partir, songea Axou.
- Noura tu viens, il faut y aller maintenant.
La jeune louve avait tellement mangé que son ventre pesait très lourd !
- On peut pas attendre un peu ? J’ai trop mangé, j’ai besoin d’une sieste.
- Mais on vient de se lever Noura ! On a peu de temps, et si on n’arrive pas à temps on sera orphelins !
Noura
se souvint de tout ce qui s’était passé la veille. La drôle d’odeur, le
corps d’Atari en sang, les deux-pattes, les chiens, Snap…Elle imagina
ses parents subir le même sort, ou même pire ! Cela la terrorisa et
elle partit en sanglots !
- Noura ? Qu’est-ce qui t’arrive ?
La petite louve releva la tête, essuya ses larmes avec sa patte et répliqua d’un ton élevé et sec :
- Alors, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?
Puis elle se mit à sourire et rajouta :
- Snap t’a dit d’aller par où ?
Le
louveteau, content que sa sœur le croit, lui indiqua la direction et
ils se mirent tous les deux à remonter la rivière. Ils devaient être à
mi-chemin lorsque Noura demanda :
- Et après ?
- Une fois qu’on arrive au rocher du cerf, on traversera la rivière grâce à des rochers.
- On pourrait la traversée maintenant, regarde là-bas. Il y a des rochers aussi, ça a l’air facile.
-
Non ! On doit traverser après le rocher du Cerf. En plus, tu as vu la
vitesse de la rivière à cet endroit ! Si on glisse, on est fichu.
- Je veux au moins aller voir.
- Bon d’accord, mais on va juste voir alors.
Noura se précipita près des rochers et sauta sur le premier.
- Mais Noura ! Qu’est-ce que tu fais ! Tu voulais juste voir !
- Oui, je voulais voir si ça glissait et tu vois bien que je suis toujours là !
- Arrête Noura ! Tu vas tomber !
- Monsieur le roi de l’escalade a peur ? Regarde sur trois pattes ! Et puis sur…
- Noura !!!
La
petite louve, trop intrépide venait de glisser. En effet, le courant
l’avait heurtée de plein fouet. Heureusement, grâce à ses griffes, elle
avait pu se retenir au rocher mais elle ne tiendrait pas longtemps.
- Axou ! Aide moi ! J’t’en pris !
Axou essaya d’attraper la patte de sa sœur mais en vain. Il ne savait pas quoi faire.
- Dépêche toi je vais lâcher !
C’est alors que le vent se leva. Les arbres s’agitèrent et une branche tomba.
- Mais bien sûr ! hurla le jeune loup.
Il alla s’emparer de la branche mais lorsqu’il revint au rocher, sa sœur n’était plus là.
- Axou !
La
petite louve avait réussi à agripper un second rocher un peu plus bas.
Axou tendit la branche à sa sœur qui l’attrapa par les crocs. Le petit
loup tira de toutes ses forces, Noura était sauvée !
- J’ai cru que tu t’étais faite emporter ! Ne refais plus jamais ça ! T’as eu de la chance qu’il y avait un autre rocher.
Noura
s’en voulait. Elle se sentait toute bête. Son frère le comprit vite. Il
la serra dans ses pattes et lui dit sur un ton rassurant :
- Allez soeurette, c’est fini. J’t’en veux pas. Pour une fois que c’est pas moi qui fait des bêtises !
- Je crois que c’est tous ces événements qui me rendent différente. Je n’aurais jamais fais un truc comme ça avant !
Ils
se firent chacun un grand sourire et repartir en chemin. Ils
commençaient à apercevoir le rocher du Cerf lorsqu’ils sentirent une
odeur qui ne leur était pas inconnue. Leurs regards se croisèrent, ils
pensaient à la même chose. Les deux-pattes et leurs chiens n’étaient
pas loin…
Les louveteaux se mirent à courir le plus vite qu’ils pouvaient mais
les chiens, suivis des chasseurs se rapprochaient. Les jeunes loups
arrivèrent au rocher du Cerf, maintenant, il fallait traverser la
rivière. Axou sauta sur le premier rocher, puis le deuxième, suivi de
près par Noura. Les louveteaux avaient réussi sans problème à traverser
la rivière. Axou regarda en direction des arbres, essayant de se
souvenir de la phrase. Deux chiens, plus rapides que les autres,
étaient déjà là, juste de l’autre côté de la rivière. Le premier
s’élança mais voulant aller trop vite, il tomba et se heurta la tête un
peu plus loin.
- Un de moins! cria Noura
- J’arrive pas à me souvenir de la phrase ! Arbres poussez-vous…non c’est pas ça!
