silencieux jusqu’à ce qu’une marée de boules de neiges excitées dévale les escaliers et surprenne les trois femmes, surtout les benjamines. Dans la foulée, une voix qu’Anna connaissait bien se fit entendre.

 

SUNNIVA : Qu’est-ce que c’est que ce délire ?

OLAF : Bonjour ! Je m’appelle Olaf et j’aime les gros câlins !

ANNA : Olaf, quel accueil de tes petits frères !

OLAF : C’est moi qui leur ai dit de faire la surprise. (Voyant Sunniva) Eh, il me rappelle quelqu’un, ce visage. Je sais… C’est qui ?

ANNA : Olaf, voici ma fille, Sunniva.

OLAF : Ah ben non, je ne connaissais pas.

SUNNIVA : C’est donc Elsa qui t’avait créé avec ses pouvoirs ? Tu sais quoi ? J’ai les mêmes ! Et je suis obligée d’apporter ma touche à ce palais.

(Sunniva crée des guirlandes de flocon de neige en haut des murs. Se sentant faible, Anna s’assoit contre un mur. Sunniva la rejoint.)

SUNNIVA : Je ne pensais pas qu’on pouvait accomplir de telles prouesses juste avec un mouvement de main. Ce palais est incroyable.

ANNA : Sais-tu ce qu’il représente vraiment ?

SUNNIVA : Je ne sais pas. Peut-être qu’Elsa voulait s’isoler ?

ANNA : Certes, mais surtout, elle l’avait bâti pour montrer qu’elle était… libre, enfin.

SUNNIVA : Pourquoi enfin ? Elle ne pouvait pas les utiliser avant ?

ANNA : C’est plus qu’elle ne savait pas. Et puis, c’est après cet épisode où elle m’avait blessée que nos parents l’avaient enfermée, pour éviter que ça ne se reproduise. A tort.

SUNNIVA : Et Olaf ? Si Elsa n’est plus là, comment vit-il toujours ?

ANNA : Tu sais, Olaf n’est pas juste une création d’Elsa. Il est surtout le symbole de l’amour qu’on se portait. Alors même si Elsa nous a quittés, notre amour survit.

SUNNIVA : Ah, je comprends mieux. Bon, je crois qu’on a fait le tour ici, on devrait redescendre.

ANNA : Tu ne veux pas t’amuser un peu avec Olaf et ses petits frères ? On ne va pas repartir tout de suite, prenons le temps de souffler, de s’amuser.

SUNNIVA : Ouais, tu as raison.

 

***

 

            Bien sûr que les trois femmes allaient profiter d’un moment de détente et d’amusement avec Olaf et ses petits frères. Sinon, pourquoi avoir fait tout ce chemin ? Sunniva et Kristina s’amusèrent à s’envoyer les snowgies et à jouer à cache-cache avec Olaf. Anna passa beaucoup de temps avec le bonhomme de neige, étant son seul lien réel avec Elsa. Olaf lui avoua qu’Elsa lui manquait énormément, et Sunniva prit le soin de confectionner une statue de glace à l’effigie de la regrettée reine d’Arendelle, pour qu’elle soit toujours avec lui. Elle tint également à ce qu’Anna lui raconte les mauvais passages qu’elles avaient vécu avec Elsa, ce qui était un véritable exercice pour elle.

 

ANNA : Tu sais, Elsa était très compliquée à saisir, déjà parce qu’elle parlait peu, mais surtout parce qu’elle était instable.

SUNNIVA : Ben, je peux comprendre ça. Comment tu te serais sentie à sa place ?

ANNA : Malheureusement, c’est ce que je n’ai jamais su faire. Mais je voulais tellement qu’elle soit ouverte aux autres.

SUNNIVA : Tu aurais dû l’accepter comme elle était, ça aurait sans doute évité vos différends. On ne peut pas changer les personnes.

ANNA : Je sais, mais je l’ai compris trop tard. Mais je crois qu’elle n’a pas totalement disparu… Tu me rappelles Elsa. Tu n’es pas facile à cerner, tu as souvent des sautes d’humeur, mais c’est pour ça que je t’aime.

 

            Sunniva resta sans mot face aux déclarations de sa mère mais il lui suffisait de la prendre dans ses bras pour lui prouver son amour. Ces quelques minutes de sérénité leur paraissaient des heures, elles qui n’avaient jamais eu de moment pour elles seules. Kristina les regarda mais un sentiment mitigé la saisit, entre la fierté de les voir s’aimer et le regret de ne jamais pouvoir vivre un tel moment. C’était comme si le temps s’était arrêté au palais de glace. Mais s’il y régnait la sérénité, on ne pouvait en dire autant à Arendelle.

