était sur ce canot. Sa douleur au ventre surgit alors, la tordant de douleur.
Mathilde : Michelle, vous allez bien?
Emilie : Michelle !
Son cancer lui rongeait de plus en plus le corps. Mais qu'importait la douleur, son esprit était focalisé sur son fils encore à bord.
Michelle : Non...pitié pas maintenant...
Ses douleurs étaient maintenant plus violentes, comme-ci des dents acérés était en train de lui dévorer ses organes.
Michelle : Je ne mourrais...pas maintenant.
Emilie : Michelle ! Répondez-moi !
Mathilde : Un docteur, vite !
Michelle sentait ensuite son énergie se faire absorber, elle voyait trouble et avait la tête qui tournait.
Emilie : Michelle ! S'il vous plait tenez bon !
Michelle : Pas maintenant...
Etait-ce la fin pour elle? Allait-elle mourir sur ce canot de sauvetage alors que son fils était encore sur le paquebot? Michelle contracta tous ses muscles pour empêcher son cancer de lui ôter ses dernières forces.
Michelle : Non...non !
Durant toutes ces années elle avait réussi à sauver son fils de la misère. Pendant de longues années elle était parvenu à préserver son enfant et à lui donner une chance de vivre enfin heureux, au détriment de sa propre santé à elle. Mais à l'heure actuelle, un sentiment d'inachevé la gagna d'un coup et la redressa. Elle refusa catégoriquement de laisser la mort l'emporter avant qu'elle n'eut accompli pleinement son devoir de mère.
Michelle : Gabriel !
Michelle se leva, poussa les passagères assises et bondit hors du cannot.
Emilie : Non Michelle !
Officier : Non ne faîtes pas ça !
Sur le pont, Gabriel vit sa père agrippée à la rembarde deux étages en dessous.
Gabriel : Maman !
Les voyageurs qui la virent la saisirent et l'aidèrent à revenir à bord du paquebot.
Gabriel : Maman ! Non !
Le jeune homme se rua à travers le pont, poussant hommes et femmes sur son passage. Il entra ensuite dans le hall de réception et descendit les escaliers. Il aperçut sa mère courir vers lui en pleurs. Michelle prit alors son fils dans ses bras et ne le lâcha pas. Egalement en larmes, Gabriel s'en voulait de ne pas avoir réussi à sauver sa mère. Comme un petit enfant, il se réfugia contre elle qui lui caressait tendrement les cheveux et lui embrassait sans cesse les joues.
Gabriel : Pourquoi t'as fais ça ! Tu n'aurais pas dû !
Michelle : Et te voir périr sur ce fichu bateau?
La mère et le fils ne se quittèrent désormais plus. A l'heure où le silverstar était en train de couler, Michelle et Gabriel restèrent ensemble comme ils l'avaient toujours été.
...
Une heure s'était écoulée après la colision. Suite à un court-circuit, toutes les lumières du Silverstar furent éteintes, plongeant le paquebot dans les ténèbres de la nuit. Seule la pleine lune éclairait de sa lumière blanche la catastrophe qui avait lieu au beau milieu de l'océan Atlantique. Toute la moitié avant du paquebot était engloutie pendant que la poupe s'était élevée à plusieurs mètres de hauteur au-dessus de l'eau. Mais à cause de son énorme poids, le paquebot se fendit en deux, laissant la poupe retomber en flottaison. Le drame se poursuivit quand la partie avant du paquebot entraîna la poupe avec elle. Celle-ci s'inclina de nouveau, complètement à la verticale, puis après plusieurs secondes, s'enfonça au fond de l'océan.
Dans l'eau glaciale de l'Atlantique, des milliers de passagers, hommes, femmes et enfants se retrouvaient maintenant perdus en plein océan. On n'entendit rien d'autre que des cris d'horreur, des personnes appelant à l'aide, peinant même à rester à la surface. il était minuit passé, et en une nuit de pleine lune, le silverstar, ce paquebot insubmersible, avait définitivment sombré.
...
L'océan avait retrouvé son silence naturel. Une grosse demi-heure était passée après le naufrage. La panique avait disparu et avait laissé derrière elle de nombreux cadavres gelés, flottants dans cette eau où pas une vague ne perturbait l'atmosphère morbide. Cet endroit de l'Atlantique s'était transformé en un véritable cimetière où reposaient environ deux mille corps.
