait pas toutes les proies, certaine n’existe pas là d’où il venait, ce qui parfois lui réservait de très mauvaises surprises.

 

Une fois il voulut s’attaquer à un animal qui se déplacer lentement. Cela lui paraissait bizarre que cet animal paraisse si faible, mais il se dit qu’il devait être malade ou blessé, et il avait faim. Alors il se jeta dessus… et c’est au moment où il essaya de le mordre qu’il comprit quel était le moyen de défense du porc-épic !

Tarak senti d’un coup ses babines, sa langue et sa truffe être perforées. Il bondit en arrière en hurlant de douleur, et se rendit compte que plusieurs piquants c’était détaché et restaient planté dans son museau. Il essaya frénétiquement de s’en débarrasser avec ses pattes, ou en secouant la tête dans tous les sens. En vain, car chaque piquant du porc-épic est pourvu de dizaines d’aiguillons en contre-sens, lesquels, en plus de bloquer tout mouvement en arrière, se mettent à gonfler dans la chair, sous l’effet de l’humidité, ce qui fait s’enfoncer le piquant encore plus profondément !

Tarak dut se débrouiller pendant plusieurs jours avec ces piquants qui restèrent dans son nez, et ça faisait très mal. Il avait alors encore plus de mal à chasser à cause de ça, ce qui aurait pu lui coûter cher.

Plus jamais il ne s’en prendrait à un porc-épic !

 

Une autre fois c’était un petit animal noir avec deux bandes blanches sur le dos. Tarak se méfia, il le regarda un moment. Cet animal ne prit pas la fuite après l’avoir vu, tout comme l’avait fait le porc-épic, ce qui voulait dire que lui aussi avait peut être un système de défense spécial. Cette bête, en voyant le grand loup, ce mit à gronder et à siffler. Mais Tarak se croyait à l’abri en restant à quelques mètres, d’après ce qu’il savait seul les hommes peuvent frapper à distance, avec leurs fusils.

Cette certitude disparue au moment où un jet de liquide nauséabond l’atteint en pleine figure ! Le liquide brûla ses yeux, il se débattit, se roula par terre, se contorsionna et hurla comme un fou, tandis que la moufette s’en alla tranquillement. Et l’odeur épouvantable de ce liquide lui fit vomir tous ce qu’il avait.

Puis Tarak se rendis compte qu’il n’y voyait plus rien, il crut alors qu’il était devenu aveugle ! Pendant un moment se fut pour lui une angoisse sans nom. Car, dans sa situation, la cécité c’était la mort garantie : impossible de chasser, impossible de se déplacer, impossible d’échapper aux chasseurs s’il tombait sur eux. Heureusement sa vue revint ensuite, et il fut extrêmement soulagé.

Comme pour les piquants du porc-épic, la puanteur de ce liquide mis du temps à disparaître.

Il avait compris la leçon, encore un animal à ne pas toucher !

 

Par la suite il se méfiait terriblement chaque fois qu’il rencontrait un animal inconnu, mais il fallait bien qu’il essaye, la peur au ventre, pour savoir quoi chasser sans risque.

 

Résultat de tout ces problèmes : Il eut du mal à trouver sa nourriture, lui qui s’était habitué à manger à sa faim, tout les jours, et à heure fixe ! Ses généreuses réserves de graisse, accumulées durant sa captivité, avaient vite disparu ! Mais heureusement ensuite cela s’améliora, du moins jusqu'à l’hiver.

 

 

Il avait également du mal à trouver de l’eau. Au début il était en Californie, en plein été ! Il ne connaissait pas toutes les astuces utilisées par les animaux de la région.

 

Quelques jours seulement après son évasion, Tarak se retrouva presque mort de soif, il cherchait partout de l’eau, mais il la cherchait mal et en trouvait peut. Alors il dut se résoudre à s’approcher d’une ferme. Il le fit de nuit, il passa prés d’animaux domestiques qui auraient pu le nourrir, mais seul l’eau l’intéressait.

Il avançait à pas feutré, attentif au moindre bruit, il savait que les hommes le tueraient sur-le-champ s’ils le voyaient. Son odorat lui disait que le précieux liquide était là, à porté de langue.

Un chien se mit à aboyer, au moment où il trouva un abreuvoir pour le bétail. Il se jeta dessus et but aussi vite qu’il le pouvait. Mais à peine avait-il commencé qu’il entendit le fermier se lever, alerté par le chien. Il fallait qu’il parte, tout de suite… mais l’eau qui était là, il avait encore soif ! Tarak essaya de boire le plus possible mais à un moment il fut obligé s’enfuir, il n’avait pas encore totalement étanché sa soif, mais temps pis. Il partit juste à temps, car le fermier lui tira dessus et perça un trou dans l’abreuvoir. Tarak détalla en zigzaguant pour ne pas être touché, le fermier tira encore, à plusieurs reprises, mais ne put l’atteindre.

