qu'Emilie, assise sur le bord du lit, lui tenait la main.
...
Un long moment était passé. Michelle s'était endormie pendant qu'Emilie se tenait toujours près d'elle, repensant à la requête qu'elle lui avait faîte. Ses sentiments pour Gabriel s'étaient confirmés, elle l'aimait profondément. Mais elle avait aussi de l'affection pour Michelle, et c'est bien cette brave femme qui avait le plus besoin de son fils. Emilie ne voulait pas être la cause d'un éloignement au sein de cette famille, et sa relation avec Gabriel pouvait bien en être le début.Cette situation mit Emilie mal à l'aise et lui fit travailler toute sa tête. Ses larmes ne séchèrent pas face à ce dilemme. Devait-elle accépter la requête de Michelle, ou enterrer sa relation avec Gabriel? Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps car la porte de la chambre s'ouvrit. Très rapidement, Emilie se frotta les yeux et essuya les larmes sur ses joues.
Gabriel : Ben alors, ça fait plus d'une heure et demie que je vous attends.
Emilie : Oui, excuse-nous...On a beaucoup discuté.
Gabriel : Qu'arrive-t-il à maman?
Emilie : Elle est très fatiguée et elle s'est endormie. Je devrais la laisser se reposer maintenant.
L'adolescante se leva et passa devant Gabriel pour sortir de la chambre, sans même le regarder.
Gabriel : Euh...Tu veux que je...
Emilie : Non. Reste avec elle, s'il te plait.
Sans en dire plus, Emilie emprunta le couloir et rejoignit le pont.
Gabriel fut surpris de la réaction de son amie à l'instant même. Elle avait parut brève et embarassée lorsqu'il était entré. L'envie de la rejoindre immédiatement pour lui demander des explications le démangeait, mais il fit preuve de sagesse et laissa le temps calmer cette soudaine tension.
...
Une nouvelle nuit obscurcit l'océan sur lequel le Silverstar naviguait. Seul sur la proue du paquebot, Gabriel était accoudé sur la rambarde, perdu dans les douces vagues sur lesquelles la lune reflétait sa lumière. Depuis ce matin, Gabriel n'avait plus revu Emilie. Il avait pourtant fouillé le paquebot de fond en comble, retournant même dans la salle à manger sans avoir enfilé de costume. Il avait d'ailleurs forcé le passage car les portiers ne voulaient pas le laisser entrer, mais Nicolas était intervenu à temps et l'avait accompagné. Lui aussi n'avait pas croisé Emilie de la journée, à croire qu'elle avait complètement disparue. Pour s'être fait recalé de la sorte, Gabriel aurait par habitude été en colère et gardé une énorme rancune. Mais il n'y arrivait pas envers Emilie. Il en était plutôt triste, déboussolé et ressentait un vide au plus profond de son être. Pourquoi son amie était-elle devenue si froide ce matin? Que s'étaient-elles dites elle et sa mère? Gabriel était-il finalement redevenu qu'un simple vagabond à ses yeux? Le jeune homme essayait tant bien que mal de tirer leçon de cette situation pour essayer de se ménager. Il se disait qu'il en était mieux ainsi, qu'Emilie méritait mieux qu'un garçon sortant de la rue.
Gabriel : Idiot !
Gabriel s'en voulait de devoir verser des larmes pour ça, mais il ne pouvait plus retenir la peine qui le submergeait. Ses larmes tombèrent du haut du paquebot et furent emportées par la brise qui soufflait au dessus de l'Atlantique, brise qui devint légèrement glaciale.
En haut du poste d'observation, le mâs le plus haut que l'on appelait aussi le nid-de-pie, deux veilleurs étaient de garde cette nuit.
Premier veilleur : Brrr, tu trouves pas qu'il fait de plus en plus froid?
Second veilleur : Frileux va. Ne me dis pas que c'est un petit vent de l'Atlantique qui te fait trembler.
Premier veilleur : Je viens pas du nord comme toi hein.
Alors que le paquebot continuait d'avancer, les deux veilleurs aperçurent une étrange silhouette qui se détachait du fond marin.
Premier veilleur : Qu'est ce que...
Jusque là encore dissimulée dans l'ombre, la silhouette prit de la densité pendant que le paquebot s'y approchait. L'air devint de plus en plus glaciale, le silence harmonieux se transformait petit à petit en un silence pesant, jusqu'à ce que la lumière de la lune balaya l'ombre qui voilait cet masse.
Premier veilleur : Nom de Dieu !
Le veilleur sonna la cloche. Monsieur Weber en poste sur la terrasse entendit le signal qui retentissait du haut du nid-de-pie. Il pointa son regard droit devant et essaya d'identifier ce qui approchait. Le téléphone de la passerelle de navigation sonna également. Un officier répondit à l'appel provenant du poste d'observation. En décrochant, il entendit le veilleur hurler au bout du fil.
Veilleur : Est-ce que quelqu'un m'entend?
