contre notre volonté puis nous tassaient dans de minuscules cages. Quatre chiens pour une cage qui n’était même pas assez grande pour en contenir un seul. J’étais terriblement serré. Je sentais et ressentais chaque tremblement, chaque battement de cœur de mes compagnons de cellule. Apeurés, angoissés, agités, troublés, il n’y avait pas de mot pour définir ce que nous ressentions à ce moment.
J’en avais perdu de vue mon ami. J’essayais de l’appeler mais la pression sur ma cage thoracique m’empêchait d’émettre des hurlements. Alors je faisais comme tous les autres, je gémissais.
Après quelques minutes d’attente insoutenable, j’aperçus mon frère de cœur. Il était libre, comme il l’avait promis. Il me regardait, les yeux pleins d’espoir et de gaieté. Fier de ce qu’il venait de faire, il ne vit que trop tard les hommes arrivant près de lui. Il fut frappé de tous les côtés et de toutes les façons imaginables et inimaginables. Des hurlements, du sang, encore des hurlements, de plus en plus fort. Un vrai massacre. Il était mort. Le soupçon d’espoir que nous avions tous eût s’était envolé en même temps que son âme s’en était allée. Y avait-il un moyen de sortir de cet enfer ? Je l’espérais, mais je ne le connaissais pas. La mort était peut-être le seul moyen après tout car d’un côté mon ami était parti en chien libre…
Malgré cet imprévu, les hommes continuèrent leur activité. Deux d’entres eux saisirent la cage dans laquelle je me trouvais puis la balancèrent dans un nouveau camion. Une fois ce dernier remplit, les portes furent fermées et le fameux camion démarra. Durant le voyage, qui fut assez court, les cages étaient tellement serrées les unes aux autres qu’il n’y eût que peu de mouvement. Le moteur stoppa dans un endroit très bruyant. Lorsque la lumière du jour cessa de nous aveugler, nous pûmes voir de gros oiseaux que l’on appelle plus communément, des avions. Nous fûmes tous dévorés vivants par l’un d’eux avant d’être recrachés quelques jours plus tard après un périple de vingt-deux heures. Je ne sais pas ce qui avait été le plus désagréable. A force, nous nous étions habitués à être écrasés les uns contres les autres bien que nous mourions de chaud, et le mot n’est pas mal choisit. Certains n’avaient pas survécu au vol. Ils étaient morts de faim, de chaud, d’étouffement ou encore de peur et l’odeur des cadavres canins commençaient à rendre l’air hostile. Sans oublier que l’on ne pouvait pas se retenir pour nos besoins et les cages étant les unes sur les autres, nous nous prenions tout sur nous. Notre poil n’était plus beau, soyeux et brillant, il était sale, collant et gras.
Nos prisons furent de nouveaux transportés dans un fourgon. Soudain, j’avais sentis un changement. Je ne l’avais pas remarqué avant à cause de l’agitation qu’il y avait eu. Le chien qui était à côté de moi, son cœur ne battait plus. « Maintenant tu es libre » lui avais-je dit avant de tomber dans le sommeil le plus profond.
Lorsque je revins à moi, rien n’avait changé. Hormis le fait que nous n’étions plus dans le camion mais sur la terre ferme. Beaucoup d’hommes étaient là. Ils criaient et bougeaient énormément. Ils avaient aussi de drôles de têtes comparer aux humains que j’avais vu jusqu’à maintenant. On remarquait surtout leurs yeux plissés. Trois d’entre eux s’approchèrent prêt de la cage voisine. Un des hommes ouvrit celle-ci tandis qu’un autre attrapa un des chiens. Le dernier passa un nœud coulant autour du coup de l’animal qui avait beau se débattre, essayer de mordre ou quoique ce soit d’autres, il était entrainé derrière un bâtiment. Tous nos regards étaient braqués sur lui. Qu’allait-il se passer ? Il finit par être caché mais nous pouvions encore entendre. Nous discernions de bruits de coups qui paraissaient de plus en plus violent. Le chien hurlait de toutes ses forces. Il souffrait tellement et on aurait dit que plus il pleurait fort et plus les hommes rigolaient et semblaient contents. Cela finit par devenir visuelle. Le chien ne hurlait plus mais il était encore en vie. Il n’en avait plus la force, c’est tout. L’homme le trainait comme s’il s’agissait d’un cadavre. Il souleva le chien par une de ces pattes arrière et nous annonça que c’était ce qui nous attendait. Notre frère fut achevé d’une atroce façon. L’être humain le balança de toutes ses forces contre le mur le plus proche et cela lui fut fatal. Quand j’y repense, je vois encore la mare de sang dans laquelle le cadavre baignait. Pour nous tous, le message était clair. Nous étions condamnés.
