Kodjii, jeune louvard aventureux, s'apprêtait à partir en courant lorsque son père Nakky l'appela :
- Kodjii, où vas-tu encore ?
- Me promener, c'est tout...
- Ta mère veut te parler, elle est malade.
Sans dire un mot, le jeune adolescant entra dans la grotte. En voyant sa mère Katika allongée sur le flanc, les poils terne, les cernes sous les yeux et les flancs creusés, il crut voir un autre loup. Mais il reconnut sa voix :
- Kodjii, l'heure est grave. Ta soeur est disparue et je crois qu'il va m'arriver la même chose... dans l'autre sens.
- Maman... quelle maladie as-tu ? Et qu'est-il arrivé a Diana ?
Katika toussa et repris, d'une voix chevrottante :
- Vers ses sept mois, elle a disparut sans qu'on ne sache pourquoi, j'ignore où elle est. Quand à ma maladie...
Elle regarda son fils avec des yeux tendre :
- ... il faut que tu sois fort. Demain, ton père et toi me quitterez. J'ai la rage.
Kodjii n'en croyait pas ses oreilles ! Pour nous, humains, rage est synonime de sida !!!
- Maman, non, c'est impossible !
- Demain, à l'aube, Naky et toi partirez vers le nord.
Kodjii, effondré, s'approcha de sa mère et se colla contre elle.
- Mais dis-moi, mon fils, tu vas bien avoir neuf mois ? Tu pourras partir de ton côté... plus besoin de ton père...
Kodjii se réveilla en grimaçant. Il entendait son père hurler et sa mère japper. Il se leva et les vit en train de se battre et, bien vite, Katika pris le dessus et Nakky se sauva.
- Maman, qu'est-ce qui te prends ?
- Grâââh...
Elle regarda ce loup qui pour elle était chien, et lui sauta dessus, prête à mordre. Kodjii esquiva et se rappela rapidement : sa mère avait la rage. Les larmes aux yeux, il dit :
- Je t'aime, maman.
Il sorti en trombe et vit son père sur le flanc.
- PAPA ???
- Couche-toi, Kodjii ! Fait le mort ! Les humains...
Il ne put en dire plus : un homme apparut et tira vers la grotte. Un râle se fit entendre : Katika était morte.
- Maman...
Un autre homme arriva avec un fusil bien différent et tira sur Kodjii si rapidement qu'il ne pu éviter. Avant de s'endormir (car c'était des fléchettes anéstyesantes), il vit qu'on transportait son père, trop faible pour se défendre.
Quand Kodjii s'éveilla, il était dans une cage à côté de son père. Ce dernier lui dit :
- Tu vois ces deux hommes, là-bas ? C'est eux qui nous ont pris. Ils parlent de moi.
Kodjii les écouta avec haine.
- On va lui faire la peau ?
- Jordan a décidé d'en faire un chien de combat.
- T'es pas sérieux ? Il a surement la rage.
- Mais, ils ne sont pas censés le savoir.
Ils rièrent et Kodjii se retourna vers son père, terrifié :
- Tu n'as pas la rage, hein ?
Nakky soupira et ne répondit rien. Kodjii le regarda avec tristesse. Un trosième homme entra en scène.
<< Où il est, l'enragé ?
Sans attendre la réponse, il dévisagea Nakky et dit :
- Hum... ça va, mettez-le dans l'arène. On va le faire combattre avec la petite.
Il empoigna Nakky et lui donna un terrible coup de fouet au museau. Le jeune loup opposa toute résistance. Jordan regarda Kodjii avec admiration.
- Eh lui ? C'est qui ? On ne m'en a pas parlé !
Un des hommes s'avança.
- Le fils.
- Belle bête ! Allez, viens là, on va t'apprendre la guerre ! Non, ce serait trop bête de le mettre en manteau avant le spectacle. Il lui faut un nom.
Ce stupide d'humain ricana à gorge déployée et emmena Kodjii.
- Pourquoi pas... Nava ?
Le louvard était sur une chaise (en cage) et regardait son père, qui semblait se transformer en bête. Une porte s'ouvrit et on vit apparaître une louve, louvarde surement, courrir dans l'arène. Jordan hurla :
- Va-y, Nell, tue-moi ce chien !
Ladite Nell n'hésita pas. Ce fut un combat terrifiant, Nakky mordait, Nell esquivait. Soudain, la mémoire de Kodjii se rappela. Son père... sa mère... sa soeur. Sa soeur ? Mais oui !
- DIANE !!!
A son nom, Nell s'immobilisa. Nakky semblait en transe. Kodjii l'appela. Nell s'approcha des gradins. Jordan hurla un filet de jurons.
- Qui êtes-vous ?
- Kodjii... Je suis ton frère... euh...
- Kodjii ? Mais bien sur ! Comment... ?
Ce fut la dernière chose que put dire Diane-Nell, car Jordan l'empoigna par la tête et fit mine de l'étrangler.
Kodjii hurla et essaya d'ouvrir sa cage.
- Tiens toi tranquille, Nava, dit Jordan. Il jeta Diane du haut des gradins. Nakky se jeta sur elle et mit fin à sa vie en une poignée de seconde.
Kodjii cria et, sans réfléchir, bouscula sa cage, ce qui le fit dégringoler. La chute fit sauter la serrure, et le louvard courrut sans oser regarder Nakky, qui était devenu le jouet des hommes, le jouet de la rage.
- Eh, je te cause ! Tu t'appeles comment ?
Un loup noir bouscula Kodjii.
- Appelez-moi...
Kodjii réfléchit. Son père avait choisit son prénom, mais il avait changé sa vie. Le jeune loup continua :
- Appelez-moi Nava.
Ce nom lui était synonime de douleur. Un peu plus tard, il apprit à remercier la nature de la chance qu'elle lui avait laissé. Il était en contact avec elle. Kodjii était mort chez les hommes. Nava vivait dans la forêt.
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