qu’il avait sélectionné. Comme il l’avait prédit, la bête essaya de se défendre, de se débattre, mais, elle était trop faible. Stark lui sauta dessus.   

- Aleu, aide-moi, ordonna-t-il, mords-le pendant que je l’égorge, je déteste manger les orignaux lorsqu’ils sont vivants. Ça leur cause des souffrances pour rien. 

Aleu  fit ce qu’il lui avait demandé. Elle mordit l’orignal, et à belles dents. Au début, la vue de la chair pleine de sang de l’orignal lui avait coupé l’appétit et lui avait fait levé le cœur, mais une fois que Stark eut fini d’étrangler l’orignal et qu’il se jeta dessus pour le manger tout cru, Aleu avait tellement faim qu’elle dévora elle aussi l’orignal, et à pleines dents. Elle ne trouva même pas cela dégoûtant. Non, elle commençait déjà à y prendre goût.   

- Tu vois, c’est pas si pire, fit remarquer Stark, tu es déjà en train de t’y habituer. Et tu devras t’y faire, c’est tout ce que l’on mangera. Et pendant l’hiver, il y aura des jours où tu ne mangeras pas. Et l’hiver approche…   

 

Aleu ne prit même pas la peine de répondre. Elle avait trop de viande fraîche entre les dents pour se soucier de lui. Tout ce qu’elle voulait, c’était manger, et manger encore. Jusqu’à exploser s’il le fallait, mais elle était affamée. Lorsqu’ils eurent fini de manger, enfin de dévorer, Stark demanda à Aleu de le suivre jusqu’à la grotte. Rendus à la grotte, ils se couchèrent. Pour dormir. Ils étaient couchés loin l’un de l’autre, pour respecter la demande de Balto. Mais au fur et à mesure que la nuit avançait, la distance entre les deux chiens-loups diminuait. Lorsqu’ils se réveillèrent, ils étaient enlacés comme des amoureux. Aleu s’en montra fort gênée, mais Stark ne fit aucun commentaire et cela ne sembla pas le déranger.   

- Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui? le questionna finalement Aleu.   

- On trouve de quoi manger, on le cache ici et on court, répondit Stark.   

- Pas encore, se plaignit Aleu, je suis tannée de courir, c’est plate !   

- C’est la vie, chérie, ironisa-t-il. 

 Et sur ce, il partit en quête de nourriture. Ils capturèrent un petit lièvre. Ils n’avaient pas vraiment faim étant donné le festin qu’ils avaient eu hier.   

- Nous allons le cacher. Il faut l’enterrer pour qu’aucun animal ne nous le vole, lui appris Stark.  

C’est ce qu’ils firent. Par la suite, pendant cinq heures, ils coururent. Ils faisaient toujours le même trajet. Un trajet établi par Stark qui tournait en rond. De cette manière, il pouvait garder un œil sur la grotte. Lorsque le soir arriva, Aleu était moins fatiguée que la veille, mais ses pattes la faisaient souffrir le martyre. 

 - Ne t’inquiète pas, conseilla Stark, un jour, ils ne te feront plus mal. On va chasser, et ensuite je vais te soigner.   

 

Ils capturèrent une belle prise. Un bébé caribou, plus précisément.  Ce fut toute un travail que de le traîner jusqu’à la grotte. Mais, ils y arrivèrent et ils s’effondrèrent, épuisés. Aleu avait froid et elle se serra contre Stark pour être plus au chaud et mangea. Lorsqu’ils eurent fini, Stark lui demanda de lui présenter une à une chaque de ses pattes et il les licha. Lentement, très soigneusement et ça faisait un bien fou à Aleu.   

- Merci, dit Aleu.   

- Ce n’est rien, se détourna-t-il. C’est normal. 

- Pourquoi tu es comme ça?   

- Comme quoi?   

- On dirait que tu veux prendre tes distances avec moi… Ou je me trompe?   

- Écoute, ton père m’a clairement demandé de ne pas te toucher et ce n’est pas ce qu’on est en train de faire.   

- On se fiche de mon père, il n’est pas là. 

- Non, mais il me l’a demandé et je lui ai juré d’être prudent.   

- On ne prend aucun risque.

 - Écoute, on peut bien être couché collés, la nuit, pour garder notre chaleur, mais sinon, on garde ses distances.   

- Ok, murmura finalement Aleu, résignée. 

 

Et les jours passèrent. C’était toujours la même routine. L’endurance d’Aleu avait beaucoup augmentée. Elle pouvait maintenant courir pendant des heures, voir des jours. Elle chassait comme une démone et Stark lui avait montré comment bien sélectionner sa proie. Elle avait tout compris et c’était elle qui prenait en charge la chasse, pour qu’elle apprenne à se débrouiller seule. L’hiver arriva finalement. Il faisait froid. Stark trouvait leur endroit mal placé. 

 - Il n’est pas assez couvert, insista-t-il, il faut changer d’abris. Je connais un autre endroit. Il faudrait l’atteindre avant la nuit, sinon nous mourrons gelés. Tu penses que tu peux y arriver?   

- Tu sais bien que ça ne me pose aucun problème, répliqua Aleu.   

