Désolée de rappliquer vingt ans après.. Merci quand même.
Désolée du remontage de sujet, mais vu que j'ai un topic à alimenter je pense qu'on n'y vera pas d'inconvénient.
La conteuseJe connaissais un endroit où les limites
N'existaient pas, un endroit où les artistes ermites
Etaient libres et racontaient des histoires au coin du feu,
Un endroit où on avait qu'un objectif : être heureux.
Aujourd'hui ce pays de rêves est sans vie, désert,
Son passé défilait devant moi tandis que je marchais,
Foulant les milles et unes histoires que ces terres
Portèrent jadis, et sur lesquelles le sang crachait..
Ces histoires, je les ai enfermées en ma mémoire,
Afin de cultiver leur souvenir, de leur redonner espoir,
Mais quand je tentai de faire revivre ces récits,
On me chassa, les disant inapropriés aux terres d'ici..
Moi non plus, je n'étais plus la bienvenue dans mon pays,
Alors je me mis à parcourir le monde muette comme une carpe,
Hélas, on me rattrapa, on me dit de mourir, et j'obéis,
Mais ce fut pour renaître aussitôt, avec mes contes et ma harpe !
Le règne du mensonge officielIl y a cent ans, j'entendis une bien sombre rumeur,
On vint me trouver, Gabriel content dit "Le Roi se meurt !"
Non pas que le décès m'affecta, mais ce monarque,
Si tyrannique, avait laissé en nous une profonde marque.
Certes, ce n'était pas un très bon enfant de coeur, mais la vie
Qui l'animait jadis, ce fut un diable pire que lui encore qui la prit,
Et l'enferma en lui pour accomplir ses plus sombres desseins,
Pour ce faire, ce gredin s'était arrangé avec le destin !
Non, vraiment, il n'y avait rien de bon dans cette politique,
Si ce n'était bien sûr les affiches qui nous narguaient, despotiques
Dans leur silence, mais elles semblaient, dans le fond, sincères,
Comme traînées ici de force par le feu né au sein de l'enfer.
La rumeur disait qu'on était tous finis, tous vaincus, tous morts
Avant même le début du combat, les autres ne faisaient aucun effort,
Et se laissait mourir, ils erraient sans but, misérables, consummés
Par le devoir que portaient leurs épaules, incapables d'assumer.
Le photographe La photographie... L'art de la réalité et du monde,
L'art de capturer l'éternelle, l'irréversible ronde
Des couleurs, des formes, de tout ce qui fait l'univers,
Du ciel d'or au monarque soleil, en passant par la mer.
Le photographe, ce captureur de beauté, et l'art,
S'unirent sous les filaments de lumière, et le hasard
Créa cette image, et la lumière se trouva figée
Parmi l'éternité, cette éternité à son apogée.
Et ces filaments se mêlaient, donc éternels,
D'une beauté incompréhensible des mortels,
Le soleil, jaloux, tentait de se faire plus fort,
Mais les filaments restaient plus beaux encore.
Une vie invisible les animait, leur éclat
Infini éblouissant le photographe qui se tenait là
Et continuait d'immortaliser le tableau de la réalité,
Montrant au monde les symboles de l'éternité.
La nuitLa nuit, la réalité se confond avec les rêves,
La vie sombre dans une transe sans trêve,
Se reposant paisiblement dans son sommeil,
Tandis que le monde sera teinté d'or au réveil.
Les étoiles semblent plus brillantes, ce soir,
Elles incarnent ce qui dort avec nous, notre mémoire
Aussi brille plus fort, elle se souvient du jour
Vers lequel on ne peut faire demi-tour..
La nuit, c'est le rendez-vous de tous les espoirs,
Le rendez-vous des songes et mensonges, des miroirs
Faussés, et on se souvient, on se rappelle de la lumière
Et du vent, de la danse des feuilles et du chant de la rivière..
La nuit, c'est beau, quand même, regarder les étoiles,
Entendre le silence, admirer la lune hisser ses voiles
Pour partir vers d'autres contrées, ça donne envie de vivre
Et d'enfermer tout cela en nous pour en devenir ivre..