que la présence protectrice de son père lui manquaient. Kita se mit à sangloter. Viko ne tarda pas à le remarquer.
- Viens dans mon panier si tu veux. Le temps que tu t’habitues à ta nouvelle vie, tu peux dormir ici.
La louve noire partit se coucher contre lui. La fourrure de son ami lui tenait chaud, ses battements de cœur la rassuraient et elle se sentait protégée.
Le lendemain, Manon réveilla la louve puis la posa sur son lit. Elle alla fouiller dans un coffre à jouets. Elle en sortit des vêtements de poupées, plus précisément, un pantalon, un tee-shirt, une couronne et même des sortes de chaussures. Elle lui mit d’abord le tee- shirt et le pantalon. La petite louve se débattait, elle n’aimait pas ça. Les vêtements la grattaient, lui donnaient chaud et l’empêchaient même de respirer par moment. Elle s’énerva et essaya de mordre la jeune fille qui tentait de lui mettre des chaussures trop petites. Viko poussa un grognement d’avertissement. Apparemment, il était interdit de mordre ici, même si l’on voulait dire que l’on avait mal. Par conséquent, Kita se mit à pousser de petits cris brefs qui voulaient dire « arrête, j’ai mal, je n’aime pas ça » mais la jeune fille continuait. Une fois sa louve habillée, Manon prit un objet que Kita détesta au premier coup d’œil. Elle le pointa vers elle et une lumière puissante et éblouissante comme le soleil en sortit. La louve poussa un cri de terreur. Paniquée, elle partit se réfugier sous le lit. Viko la rejoignit.
- Tu n’as pas à avoir peur tu sais. Je sais que d’avoir ces choses sur le dos c’est pas agréable mais tu t’y feras. Et puis, la p’tite n’est pas comme ça tout le temps, juste au début, car après on grandit et ça ne nous va plus.
- C’était quoi ce…soleil en boîte?
- Les hommes appellent ça un appareil photo. Je ne sais pas à quoi ça leur sert mais c’est un jouet qu’ils aiment beaucoup et ils adorent quand on le regarde. J’ai jamais compris pourquoi. Allez viens, faut pas la faire attendre ou elle va piquer une crise.
Viko et Kita sortirent de sous le lit au grand soulagement de la jeune fille. Elle enleva les habits de la louve et la posa à terre.
Plusieurs mois passèrent, la jeune louve était maintenant adulte. Elle avait bien grandi, son pelage de louveteau était devenu une magnifique fourrure noire qui brillait. Elle portait un collier rouge avec une médaille. Viko et elle étaient de très bons amis. Ils étaient toujours ensemble. Elle était aussi très complice avec Manon, elle la comprenait et aimait beaucoup jouer avec elle.
Un soir, alors qu’elle discutait avec son ami canin, un hurlement retentit. Kita se leva, dressa ses oreilles et écouta.
- C’est quoi ce hurlement? Qui m’appelle?
- C’est un autre loup.
- Un autre loup?
- Oui, un membre de ton espèce.
- Je suis un loup?
- Oui, tu ne te rappelles pas?
- Non.
Le chien raconta à Kita tout ce qui s’était passé lorsqu’elle était petite. Elle avait tout oublié mais, petit à petit, les souvenirs revenaient.
- Alors je suis, un animal sauvage?
- Oui. Tu t’appelais Akira.
Le hurlement retentit de nouveau et la louve noire ne put s’empêcher de répondre. Le père de la jeune fille accourut et la gronda, menaçant de la frapper avec un bâton. La louve cessa malgré elle. Une longue discussion commença entre la jeune fille et son père.
- Elle est adulte maintenant, il est hors de question qu’elle dorme dans ta chambre. Elle a toujours ses instincts sauvages. Elle dormira dehors et n’essaye pas de discuter, cette fois, je ne cèderai pas. Et si elle tente une seule fois de mordre, je la tue!
Manon n’eut même pas envie de répondre, elle partit se réfugier dans sa chambre, suivie de Viko. La louve voulut les suivre mais elle fut retenue par une corde. Pendant toute la nuit elle réfléchit. Avait-elle sa place ici? Ou serait-t-elle mieux dans la forêt avec les siens? Elle voulait en avoir le cœur net. « La nuit prochaine, je m’en vais découvrir la vie sauvage! » pensa-t-elle.
