C’était un beau matin. Dans la forêt, les oiseaux chantaient, les
écureuils faisaient leur toilette et dans une magnifique clairière
tapissée d’herbes, on pouvait apercevoir une petite meute de loups. Il
y avait Bluk, le male alpha, d’un marron très clair avec quelques
marques blanches. À sa gauche, Ambre, la femelle alpha, d’un gris
clair, avait des yeux magnifiques d’une couleur ambre. Tous deux
surveillaient trois louveteaux, Axou qui était sans cesse en train de
monter sur les rochers ou les arbres tombés, Noura, une jeune louve
assez timide avec les personnes en dehors de sa meute, elle ne refusait
jamais une petite bagarre avec son frère, et Snap, qui, depuis que sa
mère avait été tué par un chasseur ne montrait plus aucune joie de
vivre, il avait peur du moindre bruit et ne jouait jamais avec son
frère et sa sœur adoptives. Atari, un vieux loup aveugle de la meute
que l’on appelait « le sage », avait bien essayé de l’aider à surmonter
cette tragédie mais il n’y avait rien à faire. Plus loin, un gros loup
noir regardait la meute avec un regard mauvais, c’était Tork, il
faisait lui aussi parti de la meute mais restait solitaire hors des
parties de chasses. Il n’aimait personne mais était bien obligé d’être
au sein d’une meute pour survivre.
A force de jouer, les deux louveteaux Noura et Axou avaient soif.
- Maman, Axou et moi, on va boire, on a trop soif !
- Si tu veux mais emmenez Snap avec vous.
-Mais maman ! Il est pas drôle ! Il passe sa journée à rester assis et immobile comme une momie et il joue jamais avec nous !
-Ce n’était pas une proposition Noura, c’était un ordre ! Emmenez Snap avec vous.
-Bon ok ! Je vais lui demander.
Les deux louveteaux allèrent voir le petit Snap
-Snap ?
-Oui Noura ?
-Tu veux venir avec nous à la rivière ? On va boire et nager un peu.
- Non, je n’ai pas envie.
-Mais
si viens ! Allez, fini de jouer à la momie ! On en a marre nous de te
voir comme ça tous les jours ! Ça ne fera pas revenir ta mère de toute
façon ! En plus, je suis sûre qu’elle te surveille d’où elle est et
qu’elle est triste de te voir comme ça. Elle veut que tu sois heureux,
pas que tu t’acharnes sur ton sort. Et puis, tu n’es pas seul ! On est
là nous !
-Ouais, c’est vrai…tout ce que tu a dis, c’est vrai. Je la rends sûrement malheureuse à agir comme ça…
Une larme vint le long de sa joue, il inspira un bon coup, regarda Noura et Axou avec un petit sourire et dis :
-Bon ! On y va à cette rivière ! J’ai soif moi !
Noura et Axou se regardèrent, un grand sourire aux babines.
Ils
partirent tous les trois derrière la colline, là où se trouvait la
rivière, en courant et en riant à la grande stupéfaction de tous les
autres loups de la meute qui pensaient Snap dans un état irrécupérable.
Arrivés au bord de l’eau, Axou couru escalader un haut rocher et sauta
dans l’eau. Noura et Snap burent quelques gorgés de l’eau fraîche de la
rivière puis allèrent dans l’eau eux aussi. Pendant toute la matinée,
les jeunes loups restèrent dans l’eau. Ils s’éclaboussaient, faisaient
des courses, des concours d’apnées, et Snap était heureux ! Ça faisait
longtemps qu’il s’était amusé comme ça ! Les trois louveteaux avaient
mal au ventre tellement ils riaient ! Mais alors qu’Axou allait bondir
sur Noura pour la couler, il sentit une odeur. Une odeur qu’il n’avait
jamais sentie avant, il fut pris d’un frisson tellement elle était
inhabituelle.
- Vous sentez pas un truc ?
Snap rougit et dis d’une voix basse.
-Désolé…
-Mais non, pas cette odeur là ! Une odeur bizarre. Je ne l’avais jamais sentie avant aujourd’hui, ça me fait froid dans le dos.
Noura était sceptique.
- Ca doit être ton imagination.
- Mais non ! Je sens quelque chose ! Sens l’air et tu verras, toi aussi Snap.
Noura
se mit à humer l’air. Son visage changea d’un coup, il passa d’un
visage de joie à un visage d’effroi. Elle eut un frisson, et dit, la
voix tremblante :
- On ferait peut-être mieux de rentrer…
- J’suis d’accord avec toi, tu viens Snap.
Les
louveteaux remontèrent la colline, Axou et Noura étaient devant, ils
marchaient assez vite. Snap était derrière, il avançait tranquillement.
- Je ne sens toujours pas cette odeur dont vous parlez…vous me faites une farce ou quoi.
Le frère et la sœur ne répondirent pas. Ils étaient arrivés en haut de la colline et ne bougeaient plus.
