à sa mère. Quand il n'était encore qu'en primaire, ses parents avaient décidé de quitter Paris pour aller vivre à New York. C'est là-bas que son père lança son affaire et monta sa propre entreprise. Mais une fois arrivé au sommet de sa gloire, il brisa sa famille et décida de quitter sa femme et son fils. Il avait littéralement pillé sa maisonnée, prenant avec lui tout l'argent et les biens de la famille. Michelle et Gabriel s'étaient alors retrouvés dans les rues de New York, sans aucune ressource pour vivre. Pas même la belle-famille ne leur ont accordé la moindre attention. Pendant plusieurs mois, ils avaient vécu dans la rue, le froid, la chaleur, l'humidité, la saleté. La détermination de Michelle lui permit néanmoins de trouver un petit travail en tant que femme de ménage, avec un revenu tout de même insuffisant pour subvenir aux besoins de son fils. Sans relâcher, elle avait continué à travailler jour et nuit pour pouvoir trouver un logement insalubre, de quoi se nourrir, et surtout permettre à son fils de poursuivre ses études. Voyant que sa mère fatiguait à force de se démener, Gabriel avait bien voulu l'aider et trouver lui-même un travail, mais elle refusait catégoriquement. C'était donc dans cette misère que Gabriel avait grandi et s'était endurci. N'ayant jamais pardonné à son père d'avoir imposé de telles souffrances à sa propre femme, le jeune garçon avait nourrit une haine profonde envers les autres et n'avait confiance en personne. Pour lui, la seule personne à qui il devait rendre des comptes était sa mère, celle à qui il devait la vie. Même dans le chaos, elle avait renié ses propres intérêts pour ceux de son fils. Elle s'était dépensé jusqu'à en ne plus dormir pour pouvoir payer ces deux billets d'embarquement sur le Silverstar, afin qu'enfin ils puissent retourner en France, rejoindre la mère de Michelle et retrouver une vie paisible à la campagne. Cette grande mésaventure avait étroitement rapproché Gabriel de sa mère. Elle était pour lui sa seule confidante, celle à qui il pouvait tout dire, celle en qui il avait le plus confiance, et surtout celle qu'il aimait le plus au monde. 

Le soleil brillait de mille feux au-dessus de l'Atlantique. Beaucoup de personnes se promenaient déjà à l'extérieur pour profiter du beau temps et de la magnifique vue sur l'océan. Assis bien confortablement sur une chaise longue, Gabriel profitait de son temps libre pour compléter son carnet de dessins. L'art était son moyen de s'échapper et s'exprimer pleinement. Même sa vie dans les rues ne l'avait pas empêché de se vider l'esprit dans ce loisir. Il dessinait sur tout ce qu'il pouvait trouver : journal, carton, mur...L'art l'avait aidé à endurer sa terrible enfance, et jusqu'à aujourd'hui il ne s'en est jamais séparé. Gabiel s'était installé en plein soleil, mais quelque chose vint soudainement lui faire de l'ombre. Mécontent d'être perturbé dans son travail, l'adolescant leva les yeux : deux jeunes hommes d'a peu près son âge s'étaient placés exprès devant lui, les mains dans les poches. Ces deux inconnus étaient habillés en costume noir et chemise blanche accompagnée d'un noeud papillon.

Julien : Regarde moi ça Théo, on accepte les clochards sur le Silverstar.

Théo (à Gabriel) : T'as rien à faire sur ce bateau petit, alors fiche le camp.

Gabriel préféra soupirer et poursuivre son dessin sans même leur prêter attention. Ce n'était pas les premiers "ringards en costume" qu'il avait croisé sur sa route. Dans ce genre de situation, Gabriel aurait déjà donné le premier coup de poing. Mais tenant compte du lieu et du monde, il préféra prendre sur lui. Il sentit alors une main tirer sur son carnet. Théo le lui arracha puis le balança au loin.

Julien : Et en plus de ça il veut jouer les durs avec la première classe.

