fidèlement son père, et son père avant lui. Ils n'étaient rien d'autre que ses majordomes, et cet « honneur » s'était transmis de père en fils, de mère en fille, jusqu'à ce que, subitement, Chukara meurt. Cette famille avait, semblait-il, disparu avec le feu roi … Choyo avait connu Ukweli dans son enfance, mais, comme tout le reste de sa famille, le lion au pelage gris s'était un beau jour volatilisé. De nombreuse suppositions avaient été faites à leur sujet : trahison, bannissement, exil, mais aucune d'entre elles n'avaient été vérifiée. La seuls chose sur lequel tous s'était, au final, mis d'accord, était le fait qu'ils étaient morts et qu'ils ne reviendraient jamais. Et pourtant, Ukweli se tenait devant lui, tel un fantôme revenant d'entre les morts …

– U … Ukweli …

Souffla Choyo, sans vraiment savoir que faire. Que lui voulait-il ? Pourquoi l'avait-il interpelé ainsi ? Il n'était pas roi, il ne l'avait jamais été, et ne le serait jamais.

— Pourquoi es-tu là ? Que veux-tu ?

Finit par demander Choyo, non sans une certaine agressivité. La vision du lion au pelage gris faisait revivre en lui des souvenirs qu'il croyait mort depuis bien longtemps … Ukweli sembla prendre une inspiration, avant de commencer.

— Je t'apporte la vérité, Choyo. Je t'apporte également celui qui en a payé les conséquences …

Le lion au pelage orangé remarqua le changement de ton d'Ukweli, qui semblait plus que jamais sûr de lui. Ses paroles laissèrent encore une fois Choyo dans une perplexité sans fin. La crinière noire de son ancien ami se mit soudainement à voleter : le vent venait de se lever, faisant s'élever la poussière qui recouvrait la Terre des Exilés. Cette même poussière sembla se rassembler, tandis qu'elle s'élevait de plus en plus haut, invraisemblablement. Sans vraiment savoir à partir de quel moment, une forme se dessina devant lui, arborant l'aspect … d'un lion ! Deux yeux rouges se mirent à briller dans la nuit, et cette vision glaça le sang de Choyo. Malgré la noirceur de la nuit et l'uniformité de la silhouette, le lion au pelage orangé n'eut aucune peine à reconnaître l'ombre devant lui …

— Père …

Souffla-t-il, désemparé. Les yeux rouges de Chukara semblaient le fixer, et, l'espace d'un instant, Choyo se retrouva en enfance, dans une enfance qui lui était si lointaine que jamais il n'aurait cru pouvoir s'en souvenir. Le vent ébouriffa violement sa crinière, manqua de faire tomber le lion au pelage orangé.

— Mon fils …
La voix de son père n'avait pas changé … malgré toutes ces années, elle ne cessait de lui faire peur. Chukara …

— Choyo … l'heure est venue.

Affirma simplement l'ombre. Choyo repensa à ce que Kuwa lui avait dit … Mateso … il n'avait peut être pas si tors, tout compte fait … La cicatrice que son père arborait sur le coin de son nez brillait d'une étrange lumière rouge, scintillant dans le noir comme une luciole égarée … Rêvait-il ? Choyo n'en savait rien … Il ne savait que dire.

— Qu'attends-tu de moi ?

Finit-il par demander, les yeux rivé sur l'ombre. Le vent se fit soudainement plus fort, et le lion au pelage orangé dû lutter pour rester sur ses pattes.

— J'attends de toi que tu reprennes ce qui est tiens.

Affirma Chukara. Le cœur de Choyo s'emballa … il n'eut pas besoin de questionner l'ombre pour savoir de quoi il parlait. Il était le fils du roi … sa place était sur le trône, et non en exil.

— Je n'ai plus aucun droit sur le trône … affirma le lion … notre famille n'est plus royal. J'ai laissé notre règne prendre fin. C'est inéluctable désormais.

Un coup de vent fouetta la visage de Choyo, qui fut forcé de baisser la tête. La poussière l'aveugla un moment.

— Et pourquoi cela ?!

Questionna l'ombre, furieuse. Le lion releva les yeux. On pouvait y voir à la fois la colère et la tristesse qu'il refoulait depuis tant de lunes …

— PARCE QUE TU ES MORT !

