que j'étais agonisant, corrigea-t-il, et c'est Nasem qui m'a sauvé.
Nasem? Qui est-ce donc? Demanda Kiara.
C'est notre maître. Compléta Meytak. Il nous a tout appris. Si on en est là aujourd'hui, c'est grâce à lui.
Et cela a un rapport avec ta connaissance des plantes. Nota Minaï.
Exact, intervint Kopa. On a été formé de manière à pouvoir nous débrouiller en toutes circonstances, car lors de nos explorations, nous voyageons seuls, et parfois, ce sont des lieux suffisamment hostiles pour le faire payer de sa vie à n'importe quel imprudent. Vous n'avez jamais rencontré d'humains n'est-ce pas? Et ce parce qu'ils n'osent pas s'aventurer très loin dans certaines contrées qu'ils estiment mortelles pour eux. Par conséquent on est préservés ici, mais d'autres de nos congénères ont vu leurs clans se faire massacrer par un fléau que l'on a nommé : la folie humaine.»
Tout le monde était captivé par le bref discours de Kopa. Ce fut Kiara qui brisa le silence du groupe en introduisant chacun de ses membres :
«Ce discours était vraiment intéressant, mais il faudrait peut être que tu fasses la connaissance des autres. Tu connais déjà Meytak, donc voici mes amies Minaï et Vitani, mon compagnon Kovu, et moi je suis Kiara. Je suis techniquement ta cadette.»
Cette dernière phrase lui fit écarquiller les yeux. Voilà ce qui se passe, vous me direz, quand on apprend après tout ce temps que l'on a une petite sœur. Après ces retrouvailles placées sous le signe d'un hasard auquel un type aussi farfelu que Rafiki (et qui est accessoirement l'auteur de cette fiction) a rajouté de la poudre de scénarium, nos lions se séparèrent pour profiter à leur manière de l'oasis. Kiara et Kovu partirent de leur côté, pareil pour Timon et Pumba, alors que Vitani et Kopa partirent chacun dans une direction.
Il ne restait à la fin que Minaï et Meytak qui leurs hurlèrent comme d'une voix :
«Et nous, qu'est-ce qu'on est supposé faire?
Débrouillez vous, leur rétorquèrent les autres à mesure qu'ils s'éloignaient.
Rah Bon, nous voilà seuls. Lâcha Minaï. On va visiter les alentours ?
Ca m'a l'air d'un bon plan. Répliqua Meytak. Je te suis.»
Les deux me mirent alors visiter les lieux. A la tombée de la nuit, ils arrivèrent dans une clairière accompagné d'un point d'eau alimenté par une fontaine en amont :
«Woah un étang. Avec de l'eau courante.
Pourquoi t'émerveilles-tu qu'il y ait de l'eau courante? Lui demanda Minaï, l'air interrogateur.
Eh bien, qui dit eau courante, dit pas de parasites. Répondit Meytak. Et donc cela signifie, ne pas passer deux heures à s'enlever des sangsues, ou à se retrouver dans des positions improbables afin d'essayer de les dégager.
OK, là, ça devient glauque. Changeons de suj...»
Mais à peine avait-elle fini sa phrase, que Meytak s'était jeté à l'eau. Elle le regardait patauger, et en même temps, elle songeait :
«Un vrai gamin. Se dit-elle avec le sourire. Tu sais Meytak, longtemps j'ai été eu des doutes à ton égard, je t'ai haï, tout comme j'ai eu peur de toi. Mais ce qui émane de toi, c'est tout sauf de l'hostilité. Cette innocence que tu dégages m'a permis de comprendre que je faisais probablement fausse route dès le départ. Et tu es resté toi même en dépit de tout ce dont tu as pu te rappeler. Tu oses dire que tu es loin du compte, mais tout ce que tu as raconté à Kiara sur le chemin au sujet de Kopa. L'avoir sauvé d'une rivière sortie de son lit, comme tu avais sauvé cette jeune antilope des flammes le jour de notre rencontre, nous a, à tous, montré ton courage et ton abnégation. Tu es quelqu'un de bien et j'espère que rien ne te persuadera du contraire.»
Puis sa mine s'assombrit ce que Meytak remarqua. Inquiet, il sortit de l'eau, se rapprocha et s'enquit de lui demander :
«Minaï, quelque chose ne vas pas ?