 

Une fois loin, il se dit qu’il avait pris trop de risque, mais avait-il le choix ? Non, et il fallut qu’il recommence ensuite.

 

Au début de son voyage, il a probablement passe très prés de mourir de soif à plusieurs reprise encore. Le plus souvent il était assoiffé en même temps qu’il avait faim. Souvent il trouvait à boire alors qu’il était presque totalement déshydraté, et fréquemment il devait prendre le risque d’aller chercher de l’eau prés des villes et villages, parfois à l’intérieur de ceux-ci. Plus d’une fois il fut à nouveau surpris et manqua de se faire abattre !

 

 

Mais cela ne l’empêcha pas d’avancer. Au contraire, ça le motivait pour s’éloigner le plus vite possible et rejoindre des régions moins chaudes et plus sauvages

 

 

Il ignorait comment il savait que c’est au nord que se trouvait l’endroit d’où il venait, mais il le savait, c’est tout, et ça lui suffisait.

Pourquoi voulait-il tellement y retourner ? Il aurait put s’installer là où il se trouvait, et aurait peut être finit par bien y vivre !

Mais il était né là bas, en Alaska, et c’est là bas que se trouvaient, peut-être, les derniers survivants de sa meute, Nitti et Waoss, ainsi que Watan ! Il voulait les rejoindre.

De plus il y avait quelque chose d’autre : Tarak était étonné qu’il n’y avait quasiment pas de loups dans les régions qu’il traversait, mais il avait un pressentiment sur la cause de cet état de fait. Puis il fit une découverte qui confirma ses craintes.

 

C’était un jour où un très fort orage avait éclaté, et Tarak s’était réfugié dans une grotte. Mais peut de temps après il ressentit une étrange sensation et, sans trop savoir pourquoi, il se leva et s’enfonça dans la galerie. Il parvint ainsi à une petite salle qui se trouvait sous un gouffre, par lequel entrait la lumière du jour et la pluie. Sous ce gouffre il y avait un grand monticule d’ossements, et, en les examinant, Tarak compris instinctivement qu’il y avait presque exclusivement des squelettes de loups ! Il devait y en avoir des centaines et des centaines, y compris certains qui appartenaient manifestement à des louvart ou même à des louveteaux ! Et sur le dessus du tas, un ou deux cadavres en décompositions, qui devaient être arrivés récemment.

C’était ici que les hommes de la région jetaient les cadavres des loups qu’ils avaient tués.

Il en fut profondément attristé, et écœuré, mais il comprenait maintenant : les loups n’avaient plus d’avenir en ces terres !

 

Après trois siècles d’une campagne d’extermination acharnée aux Etats Unis, leur race achevait de s’éteindre dans l’Ouest américain. Et pour liquider les derniers d’entre eux, le gouvernement avait engagé à temps plein quelque trois cents chasseurs qui utilisaient souvent des méthodes innommables pour parvenir à leur fin, y compris dans les parcs nationaux !

Tarak ne rencontrait que quelques loups isolés, la plupart vieux, car les chasseurs détruisaient les portés, empêchant les loups d’assurer leur descendance.

Dans ces régions, cette espèce, autrefois prospère et majestueuse, était désormais réduite à quelques misérables survivants, souvent en piteux états, fatigués d’être traqué en permanence.

 

Il ne voulait pas rester sur ces terres maudites, il fallait qu’il parte, le plus loin possible.

 

 

Mais très vite un autre sujet le préoccupa, car il devrait bientôt faire face à un problème de taille : l’hiver !

Il avait déjà du mal à survire tout en se déplacent, mais il y arrivait tant bien que mal. Par contre, avec l’hiver, il était fort probable que son manque d’expérience et de pratique lui serait fatal. Tarak le comprenait, il se voyait déjà squelettique, puis mourant de faim !

Ceci dit, il préférait mourir comme ça, en pleine nature, et après quelque mois de liberté, plutôt que de vivre vingt ans en captivité, enfermé dans une cage.

La liberté ou la mort !

 

C’est alors qu’il rencontra Matsi.

 

Depuis plusieurs jours il avait l’impression qu’on le surveillait, qu’on le suivait, c’est pourquoi à un moment il stoppa son périple et décida d’en avoir le cœur net. Il attendit quelques instants, les sens aux aguets. Oui, il sentait bien une présence, celle d’un autre loup, même s’il ne pouvait le localiser.

