telle puanteur.
- Les jeunes, restez ici, ne sortez pas, ne bougez pas. Il dépend de votre survie. Vos parents sauront vous retrouver. Je dois maintenant vous quitter. Adieu...
- Merci, soufflèrent les petits avant de s'endormir.
Doky devait retourner sur ses pas et brouiller les pistes. Ce qu'il fis. Il répendait des crottes de toutes sortes d'animaux sur les pistes, les effaçant...
Il continuait son travail nerveusement quand entendit le coup de feu tant redouté. Par la suite retentit un hurlement sonore. Il savait qu'un loup avait perdu la vie ou allait bientôt la perdre. Ça l'a dégoûta. Il courus vite rejoindre les chiens. Aucun n'avait remarqué mon absence. Il devait les divertir, le temps qu'Aniu et son compagnon s'enfuissent. C'est alors qu'une aide inespérée fit son apparition. C'était une louve, bien sûr, mais elle ressemblait vraiment à une chienne. Aussitôt, elle le regarda fixement, voulant dire qu'ils pouvaient l'utiliser comme leurre. Alors, il s'écria:
- YA UNE LOUVE QUi EST PARTIE PAR LÀ-BAS ET ELLE SERA PLUS FACILE À TRAQUER ! VENEZ, TOUS !
Les chiens lui obéirent. Le chasseur les suivit aussi. Doky était soulagé. Mais, lorsqu'ils découvrirent ensuite la «louve», morte de fatigue, et qu'ils se rendirent compte que c'était une chienne, ils étaient furieux.
- Doky, tu seras jamais un bon chien d'chasse. Même pas capable de différencier un chien pie un loup, soupiraient-ils.
Doky s'en moquait royalement, pour tout dire. Il était heureux qu'un des deux parents des loups ait pu survivre. Les chiens commençaient à retourner au village et le chasseur aussi.
- Tu viens, Dok?
- Non, je veux m'occuper d'elle avant.
- Comme tu veux, je ne t'attendrai pas au village, j'ai rendez-vous.
- Parfait !
Et il partit.
- Comment te sens-tu, demanda Doky à la chienne.
- Essouflée, lui répondit-elle.
- Qui es-tu? Et pourquoi avoir voulu aider un loup?
- Cette louve, dont tu parles, c'est ma fille.
- Oh! Tu l'as vu? Est-elle en vie, est-elle morte? A-t-elle retrouvé ses petits?
- Une question à la fois, le grand ! Non, j'en ai aucune idée, allons jeter un coup d'oeil.
Et ils se mirent en route...
En chemin, ils rencontrèrent un cadavre de loup, légèrement recouvert par la neige. Ils le dégagèrent. Il n'était pas encore mort, mais allait geler. Doky s'aperçut que c'était Niblo.
- Niblo ! C'est grave?
- Tu ne peux plus rien pour moi, Doky, le sauveur. Je te remercie de m'avoir prévenu et d'avoir sauvé les petits. Aniu est partie les chercher. Je vais mourrir bientôt, ce qui m'a atteint était trop fort, trop puissant.
- Je suis désolé, Niblo. La seule chose qu'on pourrait faire, c'est t'amener chez le vétérinaire, mais il ne te soignera jamais, tu es un loup.
- Je ne le sais que trop bien. De toute façon, dans la nature, si tu es fort, tu survis, si tu ne l'es pas assez, tu meurs. C'est la loi de la nature. Mais toi, chien, tu ne la connais pas.
- Je le sais, maintenant.
- Oui... murmura Niblo.
- Que pourrais-je faire? se désolait Doky.
