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Il est temps que je raconte mon histoire. J’ai trois ans et je ne vieillirais plus car je suis sur le point de mourir mais il faut que quelqu’un sache ce qui met arrivé.
Lorsque je suis né, j’étais un magnifique husky et on m’avait donné le nom de Sanka. J’avais deux sœurs et un frère. Je me suis toujours demandé s’ils avaient eu plus de chance que moi.
Jusqu’à deux mois, je connus un véritable bonheur, et ce fût le seul moment de ma vie qui fut joyeux d’ailleurs… Ma mère nous éduquait avec amour et tendresse. Nous étions calmes et obéissants mais, pour mon maître, nous devenions trop encombrant et il dût se séparer de nous. Mes sœurs furent vendues à de gentilles familles avec des enfants mais personne ne voulait de mâle. Dommage pour moi et mon frère…Faute de place et de moyen, nous nous retrouvâmes à la fourrière. Mon frère, traumatisé par cet abandon et de nature plus dominante était devenu fou et agressif. Il fut donc euthanasié dès son arrivée. Quant à moi, un homme m’acheta. Il ne m’inspirait pas confiance, et mon intuition ne me trompait jamais. Il avait une odeur de chiens et de sang. Sa voix et son regard étaient menaçants. Ses gestes étaient brusques. Il empoigna sauvagement la corde qui me servait de laisse et me traîna dans une cage, à l’intérieur de sa camionnette. Je fût bousculé et cogné pendant le trajet. Mais où m’emmenait-il? Et pourquoi ?
La camionnette s’arrêta. La portière claqua. J’entendais ses pas. Il approchait. J’étais pétrifié et m’étais blottis dans le fond de la cage. Qu’allait-il se passer ? L’homme ouvra la porte du camion puis de ma prison. Il m’empoigna par la peau du cou et me souleva à la hauteur de son visage. Nous étions les yeux dans les yeux. Je me rappelle parfaitement de la phrase qu’il a prononcée à cet instant. « Bienvenue en enfer! » Puis il eût un rire satanique que j’entends encore dans ma tête. Je sus plus tard qu’à chaque fois que ce gloussement raisonnait, un chien arrivait ou mourrait. Il m’a ensuite reposé à terre puis traîné avec une chaîne, qui avait remplacé la corde, jusque dans un entrepôt abandonné.
Avant de rentrer, j’entendais déjà des chiens qui hurlaient de tristesse et de douleur en espérant un ultime espoir. Mais dans un endroit aussi isolé, celui-ci n’arriva jamais.
En entrant, je fus stupéfait. Il faisait tellement froid que l’on aurait pu penser que la Mort hantait ces lieux. D’ailleurs je la sentais.
Des dizaines et peut-être même des centaines de chiens étaient là, pleurants, souffrants et agonisants pour certain. Je compris que lorsqu’on rentrait dans cet endroit, on n’en ressortait que mort ou presque. La grande porte cogna brutalement en se fermant ce qui me fit sursauter. Il semblait impossible de s’enfuir. Mon destin était scellé. Je compris enfin que je ne devais pas me laisser faire. Une brutale montée de rage m’envahis soudainement. D’autres chiens me voyant prêt à bondir sur l’humain me prièrent d’arrêter. Mais pourquoi ? Ils haïssaient sûrement plus cet animal à deux pattes que moi ! Alors pourquoi ne pourrais-je pas les venger ? Je le compris trop tard…Lorsque l’homme me tourna le dos, je me suis jeté dessus. J’étais plein de colère mais j’étais encore jeune et pas assez fort. Il m’attrapa le museau et me fis passer par-dessus son épaule. Il me jeta violemment et le sol arrêta ma chute. Mes frères se mirent à aboyer pour me soutenir. Ma patte avant me faisait souffrir, elle était probablement cassée. J’aurais dû écouter les autres. Ils m’avaient prévenu.
Pas le temps de m’en remettre que l’homme saisît ma chaîne et me traîna sans que j’eu un instant pour me relever. Il ouvrit une cage et me mis dedans avec un coup de pied au derrière. Il n’avait apparemment pas l’intention de me soigner. Les chiens me regardaient du coin de l’œil et ceux qui étaient les plus près de moi s’arrangeaient pour être au plus loin.
