chercher à toucher le fauve. Celui-ci finit par prendre la fuite sous la menace.

 

« Saleté de puma ! » lança-t-il.

 

Il se retourna vers Mérida et s’agenouilla auprès d’elle, examinant son état. Elle recouvrit son bras avec le tissu déchiré par les griffes de la bête. Elle était reconnaissante envers son allié, mais son caractère voulut qu’elle réagisse différemment de ce qu’elle imaginait :

 

« Où tu étais ? demanda-t-elle sèchement.

 

- Pas très loin. Je chassais de mon côté quand je t’ai entendu crier. Tu as eu de la chance que je ne sois pas arrivé trop tard.

 

- Pourquoi tu ne me suivais pas ?

 

- Et toi, pourquoi tu ne me suivais pas ? » rétorqua-t-il d’un ton enfantin.

 

Pour toute réponse, Mérida détourna le regard, faisant mine de bouder. Elle n’aimait pas se taire trop longtemps, et après un silence, elle demanda :

 

« Tu as attrapé quelque chose ?

 

- J’ai ça… Je ne pense pas que ça vaille le faisan que tu as failli attraper mais… Au moins j’ai quelque chose. » répondit Harold, un brin moqueur.

Il montra un pigeon grisâtre qui gisait à côté de lui.

 

Les deux adolescents arrivèrent à une clairière, elle était en contre-bas et il fallait descendre une pente abrupte faite de terre et de rochers pour y accéder. Harold passa le premier, il connaissait l’endroit par cœur pour le nombre de fois où il s’y rendait pour apprivoiser Krokmou. Il atterrit sur le sol et regarda en direction du lac. Tant de souvenirs lui revinrent à cet instant. Bientôt, le souffle court de Mérida lui fit lever les yeux. La jeune fille, pourtant si agile d’habitude, avait des difficultés à cause de la blessure faite par le puma. L’endroit était inconnu pour elle, et, à maintes reprises, elle dérapa sur les rochers qu’elle tentait désespérément de descendre.

 

« Tu as besoin d’aide ?

 

- Non non, je… Je me débrouille. »

 

Elle glissa une énième fois.

 

« Allez, saute, je te rattrape !

 

- Toi ? Avec tes petits bras tout maigres ?

 

- Arrêtes, ce sont mes vêtements qui donne l’impression que je suis maigre. En vrai je suis musclé !

 

- Pfff… Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre.

 

- Allez, fais-moi confiance ! »

 

Après un moment d’hésitation, Mérida soupira. De toute façon, elle pouvait difficilement faire autrement. Elle lâcha prise et se laissa tomber en arrière. Les yeux fermés, les bras ramenés vers sa poitrine, elle se préparait au choc. Elle sentit qu’Harold fit le maximum pour la ménager. Quand elle fut sûre d’être dans ses bras, elle ouvrit doucement les yeux. Il allait bientôt faire nuit. La jeune fille le remarqua par la lumière orangée qui illuminait le doux visage de son acolyte. Il avait relevé son masque et Mérida pu contempler les yeux verts-bruns du garçon. L’adolescente esquissa un sourire sans s’en rendre compte. Harold reposa sa partenaire sur le sol et tous deux se mirent à examiner l’endroit.

 

Tandis que Mérida allait ramasser des branches pour bâtir un abri, Harold se dirigea vers le lac qui occupait en grande partie la clairière. Le jeune viking regarda un instant son reflet, il ne savait pas pourquoi, il éprouvait une sensation désagréable. Une sorte de pincement au cœur qu’il n’arrivait pas à expliquer. Il essaya tant bien que mal de chasser ce pressentiment et plongea la main dans l’eau, analysant sa température. Il regarda à travers l’eau scintillante pour y dénicher des poissons. Il ne sut pourquoi, il ressentit soudain le besoin de regarder derrière lui. Un peu plus loin, il croisa le regard de la princesse rousse. Elle aussi le regardait. Les deux adolescents retournèrent la tête simultanément.

Mérida plongea la tête entre ses mains. Ses joues étaient en feu, elle se demanda si elle avait mangé quelque chose de spécial qui l’aurait fait rougir. A priori non.

