qu’une chose : le signe de leur chef pour attaquer, et tuer.
— Je suis la reine de la Terre des Lions.
Répondit simplement Nia. Un léger frisson parcouru l’échine de Choyo … qu’avait-il fait … le lion sentait déjà un immense regret l’envahir, tandis que la situation autour de lui s’envenimait. Comment avait-il pu croire que Nia, par le simple fait d’apprendre la nature des sentiments de son ami, aurait changé d’avis quant à son union avec Mohatu ? Car oui, Choyo l’aimait, et il l’aimait depuis toujours. Sa seule erreur avait été d’attendre pour le lui dire … Les hyènes avaient à présent encerclé les deux lions, et elles grognaient bruyamment. Après quelques instants de silence, un sourire carnassier se dessina sur les babines de la matriarche hyène.
— La Reine … comme c’est intéressant … et toi, tu dois être son copain-lèche-patte, n’est ce pas ? Il y a en a toujours dans les meutes de lions …
Affirma l’hyène en désignant Choyo, dont les crocs étaient désormais devenus apparent. La matriarche ne cessa de sourire.
— Voyons quelle sera la réaction de votre roi lorsqu’il apprendra la perte d’êtres qui lui sont chers …
Et puis, sans même avoir besoin de le dire, les hyènes qui l’accompagnait bondirent et attaquèrent les deux lions. Le cœur de Choyo s’emballa, tandis qu’il cherchait déjà une échappatoire au conflit. Le lion n’avait jamais été très fort en matière de combat, et n’avait donc jamais été un grand guerrier. C’était Mohatu le guerrier, pas lui … son impuissance le rendait fou, tandis qu’il s’éloignait déjà du combat … sans se rendre compte que Nia ne le suivait pas.
— L’autre lion s’échappe ! Rattrapez-le !
Ce n’est qu’en entendant la voix de la matriarche que le lion se retourna, et s’aperçu de la mauvaise posture de son amie. Son cœur fit un nouveau bond dans sa poitrine, et il fit volte face.
— NIA !
Hurla-t-il. Le lion allait de déception en déception, et se haïssait de plus en plus. Pourquoi ne l’avait-elle pas suivie ? Pourquoi c’était-elle mise à se battre ? Au lieu de cela, elle s’était battue à sa place … pourtant, les hyènes étaient si nombreuses. Avait-elle vraiment pensé pouvoir avoir le dessus sur elles ? Soudainement, une des hyènes atteignit la jeune lionne, et ses crocs s’enfoncèrent dans l’épaule de la reine, qui rugit de douleur. Du sang s’écoula de la plaie, et le cri de souffrance résonna comme celui de la victoire aux oreilles des hyènes. Une autre hyène atteignis Nia, sur les flancs cette fois et, sous le poids toujours plus important de ses ennemis, la reine tomba à la renverse, disparaissant derrière un talus de terre. Fous de rage et de peur, Choyo s’élança à la poursuite de Nia et des hyènes. Le mâle se mit à rugir de tout son être, et il attaqua la première hyène qu’il vit. Le violent coup de patte qu’il lui assena fit voler la bête, qui s’étala de tout son long sur le sol poussiéreux avant de déguerpir en couinant. Un nuage de poussière s’éleva rapidement, tandis que Choyo combattait comme jamais auparavant, s’abandonna à sa colère. Bientôt, les hyènes disparurent, laissant seul les deux lions … les griffes de Choyo étaient couvertes de sang, et lorsqu’il comprit que les hyènes ne reviendrait pas, il se mit à chercher frénétiquement Nia.
— Nia ? NIA ?
La voix du lion résonna. Il se rendit compte alors qu’ils s’étaient retrouvés au Cimetière des Eléphants. Autour de lui gisait les squelettes inertes des pachydermes qui étaient venus mourir ici … le nuage de poussière se dissipa lentement, et Choyo aperçu enfin la silhouette de son amie, allongée sur le sol. Se reposait-elle ? Le cœur du lion fit un bon, tandis qu’il s’élança pour la rejoindre.
— Nia ?
Répéta-t-il à nouveau. Seul le silence lui répondit, et au fur et à mesure qu’il s’approchait, son corps se mettait à trembler. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Choyo arriva enfin au niveau de la lionne, qui ne cessait d’être immobile. Il refusait d’y croire, mais son cœur, lui, avait déjà compris …
— Non … Nia … Lève-toi, Nia !
Ordonna le lion, la voix emplie d’espoir. Mais la reine ne bougea pas. En fait, plus rien autour des deux lions ne bougeait, si ce n’était Choyo, qui tournait frénétiquement autour de sa reine, de son amie, de celle qu’il avait toujours aimé. Une larme se mis à couler le long de la joue du lion.
— Non … Nia … je t’en prie … Non …
Mais rien de ce qu’il pouvait faire ne changerait les choses. Nia ne se relèverait pas. ...
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