Ma première nuit dans cet enfer fût un calvaire ! J’avais terriblement mal. Personne n’aurait pu imaginer un seuil de douleur comme celui-ci avant de l’avoir vécu. Ma gorge était sèche comme la terre qui se casse avec la chaleur. Mon estomac était aussi vide qu’une niche sans chien. Quant à ma patte, elle était bien cassée. Ne mettant pas lever depuis mon arrivée, je voulus le faire mais, à peine debout, la douleur était si forte que je perdis connaissance.
Lorsque je me suis réveillé, on m’avait apporté de l’eau et un peu de nourriture. Je fus aussi étonné de voir que ma patte avait été soignée. Je me suis donc approché, en boitant, des gamelles. Même si l’eau était mauvaise et glacée et que la nourriture était dure et infecte, je me suis réhydraté et j’ai apaisé ma faim.
Cela faisait trois mois et deux jours que j’étais là. J’avais appris deux choses en particulier, la haine et la peur de l’homme. Cette espèce que je respectais autrefois mais que je haïssait depuis tant de mois sans faire quoi que ce soit.
Chaque jour, l’homme entrait dans l’entrepôt. Une corde à la main, il longeait les cages et nous regardait un à un. Il finissait toujours par s’arrêter et qui savait à quoi il pensait à cet instant ? Il se tournait face à la prison, l’ouvrait, accrochait l’un de mes frères au bout de sa corde puis s’en allait. J’ai vu des chiens tirer, d’autres mordre le lien et certains inconscients suivre l’homme en toute confiance. On ne revoyait jamais ces chiens, aucun d’entres eux.
Puis ce fût mon tour. Il était venu pour moi de suivre les traces de tous les autres. J’allais découvrir ce qui nous arrivait une fois la porte franchit. L’homme ouvrit ma cage, m’attacha, et plus je tirais, plus ça m’étranglait. Je n’avais plus d’issue, je devais le suivre.
La lumière et la chaleur du Soleil me génèrent. Je les avais presque oubliées. Quant aux cris de mes frères, ils se firent moins entendre de l’autre coté du mur mais je savais pertinemment qu’il n’avait pas cessé de hurler pour autant. J’avais du mal à marcher, mes blessures me faisaient souffrir car cet homme nous battait à sang. Il évitait seulement de nous casser les os. Il y avait probablement une raison. Et maintenant je la connais. On nous vend plus cher si nos os sont intacts. J’approchais d’une nouvelle cellule, plus petite encore que la précédente. Malgré ma résistance, j’avais finis par rentrer dedans. Des vibrations, un bruit de moteur, aucun doute, j’étais dans un camion. Ou plutôt…nous étions dans un camion. D’autres chiens étaient là, je ne les connaissais pas mais ils étaient comme moi. Ils n’y comprenaient rien. On se regardait, on se parlait avec les yeux. Je lisais leur peur et leurs souffrances. Sans doute les mêmes craintes qu’ils devaient voir dans mon propre regard. Des creux, des bosses, je me faisais balancer de tous les côtés. Quand ce calvaire allait-il se terminer ? Un de mes nouveaux frères s’était mis à me parler. Bien que les barreaux de nos cages nous empêchaient d’avoir un réel contact, nous étions rapidement devenus très proche. On se racontait notre vie passée mais on discutait peu sur le futur car on s’avait très bien que nous n’en n’avions pas. On rêvait pourtant de la même chose, de la liberté. Il me le fit facilement comprendre. Il promettait de mourir libre plutôt que dans une de ces cages. Notre dialogue se termina ainsi.
Quatre heures et vingt-trois minutes. C’est le temps exact pendant lequel le véhicule avait roulé. Plusieurs hommes nous attendaient, chacun pris une cage et la déposa à terre. Un nœud coulant autour du cou de chacun d’entre nous, ils nous traînaient contre notre
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| 25 Août 2008 | ||
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| ~ Let's Rattle the Stars |
Hum... vexée, là... tu m'as prise on idée ! Non, sérieux, c'est super. Je raconte un peu la même histoire dans un livre-jeu, mais ne t'inquiète pas, c'est touuuuuuut à fait différent (juste le début est triste). En tout cas, cette histoire est loin d'être une science-fiction (j'ai honte d'appartenir à cette espèce d'humain sois-disant civilisée...) |
j'ai envie de pleurer!
C'est vraiment bien
écrit =)
J'aime vraiment la fin c'est trop beau quand il meurt
en paix!