Balto – Un avenir trouble
Cette fan fic est mon interprétation de ce qui pourrait se passer juste après la fin du premier film. Cela pourrait correspondre aux évenements entre Balto et Wolf Quest, bien que certaines incohérences puissent paraître si vous essayez vraiment d’etre logique…Enfin, lisez, un point c’est tout ! Et surtout, prenez votre temps !
Nome, 1925. Dans cette petite contrée d’Alaska, vient de se passer un grand événement qui allait changer l’image de cette ville à jamais. Suite à une épidémie de diphtérie, la majorité des enfants ainsi que beaucoup d’autre gens de la ville sont en quarantaine. Le seul médecin de la ville, dans l’incapacité de soigner les gens à cause du manque d’antidote, a fait appel aux villes voisines afin de rapporter une caisse de sérums anti-diphterique pour faire face à cette épidémie. Mais les plus proches villes sont à des centaines de kilomètres de là, et une tempète fait rage depuis quelques jours, ce qui a empêché le transport du sérum par voie aérienne et voie maritime. Un seul espoir reste : un attelage de chiens, qui a été envoyé pour chercher le médicament il y a quelques jours. Mais aux dernières nouvelles, les chiens se seraient perdus sur le chemin du retour.
Le télégraphiste venait d’éteindre la lampe torche qu’il avait allumé quelques jours auparavant pour aider les chiens à localiser la ville, et qui symbolisait également l’espoir qu’il restait pour ces enfants.
Espoir…
Tout à coup, au beau milieu de la nuit, des hurlements se firent entendre par delà la colline. Le bruit réveilla tous les habitants, qui se dépècherent d’aller dehors pour comprendre ce qui se passe.
Toute la ville se mit en ébullition. Alors que tout espoir pour les enfants de la ville semblait perdu, l’attelage de chien avait finalement parvenu à regagner Nome avec le médicament sain et sauf. Et personne ne s’attendait à ce que ce soit cet autrefois misérable chien loup qui réalise un tel exploit. Mais il n’y avais pas que les humains qui attendaient un miracle…
***
Balto et Jenna se tenaient face à l’hopital, où Rosy vient de se réveiller. Pour Jenna, c’était le plus merveilleux moment qu’elle n’avait jamais eu de toute sa vie : elle qui seulement quelque minutes auparavant avait perdu tout espoir, pensais Balto mort et qu’elle allait aussi perdre sa maitresse…c’était vraiment un grand soulagement.
De plus, il avait tenu sa promesse, et était revenu sain et sauf avec le médicament ; elle n’avait pas anticipé la chose, et ne savait pas comment exprimer ses sentiments. Elle lui fit un merveilleux sourire, avant tout pour le remercier, mais aussi pour lui faire comprendre qu’elle tenait à lui.
Balto, quand à lui, était tellement heureux qu’il ne sentait même plus la fatigue et aurait pu courir encore pendant des journées. Il était fier d’avoir pu aider Rosy et les autres enfants à guérir de leur maladie. Il ne s’attendait pas non plus à ce que la ville entière oublie leur rancœur et le prenne pour un héros, et cela le génais beaucoup. Mais par dessus tout, il était tellement heureux d’être là avec Jenna, qu’il aimait profondément, même s’il n’était pas sûr de ce qu’elle ressentait réellement à son égard. Il lui retourna à son tour un magnifique sourire.
Balto, tu es en retard…, lança Jenna.
Oh…Euh, Jenna, je suis désolé, je…
En souriant, elle répondit :
Je plaisante, voyons !… Ce que tu as fait, te voir ici, c’est… magnifique… J’étais tellement inquiète, tu sais…Steele est revenu seul, et nous as fait croire que tu étais mort, ainsi que tout l’attelage…
Jenna…je t’ai fait une promesse, n’est-ce pas ? Je suis heureux d’etre revenu à temps pour Rosy…
Pendant ce temps, les autres chiens de l’attelage regardaient la scène, et acclamaient Balto. Jenna et lui s’avancèrent à leur rencontre.
Balto, c’était vraiment super !. Je ne sais pas ce que nous aurions fait si tu ne nous avais pas aidé…, dit Nikki.
C’est vrai, ajouta Kaltag, nous te devons une fière chandelle ! Si tu n’avais pas été là, nous serions sans doute encore en train de geler sur cette montagne ! Tu es le plus rapide, le plus courageux, le plus intelligent, le plus déterminé, le plus…
Tu es super ! Lança Star en rigolant, qui ne pouvais pas se retenir…et il s’attendait à ce qu’on lui tape sur la tête. Au lieu de ça Kaltag, qui d’une certaine manière était résolu à ne plus utiliser la violence pour se moquer des autres, lui fit une simple tape sur l’épaule.
Je crois que nous te devons tous des excuses pour notre comportement envers toi…dit Nikki, la tete baissée.
Oh…Non, ce n’est pas la peine… C’est du passé maintenant, et vous vous deviez d’obéir à Steele en temps que chien de tête. J’aurais sans doute fait la même chose si j’avais été à votre place…
En parlant de Steele, où est-il passé ? Dit Jenna.
Et juste à ce moment, tout le monde jeta son regard de l’autre côté de la ruelle, et vit Steele se sauver furtivement de la salle des chaudières et se diriger en courant vers l’extérieur de la ville.
Eh bien, je crois qu’il n’est pas prêt à se reconcilier avec nous…Ca lui servira de leçon, dit Nikki.
Balto ne savait pas trop pourquoi, mais il pensait que ce qui arrivait à Steele n’était pas mérité ; même si Steele avait tout essayé pour l’empêcher de rapporter le médicament, au fond de lui même, il ne lui souhaitait pas de connaître la vie qu’il avait eu auparavant, en tant que fugitif rejeté par tout le monde.
Pendant ce temps, ses trois vieux amis, Boris et Muk & Luk, regardaient la scène d’un peu plus loin.
Venez, les enfants. On retourne au bateau, lança Boris.
Mais, et Balto…dit Muk.
Pas d’inquiétude, les enfants. Il a accomplit son destin, maintenant c’est à lui seul de choisir son avenir…, répondit Boris. Allez, venez !
Et les ours repartirent en destination de l’extérieur de la ville, tout en étant à la fois surexcités et remplis de bonheur par le retour de Balto, et tristes qu’il ne revienne pas avec eux.
***
La foule se dispersa progressivement. Balto et Jenna retournèrent devant l’entrée de l’hopital. Ils regardèrent l’aurore boréale dans le ciel, qui était toujours visible.
C’est tellement merveilleux…dit Jenna.
Oui, c’est une belle soirée, répondit Balto, tout en la dévorant des yeux.
Balto, je voulais te dire…Tu vois…quand je repense à la première fois que je t’ai vu…pendant cette course…puis nos autres rencontres…enfin…je voulais te dire que…je…
A ce moment, Rosy vint les interrompre, en leur apportant de la nourriture.
