Trois semaines s'était écoulée depuis l'incendie dans les plaines. Minaï et Meytak s'étaient finalement intégrés à la vie sur le rocher. Il n'empêche qu'au début, Meytak, qui a réussi à se rappeler de deux trois souvenirs utiles, a eu du mal à se faire à cette nouvelle vie. Il ne tenait pas en place, il cherchait toujours un truc à faire, si bien que Rafiki, après ses supplications incessantes, accepta de le prendre comme apprenti, à la grande surprise des lions vivant sur le rocher. Il se révéla être un bon élève, ayant une assez bonne connaissance des plantes. Quant à Minaï, son endurance était un atout lors de la chasse, elle avait confié aux lionnes que dans les montagnes, quand on trouvait une proie il ne fallait pas la lâcher, ce qui lui valut, de la part de Kovu, le surnom peu employé de «tête chercheuse».
Les deux étaient en train de discuter au bord d'un étang d'une partie de chasse à laquelle Meytak avait participé. Minaï était en train de lui reprocher ses méthodes de chasse :
« Non mais, tu avais quoi dans la tête en laissant partir ce gnou, lui lança Minaï.
C'était un gamin. On allait pas le tuer c'était pas une bonne proie.
Oui mais en attendant on a du se rabattre sur un adulte, qui était un sacré forcené, et ça n'a pas été une mince affaire.
A ce propos, comment va ta blessure ? Lui demanda Meytak sur un ton plus sérieux.
Oh ça. Elle réfléchit deux trois secondes. Il va falloir attendre que ça cicatrise. »
Meytak prit un temps pour réfléchir lui aussi, et alors se mit à chercher des plantes un peu partout, les mâcha, et tendit cette pâte à Minaï :
Tiens, appliques ça sur ta blessure.
Euh d'accord ? Mais qu'est-ce que c'est ce truc visqueux ?
Un mélange de plantes médicinales. Ça devrait éviter que ta blessure s’infecte. Lui dit-t-il avec un sourire.
C'est quoi ce regard ?
Quel regard ?
Ce regard.
C'est ma tête, c'est pas un regard.
Bon laisses tomber c'est pas grave. Fit-t-elle en appliquant la mixture sur sa plaie. Ah mais c'est gelé ta bouillie.
Eh bien, il faudra que tu t'y fasses. En fait c'est l'effet de certaines plantes. Elles ont un effet rafraîchissant, en guise d'effet secondaire.
Bon, lâcha-t-elle sans conviction, je suppose que ça devrait faire l'affaire.
C'est sur cet échange que nos deux inconnus, dont les destins se sont croisés, pas forcément pour leur plus grand bonheur, se sont mis en route pour le rocher en se disant qu'on devait les attendre. Sur le chemin Meytak ne put s'empêcher de briser le silence en bombardant Minaï de questions :
Tu disais venir d'un clan de lions blancs, c'est ça? Lui demanda-t-il.
Oui, pourquoi me demandes tu cela ?
Tu avais des parents à la robe sombre dans ta famille ?
Pour être honnête, dit-elle avec un sourire, puis avec un regard plus sérieux, je n'en sais pas plus à propos de mon pelage que toi à propos de ta bêtise.
Cette remarque eut pour effet de figer Meytak sur place, le pauvre ne trouvant pas la répartie à cette réflexion. Minaï éclata de rire en voyant sa tête et vexé il lui lança :
Quoi? Qu'y a-t-il de si drôle? C'est pas sympa du tout, c'est blessant même.
Oui je sais, mais c'est juste que, je n'ai pas l'habitude de voir un visage aussi drôle.
Et c'est la première fois...
De quoi ? Fit Minaï encore hilare de ce qu'elle avait vu.
C'est la première fois que je te vois rire. Je ne t'avais jamais vu comme çà avant.
Qu'est ce que tu racontes ? Il m'arrive de rire, dès fois.
Oui, mais jamais quand je suis là. Parfois je me demande si je t'ai vexé pour que tu me témoignes cette hostilité dont toi seule détiens la raison.»
Là, c'était Minaï qui n'avait rien à répondre. Il a raison. Après tout, il n'était peut être pas présent lors de cette sombre nuit. Et puis, naïf comme il est, l'amnésie semble être quelque chose de tout à fait plausible.
