Owww T'es trop mimi XD Mais tu n'as pas à me remercier... D'ailleurs je vois pas de quoi tu me remercies O.o Je vous fais partager mon monde de sadisme c'est tout
Allez la suite =)Jack entrouvrit la gueule pour poser les milles questions qui se battaient dans son esprit, mais se ravisa. Sa gorge le brûlait amèrement, et le sang lui collait au palais, à la langue… Pas qu’il ne fut pas habitué au sang… C’était surtout que celui-ci fut désespérément écoeurant. Comme si le rottweiller l’avait fait doublement travaillé avant de mourir. Résultat : le sang avait été sec, et le fait qu’il est séché d’avantage dans sa gueule ne lui permettait pas de changer le goût déplaisant qui envahissait sa mâchoire.
Visiblement, personne ne remarqua sa grimace lorsque Sun demanda, comme s’il devinait les pensées de son meilleur ami :
« Comment je suis arrivé ici, hein ? Et comment j’ai survécu ? »
Le loup couleur or lui sourit. L’orage tonna derrière lui et, se tournant vers la fenêtre brisée en milles éclats, il demanda à nouveau :
« Ah et ça aussi… Comment le gardien s’en est sorti ? Et pourquoi la vitre est brisée ? Ah et j’allais oublié… où sont les corps ? »
Jack lui sourit, baissant les oreilles sur le côté, reconnaissant que Sun soit si compréhensif et prévoyant. Ils échangèrent un regard, ce qui leur suffit à se comprendre et confirmer les questions de Sun. Le loup au pelage brillant fit une courbette devant le gardien et, courtoisement lui proposa :
« Honneur au plus sage. »
Le gardien lui sourit, puis se tourna vers le bâtard, toujours allongé au sol sur le dos. Visiblement, Jack n’était pas en mesure de bouger. Son souffle était rauque, irrité par la sécheresse que le sang amenait dans sa gorge. Le vieil husky se tourna vers Cachou.
« Essaie de dégoter une gamelle d’eau et de nous la ramener s’il te plait. »
Le croisé griffon acquiesça, lança un regard encourageant à Jack, au dessus de son épaule, et descendit en courant les marches. Le vieux chien se tourna vers le blessé de guerre…
« Je ne tiens pas à révéler à trop de monde le fait que je sois… moins inoffensif que j’en ai l’air. »
Jack fronça les sourcils. Bien sûr, il se doutait depuis longtemps que le gardien cachait un secret. Il était si mystérieux et avenant qu’il ne pouvait être inoffensif. Cependant il ne l’imaginait en rien être un tueur… Il attendit calmement ces explications, plongeant son regard fatigué dans les yeux, si clairs qu’on ne savait pas où il regardait, du gardien.
« Pour commencer, j’ai entendu qu’il arrivait. Je n’ai pas été là pour l’accueillir, et il a semblé redouter l’endroit dans lequel il entrait. Pendant quelques instants, j’ai cru, voir même espéré de tout cœur qu’il reparte. Il a finalement continué à avancer. Je suis alors sortit dehors, pour qu’il me suive. Il a fait l’erreur de regarder vers le bas, et je l’ai enfermé sur la plateforme… »
Jack sourit. Il imaginait bien la scène où un tueur assoiffé se retrouvait tout bête, perdu au beau milieu du vide.
« Et puis ne trouvant aucune autre solution, il a décidé de défoncer la fenêtre… Il a alors tenté de me tuer, pour résumé, et j’ai eu la chance d’être plus rapide. »
Le bâtard fronça les sourcils. Il ne le croyait pas. Apparemment, ça n’était pas le seul :
« Comment un tueur, entraîné et impatient de finir sa besogne, aurait-il pu être inattentif au point que, les yeux fermés, vous auriez pu le tuer ? » Demanda Erod.