« Tenez, c’est pour vous deux ! Papa m’a donné ça.» , dit Rosy. « Je pense que vous le méritez bien, Papa et Maman m’ont dit tout ce que vous avez fait pour moi…Vous êtes les meilleurs chiens du monde ! Je vous adore !» Elle les caressa, puis les parents de Rosy l’appelèrent. « Amusez-vous bien ! », lança Rosy, puis elle retourna à l’intérieur de l’hopital.
Balto et Jenna comtemplaient les deux os qui étaient posés devant eux.
Prend-le, dit Balto tout en poussant son os vers elle. Je n’ai pas très faim…
Oh…ce n’est pas la peine de me mentir, je vois très bien que tu es affamé. Garde le, voyons, je n’ai pas envie de te voir t’écrouler de faim !
Bon…comme tu veux. Dans ce cas, je le garde pour plus tard, dit Balto, qui n’avais pas trop ça en tête pour le moment. Qu’est-ce que tu voulais me dire, au fait ?
Eh bien…fit Jenna. Leurs regards restèrent fixés pendant quelques secondes.
« Ca ! », dit Jenna, et avant même qu’il n’ai le temps de le réaliser, elle se frotta très fort contre lui. Ils fermèrent leurs yeux tous les deux et se laissèrent emporter par leurs désirs. Une larme coula des yeux de Balto ; après toute sa vie de souffrance passée vis à vis de tout le monde, humains ou chiens, avec pour seuls amis Boris et les ours, il avait enfin trouvé quelqu’un qui l’aime vraiment. Ils restèrent ainsi pendant quelques secondes, puis ils se regardèrent à nouveau.
Balto…J’aurais du m’en rendre compte plus tôt… Je t’aime tellement…
Celui-ci avait l’impression de réver, car même s’il aimait Jenna, il pensait qu’il se faisait des illusions en croyant que c’était réciproque, qu’elle pourrait vraiment aimer quelqu’un d’aussi différent. Et tout à coup, cette réflexion lui traversa l’esprit : il repensa à son héritage de loup, ce qui lui avais permis de réussir à remonter de cette falaise et à retrouver le chemin de Nome.
« Jenna…moi aussi… », répondit-il. Il hésita quelques instants, puis repris : « Mais… »
“Mais quoi ?”
“Je pense que je dois rentrer maintenant. “
“Pourquoi ne restes-tu pas avec moi et Rosy ? Je suis certaine que ses parents seraient prêts à t’accepter, maintenant…”
“Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée…Il faut que l’on prenne le temps de réfléchir à tout ceci. Et puis Boris et Muk & Luk doivent m’attendre, maintenant…Je ne peux pas les laisser.” (Note de l’auteur : après tout faut bien trouver une bonne excuse au fait qu’il vive encore sur son bateau par la suite…)
“Très bien. Si c’est ce que tu souhaites, alors vas-y. Mais promet moi de revenir ici dès demain matin, d’accord ?” , dit Jenna.
« Bien sûr…ce ne sera pas une promesse difficile à tenir ! », lui répondit-il. Ils se frottèrent l’un a l’autre une derniere fois, puis il commença à s’éloigner. Il prit son os entre les dents, fit quelques pas, se retourna, lui souria encore une fois, et enfin rejoignit à toute allure sa chère vieille carcasse de bateau, auquel il avait fini par s’attacher avec le temps.
***
Boris aurait parié à 1000 contre 1 que Balto resterait avec Jenna et qu’il habiterait désormais avec elle. Il s’était déjà fait une raison, que désormais il n’aurait plus à s’occuper de lui comme auparavant…et que s’il restait en ville, il ne ferait presque même plus partie de sa vie, puisqu’une oie n’est pas la bienvenue dans une ville. Les ours dormaient dans un coin, tandis que Boris s’était recroquevillé tristement dans la couverture de Balto. Une ombre vint le surprendre.
“Balto ! “cria Boris surpris en le voyant arriver. “ Que viens tu faire ici ? “
“ Eh bien, aux dernières nouvelles, j’habites toujours ici non ? “
“ Euh, oui bien sûr, ce que je voulais dire c’est : pourquoi n’es-tu pas avec Jenna ? “
“ C’est compliqué…nous avons besoin de faire le point. En attendant, je compte bien loger ici. “ En essayant de récupérer sa couverture : “ Tu permets ? “
“ Euh…oui, oui ! “, tout en enlevant ses pattes de la couverture.
Il s’apprétait à dormir, mais toutes ses pensées ne le lui permettrait pas. Il resta ainsi pensif, pendant quelques minutes, puis se décida à partager ses pensées avec son compagnon.
“Boris…tu sais, c’est grâce à toi que j’y suis arrivé. Si tu ne m’avais pas rappelé d’utiliser mes facultés dues a mon heritage de loup, je ne serais sans doute pas là actuellement.”
“ Mais le plus important, c’est que tout le monde soit sauf. Je suis fier de toi, tu sais… “
“Oui…cependant, je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gène…”
“Quoi donc ?”
“Non, laisse tomber”, répondit-il.
“Balto, tu sais bien que tu peux tout dire à moi…”
“Eh bien…on verra ça demain.”
“Oh, très bien, M. Le Borné ! Si c’est comme ça…”, fit Boris.
“Bonne nuit.”
“Humph…”
Bien qu’il ne le montrait pas, Boris était vraiment fier de Balto ; plus qu’un ami, c’était presque un fils pour lui qui l’avait elevé, et il partageait souvent ses émotions : heureux quand il est heureux, et dans le cas présent, aussi songeur que lui. « Bonne nuit…», chuchota-t-il doucement.
Le lendemain, une sensation rugeuse et désagréable vint réveiller Balto ; Muk & Luk étaient éveillés et emplis de joie lorsqu’ils virent qu’il était ici avec eux, et essayaient de le réveiller à grands coups de langue baveuse.
“Balto ! Balto ! Alors, tu restes avec nous, dit ? C’est super !”, dit Muk.
“Hein ? Euh, quoi ?”, dit Balto qui commençait à se réveiller. Il vit les ours, se leva, et eut juste le temps de bailler un bon coup, lorsqu’il vit quatre bras l’aggriper et le serrer. En se débatant un peu, il réussit à s’en sortir…
“Puisque tu es là, ça veux dire que tu restes avec nous ? N’est-ce pas ?”
“Euh…je n’ai encore rien décidé…Mais j’ai promis à Jenna d’aller la voir. A plus tard, vous deux !”, et il fila en se dirigeant vers la ville, avant que les ours n’aient eu le temps de parler davantage.
“ Oh…j’espère qu’il va rester “, dit Muk à Luk. “ Sinon, avec qui allons nous pouvoir jouer ? “…
***
La nuit fut paisible; toute la population semblait avoir été épuisée par les évènements passés, et était retournée se coucher peu de temps après l’arrivée du traineau en ville.
Quand Balto se réveilla, le soleil était déjà bien haut dans le ciel. “Je devais être plus fatigué que je ne le croyais”, se dit-il. Puis il se rappela : Jenna! Celle ci devait surement l’attendre. Il se leva de sa couverture; Boris et les ours n’étaient déjà plus sur le bateau. Il se dépêcha d’arriver en ville.