C'est en ayant été interrompu dans sa détente que Gabriel se révéla. Des frissons de colère remontèrent jusqu'à son visage et le poussèrent à se lever et faire face à ses perturbateurs. Les deux garçons étaient un peu plus grands et musclés que lui, mais ce n'était pas ce détail qui avait empêché Gabriel de se mettre nez à nez face à Théo. Le visage de ce dernier changea radicalement d'expriession. Son sourire moqueur fut effacé par l'intrépidité de Gabriel. Voyant cela, c'est Gabriel qui eut un sourire en coin.

Gabriel : Dégage de ma vue le pingouin.

Théo se saisit alors brusquement de Gabriel par la chemise et leva son poing. Au même moment, une dame en longue robe bleue appela le garçon.

Mère de Théo : Théo, c'est l'heure du déjeuner !

Théo resta le poing levé, fixant Gabriel qui le provoquait du regard comme s'il le défiait de le frapper.

Gabriel : Tu as entendu? Ta maman va te donner à manger..

Mère de Théo : Théo !

Gabriel : Alors va bouffer ton caviar.

Théo : J'arrive maman...

Le garçon reposa Gabriel et lui souffla ses derniers mots.

Théo : On se reverra gamin.

Gabriel : C'est quand tu veux.

Le garçon en costume tourna sur ses talons et partit rejoindre sa famille, accompagné par son ami Julien. Enfin débarassé de ces deux gaillards, Gabriel réajusta sa chemise. Il était parvenu à toucher l'égo de son aversaire, ce qui le rendit pleinement satisfait de l'issue de cet accrochage. Au fond, il savait qu'il allait devoir encore faire face à eux. Mais cela ne le dérangeait pas. Au contraire, il y voyait là un bon moyen de pimenter son voyage jusqu'en France.

...

Longeant la rambarde, une jeune fille se promenait seule sur le paquebot. Sa fine robe blanche se laissait porter par la brise d'air fraiche pendant sa marche, alors que les rayons du soleil faisaient scintiller sa peau douce. Elle regardait l'horizon où se rencontraient ciel et mer quand quelque chose l'interpella. Elle sentit sous sa ballerine un objet qu'elle venait d'écraser involontairement. En remettant ses mèches de cheveux blondes derrière son oreille, elle se baissa et ramassa l'objet : un carnet de dessin. Elle feuilleta alors le carnet avec ses yeux émeraudes et remarqua que tous les dessins étaient signés d'un même nom : Gabriel Agreste. Elle n'eut pas le temps d'en voir plus que la voix de sa mère l'appela.

Mère d'Emilie : Ma chérie, nous allons déjeuner.

Emilie : J'arrive maman.



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Commentaires

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Derniers commentaires

23 Avril 2019
Ancien Modérateur
Merci beaucoup vous deux ! =D Content que ça vous plaise ! :RomanticMarinette:

20 Avril 2019
Posteur de News, Mod. persos de fans, Mo... France Fille
Eternelle sale gosse
Mon dieu, mais cette fanfic est magnifique! :RomanticMarinette: J'aime beaucoup ton style d'écriture et ton scénario. :icon74: D'ailleurs, ça fait du bien de voir Gabriel Agreste au premier plan dans une création, ça change! Hâte de voir la suite! :icon648:

19 Avril 2019
Admin du Site, Constructeur de Site (Inf... France Fille
Grande Méchante Admin ~
Ouuuuh une fic spécialement pour ML, c'est qu'on a un vrai fan! C'est très bien écrit ! Ça fait voyager avec les personnages sur le paquebot sous les doux rayons de la mer et l'air marin malgré des odeurs diverses de bourgeoisies. J'aime ce développement du personnage de Gabriel qui devient finalement assez ironique lorsqu'on sait le milieu dans lequel il finira par travailler - ç'aurait dû lui enseigner l'humilité! J'aime l'idée en tout cas d'écrire leur rencontre et il me tarde de lire la suite de ce joli début de fanfic :)




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