S'écria Choyo. Aujourd'hui encore, la disparition de son père le peinait … le feu roi n'avait jamais été tendre avec lui, et n'avait jamais été le père idéal qu'il avait, enfant, toujours souhaité. Cependant, en ces temps de troubles, il aurait voulu l'avoir à ses côtés. Subitement, le vent tomba … la rage de l'ombre sembla s'apaiser.

— Ma mort n'est pas une raison suffisante, Choyo. D'ailleurs, ce n'est pas cette raison qui t'a fait abandonner le trône, je le sais. Mais sache que depuis toujours, le lion que tu considères comme ton roi te ment, mon fils. Son clan entier, dans son intégrité, te ment …

Le visage de Choyo se transforma. Le sentiment de colère qui l'avait envahie se mua en perplexité … il n'avait pas renoncé au trône parce que son père était mort. Il avait renoncé au trône parce qu'il était le fils d'un roi tyran et hait par ses sujets …

— On t'a dit que j'étais mort, tué par un nomade, mais c'est faux. Le lion qui m'a tué n'était pas un nomade. Le lion qui m'a tué n'était autre que Mfalme …

Le nom du lion vibra dans l'air, comme si Chukara venait de lancer une malédiction … les oreilles de Choyo se plaquèrent soudainement contre son crâne … et puis, il comprit. Il comprit que son père n'était pas mort par hasard. Il avait été assassiné, par le père même du lion qui se proclamait aujourd'hui roi !

— Mohatu t'a pris ta famille, ton clan, ton royaume … jusqu'à quand laisseras-tu cette infamie impunie ?

Son père avait raison. Mohatu lui avait pris Nia, et son père lui avait prit le sien, et avec lui son trône … pire encore, le clan dans son ensemble lui avait mentit … Mohatu connaissait-il la vérité ? Peu lui importait … le regard de Choyo s'assombrit. De nouveau, la colère s'empara de lui … et il s'empressa d'y céder. L'ombre de Chukara enveloppa le lion au pelage orangé.

— Si la vengeance n'est pas noble, au moins est-elle sincère, mon fils. Deviens ce pour quoi tu es né, Choyo !

De nouveau, le cœur du lion s'emballa. Le vent l'enivra, et il se sentit soudainement emplis d'une force dont il ne pouvait définir l'origine. Plein de rage, de colère et d'hardiesse, il s'écria alors :

— JE REPRENDRAI CE QUI EST MIEN !

Sans pouvoir se l'expliquer, Choyo sentit ses pattes quitter le sol. Tout autour de lui se mêlait à la fureur nouvelle qui l'avait envahie. Sa crinière fut secouée dans tous les sens, et dans une ultime rafale le lion fut projeter à terre, contre le sol poussiéreux de la Terre des Ombres. Puis, tout devint noir. Incroyablement noir.



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Commentaires

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Derniers commentaires

10 Mars 2013
France Fille
Toujours auprès des miens.
La suite !!!
Vite !!!

04 Septembre 2012
France Fille
Heureuse que cette fanfic vous plaise ! Je l'ai classé 10 ans parce que c'est une histoire un peu compliquée, dans le sens où il y a pas mal de personnages, et puis c'est parfois un peu violent. Chaque personnage à son caractère et sa mentalité, et je pense que pour tout comprendre faut au moins avoir 10 ans ... selon moi ^_^

diego-love
Diego-lo
ve
04 Septembre 2012
(désolée je suis en mode anonyme,j'ai du supprimer mon compteT_T)
pourquoid c'est noté 10 ans et plus ? oO
A part ça, j'adore ! j'attends la suit avec impatiente ;)

Invité
Invité
12 Juillet 2012
C'est magnifique Voldy, malgré les quelques fautes c'est une très belle histoire :)

Invité
Invité
08 Juillet 2012
Super , Super , Super , je vien de la finir et j'attend déja la suite , hi hi hi , je me mait vraiment à la place de Choyo , le pauvre , venge toi Choyo , venge toi ,Tu la tp bien écrit cette fanfic , on sit croit vraiment dedant .

Célya
Célya
07 Juillet 2012
Bravo! elle est superbe! :Love:

18 Juin 2012
France Fille
... Nom d'un canard ! xD
Je viens tout juste de finir de la lire et je suis époustouflée :HighlySurprised: ! J'adore ! :Love:

KitKatty
KitKatty
18 Juin 2012
J'adoore! :Love:

18 Juin 2012
France Fille
Heureuse qu'elle te plaise ^_^

Invité
Invité
18 Juin 2012
c'est vraiment génial ! très belle fanfic !




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