- A quoi vous jouez tous les deux. C’est pas…
Snap
compris en arrivant en haut de la colline que ce n’était pas une farce.
Tous les loups de la meute avaient disparu mais l’odeur, elle, était
toujours là.
-Mais où est la meute ! Ils sont tous partis. Pourquoi ?
-Papa ! Maman !
Snap voulut rassurer les deux louveteaux.
-Ils sont peut être partis à la chasse.
-C’est
impossible ! Ils nous auraient prévenus et Atari reste toujours avec
nous dans la tanière pendant les parties de chasse et…
-Ca suffit Noura ! Peut-être que Atari nous attend là-bas. Allons voir.
Les trois louveteaux se rendirent, méfiants, à la tanière. Noura vit Atari, et avec un grand sourire elle dit :
-Atari ! Tu es là ! On croyait tout le monde parti ! Tu ne t’imagines pas la peur qu’on a eue !
Le
vieux très faible tourna sa tête vers les petits loups qu’il avait vu
naître. Il voulu parler mais Noura cria car elle avait été tellement
contente de voir le vieux loup qu’elle n’avait pas remarqué en entrant
dans la tanière que Atari était dans une véritable mare de sang et dit
en bégayant.
-M..mais…tu…tu..sai...saignes ! qu…qu’est-ce…
Voyant sa sœur sous le choc, Axou pris la parole.
-Qu’est-ce qu’il t’ait arrivé ? Et…où sont les autres ?
Snap
était resté pétrifié en voyant le vieillard, plein de griffures, de
morsures et le ventre ouvert ! Le vieux loup essaya de répondre
clairement mais ce fut difficile, son souffle diminuait et il perdait
de plus en plus de sang :
-Attention…les…deux pattes et…leur
meute…de….chiens…ils sont re..revenus…
partez...i...immédiatement…ou...ils vous...auront et…ils vous
tueront…les autres loups…. ne sont pas morts…mais…ils le….seront
bientôt...sauf...si…vous trou…trouver…le…grand…loup……..
Axou et Snap avaient compris que Atari était parti au paradis des loups, mais Noura, sous le choc, demanda :
-C’est qui le grand loup ? Et où il est ? Où est la meute ? Qu’est-ce que….
-Noura, arrête, c’est fini, Atari est mort.
Atari
était parti rejoindre la mère de Snap. Au moins, il ne souffrait plus.
Les louveteaux ne purent s’empêcher de pleurer mais la drôle d’odeur
qui s’était un peu dissipée revenait et elle était de plus en plus
forte donc de plus en plus proche.
Axou se rappela de ce que venait de dire Atari avant de mourir :
-Vous croyez que c’est ça l’odeur d’un deux pattes ? Ou peut-être celle des chiens ?
Aucun
des louveteaux ne répondit. Axou ne mit pas de temps à comprendre
pourquoi, au loin, on entendait des animaux qui courraient, des chiens
aboyaient, les deux pattes criaient des ordres à leur meute, c’était un
vrai massacre. Les bruits étaient de plus en plus proches. Snap était
inquiet.
-Vous croyez que ça vient dans notre direction ?
Axou hésita.
-Peut-être, mais on ferait mieux de se mettre à l’abri.
-Et tu veux qu’on aille où, frérot ?
En désignant une petite grotte cachée derrière des buissons, le long d’une montagne il dit :
-Là bas, on sera bien, mais…c’est quoi ça ?!
Axou
venait d’apercevoir assez loin tout un troupeau d’élans foncer dans
leur direction, suivi des chiens puis des deux pattes. Snap s’opposa à
aller dans la grotte.
-On aura jamais le temps d’aller jusque là-bas ! Je reste dans la tanière.
-Voyons Snap ! C’est du suicide de rester ici ! La tanière va se faire piétiner !
-Ne dis pas n’importe quoi Axou ! Moi je reste là que tu le veuilles ou non.
-Très
bien ! Tu viens Noura, on va dans la grotte. J’espère à tout à l’heure
Snap, on se retrouve ici quand le troupeau sera passé.
-Ok, mais faîtes vite, le troupeau se rapproche. Bonne chance !
-A toi aussi.
Snap
regarda ses amis partir en courant vers la grotte puis alla se cacher
dans la tanière. Pendant ce temps, Axou et Noura couraient du plus vite
qu’ils pouvaient mais le troupeau se rapprochait dangereusement.
Heureusement, ils réussirent à atteindre la grotte juste à temps. Ils
étaient bien cachés et de là, ils pouvaient surveiller la tanière. Le
troupeau d’élans passa à une vitesse considérable, les deux louveteaux
qui étaient dans la grotte pensaient leur ami enterré vivant et piétiné
mais le troupeau passé, ils virent la tête de Snap dépasser de l’entrée
de la tanière, il leur souriait. Les louveteaux furent soulagés,
jusqu’à