yeux d’autres. Chiens. Loups. Hommes. Puis cette voix.
Nina était une messagère, une maîtresse pour moi, elle avait cru, tout comme le berger allemand, que je pourrais emprunter ce chemin.
Mais ni elle, ni lui, ni moi ne savions que je reviendrais, que mes expériences m’auraient apporter la réflexion, que cette réflexion m’apporterait un chemin.
« Loki. Loki. Trouves-tu ce chemin ? »
Oui.
« Loki. L’acceptes-tu ? »
Je ne sais pas.
« Loki. Tu as déjà bien avancé désormais. Il faut choisir. Chien ? Loup ? Homme ? »
Je ne peux pas les retrouver.
« Alors Loki, n’acceptes-tu pas ce chemin ? »
Et je vivrai alors continuellement dans le doute, dans un apprentissage long, éternel.
« C’est inconfortable, Loki. »
Oui.
« Tu dois choisir. »
Je voudrais choisir. Oui. Mais je voudrais être heureuse.
« L’es-tu ? »
Oui.
« Ton cœur est apaisé. Loki. Acceptes-tu ? »
Oui.
La lumière m’aveugla presque, entrant de toute part dans ma grotte, puis, des couleurs s’y ajoutèrent, des symboles se formèrent sous mes yeux. Les parois de ma tanière reflétaient toutes sortes de choses, de pensées, de connaissances. Et je devais bien en faire quelque chose. Alors la voix chanta en moi, puis se tu.
Je dois partir. J’en sais bien assez. La messagère sera mienne désormais. Je dois rentrer. Et en sortant de ma tanière, la lumière se tu, les couleurs s’assombrirent, laissant derrière moi, une attente terrible.
La voix n’était plus. Elle existait. Au fond de moi, elle était désormais ma parole.
EPILOGUE :
Il ne possédait pas la sagesse, ce jour-là, je l’appris, il avait juste l’expérience qui sied tant à son âge, et, les souffrances de ceux qui cherchent encore leur route.
« Sans Trace. »
Que dis-je encore ? Où es-tu, jeune Loki ?
« Sans Trace.
-C’est là ton nom ?
-C’est là mon nom.
-Sans Trace.
-Oui ?
-Quel est ton rôle, désormais, que t’ont enseignées les années ?
-La nature veut que je sois sauvage, pour elle, il me faudrait vivre parmi les loups. Pour la pensée commune, celle que les hommes inculquent à leurs chiens, celles qu’ils t’ont transmise et que tu appliques en nous aidant, je suis chienne et je dois me faire docile pour convenir à leur vie.
-Et, laquelle de ses vies choisis-tu ?
-Il reste une autre voie, vois-tu, une route qui peut mener à la solitude, à la déception. Une route de patience et de lutte. L’unique route que je souhaite emprunter. Car, vois-tu, cher ami, arrive le jour de mon sacre, car j’en sais plus que toi.
-Détrompes-toi, Sans Trace, je connais ce chemin, je l’ai moi-même suivi avant toi. Mais tu n’as pas encore ma sagesse, non.
-Je prétends pourtant le contraire.
-Sais-tu lire dans les cœurs ? Si tu sais, fais ce que tu dois. »
Il avait raison, je le sentais au fond de moi. Sans Trace était née, et, à sa manière, avec ses connaissances, elle aspirait à la sagesse.
Mais Sans Trace avait été Loki, et Loki n’aspirait qu’à une famille.
« Tu doutes encore, Loki. »
Comment peux-tu connaître mon nom ? Je ne te l’ai jamais dit ! Mais Loki ne peut plus être, Sans Trace est. Seulement, pour mettre fin au règne du sage, il me fallait le surpasser.
« N’as-tu pas peur ?
-Non. »
Simplement, cruellement… Tu prononces ce mot alors que tu en connais le sens. Soit, s’en est assez pour me décider. Je te défierai, mais en aurai-je le droit ?
Pattes. Queue. Du sang encore. Comme ce jour, celui où Loki disparut. Pourtant, si peu de folie me guidait cette fois. Blessée, j’étais plus habile. J’avais gagnée.
« Troisième Voix. »
C’est ton nom, n’est-ce pas ? Je le découvris à l’instant, l’instant où Troisième Voix n’était plus. Et je m’éloignai… L’heure pour moi de prendre la tête de la meute était arrivée. Il avait attendu un disciple pendant des années, j’en ferai de même. Et un jour, je périrai.
Sans Trace n’était pas plus sage que Troisième Voix, la folie les hantait tous deux, et leurs cœurs à l’unisson aspiraient à la sagesse.
« N’as-tu pas peur ?
-Non. »
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