son père. Les deux autres, un mâle et une femelle, s'appelaient  Stark et Diva. Stark avait un fort caractère et rivalisait souvent avec Dakar, pour jouer. D'ailleurs, Stark ressemblait beaucoup à Dakar et à Aniu, sauf que, le bout de sa queue et le bout de ses pattes était gris, un gris comme celui de son père. Quant à Diva, elle était toute grise, comme son père, mais, elle avait le bout du museau blanc et l'oreille et l'oeil gauche blancs. Elle était très mignonne à voir.


Plusieurs jours passèrent, et bientôt, lorsque les louveteaux furent âgée de six mois, Doky décida d'amener Balto au village. Aniu n'était pas d'accord.
- Voyons, Aniu, il ressemble à un chien, protestait Doky.
- Non ! Je n'ai jamais eu confiance en les humains, et ce n'est pas aujourd'hui que j'aurais confiance, répliquait durement Aniu.
- Mais, juste pour qu'il voye le village ! Il n'en mourrera pas ! Je serai là pour le protéger ! Et en plus, les gens du village n'y verront que du feu, ils ne se rendront même pas compte du suberfuge.
- Grrrrr, gronda Aniu.
- Je prends ça pour un oui, s'amusa Doky.
Et il partit avec Balto vers le village.
- Papa, Mama dit que c'est dangereux.
- C'est dangereux pour les loups, mais toi, tu es un chien-loup. Mais, tu ressembles à un chien, les gens ne sauront pas faire la différence.
- Papa, j'ai peur.
- Voyons, Balto !
Et ils firent irruption dans le village. Les chiens accouraient à leur rencontre.
- Ils puent le loup, grondaient-ils.
- Ce sont des chiens, disaient d'autres.
- Non, pas le petit, murmura un des chiens. Il pue le loup et c'est un loup.
- DOKY! s'exclama soudain une voix familière.
Une jolie chienne, environ de l'âge de Doky, apparut.
- Bella, murmura Doky, soudain submergé par l'amour qu'il portait autrefois à cette chienne, à qui il avait eu des chiots avec.
- Doky, où étais-tu?
- Dans la forêt.
- Tu pues le loup. Qu'est-ce.. qui est...
- C'est mon fils, Balto.
- Il pue le loup. Ne me dis pas que... Non.! DOKY! NON ! PAS TOI! s'exclama-t-elle, stupéfaite.
- Oui, j'ai eu des chiots avec une louve. Cela n'empêche, Balto est très chien. Il sera comme vous.
- Non, répliqua-t-elle. Il ne l'est pas, et il ne le sera jamais. Comme le dit le dicton, loup un jour, loup toujours. Il aura beau vivre parmis nous, ses instincts de loups ressortiront un jour et il prendra plaisir à tuer. 
- Où sont les enfants?
- Morts.
- Comment?
- Tués par les loups. Ils ont voulu aller te chercher, il y a deux jours. En explorant la forêt. Ils n'étaient pas assez vieux, avant, maintenant, ils étaient forts et faisaient ce qui leur plaisait. Ils sont tous morts, sauf un, en a rééchapper. Mais il est mort, peu après. Il a affirmé qu'une tornade blanche s'est jetée sur eux. Elle était accompagnée par un loup. Ton fils a dit qu'il était tout blanc, mais que sa queue et le bout de ses pattes était gris. Et il a précisé «Gris, comme le gris si particulier de la fourrure de mon père...» Et il est mort après avoir dit cela. Tu te rends compte?
- Ça ne peut pas être Aniu.
- Parce qu'en plus cette batarde de louve a un nom? rageait Bella.
- Oui, et je l'aime ! Alors, je t'interdis de parler en mal d'elle.
- Je croyais que tu m'aimais, que tu t'étais fait dévoré par ta chère Aniu. J'ai pleuré sur toi des jours et des jours entiers pendant que toi, tu batiffolais avec elle, pleurait-elle.
- Non. J'ai pensé à toi, longtemps, je ne savais pas si j'allais te revoir. Je pensais aux enfants. Mais, ceux que tu as décrit, dans la petite famille, il n'y a que deux loups blancs. Dakar et Aniu. Et l'autre loup, il n'y a pas d'hésitation, c'est mon fils.
- Ton fils? C'EST TON FiLS QUI A TUÉ NOS ENFANTS !!!! TU ES FOU OU QUOI?
- Non. Écoute, Bella, je comprends, je ressens aussi un cruel déchirement. Je vais aller régler cette situation.
- Penses-tu vraiment que nous allons te laisser repartir avec cet enfant? Il faut le tuer, avant qu'il ne tue également nos enfants.
- Non! Jamais ! Cet enfant est toute ma vie ! Balto! Viens, nous partons, et vite.