En arrivant dans la rue principale, il remarqua que la ville avait retrouvé le rythme d’avant l’épidémie; il semblait que tout le monde avait été guérit, puisque la pancarte “Quarantaine” n’était déjà plus sur la porte de l’hopital.
Balto trouva Jenna devant la charcuterie où celui-ci avait parfois l’habitude de se “procurer” de la nourriture. Lui rappelant de mauvais souvenirs, il se dépêcha de traverser de l’autre coté. Il avait les yeux rivés sur elle. “Qu’est ce qu’elle est belle”, pensa t’il. Il n’avait même pas fait attention que Jenna n’était pas seule, celle-ci discutait avec deux des ses amies, Silvie et Dixie. En les apercevant, Balto hésita un peu avant d’avancer, mais Jenna en le voyant, l’invita à les rejoindre.
“Ah! Balto, te voilà enfin! J’imagine que tu as pris le temps de te reposer, hum?”, dit Jenna. Il allait répondre, quand Dixie fit : “Alors, c’est toi Balto? Je ne crois pas qu’on se connaisse. Je m’appelle Dixie. Et elle c’est Silvie.”
“Enchanté de vous rencontrer”, répondit-il.
“Ainsi, il connaît les bonnes manières, finalement…Malgré ce qu’il est.”, chuchota Silvie à Dixie, comme si Balto n’était pas là.
“J’espère que je ne vous dérange pas”, dit-il.
“Oh, non, non, pas du tout. Nous étions juste en train de…”
“Faire des commérages, comme d’habitude”, fit Jenna en s’adressant à Balto.
“On peut dire ça comme ça. Alors, comme ça vous êtes ensemble, maintenant? Ca ne fait pourtant pas longtemps que vous vous connaissez.”, répondit Dixie.
“Non, c’est vrai. Mais nous n’avons pas eu besoin de beaucoup de temps pour bien nous connaître.”, dit Jenna.
“Mmm. Si ça avait pu être la même chose avec moi et Stee…”, mais Dixie ne continua pas la phrase, car elle se remémora les derniers évènements, qu’elle n’avait pas encore assimilé.
“Alors, vous pensez avoir des enfants?”, lança Silvie, qui n’avait pas vraiment de tact pour ces choses là.
Ceci fit sursauter Balto. Des enfants? Lui qui avait déjà du mal à se faire à l’idée que quelqu’un puisse l’aimer et l’accepter pour ce qu’il est…Il n’y avait tout simplement jamais pensé. Et cette idée l’effraya un peu. Jenna ne répondit rien, mais était génée.
“Tu imagines un peu la tête qu’ils auraient”, chuchota Silvie à Dixie en piaffant comme deux idiotes. Cette réflexion confirma simplement le doute que Balto venait d’avoir.
“Pourquoi pas?”, fit Jenna. “Mais…Je crois qu’on va vous laisser toutes les deux. A la prochaine!” Puis elle fit mine à Balto de l’accompagner.
“Balto, que penses-tu si on allait…je ne sais pas, pourquoi pas une promenade en ville?”
“Bonne idée”, répondit-il.
Jenna l’observait en silence. En réalité, elle se rendait compte qu’elle n’avait pas tellement l’habitude de le voir en plein jour. Tous ces évènements ne lui avait pas laissé le temps de l’apprécier. Lui, était plutot occupé par ses pensées, notamment ce que venait de dire les deux commères.
Quelqu’un appela à plusieurs reprises le nom de Jenna. “Jenna, c’est l’heure de déjeuner”, disait la voix. Elle reconnu la voix de ses maitres, et dit à Balto : ”Excuse moi, apparemment notre promenade est reportée…Mais tu peux venir, si tu veux?”
“Oh, eh bien…Non ça ira, je te rejoindrais plus tard. Je vais d’abord faire un tour”, lui dit-il.
“Bon, très bien. Alors…à plus tard! ”, dit-elle. Puis elle s’empressa d’aller rejoindre ses maîtres.
Balto s’avança un peu dans la ville, puis remarqua un groupe de chiens agglutinés devant ce que les humains appellent le saloon. Il reconnu tout de suite les chiens du traineau qui l’avaient accompagné.
“Ah, voilà notre héros!”, dit Kaltag. “Tu tombes bien, nous te cherchions! Les humains organisent une fète au saloon, afin de célébrer notre retour à Nome avec le médicament. Les chiens sont exceptionnellement autorisés à rentrer dans le saloon. Viens te joindre à nous! Nous allions justement entrer”.
“Eh bien, c’est que…”
“Oh, allez! Ne viens pas nous dire que tu as peur? Après tout ce qui s’est passé. Allez, viens!”
“Bon, d’accord. Je vous suis”, répondit-il.
Les chiens rentraient un par un dans le batiment. Un humain était posté à l’extérieur, et les regardait rentrer. Kaltag, Nikki et Star venaient de pénétrer à l’intérieur, et c’était au tour de Balto. L’humain, en le voyant, fut surpris : “Hep là! Mais, qu’est-ce que ce loup vient faire ici? Oh, allez ouste! Dégage de là !!!”
Il n’en fallut pas plus pour que Balto s’enfuit à vive allure du batiment. Les autres chiens furent consternés en voyant la scène et ne comprenaient pas ce qui venait de se passer. C’est alors qu’un autre humain interpela le premier : ”Eh mais! Qu’est ce que tu fais? Tu ne vois donc pas? Ce chien, c’est Balto, le meneur du traineau! Tu ne te rappelles pas?” Le premier répondit : ”Quoi, tu es sérieux?… Oh non, quel idiot…Il ne méritait pas ça, le pauvre…”
Mais c’était trop tard, Balto était déjà bien loin des lieux quand l’humain se rendit compte de son erreur.
***
Quelques minutes plus tard, Balto se décida d’aller voir Jenna. En passant devant la maison de Rosy, il l’aperçut en train de dormir. Mais elle n’était pas seule…à coté d’elle, il y avait un grand husky, de fourrure blanche.
Il commença à se poser des questions. Mais après ce qu’il venait de se passer, il préférait ne pas aller chercher plus loin, et encore moins s’approcher. Il décida de retourner sur le bateau, pendant quelques heures.
Pres de la plage, Balto reconnut les silouhettes de Muk & Luk. Mais le plus surprenant, c’est que ceux-ci n’étaient pas sur la terre ferme…mais dans la mer, en train de nager! Il s’approcha d’eux pour mieux les observer. Aparemment, ils avaient suivis son conseil, et avaient finalement décidé de repousser leur peur pour enfin apprendre à nager…Il s’aggripaient l’un à l’autre tout en remuant des pattes pour nager. Et ils semblaient plutot bien se débrouiller.
Ils s’apercurent tout à coup que Balto était sur les lieux. Ils tentèrent alors par réflexe de lui faire des signes. Mais le fait de détourner leur regard les fit basculer sur le coté, et sous les regards horrifiés de Balto, Muk écrasa Luk de tout son poids et ils coulèrent à pic…malgré tous leurs efforts pour se débattre.