- Qui est là ? Dit-il sur un ton ferme.

Pas de réponse.

- Je sais que quelqu’un me surveille… montre-toi ! Et si tu veux de battre viens en face de moi !

- Tu n’as rien à redouter de moi. Dit une voie masculine et enrouée. Je suis juste curieux.

Un vieux loup, très vieux même, et seul, sortit de son poste d’observation.

- Je m’appelle Matsi, et toi ?

- Tarak.

Matsi lui tourna autour, il semblait le regarder, l’examiner en détail maintenant qu’il pouvait le voir de prés. Puis il dit :

- Je n’ais jamais vu de loups aussi grand que toi (et en effet, Tarak semblait énorme à coté de lui), d’où viens tu ?

- De très loin au nord, et j’y retourne.

Puis Tarak raconta toute son histoire, sa capture en Alaska, sa captivité, son évasion, puis son voyage. Matsi semblait avoir un peut de mal à le croire, mais il fut convaincu par le fait qu’il était bien différent des loups de la région.

- Et toi, qui est-tu ? Lui demanda Tarak.

Matsi lui raconta, son passé n’était guère mieux. Quand il était jeune il vivait dans une petite meute, mais les hommes, par le fusil, le piège et le poison, ont massacré tous les membres de celle-ci, à l’exception de Matsi qui avait réussit à s’enfuir de justesse. Il avait alors mené une vie solitaire pendant de nombreuses années, pourchassé sans relâche par les hommes. Il leurs avait échappé jusqu'à aujourd’hui, grâce à sa ruse, mais maintenant il se faisait vieux.

 

Puis il dit à Tarak :

- Ça fait un petit moment que je t’observe, et tu as l’air bien maladroit pour chasser !

- C’est parce que je suis resté enfermé trop longtemps. J’étais si jeune lors de ma capture !

- Et tu crois que tu arriveras à rejoindre ta terre natale ?

Cela confirmait ce qu’il redoutait.

- Je crois que non, je l’ais compris maintenant… mais j’aurais au moins essayé.

Matsi sembla réfléchir un moment, puis il dit :

- Je vais t’aider. Je vais t’enseigner tous ce que je pourrais, te faire profiter de mon expérience. Tu seras ainsi mieux armé pour survivre.

- Tu veux venir avec moi ?

- Non, je ne suis plus jeune, je n’ais plus ta vigueur et ta résistance. Je ne pourrais pas supporter un tel voyage.

- Mais alors ?

Matsi poussa un soupir, avant de dire :

- La première chose que je vais t’apprendre c’est que tu ne pourras pas à la fois survire à l’hiver et continuer ton voyage, sinon tu mourras de faim et d’épuisement, aussi fort que tu sois. Tu vas rester ici, avec moi, et ce n’est qu’au printemps que tu reprendras ta route. C’est ta seule chance d’y arriver.

- Pourquoi tu veux m’aider comme ça ? Je ne pourrais jamais t’aider en retour une fois chez moi.

Matsi pris alors un air très triste.

- Je crois que tu as déjà dû te rendre compte que ça en sera bientôt finit des loups sur ces terres, je ne peux rien faire pour empêcher cela. Je ne sers plus à rien ! Notre espèce va s’éteindre ici de toute façon, alors que là d’où tu viens il y a encore de l’espoir. C’est pour ça que je veux t’aider, j’aurais ainsi au moins participé à la survie de notre espèce là bas. Le meilleur moyen de me remercier ce sera de réussir à rentrer sur tes terres, d’avoir des enfants et de transmettre ta force à tes descendants.

 

Tarak le lui promit.

 

Ainsi, Matsi et Tarak coopérèrent pendant l’hiver. L’un était le cerveau et l’autre les muscles.

Tarak apprit énormément, comme il aurait dû le faire avec son père deux ans plus tôt !

A plusieurs reprises des chasseurs se mirent à les poursuivre. Mais on ne la fait pas à Matsi ! Il connaissait tous leurs trucs, et à chaque fois ils se faisaient semer.

Tarak demanda alors à Matsi s’il savait pourquoi les hommes veulent la mort des loups.

- Pour protéger leur bétail. Ces animaux sont fragiles, lents et stupides, ils ne peuvent pas ce défendre seul.

- Pourquoi vous vous en prenez à eux, si vous savez que c’est à cause de ça que les hommes vous pourchassent ?

