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Kaltagirl
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Sujet du message: Extrait de texte sans nom Posté: 14 Mai 2008, 21:40 |
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| Animation Source fan! |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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Je ne sais pas si c'est bien écrit , étant donné que jusqu'à présent il n'y a qu'une seule personne qui l'a lue ( à part moi) . J'éspère en faire un BD un jour =) Cet extrait là ne correspond pas dutout au début (certains passages sembleront peut-être obscurs du coup) , en fait c'est le début de la seconde partie, y'a pleins de trucs qui se sont passés avant donc . En fait le texte entier (enfin presque , j'arrive enfin vers la fin) est écrit dans des cahiers de brouillons que je garde précieusement cachés dans ma chambre . Je le ré-écrit à l'ordi en commençant par les passages que je préfère et celui-ci est le premier que j'ai mis "au propre" . J'aime bien utiliser des vieux clichés, faire de longs paragraphes sur des trucs à première vue futiles et m'étaler des lignes entières sur mes personnages XD y'a beaucoup de trucs en rapport avec ma vie privée, c'est un peu comme un défouloir . En fait je ne sais plus exactement quand je l'ai commencé , ça fait plusieurs mois maintenant, y'a de quoi faire Je ferais peut-être un résumé de l'hsitoire entière mais là j'ai franchement la flemme . Le tout est assez complexe et ça me prendrait du temps . Si quelqu'un a le courage de lire en entier ( mais j'en doute lol) , toutes les critiques sur la manière d'écrire et la clarté du texte sont les bienvenues . En revanche je suis très attachée à mes personnages et je ne les modifierai pas . J'arrive pas faire des alinéas sur le forum (*zbaf*) alors je mets des petits traits . Extrait 1... _ Grégoire s’était imaginé qu’en changeant la garde-robe de son ami, celui-ci passerait inaperçue. Il s’était trompé. Quoi qu’il ne porta plus ses chaussures à talons hauts, Maverick était toujours beaucoup plus grand que tout le monde. Sa tête et ses épaules dépassaient ainsi du flot humain qui l’entourait. Hommes et femmes s’arrêtaient sur son passage et le défiguraient avec surprise, curiosité, et crainte parfois, si bien qu’il devint en l’espace de quelques minutes l’attraction principale du quartier. Il avait troquée son élégante chemise bleue contre un vieux vêtement blanc cassé, trop petit pour lui, qui lui moulait le torse et l’empêchait de bouger correctement les bras. La laideur du haut contrastait beaucoup avec la qualité de son pantalon, qu’il avait gardé faute d’en trouver un autre à sa taille. Les chaussures, également trop étroites, étaient trouées et le cuir s’en détachait à plusieurs endroits. Cela ne semblait cependant pas l’incommoder et il gardait la démarche fluide et féline qui le caractérisait habituellement, les épaules inclinées vers l’avant et les pointes de pied légèrement tournées vers l’intérieur. Afin d’en cacher la véritable couleur, il avait enduit son visage, son buste et ses bras d’un maquillage blanc bon marché qui lui donnait une allure artificielle de poupée en porcelaine géante perdue dans un univers de nains. Cette nouvelle teinte donnait à ses yeux des nuance plus éclatantes, dévoilant comme jamais ses petits iris d’un bleu dur et perçant. Quoi que cela puisse sembler futile, Grégoire s’étonna fortement de voir les cheveux de son ami légèrement décoiffés et poussiéreux, chose qui n’arrivait jamais dans l’Edemo où ils semblaient toujours figés dans l’excellence d’une coiffure mathématiquement conçue sans avoir à être entretenue. Il s’était amusé, le matin même, à observer les mèches blondes ou cuivrées s’entrelacer sous l’effet d’un coup de vent inattendu, tandis ce que Maverick pestait dans sa langue en les replaçant tant bien que mal. Ceux-ci reposaient à présent sur ses épaules de manière éparse, voletant parfois au vent comme pour souligner leur victoire sur le genre humain. _ Malgré les recommandations de son camarade, Maverick avait tenu à conserver sa canne qu’il serrait à présent sous son bras que Grégoire tenait fermement contre lui, d’une part pour ne pas être distancé (car il était difficile de suivre le slave sans courir lorsqu’il marchait vite), et d’autre part pour prévenir tout geste brusque ou agressif, car cet objet de mode à première vue quelconque, il le savait, contenait en réalité une lame fine et tranchante dissimulée dans son manche orné d’une tête de bélier dorée. Un accident était si vite arrivé, et il savait que Maverick, après avoir passées tant d’années de l’autre côté du fleuve, n’avait plus la même conception de la violence et de la mort. Grégoire avait souvent été témoins de ses colères soudaines qui se manifestaient généralement par la violence envers autrui. Or ici les règles étaient différentes, et agresser une personne pouvait avoir de graves conséquences. Le slave le savait, encore fallait-il qu’il puisse s’en souvenir et se contrôler. _ Contrairement à son habitude, Maverick montrait un certain malaise à se trouver ainsi au centre de tous les regards, lui qui cherchait toujours à s’afficher en public dès qu’il en avait l’occasion. De ses petits yeux triangulaires, il balayait la foule des badauds tel un mirador, s’arrêtant parfois pour fusiller un pauvre passant du regard. Grégoire, qui se trouvait encore blottit contre le bras de son compagnon, sentait parfois les poings de celui-ci se serrer sur sa canne, il lui tirait alors la manche pour lui rappeler qu’il devait garder son calme. Il l’avait vu plus d’une fois dégainer son arme pour des raisons plus que futiles, or l’endroit était très mal choisit pour ce genre de débordements. Le fait de se trouver ainsi collé à Maverick lui procurait une étrange sensation d’assurance qui le troubla. Il savait pertinemment que cette proximité physique ne faisait qu’ajouter à l’allure extravagante de leur duo. Il éprouvait une sorte de fierté à pouvoir approcher de si près la chose qui se trouvait au centre de toutes les attentions, lui qui s’était toujours noyé dans la masse. Cette analyse de ses propres sentiments le fit sourire discrètement et il continuait à trottiner toujours accroché au bras du slave dont le corps élancé et longiligne fendait la foule tel un brise-glace sur la Volga. _ Comme en chaque fin de matinée, la place du commerce se trouvait submergée par une terrifiante marée humaine. Les gens de tous les ages, de toutes les classes se mêlaient ainsi au reste de la population pour ne former plus qu’un monstrueux bloc hétérogène qui avalait inexorablement quiconque tentait de le traverser. Grégoire jugea préférable de louer un fiacre, espérant ainsi se dérober aux multiples yeux de cette masse mouvante qui dès à présent représentait un danger. La maison Castillac n’était pas très éloignée et il avait pour habitude de s’y rendre à pied, or avec Maverick il devenait beaucoup plus compliqué de faire le trajet sans ameuter la moitié de la ville. Le slave n’exprima aucune opinion et suivit le jeune peintre avec indifférence. Un aimable cochet leur proposa ses services. C’était une petite voiture pour deux passagers, parfaitement entretenue, menée par un élégant cheval bai brun à l’allure baroque et relevée. Tout d’abord, faire entrer Maverick dans le véhicule ne fut pas chose facile. Après plusieurs tentatives et quelques séries d’insultes en polonais, il réussit à se coincer au fond de celui-ci dans une drôle de position presque fœtale, recroquevillé sur ses genoux, confiné entre le sol et le plafond beaucoup trop bas pour lui tandis qu’un groupe de curieux se formait autour de l’attelage. Grégoire réussit à se glisser à sa suite, gardant son bagage sur ses genoux. Son compagnon prenant à lui seul la majeure partie de la place disponible, il se retrouva écrasé contre la portière de la petite voiture qui se mit en route. _ Le trajet se passa dans le silence, exceptés les quelques « Psiakrew ! » rageurs de Maverick qui se cognait inévitablement le crâne au plafond du véhicule à la moindre secousse. L’attelage dévalait les rues dans un petit trot agréablement cadencé. Les bruits de sabot résonnaient en rythme sur le pavé et allaient se perdre entre les maisons dans un écho toujours plus lointain. Bien que le voyage fût rapide, une dizaine de minutes tout au plus, Grégoire, prostré comme il l’était dans une posture très inconfortable, le trouva infiniment plus long. La voix du cochet leur annonçant l’arrivée toute proche fût un soulagement. Quelques courbatures lui courraient déjà le long du dos et c’est avec bonheur qu’il mit pied à terre, précédant Maverick qui se cogna une dernière fois en passant tant bien que mal par la petite porte de la voiture. La maison des Castillac était grande, bourgeoise et prétentieuse, encastrée entre deux autres habitations autrefois tout aussi prestigieuses mais qui, avec les années, avaient perdu de leur éclat. Le style général était esthétique quoi que surchargé. On y dessellait une certaine imitation jalouse des grandes maisons aristocratiques. Grégoire ne pouvait s’empêcher de penser que cette mauvaise reproduction des codes de la noblesse trahissait bien l’état d’esprit du propriétaire des lieus qui, malgré ses nombreuses requêtes, ne resterait jamais qu’un riche commerçant bourgeois. Avoir le privilège de la particule, voila qui en faisait rêver plus d’un. Alors on faisait semblant, on se mêlait au grand monde, on adoptait ses codes. « Les gens riches ont décidément de drôles de problèmes » avait pensé le jeune peintre en rencontrant Mr Castillac pour la première fois. En tant qu’artisan, ces petites guerres sociales ne le concernaient pas. Il ne pouvait cependant s’empêcher de les trouver ridicules. _ Le hall était vaste, propre, sobre, luxueux et stylisé. De nombreux miroirs ornaient les murs, donnant une impression agréable d’espace. Un sourire se dessina sur le visage de Grégoire lorsqu’il découvrit son reflet et celui de Maverick dans une des grandes glaces qui se trouvaient à l’autre bout de la pièce ; en effet leurs deux personnes s’accordaient très mal avec le décor qui les entourait. Le premier était trop négligé, avec ses épais cheveux poivre et sel tirés tant bien que mal en une volumineuse queue de cheval, l’autre trop extravagant avec ses vêtements dépareillés trop courts eux-mêmes placés sur un corps qui étonnait par sa taille et sa prestance. Des bruits de pas probablement féminins se résonnèrent dans le grand escalier qui menait au premier étage. Elisabeth venait à leur rencontre. Unique enfant du propriétaire des lieus, c’était une petite jeune fille d’à peine dix-sept ans au grand regard infantile. Ses longs cheveux d’un brun tirant sur le roux étaient noués en un discret chignon à la mode. Elle avait prit soin, comme à chaque séance, de porter la robe que Grégoire lui avait recommandée, un petit vêtement à la fois bourgeois et passe-partout qui (disait-il) s’accordait très bien avec sa personne. La jeune fille était plutôt petite et bien faite, ni trop ronde ni trop mince. Sa taille excessivement étroite trahissait cependant la présence d’un corset serré. Bien qu’elle cherchait à se comporter comme une vraie dame, elle gardait toujours cette immaturité qui amusait ou agaçait, ainsi qu’une joie de vivre à toute épreuve. Sans doute n’avait-elle jamais eus de problèmes réels. _ Grégoire essaya maladroitement de justifier la présence de son compagnon, qu’il présenta comme étant un collègue étranger venu superviser son travail. Elisabeth paru enchantée par la présence de ce drôle de personnage qui, à coup sûr, allait la divertir de milles manières amusantes. Ce n’était pas le cas de Maverick. Le slave ne se lassait jamais de montrer devant la gente féminine une joie et un intérêt de façade, trouvant un certain plaisir à plaire et intéresser. Or cette fois, et Grégoire s’en étonna fortement, il montra un comportement très distant et glacial. Comme il savait si bien le faire, il inclina son grand corps mince avec grâce et souplesse pour baiser la main de la jeune femme. Même ainsi mal vêtu et décoiffé, il gardait son inégalable classe naturelle qui pouvait faire passer n’importe quel dandy pour un lourdaud maladroit. L’énorme différence de gabarit qui existait entre eux rendait néanmoins la scène un peu ridicule. Maverick arrêta quelques instants son regard sur le visage d’Elisabeth et déclara avec un léger accent qui enchanta la jeune fille ; « Vous avez de très jolis yeux, Mademoiselle. » Les mots étaient courtois mais le ton acide. Grégoire, après avoir côtoyé son étrange compagnon pendant tout ce temps, avait appris à déchiffrer son comportement. Il comprit immédiatement que quelque chose clochait, mais la signification réelle de cette fausse flatterie lui demeurait totalement obscure. Elisabeth, elle, semblait aux anges. _ Tout le matériel de Grégoire se trouvait encore installé dans le salon rouge. Mr Castillac avait laissée une seconde chance au peintre mais préférait à présent que le tableau en cours reste en sécurité à la villa, afin qu’il ne disparaisse pas comme le premier. Officiellement, il n’était question que d’une bête histoire de cambriolage. Grégoire était trop honteux pour leur révéler ce qui c’était réellement passé. Il préférait d’ailleurs l’oublier. Elisabeth s’installa et pris la pose selon les recommandations du peintre. L’image terminée devait la représenter assise devant le clavecin qui trônait au milieu de la pièce, comme surprise en plein exercice musical, ce qui pouvait sembler légèrement grotesque étant donné que l’instrument en question n’avait presque jamais servit et que personne mis à part Madame Castillac ne savait en jouer. La maîtresse de maison, très amatrice de musique, gardait jalousement son propre instrument dans sa chambre, le chérissant comme son enfant. Ce model plus luxueux qui faisait à présent face à la jeune fille n’était qu’un objet de décoration qui faisait toujours bonne figure en présence d’invités. Grégoire se remit au travail .Ce second portrait était très semblable au premier. Le coup de pinceau était agréable et assuré mais n’égalait pas encore celui d’un vrai maître ; le jeune peintre avait du talent mais manquait d’expérience. Maverick déambula quelques instants dans la pièce avant de prendre place dans un fauteuil rouge assortit au reste du mobilier. Sa simple présence donnait au grand et luxueux salon des allures de maison de poupée. Il était à présent assis quelques mètres derrière son compagnon, les mains pausées sur sa canne et le dos légèrement voûté. Ainsi installé sur un siège trop bas, ses genoux remontaient beaucoup plus haut que son bassin, donnant à ses grandes jambes fines des allures de pattes d’araignée. Il restait ainsi figé, fixant sans ciller Elisabeth qui, gagnée par l’ennuis, se laissait aller à de grands bâillements non dissimulés. Grégoire se retourna à plusieurs reprises. Pour la première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés, il dessellait dans les yeux de son ami une profonde inquiétude. Il aurait aimé lui pauser toutes sortes de questions, savoir en quoi le fait de l’avoir accompagné avait, en l’espace de quelques heures, à ce point modifié son comportement, mais il préféra se taire, jugeant le moment inadéquat. La prise de contact avec la jeune fille avait révélé dans le regard du slave une chose nouvelle que Grégoire ne savait interpréter, une sombre lueur qui le faisait ressembler à un cobra immobile prêt à bondir sur sa proie. Il se rappela soudain avoir déjà entrevu un regard semblable lors de leur dernier face à face avec Jeanne. Cette pensée le fit sursauter. Le slave se sentait-il menacé ? C’était ridicule. Grégoire continua tant bien que mal à peindre comme si rien ne se passait, jetant régulièrement des coups d’oeils furtifs à son ami qui n’avait pas bougé d’un centimètre. Cette tension qui régnait en lui le coupait dans sa concentration. La séance continua dans le silence. Maverick se leva une fois afin d’aller trouver sa gourde dans le sac de Grégoire, puis retourna s’installer dans son fauteuil. Le peintre le regarda faire du coin de l’œil. La slave se concentra quelques instants puis avala une longue gorgée de liquide. Son visage se crispa, dénonçant une grimace contenue. C’est dans ces moments là que Grégoire se félicitait d’être toujours un Materiel, il échappait ainsi au supplice de la boisson que Maverick devait, lui, ingurgiter quotidiennement. La mixture mise au point par Ambroise était certes très efficace et lui permettait d’avoir l’air d’une personne presque normale pendant plusieurs heures d’affilée, elle avait cependant un goût horrible dont l’ignominie frisait le suprême raffinement, si bien que le slave regrettait presque de ne pas pouvoir vomir. Ce jour là, Grégoire avait diluée la boisson dans du vin, espérant ainsi atténuer les souffrances infligées au palais de son ami, or la préparation n’en fut que plus dégoûtante encore. Ceci fait, Maverick laissa la gourde sur ses genoux, et continua à fixer la jeune fille. « Dites moi franchement, vous qui me connaissez, est-ce que vous pensez que je suis fou ? » Grégoire tourna un regard surpris vers son ami. La petite voiture hippomobile remontais doucement la rue tandis que le soleil déclinait peut à peut. Ces fins de journée précoces annonçaient l’arrivée imminente de l’hiver. Grégoire aurait préféré attendre leur retour à l’atelier pour entamer la conversation, évitant ainsi les oreilles indiscrètes. Le slave semblait cependant disposé à parler et cette occasion était trop rare pour que le jeune peintre aux cheveux poivre la laisse passer. Il exprima son étonnement, la question était en effet déroutante. Le slave continua de sa voix grave et traînante, parfois ponctuée d’un accent très peu prononcé. « J’ai vues des choses, aujourd’hui, mais je ne suis pas certain que vous y croirez. Moi-même je doute de leur existence. Les yeux de la jeune fille, étaient-ils bleus ? » [...] Extrait 2[...] _ Les balles traversèrent son corps de part en part, déchiquetant les tissus de son costume dans deux explosions sonores qui se perdirent dans le lointain. Grégoire porta ses mains à ses oreilles. La troisième balle manqua sa cible et siffla juste à côté de la tête du peintre qui, toujours caché derrière une pille de caisses, cru que son tympans allait se dissoudre sous la violence du bruit qui lui résonna douloureusement dans le crâne. Maverick eu un regard distrait pour les deux trous qui s’ouvraient à présent sur son ventre et sa poitrine. Les quelques grammes de plomb qui venaient de lui traverser le corps ne lui faisaient pas plus d’effet que deux piqûres de moustiques. L’homme inconnu, dont Grégoire ignorait encore le visage, se tenait à quelques mètres de lui, gardant le géant blond en joue. Le slave, sans armes, les yeux remplis d’agressivité, articula une phrase que Grégoire n’était pas en mesure de comprendre, très certainement en polonais. Il se rua ensuite d’un bond sur l’inconnu, qui tira une nouvelle fois par surprise. La balle traversa le bras de Maverick, mais ne brisa en aucun cas son élan. Il saisit l’homme à la gorge, enveloppant son cou comme une écharpe dans une de ses grandes mains, et le souleva au dessus de sa tête, à bout de bras, sans effort apparent. _ Le peintre en resta bouche bée ; jamais il n’avait été témoins d’une telle démonstration de force de la part de son compagnon. Maverick était certes d’un gabarit tout à fait surhumain, mais ses membres très fins ne donnaient pas une impression de puissance. Le slave rugit dans sa langue une série de mots parmi lesquels Grégoire repéra quelques insultes. Resserrant son étreinte, il plaqua le corps de sa victime contre la façade qui se trouvait juste devant lui. Des morceaux de murs se détachèrent tandis que l’homme en question criait et se débattait comme un pauvre diable. La peau de son crâne s’était déchirée sous la violence du choc et le sang coulait abondement sur ses épaules. Maverick le fixait avec des yeux de fauve pleins de rage. Grégoire se rappela avec effroi l’image de son père, broyant la nuque de ses lapins avant de les vider de leurs substances. La scène qui se déroulait sous ses yeux, et qu’il ne comprenait toujours pas, avait une ressemblance frappante avec ces mauvais souvenirs de son enfance. Maverick plaqua une nouvelle fois le corps de l’homme contre la façade blanche barbouillée d’un sang brun crasseux, brisant la surface des briques. Une fissure se dessina sur toute la hauteur du mur, qui menaçait à présent de s’écrouler à plusieurs endroits. C’en était trop pour Grégoire, qui bondit hors de sa cachette et courut vers le slave. Il l’attrapa par le coude et se mit à le supplier, au nom du ciel, de lâcher ce pauvre homme. Surpris, Maverick se retourna avec violence et, d’un revers de main, lui envoya une gifle phénoménale qui le fit s’écraser quelques mètres plus loin. _ Le peintre resta couché au sol, sonné, pendant quelques instants. Un mauvais goût de sang lui fit retrouver ses esprits. Tout son corps lui faisait mal, plus particulièrement son visage qui, comme paralysé, commença à enfler. Passant sa langue sur sa mâchoire il se rendit compte avec horreur que plusieurs de ses dents s’étaient brisées sous le choc du côté où Maverick l’avait frappé, et que la chair de sa joue, entamée par ces mêmes dents cassées, saignait abondement. Là n’étais pas son unique blessure. En effet ses lunettes s’étaient trouvées en contact direct avec la main gantée du géant, se brisant en mille morceaux, griffant sa joue sur toute sa longueur, ainsi que l’arrête de son nez. Des petites particules de verre s’étaient plantées un peu partout autour et à l’intérieur de la balafre, et le visage meurtris du peintre en quelques minutes au bleu. Grégoire se dressa tant bien que mal sur un coude, crachant le sang et les morceaux de dents qui lui encombraient la bouche. Du sang lui avait également coulé le long de la gorge et il fut pris de nausées, vomissant avec abondance une affreuse bile malodorante, rougie par sa propre substance vitale qu’il avait ingurgitée. Bien qu’il lui était possible de corriger sa vue pendant quelques heures sans ses lunettes, le choc qu’il venait de recevoir à la tête rendait sa perception de ce qui l’entourait brouillonne. Une tache verte gesticulait en face de lui, prenant peut à peut la forme de Maverick. Grégoire réalisa alors ce qui venait de lui arriver ; le slave l’avait frappé. Jamais encore il n’avait osé lever la main sur lui. Toute la confiance qu’il avait abandonnée à son géant protecteur s’évanouit l’espace d’une seconde. Il ne comprenait pas pourquoi Maverick, qui, après tout ce temps avait finit par lui montrer une si grande et intime affection, pouvait tout à coup devenir si violent envers lui. Il réalisa alors combien l’immatériel qui partageait depuis tout ce temps ses mésaventures pouvait avoir l’air terrifiant. Pour la première fois, cette hauteur singulière et phénoménale qui caractérisait le slave aux yeux bleus de reptile lui fit peur, alors qu’elle lui procurait habituellement un sentiment de sûreté. _ Un cri mêlant rage et déception s’échappa soudain de la bouche de Maverick. Le corps de l’homme inconnu s’écrasa à ses pieds, inerte telle une poupée de chiffon. Mort sans doute. Figé par la stupeur et l’horreur, Grégoire contempla pour la première fois son visage sans réussir à en détailler les traits. Du sang s’écoulait par sa bouche et, plus curieusement, par ses yeux qui semblaient pourtant tout à fait intactes, grands ouverts, sans lueur. Le slave lui avait apparemment broyé le cou, sans effort, par la simple force de ses doigts, réduisant ses cervicales en miettes et écrasant les chairs. Maverick se laissa aller à un rugissement de rage, arrachant ses longs cheveux fins et blonds, qui repoussaient instantanément, avec colère, comme il le faisait toujours lorsqu’il perdait le contrôle de ses émotions. Lorsqu’il n’avait personne à violenter pour assouvir sa fureur, il s’en prenait alors à lui-même, allant parfois jusqu’à se fracasser la tête contre les murs ou s’éventrer avec sa propre épée. Comme tout immatériel, il ne sentait évidement plus de douleurs physiques depuis bien longtemps. Grégoire ne chercha pas à comprendre ce qui se passait réellement. Quelques instants passèrent ainsi, puis le slave sembla revenir à un comportement plus rationnel et calme, retrouvant peut à peut le contrôle de sa personne. Il se baissa pour ramasser son haut-de-forme qui traînait toujours dans la boue et remarqua enfin la présence de Grégoire qui gisait sur le sol non loin de là, couvert de sang, de vomissure et de terre. Ses yeux prirent une expression confuse et surprise, comme si il venait tout juste de remarquer la présence du peintre, ayant pourtant manqué de lui briser la mâchoire quelques minutes plus tôt. Il s’avança vers lui, le toisant de toute sa hauteur, et lui parla sur un ton très calme, légèrement sévère. « Vous n’étiez pas sensé me suivre. » Il ajusta tranquillement son gant qui, ayant retenu prisonnier le présent cadavre quelques instants plus tôt, était couvert de sang. Toute l’agressivité qui avait baigné son regard avait soudainement disparut. « Lorsque je vous expliquerai, vous me pardonnerez. » Grégoire écoutait ses mots sans les assimiler. Le maquillage blanc que le slave avait étalé sur son visage commençait à s’effacer par endroits, laissant deviner la véritable teinte de sa peau, cet étrange noir calciné propre aux immatériels. Grégoire respirait avec difficulté. La colère le gagnait au fur et à mesure qu’il rassemblait ses esprits. Il aurait voulu crier, dire tout ce qu’il pensait au slave. Le mot « monstre » lui vint à l’esprit, mais il n’arrivait pas à l’accorder à Maverick. Ses pensées étaient confuses, désordonnées. « Vous n’êtes qu’un foutrechié de timbré… » Il avait articulé lentement et avec difficulté, le moindre mouvement de son visage rendu douloureux par ses multiples blessures. Un sourire discret se dessina sur le visage du géant qui s’accroupit à côté du peintre, l’air serein et amusé, se balançant lentement sur les grands talons de ses chaussures. « Ce que vous croyez avoir vu ce soir n’est pas ce que vous pensez. Je viens une nouvelle fois de vous sauver, sachez le. Il y a certaines choses dont je dois vous parler, mais pas ici. Pas maintenant. » _ Il tendit une grande main gantée de blanc vers le peintre qui eu un mouvement de recul instinctif, inutile et ridicule. Maverick saisit son avant-bras avec douceur mais fermeté et, se relevant, le souleva de terre et le porta dans ses bras, tout contre lui, comme une mère l’aurait fait de son enfant. Grégoire fut alors de nouveau submergé par cet étrange et agréable sentiment d’infantilisation qu’il éprouvait souvent lorsque le slave lui offrait le privilège d’un geste affectueux. Il oublia tout ce qui venait de se passer et cessa même de penser, agrippant le costume vert troué de Maverick d’une main, comme pour s’assurer de ne pas pouvoir être séparé de lui. Vivre au quotidien aux côtés de ce géant lui donnait l’impression étrange de redevenir un enfant. Maverick le protégeait et avait appris à l’aimer, tel un père qui imposait la crainte et le respect de par sa supériorité en toute chose mais qui savait également donner de l’affection à qui traversait la barrière hermétique de ses sentiments les plus profonds. Grégoire était d’un gabarit tout à fait respectable, mais il dépassait à peine la hauteur des coudes du slave lorsque qu’ils se trouvaient debout côte à côte. Le peintre avait d’ailleurs pris l’habitude de se regarder régulièrement dans le grand miroir fendu accroché à un des murs de son atelier pour vérifier qu’il n’avait pas rétrécit pendant la nuit. Lui-même trouvait cette réaction ridicule mais il ne pouvait s’en empêcher. Tenant Grégoire dans le creux de son bras gauche, Maverick fouilla dans une de ses poches de sa veste de sa main libre, tirant de celle-ci un grand mouchoir blanc brodé très propre et parfumé, qui ressemblait d’avantage à un drap ou une nappe qu’à un mouchoir de poche. Le portant au visage du peintre, il essuya consciencieusement le sang qui barbouillait encore sa figure tandis que Grégoire, enivré par l’agréable odeur de citronnelle qui s’en dégageait, fermait lentement les yeux, sombrant sans lutter dans le sommeil, oubliant que cette même main qui lui caressait à présent les joues avait tuée une personne sous ses yeux quelques instants plus tôt. _ Il fit un cauchemar très confus. Jeanne était là, mais ce n’était pas la Jeanne actuelle. C’était celle de son enfance, celle qui avait partagée toute la première partie de sa vie avant de sombrer dans le malheur de sa destinée. « Grégoire, tu m’as abandonnée. Tu as abandonnée mon âme. Je vais mourir Grégoire. » Il essaya de tendre une main vers elle, et se rendit alors compte qu’il n’avait pas de main, d’ailleurs il n’avait pas de corps du tout, pas de bouche pour crier ou la consoler, condamné à regarder cet autre corps qui lui ressemblait tellement s’éloigner inexorablement de lui dans une sorte de brouillard blanc. « Je vais mourir si tu ne me retrouve pas … » _ Le peintre se réveilla en sursaut, criant le nom de sa sœur jumelle qui était apparue dans son rêve. Il réalisa alors qu’il se trouvait dans son lit et qu’il faisait jour. Son corps était parcouru d’horribles courbatures. Son visage, quand à lui, était enflé, si bien qu’il pouvait difficilement ouvrir son œil gauche. Ses blessures avaient été désinfectées et un bandage lui barrait le visage, protégeant ainsi sa joue balafrée. Son hypermétropie avait repris le dessus, rendant sa vue légèrement floue. « Il ne faut pas vous inquiéter pour vos dents, Ambroise sera certainement en mesure d’arranger ça. » Grégoire reconnu immédiatement la voix de gorge très grave et l’accent de Maverick, qui se tenait appuyé dans l’encadrement de la porte, légèrement voûté pour ne pas se cogner la tête au plafond. Ses vêtements étaient à nouveau parfaitement propres et les trous causés par les impacts de balles avaient étés réparés avec parcimonie. Pour la première fois depuis des jours, le slave ne portait pas de maquillage, dévoilant son teint d’un noir de charbon qui donnait à ses yeux très clairs une allure presque irréelle. Mozart déboula bruyamment dans la chambre, se faufilant entre les grandes jambes de Maverick, et sauta sur le lit pour aller saluer son maître avec de grands coups de langue et des aboiements joyeux. [...] Extrait 3[...] _ Grégoire n’avait plus connus de tels moments de pure quiétude depuis bien longtemps. Le soleil brillait et une légère brise agitait les branches des arbres, brunis par l’automne, qui parsemaient le grand jardin à l’anglaise qui bordait l’hôtel de ville. Une agréable sensation de retour à la nature s’éveilla dans le cœur du peintre ; en effet seul le clocher de la petite église de quartier dépassant des cimes au loin rappelait qu’ils se trouvaient encore en pleine ville. Les promeneurs, principalement des dames de classes aisées dissimulées sous leurs ombrelles et leurs jupons, parfois accompagnées de leurs maris et de quelques marmots en vêtements du dimanche, les évitaient soigneusement, détourant leur itinéraire avec des regards curieux, méprisants ou craintifs, portant parfois leur bouche à l’oreille de leur voisin pour glisser une remarque peut courtoise. Grégoire n’était nullement offusqué par les réactions de ces gens. Bien au contraire. Ils bénéficiaient ainsi d’une certaine sphère d’intimité. L’effet de masse n’ayant pas cours dans cet endroit, les gens n’osaient plus se presser autour de Maverick pour l’observer telle une bête curieuse. C’était l’effet inverse qui se produisait. Les passants gardaient leurs distances, craignant de se retrouver proche de lui. Quelques promeneurs courageux tentaient parfois un passage en force, faisant tout leur possible pour garder une allure naturelle tout en regardant soigneusement du côté, la tête haute, pour éviter de croiser le regard bleu hypnotique du slave qui les suivait alors des yeux avec amusement. Les deux compagnons se trouvaient assis sur un grand banc de bois blanc, bordant un chemin tout à fait adorable entouré de buissons rouges aux branches alourdies par une grande quantité de noisettes. Une nuée de corneilles grouillait à leurs pieds, attirées par le pain que Grégoire leur jetait en abondance, se perchant parfois sur les grandes jambes minces que le slave avait étirées devant lui dans toute leur longueur, ses pieds se perdant sur la bordure opposée du chemin. Il se tenait affalé sur le banc qui menaçait de craquer sous son poids, les yeux fermés, le menton posé sur sa poitrine, ses cheveux blonds mis longs encadrant son visage poudré, fin et triangulaire, qui avait à présent une allure douce et détendue si rare et apaisante que Grégoire ne se lassait pas de le contempler. Le soleil se reflétait dans sa fine chevelure, lui donnant de magnifiques nuances dorées et cuivrées tout à fait éblouissantes. Il avait hottée son immense veste verte, qui reposait à présent avec sa canne et son haut-de-forme sur ses genoux. Les pans de sa redingote ouverte tombaient de chaque côté de son corps et il avait pris soin de déboutonner le haut de sa chemise, dévoilant ainsi une partie de sa poitrine à la peau très lisse, qui grâce au maquillage présentait le même blanc artificiel que son visage. L’image attendrissante d’une poupée en porcelaine revenait toujours à l’esprit de Grégoire lorsque son ami se peignait ainsi, dissimulant la vraie nature de sa pigmentation. Ce blanc n’était pas pour lui déplaire, il trouvait même que cela ajoutait au physique du slave un charme particulier très agréable à l’œil. Il ressemblait à une sorte de doux géant des neiges échappé d’un conte de fée nordique, son élégance androgyne lui ôtant néanmoins la balourdise souvent associée à ces créatures fantastiques. Il semblait dormir tel un serpent chauffant ses écailles au soleil, Grégoire savait néanmoins très bien qu’il ne connaissait plus ni le sommeil, ni la chaleur depuis bien longtemps. Le corps des Immatériels n’avait pas les mêmes besoins que celui des Matériels, ni la même manière de percevoir le monde. Cela semblait néanmoins plaire au slave de faire semblant, peut-être cela lui rappelait-il la première partie de son existence