hum... :S Merci? XD
La suite

PS: La partie ici est écrite en directe, et en rien éditée. S'il y a des fautes ou des choses pas claires, signalez le moi, mais il se peu que ça soit déjà corrigé

La nuit commençait à tomber délicatement sur le phare. Rien dans le ciel ne laissait voir qu’elle arrivait cependant : le soleil trônait toujours, aveuglant les chiens qui regardaient la voûte bleue qui les surplombait. Seuls quelques nuages annonciateurs d’une très fine pluie masquaient parfois les rayons réconfortants de l’astre solaire, de plus en plus présents malgré tout.
L’eau léchait calmement les parois de la roche. Peu à peu, elle grimpait vers son sommet, et quelques vagues plus fortes parvenaient à arroser le corps perdu dans ses pensées qui admirait l’horizon. Combien de fois, le regard d’un chien s’était épris du large ? Combien de fois, pensif, on avait fait le point sur sa vie en observant les vagues, le sifflement du vent nous striant les oreilles, le bruit de l’eau nous apaisant malgré nos meurtres ?
La louve bleue soupira. Elle repensait à son passé. Au bonne vieille colline où elle se roulait avec son père, aux rires avec les autres louveteaux. D’où une tueuse pouvait-elle tenir ses souvenirs, pourtant si enfouis dans son inconscient ? Pourquoi refluaient-ils ainsi, maintenant ?
Puis, se forçant à avancer dans sa vie, elle revit la mise à mort de sa mère, serra les crocs. Elle aidait celui qui avait tué sa mère… Elle n’avait jamais vraiment été forte. Peut être avait-elle espéré, depuis le début, devenir assez forte pour filer, plus tard ?
Mais alors, pourquoi avoir menacé ses amis ? Tuer plus de personnes qu’il en était nécessaire ? Elle n’avait pas été suivi par l’homme, quand elle avait tué le fils de Phil ou le gamin que le berger allemand avait défendu en dépit de sa propre vie… On ne l’avait pas obligé, ses fois là…
Si le souffle du vent n’était pas là pour soulager son estomac noué, elle aurait sans doute régurgité, à songer tout ça… Où Sun était-il ? Et pourquoi avait-il sauté ?
S’il ne s’était pas suicidé, elle n’aurait jamais perdu de vue qui elle était, elle n’aurait pas perdu le contrôle d’elle-même.
Se remémorant les passages de sa vie, elle ne prêta guère attention au mouvement parabolique du soleil. Bientôt, il achèverait sa course, sous ses yeux qui, sans même qu’elle n’en prenne conscience, fixaient un point vide.
Elle revoyait Erod, enfant, lui griffer la joue et courir en tout sens parce qu’il avait réussi à l’atteindre. La louve se revoyait alors sur le point de le tuer… Puis la fouine, l’ours, le troupeau, le saut de l’ange de Sun, les enfants…
Elle ferma les yeux, une larme perlant sur sa joue. Combien elle regrettait tout ça. Mais avait-elle réellement le droit de faire demi-tour ? Non. Elle ne redeviendrait pas comme avant. Elle tuerait, encore et encore, jusqu’à ce que l’homme ne la libère. C’était lui qui maintenait les ficelles… Ses pensées se fondirent en un vide qui combla son manque de force. Elle n’arrivait plus à se concentrer sur une image, le tout étant trop vague et mélangé…
« Nostalgique ? » Demanda une voix qui la sortit de sa torpeur.
Fanny tressaillit. Une seconde plus tard, ses réflexes de tueuse expérimentée lui permirent d’être sur pattes, dos au rocher, grognant fortement. Rien. Personne n’était sur la route derrière elle, et la mer la bordant de toute part ailleurs, elle ne savait pas du tout où son visiteur imprévu pouvait se trouver. Elle gronda. Un bon moment se passa avant qu’elle ne craque, impatiente :
- Qui es-tu ? » Cracha-t-elle.
Elle sentit que la voix inspira pour répondre, mais une voix bien plus grave la fit détourner les yeux des bords de la forêt pour regarder derrière le grillage, un peu plus loin.
« Fanny ! » Aboya l’homme.
Elle fronça les sourcils, le museau retroussé et tremblant, sans pour autant grogner. Foutu chasseur !
Laissant tomber la voix qui lui était étrangement familière –sans pour autant que son esprit ne puisse poser un nom dessus- elle suivit l’humain. Visiblement, vu le sourire mauvais et satisfait qu’il affichait, quelque chose d’anormal allait se produire. Sans échanger un regard, l’animal et son maître se détournèrent vers le phare et marchèrent rapidement sous les pluies que le vent rendait d’autant plus froides. Le temps était venu, apparemment…
Les hommes allaient tenter leur chance au combat.
Parviendraient-ils cependant à battre une machine de guerre vivante ?
Pourraient-ils, ne serait ce qu’un instant, espérer vaincre le plus dangereux animal que le monde est porté ?
Sauraient-ils vaincre « la flèche bleue » ?