- Prends soin d'Aniu. Elle ne me l'aurait jamais dit mais je savais qu'elle avait d'abord flashé sur toi. Je le savais. Et je savais également que tu l'aimais. Vous aviez tous les deux, dans le regard, la même flamme d'amour qui brillait. Tu crois sûrement qu'Aniu n'était qu'un jouet pour moi, mais ce n'est pas du tout le cas. Elle a vraiment compté et elle comptera toujours. Je l'aimais vraiment. Je suis bien content de tout ce que j'ai vécu avec elle, mais chaque vie a une fin, et la mienne est maintenant. Prends soin d'Aniu. Prends soin des louveteaux. Surtout du blanc, Dakar, il ressemble à Aniu et je l'adore... Mais, occupe-toi des autres aussi... , me dit-il juste avant de s'éteindre.
- Je te le promets, Niblo, répondit Doky, dans un souffle.
Et il mourrut en me regardant fixement, avec un regard pur, comme s'il n'avait pas souffert. Doky serait bien resté plus longtemps, mais il devait trouver Aniu... et lui apprendra la mort de Niblo. Ce serait un coup dur pour elle, sans aucun doute, mais, il serait là pour l'aider à surmonter cette épreuve.
«Dorénavant, je serai un chien sauvage, au diable ce que me dis ma tête, je suiverai ce que me dis mon coeur et il me dit de rester avec Aniu.»
Il courut le plus rapidement qu'il pouvait jusqu'au refuge des petits. Enfin, à l'endroit où il les avait laissés. Lorsqu'il approcha, une boule blanche furieuse lui sauta au cou et essayait de l'étrangler.
- Aniu ! couina Doky.
Elle continua de l'étrangler, comme si elle ne le reconnaissait pas.
- C'est moi, Doky, essayait-il de dire clairement, je ne veux pas de mal à tes louveteaux!
Enfin, elle posa ses yeux verts émeraude, brillants de larmes sur lui. Et elle le relâcha. Il n'avait qu'une blessure superficielle, mais il avait bien cru qu'elle allait le tuer.
Et elle se jeta dans ses bras en pleurant.
- Voyons, Aniu, tu dois être courageuse. Les petits sont en sécurité.
- Non, Doky.
- Comment? Je les avais mis là moi-même.
- Il ne faut pas trop en demander à des enfants. Ils sont morts de fatigue par ta faute.
- Mais... Je voulais simplement les éloigner le plus du combat !!
- Tu as voulu bien faire, mais tu les as tués.
- Tu sais bien que je n'ai pas fait exprès, s'excusa Doky.
- Peut-être, mais tu es tout de même responsable et je ne te le pardonnerai jamais.
- Mais, Aniu ! Tu ne voudrais pas vivre avec moi? Tu n'es pas oubligée de me pardonner, mais, ne veux-tu pas être heureuse? Niblo m'a dit qu'il savait que tu avais flashé sur moi. Au fait, il a succombé à ses blessures. J'étais avec lui pendant ses derniers instants de vie. Il m'a demandé de prendre soin de toi et des petits, précisément de Dakar, il avait l'air à beaucoup l'apprécier.
-...
- Non, Aniu, laisse donc faire cette idée, tu dois me voir conne un assassin, et dire que j'étais prêt à laisser tout tomber pour rester avec toi et que j'ai vraiment cru Niblo lorsqu'il disait que tu m'aimais bien, quel gros bêta je suis, ragea Doky.
- Il n'avait pas tord, répliqua lentement Aniu.
Doky ne put entendre ses paroles, car il était déjà parti, courant, le plus loin possible de sa bien-aimée, le coeur en miettes. Il fut très surpris de voir qu'elle le rattrapa.
- Qu'est-ce que tu fais, grogna Doky, furieux.
- Aller, tu ne vas pas me faire la tête, minauda-t-elle, en faisant les yeux doux.
- Tu viens de m'accuser d'avoir tué ton compagnon et tes enfants et maintenant tu voudrais que je revienne? Non, c'est hors de question, tu aurais dû y penser avant, répliqua Doky, enragé.
- Ah, je pensais que tu voulais vivre avec moi. Je m'étais peut-être trompée, finalement, se désola-t-elle, je ne t'embêterai plus, adieu, Doky...
