A Monsieur Stavros Dimas, Commissaire européen à l’environnement.
Monsieur.
Je me permets de vous contacter car je m'inquiète pour l’avenir de l’espèce Canis lupus dans mon pays, la France.
Deux loups ont déjà été abattus en octobre 2004, en contradiction flagrante avec la directive Habitats (il n’est pas prouvé que cela ne met pas en péril la population de loups en France et toutes les mesures de protection des troupeaux n’on pas encore été misent en place.)
Le tir d’un troisième individu a également été autorisé dans le département de l’Isère, là encore illégal. Heureusement le Conseil d’État a suspendu cette dernière décision pour vice de forme, mais la tension sur le terrain reste grande.
Le jeudi 2 juin, le groupe national "loup" s’est réuni à Lyon, sous l’égide des ministères de l’écologie et de l’agriculture. (1)
A la suite de cette réunion de nouveaux abattages sont envisagés, alors que seulement un quart à un tiers des éleveurs qui vivent dans les zones à loup ont aujourd’hui pris des mesures de protection contre les attaques.
De plus il est également envisagé que les éleveurs pourront tuer eux même les loups, et les chasseurs seront autorisés à participer aux tirs, ce qui ouvre la voie à de nombreux débordements.
L’utilisation du piégeage est également prévue.
Pour ces raisons je demande que, en plus des incitations à la cohabitation, des mesures d’une sévérité exemplaires soit prises.
La France ne devrait-elle pas être condamnée à une lourde amende pour chaque loup abattu dans des conditions qui ne respecte pas exactement les dispositions de la directive Habitat ? Pour plus d’efficacité, est-ce que les départements fautifs peuvent également être condamnés à une forte amende (ainsi que, éventuellement, les communes) ?
Est-il possible que des sanctions soit prises en cas de braconnage, s’il n’est pas prouvé que les autorités françaises ont fait le nécessaire pour protéger le loup, ou tout simplement si la population de loups diminue dans un secteur (ou sur la France entière) et s’il n’est pas prouvé que cette diminution est imputable à des causes naturelles ?
D’autre par certains chasseurs accusent le loup de détruire la faune sauvage (2), ce que je trouve totalement absurde car alors comment expliquer que, avant l’éradication du loup, pendant des milliers et des milliers d’années un parfait équilibre existait entre les loups et leurs proies ? Et l’exemple du retour des loups dans le parc américain de Yellowstone montre bien que ces animaux ne sont pas nuisibles aux écosystèmes naturels, bien au contraire.
Vous est-il possible de porter plainte contre les fédérations de chasseurs qui répandraient des mensonges sur le loup, ou qui réclameraient sa "régulation", quand ce n’est pas son éradication pure et simple ?
Et certains des ces chasseurs ont demandé la création d’une commission d’enquête chargée d’étudier l’impact du retour du loup sur la faune sauvage. Pour l’instant j’ignore si cette commission d’enquête sera effectivement crée. Mais si tel est le cas, je crains le pire, étant donné que plusieurs commissions d’enquêtes précédentes, sur la cohabitation avec le pastoralisme, avaient déjà été défavorables au loup, ce qui est peut être à l’origine de la situation actuelle.
Pouvez-vous suivre de très prés les travaux de cette éventuelle commission d’enquête, afin d’éviter tout dérapage ?
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le commissaire, l'expression de ma profonde considération.
(1) :
http://www.loup.org/spip/article483.html et
http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=354(2) :
http://www.loup.org/spip/article484.html
Monsieur le commissaire est déjà en partie au courant, puisque des associations ont porté plainte contre la France, mais je pense qu’il faut pousser la commission européenne à réagir énergiquement.
Faite passez le message dans d’autres forums, il faut que beaucoup de personnes envois ce message.