- Nous n’avons pas le choix. D’après ce que racontaient les anciens, du temps où je vivais encore en meute, autrefois il y avait largement assez de gibier pour que les loups puissent vivre. Et même les hommes qui étaient là depuis toujours, ceux dont la peau était rougeâtre, vivaient en paix avec nous. Mais quand l’homme à la peau claire est arrivé, il a tout détruit pour y mettre son bétail, et leurs chasseurs ont anéanti presque tout notre gibier. Et pour ne pas mourir de faim il a bien fallut se rabattre sur ce qui restait !

- Les hommes ont pris votre nourriture en premier ?

- Oui, et ils ne veulent pas que l’ont prennent la leur pour survivre !

Plus que jamais les hommes semblaient être des monstres aux yeux de Tarak, et il se mit même à rêver de les tuer, d’en attraper un et de le déchiqueter ! Mais il ne pouvait pas faire ça, il ne voulait pas devenir comme eux.

Matsi continuait de parler :

- Quand nous serons tous morts ici, personne ne se souviendra de ce qui c’est passé, ni même que nous avons existé. Vas chez toi, raconte aux tiens ce que je t’ais dit et ce que tu as vu, raconte leur notre histoire, pour qu’elle ne soit jamais oubliée. Et que les tiens sache toujours ce que sont les humains : des destructeurs.

- Je te le promets Matsi, je ferais tous ce que je pourrais pour y parvenir.

 

 

La saison froide est un période très difficile, et Matsi en souffrait, son vieillissement semblait s’accélérer. De plus, il dépensait toute son énergie pour l’éducation et l’entraînement de Tarak, et il était fort probable que cela réduisait sa durée de vie.

Tarak devait se rendre à l’évidence, ce serait le dernier hiver de Matsi, il se sacrifiait pour lui !

 

 

Bientôt le printemps arriva, ce qui signifiait que le départ de Tarak était imminent.

D’un coup l’état du vieux loup se dégrada ! Il avait tout donné pour que Tarak ait le maximum de chance de rentrer chez lui, c’est cette motivation qui lui avait permis de tenir, de résister aux privations et à la fatigue qui rongeaient son corps. Mais, maintenant que l’heure avait sonné, il se laissait partir.

- Tu aurais vécu plus longtemps si je n’avais pas été là. Lui demanda Tarak.

- Oui, j’aurais eu une existence un peut plus longue, mais elle aurait été inutile, alors que là au moins…

- Merci.

- C’est moi qui te remercie, pour avoir donné un sens à ma vie… Tu dois partir maintenant… et moi aussi.

 

Matsi s’éteignit peut de temps après.

Tarak savait qu’il était mort pour lui, et il se promit de donner tout ce qu’il aurait pour réussir, en son honneur !

 

 

Chapitre 6

 

Pendant de longs mois Tarak remontait le long des Montagnes Rocheuses, d’abord plein nord, puis en obliquant progressivement vers l’ouest. Le printemps passa, puis l’été et l’automne à leurs tours.

La difficulté de son voyage était évidente.

Il devait avancer contre vents et tempêtes, et chercher sa nourriture lui était très difficile et le ralentissait entre deux étapes de plusieurs dizaines de kilomètres. Il était en permanence affamé. Cette faim, qu’il avait si peut connu pendant sa captivité, était sa compagne désormais.

Tarak avait traversé la frontière avec le Canada, mais il ne le savait pas bien sûr. Par contre il remarqua un changement : Maintenant il y avait des loups en nombres ! Ils étaient moins chassés et n’étaient pas en train de disparaître.

Cependant, paradoxalement, ce fut une mauvaise chose pour lui. En effet, il devait faire des détours pour éviter les territoires des meutes, ce qui allongeait beaucoup son voyage, et le rendait plus difficile. Car les zones non occupées étaient les moins favorables, celles qui étaient le moins pourvues en gibier, celles où le relief était le plus important.

Malgré ses précautions, il pénétrait très souvent sur la propriété des meutes. Il ne manquait pas alors de se faire surprendre et devait affronter leurs chefs. Car ces meutes subissaient malgré tout la pression des hommes, elles avaient du mal à survire, c’est pour ça que leurs membres étaient si peut tolérant envers lui.

Les combats contre ces chefs de meutes étaient terribles, Tarak manquait d’expérience et il perdait à chaque fois. Ensuite il devait faire demi-tour jusqu'à la limite du territoire de la meute, pour le contourner. En peut de temps il se retrouva couvert de cicatrices.

Et, pour ne pas arranger les choses, il devait semer les chasseurs qui le prenaient en traque fréquemment, apparemment attiré par sa taille quand ils le repéraient, à moins qu’ils n’étaient au courant de son évasion de San Francisco et devinaient que c’était lui ?