dans ce cycle, lorsqu’il n’était encore qu’un simple Matériel insouciant de sa véritable identité. Pour la première fois depuis des lustres, il affichait une réelle bonne humeur, et cette simple perspective suffisait à rendre Grégoire heureux. Le peintre se tenait assis à côté de son ami, le coude enfoncé dans les côtes de celui-ci afin d’appuyer sa tête dans sa main. Il gardait ouvert sur ses genoux un cahier d’esquisses aux pages jaunies, sur lequel il croquait les oiseaux qui se querellaient à présent sous son nez. Les corneilles l’avaient toujours fasciné, avec leur magnifique plumage noir, leurs yeux ronds et brillants et leur remarquable ingéniosité. Il aimait représenter leurs belles têtes allongées par un bec aux multiples fonctions et essayait de faire de son mieux pour comprendre et s’approprier leurs mouvements rapides et précis, parfois gracieux et souvent singuliers. Son poignet allait et venait presque machinalement sur le papier, pour le simple plaisir de tracer encore et encore, évacuant ses pensées et ses émotions par des images à la fois fidèles à la réalité et totalement irréelles. Le peintre eu un soupir apaisé, et leva un instant les yeux vers le visage de son compagnon. « J’aimerais savoir, Maverick, cela vous plairait-il de poser pour moi ? » Le slave eu un petit rire, ce fameux bruit qui lui était propre et qui ressemblait d’avantage au ronronnement d’un fauve. Il ouvrit les yeux, esquissa un sourire discret, et posa doucement une grande main gantée sur la petite tête du peintre, contenant ainsi entre ses doigts tout le volume de son crâne comme Grégoire lui-même l’aurait fait d’un citron. « Voila une bien drôle de question, vous pensiez peut-être que je ne vous ai jamais surpris en train de me dessiner ? Vous avez un goût certain en ce qui concerne le choix de vos modèles. » En effet, Grégoire menait avec passion une étude anatomique détaillée de son étrange compagnon, accumulant dans le secret des centaines d’esquisses prises à la sauvette. Il n’avait jamais trouvé le cran nécessaire pour poser cette question si naturelle au slave. Leurs relations avaient beaucoup changé à présent, et la crainte qu’il éprouvait avant à l’égard de celui qu’il considérait à présent comme son plus qu’ami n’existait plus. Il se mit à rougir, à la fois embarrassé par la remarque légèrement moqueuse du géant blond et profondément flatté par la recherche de contact physique que le slave venait de lui témoigner. Il se rendit compte que des frissons agréables lui parcouraient l’échine, ferma un instant les yeux et profita du mieux qu’il pu de ce court instant qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire. [...] Extrait 4[...] La vue de cette scène eu un violent effet sur Maverick. Ouvrant des yeux horrifiés, il agrippa de ses deux mains les accoudoirs de son siège, emprisonnant au passage l’avant bras de Grégoire qui avait eu le malheur de laisser traîner sa main trop près de son compagnon. « Foutaises ! Mensonges ! Nieprawda ! Fabularny ! » Il rageait ainsi entre ses dents, serrant ses poings de rage. Le peintre poussa un gémissement de douleur tandis que le slave meurtrissait inconsciemment son membre. Le bois des accoudoirs craqua sous la pression de ses grands doigts. « Vous me faites mal ! Lâchez moi ! Foutrechié de nom de Dieu ! » Grégoire gesticulait, essayant tant bien que mal de se libérer de l’étreinte imposée par la main de Maverick qui se serrait sur lui comme un étau, coupant la circulation de son sang et écrasant ses muscles. Le jeune peintre rassembla le peu de force qu’il avait et envoya un coup de poing dans les côtes du slave qui, trop occupé à insulter les comédiens, n’y prêta même pas attention. Le géant blond arborait une expression de colère propre à l’humiliation, qui donnait à son visage marmoréen une allure étrangement humaine. Il se leva soudain, provocant l’étonnement général des spectateurs surpris par cette immense et mince silhouette qui leur bouchait la vue. Il considéra un instant les gens assis autour de lui puis se dirigea à grandes enjambées vers la sortie, laissant Grégoire seul et stupéfait. Le peintre porta son bras blessé contre sa poitrine, étouffant un sanglot. Des larmes de douleur coulèrent inexorablement sur ses joues. La main de Maverick avait laissé un énorme bleu qui lui parcourait toute la longueur de l’avant bras. Il essaya de le bouger avec peine, la douleur remontant le long de ses tendons lui créant d’atroces courbatures qui courraient d’un bout à l’autre de son membre, allant de ses omoplates jusqu’à la pointe de ses doigts tremblants. Il se leva à son tour, se haïssant de pleurnicher ainsi à son age et en plein milieu de la foule. Sur scène, le faux Maverick qui avait réussit à faire fuir le vrai finissait d’achever sa victime, et la belle actrice rousse s’écroula dans une dernière tirade mélodramatique. Grégoire n’eu aucun mal à retrouver son compagnon ; il lui suffisait pour cela de suivre les regards choqués des personnes qu’il avait bousculées pour passer, lorsqu’elles ne s’étaient pas écartées sur son passage. Son géant se trouvait à l’extérieur du théâtre, adossé à l’une des colonnes décoratives qui se dressaient en haut de l’escalier de pierre qui menait à la grande place vide à cette heure tardive. Le slave regardait le sol d’un regard noir et brûlant, apparemment plongé dans quelques souvenirs douloureux. Grégoire s’avança lentement vers lui, prononçant son nom avec précaution. Maverick tourna un regard bleu vers lui. La vue du peintre sembla l’apaiser et les braises qui animaient ses yeux s’estompèrent. « Dieu soit loué, c’est vous … Psiakrew, qu’est-il arrivé à votre bras ? » La question était sincère, Grégoire le sentait. Il ne répondit rien. Qu’aurait-il trouvé à dire ? Maverick s’avança vers lui et s’accroupit afin que leurs deux visages soient au même niveau. Plaçant son index gauche sous le menton du peintre, il essuya les joues de celui-ci de son pousse. Le contact doux du gant était très agréable. « Vous avez pleuré ? Votre visage est tout humide. » Grégoire saisit le doigt de son ami et le repoussa vivement de sa main valide. «_ Ecoutez Maverick, je suis désolé. C’était une mauvaise idée de vous emmener ici. _ Non, vous avez bien fait. J’en ai appris bien plus sur moi ce soir qu’en quarante-sept ans d’immatérialité. » Le slave se redressa, plongeant le peintre dans l’ombre. Une légère agressivité luisait dans son regard. « _Un pijawka… Ils pensent que je suis un pijawka … Je ne suis pas un homme, mais je ne suis pas un meurtrier, encore moins un démon… _Vous ne devriez pas vous en offenser, ce n’est qu’une pure fiction. Cet acteur n’était pas vous. » Grégoire savait que toute tentative de réconfort était vouée à l’échec. Le slave avait une estime de lui même et de ses actes au moins proportionnelle à sa taille. Découvrir ainsi, après cinquante ans dans l’Edemo, ce que son histoire était devenue l’avait bouleversé, humilié. Le mythe qui s’était créé autour de sa personne le dégoûtait profondément. Il se détourna de son compagnon, prétextant avec nonchalance qu’il avait besoin d’être seul, et descendit l’escalier menant à la place, enjambant plusieurs marches à chaque pas. Ses grands talons, en claquant sur la pierre, produisaient un bruit de pas très féminin. Grégoire regarda son grand corps longiligne s’enfoncer dans la pénombre. Il mourrait d’envie de le suivre, ne sachant que trop bien quelles sortes de bêtises le slave était capable de faire lorsqu’il le laissait seul. Il décida néanmoins de respecter son besoin d’intimité ; la soirée avait été éprouvante. Il descendit à son tour les marches tandis que les spectateurs commençaient à sortir du théâtre dans un brouhaha incompréhensible. Prenant la direction opposée à celle de Maverick, il rentra à l’atelier. Grégoire se réveilla tardivement le lendemain matin, découvrant avec frustration que le slave était toujours absent. Il trouva néanmoins sous une des fenêtres grandes ouvertes qui menaient au toit une plume d’un noir bleuté et luisant. Aucun doute, Maverick était revenu pendant son sommeil et était repartit avant le matin, usant de ses capacités malgré les recommandations du peintre. Peut-être cherchait-il ainsi à se prouver que sa vraie nature n’avait rien de commun avec le spectacle qu’on lui avait donné à voir le soir précédant. Grégoire fourra la plume dans une de ses poches et se prépara. Son inquiétude lui nouait l’estomac, aussi décida-t-il de ne pas manger. Particulièrement excité, Mozart courrait tout autour de lui, sautant parfois dans ses jambes et reprochant par des jappements sonores le manque d’attention que son maître lui témoignait. Le peintre se saisit de son sac, enfila sa veste et, ayant un dernier regard pour la fenêtre qu’il décida de laisser ouverte, prévenant ainsi un éventuel retour de Maverick,il sortit de l’atelier, descendit les trois étages qui le séparaient de la rue, et prit la route de la villa. Ce fut une journée effroyable. Tout d’abord, le bras blessé de Grégoire l’empêchait de travailler correctement, rendant le moindre coup de pinceau douloureux. Ensuite, il y avait Elisabeth. La jeune fille se retrouvait seule à la villa pour la première fois depuis bien longtemps, entourée de quelques domestiques pour subvenir à ses besoins. Ses parents étaient partis en voyage pour plusieurs jours, Grégoire ignorant totalement leur destination. Pour tout dire, cela lui importait peu. Le peintre se rendit néanmoins compte ce jour là que contrairement à lui la jeune fille n’avait rien oublié de leur courte relation. En l’absence de ses parents et de Maverick, elle se livrait à toutes sortes d’allusions très suggestives autant dans son langage que dans ses gestes. Le peintre s’en trouva d’abord choqué puis gêné. Son voyage dans l’Edemo avait achevé d’effacer le peu de désir qu’il éprouvait encore pour elle. Or Elizabeth semblait avoir pris très au sérieux ce qui, pour Grégoire, n’avait été qu’une manière comme une autre de satisfaire ses pulsions masculines. Il était de dix ans son aîné, il ne faisait pas partie de la même classe sociale et surtout il n’éprouvait pour elle qu’un intérêt purement alimentaire. Les Castillac représentaient en effet son unique chance de promotion sociale, offenser leur fille aurait peut-être eu de graves répercutions sur sa carrière. Ainsi feignait-il de l’apprécier malgré l’agacement qu’elle provoquait en lui à chacune de leurs rencontres, la laissant jouer en avec les épaisses boucles argentées de ses cheveux qu’elle mourrait d’envie de dénouer, gloussant stupidement tel un animal de basse-cour. Il partit plus tôt que prévu, prétextant que sa douleur au bras était trop insupportable. Alors qu’il sortait dans la rue, elle l’interpella par une fenêtre du rez-de-chaussée. « N’oubliez pas de prévenir votre ami pour la réception de la semaine prochaine ! » La réception ! Il avait complètement oublié. Il promit qu’il en parlerait à Maverick et prit le chemin du retour. L’idée d’aller à cette réception ne l’enchantait guère. Il n’aimait pas se retrouver au milieu de tout ces gens d’un autre monde qui ne s’intéressaient à vous que si vous étiez en mesure de les divertir. Cette soirée représentait néanmoins une occasion idéale pour montrer son travail, et cela ferait certainement plaisir à Maverick de retrouver le milieu mondain qu’il affectionnait tant. Maverick … Toute la journée l’image du slave avait tourmenté l’esprit du peintre. Il prit alors pleinement conscience que l’absence prolongée de son compagnon avait déclenché en lui un manque. Seul, il se sentait faible et vulnérable, dérouté comme un chiot abandonné. Ce constat le fit se questionner sur la véritable nature de leur amitié. Il se demandait quel intérêt son géant blond pouvait bien trouver à le fréquenter. Partageait-il le même sentiment d’affection que le peintre éprouvait à son égard ? Peut-être éprouvait-il simplement le plaisir égoïste et méprisant de se jouer de sa faiblesse afin de le subjuguer de sa personne, s’aimant ainsi lui-même à travers le regard des autres. Il arrivait parfois que Grégoire se rende compte, dans de courts éclairs de lucidité, à quel point le slave l’avait assujettit, le transformant en une sorte de petit animal fragile et docile, émerveillé par le moindre geste de son maître. Curieusement cette situation lui était tout à fait confortable. Les rayons de soleil tombant par les trois fenêtres ouvertes révélaient toute la saleté accumulée dans l’atelier, traversant les grains de poussière qui voletaient si nombreux de part et d’autre de la pièce que la visibilité s’en trouvait très réduite. Grégoire sentit un élan de joie lui remplir le cœur lorsqu’il reconnu, assise dans le grand fauteuil rouge qui était alors le seul meuble encore capable de supporter son poids, la grande silhouette de Maverick. Il aurait voulu sauter à son cou, le serrer dans ses bras le plus fort possible, enfouir son visage dans les doux tissus parfumés de ses vêtements et lui dire combien il lui avait manqué, combien il était heureux de le revoir… Mais il ne fit rien. Les retrouvailles furent d’ailleurs d’une froideur déconcertante. Le slave n’allait pas bien. Une violente averse l’avait surpris pendant la nuit, effaçant son maquillage blanc par endroit et laissant pleinement apparaître la teinte réelle de son visage qui semblait sculpté dans un morceau de charbon. Ses yeux étaient durs, hermétiques, de toute évidence quelque chose c’était passé cette nuit mais Grégoire ne souhaitait pas en savoir plus. Le moment était mal choisit. Cherchant un moyen de renouer doucement le contact, le peintre fouilla dans un des vieux meubles miteux qui constituaient son patrimoine et en sortit deux bouteilles de bière et un tire-bouchon. Il tendit une de ces bouteilles au slave, qui, faisant sauter le bouchon à la simple force de ses doigts, en brisa une partie sans s’en rendre compte avant d’en boire le contenu d’un trait comme une personne classique l’aurait fait d’une petite flûte de champagne. Grégoire ramassa les morceaux de verre qui traînaient aux pieds de son ami et déboucha sa propre bouteille. Avec précaution, le jeune peintre engagea la conversation. Il évoqua l’invitation des Castillac à la réception organisée le mardi suivant, précisant qu’Elisabeth avait fortement insisté pour que tout deux prennent part à la soirée. La réaction de Maverick fut aussi choquante qu’inattendue. Se réveillant soudain de son étrange torpeur, il se redressa de toute sa hauteur et fusilla Grégoire d’un regard si terrible que celui-ci, surpris et effrayé, tomba à la renverse, la bouteille qu’il tenait à la main se brisant en mille morceaux sur le sol, répandant son contenu sur les planches moisies du parquet. « VOUS N’IREZ NULLE PART ! » Totalement hébété, le peintre se mit à trembler sous le choc, écrasé par la masse du slave dont la tête touchait le plafond. Maverick continua à crier à pleins poumons, sa voix rauque et puissante faisant trembler les meubles. Mozart, qui dormait paisiblement dans un coin, se réveilla en sursaut et couru se cacher sous le lit. Grégoire, qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ferma les yeux et se boucha les oreilles. Enfin le slave sembla se radoucir. Il porta une de ses vastes mains à son front, comme pris d’une soudaine migraine, puis se pencha sur le peintre et, le saisissant par le col, souleva tout son corps d’une seule main comme si il ne pesait rien et le mit debout, époussetant ses vêtements. Grégoire, comme paralysé, le laissa faire sans s’interposer. Son cœur battait encore à toute allure. Le slave retourna s’asseoir dans le fauteuil qui grinça sous sa masse, l’air las et mal en point. « Pardonnez moi, je ne suis pas dans mon état normal. » [...]
Modifié en dernier par Kaltagirl le 21 Juin 2008, 21:49, modifié 5 fois.
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de scénario sans nom Posté: 15 Mai 2008, 11:40 |
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Enregistré le: 06 Mar 2007, 12:20 Messages: 1314 Localisation: Dans la forêt avec Le gros Poney ;)
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c'est grabd, mais quand j'aureais le temps, je te le promet, je le lierai =)
_________________ " Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Sa ne meurt pas, l'Espoir." [ Voodoo Hoffnung <3 ]
http://flouuu.deviantart.com/
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de scénario sans nom Posté: 25 Mai 2008, 20:02 |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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Ajout de deux ou trois trucs .
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 31 Mai 2008, 21:07 |
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Enregistré le: 06 Mar 2007, 12:20 Messages: 1314 Localisation: Dans la forêt avec Le gros Poney ;)
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j'ai commence de lire l'extrait 1 et franchement je le trouve superbe!  tes description sont complette, et je me trouve etre un personage parmit ton texte, en voyant de mes yeux la scene, meme lorsqui que la scene, est "balayee"! c'est faiment super! je compote reprendre la lecture de la suitte et te donner mon avis!
