Malara. Et toi ?
- Mytis, murmura l'inconnue dans un souffle.
Elle tenta de se relever, et Malara préféra l'aider, car elle semblait perdre l'équilibre.
- Qui es-tu ? Oh, mais tu es blessée !
- Ce n'est rien ... Quelques égratignures que m'ont causés ces hyènes ...
- Je vois ça.
Mytis grimaça de douleur et s'assit.
- J'ai perdu ma famille très tôt, et elles m'ont elevées loin, derrière le desert. C'est là que j'habitais jusqu'à il y a environ quelques heures.
- Que s'est-il passé ?
- Je crois qu'elles projetaient de tuer encore un autre lion d'ici ... La mère de la reine, je suppose ... Mais j'en ai eu assez ces assassinats pour une vengeance qui ne signifie plus rien. J'ai été tout simplement ejectée, et traînée jusqu'ici.
Le sang de Malara ne fit qu'un tour : La mère de la reine ? Les hyènes, après Sarafina, voulaient s'occuper desormais de Nala ?
- Il faut que tu viennes avec moi ! s'écria précipitamment la fille de Kiara
- Non, s'exclama à son tour Mytis, non ! Les hyènes pourraient me retrouver encore. Elles me reservent encore peut-être quelques tortures ... Il ne vaut mieux que tu ne sois pas dans les parages à ce moment-là.
- Mais tu ne comprends pas, la mère de ...
- Je m'en voudrais qu'il arrive quelquechose à celle qui m'a si généreusement aidé. Nous nous reverrons probablement.
Et, sans laisser le temps à Malara de prononcer le moindre mot, Mytis disparut dans les fourrets.
***
- Oh, papa ...
- Tu es mon digne heritier.
Le discours s'était achevé à l'intérieur de la grotte du Rocher aux Lions. Toutes les lionnes, ainsi que Timon, Pumba, et Zazu, s'empressèrent de féliciter Mûo. Simba et Nala se regardèrent avec mélancolie : Et Malara ? Kiara jeta à son compagnon un regard assassin, ce dernier ne cherchant pas à le croiser. Gréd tentait tant bien que mal de dissimuler sa rage, ce que ses parents, Vitani et Borko, lui intimait silencieusement de faire.
Puis, à l'entrée de la grotte, apparut Malara. Elle savait qu'elle avait raté la fameuse et mystérieuse petite cérémonie que son père préparait depuis quelques semaines. Mais toute chamboulée qu'elle était, elle n'y prêtait guère attention. Elle se précipita vers lui.
- Papa, oh papa je ...
- Tu ne t'excuses même pas ?
Kovu avait un regard dur, mais parlait calmement ; Mûo, gêné par l'arrivée de sa soeur, baissa la tête ; les autres regardaient à présent tour à tour Kovu et Malara.
- Je suis desolée, mais j'ai ...
- Ton frère monte sur le trône. Je l'ai designé comme mon successeur.
- Pardon ?
Stupéfaite, Malara chercha le regard de son frère, mais celui-ci l'évitait avec précaution, ce qui accentuait le désarroi de la jeune lionne.
- Tu es egoiste, persifla Kovu, tu pourrais au moins féliciter ton frère !
La dureté des traits de Kovu sembla se répandre soudainement sur ceux de Malara. Elle tourna lentement son regard vers son frère, que ce dernier ne pouvait vraiment plus eviter.
- Félicitations.
La voix, froide et basse, retentit dans le silence pénétrant de la grotte.
- Excuses-toi, commanda Kovu.
- Non.
- Excuses-toi.
- Non, répéta t-elle avec patience.
- Comment ?!
Le roi semblait vraiment sur le point de s'enerver. Mûo préféra se tapir dans le fond de la grotte.
- Tu ne veux pas savoir ce qui m'est arrivé au dehors ?! s'écria la princesse.
- Je n'en ai rien à faire, vociféra son père, tu es en retard.
- Je ne l'ai pas fais exprès.
- Bien entendu, tu ne le fais jamais exprès, n'est-ce pas ?
Malara songea immédiatement à Sarafina, et son aversion pour son père n'en fut que plus grande.
- Je suis ton père, et tu te dois de m'obéir.
- Rassures-toi : tu n'es plus mon père.
Des exclamations retentirent ça et là, et Zazu, les yeux exorbités, avait son bec démesurément ouvert.
- JE N'AI PAS DE PERE, JE N'EN AI JAMAIS EU ET JE N'EN AURAIS JAMAIS !
Malara courut au dehors de la grotte, et s'élança dans l'obscurité. Kiara, les larmes au bord des yeux, s'élança derrière sa fille, mais il était trop tard : elle n'était plus là.
- MALARA, MALARA !
Les cris de desespoir de la mère resonnèrent à l'infini. Le vent les emporta au loin, mais n'ammena aucune réponse.
- MALARAAA !!
Kiara éclata en sanglots.
- Re ... Reviiiens ...
Vitani et Nala s'approchèrent d'elle, mais elle se précipita sur Kovu et le giffla de toute sa puissance, de sa patte avant droite. De nouvelles exclamations etouffées retentirent lorsque l'on s'apperçut que Kiara n'avait pas rentré ses griffes. La joue de Kovu était sanguilonente, mais il ne chercha pas à se défendre. Kiara partit en pleurant au fond de la grotte, suivie de près par sa mère et son amie.
- Gréd, reviens !
Mais il était trop tard : Gréd n'écouta pas son père Borko et s'élança, lui aussi, dans l'obscurité de la nuit ... Il revient quelques heures plus tard, penaud et n'ayant pas retrouvé Malara. Il évita soigneusement Kovu.
***
- C'est parfait, vraiment parfait !
Zira était revenue depuis un petit moment, et elle était en véritable extase.
- C'est mieux que tout ce que j'avais imaginé ; Malara a quitté le cocon familial !
- Je pourrais plus aisément m'en faire mon amie.
Mytis, de retour sur les Terres Interdites, se lèchait la patte.
- Tu n'as rien dis sur notre lieu d'habitat ?
- J'ai dis que les hyènes vivaient bien au delà du desert.
- Parfait. On ne sait jamais.
- J'irais à sa rencontre demain.
- N'hésites pas à là tourmenter s'il le faut.
- Sois sans crainte, sourit Mytis, tu n'as vraiment aucun souci à te faire là-dessus ...
A SUIVRE
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