Chapitre 4
Révélations
Ce fut au grand vacarme près de lui que le lionceau sortit de sa léthargie. Tentant de se relever, il fut pris d'une violente migraine, qui le fit vite se recoucher, ouvrant néanmoins ses yeux. Là aussi, une douleur déchirante s'imposa au niveau de son œil gauche, dont un liquide s'échappa. Un liquide écarlate, qui finit de faire reprendre la mémoire à Mufasa.
Le gnou! L'éclair jaune! Il sentit que quelque chose de chaud le soulevait. Des bruits de pattes. L'herbe frémissante. Le doré, pris d'un tournis, plongea de nouveau dans l'inconscience.
Ce fut sur un sol dur et froid qu'il se réveilla et put cette fois se lever. Ouvrant les yeux, la douleur intervenue la fois dernière était tout de même présente, mais moins forte. Bon, c'était déjà ça. Le lionceau inspecta les alentours, et vit qu'il était revenu à son point de départ: la grotte ou la tribu dormait. Mais comment était-il parvenu ici?
La réponse était assise à l'entrée, lui tournant le dos, face au ciel qui, contrairement au souvenir de Mufasa, était désormais gris et orageux. Une tempête se préparait.
Le pelage brun de la lionne s'agitait à la brise naissante. Immobile, Uru ne se retourna pas, jusqu'à ce que son fils vienne la trouver, tête baissée.
- M...Maman?
- …
Les yeux de la mère étaient durs, et fixaient la savane avec rancœur.
- Mufasa... Qu'est-ce que tu as fait? demanda-t-elle, les yeux toujours au loin.
- Je... je voulais.. Pardon, je...
- Te rends-tu compte que tu as failli te tuer?
Oh, bien sûr, quelque question stupide! Bien sûr, qu'il l'avait compris. Mais pour une fois, le lionceau couleur miel garda son sarcasme pour lui et se contenta de baisser la tête encore plus, sous le poids de sa culpabilité.
- Heureusement que ton père guettait du haut du Rocher. Sans cela, que serait-il arrivé?
- Père m'a vu? bredouilla Mufasa.
Oh non!! Quel idiot! L'éclair jaune..
-A qui dois tu la vie, à ton avis?.S'il n'avait pas bondi sur la proie...
Mais la lionne ne finit pas sa phrase, baissant la tête, fronçant les sourcils d'un air exténué.
Un lourd silence s'installa, tout comme les nuages belliqueux qui continuaient leur course vers le Rocher de la Fierté.
- Il... il m'en veut? murmura le petit lion, timidement.
- Il veut te voir, déclara Uru en guise de réponse. Suis-moi.
Boitillant, Mufasa eut du mal à soutenir le rythme des grandes foulées de la lionne. Les deux félins descendirent au pied du Rocher. Le cœur de Mufasa battait à la chamade, comme quand, avec son frère, ils grimpaient pour avoir la réponse qui allait changer leur vie. Cependant, le cœur ne battait pas cette fois d'excitation... mais de peur.
- Il est près de la rivière, rejoins-le, ordonna Uru, se retournant déjà, puis s'en allant sans aucun mot de plus, ce qui ne fit qu'accentuer la culpabilité de son enfant. Il ne fut pas difficile de le trouver.
Ahadi, de sa grande taille et de sa crinière d'ébène, contrastait avec l'herbe jaune pâle de la savane.
Cette dernière se pliait doucement à la brise légère, créant en même temps des plissures dans l'eau limpide du petit fleuve.
Sentant sa gorge se contracter, Mufasa avança d'une démarche hésitante, et cette fois-ci, sa blessure n'y était pour rien; le fardeau de la culpabilité était bel et bien présent. Au lieu de se volatiliser, comme l'espérait le lionceau grâce à son dit exploit à la chasse, le fardeau s'était alourdi.
Il n'allait pas être Roi, mais en plus il avait commis une action digne d'un gamin, ce dont il était totalement conscient désormais. Peut-être son Père avait-il raison, peut-être était-il.... faible?
En tout cas, ce dont il était sûr, c'est qu'il était arrivé au niveau du grand lion et qu'il baissait les yeux.
Même sans regarder, il pouvait sentir le regard de son père; de ce fait, il se fit encore plus petit.
Contrairement à son épouse, le Souverain n'y alla pas par quatre chemins:
- Tu me déçois beaucoup, fils, dit-il de sa voix grave et sévère
- Je sais...