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 01 Juin 2008, 21:37 |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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Ha merci d'avoir pris la peine de le lire *Je commençais à deseperer ouin* J'aime bien mettre pleins de descriptions, sinon ça me semble trop vague alors que j'ai des images assez précises de ce que je veux . Un autre , c'est le plus long je crois . Du sang , du sang Extrait 5[...] On lui demanda maintes et maintes fois la cause de sa blessure au visage. Grégoire, qui se rendit alors compte qu’il ne pouvait dire la vérité et qu’il n’avait pas pensé à inventer une excuse plausible, prétexta qu’il était tombé dans les escaliers en sortant de son atelier, chose qui fit beaucoup rire autour de lui. Etant tout à fait étranger à cet univers et à ses codes, il se sentait épié. Il savait que la moindre erreur de sa part pourrait ternir sa réputation et il s’appliqua à mimer, avec une certaine maladresse, les attitudes de tous ces dandys à la taille serrée qui l’entouraient, se trouvant totalement grotesque. Il essayait tant bien que mal de prendre part aux conversations, malheureusement, il était encore très novice dans cet art qui consistait à faire semblant de s’amuser follement alors que tout les gens qui vous entourent sont ennuyeux à mourir. On lui fit quelques remarques sur son travail, principalement des petits bourgeois qui, ne possédant aucune connaissance en matière de peinture, avaient en revanche un ego surdimensionné qui les poussait à se prendre pour des érudits sans faille. Grégoire ne les contredisait pas, gardant son sang froid et restant aimable dans la limite du possible. Fort heureusement, Maverick, en retenant à lui seul toute l’attention des invités, lui permettait de passer plus ou moins inaperçue. Négligemment affalé sur un des grands canapés du salon qu’il remplissait à lui seul, il portait entre ses doigts un verre de vin rouge. Il était encerclé d’une flopée de jeunes filles en mal de sensations fortes. Celles-ci l’avaient suivit dans tous ses déplacements depuis le début de la soirée, mais aucune d’entre elles n’avait osé l’approcher de plus près. Le slave jouait à présent à leurs dépends. Elles semblaient chacune totalement absorbées par sa personne. Certaines d’entre elles tendaient parfois une main timide, l’effleurant du bout des doigts comme si il avait été un dangereux cheval sauvage fraîchement capturé. La plus téméraire alla même jusqu’à lui toucher les cheveux. Il suffisait alors d’un grognement ou d’un geste inattendu volontairement brusque pour les faire se replier dans un mouvement de recul précipité. Il les assurait alors, prenant un regard théâtralement féroce qui les impressionnait, qu’il avait déjà dévorées assez de jeunes filles dans la journée et qu’elles pouvaient l’approcher sans crainte tant qu’il était encore repus. Elles se mettaient alors à glousser, portant leurs mains gantées de blancs et couvertes de bagues devant leur bouche. Une d’entre elles, la jeune espagnole au cheveux noirs bouclés que Maverick trouvait plus élégante que les autres de par sa retenue, eu le privilège d’un baisemain faussement respectueux. Il sentit la petite main féminine se raidir entre ses grands doigts, la jeune fille retenant son souffle tandis qu’il se penchait sur elle de toute sa hauteur, jouant comme il savait si bien le faire de sa personne afin de l’impressionner du mieux qu’il pu, tout en conservant sa gestuelle calculée et raffinée qui séduisait presque immanquablement. Fasciner ainsi par la crainte ces petits êtres si fragiles semblait beaucoup l’amuser. Ce manège grotesque déplaisait à Grégoire qui surveillait les moindres faits et gestes de son étrange ami du coin de l’œil, tout en feignant d’être absorbé par le fabuleux récit de cette splendide journée de chasse à courre dans laquelle, dit-on, monsieur Clothaire Castillac et un de ses amis dont le peintre oublia le nom avaient poursuivit un cerf «aussi énorme qu’un percheron», que leur équipage avait finalement abattu. C’est alors qu’il remarqua, pour la première fois de la soirée, la silhouette d’Emérance qui descendait les escaliers menant au second étage. Elle avait l’air inquiet et fatigué. Le peintre décida d’aller à sa rencontre, échappant ainsi à ses déplaisants compagnons toujours plongés dans leurs morbides exploits équestres. Emérance était de loin la seule personne qu’il appréciait réellement dans la famille Castillac. C’était une dame aimable, intéressante, mature et compréhensive. Ils aimaient passer du temps à discuter d’art. Elle lui montrait des croquis et tableau qu’il commentait ou corrigeait lorsque cela était possible. Ils jouaient également de la musique ensemble, le peintre frottant les cordes de son violoncelle blanc tandis qu’elle l’accompagnait en virtuose au clavecin ou au piano. Il était toujours impressionnant de la voir jouer, exposant toutes ses tripes à travers le clavier dans une attitude très peu correcte pour une dame de son rang, mais tellement chargée d’émotions. Il arrivait souvent que le peintre abandonne son archet en plein milieu d’un morceau pour ne plus gâcher les merveilleux élans passionnels dont la musicienne faisait parfois preuve, emportée par la mélodie, n’exerçant plus aucun contrôle sur ses doigts qui pianotaient vivement d’un bout à l’autre du clavier. Le remarquant, Emérance fondit sur lui d’un pas précipité. Ses yeux étaient remplis d’une profonde détresse. Oubliant qu’ils se trouvaient en plein milieu d’une soirée mondaine, elle le serra amicalement dans ses bras, ayant vraisemblablement besoin de quelqu’un pour la réconforter. « Elisabeth est terriblement malade, c’est affreux. » Le peintre sursauta à cette nouvelle. Il n’avait même pas remarquée l’absence de la jeune fille. Au plus profond de lui-même, le fait de savoir que l’adolescente ne pourrait pas venir l’importuner, coincée dans sa chambre par la maladie, le réjouit. Mais voir Emérance dans un tel état d’inquiétude vis-à-vis de la santé de sa fille le rendait soucieux. Il essaya de la rassurer du mieux qu’il pu, sans grand succès. Elle se sépara de lui. Il la vit retrouver son époux au milieu des convives et lui murmurer quelque chose à l’oreille tandis qu’il fronçait soudainement les sourcils. Elle remonta ensuite au chevet de sa fille. Le dîner fut servit très tard. Grégoire était assis à côté de Maverick qui, ne pouvant passer ses jambes sus la table trop basse, essayait tant bien que mal de trouver une position plus ou moins correcte. Pour l’occasion, le slave avait ramenés ses propres couverts. Il lui était en effet difficile d’utiliser des couverts normaux, qui se pliaient généralement entre ses doigts. Bien qu’il ne mangeait plus que rarement, n’ayant pas la nécessité de se nourrir, il avait tenu à faire fabriquer des couverts à sa taille. Les sortant de la grande poche intérieure de sa veste, il déposa tout d’abord son couteau juste à côté du peintre, qui pu ainsi constater avec effroi que celui-ci était plus long que son avant-bras, main comprise. La fourchette et la cuillère assorties étaient également proportionnées. Jusqu’à ce jour, le peintre n’avait vu son ami s’en servir qu’une seule fois sans les avoir réellement examinés. Tout trois semblaient fondus dans de l’or et portaient la même tête de bélier symbolique qui ornait déjà la ceinture et la canne du slave. Maverick mangea très peu et par pure convention. Le voir ainsi s’alimenter, découpant et piquant la viande pour la porter jusqu’à sa bouche, était néanmoins tout un spectacle. Il ressemblait à une de ces petites filles qui, disposant des poupées autour d’une table basse, jouent à la dînette en distribuant boisson et nourriture à chacun de leurs jouets avant de s’asseoir elles-mêmes, géantes au milieu de leurs convives de porcelaine, pour prendre le thé. Quelque chose se produisit soudain. Sans que le peintre ne sache comment, un verre de vin rouge se renversa sur la table, certainement à cause d’une secousse. Toujours est-il que son contenu, se répandant sur la nappe, vint tacher son pantalon et sa redingote, déclanchant des rires moqueurs autour de la table. Maverick réussit à ramener le silence en balayant la salle d’un œil froid et méprisant, regardant tour à tour chaque invité de ses yeux perçants. L’intensité de son regard suffisait à imposer la crainte et le respect à quiconque croisait son iris d’un bleu froid et profond. L’humiliation était cependant déjà faite. Le peintre se leva avec dignité et quitta la table, les joues rougies par la honte. Il monta l’escalier afin de se rendre au cabinet de toilette qui se trouvait au deuxième étage, où il espérait pouvoir réparer les dégâts. Les taches de vin étaient cependant déjà incrustées dans les tissus de ses vêtements. En se regardant dans le miroir,il ne pu s’empêcher de penser qu’il ressemblait à un blessé de guerre, avec cette grande balafre qui lui barrait la joue et les auréoles écarlates causées par le vin qui avait pris une couleur sombre rappelant celle du sang. Il entrepris de les frotter avec une serviette humide et remarqua alors que le liquide alcoolisé avait également éclaboussés ses cheveux par endroits. Il dénoua son ruban, faisant se déverser sur ses épaules des cascades de boucles aux multiples nuances, du gris poivre ou fer jusqu’au blanc argenté le plus pur. Il s’apprêtait à les essuyer lorsqu’il remarqua, dans le reflet du miroir, une forme blanche. Quelqu’un se tenait derrière lui. Grégoire se retourna vivement, rejetant derrière ses épaules la masse encombrante de sa chevelure à l’aide de sa main gauche. Son cœur rata un battement. « Bonjour, Amour, c’est tellement aimable d’être venu me voir ! » Elisabeth se trouvait derrière lui, debout dans l’encadrement le la porte en vêtements de nuit, ses longs cheveux bruns noués dans un chignon maintenu par un filet. Le peintre fut effrayé lorsqu’il découvrit combien la jeune femme avait maigrit en l’espace de deux jours. Son corps squelettique était couvert d’une peau à la texture cireuse, parcourue de multiples veines bleues qui palpitaient au rythme des battements de son cœur. Elle respirait bruyamment et avec difficulté, sa poitrine se gonflant étrangement à chaque inspiration. Le cadavre d’une noyée, voila à quoi pensa le peintre en la dévisageant, le souffle court. Elle se tenait bien droite, ses deux mains ramenées contre son ventre, la tête renversée sur son épaule. Ses yeux étaient grands ouverts et sans vie, aussi hermétiques et vides que ceux d’une poupée, tandis que sa bouche s’étirait en un affreux rictus encadré de lèvres violettes. Le peintre resta un instant immobile puis s’avança avec prudence. Il tendit un instant la main afin de la prendre par le bras pour la reconduire dans sa chambre, mais l’aspect physique de la jeune femme le dégoûtait tant qu’il ne put se résoudre à la toucher. « Ecoutez… » Il prit une profonde inspiration avant de continuer sa phrase. « Vous semblez fiévreuse, vous devriez retourner vous coucher. Où est donc votre mère ? » C’est alors qu’Elisabeth, se jetant sur lui, lui attrapa la main. Le peintre étouffa un petit cri tandis que tout son corps se crispait sous l’effet de la surprise. Retroussant sa manche, elle entrepris de lui baiser le bras, remontant le long de son membre. Grégoire tenta en vain de se dégager, mais malgré son état la jeune femme semblait bénéficier d’une poigne de fer. Elle lui léchait à présent la nuque. Il voulu appeler à l’aide mais la peur et le dégoût paralysaient tout son corps. Elle continua son ascension, lui embrassant à présent l’oreille. Le peintre sentit alors quelque chose de liquide lui couler le long du cou. Du sang. Il cru d’abord qu’elle l’avait blessé bien qu’aucune douleur physique ne se soit manifestée. Il réalisa alors que ce sang coulait des yeux d’Elisabeth qui passait à présent sa langue bleue sur sa joue. La nausée lui noua l’estomac. L’attirant soudainement contre elle, elle ouvrit toute grande sa bouche et lui embrassa vigoureusement l’œil. Il ferma instinctivement ses paupières. Passant ses bras derrière sa nuque, elle l’emprisonna tout à fait contre son corps. Grégoire, qui ne comprenais plus ce qui était en train de lui arriver, sentit soudain une force puissante qui tentait de lui aspirer le globe oculaire. Le baiser c’était transformé en un horrible suçon douloureux. Il voulu crier mais, resserrant son étreinte, Elisabeth l’en empêcha, l’étouffant presque sous la pression de ses bras squelettiques. Il tenta alors de dégager sa tête en se débattant. Elle trouva le moyen de tenir son visage en place à l’aide de ses dents, qu’elle enfonça cruellement autour de son œil qu’elle continuait à aspirer de sa bouche. C’est alors qu’un choc puissant les renversa tout deux. Quelque chose avait frappée la jeune fille (du moins ce qu’il en restait) à la tête, lui faisant lâcher prise. Le peintre eu juste le temps de ramasser ses lunettes. Il sentit une force irrésistible le soulever du sol, l’obligeant à se tenir debout. Une voix grave et familière résonna à ses oreilles tandis qu’il reprenait ses esprits. « Psiakriew ! Fichez le camp d’ici ! » Grégoire regarda un instant autour de lui, le corps d’Elisabeth, pris de convulsions étranges, gisait sur le sol. Un immonde liquide noir lui coulait toujours des yeux. C’est alors que Maverick, le saisissant par l’épaule, le projeta en dehors de la pièce. « Faites ce que je vous dis pour une fois, courrez ! » Le slave se rua ensuite sur la porte et la verrouilla de l’intérieur. Grégoire courrait, courrait, buttant les meubles et trébuchant sur les tapis. La morsure d’Elisabeth avait profondément entamée sa chair, et le sang qui s’écoulait de la blessure lui brouillait la vue. Il avançait en aveugle, ses épais cheveux gris tombant sur son visage, les bras tendus vers l’avant pour éviter de se cogner dans un mur. Des images confuses de tout ce qui venait de lui arriver se bousculaient dans sa tête comme une masse informe de pensées qui lui donnait la migraine. Il s’engouffra par la première porte ouverte qu’il rencontra sur son passage, déboulant dans une pièce sombre. S’arrêtant pour reprendre son souffle, il essuya le mélange poisseux de sueur et de sang qui maculait son visage de sa manche, rejetant dans son dos la cascade de boucles épaisses qui constituait sa chevelure. Ses yeux verts s’habituèrent à l’obscurité en l’espace de quelques minutes et il put identifier l’endroit où il se trouvait. C’était la chambre d’Elisabeth, plongée dans le noir. Il réalisa soudain avec un sursaut qu’il s’était appuyé sur un des montants du lit à baldaquins. Cet endroit le répugnait. Il n’y était plus retourné depuis ce jour où, totalement ivre, il avait succombé aux charmes de cette pie qui, en temps normal, lui était insupportable. Il lui vint alors l’idée terrifiante que ce mal qui avait touchée la jeune fille pouvait être contagieux et qu’il se trouvait à présent dans l’antre d’un démon qui risquait à tout moment de le contaminer à son tour. La porte-fenêtre qui menait au balcon était entr’ouverte, laissant entrer dans la pièce une froide brise nocturne, qui, s’engouffrant dans les tissus, faisait bouger lentement les rideaux translucides du lit, leur donnant une inquiétante allure fantomatique. Le peintre recula lentement vers la porte. Son pied butta soudain sur quelque chose de mou. Il trébucha et tomba assis sur le tapis. C’était un animal, non une personne. Avec précaution, il s’avança. La chose était inerte mais vivante ; il pouvait entendre sa respiration lente et pénible dans le silence de la chambre. Avançant doucement sa main, il effleura ce corps qu’il ne pouvait identifier, cherchant maladroitement à repérer sa tête. Il trouva son visage au bout de quelques instants et entrepris d’en détailler les traits à l’aide de ses doigts. Son sang se glaça dans ses veines. « Emérance ! » Il la tira vers lui le plus délicatement possible et porta son buste dans ses bras. Passant sa main sur sa tête, il sentit une étrange bosse sous ses fins cheveux roux. Il comprit qu’Elisabeth, trompant sa vigilance, l’avait assommée pour pouvoir aller le retrouver dans le petit cabinet. Un rugissement résonna soudain dans tout l’étage. Maverick hurlait. Jamais le peintre ne l’avait entendu pousser un cri pareil, aussi animal, aussi sauvage. Des bruits de pas précipités résonnèrent dans l’escalier, accompagnés de voix féminines et masculines. Les convives, alertés par les hurlements du slave, montaient à l’étage pour voir de quoi il retournait. Le peintre cria . « Par ici ! Par ici ! » Les bruits se rapprochèrent et la lumière d’une bougie l’éblouit soudain. Le visage rond et courroucé de Clothaire Castillac se découpa dans la lumière. Son expression devint blême lorsqu’il découvrit le peintre couvert de sang portant dans ses bras sa femme inconsciente. Il ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit. Grégoire rassembla ses esprits pour essayer de lui expliquer. « C’est votre… Votre fille, elle fait une sorte de… De délire psychotique ! Elle a assommée votre femme, et regardez ce qu’elle m’a fait ! » A l’aide de son doigt, il désigna la profonde morsure qui encerclait son œil gauche. Les marques de dents étaient parfaitement visibles. Le suçon avait fait enfler sa paupière qui virait à présent au bleu. La peur semblait s’emparer du bourgeois et la sueur coulait le long de ses fines moustaches de gentilhomme. Une dame âgée entra dans la pièce et se jeta sur le corps inerte que Grégoire tenait toujours tout contre lui, priant le seigneur de lui venir en aide. Monsieur Castillac resta totalement immobile tandis que le peintre, laissant Emérance entre les mains de son amie, se relevait péniblement. « Où est ma fille ? » Son expression mêlait crainte, fureur et confusion. « Au fond du couloir, dans le cabinet de toilette. Mon ami polonais est avec elle, il essaie de la contrôler. » Comme pour appuyer les paroles du peintre, un nouveau cri se fit entendre, plus rauque et plus puissant que le premier. Clothaire Castillac se rua dans le couloir, Grégoire sur les talons, tandis que l’étage se remplissait de badauds curieux que le bourgeois bousculait pour pouvoir passer. Aucun son ne provenait du cabinet dont la porte était toujours close. Castillac la fit céder en quelques coups d’épaule, la rage décuplant sa force, et poussa un juron en découvrant l’intérieur de la pièce. Un désordre complet y régnait. Le sol était inondé, les meubles renversés. Les morceaux d’un miroir brisé brillaient un peu partout au milieu des savons et accessoires de toilette cassés qui jonchaient le parquet. Elisabeth était couchée au milieu de la pièce. Sa peau semblait retrouver ses couleurs et elle respirait calmement, endormie dans une flaque d’eau rougie. Son chignon était dénoué et sa robe de nuit blanche tachée du liquide qui avait coulé de ses yeux. De grandes marques de doigts bleues étaient visibles sur son cou. Maverick se tenait assis, adossé contre le mur. Ses fins cheveux blonds cachaient entièrement son visage qu’il tenait baissé, le menton contre sa poitrine. Il semblait épuisé, ce qui inquiéta fortement le peintre qui ne l’avait jamais vu éprouver la moindre faiblesse physique. Il haletait, une de ses énormes mains agrippées à l’endroit où devait auparavant se trouver un cœur. Castillac se rua sur le corps de sa fille, les larmes aux yeux. Le slave s’exprima péniblement afin de le rassurer. Sa voix était rauque et fatiguée. « Elle est sauvée, ne craignez rien. » Déconcerté, Grégoire tituba jusqu’à lui. Il mourrait d’envie de le prendre dans ses bras, mais Maverick lui fit signe de se tenir à distance. Il comprit alors que son maquillage avait été partiellement effacé et qu’il se tenait ainsi prostré pour cacher la couleur de son visage. Ayant toutefois besoin d’un contact, le peintre saisit le tissus de la manche du slave. Elisabeth avait été transportée hors de la pièce. Emérance, qui apparemment avait retrouvés ses esprits, cria à pleins poumons le prénom de sa fille, suivit d’une série de « Jésus Marie ! » désespérés. Ils se trouvaient à présent seuls dans la pièce. Plongeant son bras dans une des poches de son ami, Grégoire en sortit un poudrier. Il s’appliqua par la suite à blanchir le visage noir du slave. Le sang avait coagulé au niveau de la morsure qui entourait son œil à présent tout à fait enflé et bleu, formant une croûte immonde. « Que c’est-il passé ? Je sais que vous me cachez des choses depuis que nous sommes revenus, seulement à présent vous n’avais plus le choix. Vous saviez qu’elle était dangereuse, c’est pour cela que vous avez tenu à m’accompagner à chaque séance de travail. Qu’avait-elle ? Est-ce que … » Le slave bâillonna la bouche du peintre de sa main, lui parlant sur un ton las et légèrement sévère. « Les murs ont des oreilles, mon ami. Plus tard. » [...]
Modifié en dernier par Kaltagirl le 05 Juin 2008, 20:46, modifié 1 fois.
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 03 Juin 2008, 19:59 |
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| Bien connu |
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Enregistré le: 06 Mar 2007, 12:20 Messages: 1314 Localisation: Dans la forêt avec Le gros Poney ;)
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ra que c'etsb grand XD en plsu tu en rajoutte alors que j'ai meme pas fini le 1er extrait  du coup je litn n diagonl, j'iame bien le personage de Maverick !!!!! je le trouve assez misterieux, par dela ma llecturee diagonalisee=) j'adore surtout sa canne avec l'epee dedans! et la relation qu'il entretien avec gregoir me donne des envie de decourvir la suitte=)
_________________ " Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Sa ne meurt pas, l'Espoir." [ Voodoo Hoffnung <3 ]
http://flouuu.deviantart.com/
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 10 Juin 2008, 21:51 |
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| Animation Source fan! |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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J'ai imprimé tout le texte que j'ai tapé à l'ordi , j'ai déja presque 70 pages et j'en suis même pas à la moitié C'est bien partit pour devenir un petit roman ou une looonnngue nouvelle .
