
Désolé papaty, pour me rattraper :
Elle rattrapait petit à petit le doberman qui, la tête basse, ne l’entendait même pas arriver, perdu dans ses pensées. Une fois en bas des escaliers, il s’arrêta, soupira, et entreprit de retrouver Jack là où il l’avait laissé. Malheureusement pour lui, les projets de la louve ne lui laissèrent pas le choix…
Fanny, furieuse de la réaction qu’il lui avait causé, bondit sur le chien à quatre ou cinq marches au dessus de lui, et le plaqua violemment sur le sol. Heureusement pour le canidé, il avait réussit à se retourner dans sa chute et se trouvait à présent nez à nez avec la louve. Plus que surpris de la trouver ici, là où il l’imaginait le moins, il voulut parler mais rien ne sortit de sa gorge. De toute manière, que pouvait-il lui dire ?
La louve bleue grogna. Elle voulait le tuer. Elle le sentait, c’était tellement présent en elle… Elle voulait ne plus jamais entendre parler de lui ! Mais, lorsqu’elle s’imagina goûter à nouveau son sang, lorsqu’elle le revit dans sa cage, chiot, tout foufou, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Sa menace, ses crocs ouverts vers la jugulaire d’Erod, se transforma en grimace de souffrance. Elle bondit sur le côté et détala sous la pluie battante dehors. Le doberman se leva aussi vite qu’il le put.
« Fanny !!!!! » Hurla-t-il.
Le tonnerre masqua sa voix.
Jack et Dark ne s’étaient pas battus. En désaccord, certes, le bâtard avait chassé le chien que tous les autres vénéraient, en dehors de la demeure de sa sœur défunte. Il avait ensuite envoyé Erod se confier, puisqu’il sentait qu’il en avait besoin. Il lui avait promis de rester ici, puisque le chien ne voulait pas le laisser seul trop longtemps et avait peur de ne pas le retrouver.
Le bâtard était allongé, à moitié trempé par la pluie qui tombait de côté, et observait calmement la cage dont il avait hérité. Ses paupières se fermaient comme si c’était l’ultime fois, mais il ignorait pourquoi, il avait toujours la force de les rouvrir. Quelque chose brilla dans le fond de la cage. Le bâtard hésita à se lever. Cependant, sa curiosité piquée à vif, il n’eut pas vraiment le choix. Il se redressa lentement sur ses pattes et flâna jusqu’à la lueur. Une fois à côté, il contourna une sorte de carton pour apercevoir l’objet. Il regarda longuement avant de voir de quoi il s’agissait…
« Jack ? »
Le bâtard, surpris, se retint de faire un bond et se tourna vivement vers la voix.
« Erod ? Mais rentre t’abriter !! »
Le doberman se précipita de se mettre à l’abri. Il avait beau être tout ce qu’il restait à Jack, il n’osait toujours pas pénétrer cet endroit sans son avis.
« Tu m’as l’air perturbé… Qu’est ce qu’il y a ?
-J’ai croisé Fanny… Elle m’a sauté dessus… Elle allait me tuer mais elle est partie en pleurant au dernier moment… Jack… Elle est seule.
-Elle l’a mérité ! »
Erod leva deux yeux ronds vers le bâtard. Comment ça ?!
« Elle n’était pas consciente !
-Elle a faillit te tuer et tu retournerais la voir ?!
-Elle ne savait pas ce qu’elle faisait, elle était perdue !
-BIEN SÛR QUE NON ! Tu ne te rends pas compte ?! Elle devient aussi mauvaise que l’homme ! Seulement dans son fond de conscience, elle est amoureuse de toi ! Elle ne peut pas te laisser ! Elle est partagé entre le fait qu’elle t’aime et le fait que tu l’empêches de devenir ce que l’homme veut d’elle. Certes, elle est perdue, mais c’est pas en allant lui parler que tu vas régler le problème ! Tu vas seulement l’encourager à te tuer, ne sois pas naïf ! »
Le doberman planta son regard dans celui du bâtard, d’un air de défi.
« Et bien tant pis pour moi. »
Se retournant, il disparut dans le brouillard qui commençait à se lever, à force de pluie.