 

Il finissait par ne plus faire attention où il se trouvait ni où il allait, tellement c’était dur.

Il suivait son instinct pour trouver sa route, il réservait toutes ses réflexions et son intelligence pour sa survie, et ce n’était pas un luxe !

Mais, malgré tout ça, il ne pensa jamais à abandonner. Maintenant qu’il était lancé il ressentait cet instinct qui le poussait à avancer, à persévérer et à se battre encore et encore, tant qu’il lui resterait un espoir, aussi infime soit-il.

Et puis il avait les promesses qu’il avait faites à Matsi.

 

 

Mais pendant son sommeil il revivait ce qu’il avait vécu, dans d’affreux cauchemars.

Sa captivité, les tortures infligées, sa terrible séparation avec Alina, sa quasi-noyade dans le Golden Gate, le porc-épic, la moufette…

Mais le pire était les souvenirs datant du jour de sa capture et de la mort de sa mère, car il se sentait coupable, il avait fait des erreurs, et cela le poursuivait sans relâche. Très souvent il se rappelait ces événements comme si c’était hier :

 

 

En ce beau jour de Printemps Tarak avait suivit Kitok et Balto, sa mère lui ayant demandé de les surveiller.

Car Kitok avait emmené Balto en ville, et Aniu ne voulait pas de ça, elle lui avait interdit de l’y ramener, mais elle pensait qu’il essaierait quand même à nouveau.

Et en effet, elle ne s’était pas trompée, Kitok prenais bien le chemin de la ville !

« Ah le salaud », ce dit Tarak, « il n’a aucune parole. »

Il s’approcha d’eux, bien décidé à les stopper.

 

- Tu m’emmène encore en ville ? Dit Balto.

- Oui. Répondit Kitok.

- Mais maman ne veut pas !

« Et oui qu’elle te l’avait dit, imbécile » pensa Tarak.

- Elle ne peut pas comprendre, ton grand frère non plus, il faut être un chien pour comprendre qu’on est fait pour vivre avec les humains, et toi aussi.

- Peut être qu’on ne peut pas comprendre ça, mais on sait que les hommes veulent massacrer les loups jusqu’au derniers, nous ignorons pourquoi, mais c’est ce qu’ils essayent de faire.

Kitok et Balto stoppèrent immédiatement.

- Balto n’ira pas plus loin ! Continua Tarak.

Puis il s’avança et vint bloquer le passage à Kitok. Ce dernier essaya de parler, mais Tarak le regarda droit dans les yeux, il savait que cela l’impressionnait beaucoup.

- Tarak écoute-moi, je... enfin je...

« tu vois comme tu es faible, tu ne peux même pas supporter mon regard » pensa-t-il, et il eut envie de lui sauter dessus, de l’égorger et de… « non, du calme, Aniu n’aimerait pas ça », il se contenta de dire :

- Tu n’iras pas en ville avec Balto !

Ravalant sa colère, Tarak quitta la place, d’abord calmement, puis, dés qu’il sortit du champ de vision de Kitok, il bondit et se cacha derrière un tronc d’arbre. Le chien ne l’avait pas vu, et il pouvait entendre tout ce qu’il disait.

- Puisque c’est comme ça nous allons promener, et faire des courses pour t’apprendre à courir.

Méfiant, Tarak surveilla Kitok, effectivement lui et son fils se contentaient de faire des courses.

Mais au bout d’un moment il entendit des bruits dans la forêt : Pas d’homme, tintement du métal, froissements de tissu, halètement de chiens… Il compris très vite que des chasseurs arrivaient.

C’est à ce moment que se produisit quelque chose qui l’induit en erreur : Kitok changea d’emplacement. Tarak crut alors qu’il avait lui aussi entendu les chasseurs et qu’il se repliait en lieu sûr.

Il fit de même, pensant que Kitok le rejoindrait en chemin. Seulement cette dernière chose ne se produisit pas : en fait Kitok n’avait rien entendu, son ouie était moins bonne, ou bien ces bruits lui était trop familiers pour qu’il y prête attention, et le mouvement qu’il avait fait était un pur hasard !

Tarak le compris trop tard. Se maudissant d’avoir commis cette faute, il retourna précipitamment en arrière et se rendit compte que Kitok et Balto revenaient tranquillement vers la tanière, comme si de rien n’était ! Il n’avait plus le choix, les chasseurs devaient déjà être en position, il cria :

- COUREZ ! DES CHASSEURS !

Mais quelques secondes plus tard un coup de feu retentit, et Kitok fut touché.