Au bout de quelques secondes, Luk remonta à la surface. “Balto!”, cria t’il, “Aide nous! Muk a la patte coincée dans la vase!” Il n’attendit pas qu’on le lui dise deux fois, et s’empressa d’aller les rejoindre. L’eau faisait des remous à l’endroit où Muk était en train de se débattre pour remonter. Balto plongea à cet enplacement, et vit la patte arriere de Muk effectivement coincée dans un enchevetrement d’algues. Il s’en approcha, et donna un grand coup de machoire pour le libérer.
“Luk? Tu vas bien?”, s’inquiéta Muk. Il hocha de la tete pour lui répondre à l’affirmatif. “J’ai eu si peur pour lui…Balto, comment peut-on te remercier?”, demanda Muk.
“Ce n’est rien, vous en avez déjà fait autant pour moi…et même plus.” répondit Balto. “Mais ne vous découragez pas”, reprit-il, “je suis sur que vous allez y arriver. Il faut juste que vous preniez votre temps”
“D’accord, on n’abandonnera pas!”, cria Muk.
Apres cette mésaventure, Balto fit une petite sieste. Il ne pu s’empêcher de penser, que c’était encore une fois par sa faute si les choses avaient mal tourné. Enfin, après quelques heures, il se décida à retourner voir Jenna.
Il espérait fortement que le chien qu’il avait pu voir auparavant aurait disparu. Malheureusement pour lui, ce n’était pas le cas. Il ne s’approcha pas afin de rester caché, mais il voyait assez bien la scène. Le husky était toujours là, et tout près de Jenna. Dans son imagination, ce dernier semblait faire les yeux doux à Jenna…Balto resta sidéré en voyant ce spectacle. Les deux échangaient des mots, mais il était trop loin pour entendre quoi que ce soit. Il resta figé pendant quelques minutes, puis jeta ailleurs son regard.
En réalité, il ne fut pas tellement étonné par ce qu’il voyait. Tout ça était trop beau, alors qu’il pensait qu’il avait réussi à se faire accepter par tout le monde, qu’il pensait même que quelqu’un comme Jenna pouvait l’aimer, cette journée paraissait comme un retour à la réalité. Il fallait se rendre à l’évidence, maintenant que la maladie était passée, tout ce qui lui était lié avait également disparu. Les choses reprenaient là où elles s’étaient arrêtées.
Quelques instants après, Balto releva la tête. Le husky avait disparu. En regardant un peu autour de lui, il l’aperçut en train de se diriger vers l’extérieur de la ville. Balto allait faire de même, lorsqu’il entendut Jenna l’appeler. Malgré sa rancœur, il la rejoint. Celle ci semblait un peu surprise.
“Balto, tu en as mis du temps! J’avais fini par croire que tu ne viendrais pas. Alors, tu as vu des choses intéressantes, pendant que je n’étais plus là?”, dit Jenna.
“Oh, non, rien de particulier.”
Jenna reprit : “Balto, j’ai quelque chose à t’avouer…Il faut que je te…”
“Non, s’il te plait, je ne veux pas parler de ça.”, coupa Balto.
“Quoi? Mais…qu’est ce que tu racontes? Quelque chose ne va pas?”, répondit Jenna.
“Ne pose pas de questions. Je voulais juste te dire que…” Il s’arreta un instant, puis repris : “Non, laisse tomber. Il faut que je rentre.”
“Vraiment? Mais…tu viens justes d’arriver?”
Il ne répondit pas.
“Bon, eh bien dans ce cas, à plus tard”, dit Jenna, qui ne comprenait pas sa réaction.
Sans dire mot, il repartit en direction de son bateau. Jenna se doutait que quelque chose s’était passé pour qu’il réagisse ainsi, mais elle ne savait pas trop ce qu’elle devrait faire. Elle décida donc de le laisser tranquille pour le moment, et qu’elle tenterait d’en savoir plus le lendemain.
En grimpant sur le bateau, il vit Boris en train de laver le pont. Il fit en sorte de ne rien faire paraître, car il n’avait pas trop envie de parler. Mais ce n’était pas le cas de l’oie, qui en l’apercevant, savait que son comportement n’était pas habituel.
“Balto? Ne mens pas à moi, je vois qu’il t’es arrivé quelque chose. Tu n’es pas dans état normal.
“Boris…Ca va, je suis juste un peu fatigué.”
“Hum.” Boris savait que ce n’était pas la peine d’insister, il le connaissait trop bien pour savoir qu’il n’arriverait pas à lui faire entendre raison. Il continua donc son nettoyage, tout en l’observant de temps à autre.
Balto resta allongé, pensif, et ce durant plusieurs heures. Puis il se mit dans sa couverture et s’endormit.
***
Cette nuit là fut moins agréable que la dernière, et il ne cessa de faire des cauchemars de diverses sortes jusqu’à ce que le soleil daigne montrer ses premiers rayons. Il avait eu le temps de réfléchir à tout ce qu’il s’était passé, et avait décidé qu’il devait aller voir Jenna pour aller voir ce qu’il en est vraiment et lui raconter sa mésaventure au saloon. Qui sait, elle l’aimerait peut-être encore, au moins en tant qu’ami…
Il se mit en route, mais il dut s’arreter avant d’arriver au centre de la ville. Il venait d’entendre une voix l’appeler, une voix qui venait d’un coin sombre d’une ruelle. Il s’avança un peu, et vit qu’il s’agissait de Dixie. Celle ci paraissait quelque peu agitée.
“Balto, c’est bien ça? Il vient d’arriver quelque chose de grave…”
“Quoi? Que se passe t’il?”, répondit-il, un peu inquiet.
Pendant ce temps, Mel, qui passait dans le coin, s’arreta un instant pour les écouter.
“C’est Jenna…Nous sommes…” Elle reprit son souffle : “Nous sommes allées toutes les deux sur le Pic Glacé, et…Jenna est tombée dans un piège à loup.”
“….Oh…non…”, dit Balto choqué par ce qu’il venait d’entendre.
Mel ne s’était pas montré, et commençait à pousser des aboiements de terreur en apprenant cette nouvelle. Il partit l’annoncer à tout le quartier.
“Je lui avais dit que ce n’était pas la peine de m’accompagner…Tu vois, je voulais juste aller chercher quelques os que j’avais enterré là bas, au cas où, et elle a tenu à venir avec moi…On était sur le point d’arriver, quand elle s’est pris les pattes dans un piège…Elle m’a dit de venir te chercher…Balto, si tu l’aimes, il faut que tu ailles l’aider.”
En effet, malgré ce qu’il s’était passé la veille, il ne pouvait pas l’abandonner dans une situation pareille. Elle lui avait sauvé la vie auparavant, il était naturel que ce soit son tour d’aller sauver la sienne. “Il n’y a pas une minute à perdre. J’y vais!”
Quatre yeux regardèrent Balto courir à toute pattes vers la direction du Pic Glacé.
“Voilà. C’est ce que tu voulais, non?”, dit Dixie, en parlant à une ombre.
“Eh eh eh…C’est parfait. Bravo.”
