des autres. Je trouve impressionnant que tu ais pu me pister et me retrouver dans la journée.
Ne te la joues pas trop, j'ai deux trois atouts de mon côté. As tu déjà passer une partie de ton enfance à chercher ta nourriture?
Peut être pas l'enfance, mais je me suis retrouvé à manger des dattes dans le désert.»
Pendant leur conversation, Vitani continuait d'observer Kopa dans son intégralité. En deux trois ans, si ce n'est plus, il a radicalement changé. D'un tempérament jovial dans sa jeunesse, il est devenu quelqu'un au visage que quelque chose a rendu inexpressif, il y a longtemps. Ou pas si longtemps que çà :
«Qu'as-t-il bien pu t'arriver durant tout ce temps? L’interrogea Vitani. Est ce que ce Meytak a eu une mauvaise influence sur toi? Lui lança-t-elle l'air moqueur. Et justement, en parlant de lui, toi qui l'a fréquenté durant ta jeunesse, tu n'aurais pas par hasard quelque chose à dire à son sujet? Car tu vois, nous en savons peu sur lui. Par exemple, quels sont vos intentions à toi, lui et votre clan de par delà le cimetière d'éléphant?
Donc tu es au courant. Soupira Kopa. D'accord tu as gagné. En effet, il se trouve que les chefs du clan qui m'a recueilli ont des vues sur la terre des lions.
Et pour quelles raisons? L'interrompit Vitani.
A part la promesse que une fois là bas tout ira mieux, ils ne nous disent rien. Ils sont du genre, réservés.
D'accord, donc cela ne mène à rien. Et pour en revenir à Meytak? Tu as peut être quelque chose à dire à son sujet?
Je... Laisses le, d'accord? Il n'a pas besoin d'être tourmenté plus qu'il ne l'est déjà.
Ne t'inquiètes pas. Lui lança-t-elle avec un sourire rieur. Son amnésie s'en est chargée pour lui.»
Le flegme de Kopa vira soudainement à une expression d'effroi. Ayant trouvé une ouverture, ce dernier s'élança pour s'échapper. Mais Vitani l'intercepta au vol in extremis :
«Dis donc, tu crois aller où comme çà.
Lâche moi. Hurla Kopa en tentant de se délivrer, sans succès. Je dois partir sur le champs.
Non tu n'ira nulle part. Tu ne crois quand même pas que je vais offrir à ton clan, l'opportunité de tuer Minaï. Parce que j'ai des soupçons à leur sujet, et à vrai dire, il n'y avait pas besoin de chercher loin.
Je me fiche de la princesse, je dois parler de l'état de Meytak aux chefs. Si ils continuent de penser que Meytak a déserté, à la première seconde où ils le verront, ils l'exécuteront.»
Vitani, agacée par des paroles que Kopa était le seul à comprendre, le plaqua au sol et lui grogna à l'oreille :
«J'ai une meilleure idée, tu t'assieds et tu me racontes se qui se trames, où je te jure que tu cas passer un sale quart d'heure.
Alors Kopa, cédant à la pression accepta de tout raconter à Vitani. Ils se posèrent et l'ancien prince lui raconta tout ce qu'elle voulait savoir. Après son discourt, cette dernière récapitula :
«Donc si j'ai bien compris, les anciens de ton clan ont fait un échange avec le clan de Minaï. où les personnes échangées étaient la fille de votre ancien chef, remplacé par son fils peu après sa mort, et Nasem, votre maître, à Meytak et à toi.
Oui, et ce qu'il s'est passé, c'est qu'elle a eu un enfant avec le chef du clan des montagnes, et que l'on a appris sa mort peu de temps après. Du coup, le fils rongé par le chagrin nous a enrôlé dans un massacre que l'on nomme ''la nuit des crocs sanglants''. Beaucoup d'entre nous le supportent mal. C'est la raison pour laquelle il est mieux pour Meytak qu'il ne se souvienne pas de tout justement, surtout qu'il s'est rapproché de la lionne.
Et donc s'il se souvient du crime qu'il a commis... Reprit Vitani.
...il risque de s'en vouloir au point de déserter pour de bon, acheva Kopa.
Et donc tu crains qu'il se fasse tuer en restant chez nous. Pourtant je ne vois pas en quoi nous devrions avoir peur de tes amis de là bas.
Pourtant tu devrais.
Et pourquoi cela?
Si les négociations avec ton clan se passent mal – ce qui signifie donc une déclaration de guerre entre la terre des lions et mon clan – ils enverront les spectres, et je peux t'affirmer une chose : ce sont des monstres, même pour des lions comme Meytak et moi. Ils ont enduré des supplices bien pires que tout ce que nous avons vécu durant nos expéditions, traversé des déserts en empruntant des trajets hors des sentiers battus, gravis des montagnes jusqu'à ce qu'il n'y ait quasiment plus d'air à respirer. Ils ont défié la mort elle même et sont les membres du clan les plus dévoués. Il sont la raison pour laquelle on est partis se battre dans les montagnes, la raison pour laquelle personne ne s'est jamais rebellé, et pour les battre, il n'y a qu'une solution.
Et cette solution, c'est d'en attaquer un à trois de manière synchrone.
Comment le sais tu? Fit Kopa surpris.
Bah, l'intuition féminine. Tu m'en diras tant.»
Les deux amis d'enfance rirent de cette remarque, ce qui permit de détendre l'atmosphère. La tension relâchée, ils s'allongèrent pour regarder le ciel. Après un long instant à ne rien faire, Vitani se mis à repenser à la conversation. Soucieuse elle, demanda à Kopa :
«Est-ce que tu est mon allié dans cette histoire?
Vu la tournure que prennent les événements, je pense que Meytak et moi on peut être des atouts qui joueront en votre faveur, mais ne t'avances pas trop. Si ça tourne au vinaigre, vous ne m'aurez pas de votre côté. Je veux juste récupérer Meytak et le ramener chez nous.
Oh. Alors tu as vraiment coupé les ponts, n'est-ce pas ?
Bien sûr que je les ai coupé. Cette vie n'était plus la mienne depuis que je suis passé par le cimetière.
* * *
Minaï et Meytak étaient en train de dormir, lorsque un bruit de fond semblable à une dispute les réveilla. Les deux posèrent leur regard dans celui de l'autre, puis après cet échange muet, Minaï demanda à Meytak :
«A ton avis, comment peut-on appeler ce genre de situation?
Tu entends par là finir ensemble malgré le fait que tu ne pouvais pas me saquer. Moi j'ai tendance à appeler çà un miracle.
Et ça l'est probablement. Répliqua la lionne. Et puis les miracles, sont comme des opportunités que l'on doit saisir. Alors je vais être sincère. A présent, je me fiche de qui tu as pu bien être. Pour moi qui tu es est largement plus important. Tu es Meytak, tu es un botaniste de talent, tu es quelqu'un de loyal et de très attentionné. Si je te dis tout çà, c'est parce que je veux partager ma vie avec toi. Je veux rester à tes côtés, jusqu'à la fin.
Moi aussi Minaï. Et jamais rien au monde ne nous séparera, tu m'entends? Rien.»
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