 

Les derniers rayons du soleil embrasaient le ciel, la surface lisse du lac était animée par des reflets rougeoyants. Plusieurs branches étroitement ficelées entre elles, prenaient appui sur la paroi rocheuse qui encerclait la clairière. Sur le toit de fortune, un amas de feuilles formait une couche épaisse et protectrice. Devant la cabane, un petit feu dansait dans un cercle de pierres. Mérida était en train de cuire le pigeon à la broche. Il était peu ragoûtant, mais c’était tout ce qu’ils auraient pour le dîner.

Le repas se passa silencieusement, mais sans gêne. La journée avait été épuisante, et la faim devançait l’envie de parler. Plusieurs fois pendant qu’ils mangeaient, Harold et Mérida ne purent s’empêcher de se croiser du regard, avant de détourner les yeux comme si de rien était. La jeune fille rousse tomba de sommeil en première. Elle s’allongea sur le lit de mousse qu’elle avait confectionné, ferma les yeux, et s’endormi aussitôt. Plus tard, Harold éteignit le feu de camp et tenta de trouver une position confortable sur son lit de verdure. Il eut du mal à trouver le sommeil tant le visage à la beauté enivrante de son amie le captivait. Il se risqua à saisir une mèche de cheveux de la jeune fille, l’entortillant autour de ses doigts. Enfin, il finit par se laisser gagner par le sommeil et plongea dans le royaume des rêves.

 

Chapitre 4

Peu à peu, la lumière du jour vint effleurer les paupières de Mérida. Le soleil éclatant vint la tirer de son profond sommeil et elle ouvrit les yeux. Elle tomba nez-à-nez avec Harold. D’abord surprise, elle vit qu’il dormait encore. Elle saisit l’occasion de contempler son complice. Observant chaque détail de son visage. Elle remarqua une petite cicatrice sur son menton. Doucement, elle posa sa main sur la joue du garçon, elle examina de plus près l’éraflure qui devait être ancienne. Une partie d’elle lui hurlait de dégager sa main, il pouvait se réveiller à tout moment ! Mais c’était plus fort qu’elle, elle appréciait cette proximité avec le jeune viking.

 

Harold se réveilla enfin, il plissa les yeux sous les rayons aveuglants du soleil et mit sa main en visière. Puis il remarqua la chevelure rousse et abondante de sa partenaire de quête, tout contre lui. Il regarda aux alentours, surpris. Elle s’était rendormie. Le garçon hésita, puis il lui tapota l’épaule. Elle s’éloigna un peu de lui, s’étira, et lui adressa un sourire.

 

« Bien dormi ? s’enquit-il

 

- Oui, très bien. Et toi ? Tu t’es couché tard ?

 

- Juste après toi. »

 

Il se leva et sortit de la cabane, il observa les alentours. Mérida le rejoint, équipée de son arc.

 

« Qu’est-ce que tu fais ?

 

- Je vais préparer le petit-déjeuner ! » dit-elle en se dirigeant vers le lac d’un pas décidé.

 

La princesse s’immobilisa au bord de l’eau, faisant le moins de bruit possible pour ne pas effrayer les poissons. D’un  mouvement mécanique, elle tira une flèche de son carquois et prépara son arc. La corde tendue, la position stable, elle était prête à décocher. Elle aperçut une vive ombre dans l’eau, suivie d’un clapotis. Elle lâcha la corde, la flèche fusa à travers la surface lisse et claire du lac, et alla se planter dans un poisson. Harold sursauta de surprise. Il regarda son amie mettre les deux pieds dans l’eau, plonger ses mains à la recherche de la proie, et revenir, une impressionnante tanche dans les bras.

Elle tendit le poisson au garçon qui recula, peu enthousiaste.

 

« Bon appétit !

 

- Beuaaark ! Tu ne comptes tout de même pas manger ça cru ?!

 

- C’est pas vrai, quelle chochotte, on dirait ma mère ! »

 

Devant la mine non convaincue de son ami, Mérida le rassura :

 

« J’ai compris, je vais te le faire cuire ton poisson !

 

- Merci. »

 

Après le repas, les deux adolescents se remirent en route à la recherche de Discord, Ange, et Perla qui n’avait



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Bernardo
Bernardo
07 Janvier 2015
J'adore:icon60:




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