Après ces mots idiots, le lionceau se maudit lui-même: qu'est-ce que c'était que cette réponse! Un peu de fierté, bon sang! Mais non, il n'en avait même plus le courage.
- Mufasa, je sais pourquoi tu as fait cela, c'est évident. Mais ça ne justifie rien. Tu l'as fait de ton plein gré, et de ce fait, tu es entièrement coupable. Je te croyais plus sage.
- Je... je voulais juste te prouver que...
- Tu n'as rien à me prouver. Je réserve mon jugement à moi seul, et des actes ci ou là ne changeront rien.
Mufasa osa enfin lever ses yeux. Contrairement à ce qu'il pensait, le visage de son père n'était pas déformé de colère, comme il avait l'habitude de voir. Le visage du Roi Lion était empreint d’une immense tristesse, comme s'il avait été trahi.
Et de trois. Non, quatre. Après Taka et Sarabi, il avait humilié ses parents.
- Décidément, je ne suis qu'un bon à rien... soupira le doré. Je pense que n'ai plus rien à faire sur la Terre des Lions.
- Oh, tu n'iras nulle part. Parce que ce serait un acte indigne, peureux, ensuite parce que tu n'as nulle part où aller, répondit Ahadi.
-C'est bien ce que je dis, je suis peureux, indigne...
Un mouvement de la grosse patte du Roi suffit à envoyer valse le lionceau à deux mètres. La blessure à l'œil de Mufasa se remit à saigner.
Les nuages gris, au-dessus deux émirent un craquement menaçant. L’orage n’allait pas tarder à éclater.
- Regarde-moi quand tu dis ça! Voilà pourquoi tu ne peux être Roi, mon fils. Parce que tu te sens inférieur aux autres, et si tel est le cas, tu réagis disproportionnellement.
Si tu avais été digne de prendre ma place, tu te serais résigné, et dit que la savane avait besoin du meilleur chef possible, et que dans ce cas, ce n'était pas toi, mais qu'il en était ainsi.
D'ailleurs regardes où ton comportement t'a mené, oui, regarde dans la rivière!
Penaud, le lionceau trempa sa tête dans l'eau glacée pour enlever le sang de sa fourrure, puis pour être apte à regarder: le sang lui brouillait le vue.
Quand il releva la tête, secoua le liquide restant sur son visage, il ouvrit délicatement les paupières, pour ainsi minimiser la douleur due à sa blessure.
Et il la vit. Il allait vivre avec, il le savait. La marque de sa bêtise, de sa honte. Elle le suivrait partout où il irait. Sa cicatrice lui dévorait l'œil gauche, partant de son arcade sourcilière jusqu'à sa pommette.
Mais cette blessure n'était pas seulement externe, elle se logeait également au plus profond de lui-même, dans son cœur.
- C'est...pas possible!
- Voilà où mènent les enfantillages, fit gravement le père.
- NON! Ce n'est pas moi!!!!
Mufasa bondit dans l'eau, cherchant désespérément à faire fuir son reflet, bien qu'il sache que s'était impossible.
- C'est toi même qui est la cause de ton mal-être et personne d'autre. Uru a essayé de te le faire comprendre hier soir, mais apparemment ça n'a pas suffi. Il a donc fallu que tu te l'expliques toi-même. Voilà qui est fait, on dirait.
Ces paroles firent l'effet d'une gifle au lionceau. Il resta là, gueule béante, tandis qu'un sentiment de vide s'étendait en lui. Pas de la haine, pas de la tristesse: du vide.
- Oui, Uru a essayé de te faire comprendre cela. Mais elle ne t'a pas dit l'essentiel, et c'est très gentil de sa part. Mais je ne ferais pas la fine bouche avec toi.
- Tu vas me dire que je suis inférieur à Taka, c'est ça. Si oui, ne te fatigue pas.
- Voilà que tu recommences, et puis
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| 15 Janvier 2012 | ||
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... | ||
| Grande Méchante Admin ~ |
Excellente idée. J'aime beaucoup ta façon d'écrire, et le fait que
tout ça n'était qu'un test dans lequel Mufasa est tombé... Vraiment
très bonne fic! Hâte de voir la suite =D |
| 10 Décembre 2011 | ||
Ancien Modérateur | ||
| Toujours en activité! |
Super! Toujours aussi bien. Alors, Muffy a été testé sans le savoir...
N'empêche, c'est pas sympa pour Taka non plus. En tout cas, j'ai hâte
de lire la suite! |