Elle s’avanca vers l’ombre.
“Et…ma récompense?…”
Pas de réponse.
“Tu sais, je crois que je t’aimes toujours…”, repris Dixie.
L’ombre disparut en entendant ces mots.
“Humph. Quel rustre. Peut etre devrais-je finalement lacher le morceau...”, pensa Dixie. Puis elle quitta les lieux, comme si de rien n’était.
***
Le Pic Glacé n’était qu’à une heure de route de Nome. Balto était déjà arrivé à la moitié du chemin, quand il s’aperçut que le temps commençait à changer. Des nuages recouvraient le ciel, et un vent glacé se faisait maintenant sentir. Il se demanda si son départ n’avait pas été un peu trop précipité. Après tout, comment pourrait-il seul aider Jenna à sortir de ce piège? Peut-être aurait-il du d’abord demander à Boris ou aux chiens de la ville de venir l’aider. Mais il était trop tard pour faire demi tour. La vie de Jenna pourrait en dépendre. Jenna…Il se remémora tout à coup tous les instants passés avec elle. Sa première rencontre, lors de cette course; Rosy, perdant son bonnet, et lui se faufilant dans la course pour le lui rapporter; son regard…Il n’avait jamais vu quelque chose d’aussi beau de toute sa vie. Il se revit ensuite, tous les deux, sous l’hopital, dans la salle des chaudières. Il vit l’aurore boréale, et lui, qui ne pouvait détacher son regard. Jenna…Se pourrait-il vraiment qu’elle puisse l’avoir trompé ainsi? En réalité, cela lui importait peu dans la présente situation. Il fallait à tout prix qu’il la sorte de cette mauvaise passe.
Toutes ces pensées lui donnaient encore plus de volonté pour avancer le plus rapidement possible. Il remarqua qu’une tempete allait se préparer. Le vent avait changé de sens, et un froid glacial commençait à percer. Il continuait à avancer sur le chemin de forêt qui menait au Pic Glacé.
Soudain, il entendit des hurlements provenants de la forêt. “Des loups”, pensa t’il immédiatement. Il continua à avancer sans s’en soucier, mais les hurlements continuèrent. Tout à coup, il les vit. Au loin, une meute était rassemblée. Ils observaient Balto. Il semblait qu’ils l’invitaient une fois de plus à les rejoindre. Et une fois de plus, il tourna la tête en guise de “non”. Mais ce fut plus par habitude qu’autre chose. En réalité, après les récents évenements, il avait pris connaissance de son côté loup, et il venait à se demander s’il n’était pas ingrat de continuer à faire comme s’il n’en était pas un. Peut-être devrait-il un jour les aborder et leur apporter sa compagnie, juste une fois.
Mais ce n’était pas le bon moment. Il se hata et fit un effort supplémentaire pour accélérer l’allure. La tempête était maintenant sur lui. A cause du brouillard, il avait du mal à distinguer le chemin, et le vent venait de face, ce qui le freinait dans sa course. Mais il persévéra, et il parvint jusqu’au abords du Pic Glacé, en un peu plus de temps que prévu.
Il se demandait comment il allait trouver Jenna; peut-être pourrait elle l’entendre si elle est encore consciente. “Jenna!” Il l’appela aussi fort qu’il pouvait, dans l’espoir qu’elle lui réponde. Il l’appela à maintes reprises, tout en avançant jusqu'au sommet du Pic Glacé.
***
Mel se devait de raconter ce qu’il venait d’apprendre aux autres chiens de la ville. “Quel désastre, c’est une vraie catastrophe! Mon dieu, quel malheur!”, pensa t’il en gémissant. Il pensa que la meilleure solution serait d’avertir les chiens de traineaux, qui seraient les plus à meme d’aller porter secours. Il était sur le point d’arriver sur la place, où les chiens de traineaux sont habituellement rassemblés, lorsqu’il tomba nez à nez avec Jenna.
“Jenna?!?”, cria t-il.
“Euh…oui, c’est moi Mel, pourquoi?”
“Oh mon dieu! C’est terrible!”, gémissa t-il, en se protégeant la tete avec ses pattes.
“Quoi? Qu’il y a t’il?”
“Voilà! J’ai vu Dixie dire que tu étais coincée dans un piège sur le Pic Glacé! Quel malheur!”
“Dixie? Tu es sur de ça? Pourquoi aurait-il dit ça?”
“Je ne sais pas…Mais elle parlait à Balto. C’est affreux! Il est sans doute allé te chercher!
“Oh, non…” Les choses commençaient à s’éclaircir du point de vue de Jenna. Connaissant Mel, elle savait qu’il était du genre à exagérer les choses; en temps normal elle n’aurait pas accordé de crédit à ce qu’il venait de lui dire, mais après les dernières réactions de Balto, elle savait que quelque chose ne tournait pas rond. “Il faut que j’y ailles!”
“Mais, mais…” Elle ne laissa pas le temps au pauvre Mel de finir sa phrase. “Elle est partie aussi! C’est vraiment catastrophique!” pensa t-il.
Balto arriva tout en haut d’une falaise. Pas de trace de Jenna. Il commençait à se poser des questions. Il doutait que Jenna et Dixie se seraient écarté du chemin et auraient pénétré dans la forêt, or si Jenna était vraiment blessée, il l’aurait sans doute déjà aperçue. Même si elle serait parvenue à se dégager, il y aurait des traces de sang sur le chemin.
A ce moment, il entendit un bruit. Il regarda autour de lui, mais ne vit rien de particulier. Le bruit recommença. On aurait dit un ricanement. Il lui semblait qu’il connaissait cette voix.
“Steele ?!”, lança Balto, d’instinct, qui venait de réaliser que tout ça n’était qu’un piège.
“Oui…c’est bien moi.” Steele ne se montrait pas. “Tu n’avais pas le droit!”, grogna Steele.
“Quoi? Steele, tu es devenu fou?”, répondit Balto.
“Espèce de misérable…Tu m’as tout pris! Mon travail, ma fierté, mes amis,…ma vie! Mais tu m’as surtout pris ce qui comptait le plus à mes yeux…Tu m’as pris Jenna, et ça je ne te le pardonnerais jamais!”
“Steele…Je sais ce que tu ressens…”
“Oh non, tu ne sais pas. Car même si aujourd’hui je ne suis plus rien pour personne, j’ai toujours été le chien le plus célèbre et le plus adoré de toute la ville. Alors que toi…toi! Tu as toujours été un batard, un moins que rien. Et ça, ca ne changera jamais, tu ne peux rien y faire.”
Pour Balto, cette dernière phrase ne fit que remuer le couteau dans la plaie. Steele se cachait toujours. Balto avait beau le chercher, il n’arrivait pas à voir d’où provenait sa voix, et le vent l’empechait de le sentir.
“Rend toi à l’évidence. Elle ne t’as jamais aimé.”, lui jeta Balto.
“Elle apprendra à m’aimer. Cependant, avant que ce soit possible, il n’y a qu’une seule chose que je doive faire…”
Steele se tut. Balto avait deviné ses intentions, et il se préparait à le recevoir.
