déjà toutes les félicitations des lions et lionnes du clan. Choyo fut le seul à ne pas les rejoindre, et préféra s’éloigner discrètement tant que l’agitation de la nouvelle le lui permettait.
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— Choyo … quelque chose ne va pas ?
Une petite voix timide sortit le lion au pelage jaune-orangé de ses pensées. Allongé sur l’un des plateaux du Rocher de la Fierté, Choyo c’était isolé. Sayaga s’approcha de lui, les oreilles légèrement en arrière, inquiète. Depuis que Mohatu et Nia avaient annoncé officiellement leur fiançailles, son père adoptif s’était fait discret et peu présent. Que lui était-il arrivé depuis ? Etait-ce dû à l’union de ses deux amis ? Trop de questions sans réponses hantaient l’esprit de la jeune lionne.
— Cela fait plusieurs jours que l’on ne te voit plus …
— Laisse-moi, Sayaga. J’ai besoin d’être seul.
Choyo n’avait pas bougé. Sayaga s’éloigna alors, résigné, et, quelques minutes après, ce fut au tour de Mohatu de rejoindre son vieil ami presque frère. Le roi s’allongea à ses côtés.
— C’est à cause de Nia et moi, c’est ça ?
Questionna-t-il au bout d’un moment, après quelque temps de pensant silence. Son ami soupira, leva la tête pour le regarder.
— Non, c’est n’est pas à cause de ça. Tout ne tourne pas autour de vous deux, Mohatu.
La réponse de Choyo eu pour effet de couper le souffle du roi … Choyo avait toujours été loyal envers lui, envers son clan, ils étaient même amis ! Les deux lions avaient toujours vécus l’un pour l’autre, et aujourd’hui, le lion au pelage orangé se détournait de lui … Choyo finit par se lever.
— Pardonne-moi, Mohatu. Je ne suis pas de bonne compagnie en ce moment …
— Puis-je faire quelque chose pour toi mon ami ? Ton bonheur m’est aussi important que le mien, tu le sais, n’est ce pas ?
— Ô Mohatu, tu n’y peux pas grand-chose … c’est juste que … ton union avec Nia m’a fait comprendre une chose : je suis seul, depuis toujours. Je n’ai pas de famille, j’ai très peu d’amis et pas une lionne pour m’aimer. Mais cela me passera, ne t’en fait pas …
Assura Choyo, rassurant ainsi à moitié Mohatu. Le roi resta allongé, pensif, tandis que son ami s’éloignait d’un pas légèrement traînant.
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— Mohatu … il est magnifique …
La tête penchée entre ses pattes avant, la nouvelle reine Nia contemplait une boule de poil qui dormait contre elle. Son pelage était d’un jaune doré, et le bout de sa queue laissait croire à une crinière qui serait brune, presque noire. Doucement, son père vint le lécher tendrement. Mohatu regarda fièrement sa famille, frotta son nez contre celui de sa lionne.
— Ahadi … ton nom sonne déjà comme une promesse, celle du grand monarque que tu seras …
Pour toute réponse, le nouveau né ouvrit les yeux, laissant découvrir ses yeux marrons, identiques à ceux de son père.
— Dors, mon fils, dors, car un jour, tu deviendras roi …
3. The Hyena Graveyard
— Nia … Nia, j’ai quelque chose à te dire …
A l’entrée de la grotte se tenait Choyo. Derrière lui, le soleil était haut dans le ciel, et aucun nuage ne se profilait à l’horizon. Au fond de la grotte, dans l’obscurité, deux yeux se mirent à briller. Couchée, à l’abri de la chaleur, la reine Nia leva la tête en direction de son ami. A ses côtés dormait Ahadi, son fils unique. Les flancs du félin se soulevaient doucement. Le jeune prince dormais si profondément que rien ne semblait pouvoir le réveiller …
— Entre, Choyo, entre donc … tu es chez toi aussi …
Rappela la jeune lionne, un sourire bienveillant aux babines. Choyo s’avança doucement, sans pour autant rejoindre la reine.
