L’après-midi venait de commencer. Un énorme nuage s’était installé au-dessus de la forêt depuis deux jours. La pluie ne cessait de tomber, le tonnerre de gronder et le vent de souffler. Aucun animal n’osait sortir de son abri par un temps pareil, mis à part deux loups et leur louveteau. Ils étaient poursuivis par deux hommes et un chien. La louve était devant, tenant sa fille par la peau du cou, quant à son compagnon, il restait derrière pour la protection de sa famille. Malgré le bruit de la tempête, on entendait le chien aboyer pour indiquer la direction aux deux hommes. Les trois loups allèrent se cacher dans une petite grotte, espérant être à l’abri. Ils attendirent quelques minutes puis, un éclair vint illuminer l’entrée de la grotte, le chien était là. La louve cacha sa fille dans un petit trou que l’eau avait creusé dans la roche puis elle se plaça devant. Le loup s’avança vers le chien, les babines retroussées, les oreilles en arrière, les yeux menaçants et les poils hérissés. Le chien grogna et engagea le combat attrapant la gorge de son adversaire qui le repoussa aussitôt. Les deux animaux n’avaient pas de pitié l’un pour l’autre. Le loup griffa le chien à l’œil ce qui le rendit furieux et tripla ses forces. Le loup fut rapidement plaqué au sol. Voyant son compagnon en détresse, la louve se jeta sur le chien mais elle fut projetée contre la paroi et perdit connaissance. Pensant que ça lui avait été fatal, le loup se releva dans un grognement de colère et tenta de tuer son ennemi mais une détonation retentit. Il avait été touché. Son sang commença à ruisseler vers la sortie de la grotte pour se mélanger avec l’eau de pluie. L’animal s’écroula sur le sol, agonisant, souffrant. Il se servit de son dernier souffle pour émettre un léger grognement envers deux hommes qui venaient d’entrer dans la grotte.

 

-        J’ai bien cru qu’il allait tuer mon Rasko ce satané loup. Heureusement que j’ai emmené mon fusil.

 

-        Ouais. Tiens regarde, c’est sûrement la femelle ça.

 

-        Elle respire encore, je vais l’achever au cas où.

 

-        Non, ça sert à rien, regarde, on a le louveteau et de toute façon, elle s’est cognée la tête contre le rocher. Ça m’étonnerait qu’elle se relève.

 

Le premier homme abaissa son arme. Le deuxième prit sa veste et y enveloppa une petite louve. Mise à part une petite tache blanche en forme d’étoile sur son front, elle était entièrement noire. Elle était trempée, frissonnant de froid et de peur. Elle ne comprenait rien. Elle était tout juste sevrée et ce jour était son premier jour de sortie officiel. Elle appelait désespérément ses parents mais aucun ne lui répondait, «ils dorment, ça doit être l’heure de la sieste» pensa-t-elle. L’homme la serra contre lui. Elle entendait les battements de son cœur et la veste lui tenait chaud, comme lorsqu’elle était couchée contre sa mère. Elle fut rassurée et s’endormit.

 

Les deux hommes sortirent de la grotte, accompagnés du chien boitant, laissant les deux loups à la portée des charognards.

 

 

 

 

 

Une heure plus tard, la petite louve se réveilla en sursaut. Un chien était en train de la regarder.

 

-        Bonjour, fit-il en souriant, je m’appelle Viko, et toi?

 

La louve hésita à répondre mais voyant le chien avec un sourire jusqu’aux oreilles et les yeux pétillants de gentillesse, elle se mit à parler d’une voix basse.

 

-        Je m’appelle Akira, mais, où suis-je? On n’est pas dans la forêt?

 

Le chien prit un air gêné. Il aurait voulu lui en dire plus mais un bruit de clé le coupa dans son élan.

 

-        C’est la maîtresse qui rentre! Ecoute, tout ce que je peux te dire c’est que maintenant ta maison est ici et que ton nom n’est plus Akira. Je t’expliquerai plus tard.

 

La louve se crut en plein cauchemar. Elle allait devoir vivre sans ses parents, dans une drôle de tanière avec un chien et…des humains? Toutes ces choses que ses parents lui répétaient sans cesse d’éviter à tout prix. Elle était désorientée. Elle vit Viko se jeter sur un humain miniature, la queue remuant, un grand sourire aux babines, les yeux brillants de joie, aboyant et bondissant de toute part. Mais pourquoi? Pourquoi ce chien était si accueillant et si amical avec l’humain? Ou plutôt l’humaine. La louve noire comprit rapidement qu’il s’agissait d’une femelle humaine. Cette dernière s’approcha en courant et en criant de joie, ce qui effraya la louve qui partit se cacher sous un meuble. La petite fille comprit  rapidement qu’elle avait mal fait. Elle s’éloigna quelques instants puis revint avec des petits morceaux de viande. L’odeur alléchante de la viande fit sortir la louve mais elle restait prudente. La petite fille se mit à lui parler dans un langage qu’elle ne comprenait pas, mais ces paroles paraissaient être amicales.