Cependant, Steele, qui était déjà très fort, semblait avoir décuplé ses forces dans son esprit de vengeance. Et bien qu’il l’ait anticipé, il écrasa Balto de tout son poids, et l’assomma sur le coup.
Balto gisait à terre. Steele avait choisi ce lieu pour une bonne raison : il y avait une falaise à proximité, et il avait l’intention de lui faire subir ce qui aurait déjà du lui arriver la première fois. Il agrippa la queue de Balto entre ses dents, et le tira de toutes ses forces en direction de la falaise. La tempête redoublait comme jamais, et le vent lui facilitait la tache en le poussant dans la bonne direction.
Lorsqu’il arriva au bord, Balto reprit un peu conscience. Mais à ce moment, il ne fit aucun effort pour retenir Steele. Après tout, celui-ci avait raison. Il n’était qu’un moins que rien, et ça ne changerait jamais; la veille le lui avait prouvé amplement. Il fallait qu’il se résigne; ce n’était plus la peine de lutter dans cette voie. A ce moment précis, plus rien n’avait de l’importance à ses yeux. La mort serait une solution bien plus simple à tous ses problemes.
Puis il repensa à Jenna. Celle-ci n’aimait pas Steele, c’était une évidence. Il allait sans doute recommencer à la harceler, puisqu’il n’avait toujours pas laché le morceau. Il revit la scène dans la salle des chaudières avec Steele. La vision de Steele tourmentant Jenna lui était insupportable; elle méritait beaucoup mieux que ça. Elle n’avait pas hésité à se défendre contre lui, mais le pourrait elle eternellement? Il ne savait rien de cet husky qu’il avait vu. Il était aussi possible qu’il se soit trompé à son sujet. S’il y avait un espoir qu’elle l’aime encore…Cette pensée fut celle qui fit changer d’avis Balto.
Steele avait amené Balto jusqu’au bord de la falaise. Il était plutôt étonné de remarquer que celui-ci n’opposait aucune résistance; il pensait l’avoir vraiment assommé pour de bon. Il s’apprêta à l’y jeter; et pour ce faire, il dût prendre son élan, en ayant toujours la queue de Balto dans sa gueule. Puis il fit un écart sur le coté, et finalement jeta un grand coup dans le sens de la falaise, dans l’intention de le balancer par dessus bord. C’est à cet instant que Balto fit un effort enorme et jeta tout son poids vers l’avant afin d’agripper la ceinture de Steele.
“Argh!” cria ce dernier, “Espèce de…”
Balto tenait dur comme fer la ceinture de Steele, mais il n’avait plus aucune prise sur le sol. La tempete continuait, et le vent tentait de pousser tous deux par dessus bord.
Steele jeta de grands coups dans le vide afin de se débarasser de ce colis encombrant, mais il tenait bon. Il se décida alors à sortir ses griffes et à lui donner des coups afin de lui faire lacher prise. Balto n’en fut pas victime, et réussit à se balancer d’un coté et de l’autre pour les éviter; mais il devenait urgent qu’il tente quelque chose pour se sortir de là.
Il eut alors une idée, qu’il jugeait risquée, mais au point où il en était… Balto lacha prise, et se rattrapa de justesse sur le bord de la falaise. Cela semblait être le moment idéal pour que Steele puisse enfin se débarasser de lui. Steele voulant faire durer le plaisir, il prépara son coup pendant quelques secondes.
C’est alors que Balto reprit son souffle, et se mit à hurler tel un loup. Ce n’était pas la première fois qu’utiliser ces facultés lui permettaient de lui sauver la vie. Et ce ne sera pas la derniere.
En effet, Steele ne s’y attendait pas, et manqua son coup. Balto en profita pour mordre une des pattes de Steele, qui sous la douleur et la surprise, bascula en arriere. Et la force du vent fut telle que Steele, croyant pouvoir retomber sur ses pattes, perdit l’équilibre. Il tomba de la falaise.
Aussi bien pour l’un que pour l’autre, c’était une situation qu’ils avaient déjà vécu auparavant. La tempete s’intensifiait, mais Balto eut assez de forces pour remonter et etre tiré d’affaire. Il eut le temps de voir Steele chuter en contrebas. Il lui était assez difficile de le voir, car le brouillard était très épais, et de plus, cette falaise était bien plus haute que la précédente. Ce fut la raison pour laquelle contrairement à la dernière fois, Steele ne fit pas mine de se relever.
Balto l’observait depuis le haut de la falaise; mais il n’arrivait pas à le distinguer très nettement. Il fallait qu’il le voie de plus près. De toute façon, après une chute pareille, Steele ne serait sans doute plus en mesure de lui nuire. Il emprunta un chemin sur le coté, qui menait jusqu’en bas.
En arrivant, il découvrit Steele gisant à terre, la gueule ouverte. Se pourrait-il que?…Non…Il s’approcha lentement. Balto se pencha au dessus de lui. Steele ne respirait plus. C’était fini.
Balto ne pouvait pas croire ce qui venait de se passer. Il ne pouvait pas croire qu’il avait ainsi pu…tuer Steele. Et il ne pouvait pas croire que sa vie valait plus que la sienne. “Je l’ai tué…je l’ai tué…”, se répéta t-il mentalement. Il espérait que Steele se remettrait d’applomb, et resta ainsi sans bouger pendant quelques minutes. Mais rien, c’était bel et bien terminé pour lui. Comme si même le temps avait été contre lui, la tempete s’était terminée, et les nuages commencaient à se disperser dans le ciel.
C’est alors que Jenna arriva sur les lieux. Elle avait déjà saisit que tout cela n’était qu’un piège de Steele, et quand elle les vit tous les deux, avec Balto penché sur Steele gisant au sol, elle fut de suite soulagée que l’inverse ne soit arrivé. Cela n’empêcha pas qu’elle jeta un regard horrifié en réalisant ce qu’il venait de se passer. Balto capta ce regard; honteux qu’il était après ce qu’il venait de faire, il n’aurait pas pu trouver les mots qu’il faut pour parler à Jenna; et de toute manière, il n’aurait pas voulu chercher d’excuse devant elle. Il n’y avait aucune excuse valable pour ce qu’il avait fait. Il fuya les lieux du crime.
“Balto! Non, attend!”, cria Jenna, completement bouleversée par les évenements. Le voir ainsi lui déchirait le cœur. Elle qui pensait qu’après tout ce qu’il avait fait pour la ville, il serait enfin considéré pour ce qu’il était au fond de lui, elle était déchirée de le voir dans un pire état qu’avant même le début de l’épidémie.
Balto fuyait à toute allure. Il ne savait pas exactement où il allait, mais il courrait, car c’était la seule chose qui arriverait à l’occuper. Il aurait tout fait pour remonter le temps et revenir un ou deux jours avant…A ce moment précis, il ne savait meme pas s’il devrait retourner sur le bateau. Comment pourrait t’il expliquer à ses compagnons ce qu’il se venait de se passer? Et il ne voulait pas se trouver d’excuses ni mentir. Néanmoins, il se décida quand même à y retourner. Il n’avait pas sa place nulle part, et ce refuge resterait encore le meilleur endroit qu’il lui reste.