Sur un gros morceau de débris, Gabriel était allongé et hors de l'eau. Face à lui, sa mère était restée dans l'eau, appuyée au débris pour ne pas couler. Il faisait si froid, Gabriel tremblait sans arrêt et ne sentait plus son corps, pas même le gilet de sauvetage que lui avait enfilé sa mère.
Michelle (en tremblant) : Tu verras...Il ne vont pas...tarder à arriver.
La mère tenait les mains de son fils pour les réchauffer. Elle enleva du mieux qu'elle pouvait les petits morceaux de glace qui s'étaient formés sur son visage, bien que ses doigts lui faisaient mal.
Gabriel : J'ai trop froid...
Gabriel était tout blanc et tremblait de partout. En le voyant, sa mère se remémora tous les bons souvenirs qu'elle avait passé avec lui, du jour où il ouvrit ses yeux pour la première fois jusqu'à celui où ils avaient tous les deux embarqués à bord du silverstar. Gabriel était la raison principale de son bonheur, sa raison de vivre, et elle était si reconnaissante à la vie de lui avoir permise d'élever un si beau garçon. Vivre cet instant lui rappela également les nuits orageuses où il s'endormait dans ses bras, au fond d'une impasse sous une pluie torentielle. Michelle était maintenant à bout de forces. Elle avait utilisé tout ce qui lui restait pour sauter du canot de sauvetage et sauver son fils de la noyade au moment où le paquebot était en train de sombrer. Elle ne pouvait plus rien faire. Elle ne sentit également plus du tout son corps, ses bras lui faisaient mal et son visage s'était durci.
Michelle : Gabriel...Gabriel écoute moi...
Gabriel : ...
Michelle : Tu vas te tirer de là.
Gabriel : ...Maman...
Michelle : Tu vas te tirer de là, et tu vivras heureux. Tu auras la vie dont tu as toujours rêvé.
Gabriel : Je n'y...arriverai pas...Je n'en peux plus...
Le jeune garçon était épuisé. Toutes ces années de fardeaux lui firent finalement craqué. Bien qu'il ne pouvait pas bouger, il laissa couler sur son visage toutes les larmes de son corps. Pour la première fois, il pleura sans retenu, lui qui avait toujours honte de se montrer abattu devant sa mère.
Michelle : Je t'interdis...Je t'interdis de dire ça Gabriel. Tu m'entends? Tu n'as pas le droit.
Malgré l'eau glacial qui compressait sa poitrine de douleur, Michelle prit un ton un peu plus ferme.
Michelle : Je me suis battu toute ma vie...pour te sauver. Alors ce n'est pas ici que tu vas mourir, pas aujourd'hui...Gabriel, promets-moi que tu n'abandonneras jamais.
Gabriel : ...
Michelle : Gabriel...Promets-le moi !
Gabriel devait tout à sa mère. Lui aussi s'était battu pour la rendre heureuse. Alors si telle était sa volonté, c'était ainsi qu'il devait faire.
Gabriel : Je te le promets.
...
Une heure maintenant était passée après la disparition du silverstar. Sur son débris, Gabriel ne pouvait s'empêcher de penser à Emilie. En regardant le ciel scintiller par ses nombreuses étoiles, il s'imagina le visage de sa bien-aimé, plongea son regard dans ses yeux émeraudes et admira sa belle chevelure blonde s'envoler avec délicatesse. Mais quelque chose le tira doucement de son imagination. En tournant doucement la tête à gauche, il aperçut une petite lumière à l'horizon. En la regardant attentivement, il remarqua que cette lumière grandissait lentement.
Gabriel : Ils sont là...
Le jeune homme secoua la main de sa mère pour la prévenir de l'arrivée d'un canot.
Gabriel : Maman...Ils sont là.
Michelle ne donna aucune réponse. Toujours appuyée contre le débris, la tête dans ses bras, elle avait les yeux fermés et ne tremblait plus.
Gabriel (en secouant la main de sa mère) : Maman?
Gabriel insista pour la réveiller, mais toujours rien.
Gabriel : Maman réveille-toi...Maman !
Les mains de Michelle étaient complètement gelés. Sa bouche ne dégageait plus aucune buée.
Gabriel : Maman...
Gabriel refusait de l'accépter. Il persista et essaya encore et encore de la tirer de son sommeil profond. Le visage blanc de Michelle complètement figé ne montra plus aucune réaction. Malgré l'insistance de Gabriel, plus rien
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