Doky courut aussi vite que Balto le pouvait. Parfois, il le portait dans sa gueule, et courut aussi vite que possible vers la tanière.
- Salut! Mon chéri, s'exclama Aniu en s'approchant pour l'embrasser.
Doky se détourna.
- Qu'est-ce qu'il y a? s'inquiéta Aniu.
- C'est toi... Comment as-tu pu?
- Mais? quoi? Faire quoi?
- Tuer mes chiots ! hurla Doky.
- Tes chiots? Je n'ai pas quitté le refuge.
- Bella m'a dit que mon fils, le seul vivant sur cinq, avait rapporté avoir vu ce qu'il a qualifié de tornade blanche et qu'il avait vu Stark.
- Comment? Je te jure, Doky, que ce n'est pas moi qui ait tué tes enfants. D'ailleurs, tu ne m'en as jamais parlé.
- Ça doit être Darak. Il déteste les chiens, et Stark suit son exemple.
- Je compte lui régler son compte.
Lorsque Dakar et Stark sont revenus, ils étaient propres.
C'était suspect.
- Pourquoi vous êtes-vous lavés? leur demanda Doky.
- On était sales, répliqua durement Dakar.
- Et pourquoi étiez-vous sales?
- Tu m'agaces avec tes questions. C'est pas de tes affaires. T'es pas mon père
- Bon, d'accord, Dakar, va voir ta mère. Stark, reste ici.
- Mais, papa, j'ai rien fait !
- Je sais pas.
- Juré ! Dakar m'a oubligé a le suivre, mais je voulais pas.
- T'as tué mes chiots ! T'es idiot ou quoi? cria Doky.
- papa ! Je savais pas que c'était les tiens ! Je ne les ai même pas tués ! C'est Dakar qui les a achevés. J'essayais de les protéger, mais j'y suis pas arrivé, Dakar m'a assomé, avant que j'aie eu le temps de l'en empêcher. Et il avait étendu du sang sur moi. Il m'a forcé à en manger un morceau, pour que j'apprécie le goût de la chair fraîche qu'il a dit.
- Ce Dakar ! Ne va plus jamais seul avec lui. Tu as compris? C'est un mauvais exemple.  Il déteste les chiens. Il pourrait te tuer sous prétexte que tu es un chien-loup.

- Promis, Papa, je vais me contenter de jouer avec Balto et Diva, promis Stark.  

 - J’y compte bien, répliqua Doky, je vais te surveiller, mon grand  

- Mais, Papa ! Tu ne crois pas que je suis plus grand, se fâcha Stark, je suis assez grand ! Je suis autonome ! 

- Bon, d'accord, céda Doky, je vais te laisser sans surveillance, mais, si j'apprends que tu m'as désobéi, tu ne seras plus JAMAIS seul. Est-ce que tu comprends, PLUS JAMAIS.

 - Oui, papa, c'est très clair.

 - File.

 

 Darak n'aimait pas Doky. Un jour, lorsqu'Aniu, Balto, Stark et Diva étaient partis à la chasse, Darak provoqua Doky.