— Je … j’aimerais que l’on discute ailleurs, si ça ne te dérange pas …
Expliqua le lion, dont la voix tremblait légèrement. Nia parue surprise, mais elle savait que le moment n’était pas venu de refuser. Cela faisait plusieurs cycles que Choyo s’isolait maintenant, et depuis la naissance d’Ahadi elle n’avait plus eu l’occasion de le voir bien souvent. Son ami était devenu distant, solitaire, et la lionne avait peur pour lui, car elle ne le comprenait pas. Que c’était-il passé ? Etait-ce son histoire avec Mohatu qui l’avait touché à ce point ? Y avait-il autre chose ? La reine hésita tout de même un instant, avant de se lever, laissant son fils seul. Avant de quitter le Rocher de la Fierté, Nia envoya une lionne dans la grotte afin que quelqu’un veille sur le prince pendant son absence. Il était encore si jeune qu’elle ne pouvait se résoudre à le laisser seul trop longtemps …
Les deux lions marchèrent un moment en silence, s’échangeant quelque fois de furtifs regards. Nia suivait Choyo sans dire un mot, mais son esprit redoutait un peu ce que son ami avait à lui dire … était-ce important au point de s’éloigner si loin du Rocher de la Fierté ? Bientôt, ils arrivèrent au niveau de l’Etang, qui se trouvait au nord du Rocher. Choyo s’y arrêta, pris une inspiration. Ses yeux étaient rivés sur ses pattes, dont les griffes étaient apparentes.
— Nia , je … sache tout d’abord que je sus très heureux pour toi et Mohatu, et pour Ahadi. Vous formez tous les trois une famille merveilleuse …
Affirma le lion. La reine s’assit, et ne quitta pas son ami du regard.
— Cela fait des cycles maintenant, j’ai toujours voulu te le dire, mais je … je n’en avais pas le courage, je …
Le lion bégayait à présent. Nia, quant à elle, était désormais perplexe. Elle ne comprenait pas où voulait en venir Choyo … et n’en eu pas l’occasion. Derrière eux, dans les buissons, des rires et des grognements se firent soudainement entendre. Des rires, qui leur étaient que trop familier. Le corps du lion se crispa brusquement, et sa crinière se dressa sur sa tête. Nia, elle, fit volte-face, tournant le dos à l’étendue d’eau. Face à eux apparu alors un groupe d’hyènes, incroyablement bien organisé, semblait-il. Un sourire vicieux c’était dessiner sur le visage de ce qui semblait être leur chef de meute, leur matriarche …
— Voyez-vous ce que je vois, les enfants … deux lions égarés, loin de leur Rocher maudit … ou devrais-je dire, un lion et demi !
Les hyènes se mirent à rire bruyamment, et la matriarche fixa Choyo. Il était vrai que le lion n’était pas bien impressionnant : il n’était pas plus grand que la lionne, et son corps fin ne le faisait pas passer pour un redoutable guerrier … Le lion grogna, mais se fut Nia qui intervint la première.
— Vous n’êtes pas autorisé à pénétré sur nos terres … affirma la lionne … vous avez été chassé de la Terre des Lions …
— Oui, et POURQUOI ?
Vociféra la matriarche en se tournant vers la reine. Le regard de la hyène s’était figé dans celui de Nia, qui décida de le soutenir sans retenue.
— De quel droit avez-vous chassé mon clan de ces terres ? Nous étions là les premiers, nous ne vous gênions pas !
Continua la hyène, dont la crinière c’était un peu plus hérissée. Choyo restait silencieux, prêt à n’importe quoi. Nia elle demeurait calme, incroyablement calme.
— Nous n’avons pas à répondre de nos actes. J’ignore pourquoi nos lois sont ainsi, mais elles le sont, et le sont probablement pour de bonnes raisons.
— MENSONGES ! Qui es-tu pour parler ainsi ?!
La hyène semblait avoir perdu le peu de patience qu’elle semblait avoir, autour d’elle, ses troupes s’agitaient. Il était certain qu’elles n’attendaient