(double post en force

)
A son réveil, elle crut qu’une éternité s’était passée. Son sang cognait dans sa tête, elle avait l’impression d’avoir des fourmis partout dans le corps…
Elle toussa. Ouvrit les yeux.
La pièce dans laquelle elle se trouvait, elle ne la connaissait pas. Elle ne savait même pas si elle se trouvait encore dans le phare, et doutait d’être encore vivante.
Fanny tenta de se lever. La première fois, sa patte glissa sous elle et elle s’effondra d’un bloc. Mais, loin de s’avouer vaincue, elle retenta à plusieurs reprises et parvint enfin à se dresser, tremblante, sur ses quatre pattes.
Elle regarda avec épuisement la pièce sombre, cherchant une lueur. Elle finit par trouver un rayon de soleil –ou de lune elle ne parvenait pas à savoir- qui se filtrait par une fenêtre sale.
La louve tenta un pas mais fut retenue. Elle tourna calmement son regard vers sa patte et y découvrit des chaînes.
Si elle n’avait pas été tant fatiguée, cela l’aurait limite fait rire d’être attachée. Elle aurait cassé ça en deux en trois mouvements. Mais là c’était différent… Elle était engourdie par la triple dose de produit que le chasseur lui avait envoyé et elle savait qu’il aurait pu lui administrer plus, que ses forces ne se limitaient pas à simplement ça.
Fanny chercha une porte. Et elle mit du temps à la trouver. La salle était circulaire, et la porte était en face de la louve, assez éloignée et plus sombre encore que le reste de la pièce.
La louve bleue recouvra peu à peu la vue –qui jusque là était assez floue- et se décida à attendre le moment propice pour briser ses attaches.
Apparemment, il se passa quelques heures avant qu’elle obtienne des nouvelles de l’extérieur. L’homme se décida à descendre lui apporter de quoi se nourrir. Et Fanny attendit.
L’humain entra dans la pièce avec la nourriture. Cette vision des choses rappela à la louve bleue la première fois que l’homme l’avait nourrie : avec sa pâtée puante.
Le chasseur approcha l’animal sans méfiance. C’était pourtant à prévoir que la louve ne se laisserait pas faire !
Lorsqu’il ne fut plus qu’à un mètre, il se pencha et posa la gamelle au sol. Fanny avait calculé ses chances de tuer l’homme, et celle de sortir d’ici. Au moment même où la pâtée tombait sur le sol froid, la louve bleue bondit sèchement, se qui brisa d’un coup franc les chaînes.
Malheureusement, Fanny, qui visait l’homme, n’avait pas vu que celui-ci était rentré armé. Aussi rapidement que l’attaque, l’homme attrapa Fanny par la mâchoire, mettant ses doigts le long des gencives de l’animal, et la maintint en face de lui. La louve était bloquée par les crocs, les deux pattes arrières sur le sol, les deux autres dans le vide.
Le chasseur sourit, repoussa la louve brusquement sur le côté.
Fanny s’étala sur le sol, se releva et grogna. Elle jeta un regard vers la porte, puis de nouveau vers l’homme. Et enfin, elle se précipita vers la sortie.
Trahie par son propre doute, Fanny ne pu cependant aller bien loin que son « maître » l’attrapa par la patte arrière et la jeta contre le mur. Elle se releva aussitôt qu’elle fut tombée et cette fois ne tenta pas de fuir mais d’en finir. Elle bondit droit sur l’homme, visant ses jambes plutôt que son visage, de peur que la scène de la mâchoire ne se reproduise.
L’humain dégaina son couteau et fondit sur l’épaule de la louve comme un rapace sur sa proie…
Fanny tomba raide au sol, déviée. Lorsqu’elle se releva, son ennemi avait filé. Elle ne chercha pas à savoir
où il était parti. Ni
pourquoi.
Pourtant, elle aurait du s’en douter… il n’avait pas simplement fuit…