lui montra en le tenant fermement dans ses mains. Mais Kristina voulant voir ce qui était écrit dans le flocon de neige, elle l’attira vers soi, mais Sunniva l’en empêchait. Chacune tirant fort sur les deux bouts, l’inévitable se produisit. Les neuf petites perles du collier étaient éparpillées parterre, heureusement que le flocon de neige n’avait pas cédé. Sunniva entra dans une colère folle et s’attaqua à Kristina, avant qu’elles ne soient séparées tant bien que mal par Anna. Sunniva était en larmes, inconsolable et furieuse à la fois, mais les malheurs ne s’arrêtaient pas là. Le villageois qui avait fui le royaume entra dans le palais, l’air paniqué, et annonça simplement « Le prince Lars a été tué ».

 

***

 

            L’annonce jeta un froid glacial dans le palais. Les trois femmes restèrent figées, tant elles ne pouvaient y croire et tant elles ne comprenaient pas comment cela aie pu arriver. Kristina ne pleurait même pas tant elle était sous le choc. Anna restait incrédule, elle ne voyait personne qui aurait pu en vouloir à Lars. Quant à Sunniva, elle semblait ne pas réagir, mais elle se retourna vers Kristina, qui lui répondit par un regard qui signifiait « Que veux-tu dire ? », et elle sentit tout de suite la culpabilité l’envahir. Elle avait un coupable tout trouvé qui aurait pu tuer Lars. Et elle lâcha prise « Non… C’est pas possible… C’EST PAS POSSIBLE ! » Mais inconsciemment, elle déchaîna ses pouvoirs, qui touchèrent sa propre mère. Sunniva n’en n’eut pas fini avec ses malheurs. Il fallut qu’Anna gémisse et force sa respiration pour la faire réagir, et elle paniqua dans l’instant, ne se rendant pas tout de suite compte de ce qu’elle venait de faire. Elle prit dans ses bras sa mère, agonisante, et les larmes lui montèrent déjà aux yeux. Elle ne pouvait pas la perdre maintenant. Anna put quand même lui glisser quelques mots.

 

SUNNIVA : Je suis désolée, maman, j’ai complètement déraillé. Je t’en prie, reste avec moi.

ANNA : C’est moi qui suis désolée… Tu n’y es pour rien…

SUNNIVA : Tu dois rester avec moi ! Tu n’as pas encore tout dit sur Elsa, sur mes pouvoirs…

ANNA : Va voir les trolls…

SUNNIVA : Non ! JE T’EN PRIE !

 

            Mais Anna ne put en dire plus, qu’elle ferma lentement les yeux. Et sa main, que Sunniva tenait fermement, s’échoua au sol. Sunniva ne réalisa pas tout de suite et refusa d’y croire, et supplia sa mère en hurlant de se réveiller, avant de se résigner. Elle se laissa effondrer sur le corps d’Anna, pleurant toutes les larmes de son corps, et rien ne pouvait la consoler, pas même le soutien de Kristina, alors qu’elle se trouvaient même dans la même situation, orphelines de leurs mères. Mais elle finit par ressortir du château, et s’accouda sur la rampe de l’escalier, le regard vide, la tête baissée, sous le regard inquiet de Kristina, qui ne comprit pas et la rejoignit. Sunniva lui lança alors « Laisse-moi partir, je n’ai plus rien à faire ici. » Kristina ne saisit pas tout le suite le sens de cette phrase, mais quand elle comprit, elle réagit immédiatement.

 

KRISTINA : Non, tu ne peux pas faire ça ! Tu n’es responsable de rien dans tout cela. Et… tu ne peux pas me laisser seule ici, comment je m’en sortirais ?

SUNNIVA : Tu pourrais continuer à vivre avec deux morts sur la conscience, toi ? Moi non, je préfère encore partir, plutôt que de faire souffrir les gens.

KRISTINA : Au contraire, tu les ferais souffrir encore plus en partant de toi-même. Et ce n’est pas toi qui les ai tués, tu ne pourrais pas faire ça…

SUNNIVA : J’ai tué ma propre mère, tu entends ? Et pour ton père, c’est moi qui ai demandé au mien de retourner à Arendelle. C’est lui qui l’a tué, donc moi ! Je m’en veux tellement ! Je n’avais pas confiance en lui mais si j’avais su, jamais je n’aurais fait ça. C’en est trop, je m’en vais.

(Kristina la retient, sentant que Sunniva allait commettre l’irréversible.)