Occupé par ses pensées, il venait de traverser la foret, et aperçu au loin la même meute de loups qu’il avait pu voir une heure auparavant. Ceci l’amena à une nouvelle réflexion. Et si c’était le bon moment? Devrait-il finalement se joindre à eux, lui qui avait toujours renié jusque là son appartenance à la race des loups? Cette solution s’offrait à lui comme une opportunité. Il s’arreta un instant de courir. Les loups n’avaient aucune idée de tous les evenements qu’il venait de se passer. Ils vivaient à l’écart, dans leur propre monde. Et ils l’avaient invité de nombreuses fois à les rejoindre. Oui, cela paraissait une bonne solution…même la meilleure.
Cependant, il pensa qu’il lui faudrait encore un peu de temps pour y reflechir, car ce n’était pas une décision qui se prend à la légère. En retournant sur le bateau, il pourrait prendre son temps de réfléchir à tout ça. Il se remit en route, mais garda cette idée bien ancrée dans sa tête.
***
Boris faisait une sieste sur le pont. A peine fut il monté sur le bateau, que Balto se dépecha sans dire mot d’accéder à l’intérieur de la cabine, là où il serait le plus tranquille. En effet, il y avait une petite porte en bois, et il ferma de la patte le loquet de cette porte. Boris sortit de sa sieste, et fut plus qu’etonné de sa réaction. Balto ne fermait jamais cette porte, ou en de très rares occasions. Il devait avoir une bonne excuse pour le faire, et Boris inquiet s’empressa d’aller lui parler.
“Balto? Qu’est ce qui arrives à toi?“
“…Boris…Je ne peux pas te le dire…”
“Comment ça, tu peux pas dire?…Ecoute, quoi qu’il ai pu arriver, il faut toujours dire à quelqu’un. Est-ce si grave, que tu ne veuilles meme pas laisser rentrer moi?”, fit Boris.
“…Oui. C’est grave…Boris, s’il te plait…Laisse moi.”
“Non Balto, je ne laisserais pas toi comme ça. S’il te plait, dit au moins à moi ce qu’il s’est passé!”
“…Très bien. C’est simple. Steele…est mort. Je l’ai tué.”
“Quoi?!” Boris était en fait presque soulagé qu’il s’agisse de ça.
“Eh bien, tu vois bien que ce n’était pas si grave que ça…” reprit Boris.
“Boris, tu ne comprend pas? Je l’ai tué! Et s’il n’y avait que ça…Tout le monde se moque de moi. Humains, chiens…Je n’ai pas ma place ici. Je…je dois partir d’ici.”
“Partir? Mais…mais où?”
“Je vais… rejoindre ceux que j’ai toujours renié.”
“Tu n’es pas sérieux? Tu veux rejoindre
...les loups?…”
“…Ce sera mieux…pour tout le monde.”
“Mais…mais…tu ne peux pas! Tu oublies tous ceux qui t’aiment, ici!”
“Qui donc?…Boris, tu es bien le seul…”
Boris ne savait plus quoi dire. Il fallait qu’il trouve un moyen de le convaincre de rester, et vite! Il s’éloigna un peu pour penser à tout ça, et soudain, il tomba nez à nez avec Jenna.
“Jenna! Tu arrives à bon moment! Ou plutot, très mauvais moment…Balto est devenu fou! Il veut partir d’ici et faire sa vie avec les loups!”
“Oh…non…C’est encore pire que ce que j’imaginais…”
“Tu es seule personne qui puisse encore le convaincre de rester! Il faut l’empêcher de commettre grosse betise!”
“Ou est-il?”, dit Jenna, affolée par la situation.
“Dans la cabine, il s’est enfermé…”
Jenna se positionna devant.
“Balto?…”
Il n’y eut pas de réponse.
“Balto, je sais que tu m’entend… Ecoute…J’ai vu ce qu’il s’est passé. Mais, il ne faut pas que tu te sentes coupable…C’était un accident!”
“Jenna…”, dit Balto avec une voix à peine audible, “Ce n’était pas un accident…C’est ma faute s’il a fait cette chute. Tout est ma faute.”
“Non…”
Pendant qu’ils parlaient, Jenna cherchait un moyen de rentrer dans la cabine.
“Ecoute moi”, reprit Jenna. “Que ce soit un accident ou non, Steele t’avait tendu un piège. Et reconnaît qu’il n’était pas l’être le plus chaleureux du monde…”, dit Jenna. “Balto…peux tu me laisser entrer?”
“Non…il ne faut pas. Je…Je pourrais changer d’avis, et je ne veux pas. Je ne dois pas rester ici…”
“Pourquoi? Balto, que s’est il passé d’autre? Dis-le moi…je t’en prie.”
“Jenna…s’il te plait…Part, il faut que tu vives ta propre vie. Tu n’as pas besoin de moi…”
“Bien sur que si, j’ai besoin de toi…Comment peut tu croire ça?…”
Jenna avait beau chercher, elle ne voyait aucune issue qui lui permettrait d’entrer.
“Balto…je…je t’aime, je ne te laisserais pas commettre cette erreur. S’il te plait…je dois te voir…ouvre moi.”
Il ne répondit rien; en réalité, il ne savait plus trop où il en était. Il pensait néanmoins que sa décision était la bonne, et qu’il ne fallait pas qu’il en change.
“Si tu ne m’ouvres pas, et bien…je resterais là. Je ne partirais pas…Je ne quitterais pas ces lieux sans t’avoir vu…Je…Balto…Je t’aime trop pour te laisser…Je…” Elle ne pouvait résister plus longtemps, et des larmes coulèrent de ses yeux. Elle pleura comme elle ne l’avait jamais fait, et n’arrivait même plus à parler pour exprimer ce qu’elle souhaitais lui dire.
Ce fut la goutte qui fit deborda le vase. Balto réalisa tout à coup que jusque maintenant, il n’avait pensé qu’à ce qui le concernait, comme un égoiste. Comment pouvait-il la laisser pleurer de telle façon, alors qu’elle lui demandait simplement de le voir? C’en était trop. Il se sentait monstrueux, mais laisser Jenna dans un tel état le serait encore plus. Il tira le loquet.
Il s’approcha d’elle, doucement car il ne savait pas trop comment l’aborder. Perdue dans ses pleurs, Jenna venait de le remarquer. Elle se précipita vers lui, comme par peur qu’il s’en aille, et se frotta à lui.
“Balto….merci….”
“Jenna…Je ne voulais pas te faire pleurer…J’ai honte…”
“Ne t’inquiete pas pour ça. La seule chose importante…c’est que tu sois là. S’il te plait…dis moi que tu vas rester avec nous.”
“Jenna…si c’est ce que tu souhaites vraiment, alors, oui. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi. Mais…cela ne changera rien pour les autres…”
“Mais…De quoi parles-tu?”