 

-        Viens petite louve, tu n’as pas à avoir peur. Regarde, j’ai de la viande pour toi. Je m’appelle Manon.

 

Viko s’était assis à côté de la jeune fille. Il eut droit à quelques morceaux de viande lui aussi.

 

-        Tu n’as pas à avoir peur d’elle. Manon est très gentille. La viande dans sa main est pour toi.

 

-        Mais je ne comprends même pas ce qu’elle dit.

 

-        A force de vivre près d’elle tu comprendras mieux son langage.

 

La petite louve était affamée. Elle s’empressa de s’emparer de la nourriture puis recula de quelques pas, mais la viande était trop dur à mâcher pour elle. Elle la recracha. Manon approcha lentement sa main d’elle, ça lui faisait peur. Allait-elle la taper? La prendre pour l’enfermer dans un endroit sombre? Non. Elle sentit juste une petite caresse sur sa tête. C’était très agréable.

 

-        Je vais t’appeler Kita, dit la petite fille à la louve en la prenant dans ses bras.

 

Kita tremblait malgré elle. Tous ces événements avaient surgi d’un coup et elle n’était encore qu’un louveteau. Manon l’emmena dans sa chambre et la posa sur son lit.

 

-        Je reviens, tu restes ici! Viko, surveille Kita et il ne faut pas lui faire de mal.

 

Viko répondit par un aboiement puis monta sur le lit et s’allongea comme il avait l’habitude de le faire.

 

-        On doit rester ici. Manon va revenir. Elle est sûrement partie chercher quelque chose pour toi.

 

-        Mais pourquoi je dois vivre ici?

 

-        Parce que, c’est comme ça. Tu sais, Manon est une petite fille très gentille mais aussi très capricieuse et tout ce qu’elle veut, elle l’a. Elle voulait une louve, elle t’a toi.

 

 

 

 

 

 

 

La jeune fille revint avec un panier tout neuf qu’elle déposa au pied de son lit, juste à côté de celui de Viko. Elle prit la louve puis la déposa dedans en disant :

 

-        C’est ici que tu vas dormir Kita.

 

Le panier était rempli de couvertures et de coussins. C’était très confortable.

 

-        Bon, je dois vous laisser, j’ai des devoirs. Viko, tu t’en occupes.

 

Manon sortit de la chambre. Viko descendit du lit puis invita la petite louve à aller faire un tour.

 

-        Ca te dit d’aller dehors?

 

-        Oui! Vite allons-y! C’est où ?

 

-        Viens, suis-moi.

 

Viko emmena Kita dans un grand jardin entouré de barrières. Impossible de partir, mais la petite louve était tellement contente d’être dehors qu’elle ne le remarqua qu’à moitié. Les deux amis jouèrent ensemble un long moment. En fin d’après midi, la jeune fille les rejoignit. Elle prit une balle et la lança. Kita ne put s’empêcher de courir après pour jouer. A plusieurs reprises, elle avait pris la balle sous la truffe de Viko. Contrairement à ce dernier, elle ne la rapportait pas mais elle courait dans tous les sens pour que personne ne lui prenne.

 

      Un peu plus tard, alors que le jeu avait cessé, Manon apporta trois gamelles. Une pour Viko, une pour Kita et la dernière était remplit d’eau. Puis, elle s’éloigna.

 

      Viko entama sa gamelle mais voyant la louve hésiter devant ses croquettes,  il l’incita à manger. Ce qu’elle fit tellement elle avait faim. Une heure plus tard, la jeune fille vint la voir et, pendant une bonne demi-heure, elle répétait sans cesse le même mot dans son langage. La louve ne comprenait pas ce mot mais elle avait compris que, lorsque Manon prononçait ce mot, elle devait s’asseoir et elle avait un bout de viande hachée.

 

      La nuit était tombée. La jeune fille prit Kita dans ses bras, l’emmena dans son panier puis alla dans son lit. Viko partit se coucher dans le sien.

 

La jeune louve n’était pas très rassurée dans ce grand panier et elle avait froid. La douce fourrure et les battements du cœur de sa mère ainsi que la présence



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Derniers commentaires

alaskanwolf
Alaskanw
olf
06 Mars 2015
Belle fanfic, j'aime beaucoup ;)




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