KRISTINA : Non, Sunniva, arrête ! Reste avec moi ! J’ai besoin de toi, et Arendelle a besoin de toi. Et tu n’as pas encore accompli ton rêve.

(Sunniva mit un long instant à se calmer.)

SUNNIVA : Désolée, je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est tout ce qui est arrivé en si peu de temps, j’ai eu trop de pression. Repartons d’ici. Olaf, viens avec nous !

 

            Sunniva, Kristina et Olaf foncèrent vers les trolls, sans même savoir où ils se trouvaient, suivant les dernières indications d’Anna, dont Sunniva avait pris le soin de prendre le corps. Mais ce qu’Anna n’eut pas le temps de dire, c’est qu’elle avait embarqué avec elle le plan menant aux trolls. Ce plan s’échappa et tomba au sol, mais heureusement, Sunniva s’en aperçut, et quel ne fut pas son soulagement quand elle vit le plan et en saisit le sens. Mais un détail la bloqua : Anna avait-elle prévu sa mort ? Les histoires entre Elsa et elle lui réservaient-elle encore des mystères ? Toujours était-il que le petit groupe arriva à la clairière, et Sunniva fut très déçue de ne voir aucun troll, mais des pierres rondes. La bouche serrée, elle soupira « Où m’as-tu encore emmenée, maman ? », mais il lui fallait juste un peu de patience. Tous les trolls se réveillèrent et ouvrirent grand les yeux devant des visages qui leur étaient étrangers. Les tous petits allaient taquiner Olaf quand tous s’écartèrent en voyant arriver Grand Pabbie.

 

GRAND PABBIE : Je sens une forme de magie étrange. (A Sunniva) Approche-là. (Grand Pabbie approche sa tête de son cœur) Je crains, hélas, que le sort de la glace l’ait emportée.

SUNNIVA : C’était un accident, je ne voulais pas ce qui est arrivé.

GRAND PABBIE : Bien sûr… Bien sûr que tu ne le voulais pas. Personne ne peut vouloir des choses aussi horribles.

SUNNIVA : Pourquoi voyageait-elle avec cette carte ? Elle savait qu’elle allait mourir ?

GRAND PABBIE : Son cœur était endommagé bien avant toi, tu ne pouvais rien y faire. Le sortilège l’avait déjà condamnée il y a des années.

SUNNIVA : Justement, en parlant de sortilège, quand j’étais enfant, on m’a offert ce pendentif. Et je sais qu’il est fait de glace, mais il ne vient pas de moi.

GRAND PABBIE : Tu n’es pas la seule à posséder le pouvoir de la glace. Tu les tiens de quelqu’un qui n’est plus des nôtres aujourd’hui.

SUNNIVA : Je sais, et j’aurais tellement aimé la rencontrer. Mais ce ne sera pas possible.

GRAND PABBIE : Voyons voir ce que je peux faire.

 

***

 

            Les années semblaient ne pas altérer Grand Pabbie, et encore moins sa magie, qui émerveillait toujours autant sa colonie. Le patriarche parvint à extraire la glace magique logée dans le cœur d’Anna, même si cela ne pouvait la ressusciter, et en forma dans le ciel un immense nuage dont la blancheur éblouissait de plus en plus les deux jeunes femmes, qui restaient sans voix, à la fois admiratives et intriguées. Que pouvait-il bien se cacher derrière ce nuage ? Grand Pabbie invita Sunniva à s’avancer, elle fit trois pas hésitants, et son cœur se mit à battre fort. Une silhouette se formait lentement dans le nuage, en même temps qu’un demi-sourire se dessinait sur le visage de Sunniva.

 

            L’émotion finit par la gagner, et les larmes lui montèrent aux yeux, car enfin elle comprit, et enfin elle apparut. Elsa. Ses tourments l’avaient quittée depuis qu’elle régnait dans le ciel. Elle apparaissait plus majestueuse que jamais. La vision de son visage divin émerveillait Sunniva. Son regard bleu ciel empli de bienveillance se dirigea justement vers celle qui était, dans une certaine forme, son héritière. Sans faire entendre un mot, elle l’invita à se rapprocher, et lui tendit ses mains. Sunniva hésita, presque tétanisée, mais elle le fit. Elsa et Sunniva les mains jointes, une scène que l’on n’aurait jamais cru possible, en même temps que le vent se levait. Ces quelques secondes de silence paraissaient une éternité. Elles se



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