Pendant quelques heures, j’avais regardé de nombreux chiens défilés et finir en sang pour être jeté sur une pile de cadavres canins. Certains n’étaient pas complètement morts. Ils ne partaient parfois qu’aux bouts de plusieurs minutes insoutenables, à souffrir dans d’atroces souffrances.
C’est là que j’ai vu ces hommes. Ils s’approchaient de ma cage et j’étais celui qui était le plus simple à attraper. Cette fois, c’était la fin. Comme pour mon frère quelques heures plus tôt, l’un ouvrit la cage, un autre m’agrippa avec ses grosses mains en sang et le troisième m’attacha avec la même corde qui avait servit pour les autres chiens. Moi je ne fus pas battu. Enfin, pas au début. Ils me plongèrent dans un grande cuve d’eau et j’avais beau remuer en épuisant mes dernières forces, j’avalais de l’eau, beaucoup d’eau, beaucoup trop d’ailleurs. J’avais tellement peur ! Alors que j’étais presque mort, je fus balancé à mon tour contre le mur de la mort mais j’étais encore vivant. « Il est coriace celui-là » avait dis l’un de ces monstres alors que j’agonisais. Je n’en pouvais plus, je s’entais mon corps partir à petit feu. Un violent coup de pied dans les côtes me surpris et me fis hurler mes derniers cris d’espoirs. L’homme s’apprêtait à renouveler son geste de plus bel. C’est là que je l’ai entendu. Une sorte d’alarme. Mon ennemie abandonna son geste et partit en courant. Ils partirent tous. Une autre troupe d’êtres humains arrivèrent et je les sentais différents. L’un s’approcha de moi. « Tu es libre maintenant. Tu peux partir en paix. » m’avait-il dit.
Maintenant je vois un corps de chien étendu par terre, en sang avec cet homme qui lui tient compagnie. Je n’ai même pas l’impression de voir un chien. Ou alors ce chien à l’air mort depuis des jours alors qu’il vient de mourir. Ce chien, c’est moi, et moi je ne suis plus qu’un fantôme. Un fantôme…certes, je l’accepte, car je suis un fantôme libre ! Je me sens triste en voyant que ma vie s’arrête comme ça mais en relevant la tête de mon corps inerte, je vois la liberté. Et tous les autres chiens étaient maintenant saufs. La plupart ne survivront malheureusement pas, il n’y aura probablement que 10% de survivants et encore, mais ceux qui vont mourir ; ils mourront libres. Une seule chose me dérange encore avant que je ne parte vraiment. Les monstres qui nous ont fait tout ça. Ils vont s’en tirer aussi facilement ? Non ! Je ne veux pas ! Je trouverais le moyen de me venger et de venger tous mes frères et sœurs. Mais un fantôme peut-il vraiment faire quelque chose ?
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| 25 Août 2008 | ||
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| ~ Let's Rattle the Stars |
Hum... vexée, là... tu m'as prise on idée ! Non, sérieux, c'est super. Je raconte un peu la même histoire dans un livre-jeu, mais ne t'inquiète pas, c'est touuuuuuut à fait différent (juste le début est triste). En tout cas, cette histoire est loin d'être une science-fiction (j'ai honte d'appartenir à cette espèce d'humain sois-disant civilisée...) |
j'ai envie de pleurer!
C'est vraiment bien
écrit =)
J'aime vraiment la fin c'est trop beau quand il meurt
en paix!