Si ça va, enfin... non pas vraiment. Mon père, mon clan. Ils me manquent. Même avec des amies tel que Kiara, qui m'a remonté le moral dans mes moments de déprime, il y a toujours ce poids qui pèse sur mon cœur. Ce poids, c'est la solitude. Tu vois, depuis cette fameuse nuit, je me sens seule, comme si l'on avait arraché une partie de moi.»
Meytak ne savait pas quoi faire. Comment la consoler?
«Allez, tête de nœuds. Se disait-il. Elle est à deux doigts de craquer, fais quelque chose, trouve un truc.»
Soudain, une idée lui traversa l'esprit :
«Lui dire ce que tu penses d'elle. Pas bête çà mon vieux»
Il se rapprocha encore de Minaï, et lorsqu'il fut assez proche d'elle, la prit dans sa patte, à la grande surprise de cette dernière, et lui dit :
«Tu sais Minaï, j'ai entendu ton histoire. Et même si tu me fuyais cela n'empêchait pas que je t'admirais. A mes yeux tu es plus fortes que n'importe qui. Après tout ce que tu as traversé, tu continue d'avancer, et ce la tête haute. Et je tenais à te dire que si tu as besoin d'aide, tu peux compter sur moi aussi, ne l'oublies pas. Et puis la lionne que tu es n'es pas infaillible. Tu as envie de pleurer, ça se voit. Alors pleure toutes les larmes de ton corps, tu te sentiras mieux après. Nous rendrons justice à ton clan, je te le promets.»
Ces sanglots se changèrent alors en chaudes larmes coulantes sur ces joues. En réponse à son discourt,elle se serra contre lui et lui murmura :
«Merci Meytak, tu es quelqu'un de vraiment adorable.»
Elle attendit un moment, la patte du lion enlacée autour d'elle, puis ajouta :
«Ecoutes Meytak, je... je veux que tu restes avec moi cette nuit.»
* * *
«C'est une belle nuit, tu ne trouves pas? Murmura Kovu, suffisamment fort malgré tout, pour que Kiara puisse l'entendre.
Oui. Les étoiles sont toutes visibles. Lui renvoya Kiara. Le ciel est certes sombre, mais les astres le rendent éclatant.
Les deux lions se regardèrent, se câlinèrent, manière pour eux de s'échanger un langoureux baiser. Alors elle susurra quelque chose à l'oreille de Kovu, et s'en alla à travers les feuillages. Kovu dont la curiosité fut éveillé par les mots et les agissements de sa compagne,s'empressa de la suivre. Quand sa tête sortit de l'épais fourrage, il vit Kiara qui s'abreuvait à une fontaine, d'une certaine manière que l'eau perlait sur sa fourrure, reflétant ainsi les rayons de la lune, qui de ses rayons couvrait l'herbe d'un voile argenté, celle ci s'en allant danser au gré des alizés. Dans ce tableau, Kovu ne voyait plus seulement sa compagne, mais aussi une beauté indicible d'un éclat à en rendre le diamant désuet. Et quand cette apparition le regarda du coin de l’œil, son sang ne fit qu'un tour :
«Ki...Kiara. Balbutia Kovu. Tu voulais me parler de quelque chose?
Oui. Lui fit-elle en sortant de la fontaine, le regard portant autre part. Je voulais te dire qu'il est vrai que j'ai été distante avec toi ces derniers temps. Je suis sincèrement désolé pour ça , mais il faut que tu saches que j'avais mes raisons.
Bien sûr, c'est quelque chose que je peux comprendre. Et je sais aussi quand tes yeux mentent. Tu ne voulais pas me dire çà à la base, n'est-ce pas?
Non en effet. Tu sais, cela va faire bientôt un an que l'on s'est rencontré, et je suis désolé de te gâcher la surprise, mais je tenais à te faire un cadeau.
C'est... c'est très gentil Kiara, je suis touché, vraiment, mais j'ai compté moi aussi et notre anniversaire, c'est dans trois cycles lunaires à peu près. Pourquoi m'en parler maintenant ?
C'est que. Hésita-t-elle. Il me faut du temps pour préparer ce cadeau. Et justement à ce sujet, j'ai besoin de toi.»
Sur ces mots, Kiara se jeta sur son compagnon, et les seuls échos que reçu la lune de son silence, furent des rires et des gloussements se propageant dans la jungle immense.
* * *
Kopa était couché, à l'écoute de ce qui l'entourait. Cependant cette méditation s'interrompit quand Vitani arriva derrière lui :
«Je t'ai trouvé. Lui dit-elle enfin.
Je n'aime pas être à la vue des autres. Je
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