 - Alors, chien de ville, ça ne t'a pas suffit de te faire ma mère, il fallait maintenant que tu surveilles mon frère, gronda-t-il. 

- C'est mon fils, répondit Doky.

 - Peut-être, répliqua Darak, mais tu le renieras dès qu'il viendra se frotter à moi. 

- Non, je ne le renierai jamais, dit Doky, c'est mon fils et il le sera toujours.

 - On ne le saura jamais, de toute façon, puisque ta vie va s'achever ici même.

 - Je ne vois pas d'ennemi potentiel, répliqua Doky. 

- Y'en a un, que tu doutes pas, grogna Darak, et c'est moi. Tu mourras de ma pattes, et tu verras toute la souffrance que j'ai éprouvé, et toute la honte, que j'ai pu ressentir en voyant ma mère se faire violer par un batard de chien dans ton genre. Maintenant, je serai la risée de tous les loups lorsqu'ils te verront et verront les louveteaux. Mieux vaut que je t'achève que ça soit elle qui le fasse.

 - Pourquoi dis-tu ça?, le questionna Doky. 

- Elle ne t'aime même plus, je le sais, répondit tout bonnement Darak, elle me l'a dit et elle a fait exprès aujourd'hui de s'en aller pour que je puisse te régler ton compte. 

- ... 

- Tu es bouché là, hein, se moqua Darak, tu sais plus quoi dire ! Oh ! Pauvre tiit !!!

 - Si ce que tu dis est vrai, alors je n'ai plus aucune raison de vivre... Je te laisserai me tuer, mais, je dois rester en vie pour mes enfants. Balto, Diva et Stark ont besoin de moi.

 - Stark n'a pas besoin de toi et n'aura JAMAIS besoin de toi, aboya Darak, il est capable de se débrouiller seul, ya pas besoin de son papa ! 

- Je le surveille, pour qu'il devienne quelqu'un de respectable, et non quelqu'un de détestable comme toi, Darak. Je te tenais en haute estime, expliqua Doky, mais là, je dois admettre que tu es descendu...  

- Oh ! dit Darak, je ne savais pas que tu m'évaluais maintenant, n'empêche, arrête de parler, grand-père que je te règle ton compte, ça ne me fera absolument rien, puisque tu n'es pas mon père et tu ne seras JAMAIS dans mon coeur !!! 

- Achève-moi, maintenant, répondit Doky.

 Et Darak se jeta littéralement sur Doky. Ils se mordaient et se griffaient. Doky n'était pas vraiment un battailleur né, alors, il savait que Darak allait le vaincre, ce n'était plus qu'une question de temps, désormais. Soudain, vint la blessure mortelle, Darak, d'un habile coup de patte, entailla profondément la gorge de Doky. Celui-ci recula, chancelant sous l'impact du coup.

 - Tu fais moins le fier, n'est-ce pas, cracha Darak.

  

Doky ne répondit pas, luttant pour ne pas s'évanouir. Alors qu'il pensait que c'était la fin, une odeur familière lui parvint aux narines. Celle d'Aniu. Doky était furieux contre celle-ci, voir qu'elle avait laissé son fils l'achever. Il rassembla toute son énergie, se retourna, la localisa et lui sauta à la gorge.

 - Doky, couina Aniu, que fais-tu?

 - Je te tue, aboya Doky. 

- Pourquoi? 

- Tu as demandé à ton fils de me tuer, tu ne m'aimes plus, tu te fiches de moi ! 

- Non, qu'est-ce que c'est? Darak m'avait demandé de te laisser seul avec lui pour qu'il puisse s'entretenir avec toi de sujets entièrement réservés aux mâles, qu'il avait dit, protesta faiblement Aniu, se sentant faiblir.

 Soudainement, Doky la relâcha, et s'enfuit. Ce fut si rapide, qu'Aniu n'eut pas le temps de faire un seul geste. Même Darak ne fit aucun geste pour l'en empêcher.



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