Il ne voulait pas paraître impoli, sans doute pour ça qu’il n’avait pas employé les mots « aveugle » ou « vieux chien »… Mais il regrettait légèrement d’avoir fait allusion aux yeux fermés…
Le gardien ne parut pas s’en émouvoir cependant et, fermant ses paupières claires, il répondit :
« Un tueur va sur sa proie sans réflexion. Un vieux chien, les yeux fermés ou non, pense à chaque faux pas, cherche les défauts de ses attaques et parvint, en piteux état, à sortir vainqueur. Ça t’irait comme réponse ? »
Le doberman parut gêné, Sun sourit, remettant un peu de gaieté dans la pièce pour dissoudre le malaise de son ami :
« Bref, c’est lui qui t’a retrouvé baignant dans ton sang, faisant un gros câlin à la mort, ou a ton ami le rot’ si tu préfères… »
Jack soupira, comme s’il était désespéré. En réalité, il était extrêmement heureux, en dépit de son état. Sun avait survécu ! Quel effet cela produirait sur Fanny ?!
Repensant à la louve bleue, le bâtard se perdit dans ses pensées, et son regard se voila de tristesse. Encore une fois, se fut Sun qui, devinant ses pensées, remonta le moral des troupes :
« Elle va bien. Là, l’homme l’a emmené en dehors du phare. Je l’ai vu près de la mer, j’allais lui parler mais elle est partie avant même que je puisse répondre… »
Il baissa les oreilles, mais lança un petit sourire en coin à Jack. Erod, quant à lui, se plia en deux, comme si la douleur de son amour perdu lui avait fait l’effet d’un poignard dans le ventre. Le gardien lui fit signe de s’écarter. Tous deux devaient parler. Le doberman le suivit à l’écart des deux vieux amis. Sun leur avait déjà raconté sa petite histoire.
Le loup or se tourna vers Jack, après avoir regardé les deux autres chiens s’éloigner. Un petit sourire tristounet sur les lèvres, il continua :
« Je ne m’attendais pas à une réaction aussi violente. Visiblement, elle a perdue le contrôle ?
-Oui… »
Sa réponse, qu’il avait pourtant voulu claire, sonna comme un grognement vu l’état de sa gorge. Heureusement Sun parvint à déchiffrer. Une drôle d’expression se peignit sur son visage, mais bientôt il sourit au bâtard. Une des immenses qualités du loup : envisager le meilleur lorsqu’il n’y a plus que le pire. Il enchaîna avec son histoire :
« Les chiens du phare voulaient me faire la peau… Soit je me faisais déchiqueter par cinq chiens, soit je sautais… J’n’ai même pas pris le temps de réfléchir, j’ai bondis dans le vide. A peine j’ai atterri dans l’eau que j’ai regretté… Elle était complètement gelée ! »
Jack sourit. Evidemment, il n’allait pas regretter d’être ballotté par les vagues, que le vent lui fasse plisser les yeux ou autre… non lui c’était juste parce que la température de l’eau n’était pas à son goût ! Sacré Sun !
Voyant que sa petite plaisanterie –qui pourtant était la vérité- faisait sourire son ami, le loup or résuma :
« Bref, j’ai nagé au large. Et pis j’ai dérivé sur ma gauche, vers la corniche. Je savais que, de là où j’étais, on ne me voyait plus et que les chiens étaient sans doute repartis, croyant que j’étais mort. Et j’ai faillis y rester… »
Le bâtard fronça les sourcils. Comment ça « faillit y rester » ?! Il arrivait à raconter son histoire en riant alors qu’il avait faillit mourir ?!
Devant le regard anxieux de Jack, Sun haussa les épaules :
« Boh, l’important, c’est que je suis toujours là ! Et ce qui ne tue pas rend plus fort. Je suis arrivé sur le sable. L’eau m’avait anéanti, je n’avais plus de force. Longtemps, je suis resté sur cette plage, à moitié mort de fatigue et de faim, plus le temps passé. Et puis, j’ai décidé que si j’avais réussi à arriver là, je devais continuer à me battre. Depuis quand les chiens du phare sont des lâches ?! J’ai pensé à toi, et j’me suis dis que t’allais faire des bêtises si je ne revenais pas vite ! »
Le bâtard brun reprit immédiatement son petit sourire amusé. Rah, il était quand même assez grand pour se débrouiller seul, voyons ! C’était surtout que Sun ne pouvait pas se passer de lui !
« Donc je me suis levé, j’ai marché jusqu’à dénicher de quoi manger. J’ai fais le plein de forces… »
Voyant que son ami allait poser une question, le loup tenta de deviner. Il tomba juste.