Doky était furieux, certes, mais pas au point de la laisser partir comme cela. Et il la rattrapa.
- Bon, d'accord. Allons rendre un dernier hommage à tes chéris, dis Doky.
Rendus à la cachette, Doky sortit tous les louveteaux. Lorsqu'il sortit le blanc, il était surpris. Et il le déposa par terre, loin de celui qu'il venait de sortir.
- Couche-toi à côté de lui, ordonna-t-il à Aniu.
Et il sortit les autres louveteaux. Il en déposa un autre à côté d'Aniu et déposa les autres plus loin. Il creusa un trou, et les enfouit dedans, et referma le trou.
- Pourquoi? questionna Aniu.
- Ils sont encore vivants, répondit Doky, ils respirent.
- .. J'étais tellement énervée, je n'avais même pas remarqué ! Oh ! Je suis si contente! Écoute, je suis désolée de ce que j'ai dit tout à l'heure.
- Ah, c'est pas grave...
- C'est drôle, tu sais. Le blanc, Dakar, était le préféré de Niblo, et la grise, c'était ma préférée. Elle s'appelle Nederty.
- Quelle coïncidence, dit Doky.
Doky et Aniu passèrent une grande partie de l'hiver à prendre soin des petits. Aniu montra à Doky comment chasser. Il apprenait vite, et maintenant, c'était lui qui chassait pour nourrir la louve et les louveteaux. Il savait que ce n'était pas le père des petits louveteaux, mais il en prenait soin comme si c'était les siens. Le printemps arriva, et la saison des amours également. Dakar était rendu très grand, très physique, très musclé et surtout, très imposant. Sa soeur, Nederty, était menu, mince, frêle et donnait l'impression qu'elle allait s'effondrer à chaque pas. Mais au fond, elle était endurante. Dakar ne parlait jamais à Doky. Celui-ci savait que Dakar désapprouvait sa relation avec sa mère. Pour lui, Doky serait toujours un chien et un maudit chien. Un jour, il lui dit :
- Toi, je t'ai vu avec les chiens qui ont tué mon père
- J'étais avec eux.
- Tu as donc tué mon père, mon frère et ma soeur.
- Si tu veux savoir, non, j'étais trop occupé à vous mettre à l'abri.
- C'était toi, le grand chien?
- Oui, c'était moi.
- Je me souviens, maintenant. Tu m'as peut-être sauvé la vie, mais, je ne t'apprécierai pas plus. Ne t'approche pas de ma mère, batard !
Doky essayait de respecter l'opinion de Dakar. Mais, c'était dur. Aniu était en chaleur, et il était de plus en plus attiré par elle. Vint un jour où il ne put plus contenir tout ce désir. Et là, devant les enfants, il lui fit des avances. Et, sans réfléchir aux conséquences de ses actes, il lui embarqua dessus et ils s'accouplèrent. Parfois, longtemps. Ils s'accouplèrent plusieurs fois. Enfin, presque toujours. Doky ne savait pas pourquoi, mais il voulait avoir des louveteaux et multiplait les occasions d'en avoir.
Finalement, Aniu tomba enceinte, et la période des amours était terminée. Dakar grandissait encore, gardant en mémoire l'affreux souvenir de sa mère «violée», comme il s'amusait à dire par un maudit batard. Sa soeur, ne faisait pas de difficultés avec Doky et reconnaissait en lui leur sauveur. Lorsque Aniu accoucha finalement, Doky vit trois petites boules de poiles, toutes aussi mignones les unes que les autres. Deux des louveteaux ressemblaient à des loups. Mais, l'un d'entre eux, ressemblait plus à un chien. Il était gris. On aurait dit une espèce de chien de traîneau. On voyait que c'était un bâtard, mais, Doky n'en pouvait plus de vivre dans la forêt, sans voir les humains. Ce chien-là fut nommé Balto par son père. Les
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