 

Stark prit la tête et courut, longtemps. Et plus rapidement qu’a l’habitude. Mais, Aleu n’avait plus aucun problème pour le suivre. Certes, il était plus endurci et plus rapide qu’elle, mais il s’efforçait de courir à un rythme descend pour qu’elle puisse le suivre sans trop souffler. Sa stratégie fonctionna. Lorsque le jour déclinait, ils arrivaient à l’abri. Mais, il fallait encore chasser. Ce qu’ils firent, rapidement, ils étaient rendus habiles. Aleu ne remarqua rien d’anormal, mais Stark, lui, flaira rapidement le danger, mais il ne dit rien, ne sachant pas si cette odeur pouvait être dangereuse ou n’était pas une menace. Alors ils allèrent dans le repaire, mangèrent. Finalement, ils allèrent s’assoupir lorsqu’il surgit des profondeurs des ténèbres pour aller les clouer au sol. Stark se débattit, et plus fort qu’Aleu réussit à se libérer et à plaquer au sol son adversaire.   

- Fuis ! hurla-t-il à Aleu. 

 - Je ne peux pas te laisser !   

- C’est un ordre, Aleu, pas une suggestion.   

Il continua de se battre contre le loup inconnu. Et lorsqu’Aleu s’éloigna un peu, elle distingua des yeux qui venaient vers elle. Il y en avait partout. Aleu  retourna auprès de Stark. 

 - Stark ! Il y en a partout, s’affola-t-elle.   

- Non, c’est pas vrai, désespérait-il, faiblissant. 

 - Attends ! Stark ! Immobilise-le!  

- C’est ce que j’essaie de faire, souffla-t-il.   

Lorsque ce fut fait, Aleu observa le loup. Il était blanc. D’un blanc immaculé. Sauf qu’il portait maintenant la trace de plusieurs blessures portées par Stark.   

- Stark, je le reconnais, murmura Aleu. 

- Comment? Tu le reconnais? Ce n’est personne, répliqua trop vivement Stark.   

- Si. C’est Dakar, n’est-ce pas? Ton demi-frère…   

- …   

- Aller, Stark, je sais que j’ai raison. D’ailleurs, là-bas, les loups convergent vers nous et je vois une grande louve blanche, immense, imposante. C’est Aniu…   

- Écoute, je ne voulais pas tomber entre leurs griffes 

- C’est déjà fait.   

- Ils vont nous tuer. 

 - S’ils l’auraient voulu, ce serait déjà fait.

 

 Dakar commençait à remuer, et Stark s’écarta pour le laisser se lever. Lorsqu’il eut repris ses esprits, il regarda fixement Stark, comme s’il se rappelait de quelque chose. 

 - Toi?   

- C’est moi, en effet, répondit Stark.   

- C’est impossible   

- Il faut croire que non.  

- … 

 - Tu es chanceux d’avoir eu la vie sauve. Si elle ne t’avais pas reconnu, tu serais mort. Même si je savais qui tu étais  

- Qui c’est elle? J’l’aime pas. Elle ressemble trop à Doky et à Balto…   

- C’est sa fille, justement.   

- Je m’en doutais un peu. C’est pour ça que j’ai voulu vous tuer. Vous sentiez … Doky. Ce Doky que je détestait tant. Mais, étant donné que vous avez attiré tous les autres loups de ma meute, je ne peux plus rien faire. De plus, ta mère est là, bâtard.  

- Je sais, Aleu l’a vue.   

Aniu s’avançait justement vers eux. Lorsqu’elle vit Stark, son visage s’illumina et elle bondit vers lui, joyeuse de le revoir. Ce qui cassa sa joie, fut de le voir reculer de dégoût devant elle. Sa mine se décomposa. 

 - Pourquoi? 

 - Tu ne te rappelles donc pas ce que je t’ai dit lorsque tu as brisé le cœur de mon père? l’attaqua Stark.   

- Je m’en souviendrai toujours. Je vous ai cherché et cherchés. J’ai trouvé ton odeur partout. Mais tu ne restais jamais assez longtemps au même endroit pour que je puisse te parler. 

 - C’était ça le but, aussi, gronda Stark. 

 - Comment peux-tu être aussi cruel, grogna Dakar. Tu oublies que tu parles à ta mère. 

 - Laisse-le parler librement, Dakar, ordonna Aniu. Que me reproches-tu exactement, Stark?   

- Tout, répliqua-t-il. 

 - Ne te serait-il pas possible de préciser, demanda Aniu.   

- Tu as brisé la vie de mon père ! Tu lui as brisé le cœur ! Tu l’as conduit à la mort ! Sans toi il n’aurait jamais abandonné la vie ! Il s’est laissé mourir parce qu’il n’avait plus aucune raison de vivre, lui reprocha durement Stark. Toi et ton misérable de fils avez tout gâché la vie de mon père. Je croyais que j’avais été clair la dernière fois que nous nous étions vus…   

- Tu l’avais probablement été, reconnu Aniu. Cependant, je n’ai jamais détruit sa vie. Nos chemins se sont séparés. Je suis désolée qu’il ait eu le cœur brisé, mais c’est la vie.   

- Voilà pourquoi je ne serai jamais un loup à 100% question attitude, murmura Stark. Ils sont incapables d’avoir la moindre



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