« Pourquoi je ne suis pas revenu plus tôt ? Hum… ça a été compliqué de sortir de là où j’étais… Le seul moyen de quitter la plage s’était d’escalader une pente plutôt… enfin… pour les suicidaires quoi. Elle était vraiment trop orientée sur les rochers, j’ai hésité avant de m’y lancer. Au final, j’ai beau avoir eut la peur de ma vie en glissant sur quelques mètres, je ne me suis pas écrasé et j’ai fini par rejoindre la forêt ! »
Il avait beau rire, Jack se doutait que les souvenirs n’étaient pas agréables à se remémorer. Il le dévisagea, mais la bonne humeur de son ami le contraignit vite à abandonner son regard sévère. Sun continua :
« Une fois que j’ai eu atteint la forêt, j’étais comme de nouveau libre. J’en ai carrément oublié le phare, les ennuis… J’ai même pu manger à ma faim et, comme tu le voix, j’ai repris du poil de la bête ! Je suis de nouveau plus charmant que toi ! »
Le loup gratifia son ami d’un sourire taquin. Jack fit la moue. Il restait le plus beau, même s’il était plein de sang ! Et il l’aurait bien renvoyé à son ami, mais sa gorge entravée ne le lui permit pas.
« Bref, un jour ton image m’est revenue. Et celle de Fanny, Erod et les autres. Je me suis dis que ma liberté ne vous valait pas, malgré tout. Je suis reparti à votre recherche. J’avais fais tellement de chemin, cependant, que j’ai eu beaucoup de mal à retrouver le phare. Heureusement les odeurs n’avaient pas changé ! Enfin… heureusement… »
Il eut un regard gêné. Il était clair que Sun aurait préféré que les odeurs changent. Qu’elles n’attirent pas à cause du sang, mais, par exemple, à cause de la mer environnante, ou la forêt avoisinante…
« Enfin bon… je suis arrivé dans les alentours, et j’ai eu un mal fou à rentrer… pendant un moment j’ai pensé à me faire capturer par l’homme. J’ai surveillé ses allers et venus, mais il semblait ne plus sortir du phare que pour se ravitailler… et le déplaisant souvenir d’une balle me retournant la chair m’a convaincu que je pouvais rentrer autrement. »
Il fit la grimace. Seuls les loups avaient la malchance de passer par ces fameuses balles, et la douleur sembla se réveiller dans la cicatrice qu’il portait sous son pelage. Un frisson le parcourut, mais son sourire habituel ne tarda pas à le gagner de nouveau. Sun ne savait donc pas être triste ?
« J’ai alors creusé. Longtemps. A plusieurs endroits. Rien à faire, le mur de béton sous le grillage n’avait pas de fin. J’ai attendu qu’il sorte avec le 4x4, histoire de rentrer lorsqu’il ouvrait le portail… Il ne l’a plu emmené, et n’est sorti qu’à pied, de temps à autre. C’était impossible de rentrer, une vraie forteresse ! »
Une vraie forteresse… ça n’était pas faux. Le phare était infranchissable. Une fois dedans, il n’y avait pas d’échappatoire. Tenter de faire un trou dans le grillage n’était d’aucun secours, et il fallait creuser des mètres pour trouver la fin du mur.
« Au final, j’ai opté pour apprendre à escalader aux arbres ! »
Son petit sourire ravi fit éclater de rire le bâtard, chose qu’il regretta lorsque sa gorge le rappela à l’ordre. Il toussota et demanda néanmoins :
« Et alors, ça a donné quoi ?
-Beaucoup de gamelles ! Tu aurais aimé voir ça, c’était vraiment comique ! Je rigolais de moi-même en retombant sur les fesses ! N’empêche, j’ai fini par en avoir marre et par labourer les arbres en tentant de grimper dessus. C’était plus simple qu’essayer de grimper d’un bond. Et puis, tu sais, maintenant je suis un vrai singe ! Aucun arbre ne me résistera désormais !
-Vantard… »
Sa gorge irritée commençait à lui permettre de parler, malgré qu’il grimaçait presque à chaque parole. Sun hocha la tête.