Extrait 6 - Possession -
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Bien qu’il jouait et jouait encore, le slave semblait ne jamais perdre un seul centime, si bien qu’il amassa en l’espace de deux semaines une petite fortune. Grégoire soupçonna tout d’abord son ami d’avoir été touché par le démon du jeu, cependant Maverick ne semblait prendre aucun plaisir dans ces activités, si ce n’est celui de rapporter plusieurs fois par semaines toujours plus d’argent afin de satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Il ne perdait jamais. Le peintre savait qu’il utilisait ses capacités au dépend des autres joueurs, il ne lui fit cependant aucune remarque. A vrai dire, ce nouveau confort n’était pas pour lui déplaire. Lorsqu’il eu rassemblée une somme suffisante, Maverick se mit en tête de faire le tour des tailleurs de la ville afin de renouveler sa garde robe. Il n’avait jamais eu besoin de se changer, il ne pouvait transpirer et ses vêtements étaient toujours très propres et soigneusement harmonisés, si bien qu’il était impossible de savoir qu’ils n’avaient été lavés que rarement. Le peintre connaissait la coquetterie de son ami et le laissa dépenser son argent comme il l’entendait. Parmi tous les tailleurs qu’il visita, un seul accepta sa demande. De par ses dimensions hors normes, Maverick représentait en effet tout un problème. Tailler des vêtements adaptés à son gabarit relevait du défi, le prix du produit se révéla d’ailleurs proportionnel à sa taille. En plus de ses propres costumes, il fit fabriquer une série de vêtements adaptés à Grégoire. Le peintre ignorait comment ce dernier avait fait pour connaître et transmettre ses propres mesures au tailleur, il fut cependant très touché de cette initiative. Il se demandait si le slave avait fait ce geste par générosité ou plus simplement pour améliorer son image d’artiste négligé, qui nuisait indirectement à son apparence raffinée lorsqu’ils sortaient ensemble. Il lui avait ainsi offerts plusieurs pantalons, une élégante veste de dandy, quelques chemises et deux redingotes. La somme dépensée lui semblait incalculable, lui qui avait toujours vécu de manière simple et spartiate dans de vieux vêtements usés par le temps et le travail. Il s’amusait beaucoup à se regarder dans le vieux miroir fendu, ses beaux vêtements neufs contrastant totalement avec ses cheveux négligemment coiffés en une énorme queue de cheval ébouriffée. Il se sentait ridicule.
La seconde lubie du slave fut de leur trouver un nouveau logement. Cette nouvelle déconcerta Grégoire. Il aimait son atelier. Il ne pu cependant que se résoudre à suivre l’idée de Maverick. En effet, comme le slave l’argumenta de manière très juste, leur sécurité dépendait avant tout de leur capacité à passer inaperçue. Or, ainsi entassés dans un immeuble miteux en plein milieu d’une ruelle surpeuplée, ils étaient au centre de toutes les attentions. Grégoire était à présent montré du doigt au même titre que son compagnon, jouant le rôle du « sous fifre de la créature ». De nombreuses histoires circulaient à leur sujet, parfois des plus saugrenues, et ceci ne faisait qu’accroître leur embarrassante célébrité. Depuis la mort des chats de la propriétaire, Maverick inspirait la peur et de nombreux locataires avaient quitté l’immeuble, effrayés par le simple fait d’habiter au même endroit que cette chose étrange et sanguinaire qui essayait de se faire passer pour un humain. La plus comique des histoires qui circulaient à son sujet fut celle du vampire ; on affirmait ici et là que Grégoire recrutait des prostituées pour les mener jusqu’à son atelier et qu’aucune d’entre elles n’en était revenue. On parlait de cris, de bruits étranges, voire d’incantations. Tous ces commérages faisaient beaucoup rire le slave qui jouait parfois le jeu, jetant un regard d’ogre cruel aux petits enfants du quartier qui courraient se cacher à son arrivée, mis en garde par leurs parents. Cela amusait beaucoup moins le peintre qui craignait pour sa réputation, fort heureusement ces histoires populaires ne remontaient pas encore jusqu’aux oreilles de ses employeurs.
Trouver un endroit qui leur convienne ne fut pas une mince affaire. Il fallait une maison isolée, avec un endroit pouvant être convertit en atelier, et surtout un plafond assez haut pour que Maverick puisse s’y mouvoir aisément. Vivre aussi voûté qu’un bossu lui pesait. Ce dernier critère fut leur principale contrainte et les obligea à s’intéresser tout de suite à des logements plutôt coûteux, qui proposaient un espace plus grand. Lorsqu’ils visitaient des maisons, Grégoire avait souvent du mal à croire qu’ils seraient à mesure de payer. Les lieus retenus par Maverick ressemblaient à des châteaux comparés à son atelier sous les toits. Il n’avait toujours pas réalisé qu’avec la petite fortune qu’ils avaient à présent, ils étaient en mesure d’emménager où bon leur semblerait. Leur attention fut retenue par une petite villa baroque, plutôt ancienne mais bien conservée , située en retrait dans un parc à l’anglaise commun à plusieurs habitations. C’état une jolie maison de trois étages, perdue au milieu d’une forêt de chênes à l’apparence faussement naturelle. Le propriétaire était décédé il y a peut et son héritier souhaitait la vendre à un bon prix qui comprenait la plupart des meubles. Vue de l’intérieur, elle semblait plus grande, et la multitude de pièces donnait le vertige au peintre, bien que la bâtisse fût en réalité plutôt petite pour une villa. Elle était haute, aussi Maverick sembla très satisfait de n’avoir qu’à pencher la tête pour passer d’une pièce à l’autre par les grandes portes de bois. La décoration était chargée, imposante, et jouait parfaitement sur la répartition des masses. Un grand salon occupait une bonne partie du premier étage, ainsi qu’une bibliothèque aux nombreuses étagères qui enchanta tout particulièrement Grégoire. Ils visitèrent également une multitude de chambres, les appartements destinés à d’éventuels domestiques, les cuisines, et même une salle de musique. Derrière la maison se trouvait une petite écurie. En y entrant la première fois, Grégoire sentit avec un certain plaisir l’odeur de foin frais qui se dégageait encore des cinq stalles spacieuses mais vides. Il repensa alors à ce joli cheval ibérique qu’il apercevait toujours, attelé à son fiacre, lorsqu’il traversait la place du commerce chaque matin. Il songea que cet endroit gagnerait peut-être à trouver de nouveaux occupants lorsque le moment serait venu. Il entrepris ensuite de déambuler seul dans le parc tandis que Maverick discutait encore avec le propriétaire. Il écoutait les oiseaux, le bruit du vent dans les chênes, réalisant alors que si il en faisait le souhait, tout ceci pourrait peut-être lui appartenir. Ce sentiment de richesse soudaine le mit de très bonne humeur jusqu’à qu’il se souvienne que tout cet argent n’était pas à lui mais au slave. Tout reposait toujours sur Maverick, lui ne faisait que suivre. Pourtant cet endroit lui plaisait et il souhaitait pour une fois faire part de son opinion à son ami. Ceci ne fut néanmoins pas nécessaire ; le slave avait déjà conclus l’achat avant même qu’il ne rentre de sa promenade, ne s’encombrant pas de son avis. Quelques jours plus tard, ils emménageaient. Grégoire eu beaucoup de peine à quitter son atelier. Certes était-il vieux, sale, humide, mais il s’y sentait chez lui. Il passa une dernière fois sa main sur le vieux buffet de bois gris poussiéreux comme il l’avait fait machinalement pendant des années. Il s’assit une dernière dans le grand fauteuil rouge, Mozart sur les genoux, à regarder la lumière tomber des trois grandes fenêtres de la pièce principale, tout en écoutant les bruits de la ville qui s’éveillait au dehors. Cette vie n’avait peut-être pas été facile, mais elle avait été la sienne, et c’est avec une certaine nostalgie qu’il la quittait à présent.
Le peintre mit un temps à s’habituer à sa nouvelle vie. Maverick et lui possédaient maintenant deux chambres séparées, et le silence répété du parc lui pesait, créant en lui un sentiment insoutenable de solitude. Pendant toutes ces années, il avait été habitué à vivre dans le brouhaha incessant de la rue des Belles Ogives où se succédaient marchés, vendeurs de journaux, querelles de voisinages, cris d’enfants qui jouaient, de chiens qui aboyaient, de chevaux qui hennissaient . Le seul bruit de fond qui orchestrait à présent ses journées était celui des oiseaux, accompagné parfois de quelques craquements de branches ou du doux tambourin d’une averse. Maverick continuait à jouer. Grégoire avait à présent l’impression de ne travailler que pour la satisfaction sociale qu’il pouvait en tirer, son salaire n’ayant aucune importance comparé aux sommes astronomiques que le slave se procurait. Le peintre l’accompagna une fois dans une salle de jeu, essayant tant bien que mal de desceller ses stratégies. Gagner à chaque fois sans tricher, dans un jeu de hasard, cela ne pouvait relever que du miracle ou de la tricherie. Le slave semblait cependant jouer le plus honnêtement du monde, la chance le prenant par la main. Il était un client dangereux, aussi se faisait-il sans arrêt surveiller. Grégoire était persuadé que si son ami n’avait pas été aussi imposant, il se serait déjà fait mettre à la porte. Les trois hommes massifs qui le suivaient comme son ombre n’avaient cependant aucune chance contre lui, même réunis, si l’idée leur venait de se lancer dans un corps à corps. Grégoire redoutait néanmoins une altercation. Ses craintes furent confirmées deux semaines plus tard. Le peintre était installé dans la bibliothèque, assis sur le canapé vert près de la cheminée, un exemplaire d’Hamlet en version originale ouvert sur ses genoux. Il s’inquiétait. Il était presque minuit et Maverick n’avait pas donné signe de vie. Ce n’est qu’une demi heure plus tard qu’il entendit le bruit de ses hauts talons claquer dans l’escalier. Il entra dans la bibliothèque, ses cheveux humides témoignant de la légère pluie qui tombait à l’extérieur. Son maquillage avait presque disparut. Il se tourna vers Grégoire, un sourire légèrement moqueur aux lèvres.
_ Tiens, vous ne dormez pas ? Je pensais que vous aviez oublié d’éteindre le feu avant d’aller vous coucher.
Le peintre ne répondit pas. Il fixait la poitrine du slave avec de grands yeux exorbités. Deux trous aux bords légèrement brûlés se dessinaient dans ses vêtements.
_ On vous a … Tiré dessus ! s’exclama t-il.
Son regard se remplit d’effroi tandis qu’il levait la tête vers les orbites profondément froides de Maverick.
_Je vous avez prévenu, vous ne devez plus retourner là-bas, pour notre sécurité. Vous l’avez dit vous-même ; nous devons essayer de passer inaperçue pour échapper à l’Ordre. Cessez donc de vous donner ainsi en spectacle et …
Une lumière sembla soudain s’allumer dans ses pensées tandis qu’il parlait. Son expression gagna subitement en anxiété.
_ Et … Ces gens qui vous ont agressé… Que leur avez-vous fait pour l’amour du ciel ?
Le slave se débarrassa de sa veste, de son haut de forme et de sa canne, qu’il laissa tomber en vrac sur un fauteuil.
_Rien de mal, rien de mal… Ils sont vivants si telle est votre question.
Il se dirigea vers le peintre et se laissa tomber à son côté tandis que le canapé grinçait et se pliait sous son poids. Grégoire sentit la masse de son bras encadrer délicatement ses épaules. La voix rauque de Maverick, avec son éternel accent ponctué de « R » roulés et de consonnes sèches, coulait dans ses oreilles comme un nectar. Il avait adopté une nouvelle fois ce ton étrangement mielleux et calme, à la fois très déroutant et apaisant.
_Cessez de vous inquiéter… Ne pensez à rien, je m’occupe de tout.
Grégoire se leva soudainement, s’écartant de lui avec colère. Son livre tomba sur le tapis.
_Non, non, non ! Je vois ce que vous essayez de faire.
Il se retourna nerveusement, les poings serrés, regardant avec fureur le slave qui, se tenant toujours assis, le toisait avec curiosité. Grégoire prit une profonde inspiration et essaya, en vain, de contrôler sa voix tremblante.
_ J’en ai assez, assez ! Je ne suis ni votre fils ni votre chien, alors cessez de me traiter comme vous le faites. Je suis un homme, foutrechié ! Nous sommes égaux! Nous devons agir d’homme à homme et vous me devez le respect !
La sueur dégoulinait le long de son front. Maverick, qui avait appuyée sa tête dans sa main, le regardait avec une expression moqueuse et attendrie, qui vexa profondément Grégoire.
_D’homme à homme ? Encore faudrait-il que je sois un homme.
_Là n’est pas la question ! trancha sèchement le peintre.
Le slave se leva avec un profond soupir, engloutissant Grégoire de son ombre à mesure que ses épaules s’élevaient vers le plafond. Il avança lentement de sa démarche étrangement chaloupée et enveloppa l’épaule du peintre de son énorme main gauche avec douceur mais fermeté. Grégoire eu un mouvement de recul ridiculement inutile et Maverick, le tenant toujours, le força à se tenir face à lui.
_ Je vous trouve bien ingrat cher ami, bien ingrat. Je vous protège de vos ennemis, je vous permet de vivre aisément, et voila comment vous me remerciez. Je risque chaque jour mon existence pour prendre soin du petit homme que vous êtes et vous m’accusez de ne pas vous respecter ? Regardez moi donc lorsque je vous parle !
Le peintre leva lentement ses grands yeux verts, dévisageant à contre coeur le géant qui le toisait. Son regard glacial et triangulaire se découpait violement sur la noirceur de sa peau, tandis que ses fins sourcils blonds, se fronçant légèrement, lui donnaient une expression sévère. La chaleur qui s’échappait de l’âtre n’avait pas entièrement séchée sa chevelure encore humide. Grégoire sentit de légères gouttes s’écraser sur ses joues, tombant des longues mèches cuivrées qui encadraient le visage de Maverick. A cet instant, il le trouvait beau, monstrueusement beau, quelque part entre la douceur d’un ange et la brutalité animale la plus primaire, à la fois bienveillant et terriblement hostile. Le peintre s’en trouva très intimidé. Sans en avoir conscience, il jouait à présent avec un des pans de la redingote du slave, qu’il tordait nerveusement entre ses doigts.
_ Je suis loin d’être aussi faible et stupide que vous voulez me le faire croire. Mais si je ne suis qu’un boulet à votre cheville, pourquoi alors ne m’abandonnez vous pas ? Je sais depuis fort longtemps que vous n’avez plus besoin de moi pour la trouver, que vous la sentez et que vous suivez sa trace jour après jour pendant que je me traîne à vos côtés. A présent tout repose sur Jeanne et moi je ne suis plus rien, ils ne le savent pas, mais ma disparition n’a plus aucune importance, alors pourquoi vous encombrer encore de moi ? Pourquoi ne pas me laisser derrière vous pour les distraire en prendre de l’avance sur eux ?
Ces questions lui torturaient l’esprit depuis des lustres. Il n’avait cependant jamais eu le courage d’en parler. Il sentait à présent des larmes lui piquer les yeux et il baissa le visage, cachant son regard rougit par l’émotion.. Maverick soupira de nouveau. Reculant vers le canapé, il tira Grégoire dans son sillage, s’assit et le prit à califourchon sur ses genoux dans un geste paternel.
_Voyez vous, si l’envie me prenait, je serais en mesure de vous détruire aussi facilement que vous le feriez vous-même d’une fleur ou un moustique. Une simple pression de ma main sur votre bras et vos os seraient réduits en poussière. Seulement, je ne le ferais pas. Vous êtes fragile, éphémère, un jour vous disparaîtrez, et fatalement vous ne pourrez rien contre ce fait. Vous me faites pitié mon ami, et c’est le seul sentiment qui me rattache encore au peu d’humanité qu’il me reste. Je connais votre nature pour l’avoir autrefois vécue, mais vous ne serez jamais en mesure de connaître la mienne. L’émotion au sens humain où vous l’entendez m’est étrangère depuis bien longtemps.
Le slave fit une pause dans sa parole, comme absorbé par ce qu’il était lui-même en train dire. Il reprit au bout de quelques instants.
_ Posséder est le seul désir qui puisse encore me stimuler. Je suis devenu votre opium. Sans votre adoration je ne serais déjà plus qu’une machine assoiffée de pouvoir, veiller sur vous m’empêche de sombrer dans la folie. J’ai… Besoin que vous ayez besoin de moi. Vous comprenez ?
Il regarda le peintre, qui, toujours installé sur ses genoux, le regardait avec de grands yeux, la bouche entr’ouverte. Il semblait boire chacun de ses mots comme si le christ lui-même lui parlait. Maverick eu un sourire ironique accompagné d’un léger rire.
_Non évidement vous ne pouvez pas comprendre.
Presque machinalement, il porta une de ses mains gantées de blanc dans l’épaisse crinière grise qui servait de chevelure au peintre, faisant couler les boucles argentées entre ses grands doigts. Grégoire sentit soudain cette étrange torpeur que seul le slave savait déclencher en lui paralyser ses membres. Il voulut lutter, mais sa volonté était trop faible pour supplanter ses émotions. Il se laissa mollement tomber contre la vaste poitrine de Maverick, l’agréable et singulière odeur de citronnelle qui se dégageait toujours de ses vêtements lui envahissant les narines. Le géant blond se pencha légèrement sur lui, chuchotant presque à son oreille.
_ C’est bien, c’est bien. Ne résistez pas, ne me craignez pas. Vous et moi sommes indissociables. Vous m’appartenez, acceptez le et réjouissez vous de ce privilège.