Tarak se cacha, mais il ne s’enfuit pas. Pour lui le chien était perdu, par contre il pensa à Balto, Aniu lui avait demandé de le surveiller, il était sous sa responsabilité ! Alors il s’approcha furtivement du groupe de chasseur, pour essayer de retrouver son petit frère.

Tout d’un coup il y eut un deuxième coup de feu, Tarak cru que c’était sur lui qu’on tirait, mais il se rendit compte qu’il n’avait rien. Balto alors ? Il risqua un coup d’œil à travers les feuilles du buisson où il était embusqué : En fait le jeune chien-loup était toujours vivant, et un homme le tenait, dans sa main, juste à coté. Il vit également que dans une direction la voie était libre.

Il n’hésita pas, rassemblant tout son courage il bondit et attrapa Balto au vol, puis il se mit à courir à toute allure.

- PAPA ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi ! Dit Balto.

Tarak lui dit de se taire en grognant, mais il repensait lui aussi à Kitok, il comprenait qu’il était mort. Malgré l’antipathie qu’il avait envers ce chien, il ressentit comme un vide en lui.

 

Il arriva à la tanière, Aniu et les autres petits étaient là.

- Que se passe-t-il ? Demanda sa mère.

- Des chasseurs, ils arrivent, répondit Tarak après avoir relâché Balto.

- Où est Kitok ?

- Les hommes l’ont… il est…

Tarak vit alors la tristesse sur le visage de la louve, il savait qu’elle l’aimait beaucoup. Puis il entendit les aboiement des chiens qui approchaient.

C’est alors qu’il compris qu’il venait de faire une deuxième erreur, énorme : Il n’aurait pas dû revenir à la tanière comme ça, les chasseurs et leurs chiens l’avaient suivit ! Il aurait dû partir dans une autre direction, attirer les chasseurs loin de la tanière, faire diversion. Même si les chasseurs savaient où elle était cela aurait donné du temps à Aniu pour qu’elle aille cacher Nitti et Waoss. Maintenant c’était irréparable !

 

- Il faut partir ! Dit la louve, en surmontant son chagrin.

 

Tarak savait ce qu’il devait faire, attraper un petit dans sa gueule et courir. Mais il se rendit compte d’une chose horrible : Lui et sa mère ne pouvaient transporter que deux petits. Le troisième devrait être abandonné !

Ni Tarak ni sa mère ne se sentaient capable de faire une telle chose, mais s’ils ne le faisaient pas ils allaient tous mourir, les chasseurs se rapprochaient.

Aniu prendrait Nitti, car c’était la seule femelle, restait donc à choisir entre les deux mâles. Waoss semblait être le plus apte à survivre, le plus fort, le plus sauvage… le plus loup.

- Waoss, prend-le ! Dit Aniu à son fils aîné, la voix brisée par le chagrin.

- Balto ! Dit Tarak naïvement.

- On n’a pas le choix ! Répondit-elle, le visage ravagé par la tristesse.

Alors, plein de honte, Tarak se pencha et attrapa Waoss par le dos. « Que mes ancêtres me pardonnent » se dit-il. Balto semblait encore sous le choc, il ne se rendait même pas compte du drame incroyable que vivaient sa mère et son frère.

 

Puis ils partirent, sans un adieu, sans un mot.

 

- Maman ! Tarak ! Où allez-vous ?

Tarak essaya de ne pas l’entendre, peine perdue !

- Attendez-moi ! TARAK, MAMAAAAAAAAAAN !

Cela lui perça le cœur, il entendait les chiens, ils devaient être juste derrière Balto ! Il se maudissait d’avoir fait ça ! Il n’avait jamais vraiment aimé Balto : Trop chien de par son comportement. Mais c’était quand même son petit frère et il aurait tout fait pour le protéger, et voilà que maintenant il devait l’abandonner à ces monstres d’humains, et à leurs chiens !

Et il se dit que pour ça mère cela devait être bien pire.

 

Puis il y avait la suite : de retour à la tanière pour essayer de sauver Balto, Tarak n’avait pas repéré assez tôt le tireur embusqué, ce qui fut fatal à sa mère ! Puis ensuite cette quatrième erreur qui lui avait coûté si cher : il avait trop tardé à fuir, permettant au chasseur d’ajuster son coup et de le toucher. S’il avait réagit une seconde plus tôt il aurait pu fuir, rejoindre Galor et Ika, et ne se serait pas retrouvé entre les mains des hommes.

 

 

C’est en général à ce moment là qu’il se réveillait, et devait alors reprendre son pénible voyage.