Officier : Oui je vous écoute, qu'il y a-t-il?
Veilleur : Un iceberg droit devant !
Monsieur Weber se précipita vers la passerelle de navigation où l'alarme avait été donnée.
Officier : Iceberg droit devant monsieur !
Monsieur Weber : A babord toute !
L'officier à la barre la tourna immédiatement jusqu'à son maximum. Monsieur Weber bouscula un officier en se ruant vers le transmetteur d'ordre. Il plaça le levier vers l'ordre "Arrière toute" et fit de même vers un deuxième transmetteur. Dans la salle des machines, l'officier à la tête fit passer l'alerte reçue sur son télégraphe. Tous les ouvriers reprirent en panique leur poste pour faire baisser la pression et réduire la vitesse des hélices. L'alerte fut également transmise dans la salle des chaudières où l'ouvrier en chef ordonna la ferméture immédiate de tous les foyers. C'est au moment où les machines furent bien ralenties que l'officier ordonna leur mise en marche arrière.
Officier : Machines en arrière toute !
Devant la passerelle de navigation, monsieur Weber fixa l'iceberg qui s'approchait dangereusement de la proue. Il supplia le paquebot de virer à gauche. L'immense poids du Silverstar lui fit prendre un moment avant qu'il ne commence à dévier tout doucement à gauche, alors que l'imposant iceber était encore sur la trajectoire du paquebot.
Monsieur Weber : Aller, vire...vire !
Toujours dans ses pensées, Gabriel eut des frissons à la chair mais n'avait pas encore remarqué la glace qui s'apprêtait à lui passer tout près.
Emilie : Gabriel attention !
Gabriel : Hein?
Emilie l'avait vu, et lui tira le bras pour le faire reculer de la rambarde.
Monsieur Weber : On va toucher !
Bien qu'il ait réussi à virer, le Silverstar n'évita pas l'impact. L'iceberg fissura le côté avant droit du paquebot en longueur. Gabriel et Emilie furent secoués par la collision et se tinrent l'un à l'autre. Tout l'avant du bateau tremblait pendant que la glace continuait à transpercer l'acier. Les mains sur la rambarde de la terrasse, monsieur Weber sentait les grosses secousses qui ébranlaient la passerelle de navigation.
Monsieur Weber : A tribord toute !
L'officier à la barre changea la direction et tourna la barre à tribord comme ordonné. Les officiers de la passerelle restèrent sans voix et gardèrent les yeux sur l'iceberg. Gabriel et Emilie aussi furent figés sur place en voyant l'immense masse de glace se détacher du paquebot et s'éloigner au loin.
Monsieur Weber : Appelez le commandant. Et notez l'heure de l'impact dans le journal de bord.
Encore chamboulée par le choc, Emilie se tenait contre Gabriel. Bien blottit contre lui, sa main sentait les coups donnés par le coeur de son ami.
Gabriel : Il faut que je prévienne ma mère. Va le dire à tes parents aussi.
Emilie : Gabriel, attends !
Alors que le jeune homme s'apprêtait à partir, Emilie le retint par la manche de sa chemise. Dans sa lancée et sans aucune hésitation, elle s'approcha de la joue de son ami et y posa ses lèvres. Surpris par cette soudaine approche, Gabriel en oublia brièvement la collision qui venait de se produire. Il devint tout rouge et se laissa totalement envahir par un sentiment de joie qui fit disparaître toute la tristesse qu'il avait éprouvé.
Emilie : Je t'aime.
Gabriel : Je...euh...
Emilie : Aller file.
C'est la jeune femme qui partit en première. Lorsqu'elle disparut, Gabriel resta quelques secondes sur place en train de planer sur son petit nuage. Le passage du commandant et de quelques officiers devant lui lui fit cependant redescendre sur terre.
Gabriel : Maman !
...
Le commandant Stuart avait ordonné l'arret des machines,
| Page Précédente | 1 2 3 | Page Suivante |
| 19 Septembre 2019 | ||
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... | ||
| Grande Méchante Admin ~ |
Mdr il a bon dos l'accent! ![]() |
| 19 Septembre 2019 | ||
| Ancien Modérateur | ||
Ah pour Gabriel et Emilie il fallait une histoire telle que Titanic !
ABSOLUMENT pour l'accent xD ! Tu comprends pourquoi il y a tant de fautes? ![]() |
| 19 Septembre 2019 | ||
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... | ||
| Grande Méchante Admin ~ |
Ah dès le début on sent que ça va finir à la Titanic cette histoire
xD Wow Michelle qui veut direct être seule à seule, ça ne rigole pas! Elle n'a pas de temps à perdre la petite, courage Emilie J'aime beaucoup l'image des larmes emportées par la brise, comme c'est poétique =3! "la ferméture" en fait j'ai compris, kaito, ton narrateur a un accent? Ah on sait tous comment ça finit cette histoire avec les canots! Mignonne la scène entre Emilie et Gabriel pendant l'impact, romantique va xD |