Et le peintre sombra totalement dans le sommeil.
Lorsqu’il s’éveilla le lendemain, noyé dans les épaisses couvertures de son grand lit à baldaquins, il faisait déjà jour. Mozart jappait sur le tapis. Le pauvre chien mourrait de faim. Le peintre se leva prudemment, jetant un regard distrait à l’horloge qui tictaquait à côté du petit secrétaire de bois blanc. Il était plus de midi. Encore mal réveillé, il se frotta vigoureusement le front en grognant, puis, après avoir hâtivement arrangée sa queue de cheval et s’être chaussé, sortit de sa chambre et descendit à la cuisine afin de nourrir Mozart qui trottinait à ses côtés. Ne trouvant pas Maverick, il jeta un œil furtif dans sa chambre. Son chapeau et sa canne ne s’y trouvaient pas, il en conclut que le slave l’avait à nouveau laissé seul. L’état de la maison c’était fortement dégradé depuis qu’ils y habitaient. Quelques souris galopaient ici et là tandis que la poussière s’accumulait sur les meubles et que les toiles d’araignées décoraient les lustres. Engager un personnel de ménage, qui violerait leur intimité protectrice, était dangereux. Le peintre, quand à lui, n’était pas en mesure d’entretenir l’état de la villa lui même. Seuls sa chambre et son atelier étaient plus ou moins propres.
Il s’empara du premier morceau de viande qu’il trouva et, le découpant de façon sommaire, le servit à son chien dans une vieille assiette d’argile qui s’écaillait. Il s’assit mollement sur une chaise et regarda l’animal engloutir son repas à la hâte. Ses pensées étaient encore pleines des événements de la veille. En réalité, il n’avait pas l’impression d’avoir rêvé, ni d’avoir réellement dormit, tant son étrange discussion avec Maverick lui semblait proche. Sans doute le slave l’avait-il endormit pour éviter un éventuel conflit. Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait. Il lui semblait que le géant était en mesure de le faire sombrer à sa guise dans une sorte de coma, comme anesthésié. Il se souvint alors du soir de la réception et du corps curieusement endormit d’Elisabeth reposant sur le sol après que Maverick l’ai débarrassée du mangeur d’âme qui avait pris possession de son corps. Peut-être le slave l’avait-il également endormie. Il pensa alors au parfum, prenant conscience que chacun de ses souvenirs en rapport avec ces soudains états de torpeur étaient associés à cette odeur de citronnelle tellement propre à son compagnon. Une sorte de drogue ? Non, il écarta cette idée ; il lui arrivait assez régulièrement de s’introduire dans la chambre de Maverick pendant ses longues absences dans le seul but de pouvoir être en contact avec tout ce qui lui appartenait. Il restait parfois pendant un temps interminable couché sur le sol, entièrement emmitouflé dans une des vestes du géant, pour le seul plaisir de sentir son odeur et sa présence. Dans ces moments là, le parfum qui imprégnait les tissus n’avait eu aucun effet sur sa personne, si ce n’est un étrange sentiment de bien-être. Il s’amusait ensuite avec ses hauts-de-forme immenses qui faisaient disparaître sa tête jusqu’aux épaules. Ces occupations le faisaient d’avantage ressembler à un enfant jouant avec les affaires de son père plutôt qu’à l’adulte aguerrit et presque trentenaire qu’il était. Chaque seconde de séparation était synonyme de souffrance pour lui, et cette perspective l’effrayait de plus en plus. Il vivait ces longues absences du slave comme une punition. Ce pouvoir qui l’écrasait le révoltait et le réjouissait à la fois. Il soupira profondément, laissant tomber sa tête entre ses mains, se maudissant intérieurement d’avoir des sentiments si manipulables et incompréhensibles pour lui-même.
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 14 Juin 2008, 22:39 |
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Et hop !
Extrait 7
[...]
Aglaë poussait des cris déchirants, qui résonnaient dans l’escalier jusque dans le salon. Maverick l’écoutait hurler, un sourire enjoué sur les lèvres. _Cette pauvre enfant va mourir, comme c’est affligeant. Grégoire recula, se retrouvant le dos collé au mur. Il transpirait à grosses gouttes, haletant péniblement sous l’effet de la peur et de la colère. Le slave détacha son regard du couloir pour le tourner vers le peintre. Une expression terriblement innocente et malsaine brillait dans ses yeux. Grégoire s’en trouva choqué et horrifié, comme si une vague d’eau glacée venait de lui fouetter le visage. Son cœur rata un battement. Il déglutit avec peine, essayant ainsi de se débarrasser de la boule de panique qui lui encombrait douloureusement la gorge. Le regard du slave l’épouvantait. Ses yeux bleus et froids lui faisaient l’effet de deux armes braquées sur lui, prêtes à le déchirer en lambeaux. Maverick parla à nouveau d’une voix acide et faussement doucereuse. _ Vous faites un bien mauvais père. Grégoire porta ses mains à ses oreilles, laissant échapper un cri. _ASSEZ ! ASSEZ ! VOUS ME FAITES HORREUR ! Le géant se mit à rire, tournant machinalement sa canne entre ses mains. Aux yeux du peintre, il semblait à présent encore plus incompréhensible que jamais. Grégoire ne comprenait plus cette violence, ce mépris, cette haine qu’il semblait soudain lui témoigner. Il se sentait dérouté, effrayé. Non, cette chose épouvantable qui se trouvait assise face à lui n’était pas Maverick, il ne pouvait le concevoir. _ Allez-y, insultez moi, frappez moi si cela peut vous soulager, je ne bougerais pas, de toute façon je ne sentirais rien. Le peintre ferma les yeux, agrippant violement ses oreilles de ses mains, plantant ses ongles dans la peau de son cuir chevelu qui saigna légèrement de part et d’autre de sa tête. _ MONSTRE ! MONSTRE ! MONSTRE ! Maverick se redressa sur le canapé, portant théâtralement sa main droite sur sa poitrine, feignant ainsi l’indignation. _ Monstre ? C’est vous qui avez voulu que cette petite vive, à vous d’en assumer les conséquences. Je vous ai dit qu’elle était trop jeune pour que je puisse la guérir. Vous avez voulu qu’elle vive malgré tout, je vous ais obéit, je ne l’ais pas tuée. _Parce que vous saviez pertinemment que je ne pourrais pas l’approcher et que cela me ferait du mal. Rétorqua le peintre sur son ton le plus agressif. Ne pouvant retenir son mépris, il cracha par terre. Maverick ne sembla pas s’en soucier. Aucune insulte ne pouvait l’atteindre, du moins c’est ce que son comportement laissait croire. A l’étage, les cris de la petite fille redoublaient soudain d’intensité. Maverick s’affala sur le canapé qui craquait dangereusement. Un des pieds de bois se plia, laissant apparaître une fissure qui menaçait de s’ouvrir à tout moment. _ Et voila, continua le slave, elle est en phase terminale, le mangeur d’âme va prendre le peu de substance qui lui reste encore puis se consumera en elle, l’entraînant dans la mort. Elle va beaucoup, beaucoup souffrir. Il avait parlé sur un ton terriblement neutre. Envahit de colère, Grégoire retrouva soudain l’usage de ses jambes et se rua vers l’escalier. Surpris, Maverick se leva soudain, cognant de sa tête le lustre qui se trouvait au dessus de lui. _ Que faites-vous ? Le peintre marqua un temps d’arrêt. _ Ma mort n’a plus d’importance. Je ne peux pas la laisser ainsi souffrir. Vous n’aurez qu’à m’étrangler lorsqu’il se sera emparé de moi. Une expression de terreur se dessina sur le visage du slave. Il leva sa main vers Grégoire comme pour le retenir. _ Non ! Ne faites pas ça ! Mais le peintre avait déjà disparut. Il courrait, grimpant les marches quatre à quatre vers l’étage, guidé par les cris de l’enfant qui hurlait toujours à pleins poumons. Le sol et les murs se mirent soudain à trembler. Maverick le poursuivait et le rattraperait d’une seconde à l’autre. Grégoire atteignit enfin le premier étage, haletant, et se rua sur la porte de la chambre. Il allait introduire sa clef dans la serrure lorsqu’une force le souleva du sol. Il sentit son corps être projeté dans les airs avant de retomber lourdement plusieurs mètres plus loin. Il se retourna tant bien que mal sur le dos pour voir la silhouette du slave qui le toisait de toute son interminable hauteur. La peur et l’incompréhension s’emparèrent finalement de tout son être. Se laissant défaillir, il se mit à pleurer, essuyant ses yeux humides de sa manche blanche tandis que ses mains tremblaient. _ Je ne comprend pas, je ne comprend pas …Je ne sais pas, je ne sais plus qui vous êtes… Pourquoi avez-vous changé ? Pourquoi ? Les cris de Aglaë cessèrent subitement, plongeant tout l’étage dans un silence morbide. Maverick porta un regard distrait vers la porte de la chambre. _ C’est terminé, elle est morte. Le peintre, sonné et perdu, se hissa avec peine sur un coude avant de s’asseoir. Il pleurnichait toujours. _ Pourquoi vous n’êtes plus comme avant ? Qu’est-ce que j’ai fais pour que vous me haïssiez ainsi ? Pour que vous ayez envie que je souffre de la sorte ? Le slave pencha vers lui son visage poudré. Ses yeux étaient semblables à deux petits brasiers, se consumant dans une sorte de colère inhumaine. Tout son être semblait brûler, jusqu’à ses cheveux blonds qui reflétaient la lumière des chandeliers. _ Vous n’êtes qu’un menteur, dit-il, vous n’aimez pas cette femme, comme vous n’aimiez pas ce bébé. Vous n’êtes qu’à moi, à moi ! Grégoire se recroquevilla un peu plus sur lui-même, puis porta à nouveau ses mains à ses oreilles. Ses sanglots étouffaient sa voix. _Je vous aime, je n’aime que vous ! Mais je vous en supplie, redevenez comme avant. Pardonnez mes erreurs et redevenez comme avant. Maverick le regardait d’un air troublé. Sa colère semblait se dissiper. Le peintre plongea son regard encore gonflé de larmes dans ses yeux bleus. Le slave porta soudain une de ses mains à son front, comme pris d’un mal de tête. Il se retourna. _Non … C’est à vous de me pardonner. Et il descendit les escaliers.
Encore tout penaud, Grégoire se releva et ramassa la clef de la chambre qui traînait sur le tapis. Il eu un regard pour la porte. Il se rendit alors compte que la mort d’Aglaë ne le touchait absolument pas. La seule chose qui occupait à présent son esprit était Maverick. « Tu es de nouveau sous son emprise » lui disait au fond de lui-même sa conscience « prends le corps de ta fille et enfuis toi d’ici ». Mais ses jambes le portèrent dans l’escalier et il se retrouva dans le salon quelques minutes plus tard. Maverick était là, de nouveau assis sur le canapé, le regard vide, plus vide qu’il ne l’avait jamais été. Le peintre s’avança. « Rappelle toi te ta colère, rappelle toi qu’il a voulu tuer ta fille, vas-t-en avant qu’il ne prenne à nouveau dans ses filets … ». Grégoire secoua la tête. _Non ! Je l’aime ! se dit-il à lui-même. Le slave l’entendit et tourna son regard vers lui. Une chose étrange se produisit alors. Des larmes coulaient le long de ses joues. Le peintre en resta bouche bée. Pour la première fois, Maverick exprimait la faiblesse. Cette situation nouvelle le troubla. Le slave tendit une main vers lui. _Merci. Le peintre ne bougea pas. Maverick se leva et vint s’agenouiller devant lui, le prenant dans ses bras. Grégoire se sentit alors tiraillé entre joie et répulsion. Ne sachant que faire, il resta parfaitement immobile. Le slave chuchota à son oreille. _La jalousie et la tristesse. Cela fait bien longtemps qu’elles m’avaient quittées. Vous me les avez rendues. J’espère que vous me pardonnerez. Grégoire le serra à son tour contre lui, empoignant ses vêtements comme il ne pouvait passer ses bras trop courts autour de vaste buste. _ Vous m’êtes trop cher pour que je ne vous pardonne pas. A l’étage, Aglaë se remit à pleurer. Grégoire se dégagea de l’étreinte du slave. Il le regardait pour la première fois d’un œil supérieur, d’un œil plus sage, plus expérimenté. En cet instant, Maverick lui semblait faible, faible et pitoyable, une immense masse blonde perdue et troublée. _ Vous aussi, vous êtes un menteur. Le géant se redressa. Un grand sourire se dessina sur son visage. _Mentir est le propre de l’être humain. Je suis comme toi, petit homme. Je suis humain.
[...]
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 15 Juin 2008, 12:06 |
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j'adore le lien qui retient gregoir au pres de mavericke, esperons que ton romabt ou ta lonnnnnnnngue nouvelle sois editee un jour =)
_________________ " Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Sa ne meurt pas, l'Espoir." [ Voodoo Hoffnung <3 ]
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 20 Juin 2008, 21:37 |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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Lol merci de ton interet Demona ^^
Tention, resuite , enfin plutot flash back vu que c'est un extrait du tout début que j'avais la flemme de taper avant . J'approche des 130 pages \o/
Extrait 8
[...]
Il s’avança timidement et posa la main sur son buste qui s’élevait au rythme de ses inspirations, avalant de monstrueuses quantités d’air qu’il expirait ensuite dans un ronronnement sourd. Grégoire s’assit sur le matelas et porta ses mains sur ses genoux. A coup sur il dormait, peut-être ne remarquerait-il rien si il lui touchait le visage. Oui, il fallait qu’il lui touche le visage. Il en mourrait d’envie. Il s’approcha lentement de la tête du géant, essayant d’attraper ses cheveux, mais ceux-ci se trouvaient hors de sa portée. Avec prudence, il se issa sur la cage thoracique mouvante, appuyant sa main sur ses énormes cotes. Voyant qu’il ne réagissait pas, le peintre s’assit lentement sur l’inconnu. Il se sentit soulevé par la force des poumons qui se gonflaient sous lui et resta quelques instants parfaitement immobile, craignant de le réveiller ou de tomber du lit. Il s’agrippa ensuite à la fine chemise bleue de sa main droite et tendit sa main gauche vers le menton blanc de son sauveur qu’il effleura du bout des doigts. Il fut surpris de sentir quelque chose se coller à son index et, retirant sa main, remarqua qu’une trace blanche en couvrait à présent l’extrémité. Du maquillage ? Il toucha à nouveau le visage endormit. Dans la pénombre de leurs deux premières rencontres, il n’avait pas été en mesure d’en détailler les traits. A l’image du reste de sa personne, le visage du géant était fin, allongé, un peu juvénile, féminin mais doté d’une virilité propre. Sa peau était parfaitement lisse, comme si la barbe ne l’avait jamais piquée, et ses joues légèrement creusées convergeaient vers un long menton triangulaire. Son nez, quoi que long, était merveilleusement fin et pointu, rappelant le profil d’un loup. Le peintre passa lentement ses doigts puis ses mains pleines sur chacune des parties de cet étrange face qui le fascinait, couvrant ses manches de poudre. Il aimait caresser ses sourcils blonds très doux au toucher et passer sa main dans ses cheveux dorés incroyablement fins et fluides, qui coulaient comme de l’eau entre les doigts. Il entreprit ensuite de jouer avec sa mâchoire, l’ouvrant et la fermant, découvrant sa dentition d’un blanc ivoire légèrement bleuté. Sa langue également avait une couleur étrange, une sorte de bleu nuit qu’il n’aurait jamais cru naturellement possible. Sa bouche elle-même était plutôt petite par rapport à son visage mais tout bonnement immense pour une personne normale, encadrée de fines lèvres argentées, humides et brillantes. Grégoire les effleura du bout des doigts. Un désir subit lui vint alors à l’esprit qui l’effraya, et il secoua la tête comme pour le sortir de sa boîte crânienne. Le moment était mal choisit pour avoir ce genre d’idées. Cette énorme bouche de fauve aux longues dents droites l’angoissait, mais ces lèvres, ces lèvres semblaient l’envoûter, l’appeler, l’attirer à elles. Il détourna son regard brusquement, essuyant involontairement de sa manche la joue du géant. Il remarqua alors quelque chose d’étrange. Rentrant sa main dans les tissus de son habit, il épongea consciencieusement son visage, ôtant le maquillage blanc qui le couvrait. Ce qu’il découvrit le stupéfiât totalement. Sous la couche de poudre blanche se trouvait une peau d’une couleur qu’il n’avait jamais vue auparavant. Un noir bleuté glacial et inhumain. Le peintre, que cette découverte rendait confus, resta quelques instants sans bouger, puis prenant son courage à deux mains posa le bout de ses doigts tremblants sur la joue du géant. Débarrassé de son maquillage blanc, la peau entra directement en contact avec ses doigts. Il sentit un froid glacial lui mordre la main. Un froid de mort. Cette sensation inattendue le surprit et il poussa un léger cri aigu. Les yeux du géant s’ouvrirent brusquement. Grégoire se sentit basculer en arrière tandis que le buste sur lequel il se trouvait toujours assis se redressait sous lui. Il tomba au pied du lit sans comprendre ce qui lui arrivait, se cognant la tête sur le sol. Il se issa sur un coude tout en frottant son front douloureux. Le géant se trouvait à présent assis sur le lit, le regardant avec une expression très neutre. Ses grands yeux triangulaires se découpaient violement sur la noirceur de sa peau. C’était un regard unique, incomparable, curieusement lumineux. Le fond de ses yeux était de la même couleur que ses dents ; un blanc ivoire aux reflets bleus. Aucune veine ne venait se dessiner dans ses orbites. Ses pupilles semblaient elles trop petites par rapport à la taille immense de ses yeux, lui donnant un regard tout à fait perçant et angoissant. Chacune d’elle était entourée d’un iris turquoise profond et brillant. Grégoire tourna la tête, ne pouvant soutenir ce regard froid qui détaillait chacun de ses mouvements. Le géant se pencha un peu plus, lui tendant une main ouverte.