Le
deuxième chien entama la traversée, il n’avançait pas très vite mais il
se rapprochait des jeunes loups quand même. Axou continuait ses
recherches :
- Arbres écartez-vous…oui c’est quelque chose comme
ça ! Arbres écartez-vous….et chemin montre toi…….nous en avons besoin
pour trouver le….
Le cri de sa sœur l’interrompit, le chien était
debout, face à eux, les babines retroussées, et ses yeux fusillaient
les louveteaux. Il était très grand, sa mâchoire était immense et ses
dents très pointues. Le chien attrapa la patte d’Axou mais Noura se
jeta sur le chien et lui mordit la queue de toutes ses forces. Le chien
lâcha prise, hurla, et se mit à tourner sur lui-même pour attraper la
petite louve mais il n’y arrivait pas. Axou avait la patte en sang mais
il se releva et prononça la phrase:
- Arbres écartez-vous et chemin montre-toi, nous en avons besoin pour trouver le Grand Loup.
Le
chemin s’ouvrit comme par magie. Les arbres se déplacèrent pour former
un chemin sombre et étroit. Bien qu’effrayé par le grand chien, Axou le
menaça, pour permettre à sa sœur de s’enfuir dans le chemin sans danger
:
- Eh ! Gros tas de graisse!
- C’est à moi que tu parles minus?
- T’es trop nul! T’arrives même pas à choper des p’tits louveteaux! T’es un bon un rien!
La petite louve en avait profité pour lâcher prise et s’était cachée dans le chemin. Ce dernier commençait à se refermer.
- Axou ! Dépêche-toi! Le chemin se referme!
Axou
se mit à courir vers le chemin, il y entra mais le chien était toujours
derrière lui mais il s’arrêta d’un coup et s’écarta. Le chemin était
presque fermé mais un des deux-pattes qui venait d’arriver tira sur les
louveteaux. Heureusement, il les manqua et le chemin se referma.
- Qu’est-ce que j’ai eu peur! J’ai cru qu’il allait nous bouffer! Quand il a attrapé ta patte…j’ai cru que tout était fini.
Axou léchait sa patte qui lui faisait mal pour que le sang ne coule plus.
- Moi, j’ai cru qu’il allait t’attraper lorsque tu étais accroché à sa queue!
- C’était pour te sauver
- Ouais, merci…
Ils
marchèrent durant une heure, mais n’avait pas beaucoup avancé. Axou
boitait, il n’avait rien de cassé, mais la blessure était quand même
profonde. La nuit était tombée, les louveteaux étaient fatigués, ils
s’arrêtèrent.
- Axou?
- Oui?
- Demain, on fait quoi?
- On cherche l’arbre qui parle.
- L’arbre qui parle ! J’aimerais bien voir ça!
- Mais tu le verras Noura, tu le verras!
Noura
était tellement exténuée qu’elle s’était endormie. Axou attendait que
Snap vienne le voir comme promis. Le fantôme du loup apparut quelques
instants plus tard.
- Bonsoir Axou, ça va ta patte?
- Oui, tu as tout vu aujourd’hui?
- Oui mais comme je te l’ai dit, lors de combats, je ne peux rien faire.
- Je sais, mais ça aurait pu être pire, on est encore vivant.
- Ta sœur aussi a eu de la chance, elle a failli se noyer.
- J’ai eu si peur pour elle! Heureusement qu’une branche est tombée.
- C’est grâce au vent…
- Ouais, comme par hasard, il s’est levé à ce mom….mais attends voir…c’est toi? C’est toi qui as fait tomber la branche?
- Je t’avais dit que je ne pouvais pas t’aider lors de combat mais pour ça, je peux t’aider!
- Oh merci!
Le louveteau se jeta sur Snap pour le serrer dans ses pattes mais il avait oublié que c’était un fantôme et il tomba à terre.
- J’suis bête des fois!
Ils se mirent tous les deux à rire et Snap continua :
- Je vais peut-être te laisser. Tu as besoin de sommeil. Et t’inquiète pas pour ta patte, demain ça ira mieux.
- J’espère!
- Mange un de ces fruits, ça diminuera la douleur et tu pourras dormir.
Le
fantôme désigna un petit fruit bleu dans des buissons. Le louveteau
s’empressa de le manger puis se retourna pour remercier son ami. Il
n’était plus là. Axou alla se coucher près de sa sœur et s’endormit.
Les louveteaux dormirent jusqu’en début d’après-midi. Noura se réveilla la première, elle secoua son frère pour le réveiller :
- Axou ! Debout ! Il est déjà très tard ! On a trop dormi !
- Hein ?
- Lève toi paresseux ! Il faut y aller !
Axou
se leva, s’étira et bailla. Sa patte ne lui faisait presque plus mal.
Lui et sa sœur continuèrent leur route sur le chemin. Au bout d’une
heure, ils étaient au bout du chemin et il y avait des