 

 

Mais quand l’hiver suivant fut là, les choses devinrent encore plus difficiles. Tarak n’était plus très loin de la frontière entre le Canada et l’Alaska, il ne lui restait plus beaucoup de distance à parcourir (relativement), et il ne put s’empêche de continuer à avancer, plus lentement certes, mais il avançait toujours. Il maigrissait, le temps où il pesait plus de 90 kg était déjà loin, mais ça empirait maintenant.

Les rares fois où il mangeait il avait l’impression de découvrir le goût de la viande pour la première fois !

Cet hiver là fut effroyable pour lui, et jamais il n’en connut de pire, ni même de comparable. Mais il voulait retrouver Waoss et Nitti, ça faisait trop longtemps qu’il ne les avait pas vus, trop longtemps qu’il ignorait ce qu’ils étaient devenus. Et Watan ? Etait-elle toujours là elle aussi ? Et si oui, était-elle toujours seule, ou bien avait-elle pris un autre compagnon ? Il en perdait toute raison, et fonçait aveuglément vers sa terre natale.

 

Et enfin il y fut, il y était parvenu, après 18 longs mois de voyage !

Mais à quel prix :

Tarak n’était plus qu’un squelette ! De partout ses os formaient des bosses sur sa fourrure, son corps semblait difforme ! Cela faisait ressortir ses nombreuses cicatrices, certaines plaies récentes étaient encore ouvertes, béantes. Si on lui avait touché le ventre ont aurait presque put sentir sa colonne vertébrale ! Ses côtes étaient si saillantes qu’on avait l’impression que la peau les entourait complètement.

Certains coussinets de ses pattes n’étaient plus que des masses informes et sanguinolentes. Il boitait. Sa fourrure était salle, tachée de sang et de boue. Et enfin il avait des plaques où ses poils tombaient, et qui faisaient des trous dans son pelage.

Il avait presque atteint la limite extrême de la résistance de son corps, lequel le faisait tellement souffrir qu’il essayait de l’oublier, et il marchait, marchait, et marchait encore. Parfois il marchait pendant plusieurs jours de manière presque automatique, sans s’en rendre compte, ni même sans se souvenir de pourquoi il le faisait.

 

Il était tellement pitoyable à voir que les autres loups ne l’importunaient même plus quand il pénétrait sur leurs territoires. Ils le surveillaient, mais à distance, comme si c’était un pestiféré ! Ils devaient craindre qu’il soit malade et qu’il ne les infecte s’ils s’approchaient trop de lui.

 

 

Le territoire de la meute de Galor et Ika était assez vaste pour que Tarak mette plusieurs jours à les retrouver.

Et puis un jour, presque trois ans après sa capture, il finit par percevoir une odeur familière…

 

 

Ce jour là Nitti était en train de pister un lapin.

Dans la meute de Galor elle était le loup oméga, l’individu le plus bas dans la hiérarchie, sûrement à cause du fait qu’elle était métissée avec un chien. Elle mangeait en dernier, et souvent ce qui restait ne suffisait pas à calme sa faim, c’est pourquoi elle chassait souvent du petit gibier, seule.

Mais tout d’un coup elle tomba nez à nez avec un grand loup blanc. Enfin, le terme "cadavre ambulant" aurait été plus approprié pour décrire l’animal qui était en face d’elle, il était effrayant à voir !

 

Alors elle pris peur, et voulut s’enfuir en courant. Mais l’autre lui parla d’une voix faible.

- Nitti !

- Co… comment connais-tu mon nom ? … Et qui est-tu ?

- Tu ne me reconnais pas ? Je suis Tarak, ton grand frère !

- Il… il est mort… Il y a longtemps déjà, il n’est jamais revenu nous chercher.

- Et bien je suis revenu. Aniu est morte, mais moi je suis vivant, et je suis là !

Nitti semblait avoir du mal à le croire et elle partit en courant.

Puis Tarak se sentit tous d’un coup très fatigué, il avait atteint son but, et maintenant il sentait le besoin de se reposer. Il succomba à une irrésistible envie de se coucher et de se détendre, puis il s’endormit.

 

Tarak revenait à lui, il entendait les autres discuter.

- Regardez comme ses griffes et ses coussinets son usés. Dit la voix de Galor. Il a dû parcourir une distance énorme. Et comme il est maigre ! Et ces cicatrices ! … Je ne sais pas où il s’est retrouvé, mais ça devait vraiment être loin d’ici ! Je crois qu’il aura beaucoup de choses à raconter.

- Papa, tu… tu crois qu’il va survire ? Dit une voix de femelle.