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Le lendemain, elle parla de ses projets avec son ami.
- Mais c’est de la folie! Tu n’arriveras jamais à sortir d’ici, tu es attachée et même si tu y arrivais, tu ne connais rien à la vie sauvage! Tu ne survivrais pas longtemps.
- Tu dis ça pour me faire peur. J’irai que tu le veuilles ou non et si ça n’me plaît pas, rien ne m’empêche de revenir.
- Si, le père de la maîtresse. Il ne voudra plus de toi. La dernière fois qu’un animal s’est échappé, il s’est fait tuer lorsqu’il est revenu.
- Et bah je ne reviendrai pas.
La louve se mit à bouder et le chien s’en alla.
Dans la journée, il y eut une visite. C’était Rasko, le chien qui accompagnait les hommes le soir de l’enlèvement de Kita. Il était méchant et avait toujours détesté Viko et la louve. C’était réciproque. Viko avait failli se battre avec lui une fois pour protéger la jeune louve et bien qu’elle ne se souvenait pas de la nuit de son enlèvement, elle ne l’avait jamais aimé non plus. Chaque fois qu’il venait chez eux, les deux amis étaient sur leurs gardes car le chien étranger cherchait la moindre occasion pour se débarrasser de la louve. Cette fois, cette dernière et Viko étaient fâchés et n’étaient pas ensemble. Voici une très bonne occasion pour Rasko d’autant plus que les hommes n’étaient pas là.
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Viko était parti s’isoler dans la chambre de sa maîtresse. Par conséquent, il n’avait pas remarqué que Rasko était là. Celui-ci alla voir la louve.
- Comme tu as grandi jeune louve. Ma victoire sera encore plus grande.
- Qu’est-ce que tu viens faire là Rasko? Laisse-moi!
- Mais que vois-je? Tu es attachée? Oh! Pauvre petite louve! Ce sera encore plus simple que je ne l’aurais pensé.
- Pourquoi tu as toujours été comme ça avec moi? Parce que je suis un loup?
Le chien semblait avoir changé en un instant.
- Je vois que le chien qui te sert de nounou t’a dit la vérité. Mais…t’a-t-il vraiment tout dit?
- Comment ça?
Avec un sourire mauvais, Rasko tourna la tête, laissant apparaître un œil blanc.
- Tu vois ça? C’est ton père que m’a fait ça.
- Mon…mon père?
- Oui, j’étais là le jour de ton enlèvement.
La louve en resta bouche bée. Le chien lui raconta ce qu’il savait.
- Tu as tué ma mère?
- Ouais, je l’ai projetée contre un mur et PAF! Plus de maman! Ensuite, mon maître a tué ton père peu de temps après qu’il m’eut crevé l’œil. Plus de papa!
Le chien se mit à rire méchamment. La louve sentit une tristesse monter en elle. Cette tristesse se transforma en colère. Cette colère en haine et cette haine en rage. Kita se jeta sur le chien qui l’esquiva aussitôt.
- Je savais que ça marcherait. Maintenant, tu vas mourir.
Le chien se jeta sur elle, la louve l’esquiva et voulut contrer mais la corde la gênait. Elle n’avait aucune chance. Contrairement à son adversaire, elle n’était pas habituée à combattre et en plus elle était attachée. Sa seule solution était d’appeler de l’aide, elle se mit à hurler. Viko l’entendit, accourut aussitôt et se jeta sans hésiter sur l’autre chien. Rasko ne l’avait pas vu venir mais il réussit à lui attraper la patte et le projeta un peu plus loin. Il voulut se jeter sur lui mais la louve le fit tomber grâce à sa corde. Elle se mit à tourner autour du chien pour tenter de le ligoter mais l’ennemi ne se fit pas avoir. Il se releva et se dégagea de la corde. Viko tentait de se relever mais sa patte le faisait souffrir. Rasko en profita. Il bondit sur lui et l’immobilisa. La louve aurait voulu faire quelque chose mais sa corde était trop courte et son ami trop loin. Elle se mit à hurler de nouveau un appel à l’aide. Rasko s’adressa à l’autre chien :
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