Le commandant du paquebot avait ordonné à ce que tous les passagers enfilent leur gilet de sauvetage et rejoignent le pont. Les officiers firent ainsi passer le message aux voyageurs dans chaque chambres et couloirs. Pour ne pas provoquer de mouvement de panique, ils les rassurèrent en mentionnant une panne d'hélice et que le gilet n'était qu'une simple mesure de précaution. 

Emilie avait averti ses parents dans leur chambre, ainsi que Nicolas et Rachel. Sans répandre la nouvelle, ils montèrent tous ensemble sur le pont où se trouvaient déjà un bon nombre de voyageurs en train de discuter paisiblement sur la prétendue panne. Un petit orchestre avait même été installé pour jouer quelques mélodies afin d'apaiser l'atmosphère. 

Les premiers canots étaient enfin prêts à l'emploi. Un officier prit la parole devant les voyageurs présents devant lui en élevant la voix assez fort.

Officier : Messieurs dames, s'il vous plait ! Je vais demander uniquement aux femmes et aux enfants d'embarquer à bord des canots.

De leur côté, Emilie aperçut monsieur Stéphan passer près d'eux. Elle connaissait quelques membres de l'équipage, mais monsieur Stéphan était également un ami de ses parents. Elle l'arrêta discrètement, car elle avait lu l'inquiétude sur son visage.

Emilie : Monsieur Stéphan.

Monsieur Stéphan : Emilie?

Emilie (doucement) : J'ai vu l'icebreg de mes yeux. Et vous êtes inquiet tout autant que moi...

L'architecte, bien conscient qu'il ne pouvait rien cacher à Emilie, la prit à part elle et sa famille.

Monsieur Stéphan : En effet, le paquebot va couler dans une heure. Surtout ne le dîtes à personne pour l'instant.

Mathilde : Es-tu sûr Gérald?

Monsieur Stéphan : Absolument. Et n'attendez pas pour monter dans un canot. Je vous en supplie, n'attendez pas.

Après les avoir avertis, monsieur Stéphan s'éloigna et se fondit parmi les passagers. Nicolas et sa femme se regardèrent sans dire un mot pendant que Mathilde s'agrippa à son mari. 

Emilie : Maman...

Mathilde : Oui Emilie?

Emilie : Il faut que j'aille prévenir Gabriel.

 

Animation source - Je te le promets

Partie 5

 

Dans les couloirs, les passagers s'interrogèrent sur la raison de l'arrêt du paquebot. Tous sortirent de leur chambre pour chercher réponse auprès des hôtes. Ces derniers les rassurèrent et les invitèrent seulement à enfiler leur gilet de sauvetage. Gabriel se faufila entre les nombreuses personnes qui circulaient dans les couloirs puis parvint à regagner sa chambre. Sa mère était en train de lire un livre sur son fauteuil.

Gabriel : Maman ! Il vient de se passer quelque chose.

Michelle : Quelque chose? Quoi donc?

Le jeune homme referma la porte de derrière lui afin que personne ne surprenne leur discussion.

Gabriel : Un iceberg...On vient de percuter un iceberg.

Michelle referma son livre et se redressa lorsqu'elle entendit ces paroles venant de son fils.

Michelle : Quoi? Tu es sûr?

Gabriel : Oui. Je l'ai vu avec Emilie. Il faut qu'on aille sur le pont. Viens vite.

Gabriel prit la main de sa mère et voulut l'entraîner avec lui vers la sortie.

Michelle : Non Gabriel, attends...

Gabriel : On n'a pas le temps maman. Il faut y aller !

Michelle : Vas y toi, je préfère rester ici pour l'instant.

Gabriel : Ne fais pas ta fainéante !

De force, il tira sa mère vers la porte sans lui laisser le choix. Michelle essayait de s'y opposer mais rien à faire, son fils était bien décidé à la faire sortir d'ici.

Michelle : Gabriel...il faut que je te dise quelque chose.

Soudainement intrigué, Gabriel regarda sa mère en se demandant bien ce qu'elle avait à lui dire en cette situation problablement critique.

Michelle : Gabriel, je suis...

Michelle hésitait encore à lui révéler sa maladie, mais tôt ou tard il finirait par l'apprendre, et sa condition physique se détériorait de plus en plus.

Michelle : Je suis en phase finale d'un...

La porte de la chambre s'ouvrit alors brusquement, faisant sursauter Michelle. Emilie apparut toute essouflée.

Gabriel : Emilie? Pourquoi tu n'es pas sur le pont?

Emilie : Le paquebot...va couler dans une heure.

Michelle : Oh mon dieu...

Gabriel : Fichons le camp d'ici !