_ Je suis terriblement confus, je ne voulais pas vous effrayer.
Contrairement à ce que son physique pouvait laisser présager, sa voix était très virile, grave, féline, remontant du plus profond de la gorge et ponctuée d’un accent que le peintre ne pouvait identifier exactement. Une sonorité nordique, probablement slave. Grégoire regarda la main que le géant lui tendait pour l’aider à se lever. Un membre énorme, ganté de blanc. Elle l’effrayait, aussi se releva-t-il de lui-même. Il se tint debout, très droit, jouant nerveusement avec les longues mèches grises qui tombaient sur ses épaules, les tortillants vivement entre ses doigts. Il aurait voulu questionner cet étrange inconnu, mais son esprit était confus, l’empêchant de formuler la moindre phrase correcte. Un doux sourire se dessina sur la bouche du géant qui, bien qu’il fût assis, était toujours plus haut que lui, le toisant d’un air légèrement amusé. Il repoussa d’un revers de main ses longs cheveux blonds qui retombaient à présent dans ses yeux. Grégoire décomposait chacun de ses mouvements, le dévorant de ses grands yeux verts. Quelque chose dans cet étranger l’attirait inexorablement. Il ne savait pas si ce qu’il ressentait était plus proche de la peur ou de la fascination. Toujours est-il qu’il ne pouvait détacher son regard de ses fines lèvres brillantes qui s’agitaient tandis qu’il parlait.
_ Serais- je donc en train de vous intimider, mon ami ?
Grégoire secoua vivement la tête, lâchant un « non » tremblant et mal assuré. Un « oui » n’aurait pas été plus explicite. Le géant laissa échapper un rire sourd et rauque. Grégoire le regarda prendre appuis sur le bord du lit qui craqua dangereusement avant de s’élancer pour se lever. En le regardant ainsi s’élever, le peintre prit enfin pleinement conscience de ses dimensions réelles. Leur court face à face dans la pénombre de la rue Charlemagne lui avait permis de constater le fait qu’il était plus grand que nature, mais sa visibilité réduite par l’absence presque totale de lumière l’avait fait douter de lui-même. Peut-être sa perception avait-elle été déformée. A présent que l’étranger se trouvait en face de lui, en pleine lumière, le noyant dans son ombre, il ne pouvait qu’accepter cette réalité ; le gabarit de cet inconnu dépassait l’entendement. A vue d’œil, il devait mesurer plus ou moins trois mètres, ses épaules touchant le plafond de la pièce l’obligeant à se tenir voûté. Grégoire s’en trouva très impressionné, totalement submergé, empêchant sa vessie de se relâcher au prix d’un effort surhumain. Le géant se pencha, ramassant sur le sol un énorme chapeau aussi vert que sa veste, ainsi qu’une drôle de canne ornée d’un bélier doré. Cette dernière était presque aussi longue que le peintre lui-même. Il fouilla ensuite dans une des poches interieures de sa veste, en sortant une petite boîte blanche ornée de motifs criards. Il la plaça entre les mains du peintre. Ce dernier l’ouvrit et découvrit qu’elle contenait des feuilles séchées. _ Et si vous nous prépariez un thé ? Vous avez tout ce dont vous avez besoin là dedans et j’ai vu que vous aviez des tasses dans votre cuisine. Il serait agréable de faire plus ample connaissance autour d’une collation, vous ne croyez pas ? Grégoire ne répondit rien et se dirigea sans réfléchir dans la pièce principale, récupérant au passage sa paire de lunettes toujours posée sur le lit. Le géant le suivit, se pliant tant bien que mal pour passer par la porte de la chambre. Il déambula quelques instants dans la pièce, le parquet gémissant sous ses pas. Grégoire se demandait comment diable une personne aussi svelte pouvait être aussi lourde. En effet le corps de l’étranger était élancé, longiligne. Il se trouvait planté sur une paire de grandes jambes minces, affinées par la forme assez singulière de ses chaussures. Celles-ci, bien qu’ayant une coupe parfaitement masculine, étaient montées sur une paire de talons très hauts, rendant la démarche du géant blond tout à fait efféminée. Sa taille était serrée et son buste large, supportant une paire d’épaules à l’allure puissante que recouvraient ses cheveux blonds soyeux et mis longs. Ses bras semblaient plutôt maigres, contrairement à ses mains énormes et fortes. Il regardait tout autour de lui, posant son regard sur les chaises qui traînaient un peu partout dans l’atelier. Grégoire comprit qu’il cherchait certainement un endroit où s’asseoir mais qu’aucune d’entre elles ne pouvait supporter son poids. Il se dirigea vers le fond de la pièce où se trouvait le grand fauteuil rouge dans lequel dormait encore Mozart. Il lui tapota le dos pour le faire descendre. Le chien s’exécuta dans un grognement mécontent, puis traversa la pièce en se dandinant jusqu’à la chambre. Le peintre poussa avec peine le siège jusqu’au centre de la pièce, laissant de grandes traces dans la poussière qui jonchait le sol. Il l’installa à côté de la petite table en bois ronde sur laquelle il avait l’habitude de dîner puis disposa une chaise du côté opposé pour lui-même. Le géant s’avança et se laissa tomber dans le fauteuil qui se plia sous lui. Le peintre se dirigea ensuite vers l’endroit qui lui servait de cuisine afin de préparer du thé, comme l’inconnu le lui avait demandé. Il ne savait pas pourquoi il lui obéissait ainsi. A cet instant, il ne savait rien. Il regardait de temps à autre le géant du coin de l’œil. Il le vit une fois prendre dans sa poche une sorte de gourde pour en boire le contenu. Fouillant dans une armoire, Grégoire trouva une vieille théière poussiéreuse. La boisson fut rapidement préparée, et une agréable odeur de thé flotta bientôt dans l’atelier. Le peintre remplit les deux tasses et les apporta sur la table, amenant ensuite la théière avec laquelle il se brûla le pouce. Il s’assit sur sa chaise. Se tenir ainsi face à face avec le géant qui le regardait le mettait mal à l’aise. Ce dernier semblait détailler son visage avec attention. Grégoire s’en trouva gêné et baissa les yeux. Il se rendit compte que ses mains tremblaient encore. L’inconnu lui parla sur un ton curieusement amical et mielleux qui ne le rassura pas le moins du monde.
_Je comprend ce que vous devez ressentir, en réalité je vous trouverais bien inconscient si je ne vous effrayais pas. N’ayez pas honte de montrer votre peur, sachez seulement que je ne vous veut aucun mal, je ne suis ici que pour vous aider.
Il s’affala un peu plus dans le fauteuil qui craqua sous sa masse. Tendant un interminable bras vers la table, il prit sa tasse entre le pouce et d’index. Il l’amena ensuite jusqu’à ses lèvres et en but le contenu d’une seule gorgée. Le peintre pensa pendant un instant que le géant allait avaler la tasse toute entière. Mais la grande main revint vers la table, déposant l’objet intact face à Grégoire qui n’avait pas perdue une miette du spectacle. Le géant le regarda avec un sourire.
_Vous êtes bien muet aujourd’hui, vous qui vouliez me poser des centaines de questions embarrassantes l’autre nuit. Si mon apparence vous rebute je saurais néanmoins me montrer patient. Il baissa ensuite les yeux vers la tasse que Grégoire tenait entre ses mains. _ L’alcool est un bien terrible vice, vous ne croyez pas ? Le peintre sentit ses doigts se crisper. Il répliqua sur un ton mal assuré. _Je ne vois pas de quoi vous parlez. L’inconnu sourit de plus belle, le regardant d’un œil bleu, attendrit et moqueur. _Je sais que vous avez ajouté de l’absinthe dans votre tasse. Mais ne vous en faites pas, vous n’aurez plus ce problème d’ici quelques temps.
Grégoire ne comprenait pas où il voulait en venir exactement, mais l’étranger avait vu juste. Honteux, il posa la tasse encore pleine sur la table et regarda soigneusement du côté pour ne pas que leurs regards ne se croisent. Appuyant ses deux mains sur sa canne, le géant se pencha vers lui.
_ Vous vouliez connaître mon nom, si je ne me trompe pas. C’est ce que vous aviez dit avant que je ne vous laisse seul l’autre nuit.
Grégoire sentit son souffle sur son visage. Il n’osait pas tourner la tête de peur de se retrouver nez à nez avec lui, aussi s’appliqua-t-il à garder les yeux fixés sur le rideau qui séparait son lieu de travail du reste de l’appartement. Le géant semblait attendre quelque chose de lui, aussi se força-t-il à parler, très timidement.
_ Geringschilder…je m’appelle Grégoire Geringschilder. Le géant se redressa. _ Je sais. Il posa sa canne sur ses genoux. _On m’appelle Maverick, c’est tout.
Grégoire tourna lentement ses yeux vers son interlocuteur. Il voulait lui parler, lui poser toutes sortes de questions, mais son esprit était comme paralysé. Il chercha longtemps ses mots, puis tenta de formuler une phrase.
_Dites moi… Maverick… Qu’êtes-vous exactement ? Il porta soudain sa main à sa bouche, prenant conscience de la tournure de sa phrase. Il se tassa sur lui-même, craignant que le géant ne s’en offusque. Or celui-ci sembla accueillir sa maladresse avec humour. Il rit. _ Si vous dites cela à cause de mon accent, sachez que je suis originaire de Poznan. Grégoire secoua la tête. _ Non je voulais savoir … Pour votre peau. Il se gratta machinalement la joue tout en parlant. L’expression détendue du géant changea soudain. Il passa sa main gantée de blanc sur son visage. Il n’avait apparemment pas remarqué que le peintre l’avait partiellement démaquillé durant son sommeil. Il le dévisagea d’un regard sévère. _ Vous m’avez touché ? Répondez ! Grégoire sentit la crainte le gagner tandis qu’il s’enfonçait dans sa chaise, cherchant à se faire le plus petit possible. Maverick soupira, se massant les yeux de son pouce et son index. _Ce n’est rien, tachez juste de ne plus recommencer. Ce n’est absolument pas contagieux si telle est votre crainte. Surtout n’en parlez pas, est-ce clair ? Le peintre acquiesça, soulagé. Il sentit un élan d’assurance monter graduellement en lui. Ainsi cet étrange géant slave avait réussit à l’apprivoiser. Il entama à nouveau la conversation avec un courage renouvelé. _ Je voudrais savoir, pourquoi me suivez vous ? Maverick sembla réfléchir quelques instants, puis posa une vaste main sur l’épaule du peintre, qui sentit la chair de poule lui hérisser la nuque. Cette main était énorme, incroyablement puissante, et aurait pu le briser d’une simple pression. Il resta immobile, coinçant ses propres mains entre ses cuisses pour cacher les tremblements qui les parcouraient. _ Vous ne pouvez pas en avoir conscience, mais votre vie est en danger. Je suis là pour vous aider. Pour le moment vous n’êtes pas en mesure de comprendre ce qui vous arrive, je vous demande simplement de me faire confiance. A présent ils sont trop agressifs pour que je continue à garder mes distances avec vous. Le peintre le dévisagea d’un regard interrogateur. Une nouvelle fois, il ne pouvait détacher son regard de ses lèvres argentées à présent terriblement proches de lui. Il souhaitait les toucher à nouveau mais se força à détourner ses yeux. _Je ne comprend pas très bien pourquoi quelqu’un voudrait ma mort. Vous devez vous tromper. _ Vos deux accidents n’étaient pas le résultat du hasard. Sans moi, vous ne seriez déjà plus de ce monde. Vous possédez une chose dont ils ont besoin et cela irait contre mon intérêt qu’elle tombe entre leurs mains. Grégoire se leva brusquement, se dégageant de la main gantée du géant qui le laissa aller sans essayer de le retenir. Son regard prit une expression déconcertée. _ Je n’ai rien, pas un sou, pas un seul objet précieux, que voulez vous qu’on me prenne puisque je n’ai rien ? Maverick se mit à rire bruyamment. _ Vous ne comprenez pas, cette chose n’est pas un objet, cette chose, c’est vous. _Vous êtes fou, fou à lier … Et qui sont-ils ? _ Je ne peux pas encore vous le dire, affirma le slave, vous n’êtes pas en mesure de comprendre, pas encore. Maverick se leva, ramassant sa canne et son chapeau. _Je vais vous laisser à présent, vous avez besoin d’être seul pour réfléchir. Je reviendrais demain matin. Mais ne vous inquiétez pas, même si vous ne me voyez pas, je garde un œil sur vous. Bonne soirée.
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 21 Juin 2008, 21:18 |
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j'ai tout lu pour une fois! je preferre quand il a la peau blanche maverick, sinon quand je l'imagine, sa fait bizard =)
J'adore le personnage de Grégoir, mais il est pas un peu homosexuel sur les bord?(je ne suis pas homophobe,sois sans craintte =))
ralalala je suis vraiment sous le charme de ton géant slave =)
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 21 Juin 2008, 21:44 |
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Enregistré le: 01 Sep 2004, 11:25 Messages: 3447 Localisation: à côté de l'arbre (dino comprendra)
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Citation: mais il est pas un peu homosexuel sur les bord? XD je me suis posée la question aussi à un moment donné. Non c'est vrai qu'à la base il est bien hétéro , un peu bi limite, mais il préfère les femmes. Disons que dans ce cas là c'est un peu different, Maverick a une sorte d'aura et il sait très bien s'en servir à son avantage. Je crois que si il en a besoin, il peut embobiner n'importe qui, sachant que Grégoire est un pauvre petit gars peaumé un peu faible et facilement influençable ... Et puis il y a le physique aussi, moi je croise Maverick dans la rue mais je pisse dans mon froc si je tombe pas dans les pommes avant 
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 23 Juin 2008, 19:29 |
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| Bien connu |
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tu m'etonne! Maverick c'est....Maverick! indefinnissable! mais attend la tu me pique mon cheri, t'es sa mere creatrice, tu peux pas etre sa femme en meme temp  au ait, j'ai vriment tout lu! je aih elizabeth!
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Kaltagirl
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 01 Juil 2008, 19:25 |
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Yata !
Extrait 9
Un homme entra dans la cellule. Il semblait assez jeune, plutôt mince, le visage moucheté d’une multitude de taches de rousseur, ses cheveux roux en bataille tombant sur une paire d’yeux gris ornés de cernes profondes. Il flottait dans son uniforme et semblait mal à l’aise. Maverick le considéra avec curiosité. Il tenait entre ses mains une paire de menottes qu’il tripotait nerveusement entre ses doigts. Le géant s’accroupit et s’efforça de l’accueillir avec un sourire amical. Le jeune homme évitait soigneusement son regard, semblant aussi sûr de lui qu’on chaton lâché dans la cage d’un tigre affamé. Le slave lui parla sur son ton le plus jovial, cherchant vraisemblablement à le mettre en confiance.
_ Si vous souhaitiez m’emmener quelque part, cela me semble compromis.
Maverick tendit son bras vers le jeune homme. Bien que les membres du slave semblaient minces par rapport à son corps, ceux-ci restaient proportionnels à sa personne, et il apparut alors comme une évidence que les menottes étaient bien trop petites pour contenir le volume de ses poignets. Le jeune homme s’en trouva décontenancé et resta silencieux, ne sachant comment réagir face à cette difficulté. Ses lèvres tremblaient nerveusement. Une silhouette se découpa de l’autre côté de la grille. Maverick reconnu la forme massive de Guisteau, une corde sur l’épaule. Il entra à son tour et, poussant le jeune homme roux à l’extérieur de la cellule, demanda au géant blond de se tourner. Le slave s’exécuta docilement et le laissa lui nouer les poignets derrière le dos.
_ Le commissaire souhaite vous parler. Dit-il avec une lueur de mécontentement dans la voix.
Maverick eu un ricanement ironique, mais l’homme l’ignora. Il le guida hors de la cellule, le jeune homme roux sur leurs talons, et lui fit traverser tout le bâtiment alors presque vide à cette heure tardive. Guisteau frappa à une porte. La vois du commissaire Gabadier lui ordonna d’entrer. Il s’exécuta, poussant Maverick à l’intérieur de la pièce. Le slave feignit de perdre l’équilibre. Il fallait leur faire croire qu’ils le contrôlaient.
On le fit s’asseoir à terre, le dos au mur. Gabadier se trouvait appuyé contre son bureau, caressant machinalement sa barbe noire entre son pouce et son index. Il avança ensuite vers Maverick, qui le dévisagea d’un œil neutre. Ainsi installés, l’un debout et l’autre assis, leurs visages arrivaient plus ou moins au même niveau. Ce constat frustra profondément le commissaire, qui chercha à se grandir en bombant ridiculement le torse. Il jeta un œil sévère au jeune homme roux qui se tenait encore dans l’encadrement de la porte, son collègue étant vraisemblablement retourné à ses occupations.
_Laissez nous Frégeant.
Le jeune homme s’en trouva surpris. Gabadier fronça les sourcils.
_Faites ce que je vous dis, sortez. Je vous appellerais si j’ai besoin de vous.
Le jeune homme haussa les épaules, se retourna et ferma la porte derrière lui. Maverick, toujours posté à même le sol, étendit ses immenses jambes et les croisa devant lui. Il semblait parfaitement serein. Gabadier tournait nerveusement en rond dans la pièce, gardant un œil sur le slave. Son comportement détendu semblait l’agacer. Maverick le considéra d’un air provocateur.
_ Je ne suis pas certain que m’enfermer seul avec vous soit la meilleure solution. Qu’attendez vous exactement ?
_ SILENCE !
Gabadier s’était tourné vers lui, une lueur mauvaise brillant dans son regard. Dans une colère contenue, il commença à poser toutes sortes de questions au géant qui le regardait silencieusement. Il lui demanda d’où il venait, qui il était, où habitait-il, que faisait-il dans cette ville. Le slave ne répondit rien, le dévisageant d’un air perplexe. Gabadier s’emporta.
_Qu’attendez vous pour répondre ? Vous avez avalée votre langue ?
Maverick adopta une attitude très calme qu’il voulu apaisante.