« Tu en jugeras quand on sortira d’ici. »
Devant l’air peu convaincu de Jack, le loup s’empressa d’insister :
« Si si, on sortira ! Et je t’apprendrais à être aussi talentueux que moi ! » Ajouta-t-il en bombant le torse. Bien sûr, Sun n’était pas vantard. Il mettait de sa bonne humeur en jeu, et les plaisanteries allaient à tout va avec lui, même lorsqu’on était sur son lit de mort…
« Bref, j’ai réussi à escalader un arbre assez proche du phare et j’ai renouvelé mon saut de l’Ange ! Une fois dans le phare, j’ai filé à toute hâte au bord de la mer. J’étais certain d’y trouver quelqu’un. J’ai donc emprunté une route plus rapide, et qui m’a menée sous le rocher. J’ai aperçu Fanny, en train de rêver, mais visiblement elle ne m’a pas remarqué. Je lui ai donc demandé, d’une voix taquine, tu me connais, si elle était nostalgique. Elle a fait volte face en grognant ! Je crois que je serais parti si j’étais en face d’elle. Au bout d’un moment, elle a daigné me demander qui j’étais et, lorsque j’ai voulu répondre et la rassurer, que l’idée de remonter me traversait l’esprit, l’homme m’a coupé en plein élan ! Elle a filé, de mauvaises fois, et je suis monté à sa suite. Je ne crois pas qu’elle m’ait vu… »
Le bâtard baissa les oreilles. Alors elle aurait pu savoir que Sun était en vie ? Et l’homme l’avait fait passer à côté de ça ? Jack soupira. Il était déçu que le chasseur est encore tout gâché… Sun termina, moins sûr de lui.
« Je suis remonté dans le phare par le petit chemin de terre habituel. J’ai directement repéré des chiens qui s’éloignaient du phare. Il s’était donc produit quelque chose d’anormal. J’ai de suite filé au sommet, et, croisant du sang dans les couloirs, j’ai eu peur d’arriver trop tard et de ne plus te voir, Jack ! »
Il commençait presque à gronder le bâtard. Cependant, ce dernier lui jetant un regard accusateur du type « Moi ? Me faire battre ?! Roh, mais j’attendais ton retour pour ça ! », chose qui fit s’adoucir le loup:
« Quand je suis arrivé, Erod, Cachou et le gardien étaient autours de toi, et tu étais étalé comme un ptit vieux sur le sol ! J’aurais jamais cru ça possible, j’ai halluciné ! J’ai même cru que je m’étais trompé de personne ! On m’a assuré cependant trois fois que c’était toi, et, plus qu’inquiet, j’ai tourné en rond longtemps avant de me perdre dans l’observation du ciel. Ne me fais plus jamais ça, Jack ! »
Ce fut à ce moment que Cachou déboula dans la pièce, courant en tenant le plus parallèlement au sol sa gamelle pleine d’eau. Sun éclata de rire en voyant le chien qui, concentré sur sa gamelle, avait faillit trébucher et qui avait fait un effort surhumain pour ne rien renverser.
« Ne t’inquiète pas, Cachou ! Au pire notre cher Jacky boira de l’eau de pluie ! »
Il désigna la fenêtre à l’arrière, brisée et laissant tomber le froid et l’eau sur la petite pièce. Au moins, l’odeur écoeurante des peaux n’était plus présente.
Jack se releva péniblement, chancelant sous l’effet de sa nausée qui, visiblement, ne voulait plus le quitter, et s’avança pour boire à grandes lapées l’eau que le petit chien venait de lui rapporter. Il lui jeta un regard plus que reconnaissant et, lorsqu’il eut terminé et opta pour s’allonger de nouveau, sur le ventre cette fois, le reste d’eau fut teinté de rouge. Le sang qui l’avait envahi était resté dans la gamelle, à son plus grand soulagement. Il pouvait enfin respirer et remplir ses poumons normalement.
Deux questions le titillaient cependant, malgré qu’on ait répondu aux plus importantes.
« Où sont les corps ? » S’enquit-il, comme si les chiens présents avaient oublié de lui révéler.
Ce fut Erod qui répondit.
-Avec les peaux. On ne voit même pas la différence… »
Il venait de se rapprocher avec le gardien. Celui-ci resta pensif. Visiblement il comprenait, après avoir longuement discuté avec le doberman, la douleur qu’il éprouvait au sujet de Fanny. C’était assez atroce de se mettre à la place du pauvre chien. D’ailleurs, le sujet de Fanny était la prochaine question du bâtard. Il planta son regard dans celui de Sun et demanda :
« Et… où l’homme l’emmène-t-il ? »
PS: Me suis trompée ça fait 3 pages... J'avais compté la partie précédente avec x)