- Tu l’aimes toujours à ce que je vois ! Ne t’inquiète pas, son voyage a visiblement été très long et très difficile, je ne crois pas qu’il aurait fait tout ça pour mourir une fois ici ! Et puis c’est le printemps, le gibier va à nouveau abonder, ont pourras le nourrir jusqu’a ce qu’il soit capable de chasser.

Oui, il a de bonne chance de vivre.

- Et vous deux ! Dit Ika. Vous avez trois ans, vous n’êtes plus des bébés, vous pourriez vous en aller. En plus il est infesté de puces, il va vous les refiler, et qu’est-ce qu’il pue, il est vraiment crasseux !

C’est à ce moment là que Tarak se rendit compte qu’il avait deux loups couché contre lui, ou plutôt deux métis : Nitti et Waoss. Leur vraie mère et leur grand frère leurs avaient tellement manqué ! Ils voulaient profiter de lui maintenant, ça faisait trop longtemps ! Tarak sera Nitti contre lui, elle lui rappelait Aniu, il lui semblait que tout ce qui lui restait d’elle c’était ces tâches blanches sous les jeux de Nitti ! Il en fut triste.

Puis Tarak leva les yeux, il vit le couple ami, puis une ravissante louve grise du même âge que lui.

Watan ! Elle était là !

Elle s’approcha pour lui parler.

- Tarak ! Si tu savais comme tu m’a manqué. Et… regarde dans l’état que tu es ! Dit-elle, les larmes aux yeux.

- Je t’avais dit d’être forte, tu te souviens ?

- Oui.

- Tu sais, tu avais raison d’avoir peur pour moi finalement, tu avais bien raison…

Puis Tarak reposa sa tête au sol.

- Laisse le, il a besoin de se reposer. Dit Ika.

Et ils laissèrent Tarak profiter d’un repos largement mérité.

 

 

Comme Watan n’était pas une louve alpha, elle n’avait pas pris d’autres compagnons en l’absence de Tarak. Ce dernier en fut très heureux car il était toujours amoureux d’elle, il la prit donc pour compagne, même s’il était à jamais hanté par le souvenir d’Alina.

 

Dans la meute il y avait d’autres loups, de un ou deux ans, que Tarak ne connaissait pas. C’était les enfants de Galor et Ika qui étaient né entre temps. Pour eux Tarak était un parfait inconnu, ils semblaient même vouloir le rejeter ! Mais une fois qu’il reprit du poil de la bête, sa force et sa taille lui permirent de se faire respecter.

 

 

Bientôt, des frictions commencèrent à apparaître entre lui et Galor, et ce dernier compris qu’il ne resterait pas chef de meute bien longtemps, compte tenu de la force de Tarak, et de l’expérience qu’il avait acquise en combattant tous ces chefs de meute durant son voyage.

De plus, toutes les épreuves qu’il a traversées, toutes ces souffrances qu’il a endurées, lui avaient forgé une force de caractère à toute épreuve.

Et puis il se souvenait de ce qu’il avait promis à Matsi, il fallait donc qu’il devienne l’alpha de la meute, qu’il se reproduise pour transmettre sa force que le vieux loup avait contribué à sauver. A elle seul, cette motivation aurait suffit à déplacer des montagnes !

 

 

 

Mais il y avait encore quelque chose qui trottait dans ça tête, un fantôme du passé : Balto !

Qu’est-il devenu ? Si les hommes avaient gardé Tarak vivant, il en était peut être de même pour son demi-frère ?

A un moment il caressa l’idée de partir à sa recherche, mais il y renonça avant même de commencer : C’était une tâche impossible, par où commencer ? Quelle direction prendre ?

Sans compter que maintenant il souhaitait devenir le chef de la meute et avoir des enfants avec Watan. Non, c’était complètement déraisonnable, même si cela aurait été possible. Il allait avoir trop de responsabilités pour se lancer dans une aventure aussi hasardeuse, il devait penser à sa meute en premier, et il devait aussi tenir ses promesses !

 

 

Mais qui sait, peut être qu’un jour…

 

 

FIN

AVERTISSEMENT : Si certains veulent s'amuser à reproduire ce qu'a subit Tarak dans cette fan fic (électrocution, passage à tabac, étranglement, noyade …), sachez que ce sont des choses à ne surtout pas faire, car extrêmement dangereuses… et mortelles.

Et il est totalement interdit de faire ça sur les autres, ou sur des animaux, vous risqueriez la prison !

 

Ce n'est qu'une fiction, que j'ais écrite en partie pour dénoncer la cruauté dont peut faire preuve l'homme envers les animaux (et en particulier les loups), aussi que les conséquences des ses actes irréfléchis.