“Eh bien…De tes amies…”
“Dixie, Silvie?…Ne t’inquiete pas pour elle, c’est un jeu pour elle de critiquer les autres.”
“Oui, mais pas seulement…Les humains, aussi, ne veulent toujours pas de moi…”
“Quoi?… Mais non, c’est faux, je peux te l’assurer…”
“C’est pourtant la vérité. L’un d’entre eux m’a chassé. Et je n’avais rien fait…”
“Il s’agissait probablement d’un accident…Je t’assure…fais moi confiance.”
“Mais…Ce n’est pas tout…Peux tu me dire…pourquoi, toi aussi?…”
“Je ne comprend pas…Que veux tu dire?”
“Je t’ai vu, hier…avec ce husky…”
Les morceaux commencaient à se recoller plus clairement dans l’esprit de Jenna.
“Oh non…Ne me dit pas que…tu as cru que…?”
Balto fit un regard qui confirma les soupçons de Jenna. En comprenant enfin le fin mot de l’histoire, elle lui fit un sourire pour le rassurer.
“Ce husky que tu as vu, c’était…mon frêre.”
“…Ton frêre?….”
“Oui. Mon frêre Toki. Cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas vu…Il habite à Iron Creek, à quelques dizaines de kilometres d’ici. Son maitre est médecin. Bien que n’ayant pas non plus d’antidote, il s’est empressé de venir quand il a appris au sujet de la maladie, et Toki en a profité pour venir voir si j’allais bien.“
“…Oh…c’était donc ça…”, dit Balto, à la fois honteux et heureux de la nouvelle. “Je ne suis qu’un idiot…j’aurais du comprendre…”
“Non, ne pense pas ça. Je pense que si j’avais été à ta place, j’aurais tiré moi aussi des conclusions trop hatives, dans cette situation.”
“Mais…pourras-tu me pardonner?”
“Balto…la question ne se pose même pas.” Elle lui lécha le visage, comme pour lui faire un baiser. “Je t’aime…J’ai tellement eu peur de te perdre, tout à l’heure…”
“Jenna…Moi aussi, je t’aime…Je t’aime tellement…je ne te mérite pas.”.
“Bien sur que si…Désormais, je ne veux plus jamais te quitter…Je veux prendre soin de toi”, répondit Jenna.
Il fit un petit rire. “Non! C’est à moi de prendre soin de toi!”
Ils se fixèrent ainsi, pendant quelques instants.
“Viens”, fit Jenna, “suis moi”.
Il allait lui demander où, mais cela importait peu; car à cet instant, Balto aurait suivi Jenna jusqu’au bout du monde. Ils quittèrent le bateau, et partirent en direction de la ville. Boris avait observé toute la conversation sans se montrer, car il n’avait pas jugé bon d’intervenir. Il ne pouvait être plus heureux de voir cette histoire s’était finalement bien terminé.
Le soleil s’était déjà couché depuis un bon moment, et une pleine lune luisait dans le ciel. Jenna ne mentait pas, lorsqu’elle disait qu’elle ne le quitterait pas, et elle resta collée à lui tout le long du chemin. Ce qui n’était pas pour lui déplaire. Aussi bien l’un que l’autre n’avaient rarement été aussi heureux de leur vie.
Jenna se dirigeait en direction du centre de la ville. Elle passa devant l’hopital, et s’engagea dans la salle des chaudieres. Cela ne manqua pas de leur rappeler quelques souvenirs. Il n’y avait qu’un seul chien dans la piece. En entrant, Balto reconnu le husky qu’il avait pu voir, en train de dormir dans un coin.
“Psssit! Eh, reveille toi!”, fit Jenna.
“Mmmmm?! * baillement * Euh, c’est toi Jenna?”
“Oui, j’ai quelqu’un à qui je doit te présenter.”
“Oh! Ne serait-ce point…Balto?”
“Enchanté…”, répondit-il, “Tu doit donc etre Toki?”
“Oui, c’est bien ça. Je suis ravi de te rencontrer! Ma sœur m’a tellement parlé de toi, tu sais!”
“Vraiment?”, fit-il en souriant à Jenna.
“Oui; et si ce qu’on dit est vrai, je crois que tu la mérite vraiment, pour tout ce que tu as fait pour la ville. Je te souhaite la bienvenue dans la famille!”
“Eh bien…je ne m’attendais pas à ça…c’est très gentil à vous…merci! Je promet de prendre bien soin d’elle.”
“Je n’en doute pas.” Répondit Toki, “Excuse moi, je voudrais bien continuer à parler, mais…* baillement * Il faut que je fasses un somme…Hum, à demain?”
“Sans problème!”, fit Balto.
“Dors bien!”, rajouta Jenna.
Balto & Jenna sortirent dehors.
“Et maintenant…que fait-on?” dit Balto.
“Regarde…la lune. N’est elle pas magnifique?”
“Oui, c’est vrai…C’est merveilleux.”. “Mais pas autant que toi”, rajouta-t’il.
“Oh…Balto, toi aussi tu es magnifique. Tu sais…Si tu n’avais pas été là, je ne sais pas ce que je serais devenue…Quand j’ai compris que Steele t’avais tendu un piège, j’ai vraiment eu peur qu’il t’arrive malheur.”
“Vraiment?…Mais, Steele…ne méritait pas de mourir. Personne ne le mérite.”
“Je sais. Mais tu ne dois pas te sentir coupable. S’il n’avait pas été aussi dérangé, cela ne lui serait jamais arrivé…”
“Dis, Jenna. Tu penses qu’il nous entend, de là haut?”
“Peut-être…”
“Très bien. Alors…” Balto leva la tete vers le ciel. “Steele, si tu m’entend…Sache que je regrette que tout se soit terminé de cette façon. Je sais que tu avais tes motifs, et qu’ils pouvaient te sembler justes à tes yeux. Tout ce que je souhaite, c’est que tu sois plus heureux là où tu es. Je sais que tu tenais au moins autant que moi à Jenna, et je peux donc au moins te garantir que je ferais tout mon possible pour la protéger et la rendre heureuse…Pour toujours…Adieu…”
“C’est très beau, ce que tu viens de dire, Balto…”, dit Jenna.
“Jenna, je me demandais…Tu sais, ce dont avait parlé Silvie…A propos du fait d’avoir des enfants.”
“Est-ce que cela t’inquietes?”
“Eh bien…je ne sais pas…Il y aurait des chances pour qu’ils ne soient pas…Enfin, tu vois ce que je veux dire…Ce qu’il y a, c’est que je ne voudrais pas qu’ils connaissent la même enfance que moi…”
“Ce n’est pas grave. Maintenant, nous avons tout notre temps pour penser à ça. Pour le moment, je souhaite juste être avec toi…C’est tout ce qui m’importe.”
Ils s’enlacèrent l’un contre l’autre.
“Jenna…merci…”
“Merci à toi d’être là…”, fit Jenna.
Cette nuit marqua la fin absolue de l’ère de tourmente qu’avait connut Balto depuis le début de sa vie. Et jamais il ne regrettera d’être resté parmis ceux qu’il aime vraiment…
FIN