Et voici le mien

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Moi, c'est Jojo. Petit labrador sans famille ni maison. Voici mon histoire, qui ne ressemble en aucun point à un conte de fées.
Je fais parti d'une tribu de sept chiots à l'origine: quatres femelles et trois mâles. Je suis un des trois mâles, vous vous en doutez. Mes deux frères sont tous deux jaunes. Deux soeurs sont noires comme moi, une est jaune, et la dernière est couleur chocolat. Le foyer humain où je suis né comptait quatres personnes: Monsieur et Madame Dulois, leur fille ainée, Candice, âgée de douze ans, et le p'tit cadet, Marc, âgé de huit ans. Ma mère, quand à elle, est une splendide chienne labrador jaune, répondant au joli nom de Leila. Par contre, je ne connais pas mon papa. Maman m'avait expliqué qu'il était le chien du meilleur ami de Monsieur Dulois. C'était un très beau labrador noir, me disait maman, se prénommant Normann. Elle m'a même dit que j'étais son portrait tout craché!! Que j'étais fier! Malheureusement, je ne l'ai jamais vu car il est parti avec son maître à Paris. Ce dernier a été muté comme le disent si bien les humains.
Candice et Marc s'amusaient à nous donner des surnoms à moi et à mes frères et soeurs. On m'appela Calin (Mon nom Jojo sera donné par mes futurs maitres). Les autres furent: Vorace et Sultan, et pour mes soeurs jaunes Yellow et Ama, pour ma soeur noire Lilly, et enfin ma soeur chocolat Chouquette. Les deux premiers mois de ma vie furent sans aucun doute les meilleurs de mon existance de chien. Tout n'était que jeux et amusements. Puis vînt le jour où Madame Dulois déposa des annonces "donne chiots labrador contre bons soins". Elle faisait partie de ces personnes qui ne considéraient pas les animaux comme des marchandises. J'aimais profondément cette femme, qui n'était que bonté et douceur.
Bien entendu, des chiots labrador pur race donnés au lieu d'être vendus, ça ne court pas les rues! Un tas de monde se précipita pour venir nous voir. Le premier chiot à partir fut Lilly. C'était un vétérinaire qui rêvait d'avoir un labrador, et qui décida de garder le prénom Lilly qu'il trouvait joli. Je ne comprenais pas pourquoi nous ne pouvions pas rester ici pour toujours. Maman m'expliqua qu'il fallait que chacun ait sa famille, et que cela faisait parti de la vie des chiots et chatons. Une grande étape de la vie.
Le deuzième à partir fut Sultan. Un jeune couple l'adopta. Ils lui donnèrent son nom définitif: Doned.
Puis arriva mon tour. Un couple aussi. Mais je ne les aimais pas. Je ne sais pas, je ressentais leur orgeuil et leur mépris. Ils voulaient m'offrir en cadeau d'anniverssaire à leur fils Erwan,qui devait avoir cinq ans.
Ils vinrent me chercher le jour même. Ce fût rapide, je n'eus pas le temps de dire au revoir à ma famille d'origine. Je fus littéralement embarqué dans la voiture. J'étais à l'arrière avec la femme qui m'affublait d'un noeud bleu qui m'étranglait un peu.
Arrivé chez eux, ils appelèrent leur fils laissé avec la nounou. Il courra vers moi, me regarda. Je pris ma plus belle posture, mais il se mit à pleurer. Il cria qu'il voulait pas d'un chien noir et qu'il me detester, qu'il fallait me jeter à la poubelle. Complétement abasourdi par de tels propos, je courrus me réfugier sous la table de la cuisine. Son papa le gronda, si bien qu'Erwan ne dit plus un mot.
J'aurais aimé qu'ils me ramènent auprès des Dulois, mais ils me gardèrent. Erwan ne m'aimait pas beaucoup. Il commençait même à me frapper. Alors évidemment je me défendis et lui attrapa le mollet. Il hurla, appela sa mère. Et là je fut soulevait en l'air par la peau du dos. Je tentais de me débattre. Cette folle de femme me frappa violemment, et me laissa tonbé sur le sol. Et elle me batta. La douleur était insoutenable. Je gémissais, de ces cris de chiots qui font pleurer n'importe quel être humain. Cela me parraissait durer une éternité. A partir de ce jour, je me retrouvais dehors toutes les nuits, sans même une niche pour dormir. Une nuit je fis le loup. Après ce qu'ils m'ont fait je n'ai plus osé hurler mon désespoir à la face de la lune.
Quatres mois plus tard arriva l'été. Ma "famille" désirait partir en vacances en Espagne. Une belle occasion de me laisser seul. Je fus abandonné sur une route déserte bordée de champs. On me poussa dans les blés. Je ressenti une légère brulure à la patte avant droite. La voiture redémarra.
J'étais âgé de six mois seulement, et mon seul souhait était de retrouver la maison des Dulois. Mais je ne me souvenais plus de leur odeur. J'étais désemparé; je mourrais de faim et de soif. La nuit je pleurais, les larmes accompagnant la pluie torrentielle.
Une semaine s'écoula, lorsque je rencontrais la fourrière. Un homme assez costaud m'emmena dans un batiment où tous les animaux étaient en cage. L'odeur de la mort vînt me chatouiller les narines, mais je n'avais plus la force de me battre.
Et aujourd'hui je suis là, à attendre que la mort vienne me chercher. J'ai peur de mourir, c'est normal? Un homme arrive. Il va prendre un animal et le piquer. Mais...c'est de moi qu'il s'approche! Que faire? Je suis voué à mourir. J'ai simplement peur de souffrir. J'ai trop souffert...Il m'empoigne doucement et s'avance vers la petite pièce au fond du couloir. Je n'ose regarder. Je ferme les yeux. Je vous aime tellement, vous seuls qui m'avaient aimés. Maman, pourquoi n'es-tu pas là? Je rouvre les yeux. La porte au bout du couloir s'avance de plus en plus. J'ai peur. J'aimerais être auprès des personnes qui comptent le plus pour moi! C'est moi, votre petit Calin! M'avez-vous oubliez? L'homme pose sa main sur la poignée de la porte. Je ferme les yeux. Tout est fini désormais.
Heure de l'injection: 17H19
le chien sera inséminé dans les plus brefs délais.
A votre clavier et votre talent pitis loulous