Gabriel prit les deux gilets de sauvetage qui se trouvaient sous leur lit pendant qu'Emilie saisit Michelle par la main.

Emilie : Venez Michelle.

Ensemble, ils sortirent enfin et traversèrent les couloirs pour rejoindre le pont. Devant elles, Gabriel dégageait le passage en écartant les autres passagers qui se faisaient de plus en plus nombreux.

Emilie (discrètement à Michelle) : Vous ne le lui avez pas encore dit?

Michelle : Pas tant qu'il sera sur ce bateau.

...

Une vingtaine de minutes était passée depuis la colision et l'eau avait déjà englouti la proue du paquebot. La panique générale avait désormais commencé. Les cris retentissaient dans tout le navire, et les passagers se marchaient sur eux pour embarquer le plus rapidement possible. Alors que les officiers continuaient de déployer les canots de sauvetage en ne faisant embarquer que les femmes et les enfants, ils eurent du mal à maîtriser les nombreuses bousculades des foules qui faisaient pression devant les canots déjà prêts. Certains officiers donnèrent même des coups de feu en l'air afin de remettre de l'ordre et du calme. Pendant que certains canots descendaient le long du navire, des passagers enjambaient la rambarde pour essayer d'embarquer. Les officiers les en empêchaient en les poussant à l'aide de poutres en bois.

Officier : Arrière tout le monde où je tire sur le prochain qui s'avance ! 

A l'arrière du paquebot, Emilie, Gabriel et Michelle rejoignirent les parents d'Emilie ainsi que Nicolas et sa femme.

Mathilde : Emilie ! Dieu merci vous êtes tous là !

Nicolas : Les canots sont tous pleins ici. Il faut qu'on aille voir de l'autre côté.

Enfin réunis, ils parcoururent le pont pour rejoindre l'autre côté du paquebot. Nicolas et Martin écartèrent les nombreux passagers devant eux qui les poussaient de chaque coins. Ils arrivèrent néanmoins près d'un canot à moitié rempli.

Martin : Dégagez, laissez-nous passer !

Officier : Reculez monsieur ! Uniquement les femmes et les enfants !

Martin : Nous avons trois femmes ici.

Officier : Alors amenez-les. (A d'autres passagers) Reculez j'ai dit ! Ne montez pas !

Des hommes essayèrent d'embarquer de force, mais les officiers les retinrent pendant que Martin et Nicolas libérèrent le passage pour leur femmes.

Nicolas (à Rachel) : Monte Rachel, je te rejoindrai après.

Rachel : Nicolas, non...Viens avec moi !

Martin : (à Mathilde et Emilie) : Nous prendrons le prochain. Restez ensemble et écoutez l'officier.

Ne voulant pas se séparer de son mari, Mathilde se blottit dans ses bras et le serra de ses dernières forces avant que l'officier la prit et la força à embarquer.

Martin (à Emilie) : Vas y ma chérie. on se verra plus tard.

Emilie : Papa...

Gabriel et Michelle assistèrent aux douloureuses séparations. Mais pour Michelle, il était hors de question que son fils reste sur ce paquebot une minute de plus.

Michelle : Monte à ma place Gabriel.

Gabriel : Non, il faut que tu montes maman. Dépêche-toi, il sera bientôt plein !

Michelle : Je ne monterai pas sans toi.

Gabriel : Ne fais pas l'idiote s'il te plait, il faut que tu montes !

Michelle : Non Gabriel !

Nicolas : Montez madame, vite !

Mathilde : Venez Michelle !

Michelle fut entraînée de force dans le canot.

Officier : Allez-y ! Descendez le canot !

Le canot de sauvetage entama sa descente le long du paquebot. Les trois femmes s'étaient serrées entre elles en regardant leurs maris et fils encore à bord du navire. Contre la rambarde, Nicolas, Martin et Gabriel ne quittèrent pas des yeux le canot qui continuait de descendre lentement.

Nicolas : Vous savez qu'il n'y a pas assez de canots pour tous les passagers?

Gabriel : Toi aussi tu l'avais remarqué?

Martin : Evidemment. Ils pensaient ce navire insubmersible.

Le canot était à la moitié de son parcours. 

Nicolas : Gabriel, je peux te demander un service?

Gabriel : Lequel?

Nicolas : Si par miracle tu survis...pourras-tu aller voir ma petite soeur Nathalie?

Sur le canot, Emilie prit Michelle contre elle. La mère de Gabriel avait encore les yeux fixés vers ceux de son fils. Celui-ci lui souriait pour la rassurer, mais sa conscience la tourmentait à l'idée de voir son fils en danger alors qu'elle même était sur ce



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