« Au fait Meytak, il y a une chose que je voudrais te demander.
Et quelle est-elle ?
Comment t'es tu souvenu de ton nom ? Parce que les pertes de mémoire ne se guérissent pas comme ça.
Eh bien, je... quand on s'est échappé par le cours d'eau, avec la petite gazelle sur le dos, on a dû nager pendant un moment pour pouvoir sortir par un endroit sûr, seulement un arbre était tombé, ce qui nous a obligé à passer sous l'eau et à ce moment j'ai entendu comme une voie qui m'appelai, elle criai mon nom, et c'est comme cela que je l'ai su rien de plus.
Bon nous voilà fixés, la prochaine j'essayerai de te noyer dans l'étang, avec un peu de chance ça devrait te rafraîchir la mémoire. Lui lança Minaï avec un sourire narquois.
Euh tu es sûre de toi. Parce que, après tout ce n'est qu'une coïncidence, enfin peut être. Répliqua-t-il d'un air anxieux.
Ca va, détends toi je plaisantais. C'est dingue, pourquoi es tu aussi stressé ?
Ben c'est-à-dire que... sinon ta blessure va mieux? Fit-t-il en détournant le regard. »
Minaï, intriguée lui répondit que ça allait mieux et le remercia, mais ne put s'empêcher de relever cette réaction qu'elle estima étrange. Mais plus étrange encore, ce fut la réaction de Meytak à la suite de cette conversation. Le pauvre fut assailli d'une violente migraine et, sur le point de s'écrouler, fut rattrapé in extremis par Minaï. Elle l'amena à l'ombre d'un arbre afin d'éviter que le soleil et la chaleur n'aggrave sa situation. La scène qui en découla était des plus improbables. Minaï observait Meytak, dont la tête reposait sur sa patte. « Finalement, il est plutôt mignon quand il dort », pensa-t-elle. Mais elle fut interrompue par le sujet de sa réflexion qui se réveilla avec une mine affreuse. Du coup, les deux s'éloignèrent rapidement l'un de l'autre, un peu gêné :« Merci, lui glissa Meytak, rougissant sous le pelage.
Oh, de rien. Mais que t'es-t-il arrivé à l'instant ?
Eh bien ce sont des étoiles qui reviennent.
Je te demandes pardon ?
En fait, avec Rafiki on a tenté de résoudre le problème de mon amnésie et j'ai découvert que je faisais un rêve étrange à ce sujet. Dans ce rêve mes souvenir sont comme des étoiles dans un couloir et à chaque fois que je retrouve un souvenir c'est une étoile qui revient. Mais j'ai le sentiment que je suis encore loin d'en avoir terminé.
Woah, c'est... spécial. Et de quoi t'es tu souvenu ?
* * *
Pendant ce temps là, au rocher, la famille royale traitait des différentes affaires du royaume. Jusque là, c'était la routine rien de bien particulier :
«Donc, amorça Zazu, le sujet suivant est un problème de politique extérieure.
C'est la première fois que l'on a un cas comme celui-ci depuis la paix avec les outlanders, remarqua Nala à juste titre. Y a-t-il d'autres renégats qui ont fait leurs apparition ?
Non majesté, Nous avons établi le contact avec eux et ils s'avère que c'est un clan de lions vivant par delà le cimetière d'éléphants.
Et que demande ce clan ? Le questionna Kiara.
Il demande une alliance afin d'unifier la terre des lions à leur territoire afin d'obtenir un... un empire.
Décidément, lança Kovu, c'est une demande qui est plutôt osée. Et ont-ils demandé quelque chose d'autre ?
En effet, ils ont demandé une rencontre, dans trois jours, afin que les chefs de nos clans respectifs puissent en discuter .
C'est une requête très étrange, se dit Simba. On devrait accepter cette demande il nous faut de plus amples informations.»
C'est alors que Minaï et Meytak déboulèrent dans la grotte, alors en pleine réunion. Ils avaient l'air d'avoir couru, sans doute que ce qu'ils avaient à annoncer était important :
«Minaï, que vous arrivent-ils vous deux ? Demanda
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