 

            Kristoff avait rejoint un royaume où il n’avait plus mis les pieds depuis treize ans, mais il se fichait de savoir ce qu’en penseraient les villageois. Il n’avait qu’un but, récupérer le château, même si le prince Lars s’y trouvait. Pour lui, il l’avait volé, personne ne pouvait le faire changer d’avis. S’il n’avait pas confiance en le prince des Îles du Sud, personne ne pouvait l’assurer de son sérieux et de sa bonté. Pas la peine de chercher un passage à l’abri des regards, Kristoff surgit de la forêt et surprit les villageois, qui restèrent figés à sa vision. Déjà, ils ne l’avaient plus revu depuis sa fuite, et ne savaient pas comment il avait évolué. Mais surtout, personne l’osait l’approcher. Il inspirait la crainte et l’interrogation. Pourquoi, tout d’un coup, était-il revenu au royaume ?

 

En le voyant s’approcher du château, certains murmurèrent qu’il allait se passer quelque chose. A la porte, Kai le reconnut et le laissa entrer à l’intérieur du château. D’un pas déterminé, il monta les escaliers et se dirigea vers le bureau dont il ouvrit vigoureusement la porte. Lars, qui observait le royaume depuis la fenêtre, se retourna d’un mouvement furtif, et durcit tout de suite le regard. Il n’avait qu’un bref souvenir de Kristoff, mais n’ignorait pas pour autant ce qu’il avait fait, surtout à Anna et Sunniva. Le prince des Îles du Sud avait placé sa confiance en le prince d’Arendelle, il ne l’a déçu que beaucoup plus. Les deux hommes s’affrontèrent du regard un long instant.

 

LARS : Puis-je savoir ce que vous venez faire dans le château ?

KRISTOFF : Ce serait à moi de poser la question, non ? Jusqu’à preuve du contraire, ce château m’appartient.

LARS : Sûrement pas. Il appartient à la reine Anna, vous ne faisiez que profiter de son statut.

KRISTOFF : Cela n’empêche pas qu’en son absence, c’est moi qui règne sur Arendelle.

LARS : Vous avez sans doute oublié que vous n’êtes pas mariés, Anna et vous. Et tant mieux, d’ailleurs, cela aurait donné une mauvaise image au royaume.

KRISTOFF : Je ne vous permets pas de m’insulter de la sorte, et encore moins de vous mêler de ma famille.

LARS : Votre famille, vous dites ? Si vous y teniez tant, pourquoi avoir fui ? Pourquoi avoir abandonné une femme et une fillette qui avaient besoin de vous ? Par pur orgueil, peut-être ?

 

            Plus Lars le chargeait d’invectives, et plus la colère montait à la tête de Kristoff. Mais quand Lars en vint à sa famille, c’en était trop. Le montagnard chargea le prince qui répondit en écartant son poing levé. On n’avait jamais vu ça, surtout à l’intérieur même, un affrontement à mains nues. Il faut dire que Kristoff et Lars s’étaient bien cherchés. En se battant, ils quittèrent même le bureau et se retrouvèrent sur le balcon, ce qui avertit les villageois. Ceux-ci furent d’abord surpris, puis choqués de voir leur roi, d’ordinaire si calme, se battre, puis certains lui donnèrent raison, considérant qu’il est le souverain légitime, et d’autres leur rétorquèrent qu’il a abandonné le château.

 

Un affrontement commença aussi entre les villageois, alors que Kristoff et Lars étaient arrivés contre le muret du balcon. Alors que Lars tentait de faire basculer Kristoff qui se débattait, celui-ci relâcha son effort et s’écarta, ce qui fit chuter Lars contre le muret et le fit basculer et retomber au sol, au milieu de villageois effarés. Tous levèrent les yeux vers le balcon, et vers Kristoff, qui s’immobilisa un instant, le regard neutre, avant de re-rentrer dans le château. A ce moment-là, tous les villageois assaillirent la grande porte d’entrée, hormis l’un d’eux qui s’empressa vers les montagnes.

 

            Au palais de glace aussi, l’ambiance allait se tendre. Kristina voulut voir le collier de glace de Sunniva, celle-ci le lui montra



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