_ En réalité, vous ne m’avez jamais arrêté pour le meurtre de ces trois jeunes filles, n’est-ce pas ? Vous savez pertinemment que je suis innocent, que me voulez vous ?
Des gouttes de sueurs perlaient sur le visage rouge boursouflé du commissaire. La simple présence du géant semblait l’emplir de haine.
_ C’est moi qui pose les questions ici, et vous y répondrez, ça je peux vous l’assurer.
A ces mots, il déboucla sa ceinture et, de sa main droite, la leva d’un air menaçant à hauteur d’épaule.
_Quel est votre nom ?
Maverick resta parfaitement passif. Dans un excès de rage, Gabadier fit tournoyer sa ceinture au dessus de sa tête avant de l’envoyer heurter le visage du slave. Le coup fut sec et fort, laissant une trace noire sur le maquillage blanc de sa joue que le commissaire prit pour un hématome. Cette démonstration de sa propre force le flatta, lui donnant une impression de supériorité, et c’est avec assurance qu’il continua à questionner Maverick, qui gardait toujours le silence. Il le frappa à nouveau sur la même joue. Le slave releva lentement les yeux, plongeant son regard lumineux dans les yeux de son agresseur.
_ Arrêtez cela tout de suite …Je n’ai rien à vous dire.
Gabadier interpréta sa phrase comme une supplication qui rehaussa son ego. Un sourire glacial se dessina dans sa barbe. Il toisa le slave d’un air méprisant.
_ Je ne suis pas comme Frégeant et tout ces imbéciles qui courbent l’échine sur votre passage. Je sais ce que vous êtes, vous savez séduire par vos grands airs mais vous n’êtes qu’une bête, une bête de foire. Les monstres dans votre genre ne méritent pas de parasiter la Terre mise au monde par Dieu. Vous êtes un fléau! Je vous tiens et je vous empêcherai de nuire. Mais je saurais me montrer plus indulgent si vous coopérez. Dites moi donc d’où vous venez !
Pris dans un élan de violence, il s’apprêta à frapper une nouvelle fois. Ce qui se passa alors fut extrêmement rapide. Décollant son dos du mur, Maverick se jeta sur le commissaire, saisissant entre ses dents le bras qui l’avait violenté à plusieurs reprises. Ils retombèrent tout deux lourdement sur le sol, Gabadier écrasé sous la masse du géant qui resserra sa mâchoire sur son membre, le faisant hurler de peur et de douleur. Ses dents pénétrèrent la chair jusqu’au sang. D’un seul coup sec, Maverick déchira les liens qui entravaient encore ses poignets et saisit le commissaire à la gorge, ôtant sa bouche de son bras meurtris. Gabadier regarda avec horreur le slave se redresser au dessus de lui, passant sa grande langue bleue sur ses lèvres argentées, léchant ainsi le sang qui lui maculait la bouche tel un vampire dans un roman fantastique. Le géant blond se pencha ensuite, déversant une cascade de longs cheveux clairs sur le visage tremblant et pitoyable de celui qui avait voulu être son bourreau quelques minutes plus tôt. Il lui parla à l’oreille, d’une voix doucereuse et angoissante.
_ Vous voyez, si je suis encore ici, c’est parce que je l’ai décidé. Vous pensiez être mon supérieur mais je vous ai toujours dominé, depuis le début.
Gabadier se mit soudain à gesticuler et à crier.
_ Guisteau ! Qu’attendez vous ? Tirez ! Neutralisez cette énergumène !
Maverick jeta un coup d’œil derrière lui, croisant le regard de Guisteau qui, debout dans l’encadrement de la porte, tenait une arme à feu pointée sur lui, indécis et stupéfait, ne sachant si il était préférable de tirer ou non. Le géant se retourna, à genoux sur le sol, et leva ses deux mains gantées en l’air tout en courbant l’échine dans une attitude soumise.
_ Ne tirez pas, je me rends.
Grégoire ouvrit lentement les yeux, portant une main à son front. Dieu, que sa tête lui faisait mal ! Il s’assit, se massant les yeux, faisant malencontreusement tomber ses lunettes sur ses genoux. Où était-il ? Il n’en avait aucune idée. Après plusieurs tentatives, il réussit à placer ses lunettes sur son nez dans le bon sens. Il était assis sur un banc, apparemment dans un parc, mais il ne reconnaissait pas l’endroit où il se trouvait. Tout était si flou ! Il essaya de mettre de l’ordre dans son esprit. Il se rappelait du salon, de la chaleur étouffante, de la nature morte qui s’était trouvée face à lui pendant des heures, des baisers de Denise et de cette forte odeur d’opium … Ensuite plus rien. Il laissa tomber son visage dans ses mains. « Foutrechié d’abrutit ! Tu t’es encore défoncé ! ». Il se leva et marcha au hasard d’un pas maladroit. Dépassant une haie, il se retrouva dans une rue pavée. L’aspect orangé du ciel laissait deviner une heure tardive. Il leva les yeux vers un panneau indiquant « Rue François Jores », c’était donc là qu’il se trouvait. Il suivit simplement la route, croisant un groupe de femmes en tenues légères quelques minutes plus tard. Parmi elles, il reconnut Denise et ses petites joues rondes. Elle lui sourit et lui envoya un baiser. Il détourna simplement la tête. Autrefois, il aimait la retrouver, passant quelques rares nuits de plaisir pour une poignée de francs. Mais aujourd’hui, il ne la désirait plus, et sa tentative de la veille avait été vouée à l’échec. Jamais il ne pourrait redevenir celui qu’il avait été avant, jamais il ne retrouverait ses anciens instincts, son ancienne personnalité. Les femmes lui semblaient toutes laides à présent. De toute façon, comparé à Maverick, le monde entier semblait laid. Il avait à présent la conviction que le slave l’avait abandonné, et cette pensée le consumait. Il ne pouvait concevoir la vie sans lui, sans sa présence réconfortante, sans son odeur envoûtante, sans ses gestes tendres et ses paroles affectueuses. Alors il buvait pour oublier, passant la majorité de son temps dehors pour ne pas avoir à supporter la vue des effets personnels que le géant blond avait laissés dans leur villa. Il se sentait triste, vidé de toute raison de vivre, dépérissant à petit feu entre l’alcool, l’opium et le sommeil. Lorsqu’il arriva finalement chez lui, après s’être perdu à plusieurs reprises dans les ruelles sombres des bas quartiers où il s’était éveillé, la lune était déjà haute dans le ciel étoilé.
Un inconnu se présenta quelques jours plus tard à la villa. Un homme roux et maigre en uniforme, qui semblait juste un peu plus jeune que le peintre. Il prétendait devoir l’emmener et le fit monter dans un fiacre tiré par un lourd cheval gris fer. Contraint par l’uniforme qui symbolisait à ses yeux une forme ultime d’autorité, Grégoire ne posa aucune question et le suivit sans broncher. Il remarqua durant le voyage que le jeune homme roux le dévisageait d’un air très perplexe et lui demanda la raison d’une telle curiosité, ce regard intéressé le mettant tout à fait mal à l’aise.
_ Vous ne ressemblez pas à votre cousin. Dit-il d’un air pensif. Je ne crois pas que vous soyez de la même famille.
Grégoire ne compris pas de qui il parlait et lui demanda plus de précision.
_ Un homme que nous avons arrêté prétend être votre cousin et souhaite vous voir. Il a dit que vous étiez sans abris et que c’est pour cela que vous viviez sous le même toit. Le commissaire a accepté que vous veniez le voir suite à sa demande pour savoir où était votre domicile.
Le cœur de Grégoire se mit à battre plus vite. Il dressa rapidement un portrait physique de Maverick afin de voir si ses espérances étaient justes. Le jeune homme lui sourit en appuyant ses coudes sur ses genoux.
_Un bien étrange personnage en effet, et tellement fascinant… Malheureusement je ne peux vous dire quelles fautes il a commises, tout ceci semble très confidentiel, moi-même j’ignore les raisons exactes de son enfermement. Il peut être aussi exquis que dangereux…
Grégoire se trouvait aux anges, une onde de bonheur illumina soudain son cœur ; Maverick ne l’avait pas abandonné, il était là, et chose merveilleuse, il avait émis le désir de le voir. Il s’imaginait déjà en train de le prendre dans ses bras pour lui raconter toutes ces journées mornes passées en son absence. Son géant le prendrait sur ses genoux et lui dirait de ne plus s’en faire, de ne pas s’inquiéter, il lui caresserait les cheveux comme avant, ensuite ils partiraient tout les deux et tout rentrerait dans l’ordre. Les derniers mots du jeune homme le firent cependant tomber de son nuage.
_ Vous avez dit dangereux ?
Son interlocuteur acquiesça, secouant son épaisse tignasse rousse.
_J’ignore encore pourquoi, mais il a agressé notre commissaire. Il l’a d’ailleurs blessé, et plutôt gravement.
Le jeune homme se redressa pour s’adosser au siège du fiacre. Il garda le silence quelques instants, jouant nerveusement avec un bouton de son uniforme tandis que Grégoire rêvait, impatient d’arriver à destination.
_ Pardonnez moi, dit le jeune homme d’un air timide, cela peut vous sembler très indiscret mais je voudrais savoir … Est-ce votre amant ?
Grégoire sursauta, agrippant le cuir du siège de ses doigts crispés. Le jeune homme rougit.
_Excusez-moi … Ma question était fort maladroite …
_Ne vous n’inquiétez pas, le rassura le peintre, vous ne m’avez pas vexé et je comprends votre trouble. Nous ne sommes effectivement pas du même sang.
Un lourd silence embarrassé s’installa dans la voiture. Le jeune homme roux, aussi écarlate qu’une écrevisse, évitait soigneusement le regard de Grégoire. A cet instant, le peintre crut se reconnaître dans son attitude. C’était lui, quelques mois auparavant, lorsque Maverick avait fait irruption dans sa vie. En côtoyant le slave jour après jour, ce jeune homme devait vivre en ce moment même un sentiment similaire à celui qu’il avait éprouvé, tiraillé entre peur, attirance et curiosité. Un élan de jalousie tenailla alors les entrailles du peintre. Il s’imaginait Maverick se comportant avec ce rouquin inconnu exactement comme il le faisait habituellement avec lui. Cette pensée lui fit éprouver une profonde antipathie.
C’est avec une grande hâte que le peintre sauta de la voiture, traversant au pas de course la route pavée qui le séparait de l’entrée du commissariat, suivit du jeune homme qui trottinait derrière lui. Grégoire s’attendait à être soumis à toutes sortes de questions à son arrivée, or on le pressa de se rendre auprès de Maverick.
_ Ils espèrent vous mettre en confiance pour vous faire revenir, lui dit le rouquin comme si il avait lu dans ses pensées. Aujourd’hui ils vous donnent tout de suite ce que vous voulez, mais plus tard ils vous demanderont contribution. Ils espèrent vous utiliser afin d’avoir les informations qu’ils cherchent. Votre ami est impossible à faire parler.
Le peintre fut très surpris par ces mots.
_ Je m’en doutais bien, répondit-il, mais pourquoi me dites vous cela ?
Le jeune homme haussa les épaules.
_Je ne sais pas.
Grégoire sentit son cœur s’emballer lorsqu’au détour d’un couloir, une odeur familière de citron et de tissus lui envahit les narines. Il pressa le pas. Les quelques minutes qui le séparaient encore de son géant lui semblaient terriblement longues. Traversant plusieurs pièces, ils arrivèrent enfin à l’endroit où se trouvaient les deux cellules du bâtiment dont une était vide. Grégoire aperçut enfin, à travers une rangée de barreaux rouillés, une lueur blonde et lumineuse. Maverick était assis sur le sol, les mains sur les genoux, le menton sur la poitrine, ses cheveux cachant tout à fait son visage. Le peintre retint un hoquet et sentit une larme lui couler le long de la joue, qu’il essuya vivement de sa manche. Le jeune homme ouvrit la porte. Grégoire se rua sur celle-ci. Il n’osa cependant pas entrer. Le slave resta passif quelques instants puis sembla enfin remarquer sa présence. Tournant lentement la tête, il se contenta de le saluer avec un doux sourire amical. Il n’en fallut pas plus à Grégoire qui s’avança vivement pour se jeter à son cou, retenant tant bien que mal son envie de pleurer. Il le serra de toute la force de ses maigres bras, plongeant son visage humide dans ses vêtements. Maverick le laissa faire sans dire mot, appuyant simplement ses deux grandes mains sur son épaule droite et sa petite tête. Grégoire retomba enfin assis sur les cuisses du slave. Il le dévisagea de ses gros yeux rougis.
_ Je vous en supplie, ne me faites plus jamais ça !
Le géant posa son index sur les lèvres du peintre, le saisissant par l’épaule de son autre main. Il lui parla d’une voix très douce et tranquille.
_Allons, calmez-vous, calmez vous. Vous êtes tout essoufflé.
Lentement, il le tira vers lui et le fit s’appuyer contre sa vaste poitrine. Grégoire se laissa manipuler, retrouvant peut à peut son calme. Maverick plongea son long nez de renard dans l’épaisse chevelure grise et ondulée du peintre. Il sourit.
_Vous sentez bon l’opium et l’absinthe, petite canaille ! Je vois que vous avez su vous amuser pendant mon absence.
Grégoire agrippa de sa main gauche la chemise bleue du géant. _Pardon, pardon !
Maverick rit doucement et repoussa sans difficulté la main du peintre en la saisissant entre son pouce et son index.
_ Ne vous mettez pas dans un tel état voyons, je plaisantais.
Grégoire se redressa, levant la tête afin de regarder le slave dans les yeux.
_Il faut que je sache ce que vous faites ici, dit-il, pourquoi ne revenez vous pas avec moi ? Il vous suffirait de forcer cette grille et de vous échapper, ils ne font pas le poids contre vous. Maverick soupira.
_La situation est plus compliquée que ce que vous pouvez croire, mais je ne peux pas vous parler maintenant.
_Alors pourquoi m’avoir fait venir ? Insista le peintre.
Le géant se pencha sur lui, plaçant son immense bouche tout près de son oreille, lui parlant à voix basse.
_Quelqu’un ici sait ce que je suis et a des informations dont j’ai besoin. Il faut que je reste. Lorsque vous rentrerez, allez dans ma chambre, dans le troisième tiroir de la commode blanche. Un objet attirera votre attention ; prenez-le. Je n’ai pas besoin que vous me l’apportiez, juste que vous l’examiniez. Je pense que vous comprendrez tout une fois que vous l’aurez entre les mains. Surtout soyez discret, ne parlez de moi à personne et cachez tout ce qui aurait pu trahir ma présence. Avez-vous compris ?
Maverick se redressa, toisant le peintre d’un regard interrogateur qui appuyait ses derniers mots. Grégoire acquiesça, mal assuré. Il comprit alors ce que tout ceci signifiait : il allait devoir une nouvelle fois se séparer de son géant. Cette constatation le déconcerta. Il posa sans s’en rendre compte sa main sur le bras du slave.
_Mais quand pourrais-je vous revoir ?
Maverick tourna les yeux vers le jeune homme roux qui avait observée toute la scène de l’autre côté de la grille. Sa mine semblait totalement déconfite. Une lueur de triomphe s’empara du cœur du peintre. Ce rouquin n’atteindrait jamais l’intimité et la proximité qui l’unissait à son géant blond. Il pourrait désirer Maverick tout autant que lui, mais jamais, jamais il n’aurait le privilège d’une relation égale à celle que lui-même entretenait avec le slave. Du moins, c’est ce qu’il croyait.
_ Monsieur Frégeant viendra vous chercher lorsque le moment sera venu de nous revoir, n’est-ce pas, Pierre ?
Le jeune homme roux sursauta lorsque Maverick prononça son prénom. Il se contenta d’acquiescer timidement. Le slave fit signe à Grégoire de se relever. Le peintre comprit ainsi que le moment était venu pour lui de partir et son cœur se serra. « Lorsque le moment sera venu de nous revoir », ces mots lui torturaient l’esprit. Il se leva tout de même et Maverick en fit autant, élevant son immense corps vers le plafond qu’il touchait de son dos et de ses épaules, se tenant voûté pour ne pas se cogner la tête. Grégoire se dirigea vers la porte, s’arrêtant sur le seuil. Il se retourna soudain.
_Maverick ?
Le slave le regarda simplement d’un air interrogateur. Le peintre rougit.
_Puis-je … Puis-je vous prendre une dernière fois dans mes bras ?
Le géant sourit. Il s’accroupit et tendit ses mains, faisant ainsi signe à Grégoire qu’il acceptait. Le peintre s’approcha lentement et enroula ses bras autour de son cou. Maverick passa sa main droite dans les épais cheveux ondulés de Grégoire qu’il balança lentement de gauche à droite.
_ Ne vous en faites pas, cette histoire n’est que passagère, nous nous reverrons très bientôt. Je vous le promets.
Grégoire se laissa ainsi bercer, restant parfaitement immobile, les yeux fermés. Puis Maverick le repoussa doucement, lui signifiant qu’il devait s’en aller.
_Et tant que vous y êtes, arrangez vous pour me procurer un nouveau poudrier, ajouta le slave avec un léger rire, et des bouteilles de vitavinum. Je les dissimulerais ici avec l’aide de Frégeant. Ne vous en faites pas pour moi, faites surtout attention à vous.
Grégoire lui sourit et passa la grille que le jeune homme verrouilla à nouveau. Ce dernier semblait renfrogné et mécontent. Le peintre sortit vite, sans se retourner, l’âme en peine et le cœur serré.
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Demona
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Sujet du message: Re: Extrait de texte sans nom Posté: 01 Juil 2008, 21:42 |
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| Bien connu |
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Enregistré le: 06 Mar 2007, 12:20 Messages: 1314 Localisation: Dans la forêt avec Le gros Poney ;)
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oh nan mon pauvre chou ! tes texwts sont toujours aussi bien, totale admiration=)
_________________ " Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Sa ne meurt pas, l'Espoir." [ Voodoo Hoffnung <3 ]
http://